Cette histoire appartient à Johnnyboy7 et que je n'en suis que la traductrice. Elle s'adresse à un public adulte, donc dix-huit ans et plus.
There Will Be Freedom – traduction
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Je vous avais parlé d'un long chapitre alors je vous laisse apprécier: rebondissements, émotions et surprises.
Merci à Flopyy69, Crystal, Rose01, Laura, et Mylène que je n'ai pu contacter par MP, et à vous toutes en général pour vos reviews et bien entendu à SBRocket et Ptitewam.
Chapitre 20 : Suspicion
Suspicion
BELLA POV
"There is no easy walk to freedom anywhere, and many of us will have to pass through the valley of the shadow of death, again and again, before we reach the mountain top of our desires."-Nelson Mandela
All things Twilight related belong to Stephanie Meyer
Je commençai à séparer sans conviction le blanc et les couleurs dans notre buanderie. C'était bon d'être à la maison, mais les corvées c'était l'enfer. Couleurs dans une pile, blanc dans la machine. Ennuyeux.
Nous étions rentrés d'Espagne depuis trois jours et après s'être reposés, il était temps maintenant de retourner à la réalité. Ces deux semaines d'évasion avait été magnifiques cependant. Après le cambriolage, les choses s'étaient passées sans heurt. Nous n'avions pas à nous soucier de crimes ou de travail et juste se focaliser et nous perdre dans la splendeur de l'Espagne.
Une personne de la sécurité de la banque m'avait appelée pour m'informer sur ma 'bague manquante'. Il ne m'avait pas été difficile de pleurer grâce à mes hormones, alors j'avais fait tout un show au téléphone. Je les avais menacés de poursuites et j'avais même eu Edward pour leur hurler dessus pendant quelques minutes. Ensuite nous avions sorti tout cet incident de nos têtes. Je ne savais pas ce qu'il y avait dans le coffre qu'il avait volé et je ne posai pas de question. Quand il s'agissait de cela, moins j'en savais mieux c'était.
Après quelques jours de repos, j'étais redevenue la Bella habituelle. Celle qui faisait les corvées et allait travailler. J'avais dû dormir pendant vingt-quatre heures d'affilée cependant. Je pense que c'était vraiment longtemps. Je ne savais pas vraiment si c'était le décalage horaire ou mon épuisement. Edward, malheureusement, n'avait pas eu la chance de dormir. Il était directement retourné au travail et avait déjà l'air épuisé. C'était comme si nos vacances n'avaient jamais existé.
Un sifflement fort se fit entendre derrière moi et je me tournai rapidement.
"Putain de merde!" hurlai-je. "Alec!"
Valentino rampait sur le sol. Il était inoffensif et la plupart du temps je l'oubliais, mais là il avançait vers moi. Alec disait que nous lui avions manqué pendant que nous étions partis. Il se faufila vers moi et frotta sa tête sur ma jambe.
"Oh. Désolé, Bella." Alec entra et le souleva. "Je nettoyais sa cage. J'ai oublié qu'il était à l'intérieur."
"Ce n'est pas possible." Je tapai du pied. "Quand le bébé sera là, cette chose ne peux plus entrer à l'intérieur. Et je suis sérieuse."
"Je sais; je ferai plus attention." Il enroula Valentino autour de son cou et de ses bras, le transportant dehors.
Dix minutes plus tard, Alec était de retour.
"Bella, je n'arrive pas à trouver mon sweat-shirt gris." Il entra dans la buanderie torse nu. "Tu vois celui dont je parle?"
"Celui avec des rayures bleues ou celui avec des blanches?"
"Avec des rayures blanches. Où est-il?" Il fouilla dans la corbeille à linge. "Je sais que je l'ai laissé quelque part ici."
"Je ne sais pas. Je ne l'ai pas encore lavé mais si tu nettoyais ta chambre une fois par mois, tu serais peut-être en mesure de trouver quelque chose."
"Jane adore cette chose," pensa-t-il tout haut. "Je voulais le mettre pour notre déjeuner ensemble aujourd'hui."
Les probabilités qu'elle l'ait étaient fortes, mais je ne le lui dis pas.
"Il ressortira," lui dis-je. "Tiens, mets ça." Je lui tendis autre chose.
"Très bien, super." Il le passa par la tête.
"Es-tu prêt pour les cours d'été?" demandai-je.
"Non, mais j'irai parce que tu m'y obliges."
"Tu dois rattraper. Tu es déjà en retard d'avoir raté un trimestre entier.
Le calendrier des cours normaux avait pris fin mais Alec devait encore aller à l'université. Edward et moi l'avions forcé à suivre quelques cours pendant l'été. Il n'aimait pas beaucoup ça. Ce n'était pas comme s'il avait le choix en la matière.
"Je déteste l'école." Il croisa les bras, s'appuyant contre le sèche-linge.
"L'école est bien pour toi."
"Je déteste ça quand même." Alec vérifia sa montre. "Merde, je dois y aller."
"Amuse-toi bien."
Il m'embrassa sur la joue et passa la porte en bondissant. "Bye, Bella."
"Bye."
Je continuai à trier les vêtements.
Blanc...
Couleurs...
Blanc...
Couleurs...
Enfin, au bout d'une demi-heure de plus, j'avais fini ma méticuleuse vérification. Nous avions pris beaucoup de choses pour l'Espagne et nous en avions rapporté plus encore. Étonnamment, ils avaient de bons vêtements de grossesse là-bas. J'en avais profité et rapporté deux valises pleines d'affaires.
Je devenais plus grosse chaque jour. Mon ventre continuait à ressortir mais je pouvais généralement le cacher si je voulais. Bientôt je savais que ce ne serait plus le cas. Mes seins étaient comme des melons et douloureux une grande partie de la journée, mais la douleur commençait à s'estomper. Je pensais que tout était supposé faire mal à ce stade.
J'avais ma consultation de la douzième semaine dans quelques jours, alors je serai en mesure de voir comment je progressais. Ça m'excitait. Cela allait vraiment arrivé. Mon bébé serait là le temps de quelques mois, et je ne pouvais m'empêcher de sourire à propos de ça. Rose disait que c'était une lueur. Je n'avais jamais compris cela jusqu'à maintenant.
Cela pouvait-il être vraiment possible? Je n'avais jamais pensé être heureuse comme ça. J'avais un mari extraordinaire, un bon travail, une bonne famille et un bébé en route. Bien sûr, nous avions des problèmes – plus que les gens ordinaires – mais ils n'étaient que de petits obstacles. Je ne savais pas à quoi je m'attendais mais quand j'avais quitté Forks il y a cinq ans, je n'avais vraiment pas pensé finir là. Ce n'était pas une possibilité.
Je soupirai de bonheur et allumai le lave-linge. Je regardai les vêtements s'emmêler avant d'ajouter la lessive. Je secouai la bouteille vide lorsque j'eus fini.
"Je pense que je vais devoir aller en acheter," me dis-je à moi-même.
Puisque que nous avions besoin de lessive, je pensais qu'il était temps pour un réapprovisionnement complet.
Edward avait une liste très précise de choses qu'il utilisait pour les besoins de la salle de bains; du savon au gel hydratant pour se laver le corps. Ça ne me dérangeait pas d'utiliser n'importe quoi, mais il interdisait généralement toute chose avec des conservateurs ou des colorants artificiels et même qu'il y en ait dans la maison.
Tous nos produits étaient hypoallergéniques, ultra doux, nettoyants en profondeur, super hydratants, et extrêmement enrichis en vitamines. Ses rasoirs devaient être scellés sous vide et intacts. Les détergents devaient être faits avec des ingrédients naturels et ne devaient rien sentir. La propreté était le but, pas le parfum. Il piquait une crise si ses brosses à dents n'étaient pas emballées avec soin et que Dieu nous vienne en aide si son shampoing n'était pas parfait. Le shampoing devait être bien.
Il ne faisait pas confiance aux magasins le transport de la plupart des choses dont il avait besoin alors nous commandions tout directement aux fabricants.
C'était assez bizarre au début d'appeler le siège de Dove ou Gilette et demander certains produits, mais ils m'assurèrent qu'il n'y avait pas de problème. Maintenant c'était comme une seconde nature pour moi. Tous les mois environ, j'appelai avec une longue liste de choses et des instructions précises et le lendemain, un grand carton arrivait à notre porte. Edward le déballait et rangeait soigneusement les affaires dans la salle de bains, toujours avec un sourire heureux.
Nous avions un compte permanent alors il ne me fallut pas longtemps pour ma commande par téléphone et on m'assura que j'aurai mon colis demain, qu'il vente ou qu'il neige.
Il n'était que dix heures du matin et je me sentais déjà achevée. Je ne devais pas travailler ce soir alors je pouvais rester chez moi et cuisiner au lieu d'aller diner dehors. Je profitai des jours comme celui-ci quand j'avais du temps pour moi pour faire ce que je voulais. C'était peut-être bizarre mais j'étais fière de cuisiner et de ranger ma plutôt grande maison. Cela me faisait me sentir utile. Ce n'était pas comme si je dépensais des millions de dollars à importer ou exporter des choses illégales comme le faisait Edward. Ceci était son fort, cela était le mien.
Je m'assis à la table et pensai à quoi faire ensuite. Ma réponse me donna des petits coups sous la table et je sentis une langue humide lécher mon tibia.
"Hé, c'est dégoutant. Francis, arrête ça." Je me penchai et le soulevai, l'installant sur mes genoux. Il était devenu assez gros, normal avec tous les repas dont il s'empiffrait tous les jours.
J'aimai tellement Francis que c'était ridicule. Je ne savais pas comme j'avais pu autant m'attacher à un animal mais je n'y pouvais rien. Je n'avais jamais eu d'animaux de compagnie, alors je rattrapai ça maintenant. Il était mon compagnon. Peut-être qu'il en serait de même avec le bébé.
"Veux-tu aller faire une promenade?" demandai-je, le frottant derrière les oreilles. Sa langue pendait sur le côté. "Il fait beau dehors."
Une demi-heure plus tard, Francis avait son collier et j'étais dans des vêtements plus adaptés à l'exercice. L'air de mi-mai était à peine chaud quand Francis et moi trottinions dans la rue vers un endroit tranquille. Le médecin avait dit que je devais faire normalement de l'exercice tout le long de la grossesse, alors ceci généralement suffisait. Je marchais avec Francis jusqu'au parc au bout de notre lotissement et ensuite revenais. En tout cela faisait environ deux kilomètres et demi.
Je respirai profondément et j'adorai la sensation de l'air frais dans mes poumons. Je ne me sentais pas du tout étouffée, même si Amun était à cinq pas derrière moi. Comme toujours.
La maison en face la nôtre fut "mystérieusement" mise en vente avant que nous partions en Espagne. Quand nous étions revenus, la famille avait déménagé. Le lendemain, Amun et son équipe avaient emménagé. Edward n'avait pas de réponse quand je l'avais questionné. Davantage de choses suspectes semblaient se produire également autour de la maison.
Je pouvais jurer qu'un jour, en revenant vers la porte d'entrée après avoir pris le courrier, j'avais vu une caméra. Elle avait disparu quand j'avais vérifié ce soir-là.
Amun et moi avions un accord. Il me laissait tranquille et je ne le tuerai pas. Il pouvait être aussi près qu'il voulait, il ne pouvait simplement ni parler ni s'imposer de manière agressive. La plupart du temps, tout comme Valentino, j'oubliais qu'il était là.
Francis sauta partout dans le parc pendant quelques minutes lorsque nous arrivâmes. Je m'assis dans l'herbe et pris une gorgée de ma bouteille d'eau. C'était paisible et vu que les enfants n'allaient plus à l'école, ils couraient sur le terrain de jeu avec insouciance. Ils adoraient Francis et trouvaient qu'il était le chien le plus cool. Il appréciait cette attention et n'essayait pas de les mordre ou de les intimider. C'était un bon chien.
Une des mamans, Julia, vint me parler. "Bonjour, Bella."
"Bonjour, ça me fait plaisir de te voir."
"Merci, moi aussi." Elle s'assit.
Julia était gentille, à peu près de mon âge, peut-être plus âgée. Son mari était pilote de ligne et passait beaucoup de temps en vol, mais ils avaient une petite fille qui était vraiment mignonne. J'aimais parler avec elle parce qu'elle ne semblait pas avoir peur de moi comme la plupart des gens du voisinage. Tout ça à cause d'Edward, bien sûr.
"Comment vas-tu aujourd'hui?" demanda-t-elle en désignant mon ventre.
"Bien. Plus de nausées matinales, je ne crois pas. Du moins, ce n'est pas arrivé depuis quelques jours."
"Oh, c'est le pire." Elle fit la grimace. "Je ne pouvais pas supporter les nausées matinales."
"Ça devenait assez mauvais et ça faisait flipper Edward."
"Vous n'avez pas encore fait d'annonce?"
"Non, nous attendons que je l'aie dit à mon père. Il en mourrait s'il voyait ça aux infos ou je ne sais où."
Je n'avais pas réalisé que ma grossesse était bien plus qu'un sujet brûlant, mais ça l'était certainement à Chicago. Les photographes et la presse voulaient une confirmation. De toute évidence, tout le monde pouvait voir que j'étais enceinte, mais Edward et moi n'avions encore rien confirmé. Nous aurions à le faire bientôt. Même les sites nationaux de potins avaient des articles sur moi parfois. Je trouvais cela absurde mais Edward m'avait dit que c'était à prévoir.
Comme Alice l'avait dit, j'étais la première de la plus jeune génération des Cullen à être enceinte. C'était une grande affaire.
"Tu as vraiment l'air en bonne santé," commenta Julia.
"Merci." Je tapotai mon ventre. "Il mange tellement."
"C'est assez normal. J'avais pris vingt kilos."
"Oh," Mes yeux s'écarquillèrent," Je ne crois pas que je puisse prendre autant. Je me sentirais tellement..."
"Mal à l'aise? Ouais, c'est une calamité." rigola-t-elle.
Quelques minutes plus tard, j'appelai Francis et lui mis sa laisse. Il était temps de rentrer. Les enfants n'aimaient pas beaucoup ça mais j'avais besoin d'une sieste. Je les assurai qu'il reviendrait demain.
Quand nous arrivâmes dans notre rue, je vis un gros camion reculer dans l'allée de Victor et Victoria. Cela avait l'air extrêmement suspect, et mon cerveau me disait qu'on manigançait quelque que chose. J'avais rarement vu l'un deux chez eux dernièrement. Je ne savais pas ce qu'ils faisaient, mais je ne les aimais pas du tout.
Victoria sortait pour récupérer son journal quand je passai. "Bonjour, Bella." Elle souriait. Edward m'avait parlé des avances qu'elle lui avait faites. Il les trouvait agaçantes. Je voulais la tuer.
"Bonjour." Je la saluai de la main.
Amun fit connaitre sa présence. Victoria le regarda d'un air gêné.
"Je ne t'ai pas vue dans le coin." dis-je
"Je sais. Nous avons été vraiment occupés." Elle soupira. "Victor va et vient au Moyen Orient presque toutes les semaines et je dois m'envoler pour New-York tout le temps. C'est embêtant mais nous nous débrouillons."
"Que fait-il déjà?"
"Il est... journaliste." Son hésitation ne fit qu'augmenter ma méfiance.
J'avais le fort sentiment qu'il était trafiquant d'armes. Non, je savais qu'il l'était. Personne d'autre ne me croyait. Edward disait qu'il était clean et Alec m'assurait qu'ils le sauraient à présent s'il manigançait quelque chose. Mais je savais ce que j'avais vu.
Une nuit, quelque chose m'avait réveillée. J'avais regardé par la fenêtre pour voir ce que c'était et j'ai vu des hommes décharger des armes dans leur jardin de derrière. Edward travaillait cette nuit-là alors je n'avais pas pu lui dire jusqu'au matin, quand toutes les preuves avaient disparu.
"Comment va Edward?" demanda-t-elle, battant des cils.
"Il va très bien," dis-je sèchement.
"Cela fait tellement longtemps que nous ne vous avons pas vus Edward et toi ensemble. Depuis... la soirée chez Carry et Barry, je crois."
"Ouais, probablement."
"Ils déménagent, cela dit."
"Vraiment?" C'était nouveau pour moi.
"Oui. Il a été muté à New-York. Nous allons faire une soirée pour fêter leur départ dans deux ou trois semaines. Je vous enverrai une invitation."
"Entendu." Je n'étais pas sûre qu'Edward aimerait ça, mais nous pouvions faire un apparition quelques minutes par politesse.
"Je crois qu'il est temps d'y aller, Mme Cullen," murmura Amun.
"Et qui pouvez-vous bien être?" Victoria tendit la main à Amun pour qu'il la serre. Il ne le fit pas.
"Je suis un ami de la famille. Nous venons d'emménager en face."
"Je connais Amun depuis le lycée." Je tapotai son épaule extrêmement large. Il était tellement grand que je dus presque me mettre sur la pointe des pieds.
"C'est bien." Elle ne goba rien de tout ça mais je n'étais pas dupe non plus de ses mensonges.
Le camion que j'avais vu plus tôt s'ouvrit et des hommes commencèrent à porter de grandes caisses en bois. Ils étaient étrangers avec une peau foncée et des cheveux noirs. Ils ressemblaient presque à Amun. Juste plus dégingandés. Ils étaient environ cinq.
"Est-ce que vous déménagez?" demandai-je, jetant un coup d'œil de côté pour avoir meilleure vue.
"Non, juste de nouveaux meubles." Elle sourit faussement.
"Du Pakistan?"
"Pardon?"
"Du Pakistan, vos meubles." Je montrai du doigt une caisse. "Le tampon dit 'Pakistan' là-dessus."
"C'est un tapis." Victoria hocha la tête.
Crois-tu que je suis stupide?
Nous nous fixâmes un instant avant que Victor arrive d'un pas nonchalant, vêtu d'un joli costume ajusté. Sa queue de cheval basse était la chose la plus répugnante chez lui mais je détestais aussi ses yeux. Ils étaient gentils mais trompeurs.
"Bella, tellement ravi de te revoir." Il avait l'air trop heureux de me parler.
"Moi aussi." Je tendis intentionnellement ma main. C'était peut-être exagérément formel mais j'avais besoin une poignée de main. Il m'en donna une.
Ses paumes étaient rugueuses, mais douces en même temps. Je sentis les callosités sur sa peau qui venaient d'années à tenir des armes. Il y avait une petite brûlure sur la partie inférieure de sa main que je pus sentir avec mon petit doigt et quand je glissai ma main hors de la sienne, j'effleurai encore plus de brûlures sur ses doigts. Ses mains étaient presque identiques à celles d'Edward. Je le savais bien car elles avaient parcouru mon corps de bas en haut d'innombrables fois ces dernières années.
Journaliste, mon cul!
Victor ne demanda rien au sujet d'Amun, donc nous fîmes la causette à propos de la météo et du bébé. Ils ne semblaient pas du tout intéressés. Je regardai du coin de l'œil les hommes qui déchargeaient les caisses du camion. S'ils étaient vraiment des trafiquants d'armes alors ils étaient stupides de faire cela en plein jour, bien que je ne sache pas vraiment si c'était important. Personne par ici ne remarquerait quelque chose de suspect. Le mensonge 'nouveaux meubles' de Victoria suffirait.
Je les laissai tous les deux après de cordiaux au revoir. Amun s'assura que je sois à l'intérieur de la maison avant de retraverser la rue. Il m'avait dit de laisser les voisins tranquilles et qu'ils gardent leurs secrets.
"Ce n'est pas votre job de prouver qu'ils font quelque chose d'illégal," avait-il dit. "Laissez M. Cullen s'occuper de ça."
Une fois qu'il fut parti, je lui désobéis totalement.
"Comment suis-je supposée élever des enfants si nous vivons juste à côté de trafiquants d'armes?" marmonnai-je pour moi-même en attrapant les jumelles d'Edward sur l'étagère du haut de son placard. J'amenai une chaise à la fenêtre du fond dans notre chambre et m'y laissai tomber dessus.
Je pouvais voir directement dans leur jardin de derrière et une bonne partie de leur maison à travers les grandes fenêtres. Les rideaux étaient ouverts et je repérai les cheveux roux de Victoria qui montait les escaliers.
Voici comment commença mon obsession.
Je fus assise devant cette fenêtre toute la journée. Je ne la quittai même pour aller aux toilettes qu'à la toute dernière seconde. Je ne voulais rien manquer. Comme je le pensais, je vis des fusils dans le placard du bureau à l'étage lorsque Victor vint prendre un verre de vin. J'en comptai six, peut-être sept, et ils étaient tous des fusils militaires. Aucun journaliste n'avait besoin de choses comme celles-ci. Je sortis l'appareil d'Edward et pris des photos. Je n'étais pas folle et j'allais le prouver.
Je sortis du popcorn pour le manger à cause de mon intense envie de salé. Je les regardai comme s'ils étaient en vitrine. Je ne savais pas vraiment quelle heure il était mais je sentis l'odeur de l'eau de toilette d'Edward quand il entra dans notre chambre à la fin de la journée, peut-être aux alentours de dix-sept heures.
"Qu'est-ce que tu es en train de faire?" Edward vint vers moi et m'embrassa sur l'épaule. "Espionner nos voisins, mon amour?"
"Edward, je jure devant Dieu, que ces deux-là ne sont pas honnêtes." J'étais sure que je ressemblais à une folle avec l'appareil photo sur le trépied et un bol de popcorn sur les genoux.
"Bella, laisse-les tranquilles. Qu'est-ce que ça peut faire s'il sont des trafiquants d'armes?" Il commença à se déshabiller après sa longue journée de travail.
"Qu'est-ce que ça peut faire?" Je le suivis jusqu'au placard. "Je n'aime pas ça. Ce sont des gens sournois et tu dois leur parler."
"Je ne vais pas leur parler. Ils pourraient dire la même chose de nous." Il sourit.
"Mais, ce sont des gens méchants, Edward."
"Oh, Bella. Tu es tellement mignonne dans ton innocence." Il m'embrassa.
"Qu'est-ce que tu veux dire?"
"Tout le monde a ses secrets." Il alla à la salle de bains et je fus sur ses talons. "Les McKlusky au bout de la rue vendent du meth dans leur sous-sol et M. Ropert a des rapports sexuels avec son beau-fils de quatorze ans. Il est possible que ce ne soit pas consenti. Je n'en suis pas encore sûr."
"Quoi? Comment peux-tu être aussi calme à propos de cela?"
"Parce que je ne juge pas. C'est probablement la seule bonne chose que je fasse pour ce monde. Je suis le pire qui existe et les gens me donnent une chance."
"Mais tu juges... tout le monde. Tout le temps."
"Tu sais ce que je veux dire. Si les gens ne veulent pas que je sache quelque chose, soit je creuse pour avoir des réponses, soit je laisse courir. Victor et Victoria ne m'intéressent pas."
"Connerie! S'ils sont des trafiquants d'armes alors ils te prennent des affaires. Cela pourrait être des millions, Edward."
Je savais que ça l'interpellerait. Il s'arrêta dans son élan pour quitter la pièce et fit brusquement demi-tour, me prenant les jumelles. Il se précipita à la fenêtre.
"J'ai des photos." Dis-je et je m'accrochai à son épaule pour voir par la fenêtre. "Il ont reçu une expédition de quelque chose venant du Pakistan ce matin. Je l'ai vu quand je me promenais."
"Bella, tu ne peux pas t'impliquer là-dedans," gronda Edward. "Si quelque chose se passe, Alec et moi allons le gérer."
"Mais je veux aider. Je suis celle qui l'a deviné."
"C'est trop dangereux. Laisse-moi leur parler. Peut-être pouvons-nous les inviter à diner ou je ne sais pas."
Je me souvins ce dont Victoria m'avait parlé lors de ma promenade. "Ils font une soirée pour Carry et Barry dans deux ou trois semaines."
Edward gémit. "Devons-nous aller à ça?"
"Oui."
"Où diable sont-ils?" Sa tête partait dans tous les sens, les jumelles toujours collées sur les yeux, essayant de les trouver dans la maison.
"Ils sont restés chez eux toute la journée."
"Oh," soupira Edward.
"Quoi? Qu'est-ce qu'il se passe?" Je lui pris les jumelles.
Je découvris Victor et Victoria dans la salle de bains du haut. Ils semblaient crier mais la fenêtre était fermée alors je ne pouvais pas entendre. Ils étaient tous les deux rouges agitant leurs bras.
Je hoquetai quand Victor gifla Victoria. Elle trébucha en arrière et puis se ressaisit, le giflant en retour… plus fort. Il la gifla à nouveau. Entre temps, Edward avait sorti d'autres jumelles pour lui et avait installé une chaise à côté de la mienne.
"Que sont-ils en train de faire?" demandai-je choquée.
"Se battre, visiblement." Il s'écria quand Victor poussa Victoria contre le mur. "Regarde-la !"
"Devrions-nous le signaler? Il lui a peut-être fait mal."
"Non, laisse-les tranquilles. Je ne crois pas que ce soit une vraie bagarre."
"Que veux-tu dire?"
"C'est une bagarre… de passion. Je le sais."
Edward avait raison. Une fois que Victor et Victoria eurent marre de se gifler, ils s'accrochèrent dans un baiser fougueux. Les vêtements commencèrent à voler après quelques secondes et il la souleva sur le lavabo. Edward et moi dûmes nous pencher en avant afin de voir. C'était probablement illégal mais c'était tout simplement trop bon pour détourner le regard.
"Cela semble mal," dis-je, les regardant de plus près.
"Je sais. Comme un accident de voiture."
Victor était maintenant complètement nu, et je m'étais presque couvert les yeux quand il avait baissé son boxer, mais non. Il était très bien… monté. Il semblait que personne ne pouvait rivaliser avec Edward cependant. Victor avait beaucoup de circonférence mais ce n'était pas le plus long que j'ai vu. Il était déjà en érection, et courbé vers la droite dans un angle qui avait l'air douloureux.
"Hmmmm. Je n'y avait jamais pensé," dit Edward pour lui-même.
"Que se passe-t-il?"
Victoria enleva aussi ses vêtements, me faisant me sentir pas à la hauteur. Son corps était ferme à tous les bons endroits. Pas trop musclé, mais long et mince. Ses seins pointaient.
"Faux," commenta Edward.
"Comment le sais-tu?"
"C'est un don." Il haussa les épaules. "Ils sont exactement de la même taille. Les femmes ont toujours un sein plus gros que l'autre. De plus, on peut voir sa cicatrice sur son décolleté."
J'examinai ma poitrine.
"Le droit est le plus gros." Dit-il sans regarder. "Tes seins sont très jolis avec la grossesse. Je les aime bien."
Je ne savais pas s'il avait raison concernant les supposés faux seins de Victoria ou s'il essayait juste de me faire sentir mieux, mais je souris légèrement.
Ce qui était surprenant c'était le gigantesque buisson poussant entre ses jambes. C'était juste une jungle rousse en bas. Victor semblait aimer ça cependant. Il la plaça sur le plan de toilette et baissa la tête, la léchant avec la langue.
"Il fait ça mal." Soupira Edward. "Bon sang, mec. Garde un peu de dignité. C'est embarrassant."
"Je n'arrive pas à croire que nous regardons ça." J'étais un peu étourdie.
"C'est du porno en live." rit-il. "Est-ce ça que tu as pris en photo toute la journée? Petite Coquine."
"Non, promis. Ils ne baisaient pas quand je les surveillais."
Victor avait arrêté les préliminaires et déplaça Victoria jusqu'à la baignoire. Il la pencha au-dessus et entra en elle sans ménagements. Elle cria de plaisir et arqua son dos comme une chatte en chaleur. Cela nous donnait une vue parfaite sur… tout. Ils étaient rapides dans leurs mouvements.
Il enroula ses longs cheveux roux autour de sa main et tira sa tête en arrière afin qu'elle s'arque davantage. Elle hurlait. C'est tout ce que je pouvais dire.
"Je ne pense pas que nous devrions en regarder plus."
"Nous devons les voir finir. Je veux voir son visage quand elle jouit. Je parie qu'il est drôlement dégoûtant."
On pouvait le savoir quand ce fut la fin pour elle car tout son visage partit de travers. C'était comme si elle était victime d'un AVC et elle se mit à trembler de façon incontrôlable. Ses lèvres se tordirent au coin et ses yeux flottaient comme si elle faisait une crise d'épilepsie. Ce n'était pas très séduisant.
"J'espère que je ne ressemble pas à ça," dis-je.
"Crois-moi, tu as un beau visage quand tu jouis." Edward m'embrassa dans le cou. "Magnifique, d'ailleurs."
"Bon, nous devons arrêter," Je posai les jumelles et m'écartai de la fenêtre. "Nous allons au confessionnal dimanche."
"mmh mmh. Tout ce que tu veux." Edward n'avait pas encore bougé.
Je dus le trainer pour aller diner. Nous finîmes par commander des pizzas puisque j'avais paressé toute la journée.
"Alors, Bella, quand vas-tu à Forks?" me demanda Alec à table. Jane s'était jointe à nous aujourd'hui et j'étais surprise qu'il m'ait même remarquée dans la pièce.
"Euh, à la fin de la semaine." J'avalais un gros morceau que je n'avais pas l'intention de prendre. "Ce n'est que pour deux jours."
Edward grogna sa désapprobation. Il n'aimait pas le fait que j'y aille sans lui, mais je l'avais supplié de rester à la maison. Amun et deux autres gardes du corps venaient avec moi alors je serai en sécurité.
"Es-tu impatiente de voir ton père?" demanda Jane.
"Oui, mais un peu nerveuse. Je dois lui parler du bébé."
"Il sera heureux. C'est son premier petit-enfant. Son seul biologique même," dit Edward.
"Vrai."
"Je ne pense pas que nous nous entendions comme avant." Je soupirai. "Il m'a déçu pour de si nombreuses raisons."
Cette conversation fit tomber l'ambiance autour de la table donc nous changeâmes de sujet.
Le reste de la semaine passa incroyablement vite.
Je devenais de plus en plus nerveuse au sujet de mon prochain voyage à Forks, mais je n'y pensais pas beaucoup. J'avais juste besoin de m'assurer que Charlie allait bien. J'avais acheté sa maison au bord du lac et je prévoyais de la lui offrir quand je serai là-bas. Il protesterait mais finirait par la prendre. J'y veillerais.
Edward et moi gardions un œil attentif sur nos voisins. Je pense que nous espérions qu'ils aient du sexe à nouveau mais non. Victor partit le lendemain en voyage quelque part. J'étais allée chez eux avec un de leurs courriers que j'avais reçu la semaine d'avant mais 'oublié'. Quand je les avais invités à dîner, elle avait dit qu'il était en Turquie et qu'elle allait bientôt partir pour le Texas. Je ne savais pas comment ils pouvaient avoir une quelconque relation avec la quantité de voyages qu'ils faisaient.
Les jours passèrent comme habituellement. Nous nous étions réadaptés à la normale après les vacances et j'étais retournée travailler. Rien d'excitant n'était arrivé mais je me rendais compte qu'Edward commençait à davantage travailler les nuits. Il rentrait à la maison avec du sang sur ses vêtements mais je ne demandais pas pourquoi.
Quand le vendredi arriva, j'étais plus que prête pour partir. Edward me harcelait sans cesse sur la sécurité et d'être sur le point d'avoir un anévrisme. Tous les matins nous nous disputions pour savoir s'il devrait ou non venir avec moi. Il nous fallait généralement à Alec et moi environ une heure pour le calmer suffisamment pour qu'il puisse aller travailler.
Heureusement il n'aurait pas à rester à la maison à s'inquiéter tout le week-end. Il avait une grande présentation à faire aux dirigeants du conseil municipal ou quelque chose comme ça. Je ne savais pas trop mais Jane m'avait dit que c'était important. Il passerait la majeure partie de son temps là-dessus quand je serai partie. Elle me promit de le tenir occupé.
Le vendredi tôt le matin, je me réveillai et sautai dans la douche. Je me surpris à être d'humeur impatiente de revoir Charlie. Quand je l'avais appelé pour lui dire que je venais lui rendre visite, il avait semblé excité; encore plus quand j'avais dit qu'Edward ne m'accompagnait pas. Je crois bien l'avoir entendu crier de joie avant de raccrocher.
"Je veux que tu m'appelles toutes les deux heures," dit Edward alors que nous étions assis en bas pour le petit déjeuner. J'allais partir pour l'aéroport à peu près en même temps que lui.
"Je sais."
"Et ne t'éloigne pas d'Amun un seul instant."
"Je sais."
"Mon Dieu, tout ceci est tellement stressant. Peut-être que je devrais aller avec toi." Il soupira. "Je pense que ce serait mieux."
"Edward, c'est ridicule," criai-je presque. "Laisse-moi rendre visite à Charlie toute seule."
"Je sais, je suis à nouveau hyper-protecteur mais je m'inquiète tellement."
"Oui, et tu vas finir par te tuer à cause de moi." Je posai ma main sur la sienne sur la table. "S'il te plait, reste calme. Je t'appellerai et tout ira bien. Que crois-tu qu'il puisse arriver?"
"Je ne sais pas exactement. J'essaie vraiment de te laisser vivre ta vie mais j'imagine des choses dans mon esprit. Tu me connais." Il haussa les épaules.
Quand vint le moment de partir, je fus celle qui craqua émotionnellement. Je ne sais pas ce qui me tomba dessus, mais je devins une épave, pleurnichant et pleurant. Edward et moi nous étions rarement séparés, jamais plus d'une journée de ce que je puisse me souvenir de ces deux dernières années. Maintenant je serai loin de lui tout un week-end. J'essayai de ne pas être crampon, mais s'il avait raison? Et si quelque chose se passait mal? Je ne saurais pas quoi faire.
"Bella, je dois y aller," gloussa Edward, essayant de me détacher de lui à la porte d'entrée. "La voiture sera là pour te prendre dans cinq minutes mais j'ai un rendez-vous et je suis déjà en retard."
"Viens avec moi," supplia-je.
"C'est simplement scandaleux." Alec se tenait sur le côté, secouant la tête.
"Je pensais que nous avions parlé de ça. Tu voulais partir seule pour parler à ton père." Edward me tenait à bout de bras. "Ce sera bien pour toi et tu seras de retour dans deux jours."
Je hochai la tête. "Ce bébé sème la pagaille dans mon esprit, Edward. Je ne sais plus comment agir."
"Je sais." Il m'embrassa sur le front. Mes lèvres étaient déjà gercées de nos intenses baisers d'au revoir et si nous recommencions, nous ne nous arrêterions peut-être pas. "A dimanche, d'accord?"
"D'accord. Bye." Je gardai mes mains pour moi et il partit dans le garage. Il me fit signe de la main une fois encore avant d'accélérer dans l'allée.
"Tu es un véritable désastre," dit Alec. "Ces sautes d'humeur auront notre mort."
"Je n'arrive pas à me contrôler." Je voulais crier. "Je déteste ça."
"Peut-être que ça va passer," répondit-il avec espoir.
"Ça m'étonnerait."
"Dieu, aidez-moi." Il lança ses mains en l'air et retourna à l'intérieur.
Je restai assise, Francis sur les genoux, jusqu'à ce que William frappe à la porte. Amun mit mon unique bagage dans le coffre de la citadine noire et attendit ensuite que je monte en voiture. Je pleurai encore quand Alec m'étreignit pour me dire au revoir.
"J'ai laissé des plats dans le congélateur pour toi et Edward." lui dis-je. "Il y a des instructions, tâche de les lire."
"Oui, Bella."
"Et arrête de donner du poulet à Francis. Il devient gros et ce n'est pas sain." reniflai-je.
"Oui, Bella."
"Laisse Valentino dehors et nettoie ta salle de bains. Il vaudrait mieux que ce soit fait quand je reviendrai."
"Oui, Bella."
"Je pense que j'oublie quelque chose."
Il me serra fort. "Allez vas-y. Amuse-toi bien et donne le bonjour de ma part à Charlie."
"Entendu." Je hochai la tête.
Amun m'aida à monter en voiture et s'assit ensuite devant. Alec tenait Francis et ils me firent signe tous les deux.
"Qu'est-ce qui ne va pas chez moi?" Je soufflai par le nez.
"Je crois qu'on appelle ça les hormones, M'dame." Dit William de devant.
"Si seulement je pouvais me réveiller dans sept mois et avoir alors le bébé."
"Vous rateriez l'expérience." Il sourit dans le rétroviseur.
"Je suppose que vous avez raison."
Quarante-cinq minutes plus tard nous arrivions à l'aérodrome privé en banlieue de Chicago. Je prenais le jet vu qu'Edward pensait que ce serait plus rapide et je n'aurais pas à avoir affaire à un véritable aéroport.
J'étais habillée d'un jean sombre et d'un simple chemisier avec des bottes à talons. Il pleuvait un peu alors je mis ma veste bleu marine préférée.
"Il y a des journalistes au portail, Mme Cullen. Des photographes aussi. Est-ce que ça ira?"
"Il n'y a pas grand-chose que nous puissions faire, n'est-ce pas?"
"Non, M'dame. Désolé." Il sortit de la voiture.
Avant que je puisse atteindre la poignée de la porte, Amun était là pour me l'ouvrir. Il resta près de moi jusqu'à l'avion. Je vis les photographes qui criaient, essayant d'attirer mon attention. Je gardai juste la tête baissée. Je savais quels titres on lirait dans la matinée; Isabella Cullen décolle pour une destination inconnue ou Les Cullen volent séparément pour éviter d'être vus ensemble. Tous les sites de potins nous adoraient.
J'étais installée dans mon siège quelques minutes plus tard et me laissai couler dans le cuir moelleux
"Voulez-vous boire quelque chose?" me demanda Amun.
"Juste de l'eau, s'il vous plait."
Il partit en chercher et revint un instant plus tard. "Je serai à l'avant si vous avez besoin de quoi que ce soit."
"Merci."
Je sortis mon téléphone et décidai d'appeler Charlie. Il avait pris sa journée pour passer du temps avec moi quand je serai là. Il décrocha à la première sonnerie.
"Hé, gamine. Où es-tu?"
"Je viens de monter dans l'avion. Nous décollons dans dix minutes mais je pensais que je devais t'appeler pour te faire savoir que j'étais en route."
"Nous sommes tous tellement impatients de t'avoir à la maison. Ça fait si longtemps."
"Je sais, Papa. J'ai hâte d'être là. Comment va Anna?"
"Elle essaie comme une folle de nettoyer. Elle devient tellement nerveuse quand nous avons des invités. Tu loges ici, n'est-ce pas?"
"Non, je pensais m'installer au Lodge," dis-je. C'était le seul hôtel à Forks et mon père n'avait pas assez de chambres.
"C'est vrai? Je pouvais faire dormir Bobby dans le canapé. Tu peux prendre sa chambre."
"Non, c'est bon. Je ne voudrais mettre personne dehors."
"Tu es sure?"
"Oui, on se débrouillera."
"Très bien, si tu le dis. Quand dois-je venir te chercher?"
"En fait, j'ai une voiture qui m'attend."
"Oh, classe. À SeaTac?"
"Non, à l'aérodrome près de Port Angeles." Je relevai la tête parce que je savais qu'il allait dire quelque chose à propos de ça.
"L'aérodrome?"
"Oui."
"Seuls les petits avions venant de SeaTac atterrissent là. Il n'y en a pas de prévus aujourd'hui. J'ai vérifié."
"Et des avions privés."
"Qui en a un?" se moqua-t-il.
"Moi, Papa. J'ai pris le jet pour venir à Forks."
Il y eut un silence pendant quelques secondes avant qu'il se racle la gorge. "Waouh, Bells. C'est... impressionnant."
"Je sais. Edward pensait juste..."
Charlie gémit. "Je ne veux pas entendre parler d'Edward là tout de suite. A quelle heure seras-tu là?"
"Vers midi," répondis-je.
"Ok. Je te vois à la maison alors."
Il raccrocha.
Je soupirai et posai ma tête sur le dossier. Je ne savais pas si Charlie avait un problème avec ma richesse mais il était évident que ça le rendait très mal à l'aise. Chaque fois que j'appelais, il se moquait de moi ou disait des paroles blessantes. Cependant je doutais qu'il se rende compte que ça m'affectait. Il disait que j'avais changé, je ne le pensais pas. Je voulais juste que nous soyons liés comme avant. Cela pourrait ne plus être une possibilité néanmoins.
J'envoyai un texto à Edward avant que nous ne décollions et m'endormis peu après.
J'avais l'impression que je venais juste de fermer les yeux quand quelqu'un me secoua pour me réveiller.
"Mme Cullen, nous sommes arrivés," me dit Amun à l'oreille.
"Non," gémis-je.
"Vous pourrez dormir dans la voiture si vous le souhaitez, mais nous devons descendre de l'avion."
J'ouvris les yeux et ne pus voir réellement grand-chose. Je sentis une grande main prendre la mienne et me sortir du siège. Il commença à me tirer et je me laissai tomber dans les escaliers de l'avion avant de monter dans une voiture qui attendait.
"Eh bien, ce fut rapide," marmonnai-je, essayant toujours de me réveiller.
"Je n'ai pas eu la chance de survoler la région. J'avais besoin de que vous soyez à l'abri aussitôt que possible," répondit-il.
"C'est l'État de Washington. La seule chose dont vous avez à vous inquiéter ce sont des routes verglacées et des remorques." Je roulai des yeux. "Mais j'aime ça."
"Il est préférable d'être prudent que désolé." Il donna des instructions au nouveau conducteur. Comment Amun savait où était la maison de Charlie? je ne savais pas. Il avait ce genre d'informations connectées à son cerveau.
"Peut-on éteindre la ventilation, s'il vous plait?" demandai-je, resserrant ma veste. "Il fait vraiment froid ici."
La pluie s'était mise à tomber fort. Nous n'étions qu'en mai ce qu'il voulait dire qu'il faisait encore assez frais en Washington. J'étais gelée. Un frisson parcourut mon dos et je frémis.
"Est-ce mieux, Mme Cullen?" Le conducteur me regarda dans le rétroviseur intérieur.
"Oui, merci."
J'appelai Edward et lui assurai que j'avais atterri sans problème. La première chose qu'il fit, fut de soupirer de soulagement et ensuite il commença à me poser une flopée de questions sur le vol. Si j'avais été prudente? Si j'avais mis ma ceinture tout le temps? Si Amun faisait son travail? Je ne pris pas la peine de répondre à la moitié d'entre elles.
Après que nous ayons raccroché, je regardai par la fenêtre le paysage qui défilait. Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire. Les côtes rocheuses et les pins touffus me ramenaient à beaucoup de bons souvenirs. Une fois en ville, je fus surprise qu'elle soit restée la même. J'étais contente qu'elle n'ait pas beaucoup changé. Ce ne serait pas chez moi sans la même odeur de cuisine graisseuse et les travailleurs qui y habitaient.
Je commençai à me faire une liste de ce que Charlie et moi pourrions faire. Peut-être que nous pourrions prendre son bateau et pécher. Il avait toujours aimé ça et j'appréciais à l'occasion. Ou peut-être que nous pourrions faire un feu de camp sur la plage. Il y avait tant de choses que je voulais faire pendant que je serai chez moi.
Nous arrivâmes bientôt dans la rue de Charlie. Les maisons n'avaient pas changé et les mêmes familles vivaient ici depuis que j'étais petite. Je vis des enfants sur leurs pelouses, jouant avec leurs jouets et des hommes réparant leurs vieilles voitures. C'était... naturel.
"Nous y sommes," dit Amun et il sortit pour ouvrir ma portière.
Je sortis de la voiture et pris une grande goulée d'air.
"Je vais tout arranger à l'hôtel et ensuite je reviens pour vous dans environ une heure. Est-ce que ça va?" demanda-t-il.
Je hochai la tête.
"Je vais laisser quelqu'un de l'autre côté de la rue au cas où vous auriez besoin de quelque chose mais je voulais vous laisser l'occasion de parler avec votre père sans chaperon."
Je souris. "Enfin. Vous comprenez ce que je dis."
"Juste suivre les ordres, Mme Cullen."
"Je sais," soupirai-je. "Et merci. Je crois que je me sens beaucoup plus en sécurité avec vous."
"C'est le but."
Je m'engageai dans l'allée en ciment qui conduisait au porche d'entrée de Charlie. La maison se tenait fière et n'avait rien de trop sensationnel mais elle avait été ma maison pendant longtemps. J'eus presque la larme à l'œil en y pensant.
"Hé, gamine. Que fais-tu dehors sous la pluie?" Demanda la grosse voix bourrue de Charlie. Il était appuyé contre le chambranle avec un sourire diabolique sur la figure. J'étais tellement absorbée par mon environnement que je ne l'avais même pas remarqué.
"Bonjour, Papa." Je trébuchai presque en courant vers lui, mais il me rattrapa. Je pris une forte inspiration et il sentait comme toujours : menthe poivrée, cuir et bière. Ça pouvait donner l'impression d'un mélange écœurant mais c'était apaisant pour moi.
"C'est si bon de t'avoir à la maison." Il me balança d'un côté à l'autre.
"C'est bon d'être ici."
Il me reposa enfin et me regarda. "Tu parais plus vieille."
"Tu m'as vue il y a tout juste deux mois."
"A ton mariage, ouais, je me souviens." Il roula des yeux. "Entre."
Je passai le seuil et regardai tout autour. Les vieux meubles ternes avaient été remplacés par des canapés aux couleurs lumineuses et une peinture vert clair recouvrait les murs. C'était un mélange d'ancien et de moderne. Charlie et Anna. J'aimais beaucoup.
"C'est... différent," dis-je.
"Je sais. Elle aime changer les choses et mélanger les couleurs." Charlie rougit et se frotta la nuque.
"C'est mignon." Je vis la rangée de photos alignées sur le manteau de la cheminée. Une des photos de mon mariage avec mon père devant au centre. "Où sont les autres?"
"Anna est allée faire des courses et les enfants ont un camp durant l'été. Ils seront de retour plus tard ce soir."
"Je n'ai pas eu vraiment l'occasion de parler avec eux au mariage."
"Ouais, Beth pense que tu es la chose la plus cool sur deux jambes." Il gloussa. "Puis-je prendre ta veste?" demanda-t-il.
"Oui, bien sûr." Je n'avais pas vraiment l'esprit clair et je retirai juste ma veste, la mettant sur le dossier de la chaise. Aussitôt après l'avoir enlever, je sentis la morsure de l'air froid sur mon corps.
Je ne m'étais pas rendu compte qu'il me fixait depuis au moins une minute. Je tentai de me retourner mais il était trop tard.
"Bella... il semble que tu es... enceinte." bafouilla Charlie.
"Merde," me murmurai-je à moi-même et je haussai ensuite la voix pour qu'il puisse m'entendre. "Euh, oui. Ce n'est pas comme ça que je voulais faire ça, mais je suis venue ici pour te dire que... je suis enceinte."
Il fronça un peu les sourcils et sa grosse moustache frémit. Des signes qu'il était facile à lire. Il n'était pas content.
"Eh bien, félicitations, je suppose." Il me laissa et alla à la cuisine. J'entendis la porte du réfrigérateur s'ouvrir et le pop familier de l'ouverture d'une canette de bière.
Je pris mon temps pour le suivre et ensuite je me tins debout là, attendant qu'il parle.
"A combien de mois en es-tu?" demanda-t-il quand il reprit sa respiration après avoir englouti lentement une bonne quantité de bière.
"Trois mois et demi," dis-je. "Je l'ai découvert après le mariage."
"Donc... tu n'étais pas mariée quand... c'est arrivé?"
"Non." Je secouai la tête. "Je suis tombée enceinte avant."
"Bon Dieu, Bella." Il gémit et se frappa la tête contre la porte d'un placard. "Tu ne pouvais pas simplement m'appeler?"
"J'ai pensé que tu pourrais vouloir l'entendre en personne. C'est une chose importante."
"Je savais que je n'aurais pas dû t'envoyer dans cette grande ville," dit-il tout bas.
"Papa, tu n'as pas à être heureux pour ça mais je voulais simplement venir te voir. Je pensais que nous pourrions peut-être aller pêcher ou-"
Il se tourna brusquement et me coupa. "Pourquoi es-tu obligée de partir et tout gâcher, Bella?"
"Quoi?"
"Tu as gâché ta vie. Je ne t'avais pas envoyé à Chicago pour que tu tombes amoureuse du premier gars qui t'a souri. Tu étais censée devenir quelqu'un et faire quelque chose de ta vie."
J'étais un peu assommée et je ne savais pas quoi dire tout d'abord. "Pourquoi dis-tu ça? Je pense que j'ai fait quelque chose de ma vie."
"Sais-tu ce que les gens disent sur toi en ville?" Il n'attendait pas de réponse. "Ils pensent que tu nous as tous laissés derrière et que tu t'es changée en une sorte de... célébrité."
"Je n'avais pas réalisé que j'avais un contrat pour rester ici et devenir la mascotte de la ville." Je devins sans ciller plus en colère.
"J'étais tellement content quand tu as appelé et que tu m'as dit que tu venais. Je pensais que peut-être je pourrais être capable de te mettre du plomb dans la cervelle et t'éloigner de ce... cet homme que tu as épousé." Il dit la phrase avec venin et dédain. Il était rare de voir Charlie de cette humeur mais ça arrivait. Je me souvenais de sa rage quand, au lycée, j'avais séché les cours et il n'avait pas hurlé aussi haut pour me faire entendre son point de vue. Je ne voulais pas que mon retour à la maison soit comme ça.
"Ce n'est pas juste n'importe quel homme. C'est mon mari, Papa. Son nom est Edward."
"Je sais quel est son nom!" Ironiquement, Charlie passa une main dans ses cheveux. "Je comptais sur toi pour réussir ta vie, Bella. Je voulais que tu quittes cette ville et deviennes quelqu'un."
"Je suis confuse. J'ai fait exactement ce que tu as dit et maintenant tu es en colère après moi?" Je n'avais pas bougé de ma place.
"Il t'a piégée, Bella. Pourquoi n'arrives-tu pas à voir ça?"
"Je ne suis pas une petite fille qui ne sait pas ce qui se passe. Edward n'a pas essayé de m'attirer dans quoi que ce soit. Je l'ai épousé les idées claires et sachant très bien ce que ma vie deviendrait. Tu n'étais pas prêt pour ça."
"Tu as raison. Tu sais pourquoi? Parce que je ne t'ai pas parlé en deux ans. Tu t'es cachée avec lui dans un pays quelconque et tu m'as laissé derrière."
"J'ai pensé à toi tous les jours, Papa."
"Eh bien, cela n'a pas d'importance maintenant." Il secoua la tête. "Je pensais que je pourrais te dissuader de l'épouser mais ça n'a pas marché. Ensuite je me suis dit que tu retrouverais la raison et verrais à quel point il est mauvais pour toi et divorcerais. J'ai tenu avec ça mais maintenant, tu vas avoir son enfant. Tu seras toujours liée à lui."
Je restai bouche bée quelques secondes. "Si j'avais su que ma grossesse causerait une telle réaction, je ne serais surement pas venue."
"Il aurait peut-être mieux valu. Je veux que l'ancienne Bella revienne." Les yeux de Charlie étaient si pleins d'amour qu'il était difficile d'être en colère après lui, mais je l'étais.
"Je suis la même Bella."
"Non, tu ne l'es plus," insista-t-il. "Je ne connais pas cette femme. Elle voyage en jet privé et s'achète des ensembles de créateur et a un manoir en banlieue. Qu'est-il arrivé à la jeune fille qui ne portait que des chemises à carreaux et ne pouvait même pas regarder des chaussures à talons, encore moins marcher avec?"
"Elle a grandi, Papa. C'est ce qu'on est censé faire quand on va à l'université," dis-je lentement.
"Je n'aime pas ce que tu es devenue et personne d'autre ici non plus."
"Je me fiche de ce que les autres disent! Papa, je suis une personne bien. Je n'ai pas changé tant que cela et même si je m'habille mieux ou ai une grande maison, cela ne veut pas dire que je suis différente. Mais quand bien même si je le suis? Ne suis-je pas censée changer?"
"Pas comme ça. Il t'a changée." grogna Charlie.
Je trébuchai légèrement en arrière avant de me reprendre. "Maman avait raison."
"De quoi tu parles?"
"Toutes ces années, elle disait que tu avais essayé de la retenir et de la garder dans cette ville. j'ai toujours cru qu'elle exagérait, mais maintenant je vois qu'elle avait raison depuis tout ce temps. Tu veux que je sois ici avec toi pour que je puisse m'occuper de toi. Tu veux que je sois une de ces centaines de filles qui sortent diplômées de ce putain de lycée au bout de la rue et ne vont nulle part."
"Ce n'est pas ce que je dis, Bella."
"Si. Tu voulais que je me marie avec Mike Newton et que j'ai trois enfants maintenant pour que vous puissiez être potes de pèche. C'est cela que tu veux, n'est-ce pas?"
"Mike, maintenant est un homme bien." Charlie haussa les sourcils, me défiant d'argumenter plus.
"Non, Papa! Je ne voulais pas Mike. Je voulais aller à Chicago et vivre. C'est ce que j'ai fait. Ce n'était peut-être pas ton idéal, mais je suis heureuse. Vraiment. J'aime mon mari et j'aime ma vie. Je suis désolée si ça ne te convient pas."
"Cet homme est un monstre," cria-t-il. "Il ne t'aime pas, Bella. Il veut juste une jolie fille pour tenir sa main aux soirées et faire semblant."
"Tu penses que ce qu'il y a entre nous c'est de la simulation? Je ne serais pas allée en prison pour lui si je n'avais pas cru en nous."
"Et voilà une autre chose: pourquoi t'es-tu autant sacrifiée? Qu'est-ce que cette famille a jamais fait pour toi?"
"Je n'ai pas à me justifier auprès de toi, Papa." Je pris un air renfrogné. "Je suis venue ici parce que je voulais passer un bon week-end et te dire pour ton petit-enfant. Si tu ne peux pas être heureux pour moi, alors peut-être que je devrais partir."
"Oui probablement." Charlie se détourna de moi.
"Hum hum, est-ce que tout va bien?" Anna s'approcha de la cuisine, inconsciente du tir croisé alors qu'elle venait de rentrer. Elle était naturellement jolie avec ses cheveux blond cendré arrivant aux épaules. Rien à voir avec Renée, mais je pensai que c'est ce que Charlie voulait. Elle me sourit avec gentillesse.
"Bonjour, Anna." J'essuyai mes joues sans larmes. "Je pense que je vais aller au Lodge. Mon père a besoin de se calmer."
"Je n'ai pas besoin de me calmer, Isabella," gronda Charlie. "Je ne changerai pas d'avis à ce sujet."
Anna plissa le front. "Que s'est-il passé?" Elle posa les sacs sur le comptoir. "Nous étions tous si impatients que tu viennes."
Je sanglotai un peu. "Je lui ai dit que j'étais enceinte et il m'a sauté dessus."
"Charlie! Comment as-tu pu faire ça?" le réprimanda-t-elle. "Félicitations, Bella."
"Je ne la féliciterai pas. Elle est stupide et elle n'arrive pas à voir comment il la piège."
"Edward est un homme très bien." protesta Anna. "Il est peut-être un peu... rustre sur les bords, mais il est bon pour elle. Nous avons parlé de ça, Charlie."
"Tout le monde pense que tu es une sorte de putain, Bella," me dit-il. "Tu étais supposée donner le bon exemple. Maintenant toutes ces filles veulent partir à la grande ville et trouver un riche truand à épouser."
"Je n'arrive pas à croire que tu me dises ça là," Je pleurai et je fus soudain ramenée à l'époque du lycée où je me tenais dans cette même cuisine, pleurant sur quelque chose de bien plus insignifiant. Je ne pouvais même pas me rappeler ce que c'était maintenant, mais les sensations étaient toujours les mêmes.
"Charlie, ta fille n'est pas une putain." Anna alla jusqu'à lui. "Comment peux-tu dire ça?"
"Je ne voulais pas dire ça." Il passa une main dans ses cheveux à nouveau. "Mais tu nous mets dans l'embarras, Bella."
Je voulais m'excuser mais je ne savais pas pour quoi. Je ne pouvais même plus parler. La température dans la maison baissa au moins d'un millier de degrés. Soudain, je tremblai de froid.
"Tu ne voulais pas dire ça," dit Anna. "S'il te plait, cesse d'être aussi brutal."
"J'ai beaucoup de choses sur le cœur qui se sont accumulées depuis des années. Je suis désolé si je suis dur mais je t'aime trop pour laisser ta vie descendre en spirale dans les égouts." Il soupira et se rapprocha de moi. Je reculai.
"Tu as changé autant que moi. Je n'ai jamais été autant blessée de ma vie." J'essuyai avec rage les larmes sur mon visage. "Je n'aurais pas dû venir."
"J'essaie de t'aider, Bella."
"Tu me fais me sentir horrible et je n'ai pas besoin de ça en ce moment. J'ai déjà perdu un bébé; ça ne va pas se reproduire." Je me détournai de lui.
"Qu- quoi?" bégaya Charlie. "Que viens-tu de dire?"
"Oublie ça," murmurai-je
La porte s'ouvrit. "Maman! J'ai oublié mon déjeuner pour le camp. Je dois vite y retourner après avoir mangé ici. Est-ce que c'est bon?"
Un garçon déboula dans la cuisine avec un grand sourire. Il ressemblait à Anna. Bobby était le fils de son premier mariage, mais Charlie l'aimait tout de même. C'est ce qu'il m'avait dit, du moins. Je commençais à remettre en question son amour pour qui que ce soit en ce moment.
"Oh, salut, Bella!" Il me serra fort. Il n'avait que dix ans mais était presque aussi grand que moi. "J'étais impatient que tu sois là. Comment va Edward, et Alec et Francis?"
"Euh, ils vont bien." J'essayai de cacher que je pleurais. "Je suis contente de te voir aussi."
"Bobby, va en haut. Je t'apporterai quelque chose," dit Anna d'un ton sévère.
"Ok, M'man, mais je dois partir dans une demi-heure." Il nous regarda bizarrement mais ne dit rien et partit.
"Je pense que je vais rentrer chez moi," leur dis-je. "Il est évident que j'ai fait une erreur en venant ici."
"Bella, ne fais pas ça. Nous allons régler tout ça. Charlie est heureux que tu sois là. Il a juste des difficultés à faire face à tout."
"A faire face à quoi? Cela devait être un moment heureux." Peut-être que j'étais juste trop optimiste. Les choses pourraient-elles même redevenir comme avant? Si ce voyage était une quelconque indication alors non, elles ne pourraient pas.
"Bella, je suis désolé d'avoir dit ces choses, mais cela n'a pas été facile pour moi. J'ai dû te regarder aller en prison et ensuite tu as tout simplement disparu. Maintenant tu es de retour, mariée et enceinte d'un enfant que je ne veux pas que tu aies. Que suis-je censé dire?"
"Je ne sais pas, Papa. Je ne sais pas." Je ressentis une vive douleur dans le dos et me penchai en avant. "Je pense que je vais y aller et je vais attendre ma voiture dans le séjour."
"S'il te plait, reste. Au moins jusqu'à demain. Je suis sure qu'une fois que Charlie sera calmé, il sera mieux." Anna me caressa le dos.
"D'accord, je resterai jusqu'à demain." Je hochai la tête avec un sourire. Je ne pus pas regarder mon père cependant.
"Bien." soupira Anna. "Je vais t'amener au Lodge si tu veux."
"Non, c'est bon. Ma voiture devrait être là dans quelques minutes. Je vais m'asseoir dans le canapé." Je reniflai en me dirigeant vers l'autre pièce.
Bobby était dans le canapé, balançant ses jambes en regardant des dessins animés. Je m'assis à côté de lui.
"Désolée pour tout ça," dis-je.
"C'est bon. Dispute de grands." Il haussa les épaules. "As-tu faim? Ma maman peut te faire un sandwich."
"Non, ça va." Je respirai difficilement. La température avait baissé… beaucoup. Je ne pouvais presque plus respirer. Mes poumons étaient paralysés.
"Est-ce que tu te sens bien? On dirait que tu es malade."
"Oui, je vais bien." J'essayai de me redresser mais une pointe de douleur m'irradia le côté. Je me voûtai sous la douleur.
"Maman!" cria Bobby et il sortit de la pièce en courant.
Il y eut des bruits de pas et des mains furent sur mon visage. "Bella, est-ce que ça va?" me dit à l'oreille la voix de Charlie.
"Éloigne-toi de moi." Je repoussai ses mains. "Laisse-moi tranquille."
"Oh, mon Dieu, Charlie, elle est brûlante," s'écria Anna.
"Bella, est-ce que tu m'entends?" demanda mon père.
"Appelle Edward, s'il te plait." Une autre douleur, cette fois plus aiguë, ma poignarda le côté. Je sentis une sueur froide se répandre sur tout mon corps en réponse.
"Je ne vais pas l'appeler. Je dois te conduire à l'hôpital."
"Non, tu t'en fiches de toute façon. Appelle juste Edward," pleurai-je. "S'il te plait, appelle-le!"
Je claquais des dents et ma vision devint floue. J'étais soudain tellement mal mais je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Mon cerveau continua à parcourir toutes les possibilités, venant vite à court puisque je ne pouvais plus penser clairement.
"Appelle-le." Mon corps était secoué par les larmes alors que la douleur faisait irruption dans chaque membre.
"Bella, je peux prendre soin de toi." Insista Charlie.
Je remarquai vaguement Anna se précipiter et sortir mon téléphone de ma poche, parcourant la liste des contacts jusqu'à ce qu'elle trouve celui qu'elle cherchait. Je n'entendis jamais la conversation cependant parce que tout devint noir après cela.
~ TWBF ~
J'ai eu certaines de mes pires expériences dans les hôpitaux, me faire remettre les os ou me faire plâtrer. Mais les hôpitaux m'avaient toujours apporté du réconfort parce que je savais que je pourrais y être réparée. Ça n'avait probablement de sens que pour moi mais je trouvais une étrange sensation de familiarité dans les couloirs immaculés d'un hôpital.
Alors que mon corps commençait à se réveiller, je pus immédiatement savoir que j'étais à l'hôpital.
L'air sentait trop le propre. Les draps sous mon corps n'étaient pas trop doux, mais pas rêches non plus. Je pouvais sentir comment ils étaient bordés avec soin et cela me fit presque me rendormir. J'entendis le bip d'une machine au loin et je comptai chaque sonnerie. Heureusement, plus rien ne me faisait mal et ma température était redevenue normale. Je ne sentais pas non plus le tiraillement d'une intraveineuse sous ma peau alors tout allait bien.
Quand je reniflai l'air, je sentis vaguement de l'eau de toilette. Ce n'était pas puissant; peut-être que j'étais la seule qui pouvait même la détecter puisque c'était ma préférée.
J'entendis le bruit d'une chaussure qui tapait doucement sur le sol carrelé et sentis tout mon corps frémir. Pas de luxure, mais de l'anticipation brûlante pour quand j'ouvrirai les yeux. Je savais déjà qui c'était.
Le cuir couteux italien fait un bruit très particulier.
J'ouvris un œil et vis Edward assis sur une chaise près de la fenêtre dans la petite chambre d'hôpital. Il était vêtu d'un costume, ce qui me disait qu'il était parti directement du travail. J'étais sure que la conversation avec celui qui lui avait dit de prendre l'avion avait été plutôt chaude. Il faisait nuit dehors, alors j'avais probablement dormi un moment.
Edward avait ses lunettes sur le nez, secouant la tête en marmonnant pour lui-même. Il n'avait pas l'air du tout content. Je pouvais sentir la colère émanant de lui à travers la pièce. Je le regardai se pincer l'arête du nez avec force et soupirer de frustration.
Son téléphone sonna. Il le vérifia mais ne prit pas la peine de décrocher.
Je remuai dans le lit, lui faisant savoir que j'étais réveillée.
Edward tourna brusquement la tête dans ma direction et fut près de moi en un éclair. "Bella, Dieu merci." Il passa une main sur mon front, repoussant mes cheveux.
"Combien de temps ai-je dormi?" demandai-je, ma voix était rauque de n'avoir pas parlé depuis longtemps et d'avoir la bouche sèche.
"Environ six heures. Je viens d'arriver." Il s'assit sur mon lit et soupira. De soulagement cette fois. "Je n'ai jamais autant prié de toute ma vie."
"Vraiment?" ricanai-je sans humour.
Edward hocha la tête avec un air grave. "Je ne peux pas toujours te protéger, hein?"
"Je ne sais pas ce qu'il s'est passé." J'essayai de m'assoir mais me rendis compte que j'avais besoin d'aide pour faire ça aussi.
"Je vais te dire ce qu'il s'est passé. Ton père t'a stressée et t'a rendue dingue. C'est un connard."
"Tu as entendu parler de notre dispute?"
"Oui. Lui et moi avons eu une engueulade très intense en bas dans le couloir. J'ai failli être arrêté… deux fois."
"Il a dit beaucoup de mal mais je ne crois pas qu'il le pensait. J'espère qu'il ne le pensait pas.
"Ton père a de gros problèmes dans lesquels je n'ai pas envie d'entrer pour le moment. C'est un abruti jaloux qui ne supporte pas de te voir heureuse."
"Je suis sure que ce n'est pas le cas, Edward. Tu es un peu dur."
Il se moqua avec colère, "Tu es dans un lit d'hôpital et il est dehors à râler après moi pour avoir gâché ta vie ou peu importe les mensonges qu'il crache."
"Il a dit que tu m'avais changée."
Je savais qu'Edward voulait dire quelque chose mais il me laissa poursuivre.
"Il pense que suis censée montrer l'exemple pour les filles d'ici et que je l'ai laissé tomber. Je suis le secret embarrassant de cette ville." Je pouvais sentir les larmes monter à nouveau mais je ne les laissai pas couler.
"Ce n'est pas vrai, Bella." Edward tira sa chaise à côté de moi et s'assit, me prenant la main. "Tu ne dois rien à ces gens."
"Je ne pense pas avoir changé tant que ça, non?"
"Non, bien sûr que non. Tu es juste devenue une femme," m'assura-t-il.
"Il ne veut pas que j'ai ce bébé. Il ne veut pas que je sois mariée avec toi. Je l'ai beaucoup déçu."
La mâchoire d'Edward se crispa et un grognement sortit de sa poitrine. "Il n'avait pas le droit de te dire ces choses."
"Est-ce qu'il est là?" demandai-je.
"Oui, je pense, quelque part. Je l'ai menacé de l'expulser à coup de pieds s'il ne s'en allait pas de ta chambre."
"Est-ce que je vais bien? Est-ce que tout va bien pour le bébé?"
"Je ne sais pas. Je n'ai pas encore parlé au médecin. Anna a dit que tout allait bien, cependant. J'essayai d'entrer pour te voir alors que je n'ai pas fait très attention."
"Mon Dieu, je n'aurais jamais dû venir ici." Je me frottai le visage.
"Je déteste cette ville, cela dit."
"Pourquoi? Que s'est-il passé?"
"Tu as pris le jet, alors j'ai dû prendre un vol régulier," répondit-il avec dégoût. "Ensuite j'ai loué une voiture et j'ai dû conduire jusqu'ici. Je me suis perdu quelque chose comme quatre fois et j'ai fini sur une putain de montagne. J'ai grillé le seul feu rouge de cet endroit. J'ai failli percuter deux fois un cerf et je jure avoir vu Bigfoot dans le parking. Je ne savais pas où diable j'étais."
Nous nous mîmes à rire tous les deux à ses dépens mais ensuite reprîmes rapidement notre sérieux.
"Merci d'être venu." Je pressai sa main.
"Où voudrais-tu que je sois? " Il embrassa mes jointures. "Je suis parti précipitamment d'une réunion avec des personnes importantes. Je leur ai dit d'aller se faire foutre quand ils m'ont demandé de rester."
"C'est vrai?"
Il hocha la tête. "Je devenais fou pendant le vol. J'ai prié pour que toi et le bébé alliez bien."
Notre moment fut interrompu par un coup à la porte. La dernière personne que je voulais voir à ce moment-là passa la tête.
"Hum, salut." Charlie se racla la gorge.
"Sortez," ordonna Edward. "Je ne veux pas vous voir là tout de suite."
"J'ai le droit de voir ma fille."
"Pas si elle ne veut pas vous voir." Edward se leva. "Sortez!"
"Écoute…" Il se rapprocha de moi.
Je pensais qu'Edward allait exploser. Il alla de l'autre côté du lit si vite que je dû cligner des yeux. "Éloignez-vous de ma femme. Vous avez déjà causé suffisamment de dégâts."
"Je n'ai pas à vous obéir." Charlie lui lança un regard noir. "J'essaie de l'aider."
"En la traitant d'embarras? Vous n'avez aucun droit, même pas de la regarder là maintenant. Vous l'avez envoyée à l'hôpital."
"Pourquoi même es-tu ici? Ne devrais-tu pas être à quelques ventes de charité huppées ou être arrêté?"
"Vous ne savez pas une chose sur moi." Edward secoua la tête de dégoût. "Je ne préoccupe pas vraiment de vous, mais vous êtes le père de Bella et malheureusement, je suis coincé avec vous jusqu'à ce que vous mourriez."
"Tu es en train de franchir la ligne, mon gars."
"Éloignez-vous de Bella," commanda Edward, la voix tremblante de colère. Il essayait de se contenir en serrant les poings.
"Papa, nous partons dans la matinée. Tu n'as pas à rester ici," dis-je pleine de remords.
"Regardez ce que vous avez fait," rugit Edward. "Vous la bouleversez avec vos stupides commentaires…"
"Elle est ma fille. Je sais ce qu'il y a de mieux pour elle," le coupa Charlie.
"Elle est ma femme et elle porte mon enfant. Si vous ne pouvez pas gérer ça alors vous devez prendre rapidement une décision. Soit vous êtes son père et vous la soutenez, ou vous sortez de nos vies. Je ne veux pas que vous lui causiez de stress supplémentaire."
"Comment oses-tu me dire ça?" La bouche de Charlie resta ouverte sous le choc avant qu'il bégaie, "Je l'aime."
"Alors traitez-la ainsi et cessez vos tirades contre moi parce que nous restons ensemble. Croyez-moi, je l'emmènerai si loin qu'elle oubliera tout de vous et de cette stupide ville."
"Bella, ne vois-tu pas ce qu'il fait? Il essaie de nous séparer même plus encore. C'est de ça que je te parlais," me dit-il.
"Non, Papa, c'est de ta faute. J'ai voulu venir ici et passez un bon week-end mais tu l'as gâché." Je m'efforçai à ne pas encore pleurer.
"Cherchez-moi encore et vous ne verrez jamais votre petit-enfant." Edward était si proche de Charlie à ce moment-là que leur nez se touchaient presque. "Vous allez vivre une vie bien triste Charles Swan."
Un médecin passa la tête à la porte. «Excusez-moi, est-ce que j'interromps quelque chose?"
Aucun de nous ne répondit.
Le docteur Gerandy était là depuis autant que je pouvais me souvenir. Il s'occupait de mes os cassés et me donnait des antidouleurs quand ma maladresse me causait d'horribles meurtrissures au lycée.
"Bonjour." Je le saluai de la main.
"C'est si bon que tu sois de retour, Bella." Il rayonnait, ne remarquant pas vraiment la tension dans la pièce.
"Je serai partie dans la matinée. C'est juste une visite rapide. Voici mon mari," les présentai-je.
"Bien sûr. Nous connaissons tous Edward." Il lui serra la main.
Charlie s'appuya contre le mur, grommelant, tandis qu'Edward revint s'assoir sur sa chaise.
"Je devrais être en mesure de vous laisser sortir d'ici demain. Je veux vous garder en observation cette nuit," dit le bon docteur, feuilletant son bloc-notes.
"Que s'est-il passé?" demanda Edward. "Est-ce que tout va bien pour elle?"
"Attendez?" l'arrêta le médecin. "Charlie, j'aimerais que vous sortiez, s'il vous plait."
"Quoi?" Il se poussa du mur. "Je ne pars pas d'ici."
"Charlie, je suis désolé; je ne peux pas vous permettre de rester si elle ne veut pas de vous." Le docteur Gerandy fit un sourire pincé. "Vous devez sortir."
"C'est bon. J'ai Edward," dis-je. Mon père eut l'air d'avoir été poignardé. Il sortit de la pièce en reculant, secouant la tête.
"Hum, bien, revenons à toi," poursuivit le docteur Gerandy. "J'ai quelques questions."
"D'accord."
"As-tu voyagé récemment?"
"Oui," je hochai la tête, "je suis revenue d'Espagne il y a juste une semaine."
"Et as-tu mangé du porc?" demanda-t-il, écrivant dans son bloc-notes.
"Je pense. Probablement," répondis-je, regardant Edward pour qu'il me vienne en aide.
"Je crois que oui. Pourquoi? Est-ce mauvais? Les livres ne disaient pas qu'elle ne pouvait pas en manger."
"Non, généralement c'est bon, mais... je crois que tu as une infection."
"Une infection?" Ma voix se brisa.
"Oui. On appelle ça la toxoplasmose. N'importe qui peut l'attraper, les hommes comme les femmes, mais nous n'en voyons plus beaucoup dans ce pays." dit-il avec confiance, cependant je savais qu'il y avait plus. Son visage n'avait pas l'air rassurant.
"Elle a attrapé ça d'un porc?" Edward se frotta le front. Je crois que je pourrais y avoir vu une goutte de sueur.
"Probablement, ou d'un fruit. C'est une autre façon commune de la contracter s'il n'a pas été lavé correctement. Habituellement les symptômes sont du type de la grippe et elle peut être fatale si elle n'est pas traitée mais comme je l'ai dit, nous n'en voyons plus vraiment aux États Unis. La plupart des gens en bonne santé se remettent du virus d'eux-mêmes, sans médicaments, mais puisque tu es enceinte, nous devons la traiter de façon agressive."
"Mais... nous allons bien, n'est-ce pas?" demandai-je inquiète.
Le docteur Gerandy souffla, tirant une chaise pour lui. "Je ne veux pas vous inquiéter inutilement, mais toute infection contractée durant la grossesse est dangereuse. Heureusement, nous l'avons décelée rapidement. Nous devrons juste la surveiller de près. Tu n'es pas complètement asymptomatique, alors nous devons la traiter par une cure d'antibiotiques."
"Est-ce prudent pour elle de prendre des antibiotiques?"
"Oui, absolument."
"Alors, je vais aller bien." souris-je. "Il n'y a pas de risque si je prends les médicaments?"
"Tu vas bien, mais les bébés peut-être pas. Les chances de la transmettre aux bébés sont de quinze pour cent au cours du premier trimestre, trente au second et soixante au troisième. Toi, bien sûr, tu tombes dans la seconde catégorie. La chance que cela soit potentiellement fatal aux bébés est mince."
Je sentais que j'allais m'évanouir, mais je devais continuer à respirer pour pouvoir entendre ce qu'il avait à dire.
"Fatal?" Edward cligna des yeux plusieurs fois, digérant l'information.
"Oui, mais je ne crois pas que ce sera le cas là. Ça devrait bien se passer. Je devais juste vous avertir."
"Qu'est-ce qui peut exactement arriver au bébé?" demanda Edward.
"Euh, une longue liste de choses, mais ce n'est guère différent si une femme attrape un rhume ou la varicelle pendant la grossesse. Il y a toujours un risque."
"Vous ne répondez pas à ma question," dit sèchement mon mari. Sa prise sur ma main était forte, mais réconfortante.
"Eh bien, les cas les plus fréquents sont la cécité, la surdité, troubles mentaux, asthme et faiblesse musculaire. Plus on avance dans la grossesse, plus le risque est important que les bébés contractent la maladie et aient des complications. Les complications peuvent varier de légères à sévères. Elles peuvent être tout, d'une allergie à quelque chose de plus compliqué comme une paralysie cérébrale ou l'épilepsie."
Je laissai échapper un long souffle d'air et mon cerveau s'éteignit complètement.
Non! Pas encore. Cela ne peut pas arriver encore...
Edward avait l'air malade. Je pariai que j'avais l'air pareille et je ne pouvais pas vraiment respirer.
"S'il te plait, ne t'inquiète pas." Le docteur Gerandy me tapota le genou.
"Et si c'est trop tard pour le bébé?" Ma voix était faible.
"L'échographie était parfaite mais tu devras tout de même faire une amniosynthèse pour être sure qu'ils n'aient pas contracté la maladie. Quand tu atteindras la dix-huitième semaine, on prélèvera du liquide amniotique pour vérifier l'ADN des bébés et s'assurer qu'aucun d'eux n'a contracté la maladie. Si l'un devait contracter la maladie, tu devras alors consulter un conseiller en génétique, parce que la maladie devient congénitale. Le bébé devra aussi subir un dépistage complet à la naissance et des antibiotiques pendant une année complète de sa vie ensuite pour éviter toute malformation congénitale qui pourrait survenir. C'est assez lourd. Pour l'instant, cependant, il semble que tout va bien pour les bébés." Il me sourit.
"Les bébés?" La tête d'Edward pivota.
"Oui." le docteur Gerandy hocha la tête puis son sourire s'estompa. "L'infirmière ne t'as pas encore parlé?"
Je secouai la tête.
"Oh, eh bien alors... félicitations. Tu vas avoir des jumeaux. Nous avons remarqué que ton taux hCG était élevé quand nous avons fait ta prise de sang et l'échographie a confirmé que tu allais avoir, en fait, des jumeaux. A partir de la treizième semaine, nous pouvons être sûrs.
J'expulsai l'air de mes poumons en toussant et mon cerveau se remit à marcher. Cette fois à toute vitesse. Je n'étais pas certaine de l'avoir entendu correctement, mais à la réaction d'Edward, je crois que oui. Il avait l'air carrément souffrant. Le sang était parti de son visage. Sa peau était devenue plus pâle que je ne l'avais jamais vue et ses yeux étaient aussi grands que des soucoupes. Il se pencha en arrière sur sa chaise en soufflant.
"Jumeaux... comme deux?" demandai-je d'une petite voix.
Le médecin hocha la tête. "Bienvenue dans le monde capricieux de la grossesse. Y a-t-il des jumeaux dans ta famille?"
"Non," répondis-je.
Edward était bouche bée. Il ressemblait à un zombie.
"Eh bien, ce sont des choses qui arrivent." Le docteur Gerandy se leva. "Je vais vous laisser discuter et ensuite tu auras besoin de te reposer, Bella."
"Merci."
"C'est bon de te revoir. Essaie de nous rendre visite plus souvent. Et félicitations encore." Il sourit et quitta la chambre.
Mon humeur passa de la dépression à l'exaltation en carrément une seconde. Mes joues me faisaient mal à force de sourire et j'avais envie de rire. Edward n'avait pas encoure bougé ni même respirer.
Je me mordis la lèvre et le laissai ainsi au moins dix minutes avant de presser sa main. Il sursauta et revint à la vie.
"Quoi?" suffoqua-t-il.
"Est-ce que ça va?"
"Ouais." Il se racla la gorge. "Juste pris par surprise, c'est tout. Tu vas bien?"
"Je suis extatique." Je rayonnai. "Je vais avoir deux bébés."
"J'ai entendu ça. Je ne suis pas aussi... euphorique que toi, mais j'ai juste besoin de réfléchir à tout ça et de le rationaliser dans ma tête."
Je hochai la tête. "Je comprends. Mais tu n'es pas en colère, si?"
"Bien sûr que non, Bella." Il se redressa. "Si cela te fait sourire autant alors je suis heureux aussi."
"Vraiment?"
"Plus que tout." Je crois qu'il mentait. Je ne pouvais pas en être sure mais Edward me prit dans ses bras et me tira doucement vers lui. "Nous devrons réajuster nos vies... encore. Je pensais que je m'étais habitué à l'idée d'un bébé."
"Je pense que nous sommes prêts." Je m'accrochai à lui.
Il gloussa, "Espérons-le, Bella."
~ TWBF ~
Edward qui n'arrive pas à intégrer l'idée qu'il va avoir un enfant, il va en avoir deux? Ça promet d'être épique.
Charlie? Un père inquiet ou pire, pas très subtil cependant pour dire le moins.
Quant à Victor et Victoria, ils les ont à l'œil maintenant! ;)
A Bientôt
LyraParleOr
