Chapitre 20 : Des explications… pas d'explications !

Lily sortit de l'infirmerie le lendemain soir. Mme Pomfresh lui avait confié que Miss Stavenski désirait la voir, et Lily se dirigea directement vers le bureau de la jeune femme, espérant qu'elle soit présente.

Pourquoi n'était-elle simplement pas passée lui rendre visite ? Tout le monde ne cessait de lui dire que la jeune femme avait des explications à lui donner concernant l'incident, mais cette dernière n'avait même pas pris la peine de s'arrêter à l'infirmerie pour voir comment elle allait.

Le bureau de son professeur se trouvait à quelques pas de sa classe. Ses pas résonnant contre la pierre froide, Lily marchait à un rythme soutenu, sans pour autant forcer l'allure – ses jambes lui faisaient encore un mal de chien.

Elle trouva enfin l'entée du bureau. Mais alors qu'elle s'apprêtait à frapper à la porte pour signaler son arrivée, celle-ci s'ouvrit en coup de vent et Mary en sortit, sursautant légèrement à la vue de la rousse.

« Oh, Evans. » dit-elle avec un sourire. « Comment ça va ? »

« Plutôt bien. » répondit Lily avec circonspection. Elle ne s'était jamais sentie très à l'aise pour parler avec Mary lorsqu'il s'agissait d'autre chose que de l'école.

« Tant mieux. » répondit la jeune mulâtre. Ses cheveux noirs et crépus étaient retenus tant bien que mal avec une pince et, comme d'habitude, son chemisier était impeccable. Elle lui offrit un sourire radieux et s'effaça pour la laisser passer.

« Tu peux entrer, Miss Stavenski t'attend, de toute façon. »

« Oh… D'accord, merci. »

Lily regarda un moment la jeune fille s'éloigner, ses longues jambes noires fendant l'air avec élégance, avant de se décider à passer la porte.

Le bureau était, comme Lily s'y était attendue, dans un ordre impeccable. Mis à part les livres – qui infestaient la pièce comme une colonie de fourmi – chaque objet semblait être rangé à sa place. La grande fenêtre laissait passer la lumière grise et faiblissante de l'extérieur, mais les chandelles donnaient un aspect un petit peu moins austère à la pièce.

Lily jeta un coup d'œil au bureau, mais elle n'y vit personne. Lentement, elle s'avança, regardant autour d'elle.

« Ah, miss Evans ! »

Lily sursauta. Miss Stavenski était apparue derrière elle comme par magie.

« Comment vous sentez-vous ? » demanda-t-elle en se dirigeant vers son bureau, invitant la jeune fille à prendre place en face d'elle.

« Pas trop mal. » répondit Lily en s'asseyant. « Enfin, c'est surtout la fatigue qui me mine. »

La jeune femme hocha la tête et fit apparaître deux tasses de thé fumant d'un coup de baguette. « C'est normal. » dit-elle en en présentant une à la rousse. « Après un effort magique tel que ça, il est logique que votre corps aie du mal à s'en remettre. »

« Qu'est-ce qu'il s'est passé, exactement ? » demanda Lily. La question lui brûlait les lèvres depuis qu'elle était entrée.

« Vous avez perdu le contrôle de votre magie. »

Lily haussa un sourcil. Ca, elle le savait déjà, merci bien.

La jeune femme soupira. « Vous vous souvenez de votre premier cours d'ancienne magie ? » demanda-t-elle.

« Plus ou moins. » répondit Lily.

« Quels sont les différents éléments contrôlables grâce à l'ancienne magie ? »

« La Terre, l'Eau, le Feu, l'Air… La Foudre et la Glace… »

Le professeur hocha la tête, l'encourageant à continuer.

« La Vie et la Mort… et… »

« Les Sentiments. » termina la jeune femme. « J'avais demandé à la classe de se souvenir d'un événement étrange qui s'était produit lorsqu'ils étaient en colère, ou qu'ils avaient peur. J'avais expliqué que chacun possédait un peu de Magie Elémentaire, qui se manifestait à petite ou grande échelle lorsqu'ils éprouvaient une émotion particulièrement violente. »

« C'est ce qui m'est arrivé ? » demanda Lily, comprenant soudain.

« Oui. Ce genre d'accident arrive fréquemment chez les sorciers – c'est d'ailleurs comme ça que l'on peut détecter un certain potentiel de magie chez les enfants. Il semblerait que pendant le cours, vous ayez été fort irritée - comme tous les autres Gryffondor, je pense. Je n'étais pas là quand c'est arrivé, mais de mon bureau, j'ai pu sentir l'explosion de magie qui a dévasté la salle de classe à cet instant. »

Elle se tut un instant, et Lily s'osa pas interrompre le fil de ses pensées.

« Ce genre d'incidents arrivent fréquemment, Miss Evans, je vous l'ai déjà dit. Seulement… vous semblez avoir une étrange sensibilité pour cet Elément en particulier. J'ai rarement vu une fille de votre âge déchaîner sa Colère avec autant de force. »

« Et… c'est grave ? » questionna Lily, peu rassurée.

« Non, bien sûr que non. D'autres avant vous avaient du mal à maîtriser leurs émotions, mais ils ont fini par y arriver. »

« Comment ? »

« En s'entraînant sur le terrain. On ne peut pas choisir ce que l'on ressent, il est donc difficile de provoquer une émotion chez soi pour tenter de la contrôler. C'est pour ça que cet élément est le plus puissant, mais aussi le plus dangereux. Utilisé judicieusement, il peut décupler la force magique. La seule façon de le maîtriser est d'essayer de te contrôler à chaque fois que tu sens une émotion particulière… »

Lily était effarée.

« Mais… » protesta-t-elle faiblement, « Je ne peux pas rester à rien faire ! Vous imaginez si, un jour, un de mes amis me tape sur les nerfs et que j'ai subitement envie de lui faire passer un sale quart d'heure ? Ils pourraient terminer comme Dannie Owen ! »

« Pour votre information, Miss Owen va bien. » fit sévèrement la jeune femme, qui n'appréciait de toute évidence pas le ton de la rousse, et Lily se sentit vaguement honteuse de ne pas avoir demandé de nouvelles de la jeune fille. « Et veuillez ne pas prendre votre sensibilité trop au sérieux, Miss, car après tout vous n'avez que 16 ans, vous êtes une jeune sorcière inexpérimentée et je doute fortement que vous risquiez de tuer quelqu'un. Et encore moins un de vos amis. »

Lily se tut, piquée au vif. Cette femme venait presque de lui avouer qu'elle était un danger public, et maintenant elle lui sommait de ne pas prendre cette étrangeté au sérieux !

« D'un autre côté, » reprit la jeune femme, d'un ton un peu plus doux cette fois, « Les sentiments ne se réduisent pas à la Colère et la Peur. Il y a aussi la Joie… et l'Amour. »

Lily s'empêcha à grand peine de soupirer d'exaspération. Tout cela sonnait un peu trop mélodramatique à son goût. Elle n'avait qu'une envie : sortir de ce bureau étouffant, fondre dans son dortoir et dormir jusqu'à n'en plus finir. Sa prière mentale fut exaucée, car quelques minutes plus tard, elle était dehors et marchait à grands pas vers la tour Gryffondor.

C'est donc passablement énervée qu'elle fit irruption dans la salle commune. Du coin de l'œil, elle vit Sirius, assis dans une fenêtre, l'air hagard, et seul. Elle fit un vague signe de main à James, Remus et Peter, qui faisaient un bataille explosive non loin de là, et fila dans le dortoir.

A son grand soulagement, Kim et Nawei étaient là. Kim était occupée à un devoir de métamorphose et Nana lisait dans son lit.

« Lily ! » s'exclama la petite en voyant la rousse entrer. « Tu es enfin sortie ! Comment ça va ? »

« On ne peut mieux ! » lâcha Lily, acerbe. « On vient de m'apprendre que je pourrais bien vous égorger, sous le coup de la colère, et sans pouvoir me contrôler. Non, franchement, tout va bien ! »

Elle s'effondra dans son propre lit et ses deux amies, inquiètes, s'approchèrent avec précaution.

« Lily, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda doucement Kim, dont les cheveux étaient bleu océan, ce jour-là.

Lily soupira et entreprit de raconter brièvement ce que Stavenski lui avait confié.

« Elle dit que c'est l'élément le plus puissant, mais aussi le plus incontrôlable, et lorsqu'on y parvient, on peut décupler sa force magique. » termina-t-elle.

Ses deux amies échangèrent un étrange regard et la rousse fronça les sourcils.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? »

« J'ai terminé l'un des livres sur Grindenwald. » fit Nawei, la mine gênée. « Et il est dit que le mage noir avait souvent recours à la Magie Elémentaire pour augmenter ses pouvoirs. »

Lily se redressa sur ses coudes. « Tu veux dire que… enfin, ils comptent réitérer l'expérience à notre époque ? »

« C'est quand même une drôle de coïncidence qu'ils nous mettent subitement un cours d'Ancienne Magie alors qu'on n'en avait jamais entendu parler avant. » fit remarquer Nawei, les sourcils froncés. « Surtout avec ce que le monde sorcier est en train de traverser pour le moment. »

« Et puis il y a cette histoire de société secrète. » fit pensivement Kim. « On dirait que tout nous mène à Grindenwald. Il faudrait vraiment qu'on s'attelle à lire les livres que ce Serpentard t'a prêté, Lil… Et si tu veux mon avis, tu devrais te méfier de cette Stavenski. Elle a l'air de s'y connaître un peu trop. »

Nawei était sur le point de dire quelque chose, mais c'est ce moment que choisirent les jumelles Weasley pour faire irruption dans la pièce.

« Oh, Lily, bonjour ! Ca va mieux ? » demanda Cloé en traversant le dortoir à grandes enjambées, ses longs cheveux roux flottant derrière elle.

« Oui, ça va mieux. » répondit Lily.

« Tant mieux, alors ! » fit joyeusement Cléo – elle portait toujours deux longues tresses, contrairement à se sœur, et c'est ce qui permettait aux gens de les distinguer. « Parce que le bal est dans un peu moins de deux semaines et que nous devons ABSOLUMENT nous trouver des robes ! »

« En plus, ils ont fait fort, cette année. » fit remarquer Cloé en s'asseyant sur son propre lit. « C'est très joli comme thème, Contes et Légendes, mais c'est nettement plus difficile question vestimentaire… »

Lily, pour sa part, trouvait ce thème absolument génial. C'était une excellente occasion de mélanger un peu les cultures : sorcière comme moldue, occidentale comme orientale.

« Vous avez déjà choisi votre personnage de conte ? » demanda Cléo.

« Je pense que je vais prendre la Belle au Bois Dormant. » dit Lily en s'asseyant sur le bord de son lit. « Et vous, Kim et Nana ? »

« La femme de Dracula fera parfaitement l'affaire. » répondit Kim avec un sourire. « Il nous reste encore des déguisements d'Halloween à la maison, je demanderai à mes parents de me les envoyer. Et toi, Nana ? »

« Heu… Hé bien… » La petite asiatique rosit et jeta un bref regard à la pile de livres sur sa table de nuit. « Je suis justement en train de relire des contes pour faire mon choix. »

« Pour nous faire de l'argent de poche, Cloé et moi avons décidé de créer des robes. » expliqua Cléo en agitant un magazine de robes. « On connaît pas mal de sorts de couture, et il nous arrive souvent de créer des vêtements… Si ça vous tente, prévenez nous. »

« Moi ça m'intéresse. » fit Lily après un bref moment de réflexion. « Je ne sais pas si j'aurai le temps d'aller en chercher une à Pré-au-Lard lors de la sortie de la semaine prochaine, alors ce serait parfait de pouvoir l'avoir de cette façon. Nana, je peux jeter une œil à tes livres de contes ? »

« Heu, oui, bien sûr. » La jeune fille était toujours aussi rose au niveau des joues.

Lily saisit le premier de la pile, et haussa un sourcil en lisant le titre et surtout le nom de l'auteur : Légendes des Quatre Vents, par Hugo Lupin. Elle jeta un regard amusé à Nawei, qui regardait partout sauf dans sa direction.

Elle ne trouverait sûrement pas la Belle au Bois Dormant dans un des livres de contes du père de Remus. Elle regarda donc dans les autres, avant de se rendre compte que la plupart étaient de Lupin Senior. Avec un sourire amusé aux lèvres, elle feuilleta le dernier livre et trouva finalement une minuscule illustration de la Belle au Bois Dormant. Mais la robe que portait la jeune fille était plutôt jolie, et elle présenta le livre aux jumelles.

« Ca roule ! » fit Cléo avec un clin d'œil.

Les deux rouquines ajoutèrent son nom sur un morceau de parchemin, décalquèrent le modèle de la robe et descendirent dans la salle commune pour continuer leurs commandes.

« Dis-moi, Nana… Tu comptes vraiment utiliser un personnage de conte écrit par le père de Remus ? »

La jeune fille rougit. « Oui… Enfin, j'ai avais l'intention. Pourquoi ? »

Lily haussa les épaules. « Pour rien. » Puis elle réfléchit un instant et sa mine se fit plus grave. « Mais ne te fais pas trop d'illusions, Nana. Je pense que la nuit du 31 octobre, ce sera la pleine lune. »

Nawei blêmit et fondit sur le calendrier lunaire qu'elle gardait précieusement dans le tiroir de sa table de nuit. Alors qu'elle vérifiait la date, Lily pouvait voir son visage se décomposer.

« Oh non… »

Kim eut une petite moue compatissante et alla caresser les cheveux de Nawei.

« C'est pas grave, ma belle. T'auras d'autres occasions de lui avouer ce que tu ressens. »

« Je ne comptais pas vraiment lui dire. » fit Nawei, piteuse. « Enfin, je ne sais pas. C'est le seul bal de l'année, alors… Enfin, voyons les choses du bon côté : je n'aurai pas à rassembler mon courage pour lui demander d'être mon cavalier. »

« Tu sais que tu perds tout bon sens lorsqu'il s'agit de Lupin, Nana ? » demanda Kim en levant les yeux au ciel. « Réfléchis deux secondes : il ne sait pas que tu es au courant de sa condition. Si tu ne lui demandes rien, il va penser que tu ne t'intéresses pas à lui. »

Nawei vira au blanc. « Mais… Si je lui demande, il va être affreusement gêné de devoir inventer une excuse pour me dire non ! »

« Il fait déjà ça depuis six ans, Nana. » fit remarquer Lily.

« Et puis arrête un peu de penser à ne pas gêner les autres, et fait ce dont tu as envie. Remus est un type étrange, tu dois t'y habituer. » déclara Kim.

« Il est spécial, pas étrange. » le défendit automatiquement Nawei avec son éternel froncement de sourcils.

Kim roula des yeux. « Comme tu voudras, ma grande. »

La discussion semblant close, Lily se dirigea vers son lit et s'y effondra. Pendant quelques minutes, elle essaya de suivre la conversation de ses amies – à propos de la sortie à Pré-au-Lard, de toute évidence – mais sombra malgré elle dans un sommeil profond.

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POV James

La salle commune était plutôt animée, ce soir-là. On n'entendait que des discussions et des rires joyeux.

Pour une raison étrange, James Potter était plutôt morose. Enfin, non : pour être plus précis, il y a avait plusieurs choses pour lesquelles James avait des raisons de se sentir morose.

D'abord, Lily Evans, la femme de sa vie, ne lui avait adressé qu'une vague signe de main en passant dans la salle commune, quelques minutes plus tôt.

Ensuite, son meilleur ami, le bien nommé Sirius Black était lui-même en train de ruminer de sombres pensées dans un coin reculé de la salle commune.

Et enfin, James s'ennuyait à mourir. Plus aucun devoir à terminer en catastrophe, plus aucune tactique de Quidditch à mettre au point, plus aucun magazine à lire. Et en plus de ça, ses meilleurs amis s'étaient décidés à jouer les asociaux, un bouquin entre les mains. Même Peter s'y était mis, cette fois.

James soupira bruyamment.

« Remuuuuuuus… » gémit-il en s'étalant de tout son long dans un fauteuil pourpre. Le garçon leva ses yeux ambrés vers lui. « Il faut qu'on fasse quelque chose, sinon je risque bien de mourir d'ennui. »

Remus haussa les épaules. « Lis un peu, James. »

Le jeune Potter roula des yeux. « Tu veux vraiment avoir la mort d'un de tes meilleurs amis sur la conscience, n'est-ce pas ? »

James vit un tic agiter le coin de la bouche de Remus et s'en voulut immédiatement d'avoir dit ça. Il savait parfaitement que son ami était en plein cas de conscience, justement, car il se sentait coupable de ce qui était arrivé à Sirius.

Remus baissa les yeux et James se redressa.

« Allez, Moony. Arrête de te morfondre. On va faire un tour. »

« Sans Sirius ? »

« J'ai bien peur que oui. De toute façon, il n'a pas l'air en état de nous suivre. »

Il jeta un regard désolé à son meilleur ami, qui regardait par la fenêtre avec un air si piteux qu'il s'était attiré des regards inquiets de la part de quelques filles de cinquième année. Mais parmi elle, c'était certainement Poppy qui avait l'air le plus décomposé. Elle était pâle comme la mort et fixait Sirius comme si elle se sentait coupable de son état.

« Mais ne t'inquiète pas, Remus, je pense que j'ai trouvé quelqu'un pour nous accompagner. » fit James avant de se diriger vers le groupe de filles.

« Poppy ? »

La jeune fille se tourna vers lui, l'air plutôt explosé. Il se pencha vers son visage et se mit à murmurer, afin que personne ne les entende :

« On va faire un tour, Remus, Peter et moi. Tu veux nous accompagner ? »

Elle sembla hésiter un moment, puis finit par hocher silencieusement la tête.

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Ils avaient décidé de fureter un peu dans l'école. Munis de la carte du Maraudeur et de la cape d'invisibilité de James, le quatuor recomposé farfouinait dans les coins les plus sombres du château et s'arrangeaient toujours pour faire devenir chèvre cette pauvre Miss Teigne en troublant son odorat.

Ils étaient arrivés au quatrième étage quand James jeta un coup d'œil malicieux au grand miroir orné qui décorait le couloir principal.

« Ca vous dit, un petit tour en dehors de l'enceinte de Poudlard ? » demanda-t-il aux trois autres.

« James, je ne sais pas si c'est une bonne idée. » fit Remus en prenant son ton de Préfet qui se respecte. « Et puis, je n'aimerais pas laisser Sirius seul trop longtemps… »

« Sirius ne veut parler à personne. Il a besoin de digérer ce qu'il a fait, et là on ne peut pas l'aider. » répondit le jeune homme en s'inspirant honteusement des paroles d'une certaine tête rousse. « Et puis, il faut que tu arrêtes de culpabiliser, Moony. Ce n'est pas de ta faute si tu n'as pas pu parler à Sirius avant… avant que ça arrive. C'est arrivé, c'est tout, et on fait avec, OK ? »

Remus mit quelques secondes avant de hocher brièvement la tête. Avec un sourire, James tapota de sa baguette la surface du miroir, qui ondula, puis s'effaça pour laisser place à un escalier de pierre claire, sous le regard ébahi de Poppy.

« Un passage secret ? » demanda-t-elle, le regard brillant d'admiration. « Où mène-t-il ? »

« Tu verras bien ! » fit joyeusement James avec un clin d'œil.

Il ne leur fallu pas plus de dix minutes pour arriver au bout du tunnel, et au fur et à mesure qu'ils avançaient, Poppy était de plus en plus excitée.

« Vous êtes incroyables, vous alors ! Déjà la Carte, c'est vachement impressionnant, mais alors ça ! »

James pouvait voir Remus rouler des yeux à la lueur de sa baguette à chaque fois que le brun souriait avec suffisance.

James, qui était en tête, s'arrêta enfin. Sa baguette en main, il tapota un moment le mur de pierre devant lui, qui coulissa doucement. Prudemment, ils pénétrèrent dans ce qui semblait être une vieille cave poussiéreuse.

« Restez ici. » intima James aux autres. « Je vais voir si la voix est libre en haut. »

Il grimpa quelques escaliers de pierre et poussa doucement la trappe qui menait au rez-de-chaussée et inspecta les lieux.

Tout semblait calme dans la salle de séjour. Une solide couche de poussière couvrait le sol et une forte odeur de renfermé obstruait les naseaux de James – bref, tout était normal.

James entreprit d'ouvrir la trappe, mais il arrêta son geste au dernier moment, pétrifié : un bruit horrible venait de parvenir à ses oreilles, comme un grondement de chien…

« James ? » chuchota Remus au-dessous de lui. « Tout va bien ? »

Le bruit se fit à nouveau entendre, mais cette fois James en avait repéré la source : un vieux fauteuil moisi dans lequel était endormi un vieil homme décrépi qui ronflait bruyamment, la bouche grande ouverte. Et dire que pendant un moment, il avait craint qu'un énorme clébard lui saute dessus…

« Non, tout va bien. » chuchota James en retour. « Le vieux dort juste au dessus de notre tête, je pense qu'on pourra passer sans trop de mal… »

Mais aussitôt ces mots prononcés, l'homme émit un ronflement digne du chien de Hagrid, tellement bruyant qu'il sembla lui-même le réveiller. James, pris de panique, referma aussitôt la trappe et redescendit l'échelle.

« Heu, non, tout compte fait, je crois qu'on peut laisser tomber notre petite visite surprise à Pré-au-Lard. »

« Pré-au-Lard ? » répéta Poppy, rayonnante. « Alors c'est là que ce passage mène ? »

« Comme bien d'autres. » acquiesça James. « Celui-ci mène ici, à la cave de la maison d'un vieil homme qui vit seul. Généralement, il suffit d'être discret pour sortir de la maison en douce. Il est un peu dur de la feuille, et un peu aveugle, aussi, alors c'est du gâteau. Mais aujourd'hui, il est juste au-dessus de nos têtes, et il a l'air d'avoir le sommeil léger… »

Poppy haussa les épaules avec un petit sourire. « C'est pas grave, ce sera pour une autre fois. »

« De tout façon, il va être l'heure de dîner, il serait peut-être temps qu'on rentre. » fit Remus.

« Je vais finir par croire qu'on compte trois ventres-à-pattes dans les Maraudeurs ! » taquina James, avant de se prendre un petit coup sur la tête de la part de Remus.

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Pour ceux qui se posent la question, l'Ancienne Magie ou Magie Elémentaire est bien celle utilisée par Lily, quelques années plus tard, lors de son sacrifice, (l'Amour, pour être plus précise… j'esp ère que je reste cohérente avec le livre !) et le passage secret emprunté par les Maraudeurs dans ce chapitre est bien celui mentionné par Fred et George dans le tome 3 :D

Vous avez peut-être remarqué que j'utilisais de temps à autres les surnoms français des Maraudeurs, et d'autres fois les surnoms anglais. Je suis désolée pour ces incohérences, mais disons que je préfère largement Moony à Lunard. Enfin, c'est selon mon envie du moment, donc ne vous insurgez pas :)

J'espère que ce chapitre vous a plu ! La semaine prochaine, un peu de Nawei/Remus, une prise de bec avec Mary, l'agitation précédant le bal et des précisions concernant les soupçons de Lily…

Je posterai probablement ce chapitre dans le courant de la semaine, car je ne serai pas là du 5 au 19 août, pour cause de vacances en Espagne :D

Merci à tous pour vos reviews les plus adorables les unes que les autres, mon amour pour vous est sans limite !!