Désolé pour le retard... J'espère que ce chapitre vous plaira :)


Chapitre 20 : Juste un petit problème de fourrure

Premier jour de cours, cinquante points en moins pour notre maison et deux semaines de retenue. Nous commencions bien l'année. Quand nous arrivâmes dans la salle d'Enchantement, le professeur Flitwick ne fit aucun commentaire et nous dit de nous asseoir. Lily alla se mettre à côté de Mary au premier rang, pendant que James et moi allions nous placer derrière Remus et Peter. Remus se retourna pour nous jeter un coup d'œil désapprobateur mais ne put s'empêcher de nous demander ce qu'il s'était passé dans le bureau du Directeur.

- Vous commencez bien l'année, soupira Remus après que nous lui ayons raconté la scène. Vraiment, créer une bagarre dans la Grande Salle, vous n'avez rien trouvé de plus malin ? Ou discret ?

James et moi échangeâmes un regard en haussant les épaules.

- Ca me démangeait depuis un moment, Rogue me tape sur les nerfs, répondit James.

En disant cela, son regard glissa imperceptiblement vers le premier rang. Un sourire s'étala sur mes lèvres.

- Pourquoi tu souris Sirius ? s'étonna Peter.

- Quoi ? Ah non pour rien, je repensai juste à la tête de Rogue dans le porridge.

James s'esclaffa discrètement, bientôt imité par Peter. En temps normal, j'aurais probablement profité de ce que j'avais découvert sur mon ami pour le taquiner. Mais il semblait réellement affecté par ce que pensait Lily de lui, je décidai d'attendre qu'il en parle de lui même. Si jamais il en parlait un jour. Après tout, peut-être n'était-ce qu'un béguin sans importance.

Le reste de la journée se passa sans autre incident, nous en avions déjà assez fait. Nous fûmes particulièrement attentifs au cours de Métamorphose qui portait sur les Animagi. Bien que tout ce que nous dit le professeur McGonagall, nous l'avions déjà lu auparavant, nous prîmes consciencieusement des notes. Il fallait que l'on commence sérieusement à travailler si l'on voulait devenir Animagus avant la fin de notre scolarité.

Au dîner, alors que j'allais amener la discussion sur ce sujet, nous fûmes surpris de voir Frank Londubat, récemment nommé Préfet en Chef, s'asseoir à côté de James. Nous nous entendions plutôt bien avec lui mais nous avions tout de même quatre années de différences et il mangeait habituellement en compagnie de ses propres amis.

- Vous deux, commença-t-il en nous regardant alternativement James et moi, je ne suis pas venu pour vous faire un sermon. Mais je voulais quand même vous mettre en garde, arrêtez de chercher des noises aux Serpentards.

- Peuh, je n'ai pas besoin d'aller mendier chez eux, répondis-je d'un air hautain, mais avec un petit sourire en coin.

- Très drôle Sirius, je suis sérieux…

- Si tu crois que Rogue et les autres nous font peur, commença James.

- Je ne parle pas de ces gamins, le coupa Frank agacé, je vous parle de Rabastan Lestrange. Ce type est un cinglé de première, je vous assure qu'il en connaît un rayon côté magie noire…

Peter ouvrit de grands yeux et James parut un instant déstabilisé. Mais je ne me laissai pas démonter.

- Lestrange ? Il est aussi bête que ses pieds…

- Ca n'empêche pas qu'il va sûrement se rallier à… vous savez…

Oui nous savions. Ces derniers temps, plus personne n'osait ne serait-ce que prononcer son nom.

- Tu y vas peut-être fort, intervint Remus en fronçant les sourcils, il approuve peut-être ses idées mais de là à devenir partisan…

- Ne crois pas ça, tu serais surpris de savoir le nombre de personnes qu'il peut enrôler. Le pouvoir, tu sais, ça les attire, surtout les Serpentards…

- Comment tu sais tout ça ? demandai-je alors.

Il baissa la voix.

- Ma mère a reçu une petite visite peu avant la rentrée. On est… enfin on est des « sang-purs » nous aussi si je peux employer l'expression. Alors deux gars se sont pointés et lui ont demandé si ça l'intéressait de soutenir « Le Seigneur des Ténèbres »…

- C'est pas la modestie qui l'étouffe ce type, ne put s'empêcher de grommeler James, ignorant le regard que lui lançait Remus et qui semblait dire « Tu peux parler ».

- Quoiqu'il en soit, repris Frank, ma mère n'a pas du tout apprécié leur petit manège. Et leur a dit de déguerpir s'ils ne voulaient pas avoir à faire à elle…

- Waouh, souffla James, elle n'a pas froid aux yeux, et elle s'en est sortie toute seule face à ces deux types ?

- Tu serais surpris de voir de quoi ma mère est capable, répondit Frank avec un petit sourire.

- Mais, demandai-je préoccupé, quel rapport avec Lestrange ?

- Et bien, hésita Frank, j'ai clairement reconnu l'un d'eux comme étant Rodolphus Lestrange, son frère aîné.

Je me figeai. Rodolphus Lestrange, le mari de ma cousine Bellatrix. Ma famille, liée à ces assassins, j'en avais la nausée. Devant notre silence, Frank considéra qu'il nous avait mis en garde.

- Faites attention à vous, vous êtes des gars bien, même si vous êtes incapables de suivre le règlement, ajouta-t-il d'un ton espiègle en se levant et en ébouriffant les cheveux de James.

Celui-ci, contrarié tenta vainement d'aplatir sa chevelure en se regardant dans le dos d'une cuillère. Finalement, il s'arrêta pour se contempler.

- Vous ne trouvez pas qu'on dirait que je viens juste de jouer au Quidditch comme ça ?

Remus, Peter et moi échangeâmes un regard amusé mais ne répondîmes rien.

Le soir, venu, nous préférâmes le calme de notre dortoir pour reparler des évènements de la journée et de la soirée et travailler à nos devoirs un peu particuliers.

- Vous en pensez quoi de ce qu'a dit Londubat ? demanda James.

- Moi, ça me fait un peu peur, souffla Peter, imagine qu'ils viennent pour nous enrôler nous aussi…

- Moi je n'accepterai jamais ! s'exclama James, pas vrai Sirius ? Plutôt mourir !

- Oui, plutôt mourir, répondis-je dans un murmure.

Puis, préférant changer de sujet plutôt que de continuer à ruminer des idées noires, je sortis mes notes de Métamorphose. Si les professeurs nous voyaient, ils s'arracheraient sûrement les cheveux à voir des élèves plutôt doués, « gâcher » leur capacités en négligeant le travail scolaire et en enfreignant toutes les règles possibles. Sauf que pour nous, c'était justement ça qui était amusant. Et puis nous n'estimions pas que nous gâchions notre talent. Nous le mettions juste à profit pour des choses réellement utiles.

- Bon alors, concernant notre petit projet…

- Les gars, me coupa Remus, encore une fois, vous êtes vraiment sûr de vouloir faire ça ?

- …il faudrait déjà savoir par où commencer, continuai-je en l'ignorant délibérément.

- Ce n'est pas évident, dit James, tous les livres que nous avons consultés ne nous expliquent pas vraiment comment procéder.

- Tu n'imaginais quand même pas qu'il y aurait un livre : Devenir Animagus en dix leçons ? demanda Remus d'un ton sarcastique.

- Eh, m'énervai-je, au lieu de faire des commentaires spirituels si tu nous aidais. Sauf si tu as envie de rester un Loup solitaire toute ta vie…

- Tu devrais le crier encore plus fort, toute la tour n'a pas entendu, me répondit Remus sur le même ton.

Nous nous affrontâmes du regard. Toutes les tensions de la journée retombaient et je m'en voulais un peu d'avoir attaqué Remus de la sorte. Mais j'avais bien trop de fierté pour l'avouer. Remus baissa les yeux le premier.

- Si vous pouviez éviter de le mentionner à tort et à travers, murmura-t-il, un de ces jours ça va vous échapper en public…

- Aucun risque, reniflai-je d'un air méprisant.

- STOP ! s'exclama James. Arrêtez tous les deux qu'est-ce qu'il vous prend ? Mais Remus, Sirius a raison. Si tu veux qu'on t'aide à supporter ta… ton petit problème de fourrure, il va falloir nous aider aussi ! C'est toi le meilleur pour chercher dans les bouquins…

- Petit problème de fourrure, s'amusa Peter, on dirait que tu parles d'un petit animal récalcitrant…

- Mais c'est ce qu'est notre cher Mumus, répondis-je en regardant mon ami d'un air taquin, celui-ci grimaça au surnom. C'est un petit animal récalci…

Je ne finis pas ma phrase car le petit animal venait de m'envoyer son oreiller dans la figure. Bientôt suivit par d'autres ce qui entraîna une très traditionnelle bataille de polochon. Ce n'était pas ce soir que nous allions avancer.

Mais cela eut au moins le mérite de me changer les idées. Quand je m'endormis ce soir là, je ne pensais plus à Lestrange, aux meurtres ou à ma famille. Je ne pensais plus au « Seigneur des Ténèbres » et à la guerre. Je pensais seulement aux nouvelles aventures que nous allions bientôt vivre et aux futures nuits de pleine Lune…