NA : Accrochez-vous, Ginny est de retour. Pour le meilleur ou pour le pire ? Mouahaha... *rire sadique*
Dimanche 3 Janvier 2016
Drago se réveilla en sursaut d'un horrible cauchemar où il revoyait Hermione se faire torturer sous ses yeux, au Manoir. Il fonça sous la douche pour tenter de fuir les images évocatrices et les cris perçants de la jeune fille.
Quelques minutes plus tard, il marchait dans le couloir sans vraiment faire attention à ce qui l'entourait. Il ne remarqua même pas que tout les élèves étaient de retour, et il fut donc surprit par le vacarme régnant dans la Grande Salle. il avança d'un pas nonchalant jusqu'à sa table où il s'assit près de Daphnée Greengrass. La jeune fille ne lui prêta pas attention, ce qui l'arrangeait. Ainsi, ils pouvait ruminer ses pensées en silence.
Deux jours. Cela faisait deux jours qu'il avait embrassé Hermione, et la Gryffondor continuait de l'éviter. Il ne cherchait même pas à la contacter. Il se sentait blessé par son rejet, mais, surtout, il avait la douloureuse impression que c'était amplement mérité. Ses cauchemars revenaient d'ailleurs sans cesse lui rappeler pourquoi elle le méprisait. Il n'avait jamais rien fait pour elle, n'avait même pas tenté de la sauver… Et l'amitié qu'ils avaient récemment construit n'y changerait rien.
Hermione Granger avait toutes les raisons de le haïr. Et il en souffrait.
Ce qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi elle lui avait rendu son baiser. Lui, il avait agit sur une impulsion. Peut-être à cause de l'alcool, mais il n'y croyait pas trop. Au fond de lui, Drago savait qu'il se sentait très attiré par la jeune fille. Pas tant par son physique, bien qu'il avait réalisé à quel point elle était magnifique, surtout vendredi soir. Non, c'était plus son caractère, sa gentillesse, son empathie, sa compassion. Et son courage. Un courage à toute épreuve. Bien que la Gryffondor avait elle aussi ses moments de doutes et de faiblesses, elle ne se laissait démonter par rien ni personne.
Il se sentait de plus en plus à l'aise avec elle. Ses cauchemars avaient cessé le jour où ils avaient passé l'après-midi ensemble, à Pré-au-Lard, un mois plus tôt. Sa renaissance, comme il aimait à le penser. La présence d'Hermione près de lui l'aidait à se reconstruire. A mieux s'accepter. Et surtout, à se pardonner.
Il avait agit sur une impulsion, en l'invitant à danser. C'était un moment magique, qu'il n'oublierait jamais. Son cors délicat entre ses bras, sa tête posée sur son épaule, sa main dans la sienne. Et cette chanson… Cette magnifique chanson d'amour.
C'était d'ailleurs cette chanson qui l'avait perturbé ! Les paroles avaient pénétré en lui, et il avait réalisé à quel point il se sentirait seul et abandonné si la Gryffondor venait à disparaître de sa vie. Quand elle lui avait demandé de la lui traduire, et qu'il avait dû prononcer à voix haute des mots si poignants, il avait ressenti une douleur lancinante à l'idée de perdre la jeune fille. Il avait été choqué et perturbé de s'avouer à quel point ces mots ressemblaient à un aveu. Et ça avait signé son arrêt de mort. Prit dans l'émotion du moment, il avait embrassé la jeune fille, tentant de lui faire comprendre à quel point elle comptait pour lui. Comme un trésor, trop beau, trop précieux. Et il l'avait perdue.
Elle avait d'abord répondu à son étreinte. Il avait agit avec tendresse et retenue, elle s'était déchaînée avec passion. Puis, lorsqu'il avait eu l'impression d'avoir atteint le bonheur, le vrai, elle avait disparue. Envolée. Comme une utopie. Comme s'il se réveillait d'un rêve, avec la douloureuse sensation que rien ne pourrait prolonger son sommeil.
Drago Malefoy était seul, abandonné. Il n'avait aucune direction à suivre, aucune carte. Il ne savait pas par où commencer, ni où aller. Et les Maîtres du Remède ne pourraient rien pour lui.
De son côté, Hermione tentait tant bien que mal d'agir comme si tout allait bien. Elle sourit de toutes ses dents quand Ginny se jeta sur elle dans un tourbillon de cheveux roux :
- Oh, Hermione ! Tu m'as tellement manquée !
- Toi aussi, Gin !
La jeune fille sourit. Mais la brune reconnu les premiers signes de faiblesse. Elle en oublia immédiatement toute la rancœur qu'elle pouvait ressentir pour son amie et s'exclama :
- Oh ma puce ! Je suis tellement désolée pour toi. Viens ! Viens te promener avec moi. Allons boire un verre aux Trois Balais, tu veux ?
Ginny, les larmes aux yeux, acquiesça avec reconnaissance. Une demi-heure plus tard, les deux jeunes filles étaient confortablement installées dans le pub, une bouteille de Whisky Pur Feu devant elles. Ginny interrogea son amie :
- Je ne savais pas que tu aimais l'alcool fort…
Hermione éclata de rire :
- Non, je n'aime pas ça. Mais c'est une situation de crise, et nous en avons besoin. Allez, ma puce. Raconte-moi ce qui s'est passé…
La rousse inspira un grand coup avant de raconter, la voix engorgée de larmes :
- Comme tu le sais, ça fait des mois que nous nous disputions sans cesse. Et avant les vacances, nous nous sommes violemment disputé à cause de… Enfin, à cause de Ron. Et à propos de toi. Je suis vraiment désolée, Hermione. Je ne voulais pas te faire de la peine, je pensais vraiment que Ron devait t'en parler de lui-même et je…
La brune la coupa :
- Ce n'est rien, Gin. C'est oublié et pardonné. Continue.
Ginny hocha la tête avant de poursuivre :
- Harry pensait comme toi, que nous aurions dût t'en parler directement. Mais moi, j'avais l'intention d'aller attraper mon imbécile de frère dès le premier jour des vacances pour le forcer à venir te voir et à te parler en face ! J'ai donc demandé, ou plutôt ordonné à Harry de se taire. Ce qu'il a fait. Bref, il s'est passé ce qui s'est passé. Quand nous sommes revenus à la maison, il ne semblait plus m'en vouloir. Et puis, je me suis disputé avec Ron. Je l'ai insulté de tout les noms, à cause de ce qu'il t'a fait. Et Harry a prit sa défense.
Hermione en fut surprise, mais elle ne dit rien et écouta la suite :
- On n'en a pas reparlé pendant quelques jours. On a laissé passer Noël. Et puis Ron a transplanné au Square, complètement ivre. Au bout de quelques heures, on a réussit à comprendre que Camille était partie. On a couché mon frère et nous sommes redescendus dans la cuisine pour discuter. Et là, j'ai absolument rien comprit. A peine dix minutes plus tard, nous nous hurlions dessus. Harry continuait de prendre la défense de Ron, et moi je continuais d'en vouloir à mon frère, pour ce qu'il t'avait fait. Bref, la conversation s'est envenimée et Harry m'a quittée.
Elle se tut, au bord des larmes. Hermione était profondément touchée de savoir que son amie avait prit sa défense. Elle culpabilisait aussi, car elle pensait que c'était de sa faute si le couple avait rompu. Elle attrapa la main de Ginny avant d'insister :
- Qu'est-ce qu'il t'a dit, exactement ?
- Que nous n'avions plus la même façon de penser. Ni sur la situation avec Ron, ni sur rien d'autre. Que ça faisait déjà un moment qu'il s'en était rendu compte, mais qu'il espérait pouvoir arranger ça. Il m'a dit qu'il m'aimait, mais qu'il ne pouvait pas rester avec quelqu'un qui ne partageait pas ses opinions.
La brune grimaça. Ce n'était pas une rupture avec possibilité de réconciliation. Non, c'était définitif, et Ginny le savait parfaitement :
- Cette fois, c'est pour de bon. Il n'y a pas de retour en arrière possible.
- Comment tu te sens ?
La rousse sembla hésiter un moment avant d'avouer :
- Je ne sais pas vraiment. J'ai mal, parce que j'aime Harry, sincèrement. Mais je crois qu'au fond de moi, je le savais depuis longtemps, que ça se terminerait comme ça. J'espérais juste que tout finirait par s'arranger…
Hermione hocha la tête sans dire un mot. Quand elle vit une larme couler sur le visage de son amie, elle se ressaisit et attrapa la bouteille pour leur servir un verre :
- Allez, ma belle. Ça va aller. Je ne vais pas te mentir, ça m'a fait un choc, de savoir que vous aviez rompus. Mais ça semble malgré tout être la meilleure solution…
- Oui, tu as raison. C'est sûrement mieux comme ça. Au moins, nous pourrons rester amis. Enfin, j'espère.
La brune ne répondit pas. Elle ne croyait pas à l'amitié après l'amour. Plus après ce qu'elle avait vécu avec Ronald. Pour changer de sujet, elle demanda :
- Et ton frère, dans tout ça. Comment va-t-il ?
Ginny soupira :
- Aucune idée. Il est venu nous voir à la maison, hier soir. Maman a essayé de paraître normale, mais ça se voyait qu'elle s'inquiétait. Il n'est pas resté longtemps, mais je crois qu'il avait l'air… brisé. Je suis désolée, Hermione.
Celle-ci sursauta :
- Pourquoi ?
- Ça ne doit pas être facile, pour toi. De savoir qu'il a tourné la page, qu'il est passé à autre chose, et qu'il souffre de l'avoir perdu elle, alors qu'il a agit comme un lâche avec toi…
Hermione soupira :
- Oui et non. Je lui en ai voulu, sur le moment. Quand j'ai lu la lettre de Harry, où il m'expliquait que Ron était retombé dans ses démons après que Camille l'ait quitté, j'étais… enragée. Mais j'ai finit par réalisé qu'il n'a jamais été amoureux de moi. Et que je n'ai jamais été amoureuse de lui. Oh, je l'aimais, ça c'est sûr. Mais notre relation n'avait rien de passionnée. J'ai seulement mal à l'idée que ton frère ait su briser notre amitié aussi facilement. Je pleure mon ami. Mais pas le semblant de petit-ami qu'il était. C'est pour ça que je lui en veux.
- Tu es une sainte, Hermione. Tu le sais ?
La brune se rembrunit :
- Oh non, Ginny ! Crois moi, je n'ai rien d'une sainte !
La rousse comprit immédiatement qu'Hermione lui cachait quelque chose :
- Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi dis-tu ça comme ça ?
L'aînée eut envie de se gifler tant elle avait été sotte de parler de la sorte. Ginny ne la lâcherait pas d'une semelle tant qu'elle ne serait pas passé aux aveux. Elle pesa la pour et le contre. Devait-elle en parler à son amie ? Après-tout, Ginny était neutre, dans cette histoire là. Enfin, plus ou moins. L'alcool aidant, elle finit par avouer :
- J'ai changé, depuis la rentrée. Tu as dû le remarquer, je me suis un peu éloignée de vous ces derniers temps. Déjà, parce qu'il y avait une telle tension qui émanait d'Harry et toi que je ne voulais pas en subir les conséquences. Et puis, il y a eu Rogue et son idée débile de faire des binômes. Et mes rondes de Préfète en chef, que je fais tout les soirs avec Blaise…
La rousse la coupa :
- Blaise ? Comme dans "Blaise Zabini" ?
Elle semblait totalement surprise et presque choquée. Ça n'augurait rien de bon. Hermione soupira, pas vraiment sûre de devoir continuer. Ginny posa sa main sur la sienne dans un signe d'encouragement et la brune reprit :
- On fait nos rondes ensemble depuis le début de l'année. Au début, c'était plutôt innocent. Nous discutions de choses et d'autres. C'est un garçon plutôt sympa, en fait…
- Attends ! Ne me dit pas que tu sors avec Zabini ?
Hermione éclata de rire :
- Non, Ginny, je ne sors pas avec lui.
La rousse soupira :
- Ouf ! J'ai cru que j'allais m'évanouir. Tu t'imagine, toi avec un Serpentard ?
Hermione ne put se retenir de grimacer. Ginny la regarda avec horreur :
- Oh Merlin ! Qui ça ?
- Laisse moi finir l'histoire, sinon tu ne vas rien comprendre…
Ginny hocha la tête et écouta la suite du récit :
- Donc. Blaise et moi sommes devenus de plus en plus proches. J'ai réalisé qu'il était totalement impartial, dans tout mes petits problèmes quotidiens. Et il m'a aidé à surmonter quelques étapes plutôt… difficiles. Ma rupture avec Ron, notre éloignement…
- Notre éloignement ?
Hermione gronda :
- Arrête de me couper !
La rousse croisa les bras, vexée de s'être fait réprimander. Hermione sourit :
- Sois gentille et laisse moi finir ! Tu ne peux pas nier que nous nous sommes éloignées, toi et moi, ces derniers mois. Et c'est pareil avec Harry. J'en ai beaucoup souffert. Blaise m'a aidé à affronter ça. Non, Ginny, c'est de l'histoire ancienne, je ne veux pas revenir là dessus.
Ginny hocha la tête et referma la bouche, qu'elle venait d'ouvrir pour s'excuser. La brune continua :
- J'ai passé toutes les vacances avec lui et je l'ai accompagnée au bal du nouvel an…
Là, Ginny ne put s'empêcher :
- Mais je croyais qu'il était rentré chez lui pour aller voir sa mère à Ste Mangouste ?
Hermione grimaça :
- Je vous ai menti, il n'est pas parti de Poudlard.
- Harry m'a affirmé qu'il l'avait vu transplanner.
- Il a fait semblant, Ginny. Il a atterri ici, aux Trois Balais, et a attendu que vous soyez parti pour retourner au château… Je suis désolée, Gin. Mais je ne voulais pas vous avouer que je refusais de retourner au Terrier à cause de Ron…
La rousse hocha la tête et caressa la main de son amie dans un geste de pardon. Hermione sourit et reprit une nouvelle fois :
- Donc. J'ai passé toutes mes vacances avec lui. Et… A partir de là, Ginny, tu dois me promettre de ne porter aucun jugement, de ne pas monter sur tes hippogriffes, et de me laisser finir l'histoire avant de dire quoi que ce soit. D'accord ?
Son amie hésita, inquiète. Elle finit par promettre et la brune reprit :
- J'ai aussi passé beaucoup de temps avec Malefoy, pendant les vacances. Blaise et lui sont tellement proches que c'était presque impossible de ne pas le voir. Et puis, j'ai découvert que lui aussi avait changé. Il est devenu plus… Non, plutôt moins con, moins arrogant et prétentieux. Il est plus naturel. Il se remet beaucoup en question. Bref. Une chose en entraînant une autre, j'ai commencer à apprécier le temps que je passais avec eux. Nous sommes devenus de plus en plus proches. Et au bal, Malefoy m'a invité à danser. Et… J'ai accepté. Et c'était un moment bizarre. Vraiment étrange, parce que ça semblait complètement impossible et pourtant c'était tellement naturel ! La soirée s'est enchaînée, et nous sommes sorti pour prendre l'air. On a discuté de choses et d'autres. Et puis… Il m'a embrassé. Et, j'ai honte de l'avouer, Gin, mais j'ai aimé ça.
Elle s'arrêta, perdue dans ses pensées. Elle n'osait pas regarder son amie, elle avait trop peur de voir son expression. Elle ajouta :
- Quand j'ai réalisé ce qu'il venait de se produire, je me suis enfuie. Mais depuis, je n'arrête pas d'y penser.
Elle s'arrêta enfin. Elle n'osait toujours pas relever la tête. Elle fixait ses mains qu'elle tordait nerveusement sous la table. Au bout de quelques minutes, qui lui semblèrent durer une éternité, Ginny souffla :
- Toi et Malefoy… ?
Hermione leva enfin les yeux sur son amie. Elle lut sur son visage à quel point elle était choquée et, surtout, dégoûtée et en colère. La rousse reprit, plus fort :
- Mais t'as complètement perdu la tête, Hermione ! Est-ce que tu as oublié tout ce qu'il t'a fait ? Tout ce qu'il nous a fait, à nous aussi ?
Le brune tenta de se justifier :
- Il a vraiment changé tu…
- Je me fiche qu'il ait changé ou pas ! Ça n'effacera jamais tout ce qu'il a put faire !
Elle tremblait de rage. Hermione eut l'impression de recevoir ses mots comme une gifle en plein visage. Ginny reprit d'une voix inquiète :
- Est-ce qu'il t'a jeté un sort ? L'Impérium, peut-être ? Est-ce que tu te souviens d'un moment où il aurait…
- Non, Gin ! Il ne m'a pas jeté de sort, il ne m'a pas non plus empoisonnée avec un philtre d'amour. J'ai agit en toute connaissance de cause.
La jeune fille ne semblait pas y croire. Son visage reflétait le combat interne qu'elle menait. Elle finit par ajouter, lasse :
- Je ne sais pas ce qui est le pire, la possibilité qu'il t'ait jeté un sort si puissant que tu ne te souviennes de rien, ou le fait que tu ais réellement agit de ta propre volonté…
- Ginny, je te le répète, il ne m'a pas ensorcelée !
Hermione soupira. Cette conversation ne menait nulle part. Elle regrettait de s'être confiée à son amie, elle n'aurait pas dû. Ginny n'arrivait pas à comprendre. D'ailleurs, la rousse s'énerva :
- Alors t'as vraiment perdu la tête ! Enfin, Hermione, réveilles toi bon sang ! On parle de Malefoy !
La brune leva les yeux au ciel. Elle aperçu la serveuse passer devant elle, une part de gâteau au chocolat dans la main. Elle sourit, malicieuse :
- Ginny, c'est toi même qui m'a parlé de plaisirs coupables, tu te souviens ?
La rousse reçut ces mots comme un coup de poignard :
- Mais je ne t'ai jamais dit de croquer le gâteau, nom de Merlin ! Surtout pas s'il s'agit de Malefoy ! Merde, Hermione ! Parmi tout les petit cons qui existent sur terre, il a fallu que tu choisisses le pire !
Celle-ci s'énerva :
- Ça suffit, Ginny ! Tu crois que je ne le sais pas ? Tu crois que je ne me sens pas assez mal comme ça ? Franchement, j'ai du mal à me regarder dans le miroir tellement je culpabilise d'avoir aimé ce contact avec lui ! Je te rappelle qu'il est resté assit à me regarder me faire torturer par sa tante sans même bouger le petit doigt ! Alors je sais parfaitement à quel point Malefoy est un horrible petit con prétentieux, arrogant et lâche ! Mais ces derniers temps, j'ai découvert une autre facette de sa personnalité. En réalité, c'est quelqu'un de beaucoup plus compliqué qu'il ne paraît ! Et, franchement, j'ai moi-même du mal à m'y retrouver ! Et maintenant, je ne sais plus où j'en suis ! Alors tes leçons moralisatrices, tu peux te les garder, Ginny ! Je ne t'ai pas confié cette histoire pour que tu me rabâche ce que je sais déjà ! Mais pour que tu m'aide à y voir plus clair.
Ginny sembla choquée par le ton virulent qu'avait employé son amie. Elle cracha méchamment :
- Tu veux que je t'aide à y voir plus claire ? Très bien : Drago Malefoy n'est qu'un salaud qui prend plaisir à martyriser les personnes qu'il considère inférieure à son rang. Il est probablement entrain de se servir de toi comme de son nouveau passe-temps, profitant de tes faiblesses pour abuser de toi ! Et Zabini doit probablement l'aider en grattant quelques infos à ton sujet ! Et ce directement à la source, parce que tu es devenu tellement aveugle que tu ne sais même plus reconnaître tes ennemis ! Et si tu crois vraiment qu'ils sont autre chose que ça, c'est que tu es tombé bien bas, ma pauvre !
Hermione se leva et gifla Ginny avec force. Le visage couvert de larme, elle hurla :
- Tu ne sais rien de moi, Ginny Weasley !
Puis elle sortit du pub en courant. Elle chassa le visage surprit et blessé de son amie de son esprit et retourna le plus rapidement possible au château.
Deux heures plus tard, elle tournait en rond dans la Salle sur Demande. Elle y avait demandé un refuge et était entré dans une petite pièce particulièrement confortable qui ressemblait quelque peu à sa chambre d'enfant, qu'elle avait d'ailleurs reproduit à l'identique au Square Grimmaud. Même papier peint couleur lilas, même bureau en pin. Même odeur de fleur aussi, bien qu'il n'y avait aucun vase dans la pièce. La grande différence était que son lit avait été remplacé par un canapé de couleur beige et que le désordre n'existait pas.
Elle finit par se jeter sur le canapé, allongée sur le dos. Elle fixa le plafond quelques instants avant de fondre en larme de nouveau. Elle voulait parler avec Blaise. Elle se sentait idiote d'avoir rejeté son ami ces deux derniers jours. Et là, elle avait besoin de lui. Mais elle avait peur qu'il soit en colère contre elle. Elle aurait aimé pouvoir lui écrire, et elle regretta de ne pas avoir pensé à prendre son journal avec elle.
Aussitôt pensé, aussitôt fait. La Salle sur Demande fit apparaître une petite table basse, juste devant elle, sur laquelle était posés son journal ainsi que son coffret de correspondance.
Elle sourit en caressant le cuir noir du livre. Sans hésiter, elle l'ouvrit, attrapa la plume de paon de son coffret et la trempa dans l'encirer avant d'écrire sur la première page :
"Blaise Zabini
C'est Hermione. J'ai besoin de te parler. Réponds-moi, je t'en supplie !"
Quelques secondes plus tard, de l'encre apparut à la suite de ses mots et elle lut :
"Hermione ?! Qu'est-ce qui se passe ? Où es-tu ? Tu es en danger ?!"
"Non, tout va bien. Enfin, je suis en sécurité. Blaise, je suis désolée de t'avoir repoussé… Tu m'en veux ?"
"Non, je ne t'en veux pas. Je comprends que tu avais besoin de prendre un peu de temps pour toi. Est-ce que ça va mieux ? Où es-tu ?"
Hermione soupira. Elle se sentait soulagée que son ami ne lui tienne pas rigueur de son comportement. Elle ignora sa question et répondit :
"Non, ça ne va pas mieux. J'ai fais une connerie. J'ai parlé à Ginny. Je pensais qu'elle pourrait comprendre. Mais ça s'est mal finit…"
"BORDEL HERMIONE ! Est-ce que tu vas me dire où est-ce que tu te trouves ?!"
"Salle sur Demande"
Le Serpentard ne répondit pas. Elle sut qu'il s'était déjà mit en route pour venir la rejoindre. Elle ne fut donc pas étonné lorsqu'il pénétra dans la pièce, le regard chargé d'inquiétude, mais visiblement soulagée de la retrouver en un seul morceau.
A peine avait-il refermé la porte derrière lui que la jeune fille lui sauta au coup :
- Je suis tellement désolée, Blaise.
- Chut, c'es tout Hermione. Viens t'asseoir et explique moi ce qui s'est passé.
Hermione s'exécuta et entreprit de raconter les événements à son ami. En commençant par le baiser échangé avec Malefoy, jusqu'à la gifle qu'elle avait mise à Ginny. Quand elle eut finit, elle ajouta :
- Je ne sais plus où j'en suis, Blaise ! Je déteste Malefoy, je ne comprend pas comment ça a put se produire ! Et Ginny, c'est ma meilleure amie, depuis toujours ! Mais elle a tellement changé, elle aussi, ces derniers temps ! Et là, je ne l'ai pas reconnu. Il y avait tellement de haine et de dégoût dans sa voix, ça m'a fait tellement de mal…
- Chut, Hermione. Calme-toi, respire un grand coup.
La brune ferma les yeux et compta jusqu'à dix. Quand elle sembla calmée, Blaise commença :
- Tu ne déteste pas Drago. Enfin, tu ne le déteste plus. Tu as toi-même avoué qu'il avait changé. Et je suis là pour le confirmer, crois-moi. Il n'est plus du tout le même. En ce qui concerne ton amie, je ne suis pas bien placé pour juger. Je ne la connais pas et je n'ai aucun point de référence. Mais toi, Hermione. Toi, je te connais. Et je peux te jurer que ces derniers mois, tu as énormément changé. Tu t'es endurcie, mais tu t'es aussi adoucie, d'un certain point de vue. Tu as toujours fait preuve de beaucoup d'empathie, et c'est ça qui t'a permit de voir en nous et de nous accorder le bénéfice du doute. Ginny n'a pas la même compassion que toi, elle ne comprend pas. Il lui faudra peut-être plus de temps pour finir par avouer qu'elle s'était trompé. Mais tu ne dois pas forcer les choses. Il faut que ça vienne d'elle.
Hermione hocha la tête. Elle devait avouer que son ami avait raison, même si ça ne lui plaisait pas vraiment. Le Serpentard sourit et reprit :
- En ce qui concerne Drago… Je ne peux pas trop m'avancer, parce qu'il ne m'en a pas parlé non plus. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il est encore plus troublé que toi, depuis vendredi…
Hermione fut surprise. Elle ne s'était pas attendu à ce que le blond se sente "perdu" ou "troublé" mais elle n'eut pas le temps de poser de question que déjà, Blaise reprenait :
- Je ne prendrai pas parti, Hermione. Je tiens à rester impartial. Mais, si tu veux mon avis, tu devrais discuter avec lui.
La Gryffondor s'exclama :
- C'est hors de question !
- Comme tu voudras. Je te donne mon opinion, c'est tout.
Elle hocha la tête sans plus rien ajouter.
Elle ne voulait pas se confronter à Malefoy. Elle avait trop peur de ce qu'elle ressentirait face à lui. Elle avait trop peur de ce qu'elle pourrait découvrir sur le jeune homme, mais surtout sur elle même. Ginny avait-elle raison ? Était-elle entrain de perdre la tête ?
Quelques heures plus tard, après sa ronde, Hermione remonta jusque dans la tour des Gryffondor. Devant le portrait de la Grosse Dame, elle hésita. Elle avait trop peur de ce qui l'attendrait derrière la porte. Ginny était-elle là, à l'attendre pour finir leur conversation ? Aurait-elle prévenu Harry ? Et les autres ? Seraient-ils rassemblés tous ensemble à attendre son retour pour tenter de déterminer si elle avait perdu la raison ou si elle était ensorcelée ?
Elle sursauta en entendant la Grosse Dame s'adresser à elle :
- Et bien ? Allez-vous continuer à tourner en rond devant moi ou bien allez-vous me donner le mot de passe ?
Hermione sembla réfléchir sérieusement à la question. Elle demanda, inquiète :
- Il y a du mouvement, à l'intérieur ?
La Grosse Dame sourit :
- Pas un chat à l'horizon.
- Intégrité.
Le portrait s'écarta pour laisser passer la jeune fille qui souriait ironiquement. Intégrité ? Sérieusement ? Elle ne savait même plus si elle en avait encore, de l'intégrité…
