COMME UNE TRAGEDIE GRECQUE

Vingt et unième partie, par Lady Gato

Susanna Marlowe souriait gentiment au jeune docteur...elle l'observait pendant qu'il avançait et elle se rendit compte qu'il était très beau et très séduisant. Elle aimait la douce autorité qui émanait de lui.

- Oh Melle Marlowe... je suis ravi de vous voir..., dit-il en guise de salutation, je suis désolé, j'étais entrain de déjeuner...

Il la regardait et l'admirait malgré lui. Il n'était pas le genre d'homme qui faisait attention aux belles filles... en général, il n'était pas attiré par elles... il préférait les filles intéressantes et attirantes comme Candy, qui à la longue laissaient la beauté conventionnelle derrière... Mais il y avait quelque chose en Susanna Marlowe qui l'intriguait.

- Je m'excuse, si j'ai interrompu votre repas, dit-elle pendant qu'ils se serraient la main

- Mais pas du tout, j'avais déjà fini... alors... je suppose que vous êtes là au sujet de votre prothèse...

Elle bougea sa tête doucement.

- J'ai besoin d'avoir cette prothèse le plus tôt possible, docteur... ! Ordonna-t-elle presque

- Oui, votre mariage doit avoir lieu très bientôt, se rappela Michael

Il se souvint de sa brève rencontre avec Grandchester la veille. C'est étrange qu'il ait oublié de dire à l'acteur que sa fiancée voulait se procurer une prothèse...il aura peut être l'occasion de le lui dire une autre fois.

Les yeux de Susanna se remplirent de larmes quand elle entendit le mot « mariage » et elle se mit à pleurer. Michael ne put résister à la scène et demanda tout inquiet

- Tout va bien ? Dit-il en prenant ses mains délicatement

- Non, dit-elle en pleurant et en tombant dans ses bras

Etant une personne qui a fait le sermon d'Hippocrate, il savait que la bonne médecine était la médecine pleine de compassion... Mais cette fois-ci il se sentit attiré plus loin que ça... Il était attiré par elle, et il venait de s'en rendre compte... attiré par une femme qui n'allait pas être libre, qui en fait n'était pas libre du tout.

- Si vous voulez en parler..., murmura-t-il doucement en essayant de rester professionnel

Elle renifla un peu, ravie d'être dans les bras puissant d'un homme qui ne la repoussait pas. Il était fort, viril et il sentait bon, comme « Aqua di Parma ».

- Tout va mal pour moi, docteur, gémit-elle

- Vous pouvez m'appelez Michael...

- Michael... Mon mariage a été reporté à une date ultérieure, mon fiancé est allé à Washington DC pour jouer Hamlet, pendant que ma mère est dans son lit d'hôpital..., dit-elle avec une voix qui avait une pointe d'amertume

Même la tête de Michael se mit à tourner à la litanie...

- Qu'est-ce qui ne va pas avec votre mère ? Demanda-t-il inquiet

- Elle a fait une sorte de crise après avoir rencontré le père de mon fiancé ! Je ne sais pas pourquoi est-ce qu'elle a réagi de la sorte. Peut être que c'est la vieillesse ! Elle est ici à l'hôpital, en soins intensifs... ils disent que son état est stationnaire mais, elle ne parle pas et franchement, elle n'est pas sortie de son coma ou sa léthargie... et je suis toute seule ici pour m'occuper de tout ça, sans ma jambe... je...

Et elle enfui sa tête dans l'épaule de Michael.

- Ecoutez, je ne peux pas croire que votre fiancé ait quitté la ville et vous ait laissé seule pour vous occuper de tout ceci..., dit Michael surpris.

Grandchester ne me semble pas être ce genre d'homme.

- Non, j'ai ma tante Mabel qui m'aide maintenant, et il a demandé à ses parents de s'occuper de moi...mais... si j'avais ma jambe, tout ça ne me dérangerait pas ! Se plaignit-elle

- Je vous promets qu'elle va venir et que vous l'aurez bientôt...pourquoi n'allons-nous pas dans la salle d'examen pour que je puisse vous examiner ? Suggéra-t-il.

Il poussa le fauteuil roulant. Susanna lui était reconnaissante pour toute son attention.

- Je vais examiner votre jambe, d'accord ? Demanda-t-il avec une voix qui devenait professionnel

- Oui, bien sur, répondit-elle

Elle souleva sa jupe et il se mit à la toucher et aiguillonner avec ses doigts, en lui demandant si elle sentait ça et ça ...Ce qui la surpris c'est de sentir la chaleur des ces doigts sur sa peau... il avait un toucher ferme mais doux à la fois. Il mesura le moignon, prit des notes. Elle le regardait, intéressée.

- Et bien je pense que la prothèse que j'ai commandée pour vous sera parfaite... Une fois que vous l'aurez, il va falloir que vous continuez à venir pour des exercices de thérapie pendant au moins un mois...Il va falloir que vous apprenez à marcher à nouveau et que vos muscles reprennent leur force et leur contrôle. Je commence à voir des endroits où vous perdez votre sensibilité et...

- Est-ce que c'est permanent ? Demanda Susanna avec une voix presque stridente

Michael était un peu surpris par sa réaction.

- Pas encore, nous sommes dans les délais...il n'y a aucune raison de croire que ça sera permanent... faites-moi confiance, dit-il doucement

Elle se calma et acquiesça.

- A propos de votre mère, j'ai un excellent collègue qui pourrait vous aider... Je peux regarder le dossier de votre mère et en discuter avec le docteur qui s'en occupe maintenant...si l'attaque qu'elle a eu est légère, votre mère sera en mesure de recouvrir ce qu'elle a perdu... la thérapie va beaucoup l'aider, dit-il

- Oui, s'il vous plait docteur... Michael, murmura-t-elle reconnaissante

- Voulez prendre un café avec moi ? Demanda-t-il un peu timidement, on pourra parler un peu plus...

Susanna sentit ses joues rosir... ce docteur était si gentil avec elle !

- D'accord, merci ! Répondit-elle

Candy était entrain de chercher les clés de son appartement quand elle entendit le téléphone sonner... elle attendait un coup de fil d'Albert de Chicago pour qu'il lui dise qu'ils sont tous bien arrivés. Elle courut vers le téléphone et elle le décrocha à bout de souffle.

- Allo ?

- Candy, tu es toute essoufflée...

- Je viens d'entrer... vous êtes tous bien arrivés à Chicago ? Comment va Alistair ? Demanda Candy en enlevant son manteau et en se mettant à l'aise

- Le voyage s'est bien passé. Je ne peux pas te dire combien je suis content d'avoir Flanny ici avec moi pour m'aider... Alistair se reposait pendant le voyage et Flanny et moi avions parlé pendant tout le trajet... on a parlé de ma perte de mémoire et de mes voyages... il se trouve qu'elle est très intéressée par les voyages aussi...

- C'est bien ! S'exclama Candy en pensant tout à coup, Flanny méritait un homme comme Albert... après tout ce qu'elle a vécu dans sa famille... et Albert méritait une bonne femme comme Flanny

- Mais je dois te dire ce qui s'est passé une fois que nous sommes arrivés ici...

Candy pouvait entendre le sourire d'Albert au bout du fil. Alors elle se sentie rassurée, car ça ne devait pas être très grave.

- Quoi ?

- Et bien, nous sommes arrivés et il n'y avait que George et Archie pour nous accueillir... J'avais dit que je voulais seulement Georges et Archie à la gare... je n'aimais pas que Patricia reste à l'écart, mais je leur ai dit que je voulais la transition lente pour Alistair, elle ne sera pas sa petite amie tout de suite... ce serait trop dur émotionnellement. En effet, Flanny pense que ce qui marcherait le mieux ce serait qu'elle apprenne à Patty comme l'aider pour qu'elle puisse prendre la relève... J'ai dit à Flanny que Patricia était très intelligente et qu'elle apprendrait très vite. J'ai dit à la tante Elroy que je voulais voir seulement Annie, Patty et elle quand nous arriverions au manoir... mais devine qui était là quand nous arrivâmes au manoir de Chicago... ?

- Eliza et Daniel, grogna Candy

- Oui, tu les connais trop bien... Pour Eliza bien sur tout était à propos d'elle, pas à propos du pauvre Alistair, enfin, j'ai essayé de cacher mon déplaisir quand Eliza à dit en faisant du chichis inutiles, en disant à Alistair ; « Tu es mon cousin préféré, je suis tellement heureuse que tu ne sois pas mort, mais qu'est-ce qu'il a ton visage ? Qu'est-ce qui ne va pas avec ton bras ? Tu pourras l'utiliser encore ? Ça semble plutôt inutile... »

- Oh non ! Cria Candy, cette Eliza, elle doit avoir des billes dans la tête !

- Alors j'allais dire quelque chose quand Flanny lui dit en colère ; « Ecoutez, je ne sais pas qui vous êtes ou ce que vous pensez accomplir, mais cette conversation n'est pas nécessaire ! »

Candy rie.

- Je reconnais bien Flanny là... Elle n'a aucun problème pour donner des ordres... qu'a fait Eliza ?

Albert continua ;

- Et bien Eliza, fit la fille prétentieuse et regarda Flanny de haut ; « C'est qui ça ? » Elle regardait Flanny comme si elle était la terre qui salissait ses chaussures...

- Et bien c'est sa spécialité... qu'a fait Flanny ? Demanda Candy même si elle pouvait imaginer ce qui arriva après.

- Flammy lui jeta un regard qui aurait figé la Méduse et elle dit ; « C'est Flammy Hamilton, infirmière diplômée et vétéran de guerre, qui sait se rendre utile, pas comme certaines personnes... j'ai vu la mort de mes yeux, c'est quoi votre problème ? Mon Dieu, Candy était bien trop bonne avec vous ! »

Candy éclata de rire.

- Elle a rabroué Terry... Eliza ne l'a pas vu venir !

Albert se mit à rire aussi.

- Sans blague ! C'est ce que j'aime en elle, elle n'a pas froid aux yeux et elle n'hésite pas de dire ce qu'elle pense... Bien sur, Eliza alla l'accuser chez la tante Elroy, quand je prie la parole et dit ; « Eliza, je suis content que tu sois venue voir Alistair, mais tu dois maintenant t'en aller... tu es entrain de perturber l'environnement ici et Alistair a besoin de calme et silence ». Bien sur Eliza ne voulait rien entendre et elle essaya encore avec la tante Elroy mais la tante lui dit ; « Eliza, ça suffit... » La tante avait vu mon regard et elle avait remarqué que je commençais à me fâcher...

- Tu es le seul à pouvoir contrôler la tante Elroy, elle ne m'écoutera jamais, moi...

- Enfin, Alistair est chez lui, tout va bien et Archie, Annie et Patricia te disent bonjour...

Candy pensa à sa famille bien aimée et elle sourit.

- Dis leur bonjour aussi... et appelles-moi autant de fois qu'il le faut pour me dire comment les choses se passent... dis à Flanny qu'elle fait du beau travail !

- Et comment ! Passe une bonne nuit !

Albert raccrocha. Candy raccrocha avec un petit sourire au visage... elle aurait aimé voir la confrontation entre Flanny et Eliza !

Le lendemain, était un vendredi, Candy reprit sa routine habituelle, mais elle n'arrivait pas à sortir Terry de sa tête... Pendant la pause déjeuner, elle fit une course rapide et passa devant une agence qui annonçait des soldes pour les billets de trains pour plusieurs destinations, dont Washington DC. Une idée folle lui vint en tête. Elle savait que c'était de la folie, mais elle avait vécu sa vie en faisant toujours très attention... Mais maintenant elle avait l'impression qu'avec toutes ces opportunités se pressentaient à elle ; elle devait les saisir !

Michael examina Marianne attentivement, il sentait les yeux de Susanna et de Mabel Poole entrain de le fixer, en attendant d'entendre son diagnostic. Mabel était impatiente.

- Et bien docteur ! C'est quoi le verdict ? Demanda-t-elle brusquement car elle n'en pouvait plus

- Tais-toi, tante Mabel, il sait ce qu'il fait, dit Susanna

Sa tante était un peu impatiente.

- A vrai dire, j'ai fini, allons dehors dans le couloir, dit Michael

- Pourquoi ne pouvez-vous pas nous le dire ici ? Demanda Mabel

Michael dit calmement :

- S'il vous plait Madame, dans le couloir...

Il venait de l'école ou on lui avait appris que même lorsque les patients sont inconscients, ils peuvent toujours entendre ce qui se dit en leur présence. Ils allèrent dans le couloir et marchèrent jusqu'à la salle d'attente.

- J'ai lu son dossier, et j'ai parlé avec le docteur qui la soigne et j'ai pu faire mon propre diagnostic... J'ai déjà vu des cas pareils quand j'étais en France... C'est le choc total et...

- VOUS VOULEZ DIRE QUE ON L'A MAL DIAGNOSTIQUEE ?! Cria Mabel

Michael savait que ce serait difficile.

- Non, madame, son diagnostic était correct... elle a eu une attaque légère... mais je crois qu'elle souffrait aussi des effets de choc total... alors je pense que la thérapie que je vais recommander va l'aider...

- Quand va-t-elle commencer ? Demanda Susanna inquiète

- Je vais essayer de faire en sorte qu'il commence la semaine prochaine... l'infirmière que j'ai en tête pour travailler avec elle aura besoin de modifier son horaire, mais c'est la meilleure... elle a travaillé avec des patients amnésiques et elle s'occuper très bien des patients fit-il, je crois qu'elle va faire beaucoup de progrès et la possibilité de sortir de son coma... Elle répondit est habituée aux patients avec des problèmes neurologiques et avec des problèmes de diction, alors c'est un début...

- C'est comme si elle se cache à cause de quelque chose et elle a raison ! Marmonna Mabel

- Ma tante, pourquoi était si mystérieuse quand il s'agit de maman ? Demanda Susanna à sa tante

- Ce n'est ni le moment, ou le temps de parler de ça, ma chère Susie, répondit la dame plus âgée.

- Le manoir André, répondit Dorothée en décrochant le téléphone

- Bonjour Dorothée, c'est bon de t'entendre, dit Candy, en regardant les papiers qu'elle avait en main

- Oh Candy... c'est bon d'entendre ta voix...à qui est-ce que tu veux parler ? Demanda Dorothée

- Albert... j'espère qu'il est là...

- Si, il est là. Ils viennent tous de descendre pour le dîner... je vais aller le chercher.

Candy entendit le bruit du cornet se poser et les pas de Dorothée s'éloigner. Peu de temps après, elle put entendre les pas d'Albert s'approcher et il prit le téléphone.

- Candy, tout va bien ? Demanda-t-il en se demandant ce qui se passait car ils avaient déjà parlé le matin

- Oui, Albert... mais j'ai besoin d'une faveur..., commença Candy, j'ai besoin d'un permis pour aller voir la représentation d'Hamlet demain soir à la Maison Blanche...

- Oh ? Hamlet, mais qui pré..., commença-t-il, mais il s'arrêta.

Il n'y avait qu'une seule raison pour laquelle Candy demanderait une requête aussi inhabituelle.

Terrence Grandchester...c'était ça ! C'est pour ça qu'elle marchait sur un nuage ces derniers temps. Albert sourit...il sentit que tout allait se résoudre soi-même, avec une fin heureuse cette fois-ci. Le destin avait une drôle de façon de faire les choses. Il venait de s'en rendre compte.

- Je ne suis pas sur ce que je peux faire pour toi Candy, et nous sommes vendredi soir... mais je te promets que je vais m'y mettre tout de suite... George est ami avec le sénateur Sherman et je connais aussi le sénateur...je suis sur qu'il pourra faire quelque chose pour nous... je ne demande jamais de faveur...

Le cœur de Candy se mit à battre à la chamade.

- Oh, s'il te plait, murmura-t-elle

Albert rie doucement.

- Mais tu as besoin d'un billet de train et d'une réservation d'hôtel, dit-il

- J'ai déjà le billet de train, et je dois partir avec le train de minuit...Je vais arriver à Washington DC le matin... mais pour l'hôtel...

- La famille André est propriétaire du Willard, Candice... ne t'en fais pas... je vais dire à George d'appeler le manager pour s'assurer qu'on vienne te chercher à la gare, dit Albert

Candy sauta presque de joie du haut de sa chaise.

- Oh Albert, merci !!

- Ne t'en fais pas Candy... tout ira bien..., dit-il en raccrochant et en souriant.

Il se sentit comme Cupidon...