Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic, UA

Résumé : « Raconte-moi une histoire. Une histoire remplie d'émotion, avec des moments d'amour parsemé de rêve. Je veux oublier que dans la réalité les contes de fées et les '' ils vécurent heureux '' n'existent pas. » Yaoi.

Bêta correctrice : pommedapi

Note 1 : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé et qui a aussi fait mon image de couverture. ^^

Note 2 : Merci à Taylor, flllora et à Guest pour leurs commentaires. Merci à trafalgarlyra pour la mise en favoris de l'histoire. Et un dernier merci à taliagold13 et flllora pour la mise en alerte.

Réponses aux commentaires :

Taylor: Coucou !

Tu penses que X-Drake est celui qui parlait dans mon petit extrait ? C'est vrai que quand on est bourré on fait un peu n'importe quoi… La simple phrase que j'ai mise ne donne pas beaucoup d'indice. Mais avec le prochain chapitre tu verras que tout s'emboite parfaitement et tu auras enfin la réponse.

Bizarrement je n'imagine pas Satch avec des enfants, il a l'air si volage et joyeux, du genre à aimer la fête et tout dans le manga que je ne l'imaginais pas avec ce genre de responsabilité. Mais j'avoue que l'idée d'un triangle amoureux me trotte dans la tête depuis un petit moment déjà…

Arrivé à un moment de leur relation j'ai trouvé logique qu'il s'interroge, c'était une façon de plus de montrer combien Sabo avait dû sacrifier pour vivre cette histoire d'amour. Mais l'amour est plus fort que tout et si Ace est maladroit il ne reste pas moins amoureux et très attaché à son blond. C'est définitivement fini avec Koala et c'est mieux comme ça.

Ahaha c'est assez marrant et excité bizarrement cette idée de Sabo avec un des parents d'X-Drake. La personne avec qui il y a eu un échange est Eden et croit moi Sabo ne veut pas sortir avec lui ! Rys le compagnon et père adoptif d'X-Drake ne le permettrais jamais et puis Eden est un peu…enfin tu verras ça un peu plus tard. Mais c'est sûr que ça reste plus possible car depuis qu'il est avec Ace Sabo est sûr et certain d'aimer la gente masculine.

Oh mon Dieu Ace a réussi à t'énerver ! Laisse-moi prendre sa défense ^^. Ace n'a pas envie de se cacher, c'est juste que comme sa mère n'est pas au courant de sa relation il ne voulait pas s'afficher la comme ça, ça n'aurait pas été sympas pour elle que la vérité lui soit balancé à la gueule comme ça. Mais venant d'Ace c'est plus une excuse qu'autre chose. Il a peur de le dire à sa mère, de la lâcheté peut-être…je dirais plus que c'est un manque d'honnêteté, Ace n'est pas un élève modèle concernant ce point surtout avec sa mère. Il ne lui avait pas non plus parler de ces précédentes relations. Le vilain garçon !

Ne t'inquiète pas Ace va très vite comprendre que des fois il vaut mieux qu'il s'occupe plus de ses affaires que de celle des autres. Sa précieuse liste et ranger dans un de ses tiroirs dans sa chambre. Au final n'importe qui peut tomber dessus.

Merci pour ton enthousiasme et tes compliments mais le plus gros du travail reviens surtout à ma bêta pommedapi qui fait du super boulot et se même si elle est très équipée avec ses propres écrits !

Guest : Bonjour à toi !

Tu fais bien de me rassurer parce que je suis une stressé de la vie et que je panique facilement !

Le Doflamingo de cette histoire est effectivement assez OOC mais c'est surtout parce que je le fais jouer un rôle, pour moi c'est un sadique manipulateur qui n'a à cœur que ses intérêts. Dans cet histoire dire du mal des Tenruybito est interdite et tout un tas de truc du genre du coup les louanger est presque quelque chose de normal, si Doflamingo el fait c'est surtout pour passer inaperçus ne pas attirer de quelconque soupçon sûr lui ni un intérêt venu d'ailleurs. Plus tu avanceras plus il y aura quelque indices mentionnant le fait qu'il ne porte pas grand monde dans son cœur, ce sera Anonyme qui ouvrira les yeux de Sabo à ce sujet-là.

En tout cas je te remercie de me signaler ce petit problème je vais tacher d'accentuer un peu plus el côté perfide du personnage dans les chapitres à venir, ne pas trop lisser les choses et être un peu plus clair pour certain truc.

Bon après si tu me dis qu'il y a que lui de OOC moi ça me va, ça veut dire que j'ai un peu près réussi mon boulot !

Merci pour ton commentaire ! J'apprécie d'avoir eu ton avis sur cette histoire.

Bonne lecture à tous !


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 21

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« Prépare ton esprit à recevoir ce que la vie a de mieux à offrir »

Ernest Holmes

Ace


Jeudi 23 Mars 2017

-Et ça s'est bien passé ? T'es sûr ? j'insiste, pas vraiment certain de la véracité de ses propos.

-Oui, t'inquiète.

Sabo lève les yeux au ciel comme si ma question était stupide.

Le prof nous a tués en sport ce matin. Il a plu, ce qui n'a rien arrangé à nos affaires et à la fin du cours, en plus d'être épuisés, on était complètement trempés. Jusqu'à la fin, on a espéré que le cours soit annulé à cause de la pluie ou que le mauvais temps nous oblige à faire un petit truc dans le gymnase à l'abri mais il n'en a rien été.

On a enchainé avec deux heures de math et autant dire que je n'ai pas suivi grand-chose. Alors quand la cloche a sonné en annonçant la pause de midi, j'ai presque foncé jusqu'au restaurant scolaire, tirant Sabo derrière moi. J'ai très vite trouvé une table et il ne m'aura pas fallu dix minutes pour terminer mon plat.

Je venais de me resservir quand Sabo m'a dit qu'il était retourné à son club de basket.

-Bon, après je ne dis pas que c'était la folie, hein ! Mais ça s'est quand même mieux passé que ce que je pensais.

Il ouvre son yaourt à la fraise et commence lentement à le manger.

-Raconte. Il s'est passé quoi exactement ?

-Eh bien, quand je suis arrivé, ils étaient déjà tous dans les vestiaires à se changer, m'explique-t-il. J'ai croisé le coach Ruyma et on a un peu parlé. Je crois qu'il était aussi gêné que moi…

Il esquisse un petit sourire amer.

-Il semblait regretter de m'avoir enlevé ma place de capitaine mais en même temps, j'ai vu qu'il ne changerait pas d'avis à ce sujet-là.

-Pourquoi tu ne lui dis pas pour Vergo ? Ça se trouve, ça suffirait pour qu'il t-

-Non…

Il secoue la tête.

-C'est peut-être mieux comme ça après tout.

Je ne dis rien et soupire avant de m'affaler un peu plus sur ma chaise. J'ai l'impression qu'il a baissé les bras, qu'il voit ça comme une sorte de fatalité. Quelque chose qu'il doit juste se contenter de subir. Franchement, je ne suis pas vraiment content qu'il retourne là-bas, surtout s'il est obligé de côtoyer ce Vergo. Mais je ne crois pas que ce soit à moi de lui dire quoi faire, d'autant qu'il y a très peu de chances pour qu'il m'écoute.

Tout de même… Je ne suis pas tranquille avec cette histoire. Je n'arrête pas de repenser à ce que Sabo m'a dit avant le concert. Qu'il n'allait pas bien et que les gars de son club y étaient pour beaucoup.

Aujourd'hui, il dit que ça va mieux et je le crois. Pourtant, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter. Il n'est pas du genre à se laisser faire mais il se laisse aussi facilement atteindre par ce que les gens disent.

De toute façon, je compte avoir ce Vergo à l'œil. De loin, mais à l'œil quand même.

-J'ai envie de m'en griller une avant que ça sonne, tu m'accompagnes ?

Je me lève et commence déjà à remettre ma veste.

-Hum… Non.

Il grimace.

-Je n'aime pas trop l'odeur de cigarette.

- T'es comme Zoro. C'est peut-être un truc de sportif…

-Ouais, peut-être !

Il rigole avant de se lever à son tour.

-Je vais aller devant la salle de cours.

-OK.

Après un dernier regard, on se sépare et je me dirige vers mon petit coin secret. Je ne me suis toujours pas fait prendre et personne n'est venu le réclamer. Comme à mon habitude, je vais m'appuyer contre le mur et me sort une cigarette que j'allume d'un geste expert.

Les cours de cet après-midi sont plutôt tranquilles. J'ai art appliqué avant d'aller au Glee Club. Je soupire et me met à penser à ce qu'il s'y passe en ce moment. Ça ne s'est toujours pas arrangé entre Perona et X-Drake et cette dispute commence à miner tout le monde. L'ambiance est lourde et avec le travail qui s'enchaine ainsi que l'approche du concours régional, on est tous un peu à cran.

Le truc, c'est que l'attitude froide et presque je-m'en-foutiste de X-Drake agace Perona. Il fait comme si de rien n'était. Il travaille et parle normalement avec nous – sauf avec elle – et ça a le don de la mettre dans des états pas possibles. Elle pense qu'il se fout d'elle et de ce qu'il s'est passé alors qu'elle y accorde beaucoup d'importance de son côté. Les mots durs qu'il a eus envers elle l'ont vraiment blessée - surtout qu'il ne s'est pas excusé – et qu'il ne s'en rende pas compte achève de l'ulcérer. Du coup, elle l'embête et le titille. Elle fait sa gamine et, pour énerver X-Drake, ça l'énerve !

Il est toujours très posé et est de nature assez mature et sérieuse sans forcément avoir l'air de quelqu'un de coincé ou de réservé. C'est sans doute pour cette raison que l'attitude de Perona l'agace autant. En retour, soit il lui gueule dessus, soit il l'ignore royalement. Mais bien sûr, ça ne plait toujours pas à la gothic lolita et c'est un cercle vicieux qui n'est pas prêt de s'arrêter s'ils ne se reparlent pas normalement.

Il y a aussi ce qu'il s'est passé avant le concert. X-Drake reste obstinément silencieux à ce sujet. On a juste eu le droit à des excuses mais aucune explication. Brook n'a pas non plus voulu nous révéler ce que le roux lui avait dit. Ce silence de sa part a engendré une espèce de fracture dans le Glee Club. Margaret ne lui parle plus vraiment et s'est rangée du côté de son amie. Shirahoshi quant à elle soutient toujours autant le Président mais elle est blessée par son attitude. Elle voudrait qu'il lui fasse confiance et lui raconte ce qu'il se passe. Et moi… Je ne sais pas trop où je me situe et j'avoue ne pas avoir envie de choisir.

Mais j'y serais peut-être obligé si les choses ne s'arrangent pas.

xXx

Allongé sur mon lit, le dos confortablement calé contre une ribambelle de coussins, j'observe le visage fatigué de Law à travers mon ordinateur portable.

-Je vais me remettre avec Jewerly, m'annonce-t-il le plus simplement du monde.

-Vraiment?

Je fronce les sourcils d'incompréhension. La dernière fois qu'il m'a parlé de Jewerly, il ne semblait pas décidé à vouloir se remettre avec elle. Il était encore très blessé et énervé par sa tromperie.

-Je lui ai parlé comme tu me l'as conseillé.

Il soupire et se masse l'arête du nez.

-Tu lui as demandé pourquoi elle a fait ça ? Dire qu'elle était juste bourrée, c'est un peu trop facile ! je reprends.

-Pourtant, c'est la vérité.

Je ne peux retenir un tic d'agacement à cette réponse.

-Mais il n'y avait pas que ça.

-Ah bon ? Tu m'en diras tant...

Je deviens cynique mais c'est parce que je sens qu'il est doucement en train de se faire avoir. J'ai l'impression que ce genre de truc, ça ne se pardonne pas. Continuer à être un couple après un adultère est compliqué. Il y a quelque chose de cassé. La confiance est perdue et cette unique fois planera toujours au-dessus de leurs têtes. Au final, j'imagine qu'ils finiront par se déchirer parce qu'ils ne réussiront pas à s'aimer comme avant.

-Oui. Et arrête de faire ça, c'est chiant.

Il hausse le ton, effectivement agacé par ma façon d'agir.

-Faire quoi ?

-Faire comme si tu savais mieux que moi ce que je devais faire.

-C'est ce que tu fais tout le temps avec moi !

-Mais moi contrairement à toi, j'ai raison.

Il esquisse un sourire, fier de son effet alors que je me mets à râler. Et puis, il soupire et retrouve son sérieux.

-Avec Jewerly, ça a toujours été compliqué. On est éloigné l'un de l'autre, on ne se voit pas souvent… Elle m'a expliqué que la distance lui pesait beaucoup et que ça l'énervait de ne pas pouvoir me voir aussi souvent qu'elle l'aurait souhaité. Je lui manquais et à cela est venu s'ajouter ses stages intensifs qui la fatiguaient juste un peu plus.

Il fait une petite pause, détourne le regard pour le perdre sur quelque chose hors de mon champ de vision puis revient à moi.

-Elle m'a dit qu'elle a vu en cette soirée un moyen de décompresser, d'oublier que je lui manquais, d'oublier ses cours, ses stages où elle faisait des heures pas possibles. Elle voulait juste s'amuser. Et puis voilà, c'est arrivé. C'est regrettable, c'est tout, et elle sait qu'elle a complètement merdé mais voilà… Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? rigole-t-il, presque désabusé.

-Alors tu oublies ?! Elle a l'air de bien t'avoir embobiné…

Je sais que je suis dur mais c'est parce que Law ne l'est pas assez, tout simplement.

-Peut-être mais la vérité c'est que je l'aime et qu'elle me manque.

Je ne dis rien car au fond, la décision lui appartient. Et puis, il connait déjà mon point de vue. Je soupire et observe un peu plus la mine blafarde de mon ami. Ses yeux sont cernés et il a l'air sur le point de s'écrouler de fatigue. Je me suis toujours dit que s'il était si souvent dans cet état, c'était parce qu'il ne dormait pas, trop occupé à réviser. Encore et encore. Bosser parce qu'il voulait à tout prix avoir son année. Mais maintenant, je ne suis plus si sûr de moi. Jewerly est peut-être la raison. Il est en train de se rendre malade pour réussir à l'oublier mais il n'y arrive pas. Il l'aime après tout…

-Et puis, ajoute-t-il après un long silence. Elle a eu des arguments très convaincants.

Je fronce les sourcils, intrigué par sa dernière remarque.

Vendredi 24 Mars 2017

Les filles sont pour ainsi dire très excitées. X-Drake quant à lui affiche un intérêt poli alors que moi, je regrette clairement d'être venu. L'homme qui a l'intention de faire de Perona une star, comme il se plait à le dire, l'a invitée – et nous par extension – dans un restaurant très chic de la ville.

Je dois dire que notre hôte ne m'inspire pas vraiment confiance. Il a une coiffure assez haute et de mauvais goût, un menton large et une boucle d'oreille rouge à l'oreille droite. Habillé d'un costume blanc orné d'un médaillon, il affiche un dédain sans pareil et une cruauté que les filles, trop heureuses d'être là, ne semblent pas voir. En effet, tout à l'heure, une jeune femme est venue prendre nos commandes et a un peu bégayé, intimidée par le statut de l'homme. Cette simple gêne ne lui a pas plu car il l'a dégagée et a demandé à être servi par le responsable. Il a même eu des mots très durs envers la serveuse qui en a pleuré.

C'était cruel mais rien d'étonnant de la part d'un Dragon Céleste. C'est gens-là me dégoutent et je ne comprends pas pourquoi Roger les côtoie. Les affaires très certainement….

Je fais de mon mieux pour ne pas souffler bruyamment de lassitude. Saint Jalmack ne m'apprécie pas beaucoup - ça doit venir de mon style – et il n'a pas l'air de porter X-Drake dans son cœur non plus. J'aime bien Perona et je suis d'accord pour la soutenir mais à cet instant, je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais mille fois préféré manger au restaurant scolaire avec mon mec.

-Oh, mon Dieu, je suis trop contente !

Perona, les joues rouges d'excitation, ne s'arrête plus de sourire.

-C'est super, Perona ! la félicite Shirahoshi.

Margaret acquiesce, toute aussi heureuse pour son amie.

-C'est pour cela que j'ai décidé de t'organiser une fête ou tu donneras une représentation, explique le Saint de sa voix guindée. Tu chanteras alors en avant-première la chanson que mes artistes ont écrite pour toi et que tu enregistreras dans un studio fin avril.

Je me bouche les oreilles quand elles se mettent à crier. Ce n'est pas possible de brailler aussi fort ! En tout cas, elles ont du coffre… Perona se met à chanter les louanges de son héros ou de son « dieu » comme elle aime l'appeler. Et surtout, comme le Dragon Céleste aime s'entendre appeler. Quel narcissique celui-là !

-Cette soirée aura lieu le vendredi 31 mars, continue-t-il.

-C'est dans une semaine, fait remarquer Margaret.

-Oui. Tu seras prête ? interroge-t-il Perona.

-Bien entendu, vous pouvez compter sur moi !

Saint Jalmack acquiesce, ravi de cette réponse.

-Voici la chanson écrite tout spécialement et qui fera de toi une star !

Sa voix prend des airs hauts perchés et j'y devine un certain enthousiasme. Il sort une feuille qu'il tend à Perona et les filles se penchent vers elle pour pouvoir lire en même temps. Mais alors que je m'attends de nouveau à devoir me boucher les oreilles pour préserver mes tympans, il n'en est rien.

-Q-Qu'est-ce que…, balbutie la gothic lolita, toute joie envolée.

- « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas car les Nobles Mondiaux seuls savent de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » lit Shirahoshi, un peu perdue.

- « Voici donc comment vous devez prier : Dragons Célestes ! Que vos noms soient sanctifiés, que vos règnes viennent, que vos volontés… » lit à son tour Margaret, incrédule.

-On dirait un verset de la Bible ou un truc comme ça…

Perona regarde presque désespérément Saint Jalmack, espérant très vite avoir une explication.

-On peut dire ça mais il a tout de même été modifié par mes artistes. Ce texte nous glorifie nous, Tenryubito, acquiesce-t-il, fier de lui. Il est bien, non ?

Sa demande est rhétorique et personne ne répond. Sur sa chaise, X-Drake étouffe un petit rire que je suis, semble-t-il, le seul à entendre.

-Il y a aussi un dernier détail à régler, continue Saint Jalmack.

-Quoi donc ? demande la gothic lolita, soufflée par la désillusion.

-Si tu veux devenir une star, il va falloir changer de look.

-Pardon ? s'étrangle-t-elle.

-Oui, ça ne va pas du tout. Tu ne deviendras jamais célèbre avec une allure pareille ! s'agace-t-il.

-Mais c'est ce que je suis !

Elle reçoit un regard noir de l'homme à qui cette prise de parole n'a pas plu.

-Tu veux devenir célèbre, oui ou non !? tonne-t-il.

-Bien sûr que oui mais…

La chanson et maintenant son look, ça fait beaucoup trop pour elle. Son joli rêve est en train de se briser.

-Eh bien, si tu veux que notre collaboration continue, il va falloir faire des concessions !

Il se lève sans toucher à son plat et la regarde de haut.

-Et si tu veux réussir dans cette voie-là, il va falloir en faire beaucoup plus encore.

Un silence s'abat sur la table et, jugeant qu'il n'a plus rien à faire là, le Tenryubito s'en va sans demander son reste. Perona quant à elle fixe la feuille où les paroles de la chanson censée la rendre célèbre sont inscrites. Ses yeux brillent de tristesse et Margaret la prend dans ses bras pour la consoler.

-Tu as ris, attaque alors Shirahoshi en se tournant vers X-Drake, les sourcils froncés.

Je la dévisage. Il est rare de la voir énervée.

-Pardon ? fait le concerné, pris au dépourvu.

-Tu as ris tout à l'heure.

Margaret et Perona le fixent, interloquées par les paroles de leur amie.

-Je ne me moquais pas de toi, assure-t-il à Perona. C'est juste cette chanson, elle est stupide. Ce n'est même pas une chanson.

Pourtant, Perona secoue la tête comme si elle ne le croyait pas. Shirahoshi a les larmes aux yeux. Elle est déçue car elle aussi ne le croit pas. X-Drake ne cherche pas à s'expliquer davantage et détourne le regard. A quoi bon argumenter si on ne lui laisse même pas le bénéfice du doute ?

J'aimerais dire quelque chose mais comme d'habitude, je ne fais rien car les mots me manquent. Je ne suis pas trop bon pour ce genre de choses. Remonter le moral ou faire de grands discours, ce n'est vraiment pas une de mes qualités malheureusement…

La vérité est que X-Drake n'a sûrement pas rit de Perona. Il n'oserait pas faire un truc pareil. Mais qu'il ait ris ou non de la chanson, ce rire était malvenu et inapproprié. Il a juste jeté de l'huile sur le feu étant donné la situation entre eux.

xXx

C'est un peu anxieux que j'entre dans la salle de danse. A mes côtés, les autres membres du Glee Club ont l'air aussi mal à l'aise que moi. Il n'y a que Margaret qui est enjouée. Elle est la seule à avoir déjà fait de la danse dans sa vie et ceci explique cela. Aujourd'hui, on commence à prendre des cours en vue de la représentation qu'on est censé donner pour le concours régional des chorales. Mon père et Brook ont pensé que ce serait une bonne idée, que ça nous donnerait un petit plus. Bien entendu, il n'est pas question de devenir des danseurs professionnels. On est juste là pour apprendre quelques pas, gagner de l'aisance et savoir utiliser la scène.

Nous avons deux professeurs. Un homme et… Une femme ?

Inazuma est un homme au style plutôt atypique. Il a les cheveux et les lunettes bicolores, orange d'un côté et bleues de l'autre. De taille moyenne, il a une allure assez sportive quoi que plutôt mince.

Ivankov est un travesti. Il porte des habits féminins mais on voit clairement que c'est un homme. De grande taille avec une tête un peu grosse, il a de longs cils et une coupe afro bleue-violette. J'ai d'ailleurs été assez surpris de le voir en entrant. Je n'ai jamais vu de travesti et je dois dire que ça me rend assez mal à l'aise. Je ne sais pas si je dois dire « elle » ou « il » et encore moins comment je dois l'appeler. Même si Ivankov reste probablement le mieux et m'évitera en plus de faire une bourde. J'ai toujours été intrigué par ces personnes. C'est quelque chose que je n'ai jamais compris mais que je respecte malgré tout. Qui suis-je pour leur dire ce qu'ils doivent faire après tout…

-Bien le bonjour ! nous salue ce dernier. Je suis Emporio Ivankov et voici mon partenaire et compagnon, Inazuma.

Ils échangent un regard tendre avant que le plus grand ne reprenne la parole.

-A la demande de Roger et de votre instituteur Brook, nous allons vous apprendre quelques pas de base de danse pour égayer votre spectacle !

-Rien de très compliqué, ne vous inquiétez pas, nous rassure Inazuma quand on se met à échanger des regards désarçonnés.

-Hé bien, mettons-nous au travail ! Hi-Ha !

Il est très enjoué, ce qui remonte le moral des filles. X-Drake quant à lui est toujours autant mal à l'aise mais je pense que ça vient plus de nos deux profs que de la danse en elle-même. De son côté, Perona essaye de faire bonne figure même si je me doute qu'elle a encore en mémoire ce qu'il s'est passé ce midi.

Ivankov tape dans ses mains et son partenaire lance la musique. Je reconnais alors les premières notes de « You're on my mind ».

Pendant presque une heure, ils nous montrent un enchainement de pas assez simples et nous apprennent comment nous déplacer, comment occuper toute la scène sans se fatiguer. Malgré tout, à la fin de la séance, nous sommes épuisés.

Samedi 25 Mars 2017

-De quoi ? me demande distraitement Sabo en surveillant Luffy faire ses exercices de math.

-Tes notes. Tu m'écoutes ? je demande un peu durement quand je vois qu'il a toujours les yeux fixés sur les exercices de Luffy.

-Oui.

Il se tourne vers moi et fronce les sourcils.

-Tu veux mes notes, c'est ça ?

-Ouais mais ce n'est pas pour moi.

Je me lève du lit de Luffy et, les mains dans les poches, m'approche du bureau.

-C'est pour Zoro, j'explique alors.

-Zoro ? Pourquoi tu veux que je lui passe mes notes ? On n'a même pas les mêmes cours !

-Ouais mais on a le même programme et ça revient un peu au même, non ?

Il ne semble pas trop de cet avis si j'en crois son froncement de sourcils. Luffy lui pose une question et il se détourne de moi pour lui répondre.

-Tu peux ou pas, du coup ? j'insiste.

-Oui. Mais pourquoi il a besoin de mes notes ?

-Il a quelques difficultés en cours et il n'est pas très appliqué non plus, dis-je après quelques secondes de silence. Il est très important qu'il augmente sa moyenne générale.

Mon ton grave a suffi à faire comprendre à Sabo l'importance de la situation. Il hoche la tête et satisfait, je retourne m'asseoir sur le lit de Luffy. La peluche que je lui ai offerte est posée à côté de l'oreiller et son air détendu semble me narguer. J'attends tranquillement que Sabo termine de donner cours à Luffy. J'ai encore besoin de lui parler.

Je passe le temps en lisant des VDM plus ou moins marrantes. Malheureusement, je n'arrive pas à rester calme plus de quelques instants et, légèrement anxieux, je finis par lâcher mon portable.

Je relève les yeux et mon regard s'accroche au duo que forment Sabo et Luffy. Ils ont toujours été très proches, si bien que je me demande encore pourquoi Luffy cherche un grand frère en moi. Je suis loin d'être parfait vis-à-vis de lui alors que Sabo lui donne des conseils, s'occupe de lui, accepte de faire des trucs, que ce soit des jeux ou d'autres choses. Sabo est un bon grand frère. Il ose même prendre sa défense contre moi.

Je soupire devant le tableau que je suis en train de peindre. C'est vrai qu'en l'occurrence, le Chapeau de paille n'a vraiment pas besoin de moi et pourtant… Il m'apprécie quand même et recherche ma compagnie. Il ne me juge pas. Il veut qu'on fasse partie de la même famille. Et ça me fait plaisir que malgré tous mes défauts, il veuille bien de moi.

J'espère juste que dans sa tête, Sabo et moi ne sommes pas frères…

Je continue à les observer un long moment encore avant que le ventre de Luffy ne se rappelle à lui et qu'ils arrêtent le cours. Immédiatement, c'est tout joyeux et affamé que mon petit frère part retrouver Hancock pour son goûter.

-On va dans ma chambre ? J'ai quelque chose à te dire, je signale à Sabo, l'impatience se lisant sur mon visage.

-Bien sûr.

En silence, on se dirige jusqu'à ma chambre. Je vais directement m'installer sur mon lit et attire Sabo à moi quand je le vois rester debout. Il râle un peu quand il me tombe dessus mais je sais que c'est surtout pour la forme. Il s'allonge alors à côté de moi, le visage relevé vers mon plafond où j'ai fait accrocher un poster du manga Shingeki no Kyojin. Je réfléchis à recouvrir entièrement mon plafond de divers posters mangas.

Je viens ensuite me coller à lui et passe ma main sur son ventre. Je respire avec bonheur son odeur.

-Généralement, quand tu m'emmènes dans ta chambre, ce n'est jamais pour parler.

Il esquisse un sourire et tourne légèrement la tête de sorte à croiser mon regard.

-Là, c'est vraiment pour parler mais on peut toujours faire autre chose après…, je suggère soudainement, très tenté par l'idée.

Ma main qui jusque-là était sagement posée sur son ventre descend légèrement et passe sous le tissu épais de son pull pour toucher la peau douce en dessous.

-Je n'ai pas le temps, Ace…

Il repousse gentiment ma main.

-OK.

Je soupire mais garde ma main sur sa peau et me permets même de faire quelques gestes circulaires avec mes doigts.

-Qu'est-ce qu'il y a ? me demande-t-il en se mettant de profil pour me faire complètement face.

-Tu connais bien Mihawk ?

-Mihawk ?

Il fronce les sourcils, sans doute en pleine réflexion.

-Cavendish aussi m'avait demandé ça, se rappelle-t-il. Mais je ne le connais pas, c'est qui ?

-C'est le petit frère de Hancock, je lui apprends alors. Il n'a pratiquement plus de contact avec sa famille. Il envoie des lettres à Luffy via Roger, c'est tout.

-Pourquoi ? Il a des problèmes avec sa famille ?

-Apparemment mais ce n'est pas vraiment clair. J'ai aussi appris qu'il s'était passé quelque chose avec Shanks. Enfin bon, il manque à beaucoup de monde et j'aimerais l'aider à se réconcilier avec sa famille et ainsi le faire revenir. Luffy et Shanks apprécieraient beaucoup.

-Oui, c'est sûr.

-Grâce à Zoro, je sais où il se trouvera dans moins d'un mois et il faut que je prépare un plan d'attaque !

-Un plan d'attaque ? Tu pars à la guerre ou quoi ? se moque-t-il.

-Non mais tu m'as compris, fais pas genre.

Je lève les yeux au ciel alors que le sourire de mon blond s'agrandit encore plus.

-Le truc, c'est que je ne sais pas du tout ce que je vais faire ni ce que je vais lui dire. Je ne sais pas trop comment il est et surtout s'il acceptera d'écouter le peu que j'ai à dire…

-C'est vrai que même si ça part d'une bonne intention, il y a très peu de chances qu'il soit sensible à ce que tu dis. Le mieux serait que quelqu'un qui compte beaucoup pour lui et qui le connaisse lui parle.

Je ne dis rien et réfléchis aux paroles de Sabo. J'étais sûr que lui parler était une bonne idée, il est toujours de bon conseil. Contrairement à moi, il sait quoi dire et à quel moment exactement. J'essaie alors de penser à quelqu'un qui pourrait parler à Mihawk et qui compterait assez pour lui pour arriver à le faire changer d'avis. Roger est à proscrire. Visiblement, ça fait plusieurs mois qu'il échange avec lui sans arriver à le faire évoluer. Hancock n'est clairement pas mieux. Elle est trop fâchée et butée pour arriver à prendre sur elle et essayer de se réconcilier avec son petit frère.

-Luffy ? je propose alors même si je ne suis pas sûr de cette idée.

-Non.

Il secoue la tête.

-Il serait vraiment trop triste si jamais Mihawk décidait de ne pas revenir.

-Pfff…

-Arrête de soupirer.

Il se relève et me pince le nez. Je me débats avant de le fusiller du regard.

-Stresse pas, il te reste un mois pour voir tout ça.

Il se penche et dépose un rapide baiser sur mes lèvres.

-Ce n'est pas que je ne t'aime pas mais il faut vraiment que je rentre.

Je l'attire tout de même à moi pour échanger un baiser un peu plus enflammé. Il résiste mais la chair est faible et cède facilement à l'appel du plaisir. Il ne me faut pas une minute pour l'avoir sur moi à m'embrasser langoureusement. J'aime toujours autant le goût de ses lèvres. Je pense que je pourrais les dévorer toute la journée sans jamais m'en lasser.

-Ace…, fait-il en se décollant à regret de ma bouche.

-Oui, oui, je sais. Je te raccompagne, je décide.

-Je n'ai pas besoin que tu me raccompagnes.

-Ouais, je sais.

Je me relève pourtant.

-Mais j'ai juste envie de passer plus de temps avec toi.

Pour une raison que j'ignore, il se met à rougir avant de détourner le regard.

xXx

J'ai reçu un appel assez inquiétant de Kid. Il m'a demandé de passer le voir au parc où on s'est vu la deuxième fois. Du coup, après avoir raccompagné Sabo, j'ai fait un détour sur le chemin.

J'arrive tout juste. Il fait déjà nuit et je distingue à peine le corps massif du roux assis sur une balançoire. Je m'approche de lui et vais directement m'asseoir sur l'autre balançoire.

-J'suis là, qu'est-ce qui se passe ? je le presse aussitôt, pas très tranquille.

-Je crois que je suis dans la merde ! fait-il, complètement paniqué.

-Dans la merde ? Jusqu'à quel point tu es dans la merde ?

Sa frayeur commence doucement à me gagner et les mains moites, je le fixe, inquiet.

-Jusqu'au cou ! J'ai peut-être même déjà coulé… Je t'en parle parce que tu sais un peu comment elle est alors… Et puis, t'es pote avec son mec, non ?

-Quoi ? Attends, je comprends rien à ce que tu racontes…

Il essaie de m'expliquer mais ses mots sont décousus. Ses phrases ne veulent rien dire et il a du mal à se concentrer. Ses yeux se baladent d'un point à un autre sans jamais se fixer sur quelque chose de précis.

Mon stress augmente quand je devine que tout ça a un rapport avec Law et Jewerly. Kid continue de me parler et essaie de m'expliquer la situation mais c'est surtout son désarroi que je perçois. Je pense alors qu'il est triste et vexé que Jewerly ait préféré Law à lui mais je suis vite détrompé quand la voix tremblante, il me donne enfin l'information dont j'ai besoin.

-Elle est enceinte… Et je crois que c'est moi le père.


« Pour répandre la joie, il est nécessaire
d'avoir de la joie dans sa propre famille. »

Mère Teresa

Sabo


Dimanche 26 Mars 2017

Voilà, ce jour est enfin arrivé. Et bien entendu, une fois de plus, nous sommes mis devant le fait accompli. En réalité, Stelly et moi nous y attendions car justement, Stelly avait perçu une conversation il y a quelques jours à ce sujet mais tout de même… Il aurait pu nous le dire clairement. Il s'agit tout de même de notre mère.

Nous sommes debout à l'entrée. Stelly tremble à côté de moi et il a envie de pleurer mais il se retient car Outlook est déjà en train de le fusiller du regard. Pour une fois, la maison est très vivante, bruyante même. Nos employés s'affairent à rassembler les possessions de notre mère pendant que d'autres s'occupent de charger la voiture. Mon père lui se contente de regarder sa montre toute les 5 minutes et je me demande si c'est parce qu'il a autre chose à faire et qu'il est pressé ou si nous ne sommes pas en avance, tout simplement.

Pourtant, je n'ai pas l'impression qu'on soit en retard. Ce petit remue-ménage a commencé très tôt ce matin. Ce sont d'ailleurs les cris désespérés de ma mère qui nous ont réveillés Stelly et moi. Maintenant, elle ne crie plus. Peut-être a-t-elle compris que ça ne sert à rien, que son mari est sans pitié et qu'il est déterminé à se débarrasser d'elle.

Le spectacle continue et nous, le reste de la famille, observons cet étrange ballet comme si nous n'étions pas concernés. On est debout sur le côté à regarder distraitement les valises et les personnes se bousculer. Silencieux.

Outlook n'a aucun mot doux pour réconforter Stelly qui en a pourtant bien besoin. Pour ma part, ça fait longtemps qu'il n'a plus aucun intérêt pour ma personne. Pour lui, je ne suis qu'un spermatozoïde qui aura réussi à évoluer. Dommage. Mais qu'il se rassure, pour moi, il n'est rien non plus. Sauf une personne dont j'aimerais m'éloigner le plus possible dès que je serai en mesure de le faire.

-Monsieur…

Sa voix est mal assurée. Pour tous nos employés, mon père est quelqu'un d'impressionnant. La jeune femme, la vingtaine à peine, fait face à mon père avec beaucoup de retenue.

-Qui y a-t-il ?

-Nous avons fini. Il ne reste plus qu'à charger les dernières valises dans le coffre.

-Très bien, répond mon père sans grand intérêt.

-Est-ce que… Faisons-nous descendre Madame maintenant pour les au revoir ou… ?

Outlook fronce les sourcils, hésitant, alors qu'à côté de moi, Stelly le supplie du regard.

-Oui, faites-la descendre.

Stelly soupire de soulagement et cette fois-ci, personne ne le reprend. Si lui est serein et heureux de cette décision, ce n'est pas forcément mon cas. Je ne suis pas sûr de vouloir la revoir ni de lui dire au revoir. Je garde encore à l'esprit tout ce qu'elle m'a fait. Tout ce mal…

Ma propre mère a essayé de me tuer deux fois et je ne pourrais jamais le lui pardonner. D'autant que je la tiens moi-même pour responsable de ce qui arrive à notre famille. Tout le monde a souffert de la disparition d'Amy. Il n'y a pas qu'elle. On aurait pu s'épauler, essayer de se réconforter mais elle a préféré se plonger dans la haine et le désespoir.

-Maman…

Je me tourne vers les escaliers, alerté par le ton peiné de mon petit frère. Miliyan, notre mère, est en haut des marches et nous contemple. Elle marque un petit temps d'arrêt et son regard passe de nous à ses valises. Elle soupire et commence à descendre les marches.

C'est trop dur.

J'ai envie de partir.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Si seulement Amy n'était pas morte…

Flash-back

J'avais 9 ans.

Ce jour-là, avec le club de basket, on avait gagné le tournoi. Ce n'était pas grand-chose mais pour moi, c'était grandiose. Mes parents ne mesuraient pas vraiment l'importance que j'accordais à ce sport qui était déjà presque tout pour moi. J'aimais tant être sur le terrain, m'amuser, marquer et voir les gens nous encourager.

Et là, on avait gagné !

Malheureusement, ma mère n'avait pas compris mon entrain et encore moins l'importance de la chose. Trop occupée qu'elle était à surveiller Stelly faire ses devoirs tout en caressant son ventre de femme enceinte, elle ne m'avait pas prêté une franche attention. Ça m'avait blessé. Sous prétexte que j'étais le plus grand, j'étais celui qui avait le moins d'attention.

Parfois, j'avais regretté l'époque où j'étais enfant unique. Ca n'avait duré que quatre ans à peine mais c'était quatre belles années. Et puis, Stelly était arrivé. Enfant adopté, il avait bénéficié d'un très grand amour qui m'avait rendu aujourd'hui encore assez jaloux. Pour me démarquer, j'avais travaillé très dur à l'école, récoltant les félicitations de mon père pour mes bonnes notes. Puis c'était ajouté le basket. C'était autant pour moi que pour rendre fiers mes parents.

J'avais en quelque sorte réussi à trouver un équilibre dans ma vie avec le bébé qu'était Stelly. J'étais même fier quand mes parents me laissaient le porter. Je ne l'avais fait tomber qu'une fois et j'avais eu tellement peur de me faire gronder que lorsqu'on m'avait demandé ce qui lui était arrivé au vu de ses pleurs, j'avais répondu qu'il s'était cogné tout seul. C'était la première fois que j'avais menti et j'en avais éprouvé une plus grande honte encore que lorsque j'avais fait tomber mon petit frère. Bien entendu, personne ne m'avait cru et en plus de me faire gronder, j'avais gagné l'interdiction de porter de nouveau Stelly.

Et plusieurs années plus tard, je m'étais retrouvé à devoir réitérer l'expérience d'être de nouveau grand frère. Si Stelly avait été tout excité, ça n'avait pas été mon cas. Mon père travaillait beaucoup et n'était pas souvent à la maison. Ma mère était très grosse et fatiguée par sa grossesse. Plus personne ne me félicitait et ne venait voir mes matchs. J'avais l'impression que pour Stelly, la vie était plus simple. Il était resté un enfant choyé. Ma mère disait que c'était parce qu'elle n'avait pas eu à le porter. Comme si elle le remerciait inconsciemment de ne pas avoir été un fardeau. Je n'en croyais pas un mot.

Comment le bébé qui était dans son ventre pouvait lui prendre autant d'énergie alors qu'il ne faisait rien ? Pour ma part, je trouvais plus fatiguant de se lever toutes les nuits pour s'occuper de Stelly, changer ses couches sales et le surveiller.

Mais ce jour-là, j'avais décidé de me rebeller. Je voulais vraiment fêter ma victoire et celle de mon équipe alors j'avais forcé ma mère à m'accompagner acheter un gâteau à la boulangerie. Bien entendu, elle avait d'abord renâclé, trop fatiguée. Comme d'habitude. Elle m'avait même demandé d'y aller avec un de nos employés mais j'avais refusé. J'avais alors expérimenté pour la première fois les caprices et bizarrement, ma mère avait cédé rapidement. Peu importait, j'en avais été très heureux.

On s'était dirigé très lentement vers la boulangerie. Il n'y avait pas eu beaucoup de monde alors on avait pu très rapidement prendre notre pâtisserie.

J'avais alors marché d'un pas énergique sur le chemin du retour jusqu'à la maison. Malheureusement, ma mère avait eu du mal à me suivre.

-Sabo, doucement… Mais attends-moi, voyons, avait-elle soupiré, très fatiguée.

Elle était après tout à presque 8 mois de grossesse.

-Désolé, maman.

J'avais alors ralenti l'allure pour marcher à ses côtés. Dans un acte de bienveillance, je lui avais même proposé de s'appuyer sur moi si elle en avait eu besoin. Elle avait souri, heureuse. Elle avait continué à avancer très lentement, si bien qu'au bout d'un moment, j'avais commencé à m'agacer un peu. J'avais eu peur que mon gâteau ne fonde ou qu'à cause de la chaleur, il ne soit plus bon une fois l'heure de le manger.

La bonne humeur n'avait pas duré et ma mère avait repris son habitude de se plaindre. J'étais épuisé de l'entendre dire qu'il faisait trop chaud, qu'elle était fatiguée et qu'elle ne savait pas pourquoi elle était venue.

Et de fatiguée, elle était passée à énervée.

J'avais eu l'impression que tout était de ma faute et que si elle était agacée, j'étais le seul responsable.

-Maman, on est bientôt arrivé ! Fais un effort, s'il te plait ! lui avais-je demandé d'une petite voix.

-Tu crois que je ne fais pas d'effort là ?!

Elle s'était soudain contractée à cause d'une douleur à l'abdomen et j'avais essayé de la distraire en parlant de basket.

-Ah, j'ai trop mal ! Tu m'agaces avec ton truc de merde ! s'était-elle alors exclamée en parlant de ma passion.

J'avais été blessé par ses mots et par sa colère injustifiée. Je n'avais pas compris pourquoi elle m'avait crié dessus. Un boulet. Voilà ce que j'avais eu l'impression d'être. Je lui en avais voulu et j'avais aussi eu envie de pleurer en entendant ces mots durs.

-Oh… Sabo…, avait-elle dit en se rendant compte de mes yeux brillant de larmes. Je suis dés-

Je ne l'avais pas laissé finir, trop blessé et énervé. Dans un geste de colère, j'avais laissé mon gâteau tombé par terre et avait repoussé ma mère loin de moi. Elle avait trébuché sur la route.

Une voiture était passée à ce moment-là. Le chauffeur, téléphone à la main, n'avait pas pu l'éviter.

Je crois qu'il y a eu des cris et un bruit de crissement de pneus dû au freinage d'urgence du véhicule.

Il y a eu beaucoup de sang partout. C'était horrible. Je me suis retrouvé tétanisé sur le trottoir à regarder ma mère. J'ai eu peur et je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il se passait.

Était-ce moi qui avais fait ça ? Tout était de ma faute ?

Mes larmes avaient coulé et je n'avais pas eu le courage de les essuyer. Ma mère ne s'était pas relevée. Elle avait juste crié qu'elle avait mal au ventre et qu'elle avait peur pour le bébé. Encore et encore, jusqu'à ce que les secours n'arrivent. L'espoir m'avait alors assailli. Ils allaient la sauver ! Oui, ils le pouvaient !

J'étais monté dans le camion le cœur rempli d'espoir. J'avais même voulu lui prendre la main.

Ma mère m'avait repoussé.

C'est là que tout a commencé.

Fin Flash-back

Une larme m'échappe au souvenir de ce passé difficile. Je l'essuie rapidement et fais comme si de rien n'était. Comme si tout ça ne m'atteignait pas.

Ma mère est maintenant juste devant nous. Personne ne fait un geste et je remarque que pour une fois, elle a l'air dans un état normal. Mais je sais que ça ne veut rien dire. Elle peut tout aussi bien avoir une crise et tout casser dans 5 minutes.

C'est finalement Stelly qui bouge le premier. N'écoutant que son cœur, il plonge dans les bras de Miliyan qui lui rend son étreinte. Elle est émue et ses lèvres tremblent. Elle ne garde cependant Stelly dans ses bras que quelques secondes. Elle le repousse ensuite sans rien ajouter. Elle s'avance alors jusqu'à Outlook et le regarde, le supplie des yeux.

-Tu m'aimes, n'est-ce pas ? lui demande-t-elle.

-Ne commence pas, Miliyan, la repousse-t-il.

Ma mère recule d'un pas, choquée et atteinte en plein cœur. Elle détourne la tête et commence à s'éloigner. Elle s'arrête à quelques pas de la porte de la voiture, s'attirant un regard inquiet de la gouvernante.

-Sabo…

Je sursaute presque en l'entendant prononcer mon nom. Je ne pensais pas qu'elle m'accorderait la moindre attention.

-Je sais que je t'ai fait du mal et qu'une mère… n'est pas censée faire ça. Mais je n'arrive pas à regretter.

Je baisse la tête, touché par ses mots. Je reste silencieux et écoute ses pas s'éloigner de plus en plus jusqu'à ce que la porte ne claque.

Je me demande si une fois prise en charge, elle me dira la même chose.

Qu'elle ne regrette pas d'avoir essayé d'attenter à ma vie.

Lundi 27 Mars 2017

-Tu ne veux pas sécher la philo ? je demande à Ace alors que nous sommes encore devant le lycée.

-Hein ?

Il me fixe, les sourcils froncés, surpris par ma question.

-Depuis quand tu veux sécher un cours toi ? me demande-t-il, sceptique.

-Depuis qu'on a Doflamingo comme prof, j'explique alors.

-C'est clair… C'est un boulet en plus d'être un mégalo.

Il soupire et s'appuie contre le mur derrière lui.

-Mais pourquoi sécher maintenant ? Surtout que c'est pas du tout ton genre.

-J'en ai marre, c'est tout. J'ai envie de passer un peu de temps avec toi et j'en peux plus de cet homme.

Je me mords la lèvre inférieure et, la tête légèrement baissée, le regarde intensément.

-S'il te plait…

Ace détourne le regard avant de se racler la gorge. Trop facile.

C'est d'un ton détaché qu'il acquiesce. Je m'en veux un peu de l'entrainer avec moi mais j'avoue ne pas avoir envie de me retrouver face à Doflamingo après ce qu'il s'est passé hier. Et je sais que si je n'avais pas mis Ace dans la confidence en séchant seul, il se serait inquiété tout le long de la matinée. Rien ne me dit aussi qu'il ne m'aurait pas harcelé au téléphone.

Alors je l'emmène avec moi. On sera bien tous les deux.

Et puis, plus je serais loin de ce fou, mieux je me porterais. Je vais assez mal comme ça sans avoir besoin de quelqu'un qui me harcèle et qui fait de ma vie un enfer, même au lycée.

La voix enjouée d'Ace me sort de mes pensées. Il n'a pas du tout l'air perturbé par ce changement de programme et je me demande s'il a déjà eu l'occasion de faire l'école buissonnière.

-Tu veux faire quoi du coup ? me demande-t-il.

-Je ne sais pas trop... On pourrait commencer par aller dans un café ? Je n'ai pas mangé ce matin et j'ai hyper faim.

-Tu sèches pour ça ?

Il pouffe, se moquant ouvertement de moi.

-Bon OK, on va te nourrir un peu. Après, on va faire un tour au centre-ville !

J'acquiesce et on commence alors à s'éloigner de Marie-Joa alors que la sonnerie annonçant le début des cours résonne. On se dirige tranquillement vers l'arrêt de bus le plus près. Il y a très peu de monde car cet arrêt est essentiellement utilisé par des étudiants. Ace part regarder les horaires alors que je m'assois sur le banc.

-Y en a un qui passe dans dix minutes, m'apprend-il en s'asseyant à côté de moi.

-OK.

Je m'approche de lui et passe un bras autour de sa taille. Il me sourit en faisant de même et je me penche alors en déposant un rapide baiser sur ses lèvres.

-Encore, me chuchote-t-il.

Mon sourire s'agrandit et je passe mon autre main sur sa nuque pour m'approcher de lui. J'aime le contact de ses lèvres sur les miennes, si chaudes et douces. A chaque fois, c'est la même chose : j'ai le cœur qui bat vite et je me sens si léger. Au-dessus de tout, comme si rien ne pouvait m'atteindre.

Ace me fait vraiment me sentir bien. Je m'aime enfin alors que je ne pensais pas ressentir autre chose que du dégout pour ma personne. C'est ce que n'arrêtait pas de me dire ma famille. Bien entendu, j'ai fini par y croire… Mais tout ça est en train de changer. Enfin.

-Ça va ?

L'inquiétude est clairement perceptible dans sa voix. Je m'éloigne légèrement de lui, affronte son regard quelques secondes seulement puis finis par poser ma tête sur son épaule.

-Pas trop, dis-je en fermant les yeux, les souvenirs de la veille se rappelant à moi.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-C'est ma mère.

Je fais une petite pause le temps de rassembler mes idées.

-Elle est partie dans un centre pour se soigner.

La main d'Ace qui est posée sur mes hanches se met à bouger de haut en bas. Je devine alors qu'il essaye par ce geste de me rassurer.

-C'est une bonne chance, non ?

-Oui mais… Son départ a fait remonter beaucoup de souvenirs, essentiellement tous mauvais, dis-je dans un rire désabusé. Mais maintenant je t'ai et ça va mieux. Tu m'aide beaucoup, tu sais…

Je relève les yeux et me redresse légèrement pour lui voler un baiser.

-Tu fais aussi beaucoup pour moi, m'apprend-il. J'aime t'aider. Ton bonheur, c'est tout ce que je veux. Tu es heureux, n'est-ce pas ?

-Oui… Quand je suis avec toi.

Ma réponse ne semble pas tout à fait lui plaire mais malheureusement, il n'y peut rien. Il fait déjà beaucoup mais il y a certaines choses que je dois faire par moi-même.

On n'a pas le temps d'en discuter davantage car le bus arrive. On monte, on achète des tickets et on va se poser dans le fond. Avec nous, il n'y a que trois vielles dames et quelques trentenaires ainsi que des enfants en bas âge. Personne ne fait attention à nous et encore moins à nos mains entrelacées.

Nous restons silencieux. Ace a l'air ailleurs. Il regarde le paysage défiler mais a les traits soucieux. Je me demande si ça a un rapport avec ce que je lui ai raconté il y a quelques minutes ou s'il a des problèmes qui le minent lui aussi. Si c'est le cas, j'espère qu'il me parlera, que de lui-même il se confiera à moi. En attendant, je me contente de serrer sa main plus fortement dans la mienne.

Comme nous n'avons que deux heures devant nous avant de retourner en cours, nous ne pouvons pas faire grand-chose. En sortant du bus, on s'est arrêté quelques minutes dans une boulangerie où je me suis acheté deux croissants et un jus de fruits. Ace quant à lui s'est laissé tenter par un pepito et quelques chouquettes. On s'est alors gentiment promené dans le centre-ville. Le matin, c'est toujours plus calme, surtout un jour de semaine. On est ensuite rentré dans quelques boutiques où Ace a acheté une paire de baskets. J'ai senti mon copain pensif tout le long. J'ai essayé de lui changer les idées mais sans grand succès.

-Tu as l'air préoccupé, je lâche alors qu'on est assis sur le bord d'une fontaine.

La place commence à se remplir de monde. Doucement, le centre-ville prend vie.

-J'ai appris quelque chose samedi qui m'a… secoué.

Samedi ? Je n'ai pourtant rien remarqué quand je l'ai quitté. Il était normal, pas plus angoissé que ça. Je pense alors à ce Mihawk dont il m'a parlé.

-Est-ce que c'est en rapport avec le frère de Hancock ? je demande, soucieux.

-Non…

Il soupire comme s'il était abattu.

-J'aimerais t'en parler mais le truc, c'est que ça ne me concerne pas et je pense pas que la personne impliquée dans cette histoire apprécierait que je t'en parle...

-Oui, je comprends. Ça va aller ?

-Oh…

Il hausse les épaules.

-Pas vraiment le choix de toute façon.

Je n'ajoute rien de plus et après quelques minutes de silence inconfortable, on décide de reprendre la direction de Marie-Joa. Ace se lève et jette une petite pièce dans la fontaine. Je souris, amusé par son petit manège. Je n'imaginais pas Ace faire ce genre de gestes et je trouve ça mignon. Je le lui fais d'ailleurs remarquer mais une fois de plus, il prend la mouche et pour m'embêter, il essaie de me foutre à l'eau.

Je me débats et nous rigolons comme des gamins. On finit tout de même par se calmer quelques minutes plus tard et bras dessus-bras dessous, nous nous éloignons enfin de la place centrale. Nous marchons lentement. Il faut dire que nous ne sommes pas pressés de retourner à Marie-Joa. Après tout, nous sommes bien là, tous les deux, à profiter sans penser à tous les problèmes de la vie…

Mais sécher la philo est une chose, manquer l'histoire en est une autre !

On se met alors à parler de la prof, Nico Robin, et des excuses qu'on pourrait lui sortir si on venait à manquer le début du cours. On ne se fait cependant pas trop d'illusion. Peu importe ce qu'on inventera, elle ne nous croira pas. Il ne faut pas non plus oublier qu'on a manqué le cours précédent et qu'elle va sans aucun doute nous demander des explications…

Je ne fais pas vraiment attention à ce qui nous entoure, que ce soit les passants, les magasins ou le paysage. C'est pour cette raison que je ne remarque qu'au dernier moment seulement qu'on passe devant l'entreprise de mon père. Je ralentis l'allure, un peu paniqué à l'idée qu'il me voit ici. Je scrute alors en profondeur l'intérieur du building tout en priant pour ne pas l'apercevoir.

Ace remarque mon manège et étouffe un rire. C'est vrai qu'il est en totale rébellion contre son père et se fout bien de se faire engueuler. C'est aussi mon cas – même si je ne le montre pas – mais pour l'instant, il est dans mon intérêt qu'il continue à me laisser tranquille et à ne pas interférer directement avec ma vie.

Soudain, je m'arrête.

Mes yeux fixent l'intérieur du building à travers les portes en verre sans pouvoir s'en détacher. Je n'entends pas du tout Ace me demander ce qu'il se passe. Je suis même incapable de lui dire quoi que ce soit.

Mon père est là. Il entre dans l'ascenseur et appuie sur un bouton. Une jeune femme le rejoint. Sa secrétaire. Une jolie blonde aux formes généreuses. Sa démarche chaloupée met en évidence la beauté de ses jambes. Habillée d'une courte et moulante robe noire, des chaussures à talon et des lunettes de vue complètent sa tenue des plus simples mais visiblement efficace.

Ils se sourient.

Ils s'embrassent.

-Sabo ? Mais qu'est-ce que t'as, bordel !?

Je le sens me secouer, ce qui me ramène peu à peu à la réalité.

-C'est mon père.

Je lui montre l'homme qui me sert de géniteur avant que les portes de l'ascenseur ne se ferment.

-Et la femme, c'est ta mère ? me demande-t-il, un peu surpris et dubitatif. Elle est jeune, non ?

-Non. C'est sa secrétaire, dis-je d'une voix blanche.

Il ne dit rien et moi non plus, encore trop perturbé par ce que je viens de voir. Je le savais mais… Le voir fait quand même mal et je prends plus encore conscience de la chose. Sa femme est partie hier. Décidément, il n'a pas perdu de temps…

Je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire ni même quoi penser. Ace ne semble pas avoir le même problème que moi.

-Putain, quel connard !

Mardi 28 Mars 2017

Je vérifie encore une fois la température de l'eau avant d'enlever ma serviette et de me glisser dans ma baignoire. Un soupir d'aise franchit la barrière de mes lèvres quand mon corps est complètement recouvert d'eau et de mousse. Je n'ai pas l'habitude de prendre des bains, préférant les douches pour une question d'écologie mais je dois dire que seuls les bains peuvent détendre parfaitement. Les cheveux sur ma nuque sont mouillés, chatouillant ainsi légèrement ma peau. Je ferme les yeux et me laisse apaiser par les légers remous de l'eau. J'essaie de faire le vide, de ne penser à rien et de profiter simplement de ce moment de bien-être.

Malheureusement, comme je le craignais, mes pensées dérivent vers mon père et cette femme avec qui je l'ai vu la veille. Je ne connais aucun des employés ni les collaborateurs de mon père. Il me semble tout de même avoir déjà vu cette femme une fois quand, un peu plus jeune, j'étais parti déposer un dossier pour mon père à son bureau.

Impossible de me rappeler de son nom ni même de quoi que ce soit d'elle. A vrai dire, elle ne m'avait pas vraiment parlé. La jeune secrétaire s'était contentée de prendre le dossier que j'avais et de gentiment me remercier. Pas spécialement aimable mais un professionnalisme sans pareil ainsi qu'une politesse toute à son honneur. Voilà les seules informations que je peux réunir de ces quelques minutes où je l'ai rencontrée. Je pense aussi qu'elle portait une tenue assez courte, comme celle qu'elle portait hier.

Je me demande si à ce moment-là, mon père trompait déjà ma mère.

Depuis combien de temps entretient-il une relation extra-conjugale ?

Un soupir tremblant m'échappe et je m'enfonce un peu plus dans mon bain.

J'avais donc raison. Il a envoyé ma mère dans un institut spécialisé pour être plus libre de ses mouvements. Le pire, c'est qu'il n'a même pas l'air de se cacher de son adultère. Je me demande aussi comment cette femme peut être avec lui alors qu'elle sait très bien qu'il est marié. Pas par amour mais tout de même ! Quoi que. Je ne pense pas non plus que mon père aime cette femme. Il n'a jamais été capable d'amour et ce, même avec ses enfants. Alors une femme un peu trop jeune pour lui et qu'il n'ose même pas assumer…

L'eau commence à devenir froide, signe qu'il est temps pour moi de sortir. Au final, je n'ai pas vraiment réussi à me détendre.

Je sors du bain, me rince rapidement et me sèche avec une serviette avant de l'enrouler autour de ma taille. J'entreprends ensuite de me sécher les cheveux. Mes mèches blondes tombent en bataille sur mon visage, me faisant alors penser au fait qu'il est temps de les couper.

Je verrais ça plus tard. Je me dirige lentement dans ma chambre et ouvre mon placard pour prendre mon pyjama. En tirant mon bas, je fais tomber une boite par terre. Je me baisse pour la ramasser et rougis furieusement en remarquant que c'est la boite de préservatifs que j'ai achetée la derrière fois. En réalité, j'ai eu tellement peur de me faire prendre que je l'ai cachée dans mon placard...

Je me mords la lèvre inférieure en pensant à ce que cette boite signifie.

J'avoue avoir un peu peur mais je suis aussi excité à cette idée. Je m'interroge sur l'acte et surtout sur son déroulement. Est-ce que ce sera romantique ? Plaisant et excitant ? Ou alors douloureux et angoissant… ?

La boite de préservatifs dans la main, je pars m'allonger sur mon lit.

Il y a aussi des choses auxquelles je n'ai pas encore pensé. Je ne sais pas du tout comment serait faire l'amour avec Ace. Est-ce qu'il préfèrerait dominer ? Refuserait-il de me laisser être au-dessus ? Plus je côtoie Ace, plus j'ai du mal à l'imaginer me laisser le prendre… Mais est-ce que j'aimerais le recevoir ? J'avoue que la chose me fait peur. En fait, c'est surtout la douleur que je crains car je suis certain que j'aurais mal.

Et si j'avais trop mal !? Je n'aurais pas envie de tout gâcher et de dire à Ace d'arrêter… D'autant que si vraiment ça se passe mal, je n'aurais pas envie de réitérer l'expérience...

-Je me prends sans doute la tête pour rien.

Oui, je ne saurais pas avant d'avoir essayé. Je lâche la boite de préservatifs et détache ma serviette.

Je rougis rien qu'en pensant à ce que je vais faire. Je n'ai jamais vraiment été un adepte de la masturbation. Je trouve ça compliqué et assez frustrant. Le peu de fois où je me suis adonné à ce plaisir solitaire, je me suis toujours retrouvé grandement insatisfait à la fin. Mais maintenant que j'y réfléchis, je réalise que ça doit surtout venir du fait que j'imaginais des filles alors que j'aime le corps des hommes…

La main légèrement tremblante, je me mets doucement à caresser mon ventre. Je sens mes abdominaux forgés par des années de pratique du basket sous ma peau. Je descends ma main et ferme les yeux. Des images d'Ace s'imposent aussitôt à moi. D'abord son sourire, un peu insolent mais surtout très séducteur, ses yeux ténébreux dans lesquels j'aime me perdre et ensuite ses lèvres… Ses baisers. Ma main droite descend un peu plus et finit par saisir mon sexe à demi-érigé.

-Hum…

Le contact de ma main froide sur cette partie de mon anatomie si chaude me provoque un frisson de bien-être.

J'effectue des mouvements de va-et-vient alors que de mon autre main, je caresse à nouveau mon ventre. Des images d'Ace me reviennent. Sa façon d'embrasser si gourmande et sensuelle. Ses mains sur moi. Ses lèvres dans mon cou qui sucent et embrassent ma peau, y laissant alors une marque indélébile. Mon dos s'arque et mes mouvements s'accélèrent, faisant ainsi doucement monter le plaisir. Ma bouche s'ouvre dans un gémissement muet et ma main gauche remonte pour taquiner mes tétons dressés.

C'est bizarre. Les quelques fois où j'avais fait ça, je m'étais trouvé tellement gauche. Je ne savais pas quoi faire pour prendre du plaisir mais là… Mais là, c'est naturel. Ca vient tout seul.

Le plaisir monte de plus en plus et, gêné par ma serviette qui me recouvre encore partiellement, je la repousse au loin. Sans vraiment réfléchir, je me mets de profil et la main qui jusque-là taquinait mes tétons s'aventure doucement jusqu'au bas de mon dos puis s'arrête, hésitante.

A la fois excité par cette nouvelle expérience et anxieux quant à cette inconnue, je descends ma main. Elle s'insinue entre mes fesses. Mon index et mon majeur massent mon entrée et devant, ma main accélère.

J'imagine Ace me dire qu'il m'aime et qu'il a envie de moi.

-Ah… Hum !

J'essaie de me retenir, de ne pas faire trop de bruit de peur qu'on puisse m'entendre et me surprendre dans cette situation plus que gênante.

Sans vraiment m'en rendre compte car trop pris dans mon plaisir, j'introduis un doigt en moi. Il me faut moins de 10 minutes pour jouir. Il m'en faut encore 5 pour retrouver une respiration normale.

Je m'allonge sur le dos et ferme les yeux. Un léger sourire prend place sur mes lèvres.

Pendant ces quelques minutes, je n'ai pas pensé à mon père ni à sa maitresse et encore moins à Doflamingo. En fait, je n'ai pensé à rien d'autre que moi et mon plaisir.

Et alors que je ressens encore quelques bribes de mon orgasme, je réalise que j'ai aimé et que j'aimerais recommencer…

Et que je veux aller jusqu'au bout avec Ace.


Dans le prochain chapitre :

-Bluejam veut t'voir.

Je tressaille et il le remarque.

-J'suis sûr que ça va être marrant.

-Je n'irai pas le voir. Je ne bosse pas pour lui, je lui rappelle alors.

-Rien à foutre.

Je me tourne vers lui et, la mine sombre, le fixe de haut.

-Qu'est-ce qu'il me veut ?

Le larbin de Bluejam esquisse un large sourire laissant voir ses dents jaunies par le temps. Il a soudainement l'air plus vieux que les trente ans que je lui donne.

-Ça, t'as pas besoin de le savoir tout de suite, s'agace-t-il.

Il tapote ma joue de deux petites claques comme si j'étais un vulgaire chien.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et je me détourne de lui. Je serre les poings en appuyant sur le bouton de mon étage.

-Tu sais où le trouver, n'est-ce pas ?

Je ne réponds pas et il s'énerve un peu plus.

-T'as intérêt à venir, p'tit enculé ! Bluejam veut te voir avant vendredi !

Les portes de l'ascenseur se referment et je sursaute légèrement en entendant son pied s'abattre dessus.

-Putain…


J'ai l'impression que ça sent les vacances non? C'est l'été donc je suppose que c'est normal! Si je en me trompe pas il n'y a plus d'examen et tout donc tout le monde et un peu près tranquille sauf ce qui travail...pas facile.

Bon ou sinon concernant ce chapitre je sais pas ce que vous en avez penser mais il est assez spécial. La partie d'Ace est surtout centré sur ses proches et le glee club. Et puis y a le retour de Kid qui bon n'amène pas forcément que des bonnes nouvelles. Celle de Sabo est encore moins joyeuse, on apprend enfin ce qui est vraiment arrivé à cet famille. C'est à se demander comment Sabo à pu bien tourner avec une famille comme ça. Bon et puis son père n'en parlons même pas. Parlons plutôt de la fin de ce chapitre et de l'extrait. ça donne envie non?

A votre avis c'est le pov de qui?