Note de l'auteur :

Bonjour !

J'espère que votre reprise du train train quotidien après les vacances de Noël se passe mieux que la mienne ! C'est un peu l'hécatombe autour de moi niveau santé (des choses bénignes et d'autres moins), qui rajoutée à la joie (douce ironie) de retourner au travail me décourage déjà. Je sais que ça ne fais que deux jours lol ! Du coup j'écris plus lentement et je relis quinze fois (si ce n'est plus) tous les messages de mes lectrices pour trouver un peu de motivation !

Nous voici déjà au chapitre 20, ce que le temps passe vite… J'ai vraiment du mal à croire que cette aventure a commencé il y a plusieurs mois… Et pourtant vous êtes toujours là de plus en plus nombreuses ! Merci !

Je remercie aussi mes bêtas, toujours aussi efficaces ! Il y a des jours où je me demande ce que je ferais sans elles !

Allez bonne lecture !

Réponses aux reviews :

Zipi : Bonne Année à toi aussi ! Et tout plein de bonnes choses (je reste dans le vague comme ça tu peux y mettre tout ce que tu veux) ! J'aime énormément le personnage de Leah. Il m'a beaucoup ému car c'est la seule dans tous les héros de Twilight qui n'a pas vraiment de fin heureuse. Et puis son problème à fait résonner en moi des sujets qui me font pas mal réfléchir comme l'adoption et la maternité. J'ai mis pas mal de moi dans cette conversation… Et tu n'es pas la seule à qui Isleen ressemble. Elle est une part de moi aussi, du moins elle l'a été quand j'ai commencé à écrire cette histoire. C'est marrant comme quoi revenir dessus m'a fait réaliser que j'avais mis beaucoup de ma personnalité et de mes tracas dans mon héroïne. Cela m'émeut que cette histoire te touche…

C'est bizarre, mais beaucoup de personne me dise que cette histoire à un côté dramatique. Ce qui n'était pas du tout mon intention… Pour moi ce qui est dramatique se sont les histoires qui finissent mal (je les déteste tellement que je lis toujours les dernières pages d'un livre pour savoir si oui ou non je peux me lancer dans l'histoire). Donc pour moi Dawn n'est pas une histoire triste, c'est simplement comment Isleen se trouve dans les épreuves et grandis jusqu'à être elle-même. Mais je peux comprendre que les lecteurs aient besoin de légèreté ! Il y aura encore plusieurs scènes comme celle-ci à l'avenir. Isleen accepte enfin de s'ouvrir aux autres et de s'impliquer, c'est pour ça que les choses vont mieux. Par contre les sorties… Ce n'est pas demain la veille (afin je crois pas), pour la simple et bonne raison que les choses vont être un peu tendues niveau suspense ! Je n'en dis pas plus ! Quant à un moment tous les deux… J'espère que le chapitre ci-dessous te plaira…

Parfois je me demande quand même si je ne détaille pas trop… Ma sœur parle d'un manque de rythme et moi je me dis, oui mais je n'ai pas dit ça et ça… Bref, je suis contente que mon écriture te plaise !

Moi aussi j'aime les échanges de Isleen et Seth (quoi c'est moi l'auteur ? Je ne vois pas le rapport). Qu'ils se disputent ou qu'ils s'aiment, ils se font grandir mutuellement. C'est la force de leur couple je crois. Et oui, Isleen à souvent les idées noires, elle me ressemble aussi pour ça et j'essaye vraiment de bien montrer leur évolution. J'espère que ça fonctionne…

Pour ce qui est du manque d'Isleen, il y a plusieurs choses à prendre en compte. Tu as raison, son traitement était super important et elle devrait en ressentir plus d'effets. Et en même temps non. Je m'explique (je vais essayer d'être clair mais j'y arrive pas toujours) : elle n'a jamais était atteinte d'épilepsie, mais elle a quand même quelque chose. Chose qui l'aide à se remettre. De plus, le manque ne se traduit pas toujours de la même façon chez les gens. Généralement (comme les drogués si je me souviens bien), il y a deux choses : le manque physique (ça elle l'a, même si d'une certaine façon cela reste moindre. Il ne faut pas oublier que je la décris comme malade depuis longtemps, aussi certaine conséquences ne sont pas forcément lourdes pour elle. Elle a l'habitude d'avoir des problèmes de santé) et le manque psychologique (ça par contre elle en est dénué parce que ces médicaments n'agissent pas sur sa manière de penser, ce ne sont pas des antidépresseurs… Et puis, sa relation avec Seth contrebalance beaucoup de chose). Je ne suis pas médecin, donc peut-être que la décision que j'ai prise n'est pas juste…

En tout cas, comme tu as pu le voir ton commentaire m'a fait pas mal fait réfléchir ! Et j'adore ça ! C'est des personnes comme toi qui me font progresser dans mon écriture ! Alors merci ! J'espère que le chapitre suivant te plaira !

Bises !

Disclamer : L'ensemble de l'univers Twilight et la majorité des personnages sont la propriété de Stéphanie Meyer.


Serment

La neige ne cesse de tomber depuis plusieurs semaines. Le mois de décembre est bien engagé, recouvrant les jours d'un énorme nuage blanc. Il règne une étrange atmosphère sur la région. A la fois un sentiment d'isolement et de silence, et une étrange clarté. Comme si la poudreuse brillait sous nos pieds. Le soleil a disparu derrière les nuages au début du mois, sans qu'on ne le revoit plus depuis. Malgré tout, il existe une sorte de bonne humeur ambiante. Certainement l'approche des fêtes.

Chez les Quileute on ne célèbre pas Noël. Par contre la fin de l'année est un événement extrêmement important. Il y a tout un panel de choses à faire, entre la construction de petits bateaux de pêche que l'on brûlera à minuit, les chants… Bref, les vacances ont étés les bienvenues. Je n'en pouvais plus de tous ces cours de culture quileute.

Depuis une semaine que nous sommes enfin libres de nos gestes, j'ai été invitée à de nombreuses reprises chez les Cullen. Comment lier l'utile à l'agréable. Cela rassure les vampires de savoir les loups à proximité. C'est étrange de voir ces deux ennemis naturels si proches à présent. Seth et Jacob sont les plus attachés àcette famille : ils n'hésitent pas à les taquiner, à les toucher… Pourtant ça ne doit pas être simple d'être aussi tolérants pour surmonter leurs instincts. Les Cullen sont végétariens, je ne crois pas connaître des personnes plus respectueuses de la vie « humaine ». Surtout connaissant leur condition et leur besoin de sang.

J'ai toujours une certaine réserve au milieu d'eux, ils se connaissent si bien et ont déjà surmonté tant de choses ensemble. C'est comme si la grosse partie de leur histoire m'échappait. De ce fait je ne suis pas vraiment à l'aise, surtout si Seth ou Jacob ne sont pas avec nous. Pourtant les vampires font tout ce qu'ils peuvent pour m'intégrer, mais je n'ai jamais été douée pour la vie en collectivité. Alice me parle de mode, me montrant des tenues qui m'éblouissent, Edward et Bella discutent avec moi de toutes sortes de sujets, Esmée me couve comme une mère me réchauffant d'un plaid ou me gavant de succulentes pâtisseries. Carlisle quant à lui veille sur nous tous.

Il n'a jamais ré-abordé notre discussion sur ma maladie et mes possibles tests. Le temps passe, mais je n'arrive toujours pas à me résoudre à faire quelque chose. Je suis morte de peur. Car s'il ne trouve rien de plus… C'est donner de l'espoir où il n'y en a pas. Surtout que mes crises ne se sont pas vraiment réduites. Elles sont moins dévastatrices, comme si je m'étais habituée aux émotions fortes, mais le manque lui me cause encore pas mal de soucis. Pas une journée ne passe sans que je sois obligée de m'esquiver aux toilettes…

Je suis présentement dans le bureau de Carlisle, regardant avec envie les vieux livres qui y sont rangés. Des romans, des traités de médecines et de sciences, des encyclopédies… Tout un mélange d'ancien et de neuf, dans diverses langues. J'aime cette pièce à la fois claire et cosy. Le médecin m'a invitée à m'y installer il y a quelques jours, pour m'offrir le loisir de lire tranquillement pendant que les loups patrouillent. Je me pose près d'une fenêtre, sur un beau fauteuil en cuir beige. Esmée m'a préparé de délicieux cookies aux raisins avant de partir chasser.

- Cela te dérange-t-il si je travaille à côté de toi ?

Les orbes ocre de Carlisle me fixent depuis la porte. J'accepte d'un signe de tête. Après tout il est chez lui, et je ne pense pas que sa compagnie puisse être désagréable. Il s'installe en souriant derrière son magnifique bureau pour commencer à faire des recherches dans plusieurs livres anciens. Nous sommes plus silencieux que des ombres, seul le bruit des pages trouble l'ambiance studieuse.

Je ne peux pourtant pas m'empêcher de le regarder travailler. Discrètement, mes yeux quittent les aventures d'Ivanhoé pour regarder les mains du vampire écrire à une vitesse impressionnante. Ses yeux aussi bougent rapidement alors que le reste de son corps est de marbre. C'est dans ces moments-là que je comprends combien ils peuvent se retenir en présence d'humain. C'est fascinant.

Mais ses gestes finissent par me donner le tournis et je sens le malaise habituel venir me tordre les boyaux. Je me lève doucement alors que j'ai l'impression que mon cerveau tangue. D'une démarche peu assurée je passe devant le bureau de Carlisle pour me diriger vers les toilettes qui sont justes à côté. Je crois que c'est une des pièces que je connais le mieux dans cette maison.

Accrochée à la cuvette je recrache le sandwich que nous avait préparé Esmée pour le repas de ce midi. Ça me fatigue. Est-ce qu'un jour je pourrai rester une journée sans m'humilier ? Sans que tous sache combien je ne vais pas bien. Heureusement que Seth n'est pas là… Je me rince la bouche avant de soupirer devant le miroir. J'ai meilleure mine qu'à mon arrivée il y a trois mois, mais j'ai toujours les traits tirés et le teint trop blanc.

Je retourne dans le bureau comme si de rien n'était, même si je sais très bien qu'il n'y a aucune chance pour que le vampire n'ait pas entendu que je me vidais. Il ne dit rien, mais je sens son regard sur moi. Je me réinstalle sur le fauteuil encore nauséeuse. Mes yeux se ferment en espérant que ce qui m'entoure ne me donne plus le tournis. Peine perdue. Je respire à grandes goulées par la bouche pour essayer de me calmer mais ce n'est pas très efficace.

Une main fraîche se pose sur mon front alors qu'une autre se saisit de mon poignet pour prendre mon poul. Carlisle est tout près, si bien je sens son odeur vampirique me recouvrir. Il sent bon, mais pour moi qui suis habituée aux odeurs des Indiens, cela se rapproche d'une odeur artificielle ou d'un parfum trop fort pour réellement être apprécié. Je frissonne. J'espère que ce n'est pas une crise car ce n'est vraiment pas le moment.

- Calme-toi, murmure-t-il. Tout va bien, ce n'est qu'une légère crise. Laisse-toi aller, respire doucement…

Je suis son conseil, tentant de calquer mon souffle sur ses paroles. Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, mais mon corps finit par se détendre. Comme si une chape de plomb m'était tombée dessus je me sens complètement amorphe. J'ouvre pourtant les yeux pour regarder le médecin.

- As-tu pris ta décision concernant les tests ?

- Non.

Il me regarde cherchant certainement des réponses à ses questions, mais je ne suis pas certaine de les avoir.

- Qu'est-ce qui te fait douter, outre le dérangement des nuits à l'hôpital ?

- L'espoir…

- L'espoir ?

- Oui, j'ai peur d'y croire, comme les autres fois. De donner à Seth, à Lucas et Alma, un espoir qui sera vain. Ils vont tellement y croire si je m'engage dans de nouvelles recherches. Je suis habituée à être déçue, mais eux… Je ne peux pas leur imposer ça, c'est le pire. Voir cette lueur qui va briller dans leurs yeux pour s'éteindre… Si j'ai la possibilité de les protéger je le ferai.

- Tu préfères donc prendre le risque de voir ton état empirer que de tenter ta chance ?

- Pour l'instant oui.

- Je peux comprendre cela, mais nous avons des moyens à notre portée que d'autres n'ont pas.

- Je sais tout ça ! Mais je ne peux pas…

- Et si les tests restaient entre nous ? Est-ce que ça serait plus simple ?

- Entre nous ? C'est-à-dire ?

- Je suis médecin Isleen et je suis donc tenu au secret professionnel. Tu es presque majeure et je pense avoir assez de matériel ici pour établir un premier diagnostic. Nous ne sommes pas obligés d'en parler à qui que ce soit…

- Ce n'est pas légal…

- Je suis un médecin vampire, tu penses que c'est une situation légale

I&S

Le salon sent bon le sapin et la cannelle. Je crois qu'on peut difficilement faire mieux pour une veille de Noël. Dehors la neige tombe, recouvrant les traces des loups revenus il y a quelques minutes. Sous formes humaines leurs cheveux sont trempés d'eau, mais cela ne semble pas les déranger. Ils ont enfilé des T-shirts pour ne pas rester nus, mais c'est tout ce qui les couvre, alors que j'ai un gros pull et un plaid pour me tenir chaud. C'est vraiment injuste…

Les bras de Seth m'entourent alors qu'il m'embrasse doucement le creux du cou. Il inspire mon odeur comme un drogué en manque, ce qui me fait rire. Jacob le taquine gentiment, mais il n'est pas beaucoup mieux avec Nessie dans ses bras. Installée devant le bar de la cuisine j'essaye de finir mon thé très sucré pour me remettre de ma précédente mésaventure. L'Indien est collé derrière mon dos, me réchauffant. Il pique quelques gâteaux secs dans mon assiette sans plus de cérémonie et félicite Esmée pour son talent.

Je me sens étrangement bien. Je me laisse aller contre Seth qui me serre un peu plus contre lui. Ma main remonte pour attraper une des siennes et entrelacer nos doigts. Nous ne nous sommes toujours pas embrassés, mais je suis de plus en plus avide de contact. Et surtout moins prude qu'avant. Nos gestes plein de tendresse ont perdu leurs maladresses des premières fois. C'est si bon de se sentir à sa place.

Ce n'est pas mon premier Noël, chaque famille dans lesquelles j'ai grandi avait tout un cérémonial pour les fêtes de fin d'année. Mais je ne m'étais jamais vraiment intéressée aux traditions. Les Kellers m'ont gâtée plus que de raison, mais ils ne m'ont jamais offert ce que je désirais vraiment. Une famille. Je ne pouvais pas les appeler « papa » ou « maman ». Leur manie de toujours préciser que je n'étais pas leur enfant, mais une orpheline adoptée, m'avais blessée plus profondément que je voulais bien l'admettre. Ce sont ces Noëls qui m'ont le plus marquée. Après, je n'ai plus cherché à faire semblant. Aussi c'est avec une joie presque enfantine que je me laisse entraîner par les chants, les guirlandes et le sapin.

Dans le salon, décoré avec soin, Alice et Edward s'affrontent devant un jeu d'échec. Depuis environ deux heures ils sont figés et je ne suis pas certaine que trois coups soient joués. Selon Bella c'est ainsi à chaque fois. Une de leur partie a même duré pendant plusieurs mois… Tout ça à cause de leurs dons : Alice prévoit les coups de son frère et Edward lit dans ses pensées. Ils sont tellement plongés dans leur monde qu'ils ressemblent à deux statues de marbre.

Un peu plus loin Renesmée joue des airs de Noël au piano. Elle a hérité du talent de son père pour la musique. Ses doigts blancs volent plutôt qu'ils frappent les touches. Le son clair de l'instrument nous enrobe de gaieté. La tête appuyée sur le tabouret Jacob la regarde les yeux plein d'étoiles pendant qu'il parle avec Bella. Il a l'air un peu niais comme ça, bien loin du Jacob alpha d'une meute de loups que je connais. Il a l'air tellement heureux de simplement pouvoir la regarder.

Je me demande si Seth me regarde aussi comme ça…

Ma main se sert sur la sienne et il m'embrasse doucement les cheveux. Un sentiment de possessivité me prend. De voir Jacob aussi extatique devant la petite fille m'a donné envie de Seth. Sentir son odeur, que son corps m'enveloppe comme les deux nuits que nous avons passées ensemble. Mon cœur bat de plus en plus vite alors que je cherche à fondre mon dos dans son torse… Mes yeux se ferment…

Ma réaction m'étonne. Je suis de plus en plus sensible à tous nos contacts physiques. Comme si je n'allais jamais pouvoir me rassasier de lui. J'ai l'impression d'être une adolescente bourrée d'hormones. Un léger effleurement peut me transporter beaucoup plus loin. Peut-être est-ce l'arrêt de mon traitement qui me rend plus sensible de ce côté-là.

Seth pousse un soupir dans mon oreille avant de s'éloigner un peu pour s'asseoir à côté de moi. Je joue avec le feu et c'est en voyant son regard brillant que je m'en rends vraiment compte. Je ne suis pas la seule à me laisser emporter par mes désirs.

Je suppose d'ailleurs que notre petit échange n'a pas dû échapper à beaucoup de personnes dans la pièce. Je rougis et regarde vers l'extérieur de la maison. Seth m'attrape la main comme pour se faire pardonner. Je lui serre doucement. Ce n'est pas à lui de s'excuser, c'est moi qui perds le contrôle en ce moment.

Esmée sort du four une assiette remplit de petits toasts. Sans se faire prier Seth joue les cobayes culinaires. Je le regarde s'empiffrer sans vraiment y croire. La cuisine de la jeune femme est certes délicieuse, mais il vient d'engouffrer une trentaine de petits fours en moins de cinq minutes… Il tousse en rigolant à une blague de Jacob.

- Seth si tu t'étouffes, même Carlisle ne pourra rien pour toi !

- Mais la cuisine d'Esmée est si bonne ! Même toi tu n'y résistes pas… Et puis on ne dit pas une « faim de loup » pour rien !

- Je plains vraiment Sue de devoir te nourrir tous les jours…

- C'est toi que tu devrais plaindre, lance Jacob, car c'est toi qui vas devoir lui faire à manger un jour !

- Hé ! On n'est plus au Moyen Age, s'il mange comme un ogre c'est lui qui fera ses courses et sa cuisine !

- Allez, avoue, continu l'alpha, en fait tu ne sais pas cuisiner.

- Je n'en ai jamais eu l'occasion à vrai dire, aucune de mes familles d'accueil n'a eu la volonté de m'apprendre ce genre de chose.

Mon ton est resté neutre, mais un blanc suit tout de même ma déclaration. Je n'aime pas ça. Pourquoi faut-il toujours tout prendre à cœur quand il s'agit de mon passé ? Le manque de tact de Quil me manque tout d'un coup.

- Je sais cuisiner moi, commence Seth. Ça me fera un truc de plus à t'apprendre.

Je me penche vers lui pour embrasser sa joue doucement en signe de remerciement. Pas pour sa proposition, mais parce qu'il est parfait pour moi. J'aimerais pouvoir lui murmurer mes pensées au creux de l'oreille, mais je n'y arrive pas. Heureusement, comme d'habitude, une simple caresse semble lui suffire. Son sourire doux me réchauffe le cœur, et l'ambiance reprend son court comme si de rien n'était.

Après les petits fours ce sont des coupelles remplies d'une mousse blanche aussi légère qu'un nuage qui nous font de l'œil. Quand je vois la quantité de nourriture qu'Esmée prépare je me demande combien nous allons vraiment être ce soir. Les vampires ne mangent pas et Nessie préfère apparemment le sang à la nourriture traditionnelle. Les Quileute ne fêtent pas Noël, mais les Cullen ont tout de même invité Billy Black en plus de Sue et Charlie. Il ne manquerait plus que Lucas et Alma pour que ce qui se rapproche le plus de ma famille soit présent, mais ma tutrice ne connaît pas l'identité des Cullen et pour sa protection il vaut mieux que ça reste un secret. Quil et Embry ont eux aussi accepté l'invitation en tant que membre de la meute de Jacob. Leah aussi, bien que je pense qu'en réalité ce soit Seth et sa mère qui la forcent à venir.

La main de Seth se pose sur mon épaule attirant mon regard vers lui. Plongée dans mes pensées je n'ai pas remarqué qu'il me parlait. Je grimace légèrement ce qui le fait sourire encore plus.

- Puisque tu ne m'écoutes pas, et pour te faire pardonner, tu vas devoir me dire ce que tu m'as acheté…

- Je n'ai rien à dire… Puisque les Quileute ne fêtent pas Noël pas de cadeau !

Il sait que je le taquine, comme il sur-joue son attitude d'enfant gâté. Depuis ce matin il n'arrête pas de chercher à savoir ce que je vais lui offrir… Dire qu'il a vraiment failli ne rien avoir du tout ! Peu habituée à faire des cadeaux et à en recevoir j'avais complètement oublié ce qu'impliquait Noël. Heureusement pour moi Jacob m'a rappelée à l'ordre. J'ai passé plusieurs heures à chercher ce que je pourrais offrir au loup, avant d'avoir une idée. Par contre, à ma grande honte, mes pauvres économies ne m'ont pas permis d'acheter quelque chose aux autres. J'ai participé avec Jacob et Seth, mais c'est tout.

J'ai eu un léger coup de blues en me rendant compte qu'il y a une grande partie de la vie de Seth que je ne connais pas. Je ne suis jamais allée dans sa chambre, je ne connais pas ses goûts musicaux, ni ce qu'il fait lorsqu'il est seul… Il me reste tant de choses à découvrir sur lui. Et ce n'est qu'aujourd'hui que je m'en rends compte. Je sais que ça ne fait que trois mois que nous nous connaissons vraiment, à peine quatre que je suis arrivée, mais j'ai l'impression qu'une éternité est passée.

- Isleen, c'est l'heure de se préparer !

Alice m'attend de pieds fermes en bas de l'escalier, pendant que Bella et Rosalie se dirigent à l'étage. Quand Seth et Jacob m'ont déposée ce matin chez les Cullen, il m'a paru évident que je ne pourrais pas me changer pour la soirée. En fait pour moi ce n'était pas vraiment l'essentiel. Mais bien sûr Alice en a décidé autrement. Bella m'a assurée qu'elle resterait avec moi pour subir cette épreuve. Je suppose que la vampire lui a déjà imposé mille tourments, surtout que la mère de Nessie n'est pas une passionnée de mode.

Je me lève, comme si j'allais à l'échafaud. Seth grogne un peu. Nous ne nous sommes pas beaucoup vus aujourd'hui, et me laisser entre les mains d'Alice suppose au moins deux heures loin l'un de l'autre. Sa main ne me lâche pas.

- Seth ne boude pas, elle sera magnifique ! Je te promets de la rendre renversante.

- Elle n'a pas besoin de toi pour ça !

J'embrasse doucement sa main, doigts par doigts. Ses yeux doux se posent sur moi et je lui fais un sourire discret. Je m'approche doucement de lui, posant ma bouche tout près de son oreille.

- Laisse-la jouer à la poupée… Elle ne va pas nous lâcher sinon. Et je te promets qu'après je ne te quitte plus.

- Même cette nuit ?

- Même cette nuit.

Il me laisse partir après un baiser tendre sur ma joue rouge. Les Cullen nous ont proposés de passer la nuit ici. Les loups ont accepté et j'ai donc suivi. Mes tuteurs n'étaient pas très chauds, mais le fait que le Docteur Cullen les appelle les a fait changer d'avis. Mon sac repose à l'étage dans l'ancienne chambre d'Edward. L'immense lit en fer forgé m'a laissée sans voix. Bella a souri, expliquant que les vampires ne dormaient pas, mais qu'Edward avait tenu à lui offrir une literie digne de ce nom lorsqu'elle était humaine. Il ne ressemble en rien au lit une place de ma chambre. Lorsque je suis redescendue Esmée a demandé à Seth si elle devait lui préparer un autre lit… Nos regards se sont croisés, gênés. Le loup est resté sans voix, ne sachant que répondre. Devant nos regards embarrassés la mère des vampires a détourné le sujet nous assurant qu'il y aurait de toute façon de la place pour tout le monde.

Mais je sais très bien que ni Seth ni moi ne voulons rater cette occasion de profiter l'un de l'autre.

I&S

Ce sont mes premières heures « entre filles ». La salle de bain d'Alice me paraissait immense lorsque j'y suis rentrée, mais une fois que Bella, Rosalie et Renesmée nous ont rejointes c'est comme si j'étais au milieu d'une fourmilière. J'ai réussi à me doucher tranquillement, mais la suite a été beaucoup plus ardue.

A Seattle j'étais d'un naturel coquet, sans pour autant passer des heures devant la glace. Effacer les traces de la maladie était un de mes rituels matinaux. Aujourd'hui j'ai l'impression que c'était une autre vie, mais j'ai quand même gardé certains réflexes. Aussi Alice n'a pas à me « débroussailler » comme elle le fait remarquer à Bella. Par contre elle est ultra perfectionniste. Pendant qu'elle me manucure les ongles des pieds et des mains, Rosalie tresse mes cheveux en une coiffure complexe. Une fois mon visage dégagé, la brune me maquille sans que je puisse voir le résultat.

J'enfile enfin une robe en soie verte qui me coule entre les doigts. Je frôle les broderies en dentelles noires représentant des arbres qui décorent le bas de la robe, savourant la magnifique tenue qu'elle m'a choisie. J'ai aussi le droit à deux perles noires à mes oreilles et un collier qui tombe dans mon décolleté.

En me regardant dans la glace j'ai du mal à me reconnaître. Mes cheveux brillent, savamment entremêlés en une coiffure qui me rappelle la Rome Antique, dégageant mon visage. Ma peau semble moins pâle que d'habitude habillée de soie sombre. Mais le plus étrange c'est mon visage. Mes yeux brillent sous le fard à paupières, comme s'ils pétillaient… J'ai l'air en bonne santé. Je touche mes joues rosées sans vraiment y croire. Alice est vraiment une artiste.

Elle me fait un clin d'œil dans le miroir avant de me tendre deux ballerines cirées noir. Je les enfile et m'apprête à sortir mais elle se place devant moi. Je me crispe quand Rosalie me photographie par surprise. Mais il semble que ça soit le prix à payer pour sortir de cette salle de bain.

Je descends les escaliers entraînée par la main de Nessie qui me tire vers le salon un peu trop rapidement pour une humaine. Je manque de me casser la figure, mais heureusement Bella veille. Elle me repose doucement sur mes pieds le temps que je m'agrippe à la rambarde, mais ma « cascade » a attiré l'attention sur nous.

Je sens tout un tas de regards sur moi, mais seul celui de Seth compte. Ses yeux ne me quittent pas, me dévisageant de la tête aux pieds. Sa bouche s'ouvre comme s'il voulait dire quelque chose, mais rien ne sort. Jacob le frappe dans le dos, le sortant de son ébahissement. Je le vois s'approcher, me souriant de plus en plus et je ne peux m'empêcher de lui répondre. Il s'est changé lui aussi, quittant son jean et son T-Shirt pour un pantalon noir et une chemise en lin crème. Je ne sais pas lequel des deux est le plus émerveillé par l'autre.

Ses bras s'enroulent autour de ma taille et je le laisse m'emporter dans un câlin amoureux. Mes doigts passent doucement dans ses cheveux courts et bientôt nous sommes tête contre tête. Je ferme les yeux mais cela ne m'empêche pas de sentir le flash qui nous illumine à plusieurs reprises.

Nous rions doucement, alors qu'Alice nous tourne autour, nous donnant des indications comme si nous étions à un shooting. J'ouvre les yeux en sentant Seth me tirer discrètement. En levant la tête je comprends sa fourberie. Nous sommes sous un bouquet de gui. Je le tape sur l'épaule, cherchant à me dégager de ses bras. Mais il est plus fort que moi et son sourire canaille me fait craquer.

- Un bisou ! Un bisou ! scande Jacob, Quil et Embry.

Ils se moquent de moi ! Je n'y arrive déjà pas quand nous sommes seuls alors devant tout le monde… C'est impossible. Je me terre dans le cou de Seth, lui laissant la charge de nous trouver une issue. Mais il ne bouge pas. Ils ne vont pas nous lâcher. Je me redresse en soupirant, fixant Seth d'un air mécontent.

Je sens ses muscles se relâcher autour moi. Il s'avoue vaincu. Encore une fois. Je sais qu'il m'a promis de simplement proposer nos rapprochements, mais j'ai l'impression que mes réserves l'empêchent de réellement profiter de nous.

C'est pourquoi je ferme les yeux alors que ma main se pose sur son visage, le tournant vers moi et non plus vers les autres. Je rapproche doucement ses lèvres de miennes mais au dernier moment c'est le coin de sa joue que je touche. A la limite de sa bouche. C'est le geste le plus proche du baiser que je peux esquisser.

Je m'écarte rapidement, retournant me cacher dans sa nuque. Il est encore figé, mais si j'en crois les échos de Jacob, il est aussi rouge que moi. J'entends Leah se moquer de lui, mais au fond je sais qu'elle est heureuse pour nous.

I&S

La veillée s'étire doucement. Les bougies rouges et or réparties dans le salon se consument peu à peu. Je somnole sur un des canapés, affalée contre le torse de Seth. Les discussions se font discrètes pendant que nous mangeons les derniers restes du dessert. Il est presque minuit et nous n'allons pas tarder à aller nous coucher.

Comme un signal, Nessie s'effondre dans les bras de Jacob qui se lève pour l'emmener se coucher. J'étouffe un bâillement avant de me tasser un peu plus contre Seth. J'ai envie de dormir, mais je ne veux pas me séparer du loup qui discute avec Carlisle. Il doit pourtant sentir que je n'en peux plus car il resserre son étreinte et se lève. Il me porte comme une princesse et je me laisse faire, amorphe.

Avant que je me rende compte du chemin parcouru, il me dépose sur le lit. Toutes les lumières sont éteintes, mais la grande fenêtre sans rideau laisse entrevoir l'extérieur. La forêt recouverte de neige luit légèrement. Fatiguée je n'ai pas envie de bouger, même si au fond je sais que je dois me démaquiller, changer de vêtement, me laver les dents…

- Isleen…

- Hum…

- Lève-toi. Tu ne vas pas dormir comme ça…

- C'est la deuxième fois que tu critiques mon hygiène avant de dormir, mais il me semble qu'à chaque fois tu apprécies la situation une fois couché…

Il sourit avant de se lever du lit pour aller se changer. Je suis fatiguée et j'ai trop mangé. Je sursaute en sentant des mains sur moi, avant de reconnaître la chaleur de Seth. C'est trop rapide pour qu'il se soit lavé…

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je prends soin de toi…

Avec une douceur que je ne lui connaissais pas je le regarde, les yeux mi-clos, me dorloter. Il retire mes ballerines, les jetant négligemment sur le sol. Puis vient mon collant et un fou rire en le voyant s'escrimer à tirer dessus. Je l'aide un peu, avant de retomber sur le matelas moelleux. Il me retourne doucement pour enlever ma robe et je commence à me rendre compte que son effeuillage va me mettre à nu devant lui. Je rougis dans l'obscurité. Nous l'avons déjà fait, mais alors que la soie glisse je me sens fragile entre ses bras.

Je frissonne, mais pas de froid. L'envie et le désir que je cache au fond de moi remontent à la surface. Ses mains glissent sur mon corps qui se tend. Je retiens mon souffle de peur de lâcher un soupir mal venu.

- Ça va ? s'inquiète Seth.

Je ne peux pas lui répondre… Je ne sais même pas quels mots pourraient sortir de ma bouche : j'ai envie de toi, je t'aime, reste près de moi… Tant de déclarations que ma peur m'empêche d'avouer. Je le sers contre moi et sa tête se pose sur ma poitrine. Ses cheveux caressent ma peau comme des plumes. Sans parler de son souffle qui me fait frissonner. La vague de chaleur descend dans mon ventre qui se crispe…

Avec le peu d'énergie qu'il me reste je nous fais rouler afin de lui passer dessus. Je tâtonne pendant quelques secondes avant de trouver son cou et les boutons de sa chemise. Il respire fort, ses mains se posant sur mes cuisses. Le voir étalé sous moi me rappelle notre première sortie sur la plage, même si aujourd'hui tout est différent. Mes doigts défont le premier bouton, puis un deuxième. La pulpe sensible de mes mains frôle la peau révélée, chaude, douce, qui se recouvre de chair de poule partout où je passe.

Un soupir.

Je ne sais pas s'il vient de moi ou de lui. Ses caresses sur ma peau me font frissonner et je le sens encore plus sensible que moi. Il bouge légèrement et un renflement me frôle. Il grogne et tente de se dégager de mon corps, mais je le retiens. Il se redresse pour m'enlacer murmurant si bas j'ai du mal à l'entendre. Pourtant ses mots sont comme des baisers sur mon corps. Seth est si fragile entre mes bras. C'est à mon tour de prendre soin de lui. Je réussis, malgré le peu d'espace qu'il y a entre nous, à lui enlever son haut en lin. Embrassant doucement la naissance de son cou.

Nous avons du mal à maîtriser nos gestes entre le besoin de se toucher et l'envie irrépressible de se coller l'un à l'autre. Nos respirations se mêlent alors que son corps bouge contre le mien. Je suis en train de perdre pied. La friction me fait trembler et mes dents rencontrent sa peau. Il ne réagit même pas, plongé dans mon cou, multipliant les baiser sur ma peau.

D'un coup il se tend comme un arc, ses ongles s'enfonçant dans mon dos. Son gémissement m'entraîne moi aussi bien loin de nous, dans une contrée qui n'est fait que de plaisir. Allongés l'un contre l'autre nous ne bougeons plus, sauf pour respirer.

Son souffle se calme, alors que je suis toujours perdue loin de mon corps. Je ne veux plus bouger, plus penser, tant je suis bien contre lui. Une sorte de plénitude qui efface toutes les blessures, tous les malheurs. Hors du temps, bercée par les battements de son cœur, j'espère ne plus jamais avoir à le quitter. Que nos peaux soient toujours l'une contre l'autre. Même si ce n'est qu'un rêve je veux m'endormir en y croyant.

Je sens la chaleur d'une couette se poser sur mon dos avant de partir dans les limbes du sommeil.

I&S

J'ai du mal à émerger ce matin. Comme si mon corps était trop détendu pour se réveiller. Ce n'est pas désagréable, mais étrange. De se sentir si bien quand on est habitué à éprouver de la douleur ou au moins une certaine gêne. Mais là rien du tout, sauf le bonheur d'ouvrir les yeux sur la neige pure illuminée par les rayons de l'aube.

Le spectacle naturel est magnifique, mélange de blanc et de couleur chaude. Le froid des cristaux miroitant sous la chaleur du soleil. Comme si ce matin, tout avait changé. Même au fond de moi. Dans ce paysage vierge j'ai l'impression de me retrouver : moi, la neige, qui recouvre mes problèmes pour les enfouir. Froide à première vue. Et puis Seth, mon astre, qui en apparaissant derrière les arbres vient me réchauffer.

- A quoi penses-tu ? murmure Seth à mon oreille.

- A toi.

Peau contre peau nous ne bougeons pas. Ma tête repose sur sa poitrine nue, mon bras l'enlaçant pour le garder contre moi. Ses doigts dessinent des courbes sans fin sur ma main, remontant jusqu'à mon épaule. Enveloppés dans notre tendresse nous n'échangeons que quelques murmures. Car ce matin nous n'avons pas besoin de mots pour nous comprendre. Etre si proche d'un autre être c'est comme redécouvrir le monde. Explorer des sentiments et des sensations inconnues, et surtout partager ensemble un univers qui nous appartient.

Une bouffée d'amour m'étreint le cœur. Je ne sais même plus comment je pourrais vivre sans Seth. Mais je sais aussi que ça n'arrivera pas. Aucun de nous ne peut se passer de l'autre. Ma bouche pose un baiser sur son torse, juste à l'endroit où bat son cœur. Mes lèvres restent là, un long moment, me laissant m'imprégner de son odeur, de son goût.

J'entends quelques bruits en bas, sans vraiment comprendre ce qui s'y passe. Il faut dire que peu de personnes dorment dans cette maison. Je ne sais même pas quelle heure il est. L'éternité pourrait passer sans que je m'en rende compte. Seth retient un rire, provoquant des tremblements dans tout son corps.

Je lève la tête pour voir ce qu'il y a de si drôle, mais je soupçonne que ses sens développés lui permettent d'entendre ce qui se passe en bas. Les yeux mi-clos, il me regarde un grand sourire aux lèvres.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Jacob et Rosalie se disputent l'attention de Nessie. C'est toujours pittoresque comme discussion.

Je lui souris aussi, posant mes lèvres sur sa joue, m'installant sur lui. Mes doigts caressent ses cheveux, alors qu'il n'a d'yeux que pour moi. C'est toujours aussi intense de sentir son regard tendre et amoureux se poser sur moi. Surtout quand nous sommes si proches. Nos doigts se lient au-dessus de sa tête, signe de notre besoin d'être ensemble. Toujours plus.

- Tu te sens d'attaque pour descendre ? Certains s'impatientent pour ouvrir les cadeaux.

- Hum… Je veux rester au lit toute la journée… Je me sens si bien depuis hier soir…

A ma plus grande surprise Seth rougit et détourne les yeux, gêné. Je me demande pourquoi. Généralement c'est moi qui ne sais pas où me mettre lorsqu'on parle de notre intimité.

- Je suis désolé pour hier soir… Je me suis un peu laissé emporter. Excuse-moi si je t'ai brusquée…

Je le regarde un peu surprise par ses dires.

- Seth, tu n'as pas besoin de t'excuser… Je me suis emportée aussi, bien plus que toi. Tu n'as pas à t'en faire, c'était très agréable.

- Vraiment ?

- Oui.

- Alors ça ne te gênera pas qu'on...

Je ne sais pas qui de nous d'eux est le plus rouge. L'adolescent devant moi avec ses désirs et sa peur d'aller trop vite. Ou moi, plus mature et en même temps pleine de doutes et d'envies. Je sers un peu plus nos doigts. Non ça ne me gêne pas de recommencer et je ne doute pas que ça arrive plus vite qu'on ne le croit. Toucher du bout du doigt le paradis est le début de l'accoutumance.

- Non, au contraire…

I&S

Il m'enlace doucement par-derrière, encore un peu endormi. Sa tête repose sur mon épaule alors que nous regardons les vampires pousser les canapés pour dégager le sapin. Bientôt l'espace peut tous nous accueillir, installés sur les tapis moelleux. La cheminée ronfle dans un coin de la grande pièce, avec devant elle tout le nécessaire pour petit déjeuner.

Se lever avec Seth est une expérience plutôt agréable. Le voir s'étirer presque nu pour sortir du lit. Son baiser du matin à la commissure de mes lèvres. Nos discussions habituelles devant le miroir de la salle de bain... Le choix de nos vêtements… Le tout entrecoupé de caresses et de regards tendres. Je pourrais rapidement y prendre goût. Je crois que c'est déjà fait en réalité. Comme si c'est quelques heures chez les Cullen étaient une parenthèse dans un autre monde.

Nous étions les derniers levés, aussi chacun y est allé de sa petite remarque. Surtout quand Seth et moi avons rougi lorsqu'Emmett a sous-entendus que pour se lever si tard nous n'avions certainement pas fait que dormir…

A présent, après s'être régalés de pâtisseries et de thé, nous sommes installés devant l'arbre vert qui brille de mille-feux. A ses pieds sont entassés plus de cadeaux que je n'en ai jamais vus. Edward et Nessie s'installent devant et commence la distribution des paquets. A ma grande surprise j'en reçois une dizaine. C'est tellement étrange. Mes doigts glissent sur les papiers multicolores et les nœuds sophistiqués.

La plupart sont impatients et déchirent les emballages pour découvrir ce qu'ils cachent. Dans ce fouillis de cris et de papiers je me sens à ma place. Seth à mes côtés. Il ressemble vraiment à un gamin. A chaque paquet son sourire s'élargit. Les yeux brillant ils découvrent des CD d'artistes inconnus, des vêtements résistants, un appareil photos et une montre qui a apparemment appartenu à son père. Il remercie chaudement les Cullen, enlaçant sa sœur et sa mère. Puis il revient vers moi en croisant les bras, le sourire en coin.

- Tu ne m'as quand même pas réellement oublié ?

Je vais pour le taquiner, mais ses yeux de chien battu ont raison de moi. Je lui montre un paquet rectangulaire, enveloppé dans du papier brun et or caché aux milieux des papiers cadeaux. Il s'assoit l'air sérieux, mon cadeau dans les mains, sans se décider à l'ouvrir. Avec application il tâte le plastique, cherchant à deviner ce que j'ai bien pu lui offrir.

- Si tu l'ouvrais qu'on voit ce qu'elle t'a offert ! l'interpelle Jacob.

Seth grogne, mais se décide enfin découvrir mon présent. Ses gestes sont lents comme s'il voulait savourer ce moment. Et moi je stresse un peu. C'est la première fois que je mets autant du mien dans un cadeau. Je n'en ai parlé à personne et je commence à douter de mon choix.

Il soulève doucement l'adhésif et déplie le papier brillant. Sa main caresse le cuir du cahier jusqu'à l'attache en bois. Sans un mot, les yeux scotchés sur l'objet entre ses mains, il l'ouvre et reste figé.

Sur la photo je dois avoir quelques mois. Je venais juste d'être trouvée à l'hôpital et pour lancer les recherches l'assistance sociale m'avait prise en photos. Je suis couchée sur le dos, dans un pyjama vert, ma couverture dans la bouche. Il tourne les pages découvrant les rares images de mon enfance, accompagnées des siennes. Sous nos yeux nous grandissons, moi dans mes photos de classe et les rares photos avec mes tuteurs, lui entouré de sa famille, de son père, puis des loups et des Cullen. Et enfin, il y nos photos. Celles où nous sommes ensemble. Elles terminent le livre.

Grâce à mes tuteurs, Sue et Alice, j'ai réussi à réunir toutes ces parcelles de notre vie. Je redécouvre tous ces instants qui m'ont émue. Au départ nous sommes simplement côte à côte, proches, mais sans aucun contact. Puis nous sommes enlacés devant la mer, ou endormis sur le canapé de chez Lucas et Alma… La dernière photo nous montre hier soir, enlacés sous le gui, brillant de bonheur.

Et il peut enfin lire le message que je lui ai écrit en commençant ce cahier.

« En espérant que ce livre ne soit que le premier tome de notre longue existence ensemble. »

Il lève les yeux vers moi, brillant de larmes. Ses bras m'enserrent à me couper le souffle. Il se terre comme un enfant au creux de mon épaule. Je le sers contre moi, pour le rassurer. Oui, je suis à lui et je ferai tout pour ne pas le quitter. Il ne doit plus s'inquiéter. Nous sommes ensembles, pour le meilleur et pour le pire.

Sa bouche remonte jusqu'à mon oreille, mais il reste muet. Je dégage doucement sa tête, caressant sa nuque. Il me sourit.

- Merci…

Je t'aime. Merci d'être là pour moi. Merci d'exister.

- Isleen tu n'as ouvert aucun de tes cadeaux ! grogne Alice.

Je rie doucement contre Seth avant de me tourner vers elle. J'hausse les épaules avant de prendre le premier cadeau qui me passe sous la main. La plupart des regards sont sur nous, il faut dire que je suis la seule à ne pas avoir commencé à découvrir ce qu'on a pu m'offrir.

Le premier présent est empaqueté dans une boite chic sombre. Je détache le nœud sans l'abîmer pour libérer de sa cage une étoffe soyeuse plus légère qu'une plume. Le foulard de couleur prune est décoré de grandes fleurs épanouies en perles chatoyantes. Il est magnifique. Je l'accroche à mon cou pour sentir sa douceur contre ma peau. C'est étrangement chaud et agréable. Je remercie Alice d'un sourire. Il n'y a qu'elle pour m'offrir un présent aussi fin et élégant.

Je suis surprise par le poids du second cadeau. Un livre certainement vu le format, mais je m'inquiète un peu vue l'emballage rustique.

- C'est de la part de Quil, Embry, Leah et moi.

Je fronce les sourcils. Qu'est-ce qu'ils ont bien pu m'inventer ? Je dégrafe le papier crépon pour voir une couverture un peu usée que je connais. C'est un livre retraçant les légendes Quileute et leur mode de vie. Il y a le même dans la bibliothèque de ma chambre. Sauf que celui-ci a été customisé : le titre est barré et remplacé par un « Les Quileute pour les Nuls ». Je rigole en voyant que les pages ont été annotées, et que de multiples papiers, photos, dessins se sont intégrés dans l'œuvre.

- Merci. Je sens que ça va m'être utile.

- Je ne te le fais pas dire, plaisante Jacob. Aux grands maux les grands moyens !

Je repose l'ouvrage sur mes genoux pour me concentrer sur les autres présents. Je découvre des gants fins, mélange de tissus et de cuir fourrés, un nouveau manteau d'hivers à la fois chaud et féminin, et plusieurs tenues respectant les mêmes critères. Je crois qu'ils se sont tous aperçus que ma garde-robe n'était pas adaptée à la région. Attendrie je découvre que même Nessie m'a offert un cadeau : un médaillon ancien représentant une fleur incrustée d'une petite pierre en ambre vert. Je remercie tout le monde, un peu honteuse de ne pas pouvoir leur rendre la pareille.

Apparemment Seth n'a pas tenu à m'offrir son cadeau devant tout le monde. Il est assis à mes côtés me jetant des regards hésitant avant de me prendre la main pour m'aider à me lever. Il se saisit de mon nouveau manteau et m'entraîne sur la terrasse à l'arrière de la maison.

- On revient.

Alice et Edward lui sourient d'un air complice lorsque nous les dépassons, alors que les autres ont un petit air conspirateur. Je crois que tout le monde à part moi sait ce qu'il compte m'offrir.

Une fois dehors je me dépêche d'enfiler le nouveau manteau sans prendre la peine de le fermer. Il fait un peu froid, surtout que Seth nous éloigne de la maison pour que nous soyons cachés des regards indiscrets. Sans me regarder il me tend un petit paquet en carton. Curieuse je m'en saisis rapidement. La boite s'ouvre délicatement pour me laisser découvrir un bracelet tissé indien. Les couleurs fauves, or et jaune, se mêlent au vert et au blanc pour créer des motifs. Sur les deux côtés du bijou sont attachées de minuscules perles nacrées.

Il est superbe, à la fois élégant et simple. Je n'ose même pas le toucher.

- Il est magnifique. C'est toi qui l'as fabriqué ?

- Oui. Je devais le faire, sinon ça ne serait pas un bracelet de serment.

- Un quoi ?

- Jacob a bien fait de te faire un guide. C'est une sorte de bague de fiançailles pour les Quileute. Les fils nous représentent tous les deux, les motifs réguliers c'est pour s'assurer que notre vie soit douce…

- Et les perles ?

- Les perles, c'est ce que tu représentes pour moi.

J'ai le cœur qui tambourine dans mes oreilles.

- Tu n'es pas obligée de le mettre si ça te gêne… Je me précipite peut-être un peu mais…

Je le regarde douter, passant d'un pied à l'autre. Il est certain qu'au bout de trois mois, demander sa petite-amie en mariage peut paraître un peu précoce. Mais notre relation avec n'est pas normale. Il s'est imprégné de moi et je commence à me demander si je ne l'ai pas fait aussi.

Sans plus de cérémonie je lui tends la boite et mon poignet. Il prend délicatement le tissage et le fixe de multiples nœuds. Ses yeux fixent ensuite son ouvrage avant de rencontrer les miens. Front contre front nous restons là à regarder ma main dans les siennes et le bracelet qui représente notre engagement.

Seth, même si je ne peux pas te le dire, je te fais le serment de t'aimer et de te protéger tout au long de ma vie, que ce soit pour quelques jours ou pour l'éternité. Je m'engage à faire tous les efforts nécessaires, vaincre mes peurs pour passer le plus de temps possible en ta compagnie. Parce que, aujourd'hui tu es une partie de moi.

Oui mon amour, je nous en fais le serment.


Alors ? Un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez ?