Je suis désolée pour le délai, je suis dans les préparatifs pour mon voyage, ce qui me prend pas mal de temps. Merci pour vos belles reviews! J'espère que la suite vous plaira :D


Je poussai la porte avec les dernières forces qu'il me restait. Une douce odeur assaillit mes narines. Une odeur de pâtes, de tomates, de viande et de persil. Une odeur de sauce à spaghetti. Je soupirai de contentement. Drago n'était pas un grand chef cuisinier, loin de là, mais tant qu'il restait dans la simplicité, ses plats étaient délicieux. Peut-être goûtaient-ils meilleurs à mes yeux parce que c'était lui. Parce que même s'il avait passé sa vie à se faire servir ses repas par des elfes, il prenait la peine de nous faire à souper. Peut-être parce que j'avais tellement de souvenirs reliés à nos soupers. C'était sûrement un mélange de tout cela. Je ne remercierais jamais assez ma meilleure amie pour cette idée. Celle de récupérer le bar qu'elle avait créé pour la St-Valentin en cuisine. De cette façon, nous pouvions rester bien au chaud dans notre salle commune, très loin du bruit et de l'agitation de la Grande Salle. Un vrai petit paradis.

-Wahou! Tu ferais peur à un mort, Hermione!

-Merci beaucoup, c'est trop gentil!

Il n'avait malheureusement pas tord. La journée avait été tellement longue et ma dernière nuit tellement courte. Je savais bien que j'avais de grosses cernes et que mon teint était presque aussi pâle que celui de Drago, chose quasi impossible. J'avais la désagréable impression de flotter dans mes vêtements, de surcroît trop fripés. Avec tous mes mini drames, j'avais perdu un peu (trop) de poids, ce qui ne cessait d'inquiéter Harry.

-Ne fais pas cette tête! Tiens, j'ai fait notre souper.

Je levai un regard reconnaissant vers lui et pris le bol de spaghetti qu'il me tendait. On s'installa tous les deux bien confortablement dans le divan et on mangea en parlant de tout et de rien. Quelques fois, il se penchait vers moi pour me voler un ou deux baisers. Dans ces moments là, je me sentais pousser des ailes. Je n'osais pas vraiment me permettre la même chose, j'attendais toujours qu'il fasse le premier pas. J'avais peur d'en faire trop.


Chère Alicia,

Je crois que c'est bien la troisième fois que je réécris cette lettre, et j'espère bien que ce sera la dernière. Je m'ennuie de toi. Et je t'en veux un peu. Drago a refusé de me parler quand il a su. Ginny m'a convaincue de le reconquérir. Elle sait d'ailleurs tout à propos de lui et moi. J'ai fait un scandale dans la Grande Salle en allant chercher Drago, habillée de ma petite robe de la St-Valentin. C'est le seul moyen qui a fonctionné. Je crois que maintenant, on est tous les deux blessés par cette histoire. Je lui ai dit que je l'aimais. Il ne m'a rien dit. On a souvent des relations sexuelles. J'aimerais dire qu'on fait l'amour, mais je ne peux pas. On s'est disputé le soir où je suis aller le chercher dans la Grande Salle, et depuis, on n'a pas reparlé. Ça fait deux semaines que tu es partie et je m'ennuie affreusement de toi. J'ignore ce que tu me dirais de faire si tu étais là. Sûrement d'aller lui parler, mais j'ai peur de briser ce pseudo bonheur que je partage avec lui. Qu'est-ce que tu me conseilles? Je t'aime fort et j'ai hâte à cet été,

Mione

P.S.: J'ai réalisée que tu ne m'avais pas parlé de ta vie à Beaux-Bâtons. Je veux tout savoir!


Dans un claquement victorieux, je refermai mon livre de potion. J'avais enfin terminé. Drago leva sa tête de son propre livre et me sourit. Il avait tellement un beau sourire. Il était tellement beau! Je ne pus m'empêcher de rougir. Là, tout de suite, j'avais envie qu'il m'embrasse. Qu'il passe sa main sous ma chemise trop large, qu'il laisse courir ses doigts sur ma cuisse, sous ma jupe... J'avais envie d'une multitude de choses, mais je n'osais pas. J'étais chanceuse, malgré tout, car il avait souvent les mêmes désirs que moi.

Ce soir là ne faisait pas exception. Il se pencha vers moi, une mèche rebelle lui glissant devant le visage, et il m'embrassa passionnément. Son corps collé contre le mien appuyait sur moi. Je me penchai tranquillement. Sa main était posée sur ma nuque, ses doigts faisaient des petits cercles. J'avais une série de frissons incontrôlables. À genou sur le divan, bien installé entre mes jambes, il m'allongea confortablement et entreprit de glisser sa main sous ma jupe, toujours un peu plus loin. Je détachai les boutons de sa chemise, faisant glisser mes doigts sur son torse. J'étais bouillante. Je lui retirai sa chemise et collai nos deux corps. Le sien était froid, un vrai contraste. Ça me fit un bien fou de sentir sa peau froide contre mon corps brûlant. J'en soupirai d'aise, pendant qu'il redoublait d'ardeur. Il appuyait son érection entre mes jambes, en faisant quelques mouvements lents de va et vient. Ses mains s'attaquèrent à ma chemise et à mon soutien-gorge, qui atterrirent un peu plus loin dans notre petit salon. Les mains tremblantes, je détachai son pantalon. Ses lèvres me dévoraient de baisers, sa langue virevoltait de concert avec la mienne.

Toc, toc, toc.

Je me figeai, ainsi que Drago. Est-ce qu'on venait vraiment de cogner à notre porte?

Toc, toc, toc.

Et merde. Je n'avais pas halluciné. Je me mis à paniquer. J'étais à moitié habillée, mes cheveux devaient être tout en désordre et mes lèvres rouges et gonflées. Au-dessus moi, Drago poussa un grognement de mécontentement et se releva en cherchant sa chemise. Je limitai rapidement.

-Hermione?

Ginny, bien évidemment. Il n'y avait qu'elle pour tomber dans ces moments-là. Ce devait bien être la troisième fois depuis qu'elle m'avait poussée à aller vers Drago. J'étais sûre que je lui faisais regretter amèrement de m'avoir conseillée de la sorte. Je remis en hâte ma brassière et ma chemise. J'attachais mes boutons tout en me rendant à la porte quand elle cogna pour une troisième fois. J'espérais juste que tous mes boutons étaient bien fixés.

-Salut... Désolée j'étais dans ma chambre, je n'ai pas entendu.

-Ouais... Tu me laisses entrer?

Elle ne fit même pas mine de croire à mon mensonge. Je m'écartai pour la laisser passer et elle se dirigea droit vers ma chambre, adressant un petit signe de tête rapide à Drago au passage. Je devais être légèrement masochiste pour m'être entourée d'amis comme elle. Ginny était fière et savait ce qu'elle voulait. On pouvait rarement lui faire changer de direction. Je pouvais malheureusement dire adieu à mon plan sexe pour ce soir. J'emboîtai le pas à ma meilleure amie, un peu à contre cœur, et je m'excusai silencieusement à Drago.

Une fois dans ma chambre, je me laissai tomber sur mon lit pendant que Ginny fermait la porte.

-Je vais finir par croire que tu le fais exprès Ginny.

-Pour t'empêcher de plonger dans la luxure avec Malefoy? Il faudrait que je dorme avec toi, ou que je vous enchaîne séparément pour ça. N'importe quel moment de la journée est propice à ça pour vous.

Elle pouffa de rire sous mon regard médusé. Je devais tout de même avouer qu'elle n'avait pas vraiment tort. Bien que je me refusais à lui faire des avances, nous ne perdions jamais une occasion de profiter l'un de l'autre. C'était presque tout ce dont nous avions de besoin. Presque, parce que j'aurais tout de même voulu de l'amour. Et un peu de savoir aussi. J'ignorais sur quel pied danser, je ne me permettais pas de lui faire des avances, de peur de me faire rejeter. Si nous avions discuté un peu, peut-être aurais-je eu une bonne idée de la marche à suivre entre nous, mais nous ne le faisions pas.

-Vous n'avez toujours pas parlé, hein?

Allongée à plat ventre de l'autre côté de mon lit, Ginny me fixait.

-Non...

Elle se contenta de pincer les lèvres. C'était là une des plus grandes différences entre Ginny et Alicia. Ginny respectait les gens, leur espace et leurs besoins. Alicia ne se gênait jamais pour donner son avis, même quand elle savait que son interlocuteur ne voulait pas l'entendre. Bien que l'attitude de Ginny était plus douce et plus agréable, j'avais appris à vivre avec celle d'Alicia, et je reconnaissais qu'elle était parfois nécessaire. C'était pour moins souffrir au final, pour que les mauvaises choses passent plus vite et qu'on puisse profiter du bon. Enfin, c'était ce qu'Alicia pensait. Mais ne pas entendre constamment ses quatre vérités était plutôt relaxant pour les nerfs.

-Harry se fait du souci pour toi, Mione.

-Je sais, je m'en veux.

Je n'étais pas vraiment moins joyeuse qu'avant, tout dépendait de l'avant dont on parlait. Je souriais et je m'amusais avec mes amis. Mais j'étais un peu moins rayonnante comparée aux dernières années que j'avais passées en leur compagnie. Ce n'était pas vraiment ça qui inquiétait, je crois qu'il s'y était fait, mais plutôt ma perte de poids. Sans compter mon absence. Je ne manquais plus de cours depuis ma dispute avec Drago, mais je passais beaucoup moins de temps avec mes amis. J'avais plusieurs motivations.

Quand j'étais avec eux, j'étais automatiquement loin de Drago, et je ne pensais qu'à le retrouver. De plus, depuis que j'étais venue le chercher dans la Grande Salle, les rumeurs couraient bon train sur lui et moi. Sans oublier tous les instants de flottement qu'il y avait quand je tombais sur Drago en dehors de notre salle commune. Comme nous n'avions pas encore parlé, je ne savais pas comment je devais me conduire devant les autres. Et puis, il y avait encore et toujours Ron. À chaque rumeur murmurée, à chaque rencontre avec Drago, il se tendait un peu plus. Depuis notre rupture, nous ne nous parlions plus beaucoup, mais nous avions recommencé à nous endurer. J'avais peur qu'avec toutes ces histoires concernant Drago, il n'y ait plus aucune relation possible entre Ron et moi.

-À la place de t'en vouloir, tu devrais passer plus de temps avec nous.

Il n'y avait aucun reproche dans sa voix, elle énonçait juste un fait.

-Je crois que ça ferait du bien à tout le monde. On pourrait y aller en douceur, juste Harry, toi et moi, qu'est-ce que tu en dis? Et puis, je sais que tu voudrais toujours être avec Malefoy, mais prendre un peu distance ne vous ferait pas de mal à tous les deux.

-Tu as sûrement raison, Ginny. Je pourrais peut-être m'arranger pour que vous veniez passer la soirée de demain dans ma salle commune?

-Et Malefoy?

-Tu peux l'appeler Drago tu sais... Après tout...

-Je ne crois pas, Mione. Peut-être un jour, quand vous aurez mis toutes vos histoires au clair, mais pas avant. Ce serait précipité.

J'hochai la tête. J'aurais tellement voulu que l'homme que j'aimais m'aime, mais aussi qu'il soit aimé par mes amis. Malheureusement, c'était tout le contraire.

-Alors? Tu vas en faire quoi de Malefoy? Parce que je doute que Harry et lui apprécient vraiment de passer toute une soirée ensemble...

-Je vais voir, il doit bien avoir une ronde à prendre ou je peux lui demander de s'enfermer dans sa chambre... Je ne sais pas trop.

Ginny me regardait, peu convaincue. Si elle avait accepté que je l'aime, elle n'en était pas au point de le considérer comme serviable et gentil.

-Je vais m'arranger, t'inquiète pas.

-Je veux bien, Mione, mais je n'ai pas envie de faire de faux espoirs à Harry.

-Allez, file lui annoncer, je te promets que je vais vous faire passer une merveilleuse soirée.

Je lui souris et la raccompagnai jusqu'au portrait. Drago était installé dans le divan et délaissa ses devoirs pour nous fixer. Quand la porte se fut refermée sur Ginny, il ne perdit pas une seule seconde.

-Que dirais-tu de reprendre où on en était rendu?

Je lui souris et me précipitai vers lui.


-Drago?

Accotée sur mon coude, le menton dans ma main, je le fixais. Ses paupières étaient fermées, son visage détendu. Mes doigts glissaient sur son torse, faisant hérisser les quelques poils blonds qu'il avait.

-Hum?

Sa voix était un peu ensommeillée, il était sur le point de s'endormir.

-Je me demandais si tu voudrais bien me laisser la salle commune pour la soirée demain soir?

Il ouvrit ses yeux. Je tombai dans un océan de gris.

-Tu veux faire la fête sans moi?

Le sourcil qu'il releva était plus que suggestif, je pouffai de rire.

-Ginny aimerait qu'on passe une soirée tranquille... Avec Harry.

-Et son frère?

Je sentis dans ces trois petits mots une certaine pointe de jalousie qui me fit chaud au cœur. Ces derniers temps, j'avais régulièrement des bouffés d'espoir que je m'efforçais de taire. Drago ne m'aimait pas. Il appréciait le sexe avec moi et peut-être ma compagnie, mais il ne m'aimait pas.

-Ron ne viendra pas. Ce n'est pas vraiment la joie entre lui et moi.

-À cause de moi?

Son ton me sembla se rapprocher de celui d'un enfant qui se fait prendre la main dans le bol de biscuit par sa mère, mais je devais sûrement halluciner. Drago ne pouvait pas avoir un ton de voix aussi mignon.

-En partie, mais pas vraiment. C'est surtout nos antécédents. On n'a jamais reparlé depuis... Et puis il y a les rumeurs qui circulent sur toi et moi qui n'aident pas.

-Tu voudrais que tout redevienne comme avant, n'est-ce pas?

Amertume? Je devais vraiment arrêter d'essayer de décrypter chacune de ses intonations, sinon j'allais devenir folle.

-Je ne sais pas... Peut-être. J'aimerais qu'on soit capable d'être amis oui, de retrouver notre complicité d'avant, sûrement... Mais en même temps, je ne souhaite pas tout changer, il y a des changements entre nous qui devaient se passer je suppose. Et puis, même si je voulais qu'on redevienne comme avant, ce serait impossible.

Il garda le silence. Je continuai à lui faire des caresses sur le torse, mais c'est moi cette fois qui fut prise de frissons. J'étirai la couverture sur moi. Partout autour, le parfum de Dragon flottait. Il sentait tellement bon, si frais, si homme.

-D'accord. Je vais en profiter pour faire comme toi, aller voir un peu Zabini avant qu'il ne dépérisse sans moi.

-Merci, Drago.

Il m'embrassa tendrement sur le front et se recoucha. Il était si doux avec moi. Je me blottis dans ses bras et fermai les yeux.


Toc, toc, toc.

Je m'essuyai et allai ouvrir, les lèvres fendues jusqu'aux oreilles. Ce soir, c'était moi qui m'étais occupée du souper.

-Salut, Mione!

Ginny et Harry me souriaient. Pour l'occasion, j'avais décidé de faire des brochettes de poulet et des petites patates au four. Quand l'odeur parvint aux narines d'Harry et qu'il put constater qu'on était bien seuls tous les trois, son sourire redoubla.

Installés par terre devant le feu, on mangea en parlant de tout et de rien. On évitait particulièrement les sujets dangereux, comme Ron et Drago. Comme les rumeurs et ma perte de poids. Comme l'inquiétude.

-J'ai apporté un jeu d'échecs, je sais qu'on est trois, mais comme vous êtes moins bonnes, je vais vous laisser jouer en équipe.

Ginny tira la langue à son petit-copain qui s'empressa de la prendre dans ses bras et de l'embrasser. Elle écourta son baiser pour venir se placer à mes côtés, un air de défi sur le visage. On commença la partie. À chaque fois qu'on tuait une des pièces d'Harry, Ginny criait de victoire et me tapait dans les mains. Parfois même, elle faisait une danse de la joie. Harry et moi étions pris de fous rires incontrôlables. Et quand c'était Harry, Ginny le ruait de petits coups. Alors il tentait de l'embrasser. Ils étaient si mignons ensemble. Mon cœur se serra à quelques reprises. J'aurais voulu être comme eux. Je nous imaginai, être à quatre plutôt qu'à trois. Être deux couples qui s'entendaient bien. J'aurais voulu avoir droit à leur bonheur avec Drago.

-Ahah! Qu'est-ce que je vous avais dit? C'est moi le meilleur!

Harry venait de gagner. On était échec et math. Ginny se rua sur son amoureux, dégainant l'arme ultime: les chatouilles. En les observant, je me demandai si Drago était chatouilleux lui aussi. Car Harry se tortillait sous les doigts de Ginny, ne pouvant s'empêcher de rire.

On fit une autre partie d'échecs, car Ginny et moi tenions à tout prix à prendre notre revanche. On se concentrait tellement que la partie ne voulait pas finir de finir. On termina même par s'assoupir. Ce fut le bruit de la porte qui nous réveilla en sursaut. Drago entra et monta dans sa chambre en essayant de passer inaperçu. Je vis le visage d'Harry se tendre un peu.

-Il est quelle heure, Mione?

En regardant ma montre, j'eus un sursaut. Il restait deux minutes avant le couvre-feu.

-Allez, filez vite avant qu'on vous surprenne!

Je les reconduis à la porte et leur fit une accolade.

-Tu viens dans la salle commune de Gryffondor demain, Mione?

Harry était craquant. Je ne pus qu'accepter. Drago commençait déjà à me manquer, mais si Ginny avait raison, ça nous ferait peut-être du bien d'être éloignés un peu.


Je poussai un soupir long comme le bras. Ça faisait déjà une heure que nous bûchions sur nos devoirs et on n'avançait pas vraiment. J'ignorais comment j'avais fait, toutes les années avant, pour endurer le boucan qu'il y avait dans la salle commune des Gryffondors.

-Allez, un peu de nerfs!

Je ne reçus en réponse que trois regards noirs. Harry, Ginny et Ron étaient des vraies tortues. Et ils n'arrêtaient pas de me poser des questions. Résultat, je n'avais pas encore terminé mes propres travaux. Alors que si j'avais été dans mon divan, en compagnie de Drago, j'aurais été rendue à l'étape embrassades torrides. Je ne pus m'empêcher de soupirer de nouveau.

-S'il est si efficace que ça, tu n'as qu'à retourner avec ton Malefoy chéri!

Ron me dardait de son regard dur. Il ne savait que les rumeurs, et pourtant, il me pourrissait déjà la vie. Je n'osais pas imaginer si Drago et moi étions un couple et qu'on l'annonçait.

-Ron, arrête avec ça.

Harry n'avait pas été méchant, juste découragé. Il quémandait souvent ma présence, même si l'ambiance était plus électrique quand j'étais avec eux. Alors quand Ron me faisait regretter d'avoir accepté, Harry lui en voulait. Je crois qu'il craignait un peu de me perdre. Je déposai ma tête sur son épaule, essayant de lui redonner confiance. Jamais il ne me perdrait. Je tenais tellement à lui, à eux. Ils faisaient partie intégrante de ma vie.

-Harry?

Il releva ses beaux yeux vers moi.

-Quoi, Mione?

-Il faudrait que je te parle, tu veux qu'on aille se promener un peu?

-Bien sûr.

Ron nous fusillait du regard, tandis que Ginny semblait nous implorer de ne pas la laisser seule avec son frère. Je m'excusai du bout des lèvres, pour ne pas que Ron le remarque et je sortis de la salle commune, Harry sur mes talons.

-Qu'est-ce que tu avais?

On marchait depuis quelques minutes sans parler. Je cherchais par où commencer.

-Je... Je voulais te dire que... Je sais que tu as peur de me perdre, Harry. Et je sais que je ne fais rien pour t'aider, mais tu ne me perdras jamais. Tu sais, même si j'ai une vie en dehors de Poudlard, tu occupes une grande place dans ma vie. Je ne pourrais pas tolérer de ne plus te voir. Je te considère un peu comme un frère, j'adore ta présence, tes conseils...

-Merci, Mione. Tu es bien sûre que tu veux me considérer comme un frère? Parce que quand on regarde Ginny et Ron...

Il avait retrouvé son beau sourire. J'eus une bouffée de bonheur.

-Harry?

-Quoi?

-Qu'est-ce que tu vas faire après Poudlard? Tu vas vivre où, comment?

Il poussa un soupir. Nous n'avions jamais vraiment abordé ce sujet-là ensemble. C'était tellement délicat.

-J'avais pensé m'installer au 12 square Grimmauld.

Je ne pus m'empêcher d'avoir une moue de dégoût.

-C'est la meilleure solution, Mione. Je ne retournerai pas chez les Dursley et je ne peux pas demander l'hospitalité aux Weasley. Ils voudraient c'est sûr, mais ils n'y arrivent pas sans moi, je ne veux pas leur rajouter une bouche de plus à nourrir.

-Tu pourrais venir chez moi?

Il me regarda, un peu surpris.

-Tu n'y penses pas vraiment...

-Pourquoi pas? Pas éternellement, mais pour un moment. On pourrait rénover un peu le square Grimmauld pendant ce temps-là. Parce qu'il n'est pas question que tu t'y installes en ce moment. Tu deviendrais fou.

Il rit. Je n'avais pas tort, cette maison était horrible. Créature, le tableau de cette vieille harpie... Il faudrait trouver le moyen de s'en débarrasser, c'était sûr.

-Tu as raison... Mais... Tes parents ne voudraient pas et puis...

-Je vais leur en parler.

Mon ton ne souffrait d'aucune réplique. Je n'y avais jamais pensé. Mes parents voudraient sûrement, j'étais leur fille unique et ils étaient prêts à tout pour mon bonheur. Mais... Il y avait toujours un mais.

-Pour l'été?

On marcha encore un moment, en parlant de tout cela. Je voyais bien que l'idée l'enchantait. Faire un saut dans ma vie, avoir un toit sécuritaire ou dormir... Il fallait vraiment que mes parents acceptent.


Bonjour maman et papa!

Je suis désolée d'avoir mis tant de temps avant de vous écrire. Avec les devoirs de préfète, je manque souvent de temps à moi. Saviez-vous qu'Alicia était venue à Poudlard? Elle est restée deux mois. Je crois que Ginny et elle se sont bien entendues. La voir m'a fait penser à vous, je m'ennuie beaucoup. J'ai aussi rompu avec Ron. Je regrette de vous l'annoncer par lettre, mais je ne voulais pas attendre à juillet pour vous en parlez. Ne vous inquiétez pas, je vais bien. Ça devait arriver. Comme Alicia était avec moi, j'ai eu plus de réconfort que j'en avais besoin. Sinon, je suis fière des notes que reçois et je continue à mettre les bouchées doubles. Je me sens un peu mal de vous en parlez ainsi, mais j'aurais une requête importante à vous faire part. Comme vous savez, Harry est orphelin. L'école achève et il n'a nulle part où aller. Son parrain lui a bien laissé une maison, mais elle ferait peur à un mort. Alors je me disais que si on l'hébergeait pour l'été, il aurait le temps de rénover la maison... Je ne veux pas vous forcer, mais je crois que ce serait une bonne transition. Avec amour,

Votre petite Hermione. -xxx-

-Qu'est-ce que tu fais?

Je sursautai. Drago avait posé sa tête dans mon cou et lisait ma lettre par-dessus mon épaule. Je la retournai, en tentant de ne pas paraître trop pressée. Je ne voulais pas qu'il la lise. Je ne lui avais pas parlé de mon intention d'héberger Harry et j'ignorais comment il le prendrait. Comment était-il sensé le prendre? Après tout, nous n'étions pas un couple, alors... Et puis j'ignorais s'il voulait qu'on continu à se voir une fois l'école terminée. J'en doutais fort.

-Secret...

Je lui tirai la langue. Je voulais avoir l'air la plus innocente possible. Ce dut marcher, car il oublia ma lettre et se concentra sur mon cou, le parsemant de baisers. D'un coup de baguette, je mis en marche ma petite radio. Pour une fois, quand ma chanson résonna dans la chambre, je n'eus plus de sentiments controversés. Je l'aimais cette chanson.

Et tatouée sur le coeur (à l'encre de chine)

Comme un emblème

Ta main qui m'effleure

Je sens monter à nouveau le plaisir


Commentaires?