21. Quitter sa famille.
Silva déchira le journal qu'il tenait en main, le roula en boule et le jeta dans la poubelle. Depuis qu'un misérable petit journaliste avait publié un article au titre accrocheur « La famille Zoldik, secrets inédits », tous les autres s'étaient penchés sur l'affaire et on ne parlait plus que de ça dans les nouvelles. Pire. Les journalistes avaient réussi à pénétrer chez eux en endormant les chiens. Bien entendu les intendants étaient intervenus, mais parfois trop tard – puisque les chiens n'avaient pas aboyé. Heureusement, on avait récupéré et détruit tous les appareils photo, mais ce qu'il se passait était inadmissible. Silva avait fait changer les chiens, pour d'autres moins bien élevés pour le moment mais qui ne s'endormait pas facilement. Il avait aussi ordonné à Irumi de s'occuper du problème journaliste et de faire disparaître aux plus vite les infos sur eux. Mais le mal était fait. Les gens parlaient. De cette fiancée qu'Irumi avait malmené, de cette étudiante qui s'était faite voler son idée de jeu vidéo par Miruki, de ces personnes écartées par Silva parce qu'elles devenaient trop gênantes, et d'autres choses encore.
Ce n'était pas grand-chose, mais c'était déjà trop. Kirua avait fait ça pour leur montrer quel pouvoir il avait sur eux et comment il comptait s'en servir. Ils avaient en plus de ça reçu une carte postale le matin même, avec marqué comme message « ce n'est pas fini ».
- Il faut qu'on le retrouve et vite !
Mais c'était déjà trop tard.
Kirua et Gon avaient réussi à obtenir un rendez-vous avec Kuroro Lucifuru le matin même. La mauvaise publicité des Zoldik dans les journaux lui avait fait prendre les propos du petit Kirua au sérieux quand il avait reçu son mail. Il savait des choses sur sa famille et il était prêt à vendre ces informations. En savoir plus sur ses principaux concurrents permettraient de gagner plus d'argents et plus de pouvoirs.
Les deux garçons s'assirent sur la banquette dans le bureau de l'homme sans montrer aucune peur mais plutôt une grande détermination. Cela plu à Kuroro.
Mais pourquoi Kirua aurait-il eu peur ? Il avait été élevé par une des familles les plus effrayantes du pays. Kuroro ne faisait pas vraiment le poids. Gon aurait pu se montrer impressionné lui, mais il se fichait de la place de cet homme dans le monde, pour lui il n'était qu'un humain comme tous les autres, et il avait fait face à Irumi. Il n'y avait pas de quoi avoir peur.
Kuroro se montra courtois et poli. Il était aimable, parlait d'une voix tranquille et écoutait. Mais Kirua ne se laissait pas prendre au piège, cet homme était dangereux quand bien même il agissait avec une certaine forme de douceur. Quand Kirua eut fini de donner des informations à Kuroro sur le fonctionnement de l'empire Zoldik, celui-ci ne put s'empêcher de demander :
- Pourquoi me donner des informations sur votre famille ?
- Je ne suis pas là pour me justifier, répondit Kirua.
Sa réponse parut amuser Kuroro.
- Vous savez que si je me sers de ces informations, vous risquez de perdre beaucoup d'argents dans l'histoire. Peut-être même que toute votre famille pourrait s'écrouler.
Kirua resta silencieux. Mais il ne pensait pas que sa famille s'écroulerait si facilement. Ce qu'il avait fait serait certes un coup de poignard, mais les Zoldik s'en relèveraient. Il n'en avait pas révélé assez pour que la pyramide s'effondre. Il voulait juste que ses parents prennent conscience du pouvoir qu'il avait entre les mains, afin de faire un marché avec eux. Je me tiens tranquille, si vous nous rendez ma liberté à moi et à Aruka. C'était tout ce qu'il désirait.
Kirua et Gon ne remirent pas leur déguisement après cette visite. Aruka enleva le sien. Gon appela sa tante pour dire qu'il restait à l'hôtel encore ce soir-là mais qu'il retournait au collège dès le lendemain. Gotô lui, s'occuperait d'emmener Aruka chez la tante de Gon.
- On a fait ce qu'on devait faire, dit-il.
- Et tu rentres à la maison ?
- Oui.
- Et Kirua ?
- Il va venir chez nous avec Aruka, ils peuvent ?
- Bien sûr.
- Kirua dit qu'il payera une pension pour lui et sa sœur.
- C'est parfaitement stupide, s'offusqua Mito, ils sont les bienvenus.
Kirua s'approcha du téléphone et dit dans le combiné :
- On tient à participer. On ne veut pas profiter de votre générosité.
- Si vous voulez participer, rétorqua Mito, alors vous m'aiderez dans les tâches quotidiennes.
Kirua insista, Mito ne céda pas. Gon lui sourit après avoir raccroché :
- Tu nous aideras à payer les courses, t'inquiète pas.
- Mais je pourrais donner plus.
- On n'a pas besoin de plus.
Ça ne servait à rien d'insister.
En voyant Gon revenir au collège, Retsu se pendit à son cou. Elle n'avait aucune idée de tout ce qui avait pu se passer. Elle avait vu les journaux et les rumeurs sur la famille Zoldik, mais ça ne l'avait pas beaucoup aidé pour savoir où étaient passés Gon et Kirua. Son ami lui expliqua assez peu de chose, il fut impossible pour lui de tout lui raconter. Gon parla de sa maison qui avait failli être détruite et de Kirua qui avait racheté la colline. Il raconta l'hôtel et les déguisements pour ne pas qu'on les reconnaisse, et aussi la visite au journaliste. Il garda sous silence l'hélicoptère explosif et leur rencontre avec Kuroro.
La journée fut incroyablement banale, Kirua s'ennuya devant des cours qu'il jugeait trop faciles et Gon galéra en essayant de comprendre ce que racontait les profs. C'est comme si rien ne s'était passé. Comme si leur vie n'avait pas été bouleversée. Le monde continuait de tourner normalement. Ça avait quelque chose de rassurant, comme s'ils pouvaient avoir une vie simple, être juste des enfants qui vont à l'école.
- On a retrouvé Kiru, annonça Irumi à ses parents, il est retourné au collège avec Gon.
- Va le chercher, ordonna Silva, je veux qu'il soit là le plus vite possible !
Irumi obéit à son père et se rendit au collège. Il arriva pendant la pause de l'après-midi. Kirua était avec Gon et Retsu, à l'extérieur. Il entra dans la cour et s'arrêta devant son petit frère :
- Tu rentres avec moi.
- Non, répondit Kirua.
- C'est un ordre de père.
- Père devrait d'abord se mêler de ses affaires, il risque d'avoir quelques soucis dans pas longtemps.
Irumi resta placide mais demanda :
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Je ne vais pas gâcher la surprise en te le disant. Mais je serais toi, je ne perdrais pas mon temps ici.
Irumi leva la main sur son petit frère mais celui-ci se prépara à se défendre, il ne s'attendait pas à ce que Gon attrape un énorme caillou sur le sol et le jette à la tronche d'Irumi. Si fort, que le front du grand frère se mit à saigner.
- Casse-toi d'ici ! Cria Gon.
Irumi changea de cible, mais Kirua sortit ses yoyos et se mit devant Gon.
- Tu ne vas pas t'en prendre à ton grand-frère Kiru.
- Si, répondit-il. Et comme je te le dis, tu as mieux à faire. Tu veux savoir ce que j'ai fait ? Très bien, je vais te le dire. J'ai vendu nos données à la concurrence. Dans peu de temps, vous allez vous écrouler.
Irumi s'arrêta.
- Tu n'as pas fait ça.
- Je l'ai fait.
Kirua soutint le regard de son frère, et celui-ci finit par faire demi-tour. Il fallait qu'il prévienne Silva, immédiatement.
Même si Kirua avait prévenu Irumi, les Zoldik ne réussirent pas à empêcher le groupe Phantom d'utiliser les données que Kirua leur avait vendu, contre eux. Silva n'eut plus du tout le temps de se préoccuper de Kirua et de Gon, il avait mieux à faire. Il devait réparer les bêtises de son fils d'abord, il verrait comment le punir ensuite. Pas mal de choses s'écroulèrent. Le groupe Phantom réussit à leur voler du terrain sur pas mal de marché, et les Zoldik durent faire fermer plusieurs entreprises. Ils se prirent une claque en bourse également. Silva était furieux mais il n'était pas de ceux qui abandonnent facilement ou rendent les armes. Il prit le taureau par les cornes, et se battit contre son concurrent. Il utilisa la pub, mais également un remaniement total de son centre commercial, et d'autres de ses entreprises. Il investit son temps, celui de sa femme, et de ses enfants. Cela prit énormément de temps et Kirua en profita largement pour vivre librement avec Gon et Aruka. Mito donnait des cours particuliers à la petite sœur, tandis que les deux garçons finirent leur année de collège ensemble. Gotô n'était plus l'intendant de la famille Zoldik, et il ne pouvait pas vivre avec Mito et les enfants, alors il habitait dans une petite maison en ville que Kirua lui avait payé et il était embauché par l'enfant pour être son intendant à lui. Il le protégeait, aidait Mito à s'occuper de son jardin, chassait les intrus (même s'il n'y en avait pas), conduisait les enfants où ils le désiraient. Par rapport à son ancien boulot pour la famille Zoldik, il n'avait pas grand-chose à faire, mais il s'était tellement attaché à Kirua que ça ne le dérangeait d'être devenu son intendant à lui, à plein temps. Kirua avait aussi récupéré Kanaria. Elle vivait avec Gotô et avait recommencé à aller au collège, toujours dans la classe de son jeune maître. Elle avait encore moins de travail que Gotô, simplement elle aurait donné sa vie pour Kirua.
Tous ensemble, ils fêtèrent l'anniversaire de Kirua quand celui-ci eu treize ans et ce fut étrange pour le garçon. D'habitude il avait seulement droit aux félicitations de sa famille, de l'argent de poche et des remarques du genre « nous comptons sur toi » puis « que ça ne t'empêche pas d'étudier et de t'entraîner aujourd'hui ». Il eut le droit à un cadeau et un câlin de Mito. Aruka lui avait fabriqué deux peluches qui étaient censé les représenter elle et Gon, mais qui avait juste une tête un peu bizarre. Gotô et Kanaria n'étaient pas très doués pour choisir quoi offrir, alors ils avaient suivi les conseils de Gon et lui offrait un énorme panier de sucreries. Finalement Gon sortit le serre-tête avec les oreilles de chat que Kirua avait essayé un jour et lui mit sur la tête. Ils mangèrent tous du gâteau, surtout Kirua qui s'empiffra. Ils firent des jeux. L'ambiance était festive, ils rirent beaucoup, même Gotô se dérida. À la fin de la journée, Kirua se sentait épuisé et il se laissa tomber sur son lit dans sa chambre qui était aussi celle de Gon. Mito l'avait emménagé pour qu'ils y vivent tous les deux, ils avaient acheté un lit pour lui, même si elle savait très bien que les deux garçons pouvaient se rejoindre dans la nuit pour dormir ensemble. Pour Aruka, Mito avait vidé et nettoyé le débarras et l'avait transformé en chambre.
Gon vint se mettre près de Kirua qui fit semblant de le repousser :
- T'as ton lit Gon.
Le garçon sourit mais ne se poussa pas. Kirua se souleva, se tourna vers Gon, posa sa main près de son visage et se retrouva au-dessus de lui, son corps penché vers lui, ses yeux plongés dans les siens.
- J'ai réfléchi à un cadeau que je pourrais te faire pour mon anniversaire, murmura-t-il. Je me suis dit que n'importe quoi pourrait te faire plaisir alors que ça devait être quelque chose de spécial, et j'ai trouvé une idée parfaitement ridicule.
- Laquelle ? Demanda Gon.
Kirua embrassa sa bouche et Gon posa sa main sur sa nuque pour l'empêcher de s'éloigner. Le baiser dura longtemps. Kirua s'étonnait toujours de sentir son cœur battre la chamade, comme s'il ne s'habituait jamais. Ils se séparèrent à bout de souffle et Gon interrogea Kirua :
- C'était ça mon cadeau ?
- Non.
Gon attendit alors et Kirua se mordit les lèvres avant de regarder ailleurs et de rougir. Ses yeux mirent quelques temps avant de retrouver à nouveau ceux de Gon et son visage était cramoisi.
- Je t'aime, souffla-t-il.
Les yeux de Gon s'arrondirent, ses lèvres s'étirèrent dans un grand sourire et ses joues à lui rougirent également. Kirua ne l'avait jamais dit, pas de cette manière en tout cas, même s'il l'avait admis, même si dans ses gestes il le trahissait, entendre les mots fit plaisir à Gon.
- C'était ça mon cadeau ? Murmura-t-il.
Kirua secoua la tête, il s'assit sur le lit, sortit un truc de sa poche et le lança sur le torse de Gon.
- Tiens.
Gon attrapa l'objet. Il s'agissait d'une simple bague en plastique coloré, plutôt super mignonne. Kirua regarda ses pieds et marmonna :
- Voilà, c'est juste un truc stupide comme ça. T'es pas obligé de la porter.
Gon la mit à son annulaire et sourit comme le dernier des idiots. Kirua lui jeta l'oreiller sur la tronche en le voyant faire :
- T'es vraiment pas obligé de la porter et surtout pas à ce doigt !
- Ça veut dire qu'on est fiancé ? S'écria Gon.
Kirua laissa tomber sa tête sur ses genoux et cacha son visage avec ses bras :
- Crétin !
Gon garda la bague à son annulaire et ne cessa de regarder sa main pendant longtemps, Kirua fut obligé de l'attraper et de la garder dans la sienne pour qu'il arrête.
- Je suis vraiment heureux d'être avec toi Kirua, s'exclama-t-il alors.
Kirua regarda ailleurs, mais sourit. De sa bouche sortirent les mots :
- Moi aussi.
Finalement, Silva demanda à voir son fils. Gon refusa de laisser Kirua y aller seul, et Kirua s'arrangea pour voir ses parents hors de la maison. Silva ne fut pas heureux de voir Kirua accompagné de Gon, mais les deux se moquaient totalement de ses sentiments à ce propos.
- Si c'est pour me dire de rentrer à la maison, je ne rentrerai pas, fit Kirua avant même que son père ait le temps de dire quoi que ce soit.
- Sois raisonnable mon fils. Tu es fiancé à une femme, et tu es destiné à un grand avenir. Ce que tu as fait prouve à quel point tu as le sens des affaires, tu es intelligent et impitoyable pour obtenir ce que tu veux.
- Père, je pense que vous ne m'avez pas compris. Le destin dont vous me parlez ne me fais pas envie, je n'ai jamais accepté cette fiancée que vous voulez m'imposer, et je ne rentrerai pas à la maison. Je compte rester avec Gon.
- C'est parfaitement ridicule ! Comme si une histoire aussi dégoutante pouvait durer. Tu as tout pour reprendre efficacement les rênes, alors tu vas m'obéir et rentrer à la maison.
- Non. Répondit froidement Kirua.
- Kiru !
- J'ai dit non.
- Alors je te traînerai de force.
Gon prit la main de Kirua et Silva grimaça.
- Je ne vous laisserai pas emmener Kirua, fit Gon.
- Ne te mêle pas de ça ! Ça n'a rien à voir avec toi ! Tu n'es qu'un parasite, je peux t'écraser entre mes doigts en un rien de temps.
Le regard de Kirua changea alors. Sa voix aussi se fit beaucoup plus menaçante.
- Essayez de me trainer si vous voulez, mais si vous touchez ne serait-ce qu'un seul cheveu de Gon, je m'arrange pour détruire toute la famille. Ce que j'ai fait avec les journalistes et le groupe Phantom, ce n'était qu'un avant-goût de ce que je pourrais faire vraiment, croyez-moi.
- Tu ne ferais pas ça.
- Ne me tentez pas.
Silva le défia du regard, mais Kirua ne baissa pas les yeux.
- Vous voulez garder votre argent et votre pouvoir ? Alors voilà ce qu'il va se passer. Je vais rester vivre avec Gon, Aruka également. Tentez quoi que ce soit pour nous rendre la vie difficile, et je m'arrangerai pour vous le faire payer au centuple.
Silva finit par laisser tomber.
- Et bien j'imagine que j'ai trop souvent ignoré le fait que tu étais une personne différente de nous Kiru. Comme tu es si doué, je pensais vraiment que tu serais celui qui reprendrait la tête de la famille, mais je vois que je me suis complètement trompé.
- Vous n'avez qu'à mettre Irumi à la tête.
- Irumi est très doué, je le reconnais, mais il est trop imprévisible parfois.
- Alors formez Karuto.
- Tu ne proposes pas Miruki ?
Kirua leva un sourcil.
- Miruki parle mieux aux ordinateurs qu'aux gens, rétorqua-t-il.
Silva acquiesça.
- Ta mère va être déçue, fit Silva.
- Ça m'importe peu.
- Si un jour tu changes d'avis, sache que tu pourras revenir.
- Je ne changerai pas d'avis.
Kirua se leva et Gon suivit le mouvement. Silva appela :
- Gon !
Le garçon se retourna pour le regarder :
- Sache que je n'accepterai jamais votre relation.
- Je m'en fiche complètement de votre avis, répondit Gon, moi au moins, je ne le torture pas.
- On ne le torturait pas, on le rendait plus fort !
Gon lui jeta un regard terrible, avec tellement de rage dedans, d'une voix colérique il lança :
- Ne vous approchez plus de lui. Parce que dans le cas contraire, il ne sera pas le seul à agir.
Gon prit le bras de Kirua et l'entraîna avec lui à l'extérieur.
- Il m'énerve ! S'écria-t-il une fois sortit.
Kirua lui tapota le dos pour le calmer.
- J'avais vraiment envie de le frapper ! S'énerva Gon.
Ses paroles firent sourire Kirua. Son corps bougea tout seul et il embrassa la joue de Gon, les faisant rougir tous les deux.
Les jours commencèrent alors à s'écouler paisiblement. Kirua n'était plus forcé de subir des entraînements, ce qui ne l'empêchait pas de se dépenser à fond et de faire de nombreux étirements avec Gon, organisant même un concours à celui qui faisait le plus de pompes. Kirua n'avait plus non plus de précepteurs mais ça ne lui manquait pas, et au pire il étudierait ce qu'il devait savoir au collège, puis au lycée, comme tout le monde. Mito leur apprenait à cuisiner à lui et à Aruka, mais également à faire la lessive et le ménage. Des choses que les deux enfants n'avaient jamais eu besoin de faire. Kirua détestait le bruit de l'aspirateur et ronchonnait chaque fois qu'il devait le passer, il grimaçait dès qu'il devait couper des oignons, du poisson ou de la viande, et il avait du mal à plier et ranger tous ses vêtements convenablement. Sans parler de devoir nettoyer les toilettes et la salle de bain. N'empêche qu'il préférait mille fois ça, à tout ce qu'il devait subir chez lui.
Kirua apprit aussi que ça pouvait être drôle de faire les corvées quand on était plusieurs.
Aruka sortait énormément. Elle courait dehors, se rendait au lac, apprenait à grimper dans les arbres. Elle avait été enfermée si longtemps, qu'elle ressentait une sensation de liberté rien qu'à pouvoir sortir de sa chambre quand elle le désirait. Mito, Gon et Kirua s'occupaient d'elle et la choyaient. La tante de Gon l'avait même inscrite à l'école pour la rentrée, et elle irait dans le même collège que son frère. Personne n'avait peur de Nanika ici, et quand celle-ci apparaissait, elle n'avait pas envie d'attaquer et de blesser. Elle n'était pas si dangereuse que les Zoldik l'avaient toujours dit, c'était simplement qu'elle avait besoin d'être encadrée et entourée par des gens qui l'aimaient et qui ne faisaient pas de mal à Aruka. Nanika était simplement comme une protectrice, elle était née des tortures que subissait la petite fille par sa famille pour elle aussi la rendre plus forte. Tant qu'Aruka allait bien, Nanika était apaisée.
Mito avait plus de travail à devoir s'occuper de trois enfants, plutôt que d'un, mais à aucun moment elle ne regretta d'avoir laissé Kirua et Aruka rentrer dans leur vie.
Gon et Kirua avaient l'impression que tout était fini maintenant, et ils se méfiaient de moins en moins et profitaient simplement.
Ils étaient en pleine partie de cache-cache sur la colline avec Aruka, quand Gon, voulant se cacher au sommet d'un arbre, tomba nez à nez avec Irumi.
- Je suis venu chercher Kiru, annonça-t-il.
Gon resta sur son passage et écarta les bras :
- Faudra d'abord me passer sur le corps.
- D'accord, fit Iurmi en avançant droit sur lui.
Gon le repoussa de ses deux mains.
- Kirua ne veut pas revenir !
- C'est de ta faute tout ça, fit Irumi, si je t'élimine, il n'y aura plus de problème.
- Essaye toujours, cracha Gon.
Irumi lui attrapa le bras et l'envoya valdinguer contre un arbre. Gon se releva immédiatement, sans faire attention à la douleur. Prêt à se battre.
- Si tu veux te battre, on peut se battre. Mais si je gagne, dit-il, tu devras laisser Kirua tranquille !
- Kiru est à moi, je suis venu le récupérer.
- Kirua n'appartient à personne, ce n'est pas un objet !
Irumi se fichait de ce que gamin pouvait dire. Pour lui Gon n'était qu'une vermine, une misérable punaise, il allait s'en débarrasser en deux temps trois mouvements et aller récupérer son petit frère. Il refusait d'accepter ce qu'il se passait. Kirua était à lui, c'était son frère, sa marionnette, et il était hors de question qu'il le laisse vivre une autre vie que celle qu'on avait prévu pour lui.
Irumi frappa Gon plusieurs fois, mais le gamin était résistant et se relevait à chaque fois. Il ne se laissait pas non plus faire, il était souple, bondissait avant de se faire toucher, et réussissait à attaquer Irumi de son côté. Ce n'était pas aussi facile que prévu et cela agaçait grandement Irumi qui avait l'impression qu'une maudite mouche lui tournait autour. Il finit par attraper le bras de Gon et le retourner dans son dos.
- Tu m'agaces, dit-il, je vais me débarrasser de toi.
Et il lui cassa le bras. Gon serra les dents pour ne pas crier. Irumi cru à tort que ça suffirait mais dès qu'il relâcha le gosse en le poussant sur le sol, celui-ci se releva et se mit à nouveau sur son chemin. Gon réussit à lui mettre un coup de front dans la tronche et à le frapper avec son poing valide.
- Je ne te laisserai pas emmener Kirua. Quoi que tu fasses, quoi qu'il arrive, je ne te laisserai pas !
Irumi commença à vraiment être en colère, pourquoi est-ce que cette vermine ne dégageait pas de son chemin ? Il allait lui briser tous les os. Mais Gon ne se laissa pas attraper si facilement une deuxième fois. Malgré son bras en moins, il ne laissait pas Irumi passer, il réussissait même à le faire reculer. Irumi ramassa une grosse branche et le frappa au visage, faisant saigner le front de Gon, mais celui-ci se remit sur ses pieds aussi sec.
Irumi perdit patience. Puisque c'était comme ça, il allait se débarrasser de ce môme définitivement.
Kirua compta jusqu'à cent avant de commencer à chercher sa petite sœur et Gon. Aruka était devenue très très douée pour trouver des cachettes. Un vrai petit caméléon. En revanche, Gon, n'était en général pas discret du tout. Il avait tendance à toujours choisir le même genre de cachette. Il se mettait dans un arbre, derrière des feuilles. Son grand avantage, c'était qu'il arrivait à rester tellement immobile, que même les animaux prenaient confiance et s'approchaient de lui. Il savait si bien être invisible, que n'importe qui d'autre que Kirua et Aruka qui étaient des habitués, ne le trouveraient pas. Mais Kirua le connaissait bien, et il lui suffisait de se balader le nez en l'air pour finalement l'apercevoir sur une branche. Ce fut donc ce qu'il fit pour commencer. Kirua se baladait tranquillement les mains dans les poches. Il faisait chaud, le temps était agréable, c'était les vacances, aucune raison de se presser. Aruka était toujours ravie quand il mettait beaucoup de temps à la trouver, mais elle était aussi super heureuse, quand il la trouvait tout de suite. Ce n'était pas une petite sœur difficile à vivre.
Si Kirua avait su ce qui était en train de se passer, il aurait couru, mais il ne savait pas. Il était à douze mille lieux d'imaginer qu'Irumi s'était pointé et était tombé sur Gon. Aruka ne savait pas non plus. Elle avait trouvé une cachette imparable dans le trou d'un arbre où elle avait réussi à se faufiler. Aruka se disait que son frère aurait bien du mal à la trouver et elle se préparait à attendre longtemps. Aruka savait être très patiente, elle avait été enfermée pendant un paquet d'années, ça aidait à apprendre la patience. Elle ne pensait pas qu'elle sortirait de là d'elle-même, après avoir entendu comme un bruit de détonation puis un cri à déchirer le cœur.
Pour le moment elle était là, et souriait avec amusement en pensant à Kirua.
Irumi venait de donner un nouveau coup de bâton à Gon, qui s'étala de tout son long sur le sol. Malgré la douleur qu'il ressentait, que ce soit dans son bras, à la tête et dans le reste de son corps, Gon se releva.
Kirua, qui le cherchait, arriva à ce moment-là.
Il vit d'abord Gon, le nez par terre, en train de se remettre debout. D'abord il pensa que son petit ami avait dû tomber de l'arbre sur lequel il se cachait, mais il vit le sang dégouliner de son visage, son bras tordu d'une manière étrange, et surtout ses yeux pleins de colère. Kirua regarda alors derrière Gon, et son estomac se tordit. Irumi était là, menaçant, dangereux, furieux. Prêt à tout pour se débarrasser de Gon qui se mettait sur son chemin. Kirua le vit mettre la main à l'intérieur de sa veste, et il savait ce que son frère allait en sortir. Gon ne se relevait pas assez vite, il était toujours dos à Irumi, il ne pouvait pas voir ce qu'il se passait, ni même fuir.
Le grand frère Zoldik sortit une arme et la pointa sur Gon, prêt à tirer. Il visait calmement et sûrement, il était sûr de ne pas se rater. Adieu vermine.
Gon ne vit que trop tard le pistolet pointé sur lui, en se retournant vers Irumi. Il ne pouvait rien faire. Ni bouger, ni fuir, ni éviter la balle qui partit droit vers lui quand l'homme tira. Il allait simplement mourir et pensa à Mito, à Retsu, à Kanaria, à Gotô. Et surtout, à Kirua.
Kirua qui le poussa brutalement.
La balle frappa en plein cœur.
À suivre.
L'autatrice : le prochain chapitre sera le dernier. Cette fic est donc déjà presque finie. Le temps passe trop vite.
