Hello !
Me revoilà avec un petit chapitre sous le coude. Mais je suis une vilaine, je n'ai pas répondu à vos adorables reviews. Bouh ! Honte à moi. Toutes mes excuses. Mais sachez que je les ai toutes lu avec attention et qu'elles m'ont toutes fait extrêmement plaisir. Je ne vous remercierai jamais assez pour tous ces petits concentrés de bonheur que vous m'envoyez à chaque nouveau chapitre. MERCI INFINIEMENT !
Je n'ai pas grand-chose à dire si ce n'est que, même si je sais que le délais entre chaque chapitre est long, je fais de mon mieux pour vous les poster le plus vite possible. Je vous assure que je finirai cette histoire coute que coute. En revanche, j'en suis moins sure pour Impulsions que j'ai totalement laissé à l'abandon depuis décembre dernier.
Si vous voulez venir papoter avec moi ou simplement trouver les nombreux teaser que je laisse là-bas, venez nous rejoindre sur « The Vampires' Red Room : thevampiresredroom[.]forumgratuit[.]fr (enlevez les crochets).
Un grand merci à ma petite brochette de choupette qui m'aide, me rebooste, et m'aiguille quand je m'égare. Je ne vous citerai pas toutes mais sachez que je vous aime les filles ! Et merci à mes petites fées de la correction sans qui mes chapitres seraient criblés de fautes.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture. On se retrouve en bas.
Chapitre 21 : Dure réalité
Intriguée, je la récupérai et constatai que d'une, elle contenait un objet plat et carré, et que de deux, elle n'était pas cachetée. Autant mettre un écriteau noté « OUVRE-MOI » en lettres capitales clignotantes devant mes yeux. Ma curiosité plus qu'aiguisée, je plongeai ma main à l'intérieur et en sortis un CD de Ludovico Einaudi et une carte que je m'empressai de lire.
« Bella,
En souvenir de cet instant.
Edward. »
Je tombais totalement des nues. Après cette soirée que je venais de passer, son attitude à mon égard et cette dispute, j'atterrissais maintenant là-dessus.
« En souvenir de cet instant »
Je regardai le CD d'un peu plus près. Je me rappelais de cet artiste. C'était le compositeur de cette magnifique mélodie que j'avais entendue l'autre soir quand Edward m'avait raccompagnée chez moi. Je l'avais vraiment trouvée splendide, douce et envoutante. Nous avions ris ensemble, lui se moquant gentiment de moi, et moi riant de bon cœur face à son air de petit enfant.
« Oh Edward, mais qui es-tu vraiment ? » pensai-je. Cet homme resterait à jamais un mystère. Tantôt ignoble, tantôt si attendrissant.
Arrête de réfléchir et cours le retrouver, idiote !
Je secouai ma tête vivement. Avec ce mot en main, j'avais une preuve qu'il était autre chose que ce goujat sans cœur qu'il prétendait être mais comment le lui faire avouer ? Et surtout à quoi cela servirait-il au final ?
Je quittai lentement la pièce et retrouvai la lignée d'ascenseur, face à la banque d'accueil qui avait été mon lieu de travail fut un temps. Ca me semblait si loin tout à coup.
Quand les portes métalliques s'ouvrirent sur le hall du 8ème, la musique m'assourdit. Je n'étais plus du tout d'humeur à la fête. Aussi je me dirigeai directement vers le vestiaire de fortune que nous avions installé plus tôt dans la journée sur l'un des côtés de la grande salle. Je jonglai entre les corps dansant, me frayant un chemin en zigzagant.
- Ah te revoilà toi ! S'exclama Emmett en déboulant sur ma gauche. Où tu étais passée ? J'ai pas tout compris tout à l'heure mais j'ai bien cru que t'allais me manger tout cru.
Je ris. Comme si j'avais la moindre chance face au tas de muscles qu'était Emmett.
- Désolée pour tout à l'heure. J'étais… euh… énervée.
- C'est le moins qu'on puisse dire. Alors t'as mangé qui finalement ? Qui a été la pauvre victime de l'ogre Bella ?
Mes joues prirent instantanément une teinte rosée.
Zut ! Pourvu qu'il ne remarque rien…
- Oh, oh, c'est quoi ça ? Dis tout à tonton Emmett. A qui as-tu fait des misères ?
Loupé.
Je geins.
- Personne, Emmett. Personne.
Il posa sa grosse paluche sur mon épaule d'un geste amical tout en me serrant contre lui.
- Tu sais qu'aujourd'hui c'est mon anniversaire Bella. C'est mon jour. Et en ce jour sacré, tu dois être au petit soin pour moi, tu vois ce que je veux dire ?
- Emmett, soupirai-je. J'en ai pas déjà assez fait en organisant cette soirée avec Alice en mode despote ?
- Tût, tût, tût. Cherche pas à m'amadouer. Tu as titillé ma curiosité, maintenant tu vas devoir l'assouvir.
Merde.
Dois-je te rappeler qu'Emmett est, comment dire… le jumeau monozygote d'Alice niveau curiosité ?
En même temps, qui d'autre à part lui pourrait m'éclairer sur le mystère qu'était Edward ? Il semblait bien le connaître, ou du moins assez pour l'apprécier malgré son arrogance et son mépris d'autrui. Il pourrait sans doute m'aiguiller. Mais ça voulait dire aussi l'informer de ce qui me « liait » à lui… Quelle merde.
- Edward, soufflai-je en détournant le regard.
Son manque de réaction m'obligea cependant à l'observer. Ses sourcils formèrent une ligne plissée qui marquait son incrédulité.
- Quel Edward ?
Pffff. Il le fait exprès ou quoi ?
- Cullen. Edward Cullen, m'exaspérai-je.
- Beh merde alors.
Je te le fais pas dire !
- T'es allée trouver Edward pour lui crier dessus ? Reprit-il plus dubitatif que jamais.
- Disons que… euh… Je suis montée le voir tout à l'heure pour… euh… avoir une petite discussion et… euh… voilà quoi.
Il haussa un sourcil suspicieux tout en m'entrainant un peu plus loin, en retrait de la foule.
- Une discussion ? Avec Edward ? L'énigmatique et solitaire Edward Cullen ?
- Euh… Oui.
- Je vois. En fait non, je ne vois pas de tout. Je crois qu'il faut que tu m'expliques !
Je me dégageai du bras d'Emmett et, tout en soupirant, je m'assis sur l'un des gros fauteuils club argentés.
- Je… euh…, bafouillai-je en rougissant de plus belle.
Répète après moi : J'ai pris mon pied avec ton pote, qui accessoirement était aussi mon patron, et putain, j'ai aimé ça.
Et un gifle mentale, une. Non mais, oh !
Emmett tira un deuxième fauteuil et prit place en face de moi, me détaillant de son regard céruléen.
- Alors Bells, dis tout à tonton Emmett, renchérit-il en sirotant son cocktail rouge orangé.
Re-merde. Il n'allait pas me lâcher. Je triturai nerveusement le bas de ma robe. Lui seul pourrait me mettre sur la voix, m'aiguiller. Tant pis pour mon embarras. Je devais passer outre ma pudeur et tout lui raconter.
Je soufflais un bon coup et me lançais :
- Je suis montée le voir parce que… euh… j'avais disons quelques… euh… griefs contre lui… à cause de … euh… de… Merde ! M'énervai-je. J'ai couché avec lui.
- Tu… QUOI ? S'exclama-t-il.
Je camouflais mon visage rougissant de ma main, honteuse.
- J'ai bien entendu ? Tu as… Wahou… La conversation va devenir très intéressante.
Entre mes doigts je vis un immense sourire prendre place sur son visage.
- Peut-être même classée X. Tu me donnes quelques détails ?
- Emmett ! Grondai-je.
Il aspira une petite gorgée de son cocktail tout en me détaillant de son petit regard fouineur. Me voilà bien…
- Allez ! Tu as commencé, il faut te lancer maintenant ! Envoie les détails croustillants. Et c'est pas la peine de me fusiller de ton regard noir… Je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais tu ne fais pas le poids contre moi. Tu as donc couché avec Edward ce soir.
- Quoi ? Non, m'affolai-je. C'était avant de travailler ici… et… euh… pendant aussi.
S'il avait déjà l'air surpris il y a quelques secondes, là il semblait profondément interloqué.
- Tu as couché avec Edward… Et pas qu'une fois en plus
Un sifflement impressionné s'échappa de ses lèvres.
- Chauuuuuuuuude comme les braises la petite Swan ! J'avoue que je suis impressionnée. Tu caches bien ton petit jeu.
Je cognai son genou en signe de protestation.
- Wow, du clame tigresse ! Et donc ce soir… c'était pour… ?
Je replaçai nerveusement une mèche de cheveux derrière mon oreille.
- Il y a quelques mois, alors que je travaillais comme serveuse lors d'une soirée de Gala donné en l'honneur d'Edward, j'ai… euh… fait sa connaissance, si je puis dire. Puis j'ai N.Y.E. m'a proposé un travail ici alors qu'il venait juste de me virer. Bref, on a… euh … enfin ça c'est reproduit une fois.
T'es plus rouge, t'es carrément cramoisie ma pauvre.
Tant pis si je ressemblais à une pivoine, c'était un tel soulagement d'enfin pouvoir m'exprimer à ce sujet. Tant et si bienque je ne m'arrêtai pas à la simple évocation de la situation.
- Mais ce qui me rend dingue, repris-je, c'est son comportement. Je n'arrive pas à le comprendre. Quand je le place dans la catégorie des odieux connards, il fait un truc qui me déstabilise et me fait changer d'opinion. Et l'instant suivant, le salaud méprisant est de retour. Comment fais-tu pour le supporter ?
- Des années d'expérience, rigola-t-il avant de prendre soudain un air plus sérieux. Edward est… comment dire… spécial ?
- Ah ça…
Il déposa son verre à terre et s'avança.
- Il t'intéresse hein ? Tu veux juste remettre le couvert avec lui ou bien…
Oh la… Sujet épineux !
- Je ne veux rien du tout ! Ripostai-je avec empressement. Il me rend juste dingue. Il est si calculateur, manipulateur et arrogant. Il m'horripile ! Et d'un autre côté… Il peut aussi être charmant, attentionné… Pfff, quelle merde ! M'exclamai-je.
Putain, ça faisait du bien de pouvoir vider son sac.
- Sincèrement, il y a peut-être une ouverture… Peut-être même qu'il tient à toi.
QUOI ?
- QUOI ? M'écriai-je.
Non mais t'as fini de me piquer mes répliques !
- Respire Swann, tu devrais voir ta tête, s'exclama-t-il en un fou rire.
J'enfouis mon visage dans mes mains. Quelle idée de raconter ma vie sexuelle à Emmett aussi. Quelle quiche !
- Je ne suis pas un expert en Edward Cullen mais je suis sûr d'une chose : Edward ne trempe jamais son biscuit dans la même tasse deux fois de suite, si tu vois ce que je veux dire… Donc, d'une certaine manière, je pense qu'il tient à toi ou que, du moins, tu l'intéresses.
Biscuit ? C'est carrément le paquet entier de biscuits, oui ! Il n'a jamais du voir « la Chose » en action.
Ah non, pas d'idées graveleuses maintenant. Je m'infligeai une bonne gifle mentale histoire de me remettre les idées en place. J'avais assez à gérer avec Emmett sans qu'en plus j'en rajoute moi-même.
Et puis d'abord, moi l'intéresser ? Aucun risque. A part avoir était un petit défi distractif je n'avais servi à rien d'autre.
- Je veux, je prends, je jette, marmonnai-je pour moi-même.
- Quoi ?
- Non, rien. Je ne l'intéresse pas, il aime juste jouer. Il a voulu m'avoir pour je ne sais quelle raison, il m'a eu et puis voila… Ca s'arrête là.
- Si tu le dis. Mais la seule autre personne avec qui je l'ai vu plusieurs fois c'est cette Victoria et franchement, brrrr, elle me fait flipper cette nana.
Je haussai un sourcil moqueur. Emmett effrayé par Victoria, qui l'eut cru !
- Je t'ai vu Swan. Ose encore te moquer ouvertement de moi et je t'assure que j'obtiendrai des détails croustillants sur tes galipettes avec ton boss.
Bien jouer !
Oh merde…
Il explosa de rire.
- C'est trop facile, rigola-t-il.
- Très drôle McCarthy. Ah ! Ah ! Ah !
- C'est pas ma faute, c'est toi qui me cherche.
Il calma son fou-rire avant de reprendre :
- Ce que je voulais te dire Bells c'est qu'Edward n'est pas du style à se livrer. Alors s'il s'est ouvert à toi, même qu'un tout petit peu…
- Hey vous voila vous deux ! S'exclama Alice en bondissant vers nous.
Zut ! Alice venait sans le savoir de couper Emmett dans son élan et je savais d'avance que notre petite discussion venait de prendre fin.
- Ca fait bien dix minutes que je te cherche Emmett. C'est l'heure de ton discours, tu croyais quand même pas m'échapper. J'attends que tu me remercies devant tout le monde pour cette fête alors bouge ton derrière et file au micro.
Le petit lutin autoritaire l'attrapa par le bras et tira de toutes ses forces pour qu'il se lève.
- Du calme demie portion. J'arrive ! Soupira-t-il. Je vais t'offrir ton heure de gloire.
Elle relâche sa prise, satisfaite et battit en retraite jusqu'à la foule où elle attendit qu'Emmett la rejoigne.
- Mon devoir m'appelle, s'excusa-t-il en se levant, mais si je peux te conseiller quelque chose, va le rejoindre. C'est peut-être un sale con arrogant comme tu le dis si bien mais c'est aussi mon ami le plus proche et je sais que derrière son allure assurée et son apparence froide, c'est un mec bien.
- Que j'aille le retrouver ?
- Hum hum… Ecoute la voix du sage homme que je suis.
- Très drôle ! Tu crois vraiment que je devrais courir après lui ?
- C'est à toi de voir.
- Pour aller le retrouver faudrait déjà que je sache où il est parti comme une furie, contrai-je.
- Il n'est plus dans son bureau ?
- Non, il est parti après qu'on se soit disputé tout à l'heure.
- Et bien Swan, on va de surprise en surprise avec toi. Une femme de caractère, j'aime ça ! Il était en colère ?
Euh… Fou furieux ? Proche de la rupture ? Complètement allumé ? Disjoncté… serait peut-être plus proche.
- Plutôt, oui.
- Alors il sera très certainement au Zanzibar.
- Emmmmmmeeeeett ! S'impatienta Alice.
- J'arriiiiiiiiive ! Une dernière chose. Si jamais l'envie te prenait de suivre mon conseil et d'aller le retrouver, tu auras besoin de ça.
Il plongea sa main dans la poche arrière de son jean noir et récupéra une carte de son portefeuille.
- Tu le trouveras certainement dans l'un des box VIP du Zanzibar. C'est généralement là-bas qu'il se réfugie pour se… hum… « détendre ». Ceci est ma carte d'accès permanent. Avec ça tu pourras y entrer sans invitation. Dis juste à Elliot que tu viens de ma part, me dit-il en me tendant le rectangle noir et argenté.
- Elliot ?
- Le vigile à l'entrée.
- Euh, merci.
- Encore une chose. Je connais Ed et, s'il était furieux quand il est allé là-bas, alors il ne sera pas seul. Il aura certainement de la compagnie… féminine.
Super… Version poupée Barbie écervelée ou option neurones intégrés ?
- Oh… Euh… Merci.
Il s'éclipsa vers une Alice trépidante d'impatience.
Mes yeux se rivèrent sur la carte entre mes doigts. Allai-je y aller ou non ?
Tu veux un coup de pied aux fesses ou quoi ?
Et puis merde !
D'un pas soudain décidé, je me dirigeai à nouveau vers ce qui avait ma destination initiale, avant qu'Emmett ne m'intercepte et sème le doute dans ma tête. Au vestiaire, je récupérai mon manteau et filai hors de la salle et de l'immeuble.
Un peu plus d'une demi-heure et un taxi plus tard, j'arrivais devant l'entrée maintenant familière du club. Je commençais à me sentir comme une habituée. Pourtant, la première fois où Jake m'y avait amenée ne remontait pas si loin. Seulement quelques mois s'étaient écoulés.
Mais quels mois !
J'entrai, longeai la salle, zigzaguai entre les clients et déjà je me retrouvai devant la porte séparant le bar branché au club VIP ultra sélecte.
- Invitation ? Beugla un colosse noir du haut de son bon deux mètres dix.
Wow… Vaut mieux pas l'énerver celui-là.
Le fameux Eliot était plutôt du genre impressionnant.
- Bonsoir, M. McCarthy m'a prêté sa carte pour ce soir.
Je lui tendis le petit rectangle noir et argent que je triturais dans mes mains depuis plus d'une demi-heure. Après un bref coup d'œil, le vigile s'écarta de la grande porte. Je le remerciai poliment et d'un même geste, poussai les immenses battants noirs pour tomber dans la grande salle, une fois de plus métamorphosée.
Je poussai un grand voilage blanc et, ébahie, contemplai la décoration. De hautes colonnes de verre, chargées en leur centre d'une multitude de billes translucides bleutés et blanches, meublaient l'accès aux différents box de part et d'autre de la piste de danse. Le tout orné de petites lumières scintillantes filant le long du verre. Les murs, drapés de soie brillante, rehaussaient à merveille le jeu de lumière de ces piliers luminescents.
Comme à son habitude, la piste était pleine à craquer de danseurs déchaînés qui se déhanchaient au rythme de la musique à tendance Trip-Hop que diffusaient les immenses haut-parleurs. Franchir leur corps enchevêtrés s'avéra être une affaire des plus ardues. Non sans mal et après quelques changements d'itinéraire au gré de la foule mouvante, j'arrivais enfin à rejoindre l'immense comptoir au fond de la salle. Je pris une seconde pour reluquer discrètement les spécimens plutôt alléchants qui y travaillaient et détailler tout spécialement leur tenue du jour, soit un gilet noir sans manche et un nœud papillon, avant de héler un des barmans qui s'approchait de moi.
Miam !
- Qu'est ce que je vous sers belle brune ?
- Je cherche Edward Cullen.
Le beau gosse au regard bleu métal rehaussé d'eye-liner marqua un temps d'arrêt, passablement surpris, puis se penchant sur son comptoir, me reluqua de la tête au pied.
- Vous n'êtes pas son style habituel.
Quoi ?
De quoi est-ce qu'il me parlait ?
- Il est dans le deuxième box à droite, avec une de tes consœurs. T'as de la concurrence ce soir ma belle, rit-il.
Je rêve ou il vient de me prendre pour une poule de luxe ?
Oh !
- Euh non c'est pas ce que… Je le connais… On a travaillé ensemble… Enfin, j'ai travaillé pour lui.
- Ouais, ça je n'en doute pas.
Il ricana et se tourna vers un autre client.
Connard !
J'étais sur le cul. Comme si j'avais l'air d'une… Ahhh ! Je baissai les yeux sur la petite robe de créateur et les escarpins à 200$ qu'Alice m'avait prêté pour la soirée. Ce barman n'était qu'un sombre crétin !
Crétin peut-être mais sexy quand même.
Maintenant que ma cible était localisée, je me frayai un chemin au milieu des clubbers. Bizarrement, il me fut plus facile de me glisser parmi la foule que de m'en extraire. Je défroissai, d'un geste nerveux, un pli invisible sur le bas de ma robe et, soufflant un bon coup, contournai l'une des colonnes illuminées pour pénétrer dans le box privé.
Oh bordel !
Une blonde, jupe remontée à mi-cuisse, ondulait outrageusement ses hanches, confortablement installée à califourchon sur mon ex-boss.
Tant pis si je radote mais… OH BORDEL !
Elle s'activait dans le creux de son cou, ne laissant à ma vue que ses mèches peroxydées, remontées en chignon, pendant qu'elle le savourait de la naissance de sa mâchoire à sa clavicule, laissée dénudée par sa chemise légèrement ouverte. Un bras relevé sur le dossier, l'autre reposant sur l'accoudoir du canapé, Cullen savourait l'instant, un verre d'alcool à la main.
Et une castration par coups de pied bien placés, tu crois qu'il la savourerait aussi ?
Le souffle coupé, je réprimais un hoquet de stupeur. Après tout, à quoi m'attendais-je ? Ne venais-je pas d'être prise pour l'une de ces call-girls de luxe dont un spécimen assez dénudé jouait à frotti-frotta sous mon nez ? Voir ce genre de spectacle de ses propres yeux était assez… euh… déroutant.
Fort heureusement aucun des deux n'avaient encore remarqué ma présence, trop pris par leurs activités communes.
Comme quoi le mordillage de lobe d'oreille demande une grande concentration… Ah ! Je vais me la faire. JE VAIS ME LA FAIRE !
Je réprimai rapidement mes envies de meurtre et optai plutôt pour l'option « ni vue ni connue ». Opérer un retrait discret semblait une bien meilleure idée. Pourtant mes jambes restèrent vissées au sol.
Donnez-moi une arme que je la descende ! Non mais oh… PAS TOUCHE !
Aussi écœurée par la situation que je l'étais, je restais tout de même là, immobile, les yeux braqués sur eux. Je ne voulais pas partir sans avoir eu ce semblant de discussion que j'étais venue chercher. En revanche, le moment n'était sans doute pas le meilleur…
Ca dépend pour qui parce que pour eux deux ça semble plutôt bien se passer.
Au moment même où j'amorçais un pas en arrière pour quitter le box, Edward porta son verre à ses lèvres. Tout en buvant une gorgée, ses paupières se dessoudèrent pour se poser directement sur moi, droite comme un "I" à l'entrée de son box privé.
Oh merde.
Oups !
Son expression balaya en une fraction de seconde tout un panel d'émotions. De la surprise à la colère, tout y passa, jusqu'à ce que son regard se fige en une expression froide et distante qui me glaça sur place.
- Isabella ? Grinça-t-il.
Euh… Comment on respire déjà ?
J'inspirai péniblement un peu d'air.
Son ton cassant eut au moins pour effet de stopper les mouvements lascifs de l'autre suceuse de lobe d'oreille.
Elle ne doit pas sucer que des lobes d'oreilles si tu veux mon avis…
- Laura, laisse-nous.
- Moi c'est Lola, lui susurra-t-elle en glissant sa main sous la chemise.
- Peu importe, laisse-nous. Tout de suite, lui ordonna-t-il.
La blonde obtempéra. Elle se releva avec aisance, dépliant son mètre vingt de jambes parfaitement sculptées à m'en filer des complexes et m'offrit un regard dédaigneux avant de quitter les lieux.
Et ouais… C'est moi qui reste avec et pas toi !
D'un geste, Cullen m'indiqua la banquette face à lui. J'y pris place en silence, passablement nerveuse et intimidée.
- Aurais-tu oublié quelques reproches sur ta longue liste pour venir jusqu'ici ? S'enquit-il sur un ton qui se voulait moqueur.
Cependant, la plaisanterie n'atteignait pas ses yeux. Braqués sur moi, ils semblaient plus méfiants, voire prudents.
- Je suis juste venue discuter de manière civilisée.
- Civilisée ? Allons donc… Un verre ?
Il attrapa la bouteille de bourbon posée sur la petite table devant lui.
- Euh, non merci.
- Tu préfèrerais peut-être un cocktail ?
- Non plus. Plus d'alcool pour moi ce soir.
Il se servit un verre et le but presque d'une traite tout en me fixant attentivement.
- Alors, qu'est-ce qui t'amène exactement ? Tu veux approfondir un point précis précédemment cité dans mon bureau ?
- Pas vraiment non.
- Je suis toute ouïe Isabella. Que me vaut le plaisir de ta présence ?
J'inspirai un bon coup. Quand faut y aller… Je portai la main à mon sac. J'en sortis l'enveloppe kraft et la déposai précautionneusement sur la table entre nous.
L'effet fut immédiat. Dès qu'il l'eut reconnu, sa mâchoire se crispa.
- Je constate que fouiller dans les affaires des autres fait partie intégrante de ta définition du mot civilisé, siffla-t-il.
- Je n'ai pas fouillé… Tu l'as fait tomber et je l'ai vu en sortant de ton bureau, me justifiai-je.
- Et tu t'es dit que vu qu'il y avait ton nom dessus, tu pouvais te l'approprier ? Il ne t'est pas venu à l'idée que si je ne te l'avais pas envoyé, il y avait une raison ?
Son verre claqua sur la table.
Ok… Ca va barder.
- Dis-moi un peu ce que tu t'imagines Isabella ? Je te vois déjà jubiler à croire que je m'intéresse à toi.
Il se pencha vers moi tel un félin fondant sur sa proie, le regard noir de colère. Seule la table faisait obstacle entre nous. Je restai stoïque, à la fois scotchée par sa réaction, et juste passive, attendant que l'orage passe.
- Est-ce que j'ai l'air de jubiler de quoi que ce soit ? Demandai-je le plus calmement possible.
- Tu n'es rien d'autre qu'une fille ramassée dans une soirée et que je me suis tapée pour me changer les idées.
Aïe, ça fait mal.
Ma respiration se bloqua dans ma poitrine. Une droite dans l'estomac ne m'aurait pas fait meilleur effet. Je ravalai mes larmes. Il voulait me faire mal, me blesser. Mais je ne lui laisserai pas ce loisir, ou du moins je ne lui en donnerai pas la preuve.
Tout était tellement prévisible. Alors pourquoi est-ce que ça faisait si mal ?
- Tu n'as été qu'un simple passe temps Isabella, renchérit-il avec véhémence. Tu t'es trouvée là quand j'avais besoin d'un divertissement. Je t'ai baisée comme il se doit, tu as aimé ça, point final.
J'encaissai ses paroles sans scier, trop abasourdie pour réagir. Chacune de ses insultes, de ses coups bas, me démontrait ma totale impuissance. Sa carapace était érigée en béton armé. Inébranlable, incassable… Totalement infranchissable. Et il fallait bien se rendre à l'évidence, je n'étais pas de taille à lutter contre elle.
- Ca, ajouta-t-il en pointant l'enveloppe du doigt, ce n'est qu'un moment de faiblesse que je me suis empressé d'éradiquer. Je suis un sale con arrogant et manipulateur, tu le dis toi-même, alors mets-toi ça dans la crâne une bonne fois pour toutes : tu n'étais qu'une distraction qui commence à sérieusement me taper sur les nerfs.
J'abdiquai. Le cd et son petit mot n'avaient été qu'une légère fissure immédiatement colmatée pour ne laisser qu'un mur glacial entre lui et moi.
- Je vois, articulai-je posément.
J'attrapais la bouteille de bourbon et d'un geste assuré m'en servis un verre sous son regard médusé et surpris.
- Dieu merci, je n'ai été qu'une distraction. Je m'en serais tellement voulue d'avoir causé un trop plein de gaieté dans ta triste et morne existence.
Je bus mon verre d'une traite, ravalant une grimace lorsque le liquide brunâtre m'incendia la gorge, tout en savourant l'expression stupéfaite que je venais de provoquer chez Monsieur Contrôle Absolu.
- C'est t'accorder bien trop d'importance, Isabella. Tu n'étais et ne seras toujours qu'une pauvre petite serveuse maladroite à mes yeux.
Quel con !
- Tes attaques et tes coups bas de m'atteignent plus. Tu peux dire ce que tu veux Edward, ceci (je pointais à mon tour l'objet de discorde) parle pour toi. Je n'aurai pas la prétention de dire que tu tiens à moi, ça non. En revanche, je constate que comme toujours, tu te voiles la face. Tu te caches derrière cette arrogance et ce mépris. Comme je te plains Edward…
Je déposai calmement mon verre sur la table et, tout aussi posément, je quittai mon siège.
- Sur ce, je te souhaite une bonne fin de soirée en compagnie de… Hum, comment s'appelle-t-elle déjà ? Ah oui, Lola. Je suis certaine qu'elle saura te divertir à merveille.
Je me retournais vers l'entrée du carré privé. Du coin de l'œil, je vis la dite Lola qui passait non loin de là. Je lui lançai alors, un peu plus fort que nécessaire, un « Il est tout à toi » qui, j'en étais certaine, arriverait aux oreilles d'Edward.
Puis, sans me retourner, je quittai le box et le Zanzibar.
Dehors, j'évitai les clients agglutinés sur le trottoir et rejoignis la rue à grandes enjambées. Je fis signe au premier taxi qui emprunta la 45ème rue, pressée de mettre un maximum de distance entre ce lieu et moi. Le véhicule s'immobilisa à mon niveau. Par chance, il n'était pas occupé. Je m'apprêtais à en ouvrir la portière lorsqu'un grognement puissant et rageur m'interpela.
- ISABELLA !
Je me figeai, la main suspendue en l'air. Cette voix… Elle dégageait une telle colère que j'en frissonnai.
Mais cette seconde de flottement me suffit pour me rappeler ses paroles. Je clignai des yeux, reprenant le contrôle de mon corps et de mon esprit. Je n'avais plus rien à espérer de lui, plus rien à attendre non plus. Alors à quoi bon avoir une ultime confrontation ? Il ne changerait pas. Jamais.
Forte de cette prise de conscience, j'ouvris la portière du taxi en ignorant son appel – aboiement ? – D'un mouvement las, je me laissai glisser sur la banquette arrière et posai ma tête sur la vitre froide en demandant au taxi de démarrer sans plus attendre.
A cet instant, je sursautai et me redressai vivement alors qu'un bruit sourd résonnait dans l'habitacle. Le bruit du poing d'Edward Cullen qui s'écrasait sur la carrosserie.
- Accélérez, ordonnai-je au chauffeur.
Alors que le véhicule s'insérait dans la circulation assez fluide de cette nuit New-Yorkaise, je me retournai vers le zanzibar. Sur le trottoir, Edward, poing serrés et mâchoire crispée, fixait mon taxi qui s'éloignait.
Qui a envie de tarter Ed ? Je vous préviens, va falloir faire la queue je pense.
Un pas en avant, trois pas en arrière… Mais rassurez-vous, ils vont y arriver (ou pas…).
En tout cas j'espère que vous aurez aimé ce chapitre.
Je ne sais pas quand arrivera le prochain mais je fais au mieux. On se retrouvera peut-être sur Impulsions avant si l'inspiration revient.
En attendant, j'attends vos avis sur ce chapitre.
Je vous souhaite une bonne journée et à bientôt.
Dri
