Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling
Note : post tome 6 - Slash Severus /Harry - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...
Alors... J'ai bien conscience que je ressors cette histoire d'outre-tombe après tout ce temps et je suis vraiment désolée pour cette longue attente !
J'ai passé beaucoup de temps dans le fandom Star Trek, puis pas mal de temps à lire du Sherlock et The Avengers... sans lire beaucoup de Harry Potter ces derniers mois... De plus, toute cette fic comporte plein de petits détails/erreurs qui me dérangent et qui m'ont parfois découragés d'écrire la suite... d'où, je l'avoue, je suis très incertaine à propos de ce chapitre, les idées que je voulais y voir y sont mais, ayant commencé cette fanfiction il y a plusieurs années, j'ai quelques craintes concernant le style et la perte de maîtrise du caractère des personnages x_x
J'espère cependant que ce chapitre vous plaira quand même, et je vous recommande d'au moins relire les autres chapitres en diagonale avant de vous lancer dans celui-ci (même moi, j'ai dû faire cette relecture pour ne pas faire n'importe quoi avec ce chapitre xD)
Enfin, le plus important, un grand merci à ceux qui prennent le temps de laisser des reviews - même des mois après ; c'est en les relisant qui j'ai trouvé assez de courage pour me lancer dans ce nouveau chapitre ! (Et désolée pour ceux à qui je n'ai pas répondu personnellement, j'ai un peu perdu le compte ;_;)
Sur ce, bonne lecture à tous !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 20: Vampire
Cela faisait maintenant un peu plus d'une semaine que l'attaque à Pré-au-Lard avait eu lieu. Il avait revu le maître des potions quatre fois depuis lors, quatre fois où ils avaient peu parlé. Quatre fois où Rogue avait simplement semblé profiter de sa présence comme lui de la sienne même lorsqu'ils étaient chacun concentrés sur leurs propres tâches. Quatre fois où le vampire s'était rassasié en ne lui laissant qu'un très vague sentiment de malaise, très loin de ce qu'il avait ressenti les premières fois. Quatre nuits à dormir paisiblement dans ses bras.
Et quelques baisers échangés, plus ou moins chastes, et visiblement autant désirés par le serpentard que par lui-même.
Harry était heureux, tout simplement, il n'y avait pas de meilleur mot pour définir son état. Enfin, heureux mais également impatient. Cela faisait quatre jours qu'il n'avait plus revu Rogue et il n'avait qu'une hâte : voir ce long jeudi arriver à sa fin pour le rejoindre.
Quelque part en lui, une voix lui soufflait que ce n'était pas sain. La guerre était terminée, il aurait dû davantage penser à ses projets d'avenir, à tous ces rêves qui lui avaient rempli la tête tout au long de ces dernières années. Et non pas désirer rester à ce point aux côtés d'un homme plutôt taiseux et facilement irritable. Pas plus que de repousser le plus loin possible de son esprit le fait qu'il se laissait vider de sa magie et de son sang par un vampire.
Parfois, il était brièvement traversé par le sentiment qu'il avait vraiment perdu une part de son libre-arbitre depuis ce premier jour où le serpentard l'avait mordu. Et puis, il se souvenait de la potion et le doute s'effaçait pour le laisser avec la connaissance que c'était ses propres sentiments qui lui faisaient suivre cette voie. Même si les circonstances étaient bien différentes, il acceptait à présent son besoin d'être aux côtés de Severus Rogue au même titre que la fascination qu'il avait eu durant longtemps pour Ginny.
Certaines choses n'était tout simplement pas destinées à être expliquées.
Hermione Granger le comprenait sûrement, elle aimait Ron, mais elle semblait avoir fait une telle fixation sur le cas Harry Potter qu'il était évident que le survivant ne pourrait pas se contenter de cette explication.
Oui, il était parfaitement heureux et satisfait de sa situation avant qu'Hermione ne débarque dans son dortoir, comme une tornade, au moment où il quittait la salle de bain commune. En une fraction de seconde, avant même qu'il n'ait pu laisser échapper un son ou songer à enfiler son t-shirt, la jeune femme lui saisit les poignets et les tourna vers elle pour les scruter attentivement.
- Hermione, qu'est-ce que… !
Elle l'ignora royalement et relâcha ses bras avant de lui saisir les épaules.
- Ah ! Je le savais ! s'écria-t-elle, triomphante, en se penchant vers lui.
Confondu, les mains tièdes toujours sur sa peau nue, Harry s'éclaircit la gorge.
- Euh… Je peux savoir ce que tu fais ?
Hermione Granger dans le dortoir des garçons ? Encore heureux qu'il était exceptionnellement seul à cette heure ou… Le gryffondor fronça légèrement les sourcils puis fit une grimace lorsqu'elle parla à nouveau mais, cette fois, un ton plus haut.
- C'est lui qui t'as fait ça, n'est-ce pas, Harry ? Oh mon Dieu ! Je ne voulais pas y croire ! Il faut immédiatement avertir la Directrice !
Et elle lui saisit à nouveau le poignet pour l'entraîner à sa suite. Stupéfié, il se laissa faire durant les premiers mètres. Puis il s'arrêta net et se campa fermement sur sa position.
- Mais qu'est-ce que tu fais, Harry ? Il n'y a pas une minute à –
- J'aimerais moi savoir ce que tu crois faire exactement.
Elle fit vaciller son regard irrité, et inquiet, entre ses yeux et sa gorge. Le survivant se dégagea de sa prise, peut-être d'un geste un peu trop brusque.
- Il t'a mordu. Tu sais très bien ce que je vais faire, ce qu'on doit faire.
Harry soupira et enfila le t-shirt qu'il avait encore entre les mains.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-il, même s'il savait que ça ne servirait pas à grand-chose, tout en posant ses lunettes sur son nez.
La préfète lui jeta un regard furieux mais légèrement paniqué. Elle parla à nouveau mais d'un ton beaucoup plus bas.
- Rogue t'as mordu. C'est un vampire ! Et tu es visiblement sous son contrôle sinon tu ne –
- Non.
Un éclat de confusion naquit dans ses yeux. Harry quant à lui était légèrement en colère et passablement gêné. Il aurait dû comprendre qu'il y avait quelque chose de pas très net lorsque tous ses camarades de chambre avaient trouvé un prétexte pour le laisser seul en cette fin d'après-midi. Surtout avec Ron et son soudain besoin de faire des devoirs qu'ils n'avaient pas à rendre avant la semaine suivante. La fin de la semaine suivante.
Dans ces circonstances, évidemment, il avait fallu qu'il se montre imprudent, oubliant une partie de ses vêtements sur son lit. Dont son t-shirt et son pull qui masquaient toujours efficacement ces marques sur son cou. Marques qui ne disparaissaient jamais totalement malgré le baume à cause de la régularité des morsures.
Vue la manière dont Hermione lui tournait autour ces derniers jours, il aurait dû s'attendre à ce qu'elle mette tout en œuvre pour arriver à ses fins.
- Non ? Harry, je ne suis pas idiote ! Je sais parfaitement reconnaître une morsure de vampire quand j'en vois une. Tout comme les symptômes de la victime, même si tu vas un peu trop bien à vrai dire, marmonna-t-elle.
Le gryffondor roula des yeux. Ce qui sembla donner un second souffle à la brune.
- Et toutes mes observations sur Rogue concordent, c'est un vampire !
- Hermione ! grinça-t-il à son éclat de voix. D'accord, c'est un vampire mais pas la peine de mettre toute l'école au courant. Et puis, McGonagall le sait déjà alors inutile de t'inquiéter à ce sujet.
Cela eu au moins le don de la priver de ses mots durant quelques instants. Juste assez pour qu'il aille s'asseoir sur son lit et qu'elle le rejoigne. Harry avait déjà pris le temps de songer à ce qu'il lui dirait lorsqu'elle découvrirait la vérité mais il commençait à se demander s'il parviendrait à vraiment se montrer convaincant. La jeune femme reprit rapidement ses esprits.
- Bien. Elle sait. Mais je ne le croirai pas si tu me dis qu'elle est au courant de ce qu'il te fait, décida-t-elle.
Il y avait pourtant un éclair de doute au milieu de sa colère-inquiétude-panique-peur.
- Non, en effet, elle ne sait rien à propos de cette partie, confirma-t-il en passa distraitement sa main sur son cou. Mais ce n'est pas ce que tu crois, ajouta-t-il rapidement en la voyant prête à se lever. Je ne suis pas sous son contrôle.
Elle secoua légèrement la tête, posant une main sur l'une des siennes. Lorsqu'elle parla à nouveau, sa voix prit un ton plus doux.
- Harry, c'est la seule explication possible. Tu sais très bien que les vampires sont connus pour leur pouvoir d'hypnose. Et ça fait des semaines, Harry ! Tu n'aurais pas pu accepter ça si tu étais totalement maître de tes décisions.
Et c'était maintenant de la pitié qu'il voyait dans son regard. Cela l'agaça un peu.
- C'était ma décision, Hermione. Je ne peux pas tout t'expliquer mais je ne cours aucun danger.
Il choisit consciemment de taire le fait que Rogue se nourrissait de sa magie.
- Ce n'est pas possible, Harry, j'ai suffisamment étudié le sujet pour savoir que…
Elle s'empourpra légèrement.
- … les morsures de ces créatures, même si elles ne sont pas douloureuses, sont mauvaises. Tu ne ressens pas la douleur, tu peux même en éprouver… du plaisir… mais ce n'est qu'une supercherie pour que tu te soumettes sans te défendre. Et l'on va même jusqu'à parler de dépendance, dans certains cas. Non, il faut en informer la Directrice.
Elle fit un geste pour se lever mais le rouge et or posa sa main sur son bras pour l'arrêter.
- Ce n'est pas mon cas. J'ai mal. Rogue a créé une potion –
- … pour que tu aies mal ? termina-t-elle presque effarée.
- Non ! Enfin, si. Mais…
Il se passa une main dans les cheveux en grognant.
- Il ne voulait pas. La première morsure a eu lieu avant qu'on ne se débarrasse de Voldemort. Et il n'a pas exactement eu beaucoup de temps pour en découvrir plus sur sa nature, tu vois ? Alors, il m'a donné une potion pour s'assurer qu'il n'y ait pas de dépendance. Et il allait partir. Mais c'était trop tard.
Il vit passer un éclair de frayeur dans les yeux de la jeune femme et se corrigea.
- Pas à cause qu'il est un vampire mais parce que j'étais déjà… J'éprouvais déjà de l'affection pour lui, pour l'homme… Et je lui ai demandé d'essayer de faire une autre potion parce que, oui, j'ai été un moment sous son 'charme' mais, lorsque j'ai retrouvé mes esprits, je l'ai vu et j'ai deviné qu'il en avait besoin même s'il refusait de l'admettre et… et…
Et il s'arrêta, parce son discours lui semblait maintenant décousu et incompréhensible. Hermione fronçait les sourcils et il réalisa qu'il n'était pas capable de tout lui expliquer pour l'instant. Lui-même n'avait pas encore démêlé tous ces évènements les uns des autres.
- Ecoute, je ne peux pas encore t'en dire beaucoup mais tu n'as pas à t'inquiéter.
Elle ouvrit la bouche pour protester mais il ne lui laissa pas le temps de parler.
- Hermione. Tu l'as dit toi-même, n'est-ce pas ? Je vais bien. Je ne hante pas les couloirs comme un zombie, je peux toujours faire ces acrobaties que tu appelles stupides sur mon balai et je n'ai même jamais eu de si bons résultats en potion et métamorphose, termina-t-il avec un sourire plutôt satisfait.
Elle l'étudia de longues secondes, les yeux plissés.
- J'admets que tes résultats sont plutôt acceptables, dit-elle, finalement, avec lenteur.
Elle continua de l'observer, toujours avec une certaine suspicion marquée sur son visage.
- Tu me dis de ne pas m'inquiéter… mais y a-t-il au moins quelqu'un d'autre qui est au courant de cet… arrangement… entre toi et Rogue ?
- …Non.
La brune plissa davantage les yeux.
- Jusqu'à ce week-end, déclara-t-il soudainement.
- Pardon ?
- Je t'expliquerai tout ça en détail… dimanche ? J'essaierai même de le convaincre de mettre une ou deux personnes au courant si ça peut te rassurer, ajouta-t-il avec un sourire.
Il n'avait vraiment aucune idée de qui pouvait enter dans la catégorie des gens à qui le maître des potions accepterait d'en parler mais il verrait ça plus tard. Pas ce soir, ce soir il mettrait ça dans un coin de son esprit et profiterait encore un peu de cette paix qu'il y avait entre Rogue et lui. Le lendemain. Ou peut-être en début de week-end. En attendant, son amie ne semblait toujours pas convaincue.
- Ce ne sont que quelques jours, Hermione. Et encore une fois, comme tu l'as dit, les choses se passent ainsi depuis des semaines, quelques jours de plus n'y changeront rien. Ainsi, je pourrai te donner tous les détails nécessaires pour que tu puisses te faire une opinion claire sur le sujet.
Elle le fixa encore longuement et puis leva les yeux au ciel.
- Je n'arrive pas à croire que je vais faire ça, c'est complètement irresponsable de ma part, soupira-t-elle. Juste trois jours et tu me dis tout ce que j'ai besoin de savoir ?
- Oui. Et si tu pouvais éviter d'en parler…
Elle lui jeta un regard comme s'il venait vraiment de dire quelque chose de stupide. Elle roula des yeux comme il attendait toujours sa réponse.
- Bien sûr, laisse-moi y penser, je vais le dire à Ron histoire qu'il aille jeter quelques impardonnables à Rogue ou ne décide d'aller incendier sa maison.
Harry fit une grimace. Elle secoua la tête.
- Parfois, je me demande vraiment pour qui tu me prends.
Hermione se leva d'un mouvement vif puis se tourna vers lui.
- Tu vas encore le voir ce soir, n'est-ce pas ?
Il acquiesça face à son regard scrutateur qui avait tendance à dévier vers son col, là où se cachaient les marques des crocs.
- Juste… soit prudent, d'accord ? fit-elle avec un sourire incertain.
Il lui rendit son sourire et hocha la tête.
- Ne te fais pas de soucis, tour ira bien.
La jeune femme secoua légèrement la tête et il crût l'entendre marmonner quelque chose ressemblant à ' comme si je n'allais pas m'inquiéter en sachant que tu vas volontairement dans l'antre d'un vampire ' avant qu'elle ne quitte le dortoir.
Harry laissa sa tête retomber sur son oreiller en soupirant.
Oui, il était heureux. Mais aussi dans une situation précaire où un faux-pas pourrait s'avérer relativement dangereux pour le serpentard. Il avait bien conscience qu'il n'était pas celui qui risquait le plus gros dans cette histoire, face au Ministère ou au reste de la communauté sorcière.
La situation n'avait rien d'idéale. Pourtant, il avait réussi à la gérer. Hermione était Hermione. Et il lui faisait confiance. Puis, peu importait qui finirait par être au courant de leur situation, il ne laisserait pas Rogue en pâtir.
Harry ferma les yeux. Malgré toute sa détermination, il se sentait soudain terriblement fatigué. N'avait-il pas assez lutté ?
HPSR
Le maître des potions referma son livre lorsqu'il sortit de la cheminée. Pour une fois, remarqua-t-il, il ne portait pas ses robes noires mais un simple ensemble dont la chemise n'était pas boutonnée jusqu'au col. Harry lui offrit un léger sourire d'excuse ; l'homme se contenta de l'observer d'un regard neutre tandis qu'il posait ses affaires et se débarrassait de sa cape.
Il était tard, plus tard qu'il n'aurait dû l'être, et le gryffondor le regrettait aussi. Mais après s'être extirpé des griffes d'Hermione, qui avait tenté de lui faire avaler un repas deux fois plus important que ce qu'il consommait habituellement (et il soupçonnait aussi que c'était une tentative pour l'éloigner le plus longtemps possible du vampire), Ron et lui avaient dû faire face à une crise au sein de leur équipe de Quidditch : lancer un recrutement d'urgence pour un nouveau joueur après que leur gardien se soit retiré (Pomfresh n'était pas tendre lorsqu'on se blessait gravement par imprudence). D'où son retard. Et son manque d'envie total de se lancer dans une nouvelle leçon. Mais connaissant Rogue…
- Voici un nouveau stock de potions pour vous.
Il leva les yeux vers son aîné qui se trouvait déjà devant lui et lui tendait un coffre en bois relativement large. Ses iris étaient noirs avec une fine pellicule rouge les recouvrant, rien d'inhabituel.
Harry fronça légèrement les sourcils en observant le contenu. Avec un stock pareil, il tiendrait au moins une année entière. Mais ce n'était pas ce qui l'intriguait. Il sortit l'une des fioles du coffre et l'examina.
- Elles sont jaunes.
- Brillante observation, Potter.
Il s'empêcha de pousser un soupir ennuyé.
- Non, ce que je veux dire : elles sont jaunes alors que normalement elles devraient être orangées avec un reflet cuivré.
Et celles-ci s'approchaient plus du jaune citron recouvert d'un voile doré qui lui était semblable à une potion bien connue.
Il releva les yeux vers le maître des potions et vit que le coin de ses lèvres s'incurver à peine vers le haut. Quelque chose sembla vaciller dans son regard mais disparu presque immédiatement.
- J'y ai apporté des… améliorations. Vous pouvez désormais consommer vos potions de sommeil. Mais je vous conseille toujours de vous en passer si vous le pouvez.
Harry lui sourit en réponse. C'était plutôt prévenant de sa part.
Ils n'avaient pas vraiment reparlé de sujets sensibles depuis l'attaque à Pré-Au-Lard. Ni de la magie dont il se nourrissait, ni de ses cauchemars (mais en dehors de certaines nuits agitées, il se souvenait de moins en moins souvent de leurs contenus), ni de ces caresses et ces baisers encore assez innocents qu'ils échangeaient depuis ces dix derniers jours, ni des sentiments de Rogue ou des siens. C'était presque comme s'ils étaient liés par un accord tacite de ne pas s'aventurer sur ces routes pour le moment et de profiter de cette période plutôt confortable de calme.
- Et pour la fiole qu'il me reste ?
- Vous pouvez vous en débarrasser, elle ne sera plus utile, dit-il en se détournant et en emportant le coffre pour le déposer près des affaires du jeune homme assez rapidement.
Ah oui. Il était en retard. Il était temps qu'ils se mettent à cette leçon s'ils ne voulaient pas terminer aux aurores.
Avant qu'il ne fasse un geste, le serpentard se trouvait cependant déjà à nouveau à ses côtés, une main posée sur son poignet.
- Potter.
Plus de 'Harry' depuis assez longtemps, se dit-il distraitement. Mais il ne l'appelait plus Severus non plus. Cela reviendrait plus tard, lorsque ce serait le bon moment. Il lui porta toutefois immédiatement son attention, essayant de ne pas trop se laisser distraire par les doigts froids sur sa peau.
Rouges. Ses yeux étaient à présent d'un rubis sanglant.
Sur l'instant, le survivant fut légèrement surpris. En dépit de sa demande, le vampire s'était toujours efforcé jusqu'à aujourd'hui de masquer tous signes de sa faim tant que cela lui était possible et, pourtant, à ce moment-même, il semblait parfaitement maître de lui.
- Laissons de côté vos cours pour ce soir, voulez-vous ? continua-t-il d'une voix plus douce, définitivement plus séductrice.
- … Sans problèmes, dit-il un peu déstabilisé.
Harry sentait qu'une légère chaleur s'était répandue sur ses joues. C'était bien la première foi qu'il le voyait déployer ses qualités de vampires (mais s'agissait-il vraiment de cela ?) en gardant visiblement tout son contrôle naturel. Ce qui signifiait clairement qu'il était en train de répondre à ces avances qu'il avait faites depuis…
Rogue leva son poignet en se penchant légèrement pour le porter à ses lèvres, sans lâcher son regard. Une caresse de la chair tendre, un bref passage de sa langue humide. Harry frissonna. Le vampire sourit brièvement puis dévoila ses crocs. Il ne recula pas. C'était trop hypnotique, cette lenteur, le bref éclat de l'ivoire sous le mouvement des flammes du foyer.
Et ça n'avait pas vraiment un côté angoissant et ça effaçait un peu de son côté surnaturel, ce comportement ; ça semblait plus être une séduction toute humaine (ou pas loin en tous cas), quelque chose qu'il n'avait pas attendu de Rogue à ce stade et qu'il accueillait plutôt avec plaisir, même s'il se sentait soudain beaucoup plus jeune et inexpérimenté.
Les canines se plantèrent dans son poignet et il ferma les yeux en laissant échapper un bref gémissement de douleur. Il les ouvrit presque aussitôt pour découvrir que son aîné l'observait toujours de ce même regard intense et buvait, lentement. Son cœur battait à tout rompre, et ça paraissait moins être dû à la morsure qu'à leur position, Rogue l'observant et se laissant observer tandis qu'il s'abreuvait.
Trois courtes gorgées, quatre peut-être, et il s'écarta à peine pour refermer partiellement les plaies d'un sort informulé. Il lécha ses lèvres rougies et les posa un instant sur les articulations de ses doigts. Le geste, étonnamment tendre, le sortit de sa transe et il se sentit rougir davantage.
- Vous… Est-ce que vous…
Mais il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait demander et son bafouillage sembla amuser Rogue au lieu de l'irriter. Il lui ôta ses lunettes avec précaution. Puis il le tira légèrement vers lui, une main se glissant derrière sa nuque tandis qu'il enfermait ses doigts dans l'autre, et mordilla son oreille, ce qui lui fit lâcher un hoquet de surprise, et couvrit presque totalement la douleur momentanée dans son lobe, avant que le vampire ne suce doucement la petite blessure.
La respiration du jeune homme était rapide et il tremblait un peu à la sensation inhabituelle mais définitivement bienvenue. Il étouffa un bruit de déception lorsque les lèvres relâchèrent la peau fragile et il sentit le rictus s'élargir contre sa joue ; son cœur manqua un battement.
Harry était absolument figé mais fébrile à l'idée de ce qui viendrait ensuite. Parce que le maître des potions ne se laissait pas uniquement guider par la créature en lui et sa faim, parce qu'il avait un comportement joueur mais pas agressif, parce qu'il ne savait pas jusqu'où ça irait et jusqu'où il était prêt à aller mais ça paraissait étonnamment bien, pas teinté par un puissant manque de contrôle et d'obscurs besoins ou une attirance factice. Parce qu'il avait pour la première fois depuis longtemps l'impression de faire face à Severus Rogue, l'homme qui l'avait protégé dans l'ombre jusqu'au bout, et non pas deux entités séparées qui ne parviendraient jamais à se concilier au sein d'un même corps.
Avant qu'Harry ne puisse pleinement baigner dans cette réalisation presque écrasante, Rogue l'embrassait. Mais pas d'un baiser empressé ou dû purement à l'excitation d'une morsure, non, quelque chose de différent. Une douce pression sur ses lèvres, un tracé lent, humide et tiède, puis la sensation fantôme de ses dents avant que sa lèvre inférieure ne soit capturée par les siennes, goûtant, taquinant, l'emprisonnant, jusqu'à ce qu'il y réponde avec presque autant de méthode.
Les longs doigts remontèrent de quelques centimètres et se perdirent dans ses cheveux ; quelques instants plus tard, ils tiraient gentiment sur les mèches sombres pour qu'il penche un peu la tête en arrière. Le gryffondor trouva confusément prise sur la chemise noire, quelque part au niveau des côtes de sa silhouette longiforme, et le baiser s'approfondit, la langue agile se faufilant sans résistance de sa part. Le maître des potions focalisa immédiatement son attention sur son palais, léchant avec application la surface sensible, et le plus jeune retint son gémissement mais ne put rien faire pour le trémor qui traversa son corps. Il fallut de longues secondes à Harry pour qu'il réponde au baiser plus franchement et qu'il se décide, à son tour, à explorer la bouche de son aîné.
Plusieurs minutes plus tard, le baiser plusieurs fois rompu, les langues s'enlaçaient, se battaient, se caressaient. Un bref grognement de surprise échappa au gryffondor lorsqu'une canine plongea à peine dans sa langue. Il ne ressentit la douleur qu'une seconde avant qu'elle ne soit remplacée par un doux picotement.
Les doigts resserrèrent leur prise sur son cuir chevelu et la main qui enserrait la sienne le libéra et serpenta autour de sa taille pour le serrer fermement contre lui. Une vague de chaleur plus intense se répandit dans son corps et il enfouit sa main libérée dans les cheveux noirs.
Lorsqu'il s'écarta un instant pour reprendre son souffle, il était haletant mais tellement intoxiqué par le plaisir qu'il ressentait qu'il rejoint rapidement les lèvres fines et voraces. Ses pensées étaient confuses et uniquement tournées vers le maître des potions, à tel point qu'il ne remarqua qu'il l'entraînait vers la chambre que lorsque son dos toucha la porte. Il eut une très brève hésitation puis s'arrangea pour l'ouvrir et se laissa guider jusqu'au lit. Rogue le suivit dans sa chute jusqu'à ce que ses omoplates ne touchent les draps et le recouvrit de son corps, le piégeant sous lui, l'embrassant toujours.
Et il n'alla pas plus loin. Captura même son poignet lorsqu'il tenta de glisser sa main sous sa chemise. Harry n'aurait pas su dire depuis combien de temps ils s'embrassaient mais l'appréhension encore présente quelques moments plus tôt se transformait lentement en légère frustration. Chaque effleurement rendait ses nerfs plus sensibles, chaque mouvement de l'homme au-dessus de lui le rendait plus fébrile. Lorsqu'il commença à se tordre sous lui, le vampire relâcha abruptement ses lèvres et mordit sa jugulaire d'un geste vif.
Un râle de douleur et de surprise monta de sa gorge mais le rythme des battements de son cœur accéléra encore. La prise sur son poignet s'intensifia et les doigts fins s'enfoncèrent dans son épaule. Il aurait des marques mais ça n'aurait pas pu avoir moins d'importance à ce moment précis.
Et le rituel, familier mais toujours un peu différent, commença.
Cette fois, c'est le bruit du sang coulant dans sa gorge, chacune des déglutitions de Rogue, qui sembla le plus résonner dans ses oreilles et faire frémir son corps, sa pomme d'Adam bougeant contre sa peau. Mais, comme les précédentes occurrences de cette soirée, la morsure ne dura pas longtemps, et les lèvres maintenant chaudes remontèrent lentement vers sa mâchoire, y déposant de légers baisers.
Finalement, le maître des potions se redressa pour le fixer du regard. Tout aussi rouge. Il avait toujours faim. Mais testait-il ses limites ? Ou cherchait-il plutôt à rendre tout cela le plus agréable possible ?
- Nous n'irons pas plus loin.
Harry le fixa un instant sans comprendre, sa cage thoracique se levant et s'abaissant encore de manière irrégulière, puis il cligna des paupières et enfin fronça les sourcils.
- Pourquoi ? Ce n'est pas comme si c'est la première fois qu'on se retrouve dans un lit ensemble.
Il s'empêcha de grimacer face à sa répartie peut-être trop directe.
- Je veux dire, ça fait déjà…
Le gryffondor essaya de reprendre davantage ses esprits, comptant les jours passés depuis leur retour à Poudlard mais le vampire se pencha à nouveau et mordilla la peau sous sa mâchoire sans toutefois percer la chair.
- Vous n'appréciez pas cela ? demanda-t-il d'un ton bas et plutôt séducteur.
- … Si, je n'ai pas dit le contraire.
Il sentit son sourire et le train de ses pensées fut à nouveau déraillé, il en oublia même que Rogue s'était tendu un instant avant de se pencher sur lui ou qu'il avait l'impression furtive qu'il aurait dû se souvenir de quelque chose en particulier une seconde plus tôt. Les lèvres descendirent lentement de l'autre côté de sa gorge et il sentit la pointe des crocs qui l'effleuraient déjà. Harry enveloppa le vampire dans une étreinte pour le presser contre lui et les crocs s'enfoncèrent à nouveau. Cette fois, il buvait abondamment et Harry se laissa emporter.
Dans un coin éloigné de son esprit, une voix lui soufflait toujours que ça n'allait pas, qu'il ne devrait pas finir par trouver si agréable de se faire littéralement dévoré par cette créature. N'avait-il pas trouvé cela angoissant, dangereux et insensé durant des jours et des jours ? Ne haïssait-il pas de se sentir si vulnérable ? Et avait-il oublié que c'était non seulement son sang mais aussi sa magie qu'il lui volait ?
Cependant, même dans ce recoin si sombre de son esprit, les arguments qui le poussaient à ce moment-même à presser plus fortement sur les cheveux noirs pour approfondir la morsure, ces arguments gardaient tout leur poids.
« J'ai confiance en lui. »
« Je suis prêt à faire ces sacrifices. »
« Je l'aime. »
Ainsi se continua cette nuit.
Cette morsure ne fut pas la dernière. Ils n'échangèrent pas beaucoup de mots supplémentaires. Et ils s'embrassèrent, longuement.
Si Harry remarqua que les morsures devenaient plus voraces et les baisers de Rogue, non, Severus, devenaient plus désespérés au fur et à mesure que la nuit avançait, il ne s'en sentit que plus désiré. L'homme avait besoin de lui.
Une morsure, finalement, sembla durer une éternité (là, juste au creux de sa gorge, là où il le mordait le plus souvent), le jeune sorcier ne tint plus et se laissa mollement reposer contre les draps. Ses paupières étaient lourdes et, malgré l'écrasante fatigue, il ne ressentait pas le moindre inconfort. La vague impression d'être vidé (de sa magie ?) ne le touchait pas vraiment et il commença à dériver malgré lui vers le sommeil.
Il ouvrit toutefois les yeux lorsqu'une main (quelques minutes plus tard ?) glissa sous sa nuque et lui releva la tête. Il but docilement la potion jaune qui atteint ses lèvres.
- Je n'ai jamais goûté un sang aussi… délectable que le vôtre, dit le vampire d'une voix rauque mais douce.
Harry ne parvenait pas vraiment à déchiffrer son expression. Etait-ce une pointe de regret ? Ou de l'embarras ?
- Ni rencontré un jeune homme aussi idiot que vous.
Mais il y avait clairement de l'affection dans ce regard noir, dans ces gestes tendres et dans ce murmure. Le gryffondor sourit et ferma les yeux. Il sentit le corps de Severus se positionner contre lui et ses bras le ramener contre son torse.
HPSR
Un frisson le traversant, il serra plus fermement les draps autour de lui. Il se retourna, groggy, puis grogna en sentant quelque chose sous lui. Il se battit un instant avec les draps et tira sur – le parchemin ?
Harry ouvrit les yeux et, sous la faible lumière artificielle, constata que son compagnon n'y était plus. Il se frotta les yeux, repéra ses lunettes et sa baguette sur la table de nuit, à côté d'un petit livre, et prit les premières.
- Severus ? appela-t-il doucement.
Il n'obtint pas de réponse et jeta un vague coup d'œil au parchemin entre ses doigts.
Il eut cependant beau le lire trois fois, les mots refusèrent de s'imprimer dans son esprit.
« Vous trouverez un cahier d'instructions et d'informations concernant le vampirisme et les potions y étant lié aux côtés de votre baguette. Faites-en bon usage. Ou ignorez-le, si vous êtes assez irresponsable pour faire cela, vos actions ne me concernent plus outre-mesure.
Le mois est écoulé ; j'ai tenu ma promesse. »
A suivre…
Ah ! Depuis le temps que je voulais en arriver là ! Maintenant, je peux dire qu'il ne reste plus que trois ou quatre chapitres et j'espère pouvoir les écrire rapidement.
En tous cas, j'espère que ce chapitre était passable même si je n'avais plus rien écrit depuis presque un an... Personnellement, il y a plusieurs passages qui ne me plaisent pas autant que je l'aurais voulu mais, rien que pour la conclusion, j'en suis contente x)
Par contre, j'ai remarqué que les séparations entre les différentes parties dans les chapitres ont disparues (ainsi que quelques point-virgules ?) donc je vais essayer de faire une révision de cette fanfiction dès que possible (et supprimer le maximum de fautes et erreurs aussi).
Voilà, voilà, n'hésitez pas à me laisser vos avis et à bientôt j'espère !
