Note de l'auteure :

Bonjour à tou(te)s,
Nous voici arrivés au chapitre vingt-et-un déjà. Toutes mes excuses à vous, lecteurs-trices, qui avez peut-être attendus depuis vendredi soir. Des circonstances personnelles m'ont empêché de pouvoir poster comme prévu vendredi soir. Ces mêmes circonstances ont retardé l'avancée de l'écriture de mon histoire. J'ai toujours quelques chapitres d'avance et j'espère que cela restera le cas mais je ne peux pas vous le garantir. Pour le moment, je continue à poster chaque semaine.
Nous revenons donc retrouver Harry et Drago dans le présent, pour un chapitre que j'aime beaucoup, que j'ai pris plaisir à écrire parce qu'il contient des scènes cocasses. J'espère que vous l'aimerez.
Merci beaucoup pour vos reviews sur le chapitre précédent, cela me fait toujours autant plaisir.
Bonne lecture :)

Disclaimer :
Je précise que l'univers et les personnages appartiennent à leur auteure J K Rowling, je n'ai fait que les emprunter. Tous les éléments (ou presque) des livres ont été conservés, excepté l'épilogue.

Rating : M (plus que jamais !)


Chapitre 21 — Douce vengeance

Dans la lumière jaunâtre des lampadaires magiques, Harry marchait tranquillement sur le Chemin de Traverse. Il était presque dix-neuf heures en ce samedi 14 janvier et il revenait d'une après-midi à flâner dans les rues de Londres. Il avait également fait une visite éclair chez ses deux meilleurs amis pour leur déposer le vin qu'ils lui avaient demandé d'acheter pour le déjeuner du lendemain.

Il avait commencé sa journée par une reposante grasse matinée dans le lit de Drago, pendant que ce dernier travaillait au rez-de-chaussée. Après un brunch copieux, il avait décidé d'aller faire de la photographie et quelques emplettes dans le Londres Moldu. Il avait erré sans but précis pendant plusieurs heures dans les ruelles de la ville, et ses pas l'avaient mené sur les bords de la Tamise puis jusqu'aux Jardins de Kensington. Il avait pris quelques photos dans le parc, assez vide en cette froide journée, et avait passé un long moment à regarder la statue de Peter Pan surplombant Long Water, dont les berges étaient gelées. Il était ensuite allé dans le quartier de Soho pour passer chez Harmony, afin de refaire son stock de lubrifiant. Cela faisait deux semaines qu'il voulait y aller, parce que chez Drago il n'y en avait pas, et comme il était trop tête en l'air, il n'avait jamais pensé à en ramener du Square Grimmaurd. Il savait faire sans, mais ça lui manquait terriblement. Ensuite, il avait pris tout son temps pour acheter trois bouteilles de bon vin et était reparti en direction du Chaudron Baveur pour le déposer chez Ron et Hermione. Il s'était arrêté sur le chemin dans un restaurant japonais pour prendre des sushis et avait rapidement rejoint la rue sorcière.

Il passa la porte d'Aux Potions Ensorcelées juste avant la fermeture. Le bruit du carillon fit relever la tête des deux associés, plongés jusque-là dans un épais livre de comptes. Notifiant la présence de Harry ils retournèrent aussitôt à leur tâche. Harry avait appris à se faire discret quand il arrivait par l'entrée de la boutique à cette heure-là, pour ne pas déranger le travail fastidieux de comptabilité de fin de journée. L'horloge sonna dix-neuf coups et Harry ferma machinalement la portée d'entrée d'un sort, de la même façon qu'il avait vu Drago le faire de nombreuses fois, puis s'avança vers le comptoir. Il s'accouda en silence. Drago leva de nouveau la tête vers lui et se pencha par-dessus le meuble pour l'embrasser. Harry vint à sa rencontre en se hissant sur la pointe des pieds et sentit les douces lèvres de son amant caresser les siennes.

— Nous venons juste de terminer, annonça ensuite Drago. Tu as passé une bonne journée ?

— Excellente, mais je suis fourbu, j'ai marché des kilomètres.

— Tu fais de la photographie Moldue ? demanda Théodore en désignant l'appareil toujours pendu au cou de Harry.

— Oui, j'aime bien ça. Mais aujourd'hui ça n'a pas été concluant, il faisait trop gris, la lumière n'était pas belle.

— Dommage pour toi, compatit-il. Je vais y aller, rendez-vous demain à onze heures quarante-cinq ?

— Tu ne veux pas rester dîner avec nous ? J'ai acheté des sushis, proposa Harry au jeune homme en montrant le sac qu'il tenait encore de la main gauche.

Théodore demanda silencieusement à Drago son assentiment. Ce dernier ne semblait pas fâché par la proposition de Harry, au contraire. D'un seul mouvement, les deux hommes se retournèrent alors pour passer la porte séparant la boutique du couloir qui desservait l'escalier. Ils n'avaient pas eu besoin de se concerter. Harry s'était rendu compte avec surprise que les deux amis n'avaient que rarement besoin de se parler pour se comprendre sur ce genre de choses. En discutant avec Drago, il avait appris que cela datait de la dernière année à Poudlard. Drago et Théodore avaient appris à se déplacer ensemble en silence, Théodore n'étant jamais très loquace. Surtout qu'à l'époque, la moindre voix d'un Serpentard résonnant dans les couloirs pouvait avoir des conséquences dramatiques pour son propriétaire. Harry leur emboita le pas tandis que Drago vérifiait d'un coup d'œil qu'il les suivait bien à l'étage.

Les trois hommes se dévêtirent dans le vestibule et Harry incita les deux autres à aller s'assoir dans le salon pendant qu'il préparait les plats avec la nourriture qu'il avait rapportée. Il commença par revenir avec des Bièraubeurres qu'il déposa sur la table basse et repartit en cuisine. Il frôla le fauteuil où Drago était installé et en profita pour machinalement laisser traîner sa paume dans ses cheveux au passage.

Drago le regarda s'éloigner, les yeux pétillants, et Théodore en profita pour se moquer de lui.

— Si un jour on m'avait dit que tu te morfondrais d'amour pour lui juste parce qu'il t'a passé la main dans les cheveux, je ne l'aurais jamais cru.

— Théo, tais-toi, rétorqua Drago. Sinon je ne vais pas me gêner pour parler de Ginny Weasley.

— Il n'y a rien à en dire de toute manière.

Il se tut et porta la bouteille de Bièraubeurre à ses lèvres. Il n'avait pas la moindre envie d'aborder ce sujet avec Drago, surtout que Harry se trouvait à quelques mètres de là et pouvait surprendre leur conversation à tout moment.

— Aurais-je omis de te dire qu'elle sera là demain ? signala Drago d'un ton détaché, tout en se levant pour allumer sa chaîne hi-fi et mettre de la musique.

Théodore avala sa gorgée de travers et se mit à tousser.

— Sérieusement ? Et c'est maintenant que tu me le dis ?

— Je ne pensais vraiment pas que ça poserait un problème, puisqu'il n'y a rien à en dire d'après toi…

Drago vint se rassoir tranquillement dans son fauteuil et entama sa boisson, regardant son ami retrouver son souffle.

— Théo, elle te plait, n'est-ce pas ? demanda Drago quand Théodore eut arrêté de tousser.

— Tu sais bien que oui.

— Quand tu as passé la nuit avec elle, c'était comment ?

— Pour tout te dire, j'en rêve encore. En même temps, cela faisait des mois que je n'avais pas eu de relations sexuelles, alors je suppose que ça aurait été génial avec n'importe qui.

— Tu supposes mal. Même après des mois ou des années d'abstinences, si ça s'était mal passé tu t'en serais rendu compte, crois-moi.

— Qu'est-ce que tu en sais ? ricana Théodore. Tu n'as jamais tenu plus de quelques semaines, tout au plus, sans culbuter quelqu'un.

— Tu pourrais être surpris de savoir que ce n'est pas le cas, mais peu importe, répondit Drago en balayant l'argument d'un geste de la main. Ce qui est important c'est de savoir si tu es intéressé par elle ou non.

— Oui, mais…

— Alors ne fais pas l'idiot et tente ta chance ! Tu n'as rien à perdre et tu ne vas pas rester seul toute ta vie, Théo !

Avant que Théodore puisse répondre à son ami, Harry revint de la cuisine, sa baguette à la main et une pile de vaisselle en lévitation devant lui. Il déposa son chargement sur la grande table.

— De qui parlez-vous ? questionna-t-il en mettant le couvert.

Drago regarda Théodore, demandant son autorisation pour en parler à Harry. Théodore soupira et accepta d'un signe de la main.

— Théo a des vues sur Ginny Weasley depuis qu'ils ont couché ensemble, mais il la trouve trop bien pour lui et ne veut pas lui en parler. Ce que je trouve parfaitement ridicule, expliqua Drago.

— Tu as couché avec Ginny ? s'étonna Harry en se retournant vers Théodore. Mais quand ?

— La nuit du réveillon du Nouvel An. Je suis désolé, Harry.

— Ne sois pas désolé, je n'ai aucun droit de regard sur ce qu'elle fait. Et je suis d'accord avec Drago, tu devrais tenter ta chance. Je suis sûr que tu lui plais, elle aime les hommes gentils et attentionnés. Et je sais de quoi je parle.

Théodore n'était toujours pas convaincu, mais il n'argumenta pas. Il avait affaire à trop forte partie. Il y penserait de son côté, il avait encore toute la nuit pour y réfléchir.

Les trois hommes dînèrent ensuite dans la bonne humeur, même si Théodore resta discret, comme à son habitude. Il prit congé peu avant minuit en leur donnant rendez-vous le lendemain. Ils avaient décidé de se rendre chez Ron et Hermione ensemble, à pied. Le couple avait invité leurs amis pour un déjeuner dominical qu'ils avaient surnommé « Le dernier repas avec nos amis avant dix-sept années de galère ». En effet, Hermione devait accoucher dans un mois très exactement, alors ils avaient voulu profiter une dernière fois de la tranquillité relative d'un repas avec leurs proches, le dernier mois de grossesse pouvant être écourté à tout moment par l'arrivée inopinée du bébé.

oOoOooOoOo

Drago s'étira et se retourna sur le dos, sa tête reposant au creux de son bras gauche négligemment retourné sur l'oreiller. Ses paupières papillonnèrent, accoutumant ses yeux à la lumière, avant de s'ouvrir plus franchement. Il tourna la tête et sourit à Harry, déjà bien réveillé.

— Bien dormi ? lui demanda Harry.

— Parfaitement bien. Tu es réveillé depuis longtemps ?

— Depuis un bon moment oui. Je t'ai regardé dormir et je réfléchissais.

Drago se rendit compte à ce moment-là que son bras gauche exposait la Marque des Ténèbres, et il amorça un mouvement pour remettre son bras sous la couette.

— Tu n'as pas besoin de faire ça, Drago.

— Quoi donc ?

— Cacher la Marque. Cela ne me dérange pas de la voir, elle fait partie de toi.

Drago grimaça, mais décida de remettre sa tête dans le creux de son bras. La position était trop confortable et il fallait bien qu'il s'habitue à la montrer à son amant.

— À quoi pensais-tu ? demanda-t-il à Harry pour changer de sujet.

— Au fait que j'aime me réveiller à tes côtés. Et je me demandais… Comment et quand ton intérêt pour moi a-t-il débuté ?

— Moi aussi j'aime me réveiller avec toi. D'où te vient cette curiosité à mon égard ?

Drago n'avait pas vraiment envie de s'aventurer sur ce terrain-là. Il avait beaucoup évolué, mais ne se sentait pas toujours à l'aise pour parler de lui et de ses sentiments. Il avait déjà le sentiment de trop en parler depuis qu'il était avec Harry.

— Dans ma cuisine, au Square Grimmaurd, tu as dit que cela faisait sept ans que tu voulais me sauter, répondit Harry en souriant à ce souvenir. Si je ne me trompe pas, ça date donc d'avant les A.S.P.I.C., et je ne me serais jamais douté d'un truc pareil à l'époque. Tu as bien caché ton jeu.

Drago soupira. Harry avait déjà sûrement commencé à imaginer des choses, autant tout lui dire. Il se retourna face à Harry, posant sa tête dans sa main droite.

— Je ne sais pas exactement quand ça a débuté et ce qui est certain c'est que je n'en ai pas pris conscience tout de suite. Mais je crois que mon obsession pour toi remonte aux vacances de Noël de notre dernière année. J'y ai beaucoup repensé ces derniers mois, alors que j'essayais de me convaincre que j'étais complètement malade et qu'il fallait m'enfermer. Il me semble que la toute première fois où j'ai ressenti du désir pour toi c'était le jour de Noël, quand tu es tombé dans le lac gelé, tu t'en souviens ?

— Merlin, oui ! J'ai vraiment été con ce jour-là et je nous ai mis en danger tous les deux. Mais je n'ai absolument rien remarqué à ton sujet, même si je crois que mon cerveau était complètement congelé et que je ne pouvais penser à rien.

— Parce que ça t'arrivait de penser à cette époque-là ? se moqua Drago.

Harry fit la moue, faussement vexé.

— J'aime quand tu boudes, dit Drago en rampant vers Harry pour l'embrasser.

Harry tourna la tête pour présenter sa joue, refusant le baiser. Drago grogna de mécontentement, il n'aimait pas être repoussé, même pour jouer.

— Harry…

— Tu ne le mérites pas, espèce de prétentieux, répondit Harry, essayant vainement de conserver un ton sérieux.

Drago plongea vers lui pour tenter de le chatouiller, décidant que Harry aussi méritait d'être puni. Ils se chamaillèrent quelques instants, s'emmêlant dans la couette, riant à tout rompre, en ayant oublié comment ils en étaient arrivés là, jusqu'à ce que Harry finisse par immobiliser Drago. Il avait réussi à le bloquer sur le dos, assis sur son bassin, ses mains enserrant fermement les avant-bras de Drago au-dessus de sa tête. Le rire mourut de lui-même dans sa gorge en voyant le visage de Drago changer d'expression. Il n'avait plus du tout l'air d'avoir envie de jouer.

— Harry, lâche-moi, s'il te plait.

Harry n'obéit pas. À la place, il se pencha et embrassa avec douceur le front, le nez et les lèvres de Drago. Ensuite seulement il relâcha la pression de ses mains, les retirant en les faisant glisser lentement le long de la peau douce, des poignets jusqu'aux aisselles, caressant volontairement la Marque. Il ne lâcha pas des yeux les pupilles grises comme l'orage, inquiètes.

— Tu vois, tout va bien. Cela ne me fait rien de la toucher.

— Je ne comprends pas comment tu arrives à rester aussi stoïque face à elle. Comment peux-tu supporter de la toucher, de me toucher, alors que c'est son œuvre à Lui ? Sa seule présence me rend coupable de complicité, ça me fait horreur.

— Nous sommes tous coupables de complicité, Drago. Et moi je me sens coupable de tellement de choses de cette guerre, si tu savais. Mais on va essayer d'avancer ensemble, d'accord ?

Drago hocha la tête et enlaça Harry pour le rapprocher de lui, pour le sentir contre lui. Ils restèrent un long moment ainsi, puis se levèrent pour prendre un petit déjeuner léger. Il était déjà tard et s'ils voulaient avoir le temps de se préparer avant l'arrivée de Théodore, ils ne pouvaient pas flemmarder plus longuement.

oOoOooOoOo

Drago finissait de se sécher les cheveux à l'aide d'une serviette éponge qu'il n'utilisait que pour ça. Il aurait pu faire usage de la magie, mais il n'aimait pas le rendu sur sa chevelure depuis qu'il la portait longue. Il avait également essayé l'outil moldu, le sèche-cheveux, mais il avait failli mettre le feu aux mèches blondes. Depuis ce catastrophique épisode, il s'était fait à l'idée de le faire à la main. Cela lui prenait un temps fou, il frottait soigneusement chaque mèche, du cuir chevelu à la pointe, pour absorber le maximum d'humidité, en conservant la tête en bas. Ensuite, ils terminaient de sécher naturellement. Comme pour tout le reste de sa personne, il en prenait grand soin, ne lésinant pas sur les produits cosmétiques sorciers et Moldus.

Il attrapa machinalement le soin pour les pointes de cheveux et la crème hydratante dans son placard, sans regarder, sachant exactement où ses produits étaient rangés. Il hydrata sa peau et ses cheveux et reposa les tubes sur l'étagère, exactement à la même place que d'habitude. Au moment de refermer le battant, son regard fut accroché par une bouteille transparente qu'il n'avait jamais vue. Sûrement quelque chose appartenant à Harry. Drago n'avait pas abordé le sujet, laissant Harry envahir son espace. S'il laissait ses affaires, c'est qu'il se sentait bien chez Drago, et ce dernier n'allait pas s'en plaindre. Curieux, il porta le produit à hauteur de son regard, se demandant ce que c'était. Il fut surpris de trouver ça dans le placard de la salle de bain, mais il le reposa où il l'avait trouvé.

Il sortit de la pièce d'eau en créant dans le couloir un dégagement d'humidité, juste au moment où Harry refermait la porte coulissante de la cuisine, juste à côté. Il en profita pour satisfaire sa curiosité.

— Dis donc Harry, je peux savoir ce que fait dans le placard de la salle de bain ce curieux tube de lubrifiant moldu ?

— C'est un lubrifiant à base de silicone, il ne se dissout pas dans l'eau, voilà pourquoi il est rangé là, répondit Harry avec un clin d'œil.

Drago avait senti le regard de Harry glisser sur son corps nu et vit ses yeux se remplir de désir. Il leva les yeux au ciel, feignant l'exaspération, et se dirigea vers la chambre. Harry le suivit, inévitablement attiré comme une abeille par le miel. Chaque fois que Harry surprenait Drago sortant de la salle de bain, c'était la même chose. Drago avait pris l'habitude, bien des années plus tôt, de passer d'une pièce à l'autre de son appartement sans prendre la peine de se couvrir. Quel était l'intérêt de passer un vêtement pour le retirer cinq minutes plus tard alors qu'il vivait seul ? Il n'avait pas besoin de cacher son corps à qui que ce soit et n'avait aucun problème à se promener nu chez lui. Et il n'avait pas changé sa façon de faire alors que Harry passait maintenant ses week-ends chez lui.

Il ouvrait la penderie quand Harry se glissa derrière lui et picora son omoplate gauche de minuscules baisers. Drago frissonna de plaisir, mais ne l'encouragea pas. Harry sembla s'enhardir et effleura ses côtes du bout des doigts.

— Harry, arrête ça, nous n'avons pas le temps, finit-il par dire.

— Hmm, je pense qu'on a tout le temps nécessaire, au contraire, rétorqua Harry d'une voix chaude dans son cou.

— Tu me fais le coup chaque fois que je sors de la douche, aujourd'hui ça ne prend pas. Va te doucher et te raser, sinon on sera en retard, intima Drago en prenant un cintre avec une chemise blanche, essayant d'ignorer les caresses de Harry.

— C'est de ta faute Drago… ton corps est une incitation à la débauche, je n'y peux rien.

— Harry, je sais que je suis irrésistible, mais Théo sera là dans trente minutes et tu es loin d'être prêt, répliqua Drago tout en choisissant un pantalon.

— Trente minutes sont largement suffisantes pour ce que j'ai en tête, insista Harry en l'embrassant tout le long du dos, donnant à Drago la chair de poule.

— Harry ! hoqueta Drago quand il sentit ses fesses fermement attrapées par deux mains chaudes.

— J'ai une terrible envie de te dévorer, chuchota alors Harry à son oreille.

Drago sentait sa volonté faiblir. Il était toujours le plus raisonnable des deux, à croire que ce n'était pas lui qui avait été obsédé tant d'années par l'autre. Mais Harry était resté un Gryffondor particulièrement obstiné parfois, ne prenant le temps de réfléchir qu'après avoir agi. Harry passa sa langue le long de son omoplate et souffla sur la peau, créant une sensation de froid effroyablement excitante. Drago se retourna vers lui, chemise et pantalon en main, et Harry en profita pour se couler contre lui, conservant ses paumes sur les fesses rebondies. Drago l'embrassa alors doucement avant de se reculer brutalement en grimaçant.

— Merde, Harry, ça fait deux jours que tu ne t'es pas rasé, tu vas me griffer la peau jusqu'au sang ! Hors de question que je te laisse faire quoi que ce soit !

— Tu as l'intention de montrer ton cul à quelqu'un d'autre que moi ?

— Bien sûr que non ! s'offusqua Drago, un peu surpris par le ton autoritaire de Harry.

— Alors, va te mettre à quatre pattes sur le lit, tout de suite, ordonna-t-il.

Drago obéit fébrilement, toute volonté d'être sérieux disparue, lâchant au passage ses vêtements à terre. Il frémit d'anticipation, légèrement inquiet, mais excité par la tournure que prenaient les choses, il n'avait encore jamais vu Harry si directif. Par Salazar, cet homme allait le rendre fou !

Harry vint se glisser derrière lui et Drago accueillit avec un soupir les sensations électrisantes que ses paumes, légèrement calleuses, provoquaient en passant sur son dos, son ventre et son postérieur. Les caresses légères devinrent plus appuyées très rapidement et Drago se sentit durcir. Harry prit ses fesses en main et la sensation d'une langue mouillée caressant son intimité le fit gémir sourdement. Rien n'était comparable à ce que son amant était en train de lui faire à l'instant et il crut rapidement qu'il allait défaillir de plaisir. Il porta rapidement la main à son entrejambe, incapable de se retenir plus longtemps, mais Harry cessa aussitôt de le lécher.

— Interdiction de te toucher, les deux mains sur le matelas, gronda-t-il.

La perte de sensation et la frustration étaient insoutenables et il geignit lamentablement, remuant les fesses pour attirer de nouveau l'attention de Harry qui semblait l'avoir abandonné à son sort. Il jeta un regard par-dessus son épaule et constata que Harry avait un air concentré sur le visage et la main tendue vers la porte de la chambre. Une seconde plus tard, le tube de lubrifiant atterrissait dans sa main alors que l'afflux de magie sans baguette traversait Drago, provoquant un éclair de plaisir. Une autre seconde plus tard, une deuxième vague de magie le frappait, conjointement à une ferme pression à la base de son membre, le faisant se cambrer de plaisir.

— Qu'est-ce que… ?

— Ne flippe pas, c'est l'équivalent magique d'un cockring, répondit Harry avant de reprendre son activité buccale où il l'avait arrêtée.

Drago perdit toute notion du temps et de la réalité au fur et à mesure que Harry s'appliquait à le rendre fou de plaisir. Entre sa langue chaude et humide dans son intimité et ses mains qui ne cessaient de le caresser partout, il était perdu dans un maelstrom de sensations. Pouvait-on perdre la raison à être trop stimulé ? Probablement. Il découvrait tout un pan de la sexualité dont il ignorait tout, alors qu'il pensait pourtant ne pas être particulièrement prude, et même plutôt imaginatif, mais Harry rendait toute sensation décuplée.

L'envie de jouir l'avait pris aux tripes, et ne le lâchait plus, il avait l'impression qu'il allait mourir si Harry ne lui donnait pas plus. Sans même s'en rendre compte, il se mit à le supplier, alors que ça ne lui arrivait jamais. Il exigeait de ses amants, il demandait parfois, mais jamais il n'avait eu le besoin urgent de supplier pour être satisfait.

— Harry, s'il te plait, prends-moi… articula-t-il entre deux halètements.

Harry ne semblait pas vouloir être conciliant et poursuivait sa tâche, frustrant Drago au plus haut point. Le plaisir n'allait pas tarder à se transformer en douleur et il n'avait jamais été aussi dur de toute sa vie. Il répéta sa demande plusieurs fois, sans résultat, alors que ses muscles étaient tendus de plaisir à l'extrême. Il perdit alors patience et oublia toute idée de contrôle et de pudeur.

— BORDEL DE MERDE, TU VAS ME BAISER OUI OU NON, POTTER ? cria-t-il à l'intéressé en tournant la tête vers lui.

Harry se releva avec un large sourire sur les lèvres, l'enfoiré avait pris un malin plaisir à le rendre dingue. Mais il obéit promptement et Drago sentit un gel froid contre son entrée, provoquant un frisson, en même temps que le bruit d'une boucle de ceinture qui se défait et de vêtements qui tombent à terre. Il soupira de soulagement en sentant Harry s'enfoncer en lui et n'attendit pas un instant. Il se recula violemment pour se retrouver empalé jusqu'à la garde et agita les hanches pour faire coulisser Harry en lui. Le moment de surprise passé, ce dernier reprit le contrôle de la situation et le bloqua des deux mains sur les hanches.

— Reste immobile ! ordonna-t-il.

— Comme tu voudras, mais par pitié, baise-moi vite et fort, je n'en peux plus ! supplia Drago, espérant que Harry allait accéder à sa requête sans le faire encore plus languir.

Aussitôt, Harry se mit à le pilonner avec force et efficacité, à tel point que Drago dût s'agripper maladroitement à la tête de lit pour tenir le choc. Le léger changement d'angle qui en découla le fit hurler de plaisir, Harry stimulant désormais son point le plus sensible. Ce dernier fit remonter doucement l'une de ses mains le long du dos de Draco, le griffant légèrement, pour terminer sa course dans ses cheveux. La main se refermant sur les mèches blondes, brutalement, fit gémir Drago de douleur. Il s'aperçut aussitôt que celle-ci décuplait, si cela était encore possible, le plaisir intense qui ressentait. Le feu de la jouissance se répandait dans ses reins et son bas-ventre, sans pouvoir être soulagé. L'extrême plaisir devenait torture et il se mordit le bras, tentant d'étouffer ses cris.

Soudain, la pression du lien magique disparut. Instantanément, sans même que Harry le touche, un stupéfiant orgasme l'emporta dans un autre monde, tendant ses muscles presque au point de se rompre et lui ôtant la vision.

Sa vue revint progressivement et il sentit Harry se retirer pour s'allonger à ses côtés, tandis qu'il tentait vainement de reprendre son souffle et de faire obéir son corps flageolant. Ses articulations, blanchies d'avoir serré le bois de la tête de lit, se détachèrent difficilement et il s'affala sur le ventre dans un ultime gémissement. Il tourna la tête vers Harry pour l'observer. Le jeune homme brun luisait de transpiration et respirait rapidement, une expression de bonheur sur le visage, les yeux fermés.

Trois coups résonnèrent alors dans l'appartement et Harry se mit à rire.

— Je t'avais bien dit que trente minutes suffiraient.

— Je ne peux plus bouger le moindre muscle à cause de toi, espèce de pervers, va ouvrir. Et passe quelque chose avant d'y aller.

Harry rit de plus belle, passa langoureusement sa main sur le corps de Drago, de sa nuque à ses fesses, et se leva. Il mit ses lunettes, enfila son pantalon de survêtement qui traînait sur une chaise et se rendit dans l'entrée à pas mesurés. Il eut la présence d'esprit de s'essuyer vaguement le bas du visage à l'aide de son bras, faisant plus ou moins disparaitre les traces de salive qui maculaient ses joues. Trois nouveaux coups se firent entendre et Harry ouvrit finalement la porte sur Théodore. Il avait l'air vaguement mal à l'aise et les joues rouges.

— Salut Théodore. On est pas encore tout à fait près…

Théodore entra dans l'appartement en rougissant encore plus. Harry le laissa se débrouiller, après tout il avait l'habitude de venir chez Drago, et se rendit dans la salle de bain. Il était plus que temps de se préparer.

Drago vint le déranger quelques instants après qu'il se soit glissé sous le jet d'eau.

— Harry, il est onze heures cinquante, nous allons être en retard, déclara-t-il d'un ton sec.

— Tu peux partir devant avec Théodore. Ron et Hermione ne m'en voudront pas d'être en retard, ils ont l'habitude.

Harry entendit Drago grommeler et passa la tête au bord du rideau de douche pour le regarder. Il était parfait, comme s'il n'avait pas été épuisé, en sueur et à bout de souffle seulement cinq minutes plus tôt. La façon dont l'ancien Serpentard arrivait à passer ainsi d'un état à l'autre était stupéfiante. Il avait mis un jean et un pull à col en V, bleus marine, et une chemise blanche dont le col dépassait élégamment, le dernier bouton déboutonné. Ses magnifiques cheveux presque blancs étaient détachés et Harry devina que Drago les laisserait ainsi pour lui plaire. Il lui avait déjà dit qu'il aimait particulièrement les voir libérés de toute entrave, même si Drago les attachait systématiquement quand il travaillait.

— Tu sais que je vais me venger de ce que tu m'as fait, n'est-ce pas ? menaça-t-il Harry.

— Ose me dire que ce n'était pas l'une des meilleures baises de ta vie, Drago, et tu pourras te venger autant que tu voudras, répondit Harry, amusé, certain d'avoir raison.

— Tu… tu te donnes trop d'importance, Harry, répondit maladroitement Drago

Drago Malefoy qui perdait ses mots, c'était quelque chose que Harry ne regrettait pas d'avoir provoqué. Même si cela allait les mettre en retard et que ces fichus Serpentard détestaient ça.

— Pars devant, je te dis. De toute façon, il aurait été suspect que nous arrivions tous les trois ensemble, insista Harry. Je ne serais pas long.

Drago ressortit de la pièce et rejoignit Théodore au salon, toujours rouge comme un coquelicot. Il se demanda ce que son ami avait bien pu entendre de sa conversation avec Harry dans la salle de bain pour qu'il ait l'air si gêné.

— Bonjour Théo. Tout va bien ?

— Bonjour Drago.

Drago se chaussa et enfila sa cape, puis il prit la plante en pot qu'il voulait offrir à Hermione Granger. Ils descendirent dans la rue et se dirigèrent d'un bon pas vers le domicile du couple. Théodore resta particulièrement muet une bonne partie du chemin, suffisamment pour inquiéter Drago.

— Théo, je vois bien que quelque chose ne va pas. Tu as encore des doutes concernant Ginny Weasley ?

— Plus du tout. J'ai décidé de me ranger à vos avis et je vais la courtiser.

— Quel est le problème alors ?

— C'est le moment où je me suis décidé, et ce qui m'y a poussé, qui est un problème, répondit Théodore du bout des lèvres, manifestement gêné.

— Si tu pouvais t'expliquer, ça serait bien, parce que je ne comprends rien du tout.

Un moment passa, le silence devenant pesant. Chose très inhabituelle entre eux.

— Je suis arrivé sur ton palier en avance tout à l'heure. Et le moins qu'on puisse dire c'est que les murs ne sont vraiment pas insonorisés.

Drago pâlit. Il comprenait mieux le malaise de son ami s'il les avait entendus depuis le palier de l'appartement.

— Hem, longtemps en avance ? demanda Drago, inquiet, étant donné la manière dont il avait perdu toute cohérence et toute maitrise de lui-même dans la demi-heure précédente.

— Honnêtement ? Assez longtemps pour me filer une gaule de l'enfer. Merde, Drago, j'ai dû repartir chez moi pour régler le problème ! Je n'arriverais plus jamais en avance chez toi, plus jamais !

Drago éclata de rire.

— Depuis quand es-tu intéressé par les hommes, Théo ? M'aurais-tu caché des choses ? le taquina-t-il.

— Depuis jamais ! Mais ma vie sexuelle est un tel désert depuis des années — sans compter le Nouvel An — que n'importe quoi m'excite, c'est insupportable. Et vous deux ? Franchement, vous pourriez faire bander n'importe qui, même le plus hétéro des mecs. Tu avais sous-entendu qu'il était bon au lit, mais je ne pensais pas que c'était à ce point-là.

— Quel rapport avec Ginny Weasley ? poursuivit Drago, surpris par les propos de son ami, mais peu désireux d'approfondir le sujet de sa vie sexuelle avec lui. Il n'allait quand même pas lui dire qu'il venait de vivre la plus formidable partie de jambes en l'air de sa vie.

— Je n'ai pas la moindre envie de coucher à droite et à gauche et elle m'intéresse vraiment. Alors si j'ai même une petite chance avec elle, je vais la tenter. Je n'ai pas envie de terminer vieux et aigri, moi aussi je veux vivre ce que tu vis avec Harry.

Sur ces mots, ils arrivèrent finalement devant la porte de la petite maison de ville.

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Harry était évidemment arrivé en retard. Il n'aurait de toute façon pas pu être à l'heure cette fois-ci, puisqu'il sortait à peine de la douche à l'heure où il aurait dû arriver. Et il ne s'était pas pressé pour terminer de se préparer, prenant tout son temps, tergiversant de longues minutes devant le miroir : se raser ou ne pas se raser ? Finalement, il ne s'était pas rasé et avait décidé de tenter le look « barbe de trois jours » pour voir ce que Drago en penserait. Il l'entendait déjà râler que ça griffait, que ça piquait et que sa fragile peau d'albâtre allait souffrir. Pourtant il ne l'avait pas entendu se plaindre de sa barbe alors qu'il le léchait moins d'une heure plus tôt. En tout cas, il était arrivé avec plus de quinze minutes de retard, comme une fleur, ayant même pris le temps de fumer tranquillement juste devant la porte de ses amis.

Il s'était excusé auprès de Ron et ce dernier avait ri, précisant que des paris étaient en cours auprès des autres invités pour savoir à quelle heure il arriverait. Harry grimaça, il était certain que Drago devait être l'initiateur de ce stupide pari. Il prit alors un malin plaisir à saluer tous les invités pour terminer par Théodore et Drago, comme s'il ne les avait pas vus depuis plusieurs jours, alors qu'ils s'étaient quittés trente minutes plus tôt. Drago se vengea en lui chuchotant à l'oreille au moment où Harry lui faisait l'accolade.

— Tu ne perds rien pour attendre, Harry.

Harry ne doutait pas que Drago était sérieux et il ne put s'empêcher de rougir. L'échange ne manqua pas d'attiser la curiosité de Ginny, restée à proximité puisqu'elle discutait avec Drago et Théodore quand Harry était enfin arrivé.

— Harry, qu'est-ce que Malefoy a bien pu te dire pour que tu rougisses ainsi ?

— Rien de particulier, tenta Harry pour éluder la question.

— J'ai juste souligné que ce jean noir lui allait très bien, répondit alors Drago, un demi-sourire narquois aux lèvres.

Harry soupira en comprenant ce qui se passait. Drago ne lui faisait pas payer son insistance à s'envoyer en l'air avant de venir chez leurs amis, mais le fait qu'il refusait de parler de leur relation. Harry savait que Drago l'aimait dans ce jean, il avait fini par le lui avouer un soir. Il n'allait quand même pas avoir l'audace de le draguer devant tout le monde, si ?

— Ne rougis pas Harry, Malefoy a raison, insista Ginny, qui semblait amusée de la situation.

Au même moment, ils furent invités par Ron et Hermione à venir s'installer à table. Hermione prit le temps de leur indiquer leurs places avant de s'assoir péniblement elle-même en bout-de-table, son ventre rond limitant son aisance à se déplacer.

Harry avait accueilli avec soulagement cette intervention fortuite, espérant que Drago allait s'en tenir là et ne tenterait rien de plus avant la fin de la journée. En le voyant s'assoir avec souplesse et élégance en face de lui, Harry eut un mauvais pressentiment. À sa gauche se trouvait Ginny, elle-même en face de Théodore, puis Ron et Hermione à leurs côtés. À sa droite, les hôtes avaient installé George qui faisait face à sa femme. Neville et Luna avaient décommandé à la dernière minute, la jeune femme étant trop épuisée par sa grossesse pour se déplacer.

Ron fit tout le service du déjeuner, aidé par Ginny. Hermione avait l'interdiction de bouger de sa chaise. Elle avait voulu apporter des plats, mais l'ensemble des convives lui avait intimé de ne pas se fatiguer. La petite tablée commençant à se faire à la présence régulière des anciens Serpentard dans leur groupe, le repas se passait à merveille.

Alors qu'Angelina discutait avec Drago, George se fit un devoir de prendre des nouvelles de Harry, lui demandant s'il allait bien, essayant de savoir s'il y avait du nouveau dans sa vie sentimentale. Harry se doutait bien qu'une discussion de ce type allait finir par lui tomber dessus, puisqu'ils avaient abordé le sujet au Nouvel An.

— Tu as suivi mon conseil, Harry ? s'enquerra-t-il.

— Tout ce que je peux te dire, c'est que ça suit son cours.

— Ah ! Donc tu vois quelqu'un ?

— Hem, heu, oui, avoua Harry d'une toute petite voix.

— Qui est-ce ?

— George, je préfère ne pas en parler… C'est très récent.

Harry avait tenté de répondre le plus doucement possible, pour ne pas attirer l'attention de Drago. Il se rendit rapidement compte qu'il n'avait pas été suffisamment discret quand un objet relativement solide lui frôla les chevilles. Il ne s'en inquiéta pas immédiatement, pensant à Pattenrond qui devait certainement rôder sous la table. Cependant, quand l'objet en question remonta jusqu'à son genou, il fut certain qu'il ne pouvait pas s'agir du chat. Un coup d'œil au-dessus des verres lui suffit à confirmer que l'ancien Serpentard était coupable. Et pourtant il semblait ne rien laisser paraître, excepté ce très léger rictus sur ses lèvres, alors même que toute son attention semblait portée vers sa voisine de table.

— C'est quelqu'un qu'on connaît ? insistait encore Georges.

— Je préfère rester discret, si ça ne te dérange pas, répondit Harry d'une voix légèrement étranglée alors Drago avait trouvé le moyen de passer son pied déchaussé sur son entrejambe et avait entrepris de le masser.

George cessa son interrogatoire, au grand soulagement de Harry, qui avait peur que quelqu'un d'autre à table prenne part à la conversation. Il aurait du mal à éluder les questions de plusieurs personnes s'intéressant à sa vie personnelle. Chacun de ses proches savait plus ou moins quel genre de vie il avait menée depuis sa rupture avec Ginny et ils avaient tous essayé à un moment ou à un autre de le ranger. S'ils savaient qu'il voyait quelqu'un, il était fichu.

Alors que Harry prenait part à la conversation qu'entretenaient Ginny et Théodore, à propos des Harpies de Holyhead, il réfrénait tant bien que mal les images qui lui venaient en tête. En effet, Drago avait apparemment décidé de le faire souffrir en le masturbant discrètement avec son pied, au nez et à la barbe de la tablée. Harry avait bien tenté de passer l'une de ses mains sous la nappe pour se protéger et repousser l'intrus, mais il avait besoin de ses deux mains pour manger. Son appétit finit par être coupé et il se força à ôter de son cerveau toute idée pouvant aggraver son état de tension sous la ceinture.

La tête complètement ailleurs, il n'entendit pas qu'on lui parlait. Il avait abandonné son assiette et placé ses mains comme bouclier, s'infligeant d'horribles souvenirs pour débander. La main Ginny sur son épaule le fit violemment sursauter tandis que l'ensemble des convives le dévisageait.

— Harry, tout va bien ? s'inquiéta Hermione.

— Oui, heu, j'ai une crampe dans la cuisse, répondit-il, rougissant de honte.

Si seulement ses amis savaient la vérité… Harry lança un regard noir à Drago, qui montrait une expression inquiète, similaire à celle qu'affichaient les autres. Un véritable comédien ! Harry profita de l'occasion pour s'excuser et sortir de table, prétextant le besoin de marcher pour délasser ses muscles. Personne ne sembla repérer que sa démarche tordue n'était absolument pas due à une simple crampe musculaire. Il s'enfuit le plus vite possible dans un couloir.

À table, tout le monde se regardait, perplexe. Ginny dédramatisa la situation, créant sans le vouloir une parfaite excuse à Harry. En tant que sportive, au même titre que son ex-petit ami, elle expliqua que les crampes musculaires étaient fréquentes à cause de l'entraînement intensif, et qu'il était probable que Harry ne s'hydratait pas assez. Comme il mettait un certain temps à revenir, Ron demanda si quelqu'un pouvait se dévouer pour aller voir si Harry n'avait pas besoin d'aide, pendant qu'il débarrassait la table avec Ginny. Drago sauta aussitôt sur l'occasion, invoquant ses connaissances en potions, et donc en anatomie — pour connaître les effets des potions sur les gens, il fallait aussi connaître la physiologie normale et l'anatomie —, et il quitta rapidement la table.

Depuis le salon, Ginny, Théodore, Hermione, George, Angelina et Ron entendirent Drago s'éloigner. Il sembla errer un moment dans les couloirs avant de trouver Harry, le bruit de ses pas résonnant plus ou moins fort. Chacun d'entre eux sut très exactement à quel moment il retrouva le convive absent.

— Putain Drago, tu veux ma mort ou quoi ? entendirent-ils provenir du premier étage.

Personne ne put percevoir la réponse de l'ancien Serpentard, qui n'avait pas jugé utile de crier. Ron, revenant de la cuisine avec les assiettes à dessert, se figea, dans l'attente d'une suite. Les conversations à table s'étaient arrêtées d'elles-mêmes. Même si aucun d'entre eux ne l'aurait admis, ils mourraient d'envie de savoir ce qu'il y avait entre ces deux-là pour provoquer ainsi la colère de Harry. Une colère peu compréhensible, puisque les deux anciens ennemis d'école avaient noué une amitié récente, mais très solide. Seul Théodore se doutait que cela devait avoir un rapport avec leur relation amoureuse clandestine.

— T'es vraiment con ! lâché par Harry les fit sursauter.

Il avait apparemment des choses à reprocher à Drago. Mais impossible pour eux de savoir quoi puisqu'ils n'entendaient distinctement qu'une phrase sur deux.

— J'ai pas besoin de toi !

Un bruit sourd accompagna cette déclaration de Harry. Quelque chose, ou plus vraisemblablement quelqu'un, venait de percuter un mur ou une porte. Un instant plus tard, une porte claqua au-dessus de leur tête. Les hôtes et convives percevaient encore un bruit de fond, probablement une discussion houleuse, mais plus rien d'intelligible. Ils avaient dû s'enfermer dans une pièce. Ron et Hermione devinèrent qu'il s'agissait de la salle d'eau, relativement éloignée du salon, sinon ils en auraient entendu bien plus, l'insonorisation de leur maison n'étant pas idéale.

Le silence revint et s'installa. Plus le moindre bruit en provenance de l'étage. Ils se regardèrent et Ron haussa les épaules. Il reprit sa tâche où il l'avait laissée et les conversations emplirent de nouveau le salon jusqu'à ce qu'un juron sonore éclate au-dessus de leurs têtes. Un instant plus tard, le bruit de fond de discussion reprit à l'étage, ainsi que du mouvement et après quelques minutes Drago les rejoignit, tout sourire.

— Le problème est résolu, annonça-t-il avec flegme en se rasseyant à sa place.

— Malefoy, que s'est-il passé ? osa demander Ginny, le reste de la table pendue à ses lèvres.

— Je crois que Harry n'aime pas les compliments, répondit-il avec un naturel désarmant.

Aucun d'eux ne comprit cette phrase et leur curiosité dévorante venait d'être un peu plus attisée. Harry revint à table peu de temps après avec un air plus détendu. Pourtant, personne ne manqua le fait qu'il fusilla Drago du regard en se réinstallant.

— Tu sais, Malefoy, Harry peut être timide parfois. Il ne faut pas hésiter à le bousculer un peu, déclara soudain Hermione.

Le message sibyllin passa hors de portée des invités, excepté pour son destinataire. Hermione venait de faire comprendre à Drago qu'elle n'était pas dupe, qu'elle avait compris leur petit manège et qu'elle se rangeait à sa cause. Harry n'adressa plus la parole de tout le repas à son vis-à-vis qui ne sembla pas s'en offusquer, à la grande surprise de chacun.

Tout ce petit monde quitta les lieux en fin d'après-midi et Hermione observa par la fenêtre que Ginny et Théodore partaient ensemble, tandis que Harry et Drago avaient décidé de reprendre leur dispute à peine sortis de la maison. Pourtant ils se dirigeaient dans la même direction et à la même allure, presque coordonnée, très proches l'un de l'autre, presque trop proches pour de simples amis.


Voilà, ce chapitre est terminé, j'espère qu'il vous a plu.

J'attends vos retours avec impatience !

A la semaine prochaine, où nous resterons dans le temps présent, avec un chapitre important pour le couple.

:)