Disclaimer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo et l'histoire appartient à Racey.
CHAPITRE 21 : Crois en moi
XOXOXOXO
Ville de Karakura
Avril 2009
Renji n'était plus que souffrance. Lorsque Shuuhei avait demandé à ce qu'ils se donnent un peu d'espace, il ne s'était pas attendu à être rejeté. C'était de la torture. Insupportable. Tout ce qui pouvait s'apparenter à de la misère ou autre. A chaque fois qu'il appelait le brun, il ressentait une distance.
Ça le tuait à petit feux.
Renji voulait faire quelque chose concernant leur situation et savait que le seule possibilité était de tout révéler à Shuuhei, peu importe ce qu'il en découlerait par la suite. Si Shuuhei s'éloignait de lui après ça, il n'y pourrait plus rien.
Renji avait abandonné l'idée de parler au brun par téléphone. La conversation était toujours inconfortable. Ça lui laissait donc une seule option : aller chez l'homme et se confronter à lui. Ils ne s'étaient pas vu depuis un mois et Shuuhei lui manquait. Il lui manquait d'ailleurs plus qu'il n'aurait pensé.
Le DJ était devenu quelqu'un de très important pour lui et Renji était à un point où il ferait tout pour revoir le sourire du brun.
Il était terrifié mais il devait le faire.
Unohana-san lui avait passé un savon comme elle savait si bien le faire, lui disant que c'était uniquement sa faute si Shuuhei avait mal compris ce qu'il se passait. Et elle avait raison. Tout ce qu'il lui restait à faire était d'expliquer son passé au brun et de laisser faire le destin.
Bon dieu, il avait bien trop peur, ça le rendait nauséeux.
On était le lundi soir. Renji savait que Shuuhei était libre et s'était décidé à affronter l'homme face à face. Il monta dans le bus, son coeur battant rapidement.
Il jeta un coup d'œil circulaire dans le bus. Il était aux alentours de 8h00 et peu de personne prenait les transports à cette heure. Il n'y avait que huit personnes en plus de lui. Bien trop tôt, le bus approcha de son arrêt. Il pressa le bouton et sortit.
Renji prit un grand bol d'air frais et traversa les trois pâtés de maisons qui le séparaient de l'appartement de Shuuhei. Ses mains tremblaient légèrement et commençaient à se couvrir de sueur mais il fallait qu'il le fasse. Il ne pouvait pas dire qu'il aimait le DJ mais ce qui était sûr c'était qu'il s'en souciait beaucoup. Il n'était pas prêt à laisser l'homme partir sans se battre.
Les rues étaient assez désertes, ses pas résonnaient contre le pavé. Il accéléra son rythme, impossible de reculer désormais.
Le vent se leva, soufflant dans ses cheveux. Il les coiffa rapidement et mit les mains dans ses poches. Le croissant de lune brillait clairement dans le ciel, les étoiles foisonnant à côté. Renji adorait le ciel étoilé. C'était apaisant et joli, sans oublier que ça semblait afficher une qualité qui manquait à la journée. Il ne pourrait pas mettre le doigt sur ce que c'était mais il savait que c'était là.
Finalement, l'appartement de Shuuhei se fit voir devant lui et les brusques palpitations qu'il avait réussi à oublier le temps de sa marche, se manifestèrent avec une vigueur renouvelée. Il remarqua la voiture verte métallique du DJ garée dans le parking et soupira de soulagement. Au moins, ça voulait dire qu'il était chez lui.
Renji entra dans le hall et se dirigea vers l'ascenseur. Une femme un peu plus loin le regarda avec prudence, lui faisant se demander si elle n'avait pas été accostée plus tôt. En tout cas il n'avait rien fait pour s'attirer un regard comme celui-là. Il entra dans l'espace réduit de l'ascenseur et appuya sur le bouton pour monter au quatrième étage.
Son cœur battait tellement fort que ça lui causait une certaine douleur. Il pouvait le sentir jusque dans sa gorge et sentait quasiment son souffle s'échapper. Il n'était pas claustrophobique mais ces symptômes pourraient le faire croire.
L'ascenseur arriva à destination et les portes s'ouvrirent. Les murs du couloir étaient bleu pâle striés de blanc et chaque porte d'appartement étaient gris clair. La moquette au sol était gris foncé mais tous ces détails ne préoccupèrent pas Renji lorsqu'il sortit de l'ascenseur. Au bout du couloir, Shuuhei enlaçait un homme assez grand, brun et qui ressemblait étrangement à Ichigo.
Qu'importe.
De toute évidence, Shuuhei ne voulait plus de lui.
Renji avait l'impression que son cœur avait été arraché de sa poitrine alors qu'il regardait la scène avec incrédulité. Comment Shuuhei avait pu l'oublier ainsi? Non...pourquoi l'avait-il oublié? Renji fit grincer ses dents et serra les poings. Le brun s'en foutait tellement qu'il n'avait même pas prit la peine de lui dire qu'il sortait avec quelqu'un d'autre. Il n'avait fait que jouer avec Renji qui -comme un idiot- le lui avait permit. Le DJ ne faisait même pas attention à lui, absorbé comme il était avec son nouvel amant.
Se sentant idiot, Renji se retourna vivement et appuya rageusement sur le bouton. Il ne voulait pas que Shuuhei prenne conscience de sa présence. Lorsque les portes ne s'ouvrirent pas immédiatement, il jeta un coup d'oeil meurtrier aux numéros affiché en haut de la porte.
Cette foutue machine avait déjà été appelée. Maintenant il devait attendre pendant que Shuuhei-
Merde.
Des larmes apparurent au coin de ses yeux ce qui le fit appuyer sur le bouton inlassablement même s'il savait que l'ascenseur ne viendrait pas plus vite.
C'était sa faute. Il détestait l'admettre mais c'était vrai. S'il ne s'était pas montré aussi lâche et avait tout dit au DJ, ce dernier n'aurait pas cherché l'affection d'une autre personne. Renji avait l'impression que tous ses efforts s'écroulaient autour de lui.
"Renji?"
Renji se raidit et stoppa instantanément ce qu'il était en train de faire. Sa mâchoire se serra alors qu'il retenait sa respiration. Il ne voulait pas se retourner et faire face à l'homme lui parlant. Il ne le pouvait pas. Ça ne ferait que rendre tout ce qu'il avait vu réel et il ne le souhaitait pas. Peut-être voulait-il vivre dans le déni encore un moment. Il voulait espérer que Shuuhei ne venait pas juste de le balancer comme une vieille chaussette.
Son épaule fut délicatement agrippé et il dut cligner des yeux pour estomper ses larmes et faire face à Shuuhei. Ses yeux sombres étaient focalisés sur lui et ses sourcils noirs étaient relevé avec préoccupation.
Quelle blague.
XOXOXOXO
Ville de Karakura
Avril 2009
Shuuhei ne s'était pas attendu à la visite imprévue de son grand frère, Kaien. La dernière fois qu'il avait eu de ses nouvelles était quand il avait voyagé en France pour étudier la culture du pays. Quand Kaien avait quitté le Japon cinq ans plus tôt à l'âge de 20 ans, Shuuhei n'avait pas pensé qu'il le reverrait. Bien sûr, son frère lui avait envoyé des cartes postales et des lettres, mais jamais de visites en personne. Même si Kaien n'avait que deux ans de plus que lui et qu'ils étaient nés de mères différentes, il veillait toujours sur lui. Il était intelligent, extraverti et fidèle. Shuuhei aurait espéré être comme lui.
Ils étaient aussi proches que des vrais frères. Shuuhei avait été le résultat d'une malheureuse affaire de tromperie et avait été laissé pour compte son père. Sa mère l'avait haïe, clamant qu'il n'était qu'une erreur et qu'il était la raison pour laquelle son père ne voulait plus rien avoir à faire avec elle. Elle avait fini par se suicider alors qu'il n'avait que 7 ans, et comme il était enfant unique, il avait grandi sans l'amour et le soutien qu'il aurait du posséder durant son enfance.
Shuuhei avait été transporté de famille en famille avant de finir dans une maison pour jeunes perturbés à l'âge de 14 ans. Il avait été jaloux et en colère envers les autres enfants qui vivait la vie qu'il désirait désespéramment. Il avait dû rester jusqu'à l'automne de cette même année dans cette maison insupportable.
XOXOXOXO
Ville de Karakura
Maison Sawamura pour les jeunes perturbés
Octobre 2000
Shuuhei avait acquis la réputation d'être l'adolescent le plus pénible de cet endroit infernal mais il s'en fichait. Il appréciait d'être craint et même respecté parfois. Ca lui donnait une raison de vouloir rester en vie.
Il était en train de terroriser les autres enfants de la maison lorsque la directrice l'appela à son bureau. Pensant qu'il n'écoperait que de remontrances pour son comportement, il était entré tranquillement dans la pièce, mais s'était figé en voyant un garçon d'environ deux ou trois ans son ainé, assis patiemment sur une des chaises en plastique rouge longeant le mur.
Le garçon avait des yeux noirs bienveillants et il adressait un sourire à Shuuhei. Ça l'avait rendu nerveux mais également intrigué. La directrice, une petite femme stricte nommée Soi Fon, avait rapidement fait les présentations.
"Shuuhei, ce jeune homme voudrait te parler, déclara-t-elle sèchement.
Shuuhei roula des yeux et fixa le brun.
-Pourquoi?
-Je m'appelle Kaien Shiba."
A l'entente du nom, Shuuhei écarquilla les yeux.
"J'ai l'impression que tu as déjà entendu mon nom."
Il pinça ses lèvres et assassina ce Kaien du regard. Comment ose-t-il? Oh, Shuuhei avait évidemment entendu ce nom, Shiba, plusieurs fois de la bouche de sa mère quand elle se mettait en colère. Lorsqu'elle ne le frappait pas, elle le blâmait pour la perte de son véritable amour, Manabu Shiba, le père de Shuuhei.
Alors, qui était ce foutu Kaien? Et qu'est-ce qu'il lui voulait?
"Ouais, répondit Shuuhei avec raideur, qui es-tu?
-Je suis ton frère, annonça joyeusement Kaien.
L'air contenu dans les poumons de Shuuhei s'envola. I-il avait un frère? Il supposait ça possible puisqu'il n'avait jamais eu de nouvelles de son père avant, mais c'était tout de même choquant.
-P-pourquoi es-tu ici?
Kaien se leva de son siège et s'approcha de lui.
-Je sais que tu ne me connais pas, mais...j'ai pensé que je pourrais peut-être changé ça. Ma mère m'a parlé de toi et j'ai voulu te rencontrer.
-Pourquoi voudrais-tu ça? Et comment ta mère me connait?" s'enquit Shuuhei, confus.
Soi Fong descendit de son fauteuil et leur adressa un geste signifiant clairement "ouste".
"Vous pouvez parler aussi longtemps que vous le souhaitez du moment que vous restez dans les limites de la propriété."
Kaien acquiesça et la remercia avant de disparaitre de la pièce, Shuuhei sur ses talons à cause de sa curiosité . Il suivit l'adolescent jusqu'à ce qu'ils atteignent l'extérieur de la maison. Il y avait quelques bancs et tables et, plus loin, un terrain de basketball.
Shuuhei s'affala sur une des tables de pique-nique et sortit une cigarette qu'il alluma avant de se tourner vers l'autre.
"Et donc?
Kaien soupira en se passant la main dans ses cheveux noirs hérissés.
-Ma mère n'était pas supposé savoir des choses à propos de toi, mais c'est tout de même arrivé. I peu près trois semaines, elle a trouvé une photo de toi et de ta mère dans le bureau de mon- euh, de notre père. Ça avait l'air assez ancien parce que tu n'avais pas l'air d'avoir plus de trois ou quatre ans et il y avait ton nom, ton âge et l'année de la prise de cette photo. Tu peux appeler ça l'intuition féminine, mais dès qu'elle t'a vu, elle a su que tu étais de lui. Elle s'est confronté à lui, mais il a explosé en lui disant de se mêler de ce qui la regardait. C'était vraiment le bordel. Ils sont en plein divorce en ce moment, mais...à vrai dire, j'ai...je ne suis pas supposé te connaître. J'ai surpris une conversation entre eux et j'ai décidé de te trouver moi-même, expliqua le plus vieux.
Shuuhei fronça les sourcils, toujours perdu. Tout ce qu'il voulait savoir était...pourquoi?
-Je ne comprends pas. Pourquoi tu me cherchais? Ne devrais-tu pas être furieux vu que j'ai démoli ta famille? demanda-t-il.
-Nan, ils voulaient divorcer de toute façon. Maman ne pouvait plus supporter Papa parce qu'il ne faisait que jouer et coucher à droite à gauche. On a, euh, on a une petite sœur et un petit frère. Kukaku et Ganju. Ils pourraient ne pas comprendre ce qui se passe en ce moment parce qu'ils prennent mal le divorce, mais...je ne pense pas que tout ce qui arrive soit ta faute.. Je ne pouvais pas rester les bras croisés en sachant que j'avais un autre jeune frère là dehors, tu vois? continua Kaien, j'ai seulement seize ans donc toi, tu dois avoir quatorze ans, pas vrai?"
Shuuhei hocha la tête, incapable de parler. Il avait des frères et sœurs. Une vraie famille. C'était trop. Il jeta d'une pichenette sa cigarette et écouta la suite.
"Bon, mon oncle, Jyuushiro, sait ce qui ce passe et m'a aidé à trouver mon propre appartement. En fait, tout l'immeuble lui appartient et il m'a promis de me laisser rester jusqu'à ce que je finisse mes études et que je trouve un travail à mi-temps. Je trouve ça juste, pas toi?" demanda Kaien avec un large sourire.
De nouveau, Shuuhei ne put que hocher la tête en guise de réponse.
"Bon, alors, hum, voilà mon numéro. Je ne suis pas en train de te mettre la pression afin que tu me contactes ou un truc du genre, mais si tu veux qu'on discute ou autre, appelle-moi, d'accord?"
Kaien lui tendit un papier sur lequel il écrivit son numéro. Une fois fait, il tendit la carte à Shuuhei puis tourna les talons.
Shuuhei serra vivement la carte dans son poing et regarda son frère partir, se remettant peu à peu des nouvelles.
XOXOXOXO
Ville de Karakura
Avril 2009
Une semaine après avoir rencontré Kaien, il s'était enfui de la maison et, utilisant le numéro de téléphone de son frère, il avait trouvé son lieu de résidence. Il s'était présenté à la porte de l'adolescent en s'attendant à être renvoyé à la maison, mais Kaien l'avait accueilli et lui avait même proposé de rester ici.
Et c'est ce qu'il avait fait.
Son frère avait pris soin de lui, l'avait aidé pour l'école et l'avait même présenté à son frère et sa sœur. Ça ne s'était pas très bien passé. Ils l'avaient immédiatement détesté, clamant que c'était sa faute si leur parents s'étaient séparé. Kaien dû beaucoup le rassurer et le convaincre pour que Shuuhei finisse par accepter qu'il était lui aussi une victime dans cette situation.
Il aimait son frère. A ce moment, il avait été la seule personne à lui offrir de l'affection et de l'attention et même quand Shuuhei lui avait déclaré qu'il était gay, Kaien ne l'avait pas abandonné. C'est pour cette raison que lorsque l'homme avait décidé de partir pour voir le monde, il l'avait soutenu à 100% bien qu'au fond de lui, il aurait voulu mourir.
C'est pourquoi revoir son frère après cinq longues années l'avait rendu extatique. Ils avaient discuté sur ce qu'ils devenaient et, fidèle à lui même, Kaien avait compris que quelque chose dérangeait son jeune frère. N'ayant pas le choix, il lui avait parlé de Renji et de la sensation qu'il avait qu'il ne voulait pas de lui.
Kaien lui avait gentiment embrassé le front et lui avait conseillé de parler à ce Renji. Donner le temps qu'il faudrait à l'homme pour sortir ce qu'il avait sur le cœur. Lorsque Shuuhei lui expliqua qu'il l'avait déjà fait, Kaien lui conseilla simplement de recommencer.
"Tu as besoin d'établir la vérité et t'éloigner de lui alors qu'il a besoin de toi, ça n'aide en rien", constata Kaien.
Il avait alors décidé de retrouver l'homme aux cheveux rouges et de faire ce qui lui avait été dit. Kaien en avait profité pour lui donner sa nouvelle adresse et Shuuhei l'avait raccompagné à la porte, l'enlaçant fermement avant qu'il ne parte.
Imaginez sa surprise lorsqu'il vit Renji près de l'ascenceur, paniqué et bouleversé. Puis, il réalisa combien la scène entre lui et Kaien devait paraître du point de vue de Renji et il se flagella mentalement. Il devait le rattraper avant que l'ascenceur ne vienne et emporte l'homme avec de fausses idées.
Shuuhei courut dans le couloir.
"Renji?"
L'homme aux cheveux rouges refusa de le regarder, la tension irradiant de son corps. Renji avait le don d'être beau dans n'importe quelle situation. Shuuhei agrippa son épaule et quand Renji le fixa enfin, la tristesse brillant dans ses yeux, il sut qu'il devait réparer les choses.
Et vite.
Avant de pouvoir prononcer un mot, Kaien apparut à ses côtés en souriant. Son frère tendit une main en direction de Renji.
"Tu dois être Renji! J'ai beaucoup entendu parler de toi! déclara-t-il gaiement.
Renji ne pipa mot. Il n'esquissa aucun geste vers la main tendue. En revanche, ses yeux lançaient des éclairs assassins.
-Euh, Renji, voici mon grand frère, Kaien, tenta Shuuhei.
Renji tressaillit et resta bouche bée avant que son esprit comprenne la portée de cette phrase et que son visage se décompose de honte.
-Et merde...grogna-t-il ce qui fit apparaître un léger rictus de la part de Shuuhei.
-Ah, Shuu-chan, tu n'as rien dit me concernant à ton petit-ami? le taquina Kaien.
-Kaien, je t'appelle plus tard! grommela Shuuhei en poussant son frère dans l'ascenseur dont les portes venaient de s'ouvrir.
-Salut! C'était sympa de te connaître, Renji!"
Les portes se refermèrent . Shuuhei se frotta le bout du nez essayant vainement de faire disparaître sa gêne. Renji sourit et haussa le sourcil.
"Shuu-chan?
-La ferme. Qu'est-ce que tu viens faire ici? demanda-t-il pour changer de sujet. Kaien était si embarrassant parfois.
Renji redevint sérieux et baissa son regard.
-Il faut qu'on parle", répondit-il à voix basse.
Shuuhei hocha la tête et amena le rouge à son appartement.
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Ville de Karakura
Avril 2009
Rukia s'assit sur le canapé du grand salon de sa maison d'enfance, fixant son frère d'un air stupéfait. Elle ne pouvait pas en croire ses oreilles. C-comment les choses avaient ainsi pu dérailler?
"Qu-qui l'a fait? chuchota-t-elle, crispant ses mains.
Byakuya soupira et se passa la main sur son visage.
-Personne ne le sait."
Kenpachi était installé dans un fauteuil en cuir, à sa gauche. Rukia nota qu'il la regardait intensément et la colère l'envahit quand elle réalisa ce à quoi il devait penser.
"Tu penses que c'est moi qui l'ai fait, pas vrai? cacha-t-elle.
Il haussa nonchalamment les épaules.
-Non, mais tu as certainement pu t'offrir les services de quelqu'un pour accomplir ce méfait, grommela-t-il.
Rukia bondit sur ses pieds, la rage la consumant.
-T-tu sais que je n'aurais jamais fait ça! Pas après tout ce qui s'est passé! Je ne voulais plus lui faire de mal après que toi et nii-san soyez venu me trouver à l'hôtel! Je n'aurai pas pu tirer sur Ichigo!
-Rukia, calme-toi, interrompit Byakuya, toutes les pistes doivent être envisagées. Tu avais un motif et tu étais presque prête à le faire toi-même. Kenpachi veut uniquement être certain que tu n'as rien à voir avec tout ça.
-JE N'AI RIEN A VOIR AVEC TOUT CA! s'exclama-t-elle, proche de l'hystérie.
-Bien. Quelqu'un d'autre est coupable alors", déclara Kenpachi.
Rukia s'effondra dans le canapé et se couvrit le visage dans ses mains. Si quelqu'un d'autre savait dans quoi elle avait été mêlée, on l'accuserait immédiatement comme à l'instant. C'était horrible. Bien sûr, elle avait détesté Ichigo au point de vouloir le tuer, mais une fois qu'elle fut revenu à ses esprits grâce à son frère, elle avait aussitôt abandonné cette idée.
Cela n'avait plus d'importance maintenant que quelqu'un d'autre avait accompli ce méfait. Qui pourrait bien vouloir tuer Ichigo?
Elle avait besoin de faire quelque chose et elle avait une bonne idée de quoi.
XOXOXOXO
Hôpital de Karakura
Avril 2009
D'énormes nuages blancs se déplaçaient dans un ciel bleu, certains lui rappelant l'homme qu'il aime. Ichigo se leva sur ce qui semblait être une façade d'immeuble.
Il n'arrivait pas à se rappeler de tout ce qui s'était passé, mais il savait qu'il avait eu incroyablement chaud tout en baignant dans son sang tandis que son souffle s'extirpait de lui pour ne jamais revenir. Il se souvenait aussi des larmes de Grimmjow, son visage inquiet étant la dernière chose qu'il eut vu avant de plonger dans les ténèbres puis ici.
Cet endroit était magnifique, mais son petit-ami lui manquait. Sa famille ainsi que ses amis aussi. Était-il...mort? Était-ce l'au delà? Quelle solitude.
En fait, ce ne devait pas être l'au-delà puisqu'il pouvait entendre, de temps en temps, les voix de ceux qui lui étaient chers. En particulier, celle de Grimmjow. C'était dans ces occasions là que sa solitude devenait étouffante. Il pouvait percevoir la détresse dans le timbre du bleuté. Il aurait tant voulu le rassurer en lui disant que tout allait bien.
Parce que tout allait bien, n'est-ce pas?
Ichigo ne savait plus. Il ne pouvait pas distinguer ce qui était dit, il reconnaissait simplement les voix. Pourquoi ne pouvait-il voir, toucher ou même parler à quiconque?
Il se pencha au bord de l'immeuble sur lequel il se tenait. Il voulait rentrer. Il voulait voir Yuzu, Karin et même son père. Il voulait voir ses amis, Tatsuki, Shinji, Chad, Ishida, Inoue...Renji, et plus que tout, il voulait voir Grimmjow.
Il était avide des sourires, du rire, des contacts de son amant...l'homme lui manquait tellement. Ichigo sentit ses larmes poindre et soupira sans bruit. Ce n'était pas une vie. Si on pouvait toujours appeler ça "vie".
Soudain, des bruits de pas l'approchèrent. Il tourna légèrement la tête puis bondit en reconnaissant l'apparition. Ça avait la forme d'une femme qu'il n'avait pas vu depuis si longtemps. De longs cheveux roux ondulaient dans le vent, des yeux marrons le regardaient tandis qu'un sourire s'affichait.
"M-Maman? souffla-t-il, incrédule.
-Ichigo, dit-elle avec gentillesse, écartant ses bras pour lui.
Ichigo s'y blottit instantanément, l'enlaçant fermement et inhalant cette odeur nostalgique de pomme et de cannelle. Elle avait la même allure, la seule différence était qu'il était plus grand qu'elle désormais.
-C-comment? Comment est-ce possible? Je suis vraiment mort? croassa-t-il.
Elle pouffa doucement et passa sa main dans les cheveux roux de son fils.
-Non, tu n'es pas mort, mon cœur. Mon dieu, tu es devenu si grand! Tu es un beau jeune homme, pas vrai?
Ichigo rougit et se recula pour observer le visage de sa mère. Elle arqua un sourcil à son expression et mit ses mains sur ses hanches.
-C'est quoi ce regard? Je peux quand même dire de mon fils qu'il est beau, non?
-Oui, M'Man, murmura Ichigo. Il redevenait un enfant.
Le visage de Masaki s'adoucit alors qu'elle lui caressa la joue gauche.
-Je suis sure que tu as beaucoup de questions, mais ce n'est pas le moment de les poser, dit-elle.
Ichigo hocha la tête et elle lui prit la main pour l'emmener en haut de l'immeuble, son point de départ. Elle lui indiqua qu'il devait suivre ses instructions et ils s'assirent tous les deux.
"Mon chéri, actuellement, tu es dans le coma. C'est pour ça que tu ne peux qu'entendre des voix.
Ichigo se sentit soulagé. Au moins, il n'était pas mort.
-Est-ce que je vais mourir? C'est pour ça que tu es là?
Elle rit, ce qui lui rappela douloureusement le rire de Yuzu.
-Non, idiot, je suis là pour t'accompagner. Ton heure n'a pas encore sonné, Ichigo. Mon travail consiste à te donner cette petite impulsion qui te permettra de revenir parmi les tiens.
-Vraiment? Comment va-tu faire ça?
Sa mère se pencha et poussa Ichigo du coude.
-Comme ça."
Juste avant qu'il ne sombre dans l'obscurité, Ichigo entendit une dernière fois la voix de sa mère.
"Je t'aime Ichigo."
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il eut l'impression d'avoir été drogué. Il toussa immédiatement, ses yeux s'ajustant à la luminosité environnante. Les images étaient flous mais il réussit à percevoir un mouvement près de ce qui semblait être une porte. Soudain, un homme en blouse blanche se trouva à côté de lui.
"N'essayez pas de parler, Kurosaki-san, nous devons enlever la sonde endotrachéale. Vous ressentirez une légère gêne, annonça l'homme avant qu'Ichigo ne ressente le besoin soudain de jurer. Il toussa à nouveau mais cette fois, c'était pour se débarrasser de la sensation d'avoir quelque chose d'envahissant dans sa gorge.
"Vous rappelez-vous de votre nom? continua l'homme.
Ichigo fronça les sourcils et se passa un coup de langue sur ses lèvres.
-I-Ich-i-go, articula-t-il difficilement.
-Bien. Peux-tu bouger tes orteils pour moi? demanda l'homme,qu'Ichigo considéra être un docteur,pendant qu'il rejetait les draps blanc qui le couvraient.
Ichigo ordonna à son cerveau d'obéir mais rien ne se passa. Après quelques secondes, il réitéra le geste. Toujours rien. Encore quelques secondes plus tard et finalement, les orteils de chaque pied bougèrent. Ichigo grogna joyeusement. Bien, il n'était pas paralysé.
-D'accord, maintenant tes mains."
Merde.
Ichigo répéta le procédé commandant cette fois à ses mains. Après quelques essais, il réussit à soulever ses deux mains qui retombèrent presque aussitot sur le lit.
Mais au moins, elles avaient bougé et c'était tout ce qui importait.
Le sommeil le gagna et la dernière chose dont il se souvint fut le sourire du docteur.
XxxxxxxxX
Un murmure le réveilla et lorsqu'il ouvrit les yeux, il les sentit s'écarquiller d'incrédulité.
"R-Ru-ki-a, dit-il. Sa voix n'était plus habituée à être utilisée.
Les grands yeux violets s'arrondirent de surprise.
-Ichigo! s'exclama-t-elle.
-Qu-qu-qu'est-ce-
-Non attends, ne dis rien! Parler doit être trop dûr pour toi, alors je vais juste te dire ce que j'ai besoin que tu saches. Tu pourra répondre quand tu te sentiras mieux."
Ichigo hocha la tête.
"Je sais que nous n'étions pas proches, même lorsqu'on était amical l'un envers l'autre et je voulais que tu sache que c'était de ma faute. J'étais jalouse de toi. Jalouse de ce que tu partageais avec Renji et j'ai laissé cette jalousie prendre le dessus. Je suppose, je veux dire, je voulais juste te dire que j'étais désolée. Vraiment, acheva-t-elle en chuchotant.
Ichigo détailla son expression de remord et reconnut l'honnêteté dans ses yeux. Eh bien, voilà qui était inattendu. Il n'aurait jamais pensé que Rukia vienne lui présenter ses excuses. Elle était têtue et arrogante et il aurait juré qu'elle ne se serait jamais abaissé à ce genre de choses. Surtout qu'elle le détestait. Mais après tout, Renji et lui était de nouveau en bons termes alors tout était possible.
-D-d'accord, répondit-il.
Rukia lui lança un regard prudent.
-Tu le penses vraiment? Tu vas réellement me pardonner après tout ce que je t'ai fait subir?"
Ichigo acquiesça puis reposa sa tête sur les oreillers du lit. La vie était extrêmement bizarre et pleine de rebondissements. Ses vieux amis se changeaient en ses ennemis pour redevenir ses amis et il n'avait rien vu venir. Un sentiment l'envahit soudainement.
Il voulait voir Grimmjow.
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Ville de Karakura
Avril 2009
Grimmjow était installé dans la chambre obscure de l'appartement d'Ichigo, le visage caché dans ses mains alors qu'il pleurait pour de bon. Brisé, des sanglots désespérés dévalaient ses joues.
Quelques heures plus tôt, il avait rendu visite à Ichigo dans l'hôpital, quand Isshin était arrivé, le visage pâle et la bouche pincée. Grimmjow s'était demandé ce qui arrivait au plus vieux pour paraître aussi bouleversé car il pensait qu'Isshin s'était habitué à voir Ichigo dans le coma.
Il n'avait pas du tout été préparé pour les mots que lui adressa le père.
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Hôpital de Karakura
Avril 2009
Quelques heures plus tôt
"On a décidé de laisser mon fils rester en paix, déclara calmement Isshin.
Grimmjow fronça les sourcils d'incompréhension avant de dire la première chose qui lui vint à l'esprit.
-Je ne le dérange pas.
Il était assis dans son coin habituel, à côté d'Ichigo dont il tenait la main. Il le faisait tous les jours, alors pourquoi aujourd'hui était différent?
Isshin grimaça et bougea inconfortablement.
-Non, on va débrancher Ichigo. S'il devait se réveiller, il l'aurait fait-
-NON! hurla Grimmjow, ne se souciant pas d'être dans un hôpital, je ne vous laisserais pas tuer Ichi!
Il se releva d'un bond, sa poitrine se contractant douloureusement tandis que ses mains se serrèrent. Comment Isshin pouvait, ne serait-ce que considérer de faire quelque chose d'aussi foutrement horrible? Ichigo n'était pas mort! Il ne l'était pas!
-Grimmj-
-NON, cria-t-il, pourquoi dites-vous des merdes pareilles? Vous ne pouvez pas le TUER, bon sang! Il n'est pas mort!
-Ichigo n'aurait pas voulu vivre comme un légume et c'est précisément ce que lui réserve le futur! Être dans le coma pendant aussi longtemps ne présage rien de bon, Grimmjow! Qu'est-ce que tu voudrais que j'y fasse? argumenta Isshin, son visage tordu de douleur.
Grimmjow sentit ses jambes prêtes à se rompre à tout moment. Bon dieu, ils allaient tuer son Ichi et il n'y avait rien qu'il puisse faire contre ça. Il commença à pleurer.
-PITIÉ! lâcha-t-il en se dirigeant vers Isshin dont il prit les mains, pitié, ne le faites pas! J-je, par pitié, Isshin, vous ne pouvez pas juste le tuer, plaida-t-il désespéramment.
Le remord se dessina dans les yeux du père alors qu'il retirait ses mains.
-Il est déjà parti", chuchota-t-il, sa voix se cassant.
Grimmjow ne savait plus quoi faire. La rage, la tristesse, le désespoir l'englobèrent. Il ne pourrait pas rester assis ici et les regarder enlever le dernier lien qui raccrochait la personne qu'il aimait à la vie. Il ne le voulait pas.
Le cœur déchiré et l'esprit dévasté, il dépassa brusquement Isshin et claqua la porte de la chambre.
XOXOXOXO
Ville de Karakura
Avril 2009
Après ça, il s'était dirigé vers l'appartement d'Ichigo, tentant de se rappeler tout ce qui concernait le rouquin qui avait changé sa vie. Grimmjow s'était tenu dans le salon, scannant le sofa, les meubles, l'énorme écran plat qu'il avait offert pour l'anniversaire d'Ichigo, mais son observation se stoppa lorsqu'il s'arrêta sur l'image reposant sur la table basse.
Il s'orienta vers elle, s'affalant dans le canapé tout en l'attrapant. C'était une photo qu'ils avaient prise à Halloween. Ils avaient décidé de se déguiser en personnages du manga préféré d'Ichigo, One Piece. Grimmjow avait immédiatement réclamé le personnage de Zoro parce que...eh bien, c'était Zoro. Le sabreur le plus dur à cuire de Grand Line et Ichigo avait choisi le rôle du capitaine naïf et très loyal, Luffy.
Grimmjow se souvenait avoir admiré le gilet rouge éclatant, le pantacourt bleu, les sandales et le chapeau de paille que son amant portait comme s'ils étaient faits pour lui. Et en bonus, Ichigo était torse nu sous le gilet.
Le costume de Grimmjow était simple. Un pantalon vert sombre fourré dans des bottes noires, un T-shirt blanc moulant son torse avec trois boutons près du col et un haramaki vert enroulé autour de sa taille. Trois fausses épées reposaient sur sa hanche droite et un bandana noir était serré autour de son bras gauche.
Dans la photo, ils posaient sur le perron d'Isshin, Ichigo tenant le chapeau de paille et souriait diaboliquement comme Luffy et Grimmjow était debout, les bras croisé sur sa poitrine, fronçant les sourcils comme Zoro.
Ça avait été très drôle.
Il reposa la photo et s'en éloigna pour atterrir dans la chambre, réalisant à nouveau ce qui se passait. Il s'assit lourdement sur le lit.
Il y était toujours depuis lors.
Il n'arrivait pas à croire qu'Isshin allait tuer Ichigo. D'accord, cela faisait quatre mois qu'Ichigo était dans le coma, mais ça ne voulait pas dire qu'il était décédé. Il y avait toujours une chance qu'il se réveille.
"Ichigo n'aurait pas voulu vivre comme un légume et c'est précisément ce que lui réserve le futur!"
Grimmjow se crispa au souvenir des mots du père. Il ne voulait pas y penser mais c'était possible. Il savait qu'Ichigo n'aurait pas souhaité vivre ainsi. C'était une situation perdant-perdant.
"Merde", craqua-t-il, sa gorge brulant à force d'avoir crié et pleurer, merde."
I hate everything about you
Why do I love you
I hate everything about you
Why do I love you
Grimmjow rit avec dérision alors qu'il prenait l'appel entrant. Nnoitra avait un timing parfait.
"Hey, grommela-t-il.
-Par tous les saints, on croirait entendre un mort, dit la voix de son meilleur ami, rudement, t'es toujours à l'hôpital?
-Non.
-...Mais alors, où est-ce que t'es? l'agressa impatiemment Nnoitra.
Grimmjow soupira, exaspéré.
-L'appartement d'Ichi.
Nnoitra soupira lui aussi avant de reprendre la parole.
-Grimm, pourquoi tu t'infliges ça?
-Je sais pas, marmonna-t-il. Il combattit l'angoisse qui montait alors qu'il continua à parler. Ils vont débrancher Ichi.
Il y eut un moment de silence mais Grimmjow savait que Nnoitra n'avait pas raccroché. Quelques instants passèrent avant que son ami ne parle.
-Je serais là dans une minute."
L'appel se suspendit et Grimmjow attendit.
XxxxxxxxX
Grimmjow aurait voulu se bourrer la gueule, mais il réalisa que ça n'arrangerait en rien la situation. Pour tout dire, ça serait sûrement pire. Il avait accepté de prendre un verre avec Nnoitra dans un bar à l'autre bout de la ville puisqu'il refusait de mettre les pieds à Las Noches. Cependant, le quartier où ils se rendaient ne lui inspirait que peu de confiance, c'est pourquoi il s'assura de glisser Pantera dans son jean avant de quitter l'appartement d'Ichigo.
Ils étaient actuellement assis au bar, Nnoitra sirotant une bière et Grimmjow un verre de vodka. Ichigo appelait ça de l'alcool à 90 degrés.
Merde.
Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui.
Enfin, ce n'est pas comme s'il voulait arrêter.
"Ulquiorra s'inquiète pour toi, déclara Nnoitra.
-En d'autres mots, il ne couche plus avec toi tant que tu ne m'as pas sorti de ma dépression, pas vrai?
-Ce p'tit fumier est super entêté..."
Grimmjow gloussa et reposa son verre en tressaillant dû à la brûlure que l'alcool causait à sa gorge. La vodka était surement assez forte pour décoller la peinture des murs.
"La vie craint un max, murmura-t-il.
-Tu crois? Ça n'fera que te rendre plus fort à terme.
-Ouais, ouais."
Un raclement sourd quelques sièges plus loin attira l'attention de Grimmjow qui jeta un coup d'œil, remarquant vaguement le tapageur aux cheveux blancs et aux yeux particuliers. Le barman, un homme qui lui rappelait Stark, était en train de rire avec l'albinos alors qu'il remplissait son verre d'un liquide ambré.
Grimmjow ne prêta plus attention à l'homme jusqu'à que, quelques minutes plus tard, le type s'assit soudainement à côté de lui, le dévisageant intensément. La forte odeur d'alcool émanant du gars l'étouffait. Grimmjow sentit Nnoitra se tendre, alors il tourna la tête vers l'homme étrange.
"Je peux t'aider? demanda Grimmjow.
L'homme pencha la tête et ricana.
-Je te connais.
Grimmjow haussa un sourcil, pensant que ce type avait probablement trop bu et le confondait avec quelqu'un d'autre.
-Ah ouais? répondit-il sèchement alors qu'il vidait son second verre.
-Eh ouais. T'es le copain de ce gamin qu'on m'a payé pour le tuer.
Les yeux de Grimmjow s'écarquillèrent et le verre qu'il tenait se brisa. Il entendait des choses. Ce devait forcément être ça. Il n'y avait juste pas moyen que cet homme ait dit ce qu'il pensait qu'il venait de dire.
-Redis-moi ça? grogna-t-il.
L'homme se pencha plus près, l'odeur d'alcool s'intensifiant.
-T'm'as pas entendu la première fois, princesse?
Grimmjow s'éjecta du tabouret et enserra la gorge de l'albinos.
-Je vais te tuer", cracha-t-il.
Cet homme avait eu l'audace de l'approcher ainsi et penser qu'il s'en sortirait sans le moindre dommage?
Le bleuté entraîna le gars en dehors du bar et entreprit immédiatement de le frapper. Il envoya successivement son poing dans la figure de ce connard brisant son nez avec un bruit satisfaisant. Le sang se mit à couler mais Grimmjow restait imperturbable.
L'homme aux cheveux blancs grogna de douleur à chaque coup jusqu'à ce qu'il ne puisse plus tenir sur ses pieds mais même lorsqu'il tomba sur le sol, Grimmjow lui balança des coups de pieds dans les côtes, espérant casser quelque chose. L'homme était recroquevillé pitoyablement, toussant et expulsant du sang. Une main pêle recouvrit son visage abimé, étalant le sang. Un rictus méprisant apparut sur ses lèvres.
"Tu penses que tu m'as fait quelque chose, hein? J'en ai rien à foutre, alors me tabasser ne sert à rien! dit-il d'un ton brusque, par contre, t'as vraiment besoin de te soucier de cette pute qui a payé pour que je fasse ce que j'ai fait!"
Grimmjow serra les dents. Il voyait rouge et n'arrivait plus qu'à ressentir une rage sourde pulser dans ses veines. Il atteignit le bas de son dos et en retira Pantera. Il le pensait vraiment quand il avait dit qu'il le tuerait. Cet enculé était la raison pour laquelle il ne pourra plus revoir l'amour de sa vie. Il était la raison pour laquelle il souffrait tellement.
Il s'accroupit et attrapa l'homme par le col en lui collant le bout de son revolver près de la bouche. Les dents de l'homme crissèrent sur le métal froid.
"Qui t'as payé?"
L'homme ricana, ses iris dorés semblant briller. Grimmjow perdit vite patience et s'il n'obtenait pas rapidement de réponses, il éclaterait la cervelle du type.
"Qui...t'as...payé...bordel? demanda-t-il à nouveau.
Cette fois, il écarta le revolver mais raffermit sa prise sur le col. L'albinos s'essuya la bouche tout en ricanant à nouveau.
-Est-ce que le nom de Tia Halibel te rappelle quelque chose?"
Grimmjow se figea sous le choc de l'information. Halibel? Elle avait souhaité la mort d'Ichigo? Était-elle désespérée à ce point? Était-elle aussi folle? Il ne laissera aucun de ces deux bâtards s'en sortir après ce qu'ils avaient accompli. Pas moyen.
Grimmjow replaça le canon dans la bouche du blanc et posa son doigt sur la gâchette près à envoyer cet enfoiré manger les pissenlits par la racine. Mais juste avant qu'il ne commette l'acte, Nnoitra s'accroupit derrière lui, agrippant son arme.
"Grimm, tu veux p't'être le faire là, mais plus tard, tu vas t'sentir comme une grosse merde parce que finalement, ça va pas t'rendre ton petit-ami", le persuada-t-il.
Des échos de sirènes retentirent dans les rues quasi désertiques.
"Allez, Grimm, ne fais pas ça."
Grimmjow se mordit la lèvre. Putain, il voulait tellement tuer ce connard et en finir avec tout ça, mais Ichigo lui aurait botté le cul s'il avait su. Grommelant, il remit la sécurité de son arme et la dissimula dans son pantalon.
"T'as eu de la chance."
Nnoitra et lui marchèrent rapidement jusqu'au parking où ils grimpèrent dans la voiture du brun. Nnoitra démarra alors que Grimmjow se sentait toujours furieux et impuissant.
L'intro de "Welcome to the Jungle" des Guns and Roses's beugla de sa poche arrière de jean et il envisagea sérieusement de l'ignorer mais finit par décrocher.
"Qu'est ce que tu veux, P'pa? grogna-t-il.
-Grimmjow! Tu dois venir à l'hôpital! Ichigo s'est réveillé!
Son cœur fit un bond dans sa poitrine.
-Qu-quoi? bégaya-t-il, ébahi.
-Tu m'as bien entendu, gamin! Viens! dit son père avant de raccrocher.
-Va à l'hôpital, ordonna le bleuté alors qu'il remettait son téléphone dans sa poche.
Nnoitra le fixa du coin de l'œil.
-Qu'est-ce qu'il se passe?
Grimmjow sourit largement et agrippa ses genoux, n'en revenant pas.
-Ichi s'est réveillé."
Note de l'auteur : ok, pour commencer, je sais qu'il y a un tas d'éléments techniques que j'ai survolé, comme le fait qu'Ichigo ne devrait pas être capable de parler aussi rapidement après être sorti d'un coma de quatre mois. Mais ceci est une fanfiction et même si j'aimerais garder les choses le plus réaliste possible, je veux que ça bouge quand même, alors j'espère que ça ne dérange personne.
Aussi, dans le prochain chapitre, nous découvrirons la raison pour laquelle Shirosaki a "confessé" à Grimmjow que c'était Halibel.
Note de la traductrice : Le mot "ascenseur" est présent énormément de fois dans ce chapitre. Je me suis trompée d'orthographe à chaque fois en mettant toujours "ascenceur". Renvoyez moi en primaire par pitié...:D
En tout cas, c'était un long, très long chapitre à traduire!
