Il faut vraiment que je me mette un coup de pied au cul et que j'arrête de tirer au flanc pour ENFIN finir cette fic. Ça fait plus de quatre ans qu'elle est commencée, damn !
Surtout que ça fait des mois que ce chapitre n'attendait plus que les finitions !
Incertitudes
Squall leva la tête en entendant un bruyant remue-ménage à l'extérieur de son bureau. Puis, la porte s'ouvrit en claquant et plusieurs Seeds s'introduisirent dans la pièce, suivis de Zell et Irvine. Le blond avait une ecchymose sur le visage, comme s'il s'était cogné. Squall les fixa, agacé par l'intrusion, et Quistis, qui classait des papiers près de lui, se redressa.
« Qu'est-ce qui se passe ? demanda Squall d'une voix polaire. J'espère que vous avez une bonne raison pour ce dérangement.
– Nous avons trouvé messieurs Dincht et Kinnéas évanouis sur la lande, intervint un des Seeds. Lorsque nous les avons réveillés, ils ont refusé de nous dire ce qui leur était arrivé. Ils veulent vous parler de toute urgence.
– Et seuls, » le coupa Irvine, une impatience inhabituelle dans la voix.
Squall fronça les sourcils. Il se passait quelque chose, il le savait, Irvine et Zell étaient incroyablement agités et nerveux. Ils avaient même l'air de chiots perdus. Quistis s'était avancé jusqu'à Zell et soignait sa blessure avec un léger soupir. Zell trouvait toujours le moyen de se blesser et Quistis était lasse de soigner chacune des égratignures qu'il se faisait quotidiennement.
« Mais comment tu t'es fait ça ? soupira la jeune fille.
– En tombant. Quand… quand je me suis évanoui. »
Zell ne disait pas toute la vérité et son omission était clairement visible. Irvine regardait droit devant lui, le visage figé dans un masque dur, et Squall fit signe aux autres de partir avant de se tourner à nouveau vers eux.
« Bon. Il se passe quoi, maintenant ?
– On peut attendre Selphie, Fujin et Raijin ? demanda Irvine en se frottant la nuque. On leur a dit de venir, ils ne devraient plus tarder maintenant. »
Squall pinça les lèvres, très pâle et vraiment furieux, mais Irvine ne recula pas. Un malaise s'installa dans la pièce tandis que personne ne parlait. Quelques minutes plus tard, le silence fut brisé lorsqu'on toqua à la porte et que les trois attendus se montrèrent.
« Booyaka ! s'exclama Selphie avec un sourire. Alors, pourquoi on est là ?
– Irvine et Zell ont été retrouvés évanouis sur la lande, les informa Quistis. Ils ont quelque chose à nous dire.
– Evanouis ? demanda la brune. C'est sans doute un rêve que nous a envoyé Ellone, non ? Seifer doit être la troisième personne qu'Ellone a contactée, non ?
– Ce n'était pas un rêve d'Ellone, » intervint Zell qui se mordait les lèvres, très mal à l'aise. Le garçon ressemblait à un chiot abandonné à qui quelqu'un venait de donner un coup de pied. « Irvine, tu racontes ?
– On se promenait sur la lande et on a croisé Seifer. C'est elle qui nous a assommés.
– Tu plaisantes ? »
Le cri de Raijin avait retenti dans le silence stupéfait des autres. Le sourire de Selphie se décomposa sur ses lèvres tandis qu'elle ouvrait de grands yeux. Tout le monde dévisagea Irvine et Zell mais ils avaient l'air mortellement sérieux et tout aussi perdus qu'eux. Seifer les avait assommés ? Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui se passait ?
« Seifer a assommé Irvine d'une manchette, continua Zell, puis elle m'a jeté un sort de sommeil. Je me suis cogné la tête en tombant, c'est pour ça que j'avais un bleu. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais…
– Elle était avec une autre fille, » les renseigna Irvine. Il était très pâle et quand il leva la tête pour regarder Squall, ses yeux étaient désespérés et pleins de douleur. « Cette fille, j'en suis sûre, elle faisait partie de la GGU. Seifer nous a attaqués quand je l'ai reconnu. »
Il y avait un accent de désespoir et de chagrin immense dans la voix d'Irvine. Il n'était pas difficile de deviner ce que pensait le garçon, ce qu'il n'osait pas dire, et d'additionner deux plus deux, à ce niveau. Seifer était passée du côté de Galbadia, mais pourquoi ? Comment ? Ce n'était pas possible que Seifer les trahisse !
Squall se rassit lourdement à son fauteuil, les jambes fauchées par la réalisation. Jusque-là, il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était levé au milieu de la discussion. Il se sentait gelé jusqu'aux os par la nouvelle. Il aurait dû voir, comprendre… Seifer ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'était passé ? Seifer ne pouvait pas les trahir, c'était Seifer, elle ne pouvait pas partir comme ça, chez l'ennemi ! Elle devait rester ici, c'était son rôle, elle ne pouvait pas l'avoir trahi.
« Elle était étrange, ce matin, » s'entendit-il dire et c'était comme si quelqu'un d'autre avait parlé à sa place, il ne reconnaissait même pas sa propre voix. Il reçut plusieurs regards préoccupés mais il les ignora.
« Oui, je me souviens, elle avait une drôle de démarche, un peu raide, se rappela Quistis.
– C'est bizarre, remarqua Zell en fronçant les sourcils, c'était la même chose quand on l'a croisé. Et puis, elle avait des yeux bizarres, elle avait le regard vachement fixe et les pupilles dilatées et elle ne clignait pas des yeux. C'était flippant.
– Le regard fixe, comme si elle était droguée ? demanda Raijin. Tu vois le genre ?
– Et tu as dit qu'elle t'avait lancé un sort pour t'assommer, intervint pour la première fois Fujin. Ce n'est pas son genre, elle ne ferait jamais ça.
– Donc, elle aurait été droguée ? s'interrogea Squall. Ça ne tient pas la route, elle n'aurait jamais eu la concentration de lancer un sort si elle était droguée…
– Parce que tu vois une autre explication ? s'énerva Selphie, au bord des larmes. Seifer ne peut pas nous trahir, elle ne le ferait jamais ! Jamais ! »
Squall baissa la tête et refusa de regarder les autres. Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus rien ! Il pensait comme Selphie, Seifer ne les aurait jamais trahis, c'était impossible, mais elle l'avait fait ! Elle avait attaqué Zell et Irvine et était parti avec un de leurs ennemis. Squall aurait voulu nié les évidences mais elles étaient bien là, juste devant lui. Il serra les dents, un goût amer aux lèvres. Il avait l'impression qu'il n'arrivait plus à respirer et plus personne ne parlait.
« Je suis sûr qu'il y a une explication à son comportement, fit Irvine. Je suis d'accord avec Selphie, Seifer ne peut pas nous avoir trahis, pas de son plein gré. Il y a forcément autre chose. Je veux croire en Seifer.
– Je crois aussi en elle, » ajouta Zell. Tout le monde le regarda et il se frotta la tête, un peu gêné. « Je sais, je m'entends pas bien avec elle, on se dispute tout le temps. Elle me soûle grave mais la trahison, c'est pas son truc. Je sais pas ce qu'elle a mais j'ai confiance en elle. Et puis, comme Fujin l'a dit, c'est pas son genre non plus de jeter des sorts. On le sait tous, elle aime pas la magie. »
Les autres eurent un petit sourire aux mots maladroits de Zell mais Squall avait une immense boule dans la gorge et n'osait pas parler. Il ne savait pas quoi dire. Il avait confiance aussi en Seifer, il avait toujours eu une immense confiance en elle mais… Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi ne lui avait-elle rien dit si elle avait eu des problèmes, si quelque chose n'allait pas ?
Squall eut l'impression que son cœur se transformait lentement en glace. Seifer avait essayé de lui parler, la veille, mais… Il l'avait renvoyé. Son visage dût le trahir car les autres se tournèrent vers lui.
« Squall, tu vas bien ? demanda Selphie, d'une voix rendue désagréablement aigue par la panique.
– Hier, Seifer a voulu me parler. » Il ferma un instant les yeux, consterné devant l'ampleur de son erreur. « Elle avait des choses à me dire, à propos de Linoa et de Drace. Mais je me suis énervé quand elle a parlé de Linoa et j'ai refusé de l'écouter.
– C'était donc à propos de Linoa que vous vous disputiez quand je suis arrivée ? l'interrogea Quistis avec douceur.
– Oui. Je… J'étais frustré, furieux de voir que Linoa ne se réveillait pas. J'étais en colère contre Seifer, parce que c'était facile de lui mettre la responsabilité du coma de Linoa sur le dos.
– Parce que tu penses vraiment que c'était sa faute ? siffla Fujin, brusquement furieuse. Comment tu as pu lui dire ça ? Tu ne penses pas qu'elle ne culpabilisait pas déjà assez ? »
Raijin posa la main sur le bras de son amie, pour la calmer un peu et parce qu'elle paraissait à deux doigts de sauter sur Squall pour le lacérer, ce qui n'arrangerait en rien la situation. Mais dans ses yeux, il y avait la même colère. Squall avala difficilement sa salive.
« Je sais que c'était une erreur, répliqua-t-il en foudroyant Fujin du regard. Que si Linoa vous a faussé compagnie dans la pagaille de la bataille, ce n'était pas votre faute et encore moins celle de Seifer. La seule responsable, c'était elle-même. Mais en fait, c'était moi qui me sentais coupable et qui refusait de le reconnaître. »
Son aveu eut au moins le mérite de dissiper la colère de Raijin et de Fujin. Quistis lui pressa doucement l'épaule, pour lui signifier son soutien, et les autres lui sourirent un peu tristement.
« Si elle voulait te parler de Drace, proposa Selphie d'une voix hésitante mais avec une pointe d'espoir, c'est peut-être parce qu'il l'a forcé à nous trahir ? Je ne sais pas comment, mais c'est possible, hein ? Pas vrai ? »
Squall se mordit les lèvres et vit Quistis, ainsi que Fujin et Irvine, faire de même. Un tel scénario était improbable et c'était douloureux de voir Selphie se raccrocher au moindre espoir, à la moindre possibilité qui signifierait que Seifer ne les avait pas trahis, pas volontairement du moins. Puis, Quistis prit une tête pensive et enroula une boucle de cheveux autour de son index, comme elle le faisait souvent quand elle réfléchissait.
« L'hypothèse de Selphie est peut-être possible, vous savez. Je veux dire, expliqua-t-elle, Ultimécia a bien réussi à envoûter notre gouvernante et elle est sans doute responsable du coma de Linoa. La nécromancienne a très bien pu ensorceler aussi Seifer, bien que les raisons m'échappent.
– Nous réglerons le problème de Seifer plus tard, décida Squall après un temps de réflexion.
– Comment tu peux dire ça ? Tu t'en fiches donc, de ce qui lui arrive ? l'accusa Selphie.
– Non ! » L'exclamation de Squall résonna étrangement fort dans la pièce et fit taire les protestations sur les lèvres des autres. « Je me soucie d'elle. Mais pour le moment, nous n'avons pas assez d'informations pour savoir ce qui lui est passé par la tête, déclara-t-il d'un ton sec. Si nous continuons à faire des hypothèses, nous allons perdre du temps à discuter et à nous en rendre malade. Seifer doit déjà être très loin d'ici, en plein territoire galbadien. La meilleure solution pour le moment, c'est d'essayer de savoir ce que la sorcière et Drace vont faire. Il n'y a pas d'autre moyen de retrouver Seifer.
– Je suppose que tu as raison, soupira Irvine en passant une main dans ses cheveux. Mais que faisons-nous, maintenant ? Nous n'avons aucune idée de ce qu'Ultimécia veut faire ou de comment aider Seifer. Devons-nous juste attendre qu'un événement nouveau arrive ? Je ne veux pas être pessimiste ou défaitiste mais j'avoue ne pas savoir quoi faire. »
Le jeune homme avait juste l'air tellement triste, tellement perdu que Selphie sentit son ventre se tordre et elle alla se jeter dans ses bras pour lui faire un câlin. Les bras d'Irvine se resserrèrent autour d'elle, très fort, et elle sentit un baiser sur son front. Elle entendit derrière elle quelqu'un se raclait la gorge et elle se dégagea de l'étreinte, un peu à regret. Fujin venait de tousser mais ce n'était pas l'embrassade qu'elle critiquait.
« Puisqu'on ne sait pas quoi faire pour le moment, on peut toujours essayer de savoir pourquoi Ultimécia est venue ici. Votre gouvernante a peut-être des informations.
– Ce serait une bonne piste de départ, acquiesça Quistis. Ce n'est pas comme si on n'avait quelque chose à perdre pour le moment, ajouta-t-elle.
– Nous irons demain, décida Squall en regardant par la fenêtre. Il est trop tard ce soir pour aller voir la gouvernante. »
Il y eut des soupirs mais personne ne protesta. Néanmoins, avant de quitter la pièce, Quistis se tourna vers Squall, avec un air douloureux sur le visage.
« Est-ce que je dois inscrire Seifer sur la liste des déserteurs ? se renseigna-t-elle, d'un ton qu'elle voulait professionnel mais qui était complètement cassé, désespéré.
– Non, » répondit immédiatement Squall en secouant la tête, d'une voix un peu trop forte pour être parfaitement maîtrisée. Puis il se reprit et ajouta de manière plus naturelle. « Pas tout de suite. Attends une semaine, c'est la procédure. »
Quistis eut un petit sourire crispée puis sortit.
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Malheureusement, la gouvernante ne put rien leur apprendre. Oui, il était possible qu'Ultimécia est envoûté Seifer, les pouvoirs d'une nécromancienne connaissaient peu de limite, mais Edéa ne pouvait en être sûre, pas sans examiner Seifer.
« Néanmoins, ne vous découragez pas, les réconforta-t-elle avec un doux sourire. Si Seifer est réellement envoûtée, Ultimécia ne pourra sans doute pas la contrôler longtemps. Sa capacité à contrôler un esprit extérieur fonctionne difficilement sur une personnalité forte et Seifer a certainement du caractère. Je crois qu'elle arrivera, lorsqu'Ultimécia relâchera son contrôle, à se libérer et à venir vous rejoindre. J'ai confiance en elle. »
Les adolescents se forcèrent à sourire. C'était mieux que rien, mais ça ne les soulageait pas vraiment.
« Et, est-ce que vous savez pourquoi Ultimécia voulait venir ici ? lui demanda Squall.
– Je l'ignore, soupira Edéa. Mes souvenirs sont très flous, j'ai de longues périodes d'absence et le peu de connaissances que j'ai est terriblement embrouillé. La seule chose que je peux vous dire, c'est qu'Ultimécia cherchait ici un grand pouvoir, sur le continent Centra. Elle a beau le nier, elle redoute terriblement les Seeds, surtout toi, Squall. Elle vous craint car à chaque nouvelle rencontre, vous êtes plus puissants. Elle cherche une arme pour que son chevalier puisse vous vaincre. Je suis désolée, je voudrais vous aider plus mais je ne peux guère faire grand-chose. »
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Irvine était assis sur une digue, au bord de l'océan, et regardait l'horizon. Les vagues s'écrasaient près de ses pieds, le trempaient par moment, mais il ne s'en souciait pas. Il faisait distraitement passer d'une main à l'autre une petite pierre mais ses pensées étaient très loin de là. Un mouvement près de lui le fit sursauter et il tourna la tête pour voir Quistis s'asseoir à son côté. La jeune femme eut un léger sourire mais ça ne cachait pas son air fatigué et les cernes sous ses yeux.
« Hey, souffla Irvine avec une tendresse certaine. Qu'est-ce que tu fais là ?
– Je voulais sortir un peu prendre l'air. Selphie et Zell s'occupent comme ils peuvent et organisent des courses avec les enfants dans la BGU pour les distraire. Je ne me sentais pas la force de les supporter tout cet après-midi.
– Tu n'as pas l'air d'aller bien.
– Je le sais pertinemment. » Elle eut un petit rire saccadé, un peu sarcastique mais amusé quand même. « Si ça peut t'intéresser, tu as une mine bien pire que la mienne. »
Irvine hocha la tête mais sans sourire. Quistis posa sa main sur son épaule.
« Je sais à quel point tu étais proche de Seifer. Si tu veux en parler, je suis là.
– C'est juste que c'est… Je… C'est juste pas possible ! » cria brusquement Irvine en se levant d'un bond, bousculant Quistis. D'un geste rageur, il jeta la pierre le plus loin possible dans l'océan avant de tourner la tête vers le ciel et de pousser un hurlement déchirant. Quistis se mordit les lèvres et plissa les paupières, fort au point d'en avoir mal, pour ne pas pleurer devant ce cri de pure douleur. « Pourquoi elle est partie ? gémit-il en regardant Quistis, les yeux brillants de larmes qu'il n'essayait pas retenir. C'est… Elle est… Pourquoi elle ne m'a pas parlé ? Pourquoi elle ne m'a pas fait confiance ? Je l'aurais pas jugé, j'aurais fait n'importe quoi pour l'aider ! »
Quistis se leva et le serra très fort dans ses bras. Irvine était beaucoup plus grand qu'elle, elle lui arrivait à peine plus qu'à l'épaule et, pourtant, qu'il lui semblait petit à cet instant ! Elle le sentit trembler contre elle puis il lui rendit son étreinte et enfouit son visage dans son cou. Elle le serra plus fort contre elle lorsqu'il commença à pleurer à grosses larmes.
« Je ne sais pas ce qui est arrivé, murmura Quistis en lui caressant les cheveux et le dos pour le réconforter. Mais je sais que tu l'aimes de toutes tes forces. Même un aveugle pourrait voir à quel point elle est importante pour toi et à quel point tu étais important pour elle. Elle t'aimait, je n'en ai pas le moindre doute.
– Mais alors, pourquoi ?
– Je n'en sais rien, avoua-t-elle avant de poser un baiser dans les cheveux de l'adolescent en pleurs. La seule chose dont je suis sûre, c'est que son départ n'est absolument pas de ta faute. Elle savait que tu l'aimais, tu n'as jamais été le problème. »
Le corps d'Irvine fut encore secoué par des sanglots violents et Quistis sentit à son tour des larmes dévaler le long de ses joues. Le départ de Seifer leur brisait à tous le cœur.
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Squall se sentait frustré. Leur discussion avec Edéa ne leur avait pas appris grand-chose. Sans grande conviction, il avait envoyé plusieurs groupes sillonner le continent de Centra. Ceux qui avaient eu les quadrillages les plus proches n'avaient rien trouvé et Squall attendait que les dernières équipes, dépêchées plus loin, rentrent.
Il se mordit la lèvre et serra les poings en regardant le soleil se coucher à l'horizon. Ça faisait deux jours que Seifer était partie. Linoa ne se réveillait toujours pas. Ils n'avaient aucune idée des projets d'Ultimécia, ni aucune piste à suivre. Ils faisaient du surplace. Et dire qu'ils pensaient avoir franchi un pas décisif en battant la sorcière dans la GGU, tout ça pour apprendre qu'ils ne voyaient jusque-là que la partie visible de l'iceberg !
Seifer… Qu'est-ce que tu fais maintenant ? Où tu es ?
Le plus terrible, c'était la culpabilité. Il n'avait pas pu protéger Linoa, alors qu'il avait promis à la jeune fille que rien ne lui arriverait. Il était aussi responsable du départ de Seifer. Cid l'avait nommé chef, mais quel genre de chef était-il, lui qui n'arrivait même pas à protéger les siens ?
Siens… C'était la première fois qu'il pensait aux autres de cette manière. Avant, il mettait toujours une différence entre lui et les gens. Il ne le faisait plus, il ne le pouvait plus. Ces dernières semaines l'avaient forcé à s'ouvrir aux autres personnes, à nouer des liens pour pouvoir survivre, parce qu'il avait appris qu'il ne pouvait pas se battre seul. Seifer ricanerait bien, si elle était là pour l'entendre à présent. Squall imaginait très bien le commentaire sarcastique de la Seed. Il voulait entendre ce commentaire. Il n'aurait jamais imaginé ça, mais sa présence lui manquait. Seifer avait toujours été près de lui, à le pousser dans le dos quand il hésitait, à le titiller pour lui donner l'énergie de se battre quand il en manquait. Il ne l'avait jamais réalisé mais il avait besoin de l'ardeur de son amie pour avancer.
Il donnerait n'importe quoi pour que Seifer revienne maintenant. Ça faisait deux jours qu'elle était partie. Dans cinq jours, une semaine se serait écoulée depuis son départ, et la BGU considèrerait officiellement sa fuite comme une désertion. Squall ne voulait pas marquer son nom dans la liste noire de l'université mais il y serait forcé par son rôle de chef. Encore une fois, nom d'Hyne, pourquoi Cid lui avait donné une telle responsabilité ?
Pourquoi Seifer était partie ? Pourquoi elle avait rejoint la sorcière ? Ce n'était même plus Edéa, la gouvernante, qu'elle aurait pu vouloir aider. C'était une étrangère, une inconnue. Et Seifer haïssait Drace, elle n'aurait rien voulu faire près de lui et encore moins travailler avec lui. Ils avaient manqué quelque chose mais quoi ? Il devait y avoir une bonne raison derrière le départ de Seifer, la jeune fille n'était pas folle (enfin, si, un peu, mais leurs vieilles disputes n'étaient plus d'actualité), pourtant Squall n'arrivait pas à voir cette raison. Tout ce qu'il pouvait voir pour le moment, c'est le vide que Seifer avait laissé en quittant leurs vies, l'incompréhension dans les regards de Selphie et de Zell, les cernes sous les yeux de Quistis, l'air perdu de Fujin et Raijin et la tristesse sur le visage d'Irvine.
Seifer, reviens vite.
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Le cinquième jour, la dernière équipe revint en annonçant avoir trouvé d'étranges ruines en plein cœur du continent Centra. C'était le seul élément découvert jusque-là qui pourrait avoir attiré la nécromancienne. Quistis, sur ses ordres, fouilla les archives de la BGU à la recherche d'indices sur ces ruines bien peu de choses y étaient consignées. En soupirant, elle indiqua à Squall que ces vestiges étaient extrêmement anciens et que, selon les vieilles légendes, ils étaient la dernière demeure d'un roi-magicien.
« Je suis désolée, j'aurais aimé t'être plus utile.
– Je ne vois pas en quoi c'est ta faute si nos archives ne sont pas assez fournies, répliqua Squall en secouant la main comme pour mieux chasser les reproches que Quistis se faisait. Nous n'avons aucune autre piste. Nous partons demain matin pour l'explorer. Va prévenir les autres. »
La jeune femme hocha la tête, regrettant de ne pouvoir aider mieux Squall et s'attristant de la sécheresse dans la voix de son ami. Seifer était partie et sa petite famille s'effondrait dans le vide creusé par son absence. Quistis faisait de son mieux pour soutenir ses camarades mais leur groupe ressemblait à une maison aux fondations mal faites. Maintenant qu'une pièce avait disparue, les autres vacillaient et risquaient de s'écrouler à tout moment. Jusqu'à présent, Quistis n'avait aucune idée à quel point sa vie reposait sur des bases fragiles, si fragiles qu'elles menaçaient à présent de tomber en miettes au moindre choc.
OoOoO
Les ruines se distinguaient de loin, dans cette plaine aride où seules les mauvaises herbes arrivaient à pousser sur un sol dur. Des colonnes brisées accueillirent le petit groupe au bout d'une allée bordée d'arbres morts. Selphie sentit un frisson la parcourir et elle accéléra le pas pour se rapprocher d'Irvine et de Quistis. Enfin, ils arrivèrent devant un porche surmonté d'un fronton gravé d'un emblème qu'elle ne reconnaissait pas mais qui devait être très vieux. Elle se déboîta presque le cou pour regarder la sculpture et Quistis sourit.
« Si tu te poses la question, c'est le blason d'une ancienne famille royale, qui régnait sur ces terres il y a des siècles.
– Oh ! »
Selphie lança encore un coup d'œil curieux au fronton avant de suivre les autres et de franchir la porte. Soudain, alors qu'ils passaient sous l'arc de pierre, une voix retentit.
« Mon nom est Odin. »
Surprise, elle regarda autour d'elle mais il n'y avait personne. Ses amis s'étaient tendus aussi et avaient, par réflexe, saisi leurs armes. Rien ne se passa et ils finirent par se détendre un peu.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? murmura Zell, peu rassuré.
– Je ne sais pas, avoua Quistis. Les archives n'indiquent presque rien sur cet endroit.
– C'est peut-être un fantôme, proposa Irvine en se tournant vers Squall. Tu sais, comme dans la tombe du Roi Inconnu. »
Leur chef hocha la tête sans rien dire et Selphie retint un soupir. Fantôme ou pas, elle n'aimait pas cet endroit, il était sinistre ! Les autres ne semblaient pas l'aimer beaucoup plus et ils avancèrent prudemment sur un large escalier en pierre qui les mena à la base d'une large tour, colossale. La porte d'entrée était immense et Selphie se pencha en arrière pour mieux en estimer la hauteur. Elle faisait bien cinq, six, voire peut-être plus, mètres de haut et l'entrée était petite par rapport au reste du bâtiment ! Des colonnes imposantes encadraient la porte et montaient bien plus haut, pour atteindre un palier dans le bâtiment. Rien que cette vue suffisait à donner le tournis à la jeune fille.
« J'espère qu'on ne devra pas monter toute cette tour à pied ! J'ai les jambes qui me font mal rien qu'à l'idée. »
Son soupir amena un rire sur les lèvres de Zell et un sourire sur celles de Quistis et Irvine. Selphie se sentit sourire à son tour, heureuse de voir les autres s'amuser un peu. Les occasions d'être joyeux étaient si rares depuis quelques jours ! Puis Squall grimpa les marches du perron et ils le suivirent, redevenant sérieux. Ils arrivèrent dans une salle large éclairée par des torches (pourquoi est-ce qu'elles étaient allumées, d'ailleurs ? Est-ce que c'était de la magie ?) et de larges fenêtres très hautes sur la voute qui laissaient entrer des flots de lumière. Quistis regardait d'un air émerveillé autour d'elle et Selphie, qui n'était pas une grande amatrice d'art, était aussi subjuguée par la beauté de l'architecture et des grands arcs qui soutenaient les murs, tous gravés d'une infinité de rinceaux végétaux et d'animaux fabuleux qui s'entrelaçaient avec le décor de fleurs et de feuilles. C'était magnifique. Squall lui-même dut secouer la tête pour se reprendre et mener le groupe. Ils grimpèrent sur un petit escalier et arrivèrent sur une plate-forme. Un grincement se fit entendre et ils s'entreregardèrent, indécis. Soudain, le sol sous leurs pieds se mit à trembler et l'espace sur lequel ils se trouvaient s'éleva. Selphie s'agrippa au bras d'Irvine pour ne pas tomber et elle jeta un coup d'œil autour d'elle. Sans le savoir, ils avaient déniché un ascenseur, ou ce qui tenait lieu d'ascenseur à l'époque où le monument avait été construit.
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L'ascenseur les mena à une terrasse aménagée sur le toit du premier étage. Une autre tour, au diamètre plus petit, se dressait au centre. Squall s'avança vers ce nouveau bâtiment avant de s'arrêter. Il n'y avait pas de porte pour accéder à l'intérieur. Il jeta un regard en biais à Quistis, qui haussa les épaules, incertaine.
« Je suppose qu'ils ont mis en place tout un système de mécanisme pour empêcher les voleurs d'entrer dans le mausolée et de voler les trésors du roi.
- Et on passe par où, alors ? grogna Zell, mal embouché.
- Par là », rétorqua Irvine en désignant les échelles de pierre qui étaient incrustées dans le mur.
Squall vit Selphie frissonner en regardant les marches. La jeune fille avait le teint pâle et une grimace sur le visage.
« Tu n'es pas obligée de grimper avec nous, » lui indiqua Squall, compatissant. Lui non plus n'avait pas spécialement envie de monter sur ces échelles.
« Vraiment, je peux ? demanda Selphie avec un air soulagé. Je suis désolée mais je n'ai vraiment aucune envie d'escalader ce mur.
- On dirait que ces marches mènent à cette pièce, là, » fit Quistis en pointant du doigt une corniche avec une ouverture dans la tour.
Squall avala sa salive et bannit toute peur avant d'avancer vers le mur. Il attrapa la première pierre saillante à sa hauteur et commença à escalader la tour, à la force de ses bras et de ses jambes. Il entendit Zell et Irvine le suivre, tandis que les jeunes filles restaient au sol. L'escalade ne fut certes pas longue mais elle le sembla beaucoup plus aux garçons, avec la perspective du vide juste sous leurs pieds. Le temps d'arriver sur la corniche, tous leurs muscles protestaient contre cet effort. Enfin, ils entrèrent dans la pièce. Elle était remplie du sol au plafond d'étranges rouages et autres machines. Au centre se trouvait un étrange levier que Squall actionna. Dans un bruit de grincements terribles, les engrenages de métal se mirent en route et les trois adolescents sortirent de la salle et redescendirent rejoindre leurs amies. Quistis leur sourit.
« Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais vous avez déclenché un mécanisme, là. »
Elle leur désigna une petite arche sous laquelle brillait un étrange globe bleu.
« Attendez ! s'exclama Selphie. Laissez-moi faire ! »
Elle se rua sur le piédestal, bousculant Zell au passage, et se pencha sur l'étrange dispositif. Elle tenta de faire bouger le globe dans plusieurs sens jusqu'à arriver à une sorte de cran et elle put faire pivoter la sphère. Un grondement se fit entendre et des escaliers sortirent du mur. Les mercenaires ouvrirent de grands yeux et Selphie se précipita à nouveau pour être la première à grimper sur les marches. Elle sauta sur la pierre pour en éprouver la solidité puis eut un large sourire.
« On risque rien, ça tient parfaitement. Allez, on y va !
- C'est pas elle qui râlait parce qu'elle ne voulait pas monter des escaliers, tout à l'heure ? » grogna Zell dans son souffle.
Irvine et Quistis retinrent un léger rire et Squall hésita entre l'agacement et l'amusement. Les geignements de Zell lui portaient toujours sur les nerfs mais, d'une certaine manière, ils étaient rassurants par leur constance. Prudemment, le groupe monta cet escalier sans rampe, avec le vent qui soufflait fort et les plaquait contre le mur ou menaçait de les jeter dans le vide, selon son gré. Ils arrivèrent le souffle court et les jambes flageolantes. Même pour ceux qui n'étaient pas sujets au vertige, une telle ascension était crispante.
Après plusieurs mécanismes et pièges, ils parvinrent au sommet de la tour. A quelques reprises, ils entendirent une voix étrange, les enjoignant de partir ou de venir jusqu'à lui se battre. Dans une grande pièce circulaire, ils furent accueillis par une créature immense, à l'apparence humaine. Le géant était revêtu d'une armure compliquée grise et bleue foncée. Assis, il les regardait de haut, d'un air régalien.
« Parfait. Préparez-vous donc. » Il se leva et sa cape d'un gris clair flotta un instant derrière lui. C'était la voix qu'ils avaient entendu pendant leur ascension. « Je suis Odin
- Odin, demanda Quistis, le légendaire seigneur de guerre ?
- Alors, mon nom n'est pas encore perdu dans les limbes du temps ? » Le visage figé sembla sourire, satisfait. « En ce monde, les faibles n'ont pas leur place. Triomphez de ma force et je vous jugerais allégeance. En garde, impudents mercenaires. »
Une brume épaisse se solidifia sous lui, laissant apparaître un cheval à la robe grise comme les ombres et aux huit pattes puissantes. Une épée longue, noire, menaçante se solidifia dans sa main et les cinq mercenaires sortirent à leur tour leurs armes. Quistis tenta de jeter un scan mais le sort rebondit contre l'armure du géant qui eut un rire semblable à un grondement. Il leva son épée et l'abattit contre le sol. Zell bouscula Quistis pour la mettre hors de danger et le coup les frôla sans les toucher, laissant un profond sillon dans le plancher de pierre. Les humains sentirent leurs gorges se serrer. Une seule attaque, si dévastatrice ! Ils ne devaient pas se faire toucher s'ils ne voulaient pas être gravement blessés. Odin leva une nouvelle fois le bras, prêt à frapper, mais le nunchaku de Selphie s'enroula autour de son poignet, l'empêchant de porter son coup.
« Irvine, Squall ! A vous ! »
N'attendant que ça, Squall tenta de blesser le cheval tandis qu'Irvine levait son arme et tirait une rafale de balles. L'armure en arrêta la plupart mais quelques-unes s'enfoncèrent dans la chair fragile de la légendaire créature. Les coups de gunblade s'enfoncèrent dans le corps du cheval sans résistance mais sans faire le moindre mal, l'animal semblait être fait de brumes, qui se reconstituaient après chaque attaque. La monture d'Odin se cabra et leva ses sabots juste devant le visage de Squall, qui se baissa pour les éviter mais un des quatre fers le toucha à l'épaule et il faillit en lâcher son arme. La douleur était atroce ! Irvine l'attrapa par le collet et le tira à l'abri, loin du cheval furieux. Quistis posa ses mains sur l'épaule blessé et lança un sort de soin, tandis que Selphie et Zell maintenaient au loin Odin en lançant tous les sortilèges qu'ils pouvaient. Le cheval et son cavalier renâclèrent sous la magie, furieux de ne pouvoir approcher et répliquer.
« Dépêchez-vous ! cria Zell aux autres. On ne va pas tenir très longtemps ! »
La sueur coulait sur son front mais il ne pouvait pas l'essuyer, trop occupé qu'il était à former ses sorts. Squall se leva quand la douleur à son épaule cessa.
« Inutile de s'en prendre au cheval, ça ne marche pas. Nous devons viser Odin. Irvine…
- J'aurais aimé les garder pour plus tard parce que je n'en ai pas beaucoup, mais je pense que les munitions anti-char viendront à bout de son armure.
- Très bien. » Un sourire fantomatique passa sur les lèvres de Squall. « Quistis, invoque ta meilleure G-Force. »
Quistis hocha la tête. Squall rejoignit Zell et Selphie pour le corps à corps, alternant l'utilisation de magie et des armes. Odin bronchait sous les coups, notamment sous les balles d'Irvine, qui explosaient lorsqu'elles le touchaient, le blessant sous son armure. C'était désagréable et douloureux. Sleipnir – son cheval – sentant la douleur et l'agacement de son maître, boxa brusquement les trois humains devant lui, qui s'écartèrent sous la menace de ses sabots, et fonça vers l'homme au fusil. Odin eut l'ombre d'un sourire et leva son arme.
« Irvine ! hurla Selphie, terrifiée. Attention ! »
Le roux se tendit, dans le début de son mouvement pour esquiver l'attaque, lorsqu'il regarda l'épée que tenait Odin. Elle était noire comme l'ébène et elle avait une forme étrange, qui lui rappela Hypérion. Le visage de Seifer passa devant ses yeux et il se figea un instant, incapable de bouger. Il se reprit mais trop tard. L'épée s'abattit sur lui, le heurta à l'épaule. Il s'effondra avec un cri de douleur.
« Irvine ! » s'alarmèrent, horrifiés, Zell et Selphie, tandis que Squall, furieux, accourait vers Odin, la gunblade levée.
Il n'eut pas le temps de l'attendre. Quistis utilisa Léviathan et le raz-de-marée que le dragon déchaîna propulsa Odin contre le mur, où il s'écroula, vaincu. Le cheval de brume et la monstrueuse épée noire disparurent. Les mercenaires ne lui jetèrent qu'un regard, pour s'assurer de son inoffensivité, avant de se précipiter vers Irvine qui restait à terre. Quistis lui enleva son manteau pour avoir mieux accès à la blessure. Il avait une large coupure qui lui traversait toute l'épaule. Elle grimaça, la plaie était profonde et saignait trop. Irvine releva la tête avec un faible sourire. Il respirait par à-coups et transpirait beaucoup.
« C'est mauvais, hein ? souffla-t-il d'une voix douloureuse.
- Rien qu'on ne puisse arranger. Qui a des sorts de soin efficaces ? » Zell leva la main et Quistis hocha la tête. « Bien, tu vas m'aider. »
Les magies combinées réussirent à refermer la blessure mais le bras d'Irvine restait engourdi. Zell déchira son tee-shirt pour en faire une écharpe et maintenir le bras et l'épaule blessés en place. Odin s'approcha du groupe et Squall se leva pour lui faire face. La créature de légende s'inclina.
« Tu possèdes l'art de la guerre, mortel. Je te remets mes humbles pouvoirs. Invoque-moi en cas de défaillance. »
La G-Force disparut mais Squall n'arrivait pas à se sentir vraiment heureux de sa victoire. Ils gagnaient un puissant allié dans leur guerre contre Ultimécia mais ils ne savaient toujours pas quoi faire. Irvine avait en plus été blessé. Sur les visages des autres, il n'y avait pas non plus traces de réjouissance. Le retour à la BGU fut silencieux.
Par contre, quand ils arrivèrent à l'université, Raijin – qui manifestement les attendait – se précipita vers eux, avec un grand sourire. Squall mit plusieurs secondes à comprendre ce qu'il leur disait.
« Linoa s'est réveillée. »
