Note de la Traductrice: Juste désolée pour avoir publié plus tard que prévu, j'ai eu quelques problèmes avec la connexion internet. Merci encore à tout le monde pour vos review et dites-moi si j'ai oublié de répondre à quelqu'un.
Correctrice: LittleKimi
Snarrylovers: Tu peux tricher autant que tu veux c'est pas grave (je fais pareil lol). Alors, si j'ai des fanfic de ce genre à te conseiller... Pas vraiment non (désolée). En fait tout ce que je lis dans ce genre-là est souvent pas du tout à mon goût -soit trop guimauve, soit trop violent, soit trop pas bien écrit, soit une combinaison de deux ou plus etc.- En fin bref, cette histoire est l'une des rares que j'ai trouvé à mon goût. Ensuite, je peux quand même te conseiller quelques choses (mais c'est hyper connu dans le fandom, alors je pense que tu connais déjà). Premièrement, en français, Les Cicatrices du Temps par Ellana-san. Harry et Severus ne sont pas biologiquement père et fils, mais le côté relation est plus important. Cette fanfic est excellente, mais la suite, Le Dernier Secret, n'est pas encore achevé (donc aucun moyen de savoir si ça finit bien :p) et elle n'est pas seulement centré sur Harry et Severus. Ensuite, puisque tu lis aussi en anglais, il y a le site Potions and Snitches (.org) qui ne contient que des fanfic sur Harry et Severus, et il y en a de bonnes j'imagine mais je n'en ai jamais lu avant (et plus trop le temps de le faire maintenant). Désolée pour ne pas avoir été d'une grande aide, mais si jamais je tombe sur un bon Severitus, j'en parlerai là. (Et tu as reçu la réponse la plus longue que j'ai jamais écrite, je suppose.)
petite grenouille: Merci merci, tu me fais rougir ^^
Bonne Lecture!
Familier
Si Severus avait su que le garçon avait manqué le dîner, il se serait lancé à sa poursuite et lui aurait demandé des explications, au moins. Cependant, Severus lui-même n'avait pas été présent dans la Grande Salle. Il avait dîné dans ses appartements dans le but de rattraper le travail colossal qui s'était accumulé pendant qu'il s'occupait des quelques autres distractions de ce semestre. Il était en retard dans la correction des projets de recherche de ses septièmes années, et voulait les leur rendre, de préférence avant que les élèves ne meurent de vieillesse.
Par conséquent, ce ne fut qu'après que Minerva apparut devant sa porte, quelques minutes après le couvre-feu, qu'il découvrit que le garçon avait disparu.
Un coup à sa porte à cette heure-là de la nuit n'était jamais un bon signe. Il se prépara mentalement avant d'ouvrir la porte.
Minerva s'y tenait, les sourcils froncés. Elle était encore habillée, mais ses cheveux tombaient en une longue tresse, comme si elle avait été interrompue dans sa préparation pour aller au lit. "Severus, je suis désolée de te déranger à cette heure en pleine nuit, mais je me demandais si tu avais vu Harry?"
"Pas depuis le cours de potion," répondit Severus en gardant son calme. "As-tu vérifié l'infirmerie? Poppy est censée l'avoir vu cet après-midi. Peut-être qu'elle l'a gardé là." Il était peu probable que Poppy l'ait fait, sans en informer Minerva au moins, mais Severus savait qu'elle était tout aussi dépassée qu'eux par le travail à rattraper.
"Je lui ai déjà parlé. Elle l'avait laissé partir avant le dîner et plus personne ne l'a vu depuis."
Severus serra la mâchoire. "As-tu parlé avec ses amis?"
Minerva acquiesça, semblant un peu désemparée. "J'espérai, que peut-être, il était en retenue avec toi."
"Non," dit Severus lentement. "Mais il se peut qu'il en ait de nombreuses autres à partir de maintenant," ajouta-t-il d'un air sombre. Il avait un nœud dans l'estomac. Maudit soit ce garçon. "Qu'ont dit monsieur Weasley et mademoiselle Granger?"
"Ils ne l'ont pas vu depuis la fin des cours. En fait, c'est mademoiselle Granger qui est venue me prévenir de la disparition d'Harry."
"Êtes-vous en train de me dire que Potter a disparu il y a presque six heures?" demanda Severus d'une voix basse.
Minerva hocha la tête, les lèvres serrées en une moue inquiète.
Severus prit une longue inspiration. "Et personne n'a pensé à m'en informer?" demanda-t-il durement. Il avait obtenu la garde de l'enfant depuis moins de six semaines, et déjà, ce gamin infernal avait disparu. "Est-ce que tu essaies tout simplement de l'envoyer dans les bras de Black? Est-ce que tu veux une autre mort sur la conscience?" Il n'essaya même pas de contrôler le volume de sa voix.
Le visage de Minerva pâlit, tout autant de rage que de douleur. "Je viens tout juste de l'apprendre," craqua-t-elle. "J'ai dîné avec le directeur." Sa main se serra autour de sa baguette.
Il pouvait dire adieu à sa soirée calme pour rattraper le travail. "Je voudrai parler avec Granger et Weasley," grogna Severus, passant brusquement le pas de sa porte vers le couloir.
Minerva le rattrapa à grandes enjambées. "Ils attendent dans le bureau du directeur."
Au moins, elle avait fait ça de bon.
En très peu de temps, ils furent de nouveau dans le bureau du directeur. Les personnes présentes à cette réunion étaient Granger, les jumeaux Weasley, Ron Weasley et la plus jeune Weasley. Une idée de Dumbledore sans doute. La présence des jumeaux était justifiée; Severus avait soupçonné depuis longtemps leur connaissance peu commune du château. Et la fille Weasley connaissait quelque peu les tunnels au-dessous de l'école, grâce à ses activités de l'année passée pendant qu'elle était possédée par le Seigneur des Ténèbres.
Severus espérait sincèrement qu'ils n'allaient pas avoir à récupérer le cadavre du garçon dans l'un de ces tunnels. Des scénari tous plus horribles les uns que les autres lui passèrent dans la tête. Les yeux de Lily sur le visage de Potter, aussi froids et morts qu'avait été ceux de Londubat, flottaient à la surface des pensées désagréables de Severus.
L'angoisse bouillonnait en lui; il faudra peu de choses pour qu'elle se transforme en panique. Severus prit quelques secondes pour vider délibérément son esprit de toute émotion. Paniquer n'aidera personne.
"Avez-vous pensé à un autre endroite où Harry aurait pu aller?" demandait Dumbledore aux enfants.
"Je l'ai vu sur la tour d'astronomie," dit mademoiselle Weasley à Dumbledore, à voix basse.
"Que diable faisiez-vous là?" demanda Severus.
Mademoiselle Weasley sursauta. "Je-J'y vais juste parfois pour avoir un peu de calme," dit-elle, sa voix oscillant quelque part entre effrayée et terrifiée.
"Où d'autre suggérez-vous de chercher?" demanda Minerva.
Granger et les Weasley se jetèrent des coups d'œil coupables, jusqu'à ce que Severus craque brusquement, "Allez, dites-le."
"Harry a tendance à... disparaître... dans l'après-midi, après les cours," osa Granger d'une voix basse.
"Ouais," confirma une des jumeaux. "Il est souvent en retard à l'entraînement de Quidditch."
"Savez-vous où il part?" demanda gentiment Dumbledore.
Ils secouèrent tous la tête en guise de non. "On sait juste que c'est en dehors du château. De l'autre côté de la rivière. Je l'ai vu revenir prés des serres," dit Granger. "On a pensé qu'il allait voir Hagrid peut-être, mais quand on lui a demandé, il a dit que Harry n'était pas passé chez lui. "
"Il est un peu bizarre depuis..." le plus jeune Weasley s'interrompit en regardant Severus. Il avait l'air de perdre son calme. "Eh bien, depuis toute cette histoire avec Neville." Il baissa les yeux au sol. "Mais on a supposé qu'on était tous un peu paumés après ça."
Mademoiselle Weasley lâcha un petit sanglot. Severus chercha dans sa poche un mouchoir propre. Comme les élèves de sa maison le découvraient assez tôt, il exécrait les enfants qui reniflaient et s'essuyaient le nez avec leur manche. Il le lui tendit. Elle le regarda comme si ça allait la mordre, mais le prit un instant plus tard.
"Vous diriez donc que monsieur Potter avait un comportement étrange alors?" demanda Severus.
Tous les enfants acquiescèrent de la tête. Severus leva les yeux pour voir le directeur et McGonagall échanger un regard mal à l'aise. Ils savaient tous que Potter et beaucoup d'autres élèves agissaient bizarrement, mais ne savaient pas quoi y faire. L'affirmation de monsieur Weasley comme quoi tout le monde était "un peu paumé" était assez exacte. Poppy avait demandé à Severus de préparer un autre lot de filtres calmants parce que beaucoup d'enfants souffraient de cauchemars.
"Y-a-t-il quoi que ce soit d'autre que vous pourriez nous dire?" demanda Dumbledore aux enfants en prenant son ton de gentil grand-père.
Ils secouèrent tous de la tête.
Dumbledore l'accepta. "Allez, au lit alors. Nous vous préviendrons si nous découvrons quelque chose."
Severus doutait vraiment qu'ils aillent au lit, mais au moins ils seraient hors de leurs pattes. Ils descendirent les escaliers.
"Je vais voir dans la tour, d'accord?" dit Minerva quand les élèves furent partis et qu'ils entendirent la porte se fermer en bas des escaliers.
Dumbledore hocha la tête. "J'ai demandé à quelques fantômes de vérifier au sein du château. Je préfère rester discret." Il se tut. "Pourriez-vous vous charger de fouiller les terres, Severus?"
Severus acquiesça. "Avez-vous vérifié si la satanée cape de Potter est encore là?" demanda-t-il.
Dumbledore lui répondit. "J'ai demandé aux elfes de maison de regarder. Elle est toujours dans sa malle."
Ça aurait été moins inquiétant si la cape n'avait plus été à sa place; ils auraient au moins su que Potter avait disparu de son propre gré.
Si Potter était toujours vivant à la fin de cette soirée, Severus allait confisquer cette foutue chose jusqu'à ce que Potter ne soit plus sous sa responsabilité. Après quelques instants de réflexion, Severus dit, "Si le garçon n'est pas retrouvé dans la prochaine heure, je vais, évidemment, faire appel aux aurors. "
Dumbledore soupira de résignation. "C'est votre prérogative."
"Envoyez un patronus si vous le trouvez," dit Severus en sortant de la pièce.
Il faisait froid et Severus espérait que Potter avait pris sa nouvelle cape. Elle avait un sortilège de réchauffement et d'imperméabilité, donc même si Potter était inconscient, il ne risquerait pas de mourir d'hypothermie. En supposant que Black n'ait pas juste tué le garçon sur le coup.
Le temps que Severus arrive près des serres, il avait imaginé presque toutes les issues possibles les plus sinistres. Potter mort, Potter gravement blessé et mourant, Potter gravement blessé et vivant, Potter sous crucio jusqu'à ce qu'il en devienne fou, Potter kidnappé et utilisé dans un rituel macabre pour ressusciter le Seigneur des Ténèbres…
Severus avait la nausée.
Il émit une lumière aussi forte possible, et puis, après réflexion, lança un sort pour faire en sorte que les traces de sang soient fluorescentes sous la lumière (un petit sortilège de son invention, après avoir été inspiré par une émission de télé).
Un mouvement devant lui. La lune presque pleine laissant entrevoir une forme fine, couverte d'une cape, avec des cheveux en bataille.
"Potter!" s'exclama Severus. "Où diable étais-tu, garçon?" Il accéléra le pas et s'approcha de l'enfant. Dans l'obscurité, Severus ne pouvait pas voir si le gamin était blessé.
Potter leva une main entre eux. Il trébucha en arrière, comme si Severus menaçait de le gifler. "S'il vous plait, je me suis endormi et..."
"Vous vous êtes endormi?" Severus attrapa Potter par l'épaule. Potter semblait effectivement être indemne. Tel un catalyseur qui faisait évoluer une potion de basique à acide, le soulagement transforma la peur de Severus en pure colère, "Êtes-vous devenu fou? J'étais sur le point de demander aux Aurors de vous chercher." Il secoua le garçon par l'épaule. "Que diable fai…"
Severus n'acheva jamais sa phrase. Quelque chose d'énorme lui rentra dedans, l'envoyant sur le sol. Un animal le tenait à la gorge, une patte sur sa main droite, une sur sa poitrine, comme sortant tout droit d'un cauchemar. Le cauchemar qu'il avait vécu alors que James Potter lui avait sauvé la vie, cette lointaine nuit.
Il posa sa main libre sur la mâchoire de la bête, essayant de la garder loin de lui. Désespérément, il espérait que le garçon aurait assez de bon sens pour courir jusqu'au château. Il en espérait clairement beaucoup trop; vu que le garçon avait agrippé la grande bête par le cou et lui hurlait incompréhensiblement dessus.
" Potter! Qu'est-ce que tu fais? Enfuis-toi avant que cette foutue chose ne t'attaque!" cria Severus, se débattant comme un fou.
"Sniffle! Non! Méchant chien!"
Severus pouvait entendre les mots du garçon à présent.
"Foutu chien! Tu ne fais qu'empirer les choses!"
Le chien recula avec un geignement soudain. Severus le vit se tourner vers le garçon –lui léchant la joue– puis se retourna pour lui grogner dessus.
Sans faire le moindre mouvement, Severus demanda, "Vous connaissez cet animal?" Il risqua un coup d'œil vers le couple; ils se tenaient proches l'un de l'autre, dans une défense mutuelle. Jugeant que c'était assez prudent, il se leva lentement, gardant sa baguette dirigée vers la créature.
Le garçon, les bras toujours autour du cou du chien, dit, " Il n'a jamais réagi comme ça avant. Je pense qu'il est le familier de quelqu'un. S'il vous plaît, monsieur…" Soudainement, le garçon eut l'air dévasté et des larmes coulèrent sur ses joues, brillantes sous la lueur de la baguette. " Je lui donnais à manger et je suppose qu'il s'est attaché à moi ou quelque chose comme ça. Il a sans doute pensé qu'il était en train de m'aider. Je sais qu'il est probable qu'il soit le familier d'un sorcier. On peut trouver qui et le renvoyer chez lui. Il est juste… Il ne savait juste pas qui vous étiez. Il n'est pas dangereux… on peut l'amener chez Hagrid. S'il vous plaît, pitié… ne le…" Le garçon s'interrompit.
Oh, Lily, pensa Severus, il te ressemble tellement. À travers toute cette période horrible, rien n'amena l'enfant aux larmes, jusqu'à ce qu'il craigne pour la vie d'un animal qui avait clairement choisi le garçon pour être son sorcier.
Ce n'était pas inhabituel pour un familier d'attaquer lorsqu'il pensait que son sorcier était en danger, mais l'enfant supposait probablement que le chien serait considéré comme féroce.
"Potter, calmez-vous," dit Severus doucement, essayant de calmer et l'enfant et le chien. Tous deux tremblaient, de peur ou de froid, Severus n'arrivait pas à le savoir. "Je ne ferais aucun mal au chien."
"Oui, monsieur," répondit Potter avec désespoir.
Le chien arrêta de grogner, enfin.
"Le chien est manifestement le familier de quelqu'un," dit Severus d'un ton sec, pointant sa baguette pour faire apparaître une laisse pour le chien. Pas besoin de donner une crise cardiaque à Miss Teigne. "Abduco Canis."
"Vous pensez pouvoir amenez ce monstre jusqu'au château?" demanda Severus.
Potter ramassa la laisse. "Oui, monsieur. C'est bon," dit-il, docile.
"Venez, alors" soupira Severus. Il n'était plus en colère, juste très, très fatigué.
C'est alors que quelque chose lui vint à l'esprit, "Pourquoi dormez-vous dehors, Potter?" demanda-t-il en marchant.
"Je ne voulais pas," rétorqua Potter sur la défensive. "Je suis simplement sorti..." Il en continua pas.
"Pour..?" encouragea Severus implacablement, se préparant mentalement à la réponse.
"Pour nourrir Sniffle," marmonna le garçon, honteux.
"Est-ce ce que vous faisiez à chaque fois que vous sortiez l'après-midi?" Severus se souvenait maintenant les fois où il avait remarqué Potter glissant de la nourriture dans un sac en plastique. Il avait beaucoup réfléchi à ce sujet, mais tant de choses se passaient qu'il avait oublié.
Le garçon hocha la tête. "Je ne pensais pas que quelqu'un avait remarqué," admit-il à voix basse. "Et je voulais m'assurer que Sniffle ait à manger."
"C'est le nom que vous donnez à ce monstre?" renifla Severus, couvert par une autre vague de soulagement. Il avait imaginé toute sorte d'activités illicites, malsaines, ou même létales. "Tu passes trop de temps avec Hagrid." L'alternance entre le soulagement et l'adrénaline le faisait se sentir un peu sonné.
Le garçon regarda Severus avec une telle expression de surprise que Severus réprima un autre reniflement de rire.
"Oh, merde," murmura Severus, se rendant compte qu'il n'avait pas prévenu le directeur du fait qu'il avait trouvé le garçon vivant et indemne. De suite, il conjura son patronus et l'envoya devant eux.
Ils marchèrent en silence pendant un moment. "Vous n'avez pas répondu à ma question," dit Severus.
"Je n'ai pas bien dormi, et je crois que j'étais plus fatigué que je ne le pensais. Je me suis juste assis un moment et…"
"Depuis combien de temps vous ne dormez pas bien?" demanda Severus, l'esprit soudain plus clair. Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant. Cela expliquerait beaucoup de choses au sujet de ce qu'il avait observé chez le garçon.
"Uhm– depuis... eh bien, un bout de temps," admit le garçon.
Oui, ça en disait long sur son comportement et son travail.
Ils étaient au château à présent. A chaque pas supplémentaire, le chien et le garçon semblèrent tous deux de plus en plus mal à l'aise. Le chien avait la queue entre les jambes. Severus supposa que le lien entre le familier et son sorcier était la seul chose qui l'empêchait de déguerpir.
Potter avait l'air de retenir son souffle, attendant que le couperet tombe. Il semblait prêt à déguerpir tout en gardant sa main dans la fourrure du chien.
Ils ne parlèrent plus jusqu'à arriver devant la porte du bureau de Dumbledore. Le chien rechigna au début à monter sur les escaliers mobiles mais, après un mot du garçon, se calma assez pour monter dessus.
Minerva et Dumbledore étaient les seuls présents.
"Harry!" accueillit Dumbledore avec soulagement et plaisir.
"Monsieur," murmura le garçon. "Je suis désolé d'avoir inquiété tout le monde."
"Eh bien, je ne peux pas dire que je suis ravie," dit Minerva durement. "Et... qu'est-ce que c'est que ça?" Elle indiqua le gigantesque chien qui s'était tapi derrière le garçon.
"Le garçon a fait l'acquisition d'un familier, à ce qu'il semble," dit Severus. "C'est pour le nourrir qu'il sortait chaque après-midi."
"Pourquoi n'avoir rien dit, Harry?" dit Dumbledore gentiment. "Nous pouvons certainement accueillir un animal de compagnie. Même," les yeux du directeur pétillèrent, "un animal aussi grand. Et je suis sûr que Hagrid serait ravi de t'aider."
L'enfant ne fit que hausser les épaules, le regard baissé.
Severus était encore en train de perdre patience. Personne ne voulait expliquer au garçon toute l'agitation qu'il avait causée.
Heureusement, Severus n'était plus obligé de supporter le manque de discipline de Dumbledore en ce qui concernait Potter.
"Je suis d'accord sur le fait que le chien doive rester avec le garçon," dit Severus, en prenant une longue et profonde inspiration. "Mais nous avons toujours besoin de discuter des repas sautés, d'être sorti longtemps après le couvre-feu et d'être la raison pour laquelle nous avons dû mettre le château sans dessus dessous."
Potter se raidit.
Minerva soupira. "Vingt points en moins pour Gryffondor alors." Ses punitions se faisaient plus légères depuis son retour, mais ça allait pour Severus; il n'avait pas besoin de la supporter non plus.
"J'ai discuté avec Potter que sauter les repas aura pour conséquence l'interdiction de jouer au Quidditch," dit Severus avec froideur, s'adressant uniquement à Potter. Il n'allait pas laisser Dumbledore penser qu'il avait une quelconque influence sur ce sujet. Le garçon enfonça les mains dans ses poches et il grimaça, mais ne protesta pas. Pas même avec la présence du directeur et de Minerva. "Alors, pour la semaine prochaine, pour avoir sauté un repas, pas de quidditch."
Potter leva son regard surpris sur Severus. Peut-être pensait-il que sa punition était trop sévère, mais Severus serait damné s'il laissait Potter s'en tirer aussi facilement après ça.
Severus fit une pause considérable en parlant. "Je veux aussi que vous arrêtiez de vous promener seul à l'exterieur du château. Je sais que l'endroit semble assez sûr, mais Black a pu s'échapper d'Azkaban alors que personne ne pensait que ça puisse être possible. Étant donné cela, je suis surpris qu'on en ait pas discuté avant."
Potter sembla honnêtement confus. "Qui est Black?" demanda-t-il.
Minerva prit un air inquiet, et Dumbledore un air coupable.
"Vous ne lui avez pas dit?" demanda Severus bouche bée.
"Me dire quoi?" demanda Potter.
"Severus," commença Dumbledore. "Nous avons pensé que..."
Severus ne put se contenir. "Êtes-vous complètement fou?" cracha-t-il, se moquant du fait que Potter soit présent.
"Me dire quoi?" demanda Potter plus fort.
Severus se frotta le visage de sa main, exaspéré. Il se dit qu'il ne gagnerait jamais un duel contre Dumbledore. Il se dit qu'il avait toujours besoin d'un job.
Il baissa la main. Il se tourna vers Potter pour le regarder droit dans les yeux. "Il y a un meurtrier à votre poursuite Potter. Le bras droit du Seigneur des Ténèbres. Il s'est échappé de prison cet été. Personne ne sait comment. C'est pourquoi le Ministère surveillait votre maison cet été et qu'il voulait tellement que vous retourniez chez votre tante. Il y a –y avait– des barrières magiques puissantes pour vous protéger là-bas."
Le teint de Potter palissait avec chaque phrase, mais l'enfant ne dit aucun mot.
"C'est pourquoi nous avons des détraqueurs pour garder l'école," finit Severus. "Et c'est aussi la raison pour laquelle nous nous attendions à retrouver vos restes cette nuit!" La dernière phrase avait été hurlée sur le garçon.
"Severus," dit Dumbledore sur un ton de reproche.
"Allez au lit, Potter," dit Severus sévèrement. "Prenez votre chien, et pour toute la semaine prochaine, sauf pour les cours et les repas, ne pensez même pas à sortir de votre salle commune. C'est compris?"
"Oui, monsieur." acquiesça le garçon rapidement. Un instant plus tard, il demanda, "Uhm, et pour...?" il indiqua le chien.
Severus leva les yeux au ciel, il était tard et il ne pensait plus, "Bien," grogna-t-il, irrité par le fait que ça atténuera un peu l'impact de la punition, mais ne trouvant aucune autre solution, "Assurez-vous que ce maudit chien ait sa promenade, mais en plein jour et sans aucun détour. Si j'apprends qu'il en est autrement, vous aller passer beaucoup de temps avec moi," grogna Severus. Il se demanda si, peut-être, il devrait dire aux elfes de maison de le faire, mais il réglera ça demain matin.
Le garçon hocha de nouveau la tête.
"Allez-y, alors." dit Severus sèchement, "Sortez."
Le garçon n'attendit même pas que le directeur le congédie. Le chien et lui se ruèrent hors de la pièce.
Severus se retourna pour faire face aux adultes.
"Ce n'est pas la façon dont j'aurai voulu que Harry l'apprenne," dit Dumbledore d'une voix basse.
"Alors vous auriez dû le lui dire vous-même," lança Severus rageusement. "Le garçon n'a aucun instinct de survie. Il ne fait jamais ce qu'on lui demande."
Dumbledore soupira. "J'ai voulu lui épargner de l'inquiétude."
"Vous épargner à vous, vous voulez dire." C'était venu, contre toute attente, de la part de Minerva. "Albus, nous avons déjà discuté de ce sujet-là. Vous ne pouvez pas protéger les gens en faisant des secrets." Elle semblait lasse, comme s'il s'agissait d'une ancienne dispute.
"Il est tard," dit Dumbledore. "Aucun d'entre nous n'a les idées claires. Peut-être qu'on ferait mieux de remettre ça à demain matin."
Severus acquiesça de la tête. Il comptait discuter de beaucoup de choses avec Dumbledore le lendemain matin.
