Je sais , je sais je suis horrible !! Plus de deux mois pour poster enfin mon chapitre…Mea culpa !!!!
J'adorais pouvoir poster toutes les semaines, mais mon crédit d'heures d'écriture a fondu comme neige au soleil !!!! Entre le boulot, les fêtes, des travaux dans ma maison ( loin d'être achevés ! snif !) et la p'tite famille, il ne me reste que les yeux pour pleurer le peu de temps qu'il me reste au final pour écrire….
Pour me faire pardonner, j'ai doublé mon chapitre, j'ai rajouté pas mal de paragraphes, non prévus à l'origine, histoire de me rattraper pour votre attente, qui devraient vous plaire je pense. ( C'est mon plus long chapitre..de très loin !)
Pour gagner un peu de temps, je n'ai pas énuméré tous mes fidèles lectrices-lecteurs, mais sachez bien que toutes vos reviews me sont allées droit au cœur !!!!!!!!
Alors merci, merci, merci !!!!!!!
Continuer à me dire ce que vous pensez !!!!!!
(Je recommencerais ma petite liste au post suivant, si je n'ai pas pris autant de retard que pour celui-là !)
Pas mal de nouvelles lectrices m'ont mis en favoris et en alert, sans oser me donner leur opinions... Snif... Merci quand même pour vos futurs reviews ! lol
Bien je vous laisse à votre lecture, tant attendue ( je m'envoie des fleurs, là lol), et je vous souhaites en passant une très bonne année 2010 !!
Vive le lemon ! lol
Vive vous !!!!! lol
Chapitre 19 : Accentuation
Je lui déposais un baiser sur la joue, reconnaissant de sa bienveillance et de sa constante compréhension.
« Merci Esmée. » Lui murmurais-je.
"Va la voir maintenant, même groguie, elle te réclame déjà." Me dit-elle dans un sourire.
Mon sourire s'élargit malgré moi. J'embrassais à nouveau Esmée sur la joue, puis me dirigea vers notre chambre, d'où j'entendais le doux son, à nouveau régulier, de son cœur.
Immobile derrière la porte, j'écoutais avec une fascination invariable, cette douce saccade... Je ressentie déjà un certain regret de ne bientôt plus pouvoir écouter des heures durant, les envoutantes variations de cette musique enjôleuse.
Dès notre première rencontre, ne pas pouvoir entendre son esprit si singulier fut très frustrant pour moi. Mon don, même s'il était parfois pesant, faisait partie intégrante de mon être, le fait qu'elle y soit insensible me privait en quelque sorte de l'un de mes sens. Je n'y étais pas habitué. Ne pas savoir ce qu'elle pensait me déroutait fréquemment, ainsi, ses battements cardiaques étaient devenus, pour moi, un précieux indicateurs de ses émotions. Ecouter son cœur était très vite devenu naturel.
Je n'avais pas les mots pour exprimer à quel point je désirais Bella à mes côtés pour l'éternité, mais je ne pouvais nier que j'éprouvais de la nostalgie à la pensée de perdre le charme de ce formidable organe, symbole de vie et d'amour.
Mais cette mélancolie n'était rien en comparaison avec la culpabilité que je ressentais : j'allais ôter la vie à la femme que j'aimais, à la femme qui m'avait fait renaitre.
Une autre conséquence de cet acte me torturait toujours et encore, et plus le terme se rapprochait, plus cette pensée m'obsédait jusqu'aux tréfonds de ma conscience : En lui ôtant la vie pour en faire mon égal, je ferais d'elle une créature de la nuit.. et elle perdrait son âme.
Bella n'y faisais pas allusion, pour elle, la perspective de perdre, ce en quoi elle ne croyait pas, ne la tourmentait pas.
Malheureusement ce n'était pas mon cas, j'éprouvais souvent des doutes concernant ma foi, mais elle m'était précieuse, elle était mon garde-fou, mon dernier lien humain. Durant mes plus sombres années, sans elle, j'aurais été perdu à jamais. Au milieu de ce monde d'ombre auquel j'appartenais, elle était ma lumière, ma conscience, le substitue de mon âme perdue.
Je me sentais si égoïste...et si heureux à la fois à la simple pensée d'avoir Bella pour toujours auprès de moi. J'étais à la fois attristé et enjoué...Cette dualité de sentiments me troublait profondément, viscéralement.
J'avais beau admis que sa transformation était inéluctable...Un sentiment de gâchis restait présent en moi...Je n'avais même pas pu lui offrir (même si elle n'en voulait pas) quelques années de plus dans la lumière de la vie.
Je lui dérobais tout : sa vie, sa famille, ses amis et le plus important à mes yeux : son âme..et sa place au paradis.
Bella ne se rendait pas compte de ce qu'elle allait devoir endurer une fois transformée. Son amour inconditionnel - et inespéré- pour moi affaiblissait sa raison et mes nombreux et réguliers avertissements n'y avaient rien fait...Sa décision était totale et irrémédiable.
Je connaissais son souhait, mais malgré cela, je ne savais pas si je me pardonnerais un jour de l'avoir condamné dans ce monde de ténèbres...pour moi.
Un fort éternuement de l'autre côté de la porte m'extirpa de mes pensées noires. Je tournais la poignée et entra dans la chambre.
Bella éternua à nouveau, assise sur le bord du lit, emmitouflée sous deux épaisses couvertures, d'où dépassait à peine sa tête. La voir ainsi fébrile me désola.
Je m'approchais d'elle lentement, et m'agenouilla face à elle.
Elle ne m'avait pas entendu entrer. Lorsqu'elle leva la tête vers moi, son visage blême s'illumina dans un sourire adulateur. Qu'avais-je fait pour mériter un tel amour..
Je lui souris tristement en retour, mon doigt passant sur ses lèvres encore bleutées. Son sang semblait avoir déserter son visage.
"Je vais bien.." Murmura-t-elle sur mon doigt, dessellant aisément mon inquiétude.
Je scrutais ses yeux pâles et cernées.
"J'ai faillit te tuer.."
"Non, tu m'as sauvé." Me coupa-t-elle.
Je grimaçais devant sa reconnaissance imméritée, car j'étais bien plus un fautif qu'un sauveur depuis qu'elle était avec moi.
"Je ne t'apporte rien de bon.." Soupirais-je d'un ton las.
"Si au contraire..Tu m'apportes tout, tout ce que je n'osais espérer...Et puis maintenant je sais exactement ce que veut dire l'expression -être glacé jusqu'aux sang-." Finit-elle en ironisant.
Une bouffée d'irritation monta en moi et je lui jetais un regard critique. Le sourire amusé qui se peignit sur son visage livide me dérouta. Encore une fois son attitude était à l'opposée de ce que l'on aurait pu –normalement- s'attendre chez une personne qui venait d'être confronté à un tel péril.
Elle était si calme, si détachée. Ce n'était -malheureusement – pas sa première altercation avec des vampires malfaisants, et j'avais depuis découvert cette force rare et singulière qu'elle possédait en elle..et cela me rendait d'autant plus admiratif. Mais cette absence de malaise, de contrariété sur ses traits étaient plus qu'impressionnant…C'était…troublant.
Un bras se faufila des couvertures et elle posa sa main- plus froide qu'à l'accoutumée- sur ma joue. Son mouvement fit légèrement glisser les couvertures et dévoila son épaule nue.
"Je vais bien.." Répéta-t-elle dans un murmure.
Sa voix fut si douce, que mon irritation et ma suspicion- peut être absurde en fin de compte- se transformèrent brusquement en désir...Mais je me réprimandais en silence, pensant que cette montée de désir n'était pas approprié, pas après ce qu'elle venait de vivre.
Je baissais les yeux, à la fois coupable et honteux.
Mon désir me rappela, avec douleur et haine, la convoitise de ces immondes écossais.
"J'aurais voulu arracher la tête de ce Dristan. Pour ses pensées, pour avoir osé te toucher." Lâchais-je malgré moi d'une voix dure, et les poings serrés de rage.
"J'aurais voulu les massacrer tous.."
« Mais heureusement tu ne l'as pas fait. L'essentiel est que toi, moi, toute ta famille soyons indemnes, c'est tout ce qui compte. Oubliez-les Edward.»
Sa voix avait légèrement tremblé.
Je repensais soudain à l'image sordide que je lui avais renvoyé tout à l'heure dans la clairière
Je baissais d'avantage la tête, confus par ce détestable souvenir, et ce qu'avait pu ressentir Bella à ce moment là.
"Je prie pour que tu oublies la façon dont je me suis comporté.." Dis-je tout bas.
Je sentis sa main voulant me soulever le visage. Je la laissais me manœuvrer et je fis face à son doux visage.
"Edward, je ne suis pas stupide, je sais bien que ce n'était pas toi...Tu n'as rien à voir avec ces vampires.."
Bella avait une telle foi en moi..Une foi démesurée.. Mais elle était loin de connaitre toute l'obscurité de mon être.. qui m'effrayait encore parfois.
Elle ne pouvait pas savoir ce que j'avais traversé il y a bien longtemps. Il m'aurait, un temps, été si facile de me laisser gagner par cet instinct meurtrier et toute cette immoralité qui régit la majorité des membres de mon espèce. Oui, jadis, j'avais faillit céder aux attraits maléfiques de notre race et j'avais faillit renoncer à ce que j'étais avant, aux minces parcelles d'humanité qui subsistaient en moi...Trop de douleurs, trop de privations...Si je n'avais pas eu le soutien sans faille de Carlisle et d'Esmée, j'aurais pu sombrer et devenir l'un de ces monstres sans remords, ni sentiments…
"J'aurais pu devenir l'un d'entre eux.." Dis-je sans m'en rendre compte.
"Non" Affirma t'elle, ses traits brusquement sévères.
Elle se redressa et releva le menton, la mine outrée.
"Quoique tu puisses penser, tu n'aurais jamais pu être comme eux. Tu n'es peut être plus humain, mais ta conscience a toujours été là, bien plus présente que parmi bien des hommes. Je me fiche que ton cœur ne batte plus, tu restes un homme, un homme généreux, courageux, soucieux des siens..Tu es…l'homme de ma vie, tu es l'homme dont je n'osais même pas rêver. "
Ses paroles chassèrent sur le champ mes doutes sur l'existence divine...Oui, Dieu existait vraiment...Qui d'autre aurait pu m'envoyer cet ange au cœur si pur ?
J'embrassais sa main et prit délicatement son visage entre mes mains.
"Quoique je sois, quoique qu'il reste de moi....Tout cela t'appartient..A jamais." Lui murmurais-je lentement.
Les yeux embuées, elle se pencha et m'embrassa.
Je suppliais alors le ciel de pardonner mon futur geste...mais par-dessus tout, d'épargner à Bella la perte de son âme. J'osais faiblement croire que si Dieu était bien derrière notre rencontre, sa bonté illimitée pouvait aussi sauver une âme aussi innocente que la sienne.
Elle passa ses bras minces autour de mon cou et se pressa contre moi. Les couvertures glissèrent sur le bord du lit et je ne pus réprimer un feulement de plaisir en sentant son corps nu sous mes doigts. Spontanément je basculais sur elle, nous allongeant tous deux sur le lit. Je relâchais sa bouche devenue avide, pour la laisser respirer, mais elle enfouit ses doigts dans mes cheveux, et se précipita à nouveau fougueusement sur mes lèvres.
Son corps tout entier tremblait, je ne savais pas si c'était du au froid ou à l'excitation, ou aux deux...En dépit de ma conscience -de plus en plus floue- qui me rappeler que ma conduite n'était pas des plus correctes en cet instant- je devrais laisser Bella se reposer et se réchauffer-, je ne pouvais pas résister à sa demande passionnée.
Je grognais contre ses lèvres, la manière dont elle se pressait contre moi, d'une manière désespérée m'enflammait au plus au point...Mais quelque chose semblait différent.
Ses mouvements se renforcèrent, tout comme les battements de son cœur. Elle ondula langoureusement et je compris soudain qu'elle n'avait pas seulement envie de moi..Elle avait besoin de moi. Son étonnante contenance se fissurait au travers le langage de son corps. Les émotions qu'elles avaient jusqu'ici parvenues à dissimuler se dévoilaient brutalement. Je pouvais maintenant sentir, contre son corps, au travers ses bras et ses lèvres, toute sa détresse, sa peur, et par là même, son besoin violent, urgent d'être apaiser, d'être réconforter.
La pensée de ce qu'elle avait du endurer, et qui émergeait à présent, déclencha une nouvelle vague de colère en moi.
Je quittais abruptement ses lèvres et lorsque je m'accrochais à son regard, ma colère se changea instantanément en fureur et tous mes muscles se raidirent, prêt à décharger cette colère.
Je pouvais lire dans ses yeux aux bords des larmes, l'intense et douloureuse émotion qui était sur le point de la submerger. Tout ce qu'elle avait accumulé ces dernières heures l'avait rattrapée et défilait dans ses yeux humides et voilés d'ombres. Maudissant ma fureur malvenue, j'essayais immédiatement d'effacer l'expression de rage qui avait du durcir mes traits. Ce n'était certainement pas sur Bella que devait s'exprimer ma fureur contre les odieux responsables de son affliction.
"Bella.."
Elle fuit mon regard et enfouit sa tête dans mon épaule, et lorsque je sentis ses larmes sur ma peau, ma rage meurtrière envers ces maudits écossais atteint son paroxysme.
Je contenais une fois de plus toute cette violence qui grondait en moi et je l'enlaçais tendrement, en maudissant ces démons à chaque nouvelle larme qu'elle versait.
Si Sam et sa meute n'était pas parvenu à s'occuper d'eux, je me fis le serment de les retrouver et de tous les tuer.
Bella se tapit dans mes bras. Ma fureur contre eux se retourna alors brusquement contre moi : J'aurais du approfondir mes doutes sur l'état de Bella, à la seconde ou je les avais pressentis. Au lieu de cela, je m'étais apitoyé sur moi-même – comme d'habitude-, et les rôles s'étaient inversés et ce fut elle qui prit soin de moi, soin de mon esprit angoissé..et égoïste.
"Je suis désolée Bella.." Lui soufflais-je d'une voix brisée. Je la resserrais dans mes bras, ne sachant pas quoi lui dire d'autre. Je ne trouvais pas les mots appropriées pour pouvoir l'apaiser, je me sentais si inutile, si impuissant.
"J'ai...J'ai besoin de toi.." Murmura-t-elle dans mon cou.
Sa voix si chétive me déchira.. et m'enflamma à la fois le cœur. Ses lèvres tremblotantes contre ma peau déclenchèrent en moi une nouvelle, brusque et inattendue montée de désir.
Sa douce supplique eue raison de l'explosion de violence qui fut sur le point de m'emporter. Elle avait besoin de moi. J'aurais tout donné pour lui prendre sa douleur et lui rendre son insouciance..C'était hélas impossible, mais j'avais compris ce qu'elle attendait de moi pour l'aider à exorciser sa souffrance.
Ces quelques mots avaient suffit.
Je repoussais mon envie meurtrière et embrassa délicatement sa bouche.
Comme si elle fut en cristal, je choyais ses lèvres avec milles précautions. Elle fut prise de tremblements plus fort, mais ce n'était pas mon contact froid cette fois ci qui était en était la cause...Mais son désir, car son corps fut subitement plus chaud, je pouvais ressentir ce feu qui retrouvait ses veines. Le bruit chaud et séduisant de son sang.
Ses lèvres, encore froides, furent plus exigeantes. Son corps tremblant, parcourue de spasmes, cherchait le mien avec une irrésistible violence, c'était à travers lui qu'elle réclamait mon aide, qu'elle voulait chasser toute cette peur qu'elle avait ressentie et qu'elle avait si dignement camouflée. C'était moi son remède.
Elle se frottait sans fausse pudeur, ni faute note contre mon membre emprisonné, m'implorant plus d'action. Un grognement s'échappa de nos lèvres scellées. Sans jamais me détachait de sa bouche, je me débarrassais en deux coups pieds de mes chaussures, puis dans une série de crissements précipités, je m'affranchis du reste de mes vêtements, dont les morceaux déchiquetés volèrent à travers la pièce.
Je pris son visage entre mes mains, presque religieusement, et embrassa toutes les larmes qu'elle avait retenues, et qui s'échappaient maintenant, roulant le long de ses joues pâles. Je déposais une nuée de baisers adorateurs, sur ses yeux, son nez, son front, ses joues, son menton, ses oreilles..Je louais chaque centimètre de son visage avec la même dévotion, essayant de lui signifier tout ce qu'elle représentait pour moi.
Je traçais un chemin sensuel de son cou à son épaule, glorifié par ses lèvres, d'un gémissement de complétude absolue.
Je n'avais qu'un seul objectif : la ravir, encore et encore. Je me concentrais sur son seul plaisir, au détriment du mien, espérant, qu'au travers le ravissement absolu, sa peur se dissiperait.
Le témoignage physique de mon amour était mon unique moyen de lui venir en aide.
Je glissais lentement ma main le long de son ventre, lorsque mes doigts atteignirent sa douce toison, elle enterra son visage dans le creux de mon épaule en frissonnant et je sentis qu'elle se retint de la mordiller. Je frissonnais, intimant à mon corps de se calmer. J'embrassais à mon tour sa peau avec passion, inspirant profondément son parfum enivrant, qui s'amplifiait à chaque seconde, me rendant par la même, à chaque seconde, encore plus fou d'elle. Mes lèvres se mirent à chérir chaque parcelle de sa peau, tandis que ma main ondoyait, aussi légère qu'une plume, sur sa féminité.
Bella gémit sous mes caresses raffinées, la contrainte que je m'imposais fut vite trahie par mon souffle rauque..et par mon désir, plus qu'évident, contre sa cuisse. Mais elle seule comptait à cet instant. Je me consacrais –non sans mal- à lui donner ce dont elle avait besoin.
« Jamais je ne laisserais quiconque te faire du mal.. » Murmurais-je.
« Plus… » Souffla t'elle.
Je plongeais un doigt dans sa douce moiteur, et dans un gémissement merveilleux, Bella s'arqua sensuellement contre moi. Je retirais doucement mon doigt puis répéta délicatement mon geste.
« Oui.. »
J'accentuais mes doux va et vient et je la sentais déjà proche de sa libération. La respiration haletante, son corps se mit à tanguer sous le mien. J'aurais pu faire durer son plaisir, mais je sentis l'urgence de sa délivrance. J'introduis un deuxième doigt en elle, tout en en prenant, avec la plus grande délicatesse, la pointe dressée de son sein entre mes lèvres. Dans un soupir perçant, elle rejeta sa tête en arrière et enfouit ses doigts dans mes cheveux pour me presser contre elle. Ses hanches étroites avaient entamé contre ma main une danse sensuelle, instinctive qui enchanta mon corps et mes sens…et les torturait en même temps.
« Je t'aime » Murmurais-je entre ses seins.
"Je t'aime." Souffla-t-elle entre deux soupirs.
Elle était toute proche, je me redressais sur un coude pour l'admirer, ses mains glissèrent sur mes bras, ses joues avaient retrouvées un peu de couleur, ainsi que ses lèvres, délicieusement entrouvertes sur ses soupirs croissants de plaisirs.
« Vient mon amour.. »
Sa féminité se contracta alors brutalement autour de mes doigts, ses mains se resserrent telles des griffes sur mes bras.
« Edward.. » Gémit-elle, son corps se raidissant dans une cambrure majestueuse.
Je tremblais de désir, comme chaque fois qu'elle prononçait mon prénom en atteignant les sommets de la jouissance.. Et je me fis péniblement violence pour ne pas la posséder sur le champ.
Dans cet abandon, malgré la pâleur accentuée de sa peau, Bella était d'une beauté à couper le souffle. Dans ces instants, j'étais toujours saisi par cette joie, cette fierté d'être celui qu'elle avait choisi pour s'offrir, corps et âme. J'étais le seul à pouvoir l'admirer dans ces moments, le seul à lui offrir ce plaisir charnel...J'aimais ce sentiment -bien que primitif- car il était le témoignage de mon humanité passé. Car dans ces moments là, j'éprouvais les mêmes sentiments qu'un humain aurait lui-même ressentis. Bella était mienne, seulement mienne…Et j'adorais ce sentiment..typiquement humain.
Je l'observais reprendre son souffle en repensant que si j'avais été plus noble, plus censé, et surtout moins égoïste, je ne serais jamais revenu, après m'être enfuit, lors de notre première rencontre. Je l'aurais laissé vivre une vie normale…
Mais quelque chose en elle, quelque chose dans les circonstances incroyables de notre rapprochement, avait dépassé de loin nos seules volontés. Je l'avais désiré dès les premières secondes, comme une fatalité inscrite dans les astres. Après ces décennies d'errance et de solitude, j'avais trouvé mon âme sœur. Audacieuse et intelligente, tendre et tenace, fougueuse et libre, généreuse et terriblement sexy.
Et le plus paradoxal, c'était qu'elle n'avait même pas conscience de toutes ces qualités, de son charme et de sa beauté, même lorsque je lui en faisais l'éloge. Elle se considérait toujours, a tord, comme une simple et banale humaine… juste, acceptait elle de se trouver moyennent jolie. Quelle ineptie !
Elle rouvrit les yeux, assombrit cette fois par le plaisir, plus par la peur. Au-delà de sa félicité, son regard reflétait la promesse d'un amour eternel. Je souris comme je constatais que ses larmes s'étaient taries et qu'une authentique quiétude commençait à se lire sur son visage.
"Mon amour..." Murmurais-je sur ses lèvres.
" Je ne cesse de louer le ciel de m'avoir fait la grâce de rencontrer une femme telle que toi..Une femme dont moi non plus je n'avais pas osé rêver.."
Ses yeux s'embuèrent à nouveau, je m'alarmais, mais le sourire doux qui étira ses lèvres dissipa aussitôt ma crainte. J'entourais ses frêles épaules de mes bras, son sourire grandit, et je ne pus m'empêcher d'imiter le mouvement de ses lèvres, avant de me rendre compte du ronronnement heureux dans mon torse. Son doigt suivit le contour de mon sourire, puis, me prenant par surprise, elle captura ma bouche dans un nouveau baiser urgent, encore plus exigeant que les minutes précédentes.
Je grognais durement contre ses lèvres directives. Livrée à l'urgence de son désir, elle entoura ses jambes autour des miennes et se cambra contre moi, s'offrant toute entière.
" Prend.. moi.." Haleta-t-elle dans un soupir irrésistible.
Je louais une fois de plus le ciel pour cette dernière requête, car je n'aurais jamais pu résister une minute de plus pour me fondre en elle. Depuis que nous avions commencés à avoir de vraies relations physiques, j'étais certain d'avoir prié le ciel et ses cieux autant ces derniers jours, que durant toutes mes décennies passées.
Prenant garde à ne pas faire peser mon poids sur son corps fragile, je me redressais sur mes bras et entrais en elle avec une lenteur accrue. Elle se cambra, ses yeux se révulsant sous le plaisir et le même gémissement libérateur franchit nos lèvres lorsque je fus pleinement en elle. Je restais quelques secondes immobile, les bras tendus au dessus d'elle, puis je me reposais délicatement sur elle, frissonnant et feulant au contact de ses seins tendus contre mon torse.
Je commençais à me mouvoir en elle, lentement, très lentement. Je ne voulais pas que cela soit sauvage cette fois (même si j'adorais ça) car, malgré la fougue dont elle venait de faire preuve, j'étais persuadé qu'elle avait avant tout besoin de tendresse et de douceur… et j'étais déterminé à lui en donner autant que possible..en pareils circonstances.
Je maintenais - non sans difficultés- un rythme doux et languissant.
J'avais surement vu juste, car Bella commença à épouser mes mouvements, puis à y répondre avec la même lenteur exquise, et ce, sans jamais essayer de me dicter un autre rythme. Je fus heureux d'avoir vu juste. Je l'embrassai amoureusement, elle s'accrocha à mes épaules et se serra d'avantage contre moi.
Nos deux corps ondulaient comme s'ils n'en faisaient qu'un, et chacun de mes élans étaient bercés par ses doux gémissements. Ses bras se resserrèrent autour de moi avec une force inhabituelle. Je réalisais alors que, si elle ne me suggérait pas une puissance ou une vitesse supérieure –ce qu'elle faisait habituellement- elle désirait, par ailleurs, être davantage étreinte. Cela ne faisait aucun doute.
Je roulais alors sur le côté en l'emmenant avec moi. Dans cette position, je pouvais répondre à son souhait sans endolorir son corps fragile. J'entortillais ma jambe libre sur la sienne, ramenant d'avantage son bassin contre moi. Je l'embrassais passionnément, mais avec douceur, mes bras l'encerclant avec toute la puissance que je pouvais m'autoriser, sans la blesser.
Je l'enlaçais si étroitement, que ses seins s'écrasèrent contre mon torse, elle gémit longuement sur ma bouche et j'en déduis qu'elle apprécia cette position.
Sa peau ne cessait de frissonner et, malgré l'ivresse du moment, je ne pus m'empêcher de craindre pour sa santé. Sa peau était toujours plus froide qu'à l'accoutumée, et mon corps de glace n'arrangeait pas son état.
Je tendis mon bras et saisit l'une des deux couvertures échouées sur le bord du matelas et d'un geste ample, je nous recouvrais tous les deux, prenant bien soin de couvrir l'ensemble de son corps.
Je la sentie sourire sur mes lèvres. Mon éternelle préoccupation concernant sa température- y comprit dans un pareil moment- était surement à l'origine de son sourire.
Soulagé de la savoir un peu protégée de ma froideur, je recommençais à me mouvoir en elle, reprenant la même allure mais en y accentuant sensiblement la force.
« Oui ! » Gémit-elle en s'agrippant toujours aussi fermement autour de ma nuque.
Je déplaçais mes mains en bas de ses hanches pour accompagner son bassin contre mon membre, nous semblions soudés l'un à l'autre, progressant dans le plus pur des ravissements.
« Oui ! » Gémit elle plus fort.
Mon cœur éteint sembla se soulever de bonheur comme je retrouvais sa voix désireuse.
Mes mains dérivaient régulièrement sur ses fesses et accentuaient ses balancements. Ces lentes frictions décuplaient son plaisir, au-delà de ce que je l'avais supposé…Je l'entendais à son souffle haletant, la course folle de son cœur, et à ses râles de plaisirs croissants.
J'étais moi-même à bout, et ne pouvais retenir un feulement de plaisir à chaque réponse si parfaite de ses hanches contre mon membre, et qui provoquaient en elle, à chaque fois, une contraction plus intense de ses parois enchanteresses.
« Bella.. » Gémis-je, les dents serrées.
Ses lèvres sucèrent avidement mon cou dans un gémissement et elle se mit brusquement à se mouvoir plus rapidement. Je perçus en elle, cette chaleur familière, si agréable qui irradiait son ventre. L'air embaumait l'odeur suave et fleuri de son essence irrésistible.
« Dieu..Bella ! » Haletais-je, des vagues de plaisirs de plus en plus hautes déferlant en moi.
J'agrippais fermement ses fesses, prenant garde à mes doigts d'acier, et je pris le contrôle de ses pressions, savourant le plaisir indicible qu'elle me donnait, plaisir transcendé par ses soupirs languissants.
Au bord de la jouissance, je ne parvenais plus à conserver un rythme aussi lent. La passion m'égarait. J'augmentais sensiblement mon allure tout en restant aussi tendre que possible, tout en renforçant ses hanches contre moi.
« Oui ! » Cria-t-elle contre mon épaule, ses bras me serrant aussi forts qu'ils le pouvaient.
Un grognement puissant surgit de mon torse.
« Oui !..N'arrête..Pas.. » Me supplia t'elle.
J'étais à bout, mais je ne voulais pas venir avant elle, je renforçais ses hanches profondément contre moi.
"Viens mon amour, viens..! " Plaidais-je contre ses lèvres entrouvertes, craignant de ne pas résister suffisamment.
J'augmentais la puissance de mes poussées dans un feulement désespéré, son corps se tendit alors brusquement, tout comme ses muscles les plus secrets.
"Edward !" Cria-t-elle avant de renverser sa tête en arrière, le corps tendue comme un arc, brillant de sueur. Dieu qu'elle était belle...
Le corps tremblant et secouée de spasmes, elle m'enlaça sensuellement en nichant son visage dans mon cou et gémit à nouveau mon prénom.
Son soupir de jouissance à mon oreille et ses puissantes contractions sur mon membre eurent raison de moi. Dans un sursaut de lucidité, je retirais mes mains de son corps et dans un dernier élan, je la renversais sur son dos et me libérais en elle, rugissant son prénom, la rejoignant dans cette même extase divine.
Groguis par le plaisir, une révélation m'apparut et je fus hébété de ne pas m'en être rendu compte plus tôt : j'étais probablement banni du paradis, mais cela n'avait plus d'importance, car le vrai paradis était en elle, il en avait toujours été ainsi. Je n'avais plus besoin d'espérer une grâce divine…Pour moi du moins.
Haletant, je me reposais délicatement sur son corps chaud et humide. Je savais que je devais au plus vite ôter mon corps froid du sien, mais je ne résistais pas à savourer quelque instant de plus, la douceur de sa peau frissonnante.
Mon cœur sembla reprendre vie devant le sourire fin et radieux qui illuminait son visage, enfin rehaussé par le rose habituel de ses joues. Son regard était détendu, apaisé...Elle avait évacué ses peurs éprouvées plus tôt. J'avais réussi.
Je serais resté toute l'éternité à contempler ses yeux brillants, qui me fixaient avec tant d'adoration. Je souris en pensant que je devais la fixer avec la même dévotion.
Je me penchais lentement et embrassa vertueusement ses lèvres soyeuses.
"Merci.." Murmura-t-elle contre ma bouche.
"Ne me remercie pas pour t'avoir aimé Bella...Jamais…C'est à moi de te dire merci."
Je repoussais ses cheveux désordonnés de son visage et posa mon front contre le sien.
" Merci de m'avoir ramené à la vie...Merci de m'offrir ton amour..Merci.." Je m'arrêtais un instant. "...Merci pour tes sacrifices.."
Elle pencha son visage et effleura mes lèvres.
"Je ne fait aucun sacrifices.." Murmura-t-elle.
C'était faux, mais je ne la contredis pas car elle se sentait mieux, et je comptais bien ne pas gâcher son humeur. Ce n'était pas le moment de revenir sur ce sujet sensible.
Je la sentie trembler à nouveau, il était temps de la remettre au chaud. Je roulais à ses côtés et l'emmitoufla avec diligence dans la couverture.
Elle rit.
Son accès de gaité m'emplit le cœur d'une douce et réconfortante chaleur.
"Tu m'a emmailloté comme un nouveau-né !" Se moqua-t-elle.
"Tu es aussi fragile qu'un nourrisson pour moi.." Répliquais dans un sourire.
Elle leva les yeux au ciel en riant, puis se figea brusquement.
"Quoi, qui a t'il ? " M'inquiétais-je.
Elle se redressa péniblement sur ses coudes -tant je l'avais serré- se retourna lentement, son regard balayant le mur en dessus du lit.
Son expression hésita entre l'amusement et la stupéfaction, devant les deux larges et profondes saignées dans le mur en dessus du dosseret, déjà mis à mal lors de notre première fois (c'était peu dire, il n'en restait rien). Elles s'étendaient jusque dans le matelas, de chaque côté de Bella. Lui aussi était fichu.
"Ne me dit pas que tu ne t'en es pas rendu compte ? " Demandais-je stupéfait.
Elle secoua doucement la tête et se retenait maintenant clairement de rire.
"Ce n'est pas possible Bella.."
Son sourire se fit malicieux et elle se plaqua contre moi.
"Ce n'était pas de ma faute, j'étais..comment dire..absorbée dans les bras du plus fantastique des amants.." Murmura-t-elle.
Mon torse se gonfla de fierté et elle se mit à rire.
Elle passa sa main dans l'une des larges et profondes failles, creusées dans le malheureux matelas. Elle en ressortit une pincée de mousse effritée.
"Il est fichu..C'était un magnifique lit.." Se désola-t-elle en donnant un coup d'œil à la tête de lit ravagée.
Je soufflais sur sa paume ouverte, faisant voleter la mousse.
"Ce n'est qu'un lit Bella » La rassurais-je dans un sourire.
Bella n'était toujours pas habitué à notre détachement matériel et encore moins à l'aise avec notre aisance financière. Cela la rendait encore plus attendrissante.
"Esmée sera même ravi de pouvoir nous en procurer un autre..encore plus beau."
Son visage se tendit.
« Quoi ? »
"Esmée ! Elle va revenir d'une minute à l'autre, elle voulait m'apporter une boisson chaude.." s'alarma t'elle brusquement, ramenant la couverture sous son menton.
« Rhabille-toi ! Vite !» Dit-elle en essayant vainement de me pousser hors du lit.
Je ne pus retenir un léger éclat de rire. Bella me regarda d'un air confus.
Ignorant totalement ses efforts pour me chasser, je l'enlaçais, au contraire, dans mes bras protecteurs.
« Primo, j'aurais bien du mal à remettre ce qu'il reste de mes vêtements.. » Lui dis-je en indiquant du menton, les débris de tissu qui jonchaient le sol.
Elle fit une drôle de grimace.
« Deuxio… Tu n'as pas à craindre une venue intempestive d'Esmée. L'excellente isolation des pièces de la maison ne suffit pas à entraver notre diabolique ouïe, notamment durant …certaines activités physiques..Crois-moi, Bella, j'en sais quelque chose… "
Son visage vira au rouge profond.
Je n'avais pas l'intention de la taquiner, mais sa moue empourprée et embarrassée était absolument adorable.
« Ne sois pas gênée Bella, ma famille a largement l'habitude d'entendre les ébats des uns et des autres…Tu n'as pas à t'en faire. D'ailleurs..en y réfléchissant, c'est étrange d'être dans cette situation. » Terminais-je pensif.
« Qu'est ce que tu veux dire par là ? »
Je lui souris.
« Comprend moi Bella, cela fait plus d'un siècle que je supporte les débordements sonores de la vie intime des miens. Plus d'un siècle que je fuyais, la plupart du temps, ces moments…qui consacraient leur amour, et qui, pour moi, me rappelaient douloureusement –jusqu'à ton arrivée- ma terrible solitude. ..Tu n'as pas idée du nombre de fois où j'ai du m'exiler pour fuir les rugissements d'Emmet et Rosalie au début de leur relation..J'ai eu envi de les massacrer des centaines de fois…Je n'étais d'ailleurs pas le seul…Et maintenant ...c'est enfin mon tour ! » Me réjouissais-je, puérilement.
« Maintenant je suis comme eux : je suis –pardon-, nous sommes- tout autant exaspérant pour leurs oreilles, dans une moindre mesure cependant, qu'eux ne l'étaient pour les miennes durant toutes ces années ! »
Malgré son air dubitatif, elle émit un hoquet de rire en secouant la tête.
« Bien..si je te suis, le fait d'être entendu par toute ta famille lorsque nous faisons l'amour..est une situation tout à fait naturelle. »
« Si l'on peut dire, oui. C'est comme ça. : Nous ne pouvons pas ne pas entendre, même si nous le souhaitions, notre ouïe est trop fine, nous nous efforçons de nous concentrer sur autre chose. Esmée a beau avoir fait isoler tous les murs, plafonds et sol de cette maison au quadruple..mais l'effet attendu s'est révélé bien maigre.»
« C'est..C'est peut être normal pour vous tous, mais c'est ça reste horriblement gênant pour moi ! »
« J'en suis conscient Bella et j'en suis navré. » Lui dis-je en la resserrant tendrement dans mes bras.
« Si ça peux t'aider, nous n'avons pas fait tant de bruit que cela… »
« Tu parles ! Peut être pour des oreilles humaines, pas pour vous ! »
Elle soupira, puis prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage
« Rhabillons nous et descendons, nous ne pourrons pas rester indéfiniment dans cette chambre de toute manière..Autant affronter ta famille au plus tôt…»
A son ton de supplicié, je fus certain qu'elle aurait préféré rester enfermer dans cette chambre à jamais.
« Personne ne fera de commentaires inconvenants Bella. Esmee –ni moi d'ailleurs- ne permettrons que l'on te mette dans l'embarras.»
Je l'espérais du moins, j'étais sur de moi en ce qui concernait Esmée et Carlisle, Rosalie et Jasper. C'était différent pour Emmet et Alice.
Elle m'adressa un demi-sourire forcé.
Je l'embrassais sur le sommet du crâne et bondit hors du lit. Trop rapide pour ses yeux humains, j'enfilais l'un des peignoirs suspendus dans la salle de bain avant de me poster devant la porte de la chambre.
« Je te ramène une tenue confortable..Je ne crois pas que tes vêtements soient encore secs." Lui dis-je avant de m'éclipser.
Moins d'une minute après, correctement vêtu, je revenais auprès d'elle.
« J'ai eu un peu de mal à dénicher des vêtements, qui n'étaient ni exubérants, ni tape à l'œil dans la penderie d'Alice, ceux là devraient néanmoins faire l'affaire je pense. Ils sont chauds et confortables. » Lui dis-je en lui tendant un pantalon clair en coton, un cache cœur en laine, une paire de chaussettes et des basquets blancs. Tous neufs, évidemment.
« Merci, ce sera parfait. »
« Hum..Je n'ai pas osé fouiller dans ses sous vêtements, je peux aller la chercher si tu veux. »
« Non, non, ça ira, ne la dérange pas, je m'en passerais…Je vais vite récupérer les miens de toute façon.. » Dit-elle en sortant du lit.
Elle se dirigea vers la salle de bain, et je retins un feulement récurent de plaisir à la voir se mouvoir dans le plus simple appareil…et à la pensée de la savoir nue sous sa prochaine tenue. Je me fis violence pour arrêter immédiatement ce genre de pensées.
Quelques minutes filèrent et Bella ressortit de la salle de bain, ses mains croisées caressant ses bras.
« C'est très doux… » Murmura t'elle, apparemment ravie de mon choix.
La rejoignant, je ne pus m'empêcher de suivre le col en v avec mon doigt, sachant que seule cette barrière de laine me séparait de ses seins nus.
« C'est en cashmere. » Répondis-je un peu absent, alors que je continuais à suivre le tissu de son corsage, tout en effleurant de temps à autre, sa peau réchauffée.
Je devais arrêter ça où nous ne ressortirions pas de la chambre…Et je ne voulais pas embarrasser Bella d'avantage.
« Bien, allons rejoindre Esmée dans la cuisine. » Dis-je en retirant ma main comme si je m'étais brûlé.
Bella fit la grimace. J'hésitais. Emmet était dans sa chambre, donc pour l'instant, le danger était écarté. Par contre Alice était bien en bas dans la cuisine et je redoutais son indiscrétion incorrigible.
« Si tu veux on peut rester ici. » Lui proposais-je, plus vraiment sur de pouvoir maitriser la langue d'Alice.
Elle secoua la tête.
« Non..Non, je vais devoir affronter ta famille un jour ou l'autre…alors autant que cela soit maintenant. »
« Ma petite femme courageuse.. » Lui murmurais-je en l'embrassant sur le front.
Main dans la main, nous empruntions l'escalier qui menait à la cuisine.
J'aperçus Esmée en train de cuisiner, se laissant modestement secondée par Carlisle. Bien que la plupart des aliments cuits –surtout les viandes- l'incommodait, elle adorait cuisiner pour Bella. Ce n'était pas simplement du à son sens aigu de l'hospitalité. Dans un sens, elle considérait Bella comme sa fille, ce sentiment s'était tout naturellement développé en elle, il était plus fort que celui qu'elle éprouvait pour Alice, qu'elle aimait tout autant, par ailleurs. Mais pour elle, Bella aurait été -dans une vie différente- la fille qu'elle aurait aimé avoir. Ainsi, il était tout à fait normal pour elle, qu'elle prenne soin de ses besoins humains. Cette tache la rendait heureuse, mais par-dessus tout, c'était mon bonheur qui la remplissait de joie. Ses années de tristesse et d'inquiétude à mon égard étaient bel et bien terminées. Bella avait redonné le gout de vivre à son fils, et elle la vénèrerait toute son existence pour cela. Je lui souris chaleureusement, pensant qu'Esmée aurait été une mère humaine formidable si elle en avait eu la possibilité.
En face, assis sur les tabourets de bar, Alice et Jasper, observaient le couple d'un air amusé.
Nous étions à la moitié des marches lorsque Jasper releva immédiatement la tête vers nous, le visage brusquement tendu. J'arrêtais net notre progression et me plaça naturellement et discrètement devant Bella. Elle comprit immédiatement la raison de ce léger déplacement et renforça légèrement sa poigne sur ma main.
Alice, Carlisle et Esmée s'immobilisèrent, leur attention fixée sur Jasper.
Son regard s'assombrit dangereusement, il semblait me transpercer pour atteindre Bella. Dans un souffle, Carlisle se retrouva au côté de Jasper, prêt à intervenir. Je regrettais soudain l'absence d'Emmet.
Mon frère luttait de toutes ses forces pour tenter de canaliser les réactions de son corps face à l'attrait féroce que dégageait le parfum de Bella. Ses traits commencèrent déjà à se déformer sous la douleur, ses lèvres frétillèrent brusquement, révélant ses canines acérées.
Je reculais d'un pas en émettant un grognement menaçant, emportant doucement Bella dans mon recul prudent.
Esmée se retrouva brusquement entre nous et Jasper.
Alice attrapa le bras tremblant de Jasper, les traits tendus, mais pas affolés, ce fut son regard triste qui m'interpellait. Je ne comprenais pas et ses pensées restaient floues.
Jasper ignora la main d'Alice qui empoignait fermement son bras. Il s'entêtait à présent, il voulait tenir, il luttait de toutes ses forces contre l'appel de ses sens, malheureusement, chaque seconde qui s'écoulait, l'éloignait un peu plus de sa maitrise. Le désir du corps de Bella et de son sang étaient trop fort. Il était tout. Il était absolu.
Ses efforts remarquables – et douloureux - pour supporter Bella l'honorait dans un sens, mais s'il continuait, son opiniâtreté allait avoir de fâcheuses conséquences.
Il n'était pas prêt à composer avec l'odeur de Bella, encore moins après qu'elle eut fait l'amour, tant nos unions charnelles décuplaient son attraction.
Je décidais de quitter la pièce avec Bella avant un accrochage inévitable. Rester ici, était pour mon frère une séance de torture inutile et humiliante.
J'exécutais un nouveau pas en arrière, remontant une nouvelle marche avec Bella dans mon dos.
« Il ne lui fera pas de mal. » M'avertit Alice en silence.
J'hésitais un instant à relâcher Jasper des yeux.
« Crois moi, il ne se passera rien. »
Je la contemplais furtivement. Ses traits étaient toujours plus tristes qu'inquiets. Non, en fait, à plus la regarder, son visage affichait une sorte de déception.
« Il va partir dans une seconde. »
Effectivement, la seconde suivante, il se leva dans un soupir rageur puis bondit en retrait dans la cuisine, il lança un dernier regard –dur et blessé- à Bella avant de disparaitre par la porte arrière. Le craquement brisé de la porte fit sursauter Bella.
Je lui caressais le bras.
Jasper avait voulu résister…en vain..
Alice avait vu la scène, elle me l'avait caché, voulant donner une chance à Jasper. Elle aurait voulu qu'il réussisse, elle avait espéré que sa vision soit incorrecte, bien qu'elle sut que c'était quasiment improbable. Si j'avais vu cette vision, la situation n'aurait pas eu lieu, car j'aurais bien entendu évité cette situation, je n'aurais pas mené Bella jusqu'ici. J'aurais refusé de lui faire courir ce risque.
Alice, oui. Comme si Bella n'encourait pas assez de risques !
Mon poing se serra sous la colère. Je lui adressais un froncement de sourcil sévère, elle soutint mon regard noir sans broncher, saisissant parfaitement mon indignation.
« Désolé Edward, je devais le faire. Pour lui. »
Nous descendîmes les dernières marches.
Bella soupira tristement et s'approcha d'Alice.
« Je suis tellement désolée ».
« Tu n'y es pour rien Bella. » Lui répondit-elle d'une voix morne.
Je fus étonné qu'Alice ne rejoigne pas Jasper, je recroisais son regard et la questionna des yeux.
« Il pensait pouvoir supporter son odeur…Je l'avais prévenu…Il voulait tant essayer.. Il est vexé de ne toujours pas y parvenir… je pense qu'il vaut mieux que je le laisse quelques minutes seul avant de le rejoindre. »
Je hochais la tête de façon quasi imperceptible. Ma colère s'amenuisa comme je perçus à travers elle les difficultés qu'éprouvait Jasper…Puis elle disparut, laissant place à l'empathie.
Je soupirais.
« Merci pour ta clémence. » Sourit-elle.
Elle avait également vu que je lui pardonnerais sa manœuvre emplie d'espoir.
La menace écartée, Esmée retourna aux fourneaux et se remit à sa tache, fredonnant une douce mélodie, inaudible pour Bella.
Alice se rassit, suivit par Bella.
Je pris place à son côté et lui caressa machinalement la nuque.
« J'en ai assez de semer la zizanie autour de moi. » Se plaignit-elle.
« Alice a raison Bella, tu n'as pas à te blâmer pour un phénomène dont tu n'as pas le contrôle. » Lui expliqua Carlisle.. Il sembla étrangement mal à l'aise, mais je ne parvins pas à saisir ce qui le préoccupait. Ses prunelles de lave étaient insondables.
Peut être était-ce la bataille évitée de justesse cet après midi, ou le fait que ces trois monstres errent dans notre région. Il détestait lire les macabres nouvelles d'humains atrocement tués par nos congénères, il craignait surement une nouvelle vague de crimes, causés par ce clan.
Il retourna un peu brusquement, au côté d'Esmée.
« Tiens… » Fit-elle en tendant une tasse fumante de chocolat au lait à Bella.
« Tu es encore pâle, cela te fera du bien.. »
« Volontiers, merci »
Esmée sourit, toujours heureuse.
« Tu ne l'as pas assez réchauffé ! » Commenta Alice dans sa tête.
Elle venait d'apercevoir Jasper dans une vision, détendu et calme. Il était parti en chasse dans les hauteurs. Rassurer sur le moral fragile de son amoureux, Alice avait aussitôt retrouvé sa bonne humeur. Elle comptait le retrouver plus tard, pour l'heure, elle voulait rester discuter avec Bella.
Je dardais sur un elle un regard noir, elle l'ignora comme à son habitude puis elle rapprocha son tabouret de celui de Bella (qui n'eut pas le temps de s'en apercevoir), un sourire amusé aux lèvres. Au moins, elle n'avait pas fait sa remarque à voix haute.
« Comment te sens tu Bella ? » Demanda mon père.
Son allure était –presque- aussi sereine qu'à l'accoutumée, mais je le connaissais trop bien, son masque quasi-parfait ne suffisait pas à me dissimuler son malaise.
La raison n'était pourtant pas non plus la santé de Bella, puisqu'il l'avait déjà examiné plus tôt et qu'il n'avait rien diagnostiqué d'alarmant. Non, c'était autre chose…Qu'il ne voulait pas que j'attende car il filtrait ses pensées. Il ne faisait que très rarement usage de censure mentale.
Cela ne me plaisait pas. Que cherchait-il à me cacher ?
« Ca va beaucoup mieux merci…Un peu fatiguée, et encore quelques fourmillements désagréables aux extrémités, c'est tout.. » Lui répondit Bella.
Je grimaçais.
« Elle va bien Edward, détend toi.. » me fit observer Carsile en silence.
Concernant la santé de Bella, j'étais effectivement toujours extrêmement tendu.
Sa remarque m'apprit que ce n'était donc pas la santé de Bella qui le tourmentait, quoi donc alors ? La présence de ces nouveaux vampires dans la région ? Si oui, pourquoi me le cacher ?
Non, ce n'était pas ça, non plus.
« Vous n'avez pas besoin de vous donner tout ce mal Esmée. » Dit Bella, voyant ma mère enfourner une plaque garni de cookies.
Esmée lui souri chaleureusement et lui effleura la joue.
« Je ne me donne aucun mal, et puis après cette sinistre aventure, tu dois manger quelque chose. »
« Elle l'oublie le sexe ! » S'amusa Alice.
« Arrête ça tout de suite Alice. » L'avertissais-je, en remuant à peine les lèvres. Bella ne m'entendit pas menacer ma sœur.
Celle-ci soupira joyeusement.
Je me reconnectais sur Carlisle. Toujours rien.
Je ne trouvais pas non plus d'indices sur son état chez Esmée. Elle avait également remarqué son trouble, mais ne savait pas non plus ce qui tourmentait son mari. Même chose chez Alice (entre deux commentaires déplacés), mais à la différence d'Esmée ou de moi, elle n'était guère soucieuse, juste curieuse de connaitre la raison de ce déséquilibre chez Carlisle.
Esmée continuait de s'activer, elle mit une casserole d'eau à chauffer.
« Que faite vous ? » Hésita à demander Bella.
« Je te prépare un bon diner : pâtes et steak de bœuf. Simple et revigorant.» Dit-elle en prenant la viande en question dans le frigo, viande qui m'arracha une forte grimace de dégout.
« Mais-»
« Ton corps a dépensé énormément d'énergie pour lutter contre l'hypothermie, un apport de sucre est indispensable pour régénérer tes réserves.» Ajouta-t-il.
« J'ai déjà appelé ton père, il est d'accord pour que tu dine ici. » Termina Esmée.
« Bien…je vois que vous avez pensé à tout. » répondit-elle en souriant.
Celle-ci acquiesça dans un sourire affectueux.
« C'est vraiment très gentil Esmée »
« Chère Bella, tu n'as pas à me remercier…C'est nous qui te remercions d'apporter autant de bonheur dans cette maison. » Lui confit-elle en jetant un regard vers moi.
Bella lui sourit, et cligna des yeux, visiblement émue.
Carlisle se déplaça négligemment, il se tenait maintenant légèrement à l'écart de nous. Son attitude étrange commençait à m'inquiéter.
« J'ai aussi pris la liberté de te faire couler un bain, tu pourras en profitais pendant que je terminerais ton repas. »
Elle supportait l'odeur de cette viande morte répugnante avec une facilité déroutante. Moi, je ne cessais de grimacer d'écœurement.
Bella leva la tête de sa tasse, un peu gênée.
« Un bain très chaud aux huiles essentielles.. » Reprit Esmée la voix enjouée, ne laissant pas le temps à Bella d'objecter.
« Esmée a la plus surprenante gamme d'huiles essentielles Bella, elles viennent de tous les coins du monde…C'est un régal ! » S'exclama Alice.
« Finis ton chocolat, puis rejoint-moi, j'en profiterais pour voir si tes affaires sont sèches. » Lui dit Esmée d'une voix douce, avant de s'éclipser avec grâce à l'étage.
« Merci !» Lui lança Bella avec un temps de retard.
« Hum..Je devrais peut être traverser une rivière glacée plus souvent.. » Plaisanta t'elle.
Je grognais en sourdine à sa plaisanterie de mauvais gout, alors qu'Alice pouffa de rire.
Soudain, à l'étage, un bruit sourd retentit.
« Qu'est ce que c'était ? » Demanda Bella.
Je me pinçais l'arête du nez en soufflant. Le malaise de Carsile fut tout de suite visible, seule Alice –évidemment- trouva la situation cocasse.
« C'est repartie ! » Pensa-t-elle.
Le même bruit sourd retentit.
Encore une fois, puis une autre. Alice se retenait de rire, alors que la mine de Carlisle se décomposait.
« Ils exagèrent ! »
Un autre bruit plus compact.
« Oh hé ! » Me réclama Bella.
Elle devina ma réticence à lui répondre, alors que les bruits sourds prirent maintenant une cadence plus rapprochée, elle me questionna d'un regard sévère, agacée par mon mutisme.
Elle se tourna vers Carlisle mais n'obtint de lui qu'un silence gêné et un regard navré.
N'y tenant plus, Alice éclata de rire.
Je la fusillais du regard, Bella se rapprocha d'elle.
« Alice, toi, tu vas me dire ce qui se passe ! »
« Vous devriez voir vos têtes ! »
Je serrais ma mâchoire.
Elle se pencha vers Bella en pouffant de rire.
« C'est notre couple d'amants torrides en pleine action ! »
Bella ne saisit pas et fixait Alice dans l'interrogation.
Celle-ci leva les yeux au ciel, désarmée par le manque de discernement de Bella.
« Emmet et Rosalie voyons ! Emmet était très déçu ne pas s'être battu…Rosalie a trouvé le moyen de le consoler…»
« Oh !! » Fit Bella, dont les joues commençaient déjà à rougir.
« Nous.. sommes navrés Bella.. » S'excusa Carlisle, très mal à l'aise, remonté contre le couple sulfureux, pour leur manque de discrétion en présence de Bella.
« Chacun son tour ! » Murmura Alice en lui donnant une œillade.
Bella s'empourpra immédiatement d'un rouge profond et tenta de masquer son embarras derrière sa tasse qu'elle reporta si vivement à ses lèvres, qu'elle avait faillit se brûler.
« Alice ! » La semonçais-je.
« Oh là, là, ne sois pas si prude…. »
Je grognais en réponse, elle resta évidemment impassible.
Les bruits s'intensifièrent brusquement, allant parfois jusqu'à faire vibrer le plafond, en dessus de nos têtes.
Alice ne parvint pas, une fois de plus, à retenir son rire, la main sur la bouche, elle s'assit aux côtés de Bella, collant sa tête à son épaule.
« J'en connais deux qui vont se faire rappeler à l'ordre par Esmée ! Depuis ce matin, ils n'arrêtent pas, car depuis-»
« Alice ça suffit ! » La grondais-je en me redressant, faisant chuter le tabouret dans mon élan.
« Qu'est ce qui te prend ? » Me chuchota Bella.
Je ne lui répondis pas.
« Ne devais-tu pas rejoindre Jasper ? » Lançais-je à Alice, sèchement, sur un ton acéré.
« Edward !! » Me réprimanda Bella pour mon ton agressif.
Alice me nargua avec un sourire triomphant.
« Jasper chasse, Monsieur le rabat-joie.. et il s'en sort très bien sans moi.. »
Je toisais une seconde Bella d'un air mécontent puis revins sur la fauteuse de trouble.
« Arrête ça Alice ! Tu sais très bien où je veux en venir, Bella n'a pas besoin d'entendre ça ! »
Bella se tendit sur son tabouret et me lança un regard assassin.
« Attend une seconde… » Articula t'elle lentement.
« Ne me dis pas que tu es en train de choisir pour moi ce que ta sœur a le droit de me dire ou non ? » S'énerva-t-elle.
« C'est exactement ce qu'il fait ! » Se plaignit Alice, prenant son air de chien battu.
« A raison ! » Lui rétorquais-je.
Bella fronça les sourcils et croisa ses bras sur sa poitrine, mécontente.
« Tu ne comprend pas Bella.. » Essayais-je d'expliquer. « Je ne veux_ »
« Tu n'as pas à décider ce que je peux entendre ou non ! Tu n'as absolument pas le droit d'user de ton don à cela ! C'est..C'est petit..et …humiliant pour moi ! » Me coupa t'elle.
Je pus m'empêcher de la trouver terriblement sexy dans cet accès de colère (bien qu'injuste !).
« Hum..Bien que maladroit, je suis sûr qu'Edward voulait juste te préserver-» Intervint Carlisle.
« Je ne suis pas en sucre Carlisle. » La coupa Bella, plus calmement.
« Rien n'est moins sûr. » Marmonnais-je dans ma barbe.
Elle me jeta un regard furibond, et le bruit incessant sur nos têtes ne faisait qu'accroitre la tension entre nous. Ces deux-là étaient en train de tout saccager dans leur chambre ! Dieu merci, Bella, elle, ne pouvait pas entendre leurs cris et leurs rugissements débordants.
Bella attendait.
« Très bien ! » Soupirais-je. « Je laisse Alice te dire tout ce qu'elle voudra ! » Lâchais-je les lèvres pincées.
« Merci ! » Me gratifia Bella, d'un air victorieux, toute trace de colère envolée.
Alice tapota joyeusement ses mains et se pencha vers Bella pour terminer ses confidences.
Notre petite altercation n'avait été qu'une simple pause pour Alice, elle reprit sa logorrhée avec un détachement horripilant.
Je ramassais le tabouret et me rassit en croisant les bras, attendant le moment d'intervenir.
« Donc, ce matin…Nous étions tous présent, Edward a expliqué à Rosalie, ta petite spécificité concernant ton odeur et les nouveaux risques qui y étaient liés. Tu aurais du voir la tête décomposée d'Emmet au moment où Rose apprenait tes effets aphrodisiaques sur la gente masculine de notre espèce ! Il fut pris de panique à l'idée qu'elle découvre ce qu'il avait ressenti pour toi l'autre jour, lorsque nous étions revenus à la maison. C'était hilarant ! Il n'arrêtait pas de fixer Jasper, lui faisant comprendre qu'il aurait grand besoin de lui pour calmer Rosalie si cela se produisait. Elle ne devina rien, heureusement. Mais depuis, Emmet a si peur qu'elle fasse le lien avec l'étonnante performance sexuelle dont il avait fait preuve ce fameux jour, juste après ton départ, qu'il s'illustre dans ce domaine pour lui prouver son unique attirance pour elle ! On se croirait revenu des dizaines d'années en arrière…au tout début de leur relation ! »
Rouge pivoine, Bella baissa les yeux en prenant soin de ne pas croiser les miens, comprenant –trop tard- pourquoi j'avais tenté de stopper Alice. Je savais que ses croustillantes confessions la mettraient très mal à l'aise. Je ne l'avais jamais vu si rouge, son visage dégageait plus qu'ailleurs son inégalable arôme sanguin.
« Depuis ils n'arrêtent pas de se grimper dessus ! Esmée ne va pas tarder à les chasser de la maison si ça continue ! » Rajouta t'elle hilare.
« On a saisit Alice ! » Grinçais-je des dents
Au même instant le plafond vibra puissamment sous un fracas assourdissant puis le silence revint. Froid. Etrange après tout ce raffut.
J'entendis le subtil soupir de soulagement de Carlisle.
Alice ria…encore.
« J'en connais d'eux qui vont se faire remonter les brettelles par Esmée ! Il ne doit plus rien rester d'intact dans leur chambre ! » Se moqua-t-elle.
Bella blêmit à ces mots, je me penchais et toucha presque son oreille.
"Je te l'ai dit Bella, ne t'en fait pas pour notre chambre, ce n'est vraiment rien." Chuchotais-je.
En juger sa grimace en coin, mes paroles ne parurent pas la convaincre.
"Un lit amoché n'est rien en comparaison du niveau de destruction de ces deux déchainés ! Bella, ne t'en fais surtout pas pour ça.." Intervint maladroitement cette pipelette d'Alice, qui se mêla, une fois de plus, de ce qui ne la regardait pas..
"Esmée ne sera pas fâché, si telle est ta crainte, Bella." Rajouta discrètement Carlisle, qui tenta lui aussi –maladroitement- de rassurer Bella.
La situation ne pouvait pas être plus inconfortable pour elle à présent.
"Si on pouvait arrêter d'en parler..." Marmonna-t-elle gênée, rouge écarlate.
Alice pouffa de rire.
"Je suis sur que Jasper t'attend Alice.." Lui dis-je dans un mauvais sourire.
"Pas du tout." Rétorqua-t-elle, innocemment.
« Vous êtes si prudent avec Bella, elle va faire partie de la famille, c'est normal de parler de tout ça ! »
« Pas maintenant ! » Grondais-je.
« Quand ? Dans un siècle ? Heureusement que Bella m'a, si elle devait compter sur toi ou Carlisle, elle ne serait rien de ce qui se passe dans notre famille ! »
J'hallucinais ! Alice suggérait qu'être une commère invétérée était indispensable pour le bien de Bella. J'aurais tout entendu dans son esprit agité.
J'inspirais lentement afin de rester le plus calme et le plus civilisé possible devant Bella.
Alice retourna à Bella.
« Lorsque tu seras l'une des nôtres, avec ta force de nouveau né, c'est bien plus qu'un lit que vous- HE !!! »
J'agrippais le bras d'Alice, la faisait dégringoler de son tabouret.
"File d'ici Alice ! Tu saisis mieux ?" Fulminais-je en serrant les dents pour ne pas hurler.
Je vis Bella du coin de l'œil, et sa tête m'indiquait qu'elle désapprouvait à nouveau mon attitude. Mais cette fois je n'arrêterais pas…pour son bien.
« Laisse les faire Bella. » Entendis-je Carlisle chuchotait à Bella.
J'engageais grossièrement Alice à partir, elle dégagea ma main de son bras et leva froidement le menton dans un sifflement.
"Qu'est que tu peux être rabat joie parfois !" Grogna-t-elle en sautillant vers la sortie arrière de la cuisine.
« Tu as vraiment du courage de supporter mon frère, Bella ! Ne t'inquiète pas, je serais là pour t'aider ! » Lança-t-elle avant de filer.
« Sale chipie ! » Lui rétorquais-je, alors qu'elle avait déjà disparu dans la nuit.
« Censeur ! » Proféra t'elle depuis la forêt, mais inaudible pour Bella.
Satisfait de ne plus l'avoir dans les pâtes, je me retournais vers Bella, qui m'adressa un regard dur et réprobateur. Pourtant elle n'avait rien dit ou fait pour m'empêcher de faire dégarpir Alice, elle n'osait certainement pas encore s'avouer que mon intervention l'avait en fait soulagée.
"Alice ne sait pas s'arrêter, on doit le faire pour elle de temps en temps." Lui expliquais-je, n'ayant pu m'empêcher d'afficher un sourire idiot et arrogant sur les bords.
Elle croisa ses bras fermement sur sa poitrine.
« Elle n'a aucun sens de la bienséance ! » Continuais-je devant son silence fâché.
« Je te rappelle que nous ne sommes plus au siècle dernier ! » Objecta-t-elle.
« Bien dit ! » Commenta Alice, suivit d'un petit rire ravie.
« Ça suffit ! » Sifflais-je en direction de cette petite peste. Je me retins de me lancer à sa poursuite. L'envie de la mordre me démangea.
Le rire s'étendit au loin.
« Ne t'en prend pas à elle ! » Me retourna Bella.
Je me raidis, et me pinçais les lèvres, brusquement irrité par son entêtement à vouloir défendre l'attitude désobligeante d'Alice.
Ses yeux se rétrécirent. Irrité elle aussi au plus au point, elle se retourna vers Carlisle, les sourcils levés.
"Vous ne dite rien ? " lui demanda t'elle, d'un ton outrée, espérant son soutien contre moi.
Il lui adressa un sourire doux et conciliant.
"Alice sait tenir tête à Edward quant il le faut, crois moi, Bella. Elle ne l'a pas fait dans le cas présent car elle comprit qu'elle t'avait mis très mal à l'aise. Ce n'était évidemment pas son souhait, elle a donc préférerait se retirer comme l'exigeait - d'une manière un peu cavalière, je te l'accorde- Edward.
Alice parle beaucoup, elle est très libérée, je ne lui connais pas de tabous, ni de gênes...Ce n'est pas ton cas -et tu n'es pas la seule, je te rassure-, elle a du mal à saisir qu'elle peut parfois engendrer un embarras chez autrui. Edward a raison..Il faut parfois .. la canaliser."
" Je n'ai pas voulu son départ." Dit-elle.
"Elle le sait." Lui dis-je.
"Tu n'étais pas obligé de la chasser de cette manière" Marmonna t'elle toujours en colère.
"C'était la seule solution." Objectais-je d'une voix calme.
Je caressais sa joue du revers de la main, elle déroba son visage de mon contact, sachant qu'elle ne parviendrait pas à rester fâchée contre moi si elle me laissait la toucher ainsi.
"Alice est comme ma sœur, et..même si j'étais... effectivement un peu gênée par ce qu'elle me confiait, tu n'avais pas à agir de la sorte.. Je ne suis pas une enfant ! Si j'ai un problème avec Alice, je peux très bien lui en faire part moi même, je n'ai pas besoin d'un petit ami qui lit dans les pensées et qui jugent pour moi ce que je peux entendre ou non des autres ! " Reprit-elle, le souffle court après cette tirade.
Je me tendis à son brusque -et injustifiée- accès de reproche.
Carlisle toussota, tentant de mettre un terme à notre dispute idiote.
Mais Bella ne tint pas compte de sa tentative, ne me quittant pas des yeux, elle attendait de pied ferme des excuses.
Belle, sexy et..têtue. Ce trait de caractère, même si cela la rendait horripilante parfois, ne faisait qu'accroitre son charme et sa beauté. Si Carlisle n'avait pas été là, je l'aurais renversé sur la table sur le champ et me serait emparer de ses lèvres...et j'aurais su gagner son pardon sans avoir à prononcer un seul mot de repentance.
Je soupirais longuement, bien obligée de choisir une autre voie -bien moins agréable- pour cesser cette querelle.
Soudainement je m'en voulu. Atrocement. Terriblement.
J'avais oublié bien vite ce qu'elle venait de traverser cet après midi. Le souvenir de ses larmes avait réapparu dans ma mémoire. Je serrais les poings, furieux contre moi. Comment pouvais-je laisser mes pulsions me régir en cette affreuse journée ? Ce n'était absolument pas le jour pour me disputer avec elle.
Je baissais les sourcils, remplis de remords.
"Tu as raison, j'ai été dur avec Alice..Et je n'ai absolument aucun droit de choisir ce que les gens ont le droit de te dire ..ou pas. Je m'excuserais auprès d'elle, c'est promis. Pardonne-moi Bella..Je voulais juste.."
Elle m'interrompit en posant son doigt sur mes lèvres. Je relevais la tête. La colère dans ses prunelles avait disparu.
Je souris lentement contre son doigt, puis lui pris sa main pour y déposer un baiser de repenti.
Elle frissonna et mon désir de la renverser sur cette table ressurgit aussitôt.
"Bien ! Je pense qu'Esmée a finit de préparer ton bain Bella" s'exclama Carlisle, brusquement tendu. L'espace d'un moment, j'avais oublié l'humeur étrange de Carlisle.
Je le vis déglutir avec difficulté et m'aperçus soudain qu'il avait cesse de respirer. Il était comme incommodé…
Soudain j'écarquillais les yeux dans la compréhension et entendis au même instant, un fragment de ses pensées, qui faillit à son contrôle.
Nos regards s'accrochèrent, et d'un seul coup, je n'eus plus besoin d'essayer de lire en lui.
Tout devint clair. Tellement clair.
Quel idiot ! L'explication était pourtant simple. Comment n'y avais-je pas pensé de suite ?
Tout simplement parce que je ne l'avais jamais cru possible, pas lui.
Bella tourna la tête vers Carlisle, que je fixais avec trop d'attention depuis plusieurs secondes, d'un air consterné.
"Oui, elle t'attend ! " Dis-je brusquement.
Imperceptiblement aux yeux de Bella, je hochais la tête à la demande muette de Carlisle.
J'embrassais Bella sur la joue puis lui indiqua l'étage du menton.
"Vas-y …Tu ne pourras plus te passer des huiles parfumées d'Esmée après ça.." Lui dis-je d'un ton détaché, mais avec un peu trop d'empressement, ce qui dut trahir ma nervosité.
Ne s'y laissant pas prendre- elle me connaissait trop bien-, elle me questionna du regard.
Elle restait sans bouger, je la guidais alors vers l'escalier et l'embrassa sur le sommet du crane. Carlisle s'éclipsa comme une ombre de la cuisine, sans mot dire. Il était déjà è son bureau et m'y attendait.
"Carlisle veut me parler..en privé." Lui chuchotais-je.
"Oh..Bien sûr..Humm..Y'a t'il un problème ?" Demanda-t-elle, ses yeux déjà inquiets.
Je lui souris chaleureusement et pointa mon doigt sur sa tempe.
" Tout va bien...Ordonne juste à ton cerveau débordant d'imagination - surtout en ce qui concerne les scénarios catastrophes et improbables- de ne pas s'emballer. Nous discutons souvent seul à seul Carlisle et moi, tu sais.." Terminais-je un peu moqueur.
Elle pinça ses lèvres puis secoua la tête en soufflant.
"Tu ne me changeras pas...supposer le pire à tout instant est hélas une deuxième nature chez moi.. " Confessa-t-elle dans un sourire tordu.
J'avançais lentement mon visage du sien et l'embrassa. Je fermais les yeux et glissa doucement ma joue contre la sienne, mes lèvres frôlant son oreille. J'entendais la course folle de son cœur, mélodie si douce à mes oreilles.
"J'espère bien ne jamais te changer..Tout en toi me plait, même ton imagination farfelue…" Lui murmurais-je toujours joue contre joue, réalisant soudain le double sens de mes premières paroles.
Elle respirait plus vite et son parfum déclenchait milles décharges de plaisirs entremêlées de douleur, à travers ma gorge.
"Esmée t'attend.." Lui soufflais-je d'un ton désireux, en m'écartant de son visage.
Elle resta immobile quelques secondes, face à moi, le regard voilé. J'adorais l'observer durant ces furtifs instants où elle semblait reprendre ses esprits.
"Je te rejoins tout à l'heure, promis."
"Tu me diras ce qui préoccupe tant Carlisle ?"
Sa perspicacité m'étonna, je ne pensais pas qu'elle avait remarqué l'état de Carlisle, il s'était donné beaucoup de mal pour camoufler son tourment.
"Promis."
Elle parut quelque peu étonnée de ma réponse sans détour. Elle s'attendait surement à une esquive ou à un refus de ma part...Je ne pouvais pas l'en blâmer, elle connaissait -trop bien- ma fâcheuse tendance à la surprotection....Mais j'avais appris depuis, que lui cacher les ennuis qui nous entouraient, elle ou ma famille, n'arrangeait rien au final. J'étais bel et bien décidé à tout lui confier, sans délais.
Son regard se réjouit, elle enjamba doucement les premières marches, puis se retourna vers moi.
« Merci »
Son remerciement sembla sortir tout droit du fond de son cœur.
Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire reconnaissant…puis se fit sensuel.
Ses yeux me scrutèrent ensuite comme une friandise. Un feulement discret s'échappa de mes lèvres, reflétant mon désir aigu de la posséder ici et maintenant. Son sourire grandit, et avant qu'elle ne fasse un autre pas, je fus brusquement sur elle, mes bras autour de sa taille fine. Elle sursauta et je m'emparais déjà de ses lèvres tentatrices. Elle résista une seconde à mon assaut puis se mit à me rendre, avec une ardeur redoublée, mon baiser, ses mains fourrageant avidement dans mes cheveux. Je goutais sa langue avec empressement, la serrant d'avantage contre moi, son parfum enivrant capturant jusqu'à la plus infime parcelle de mon être. Je la basculais contre le mur, appuyant ma cuisse entre ses jambes Elle gémit contre mes lèvres lorsque mon mouvement insista lentement contre son centre. Je recommençais avec un peu plus d'intensité et j'obtins à nouveau son gémissement de reddition contre mes lèvres. Je grognais de plaisir.
Soudain, mes oreilles perçurent le toussotement lointain de Carlisle.
Reprenant mes esprits, je relâchais brusquement la bouche de Bella et m'appuya, haletant, contre son front.
"Désolé.." Murmurais-je.
"J'ai...perdu le contrôle.." M'excusais-je en retirant lentement ma jambe pressée contre sa féminité.
Elle me sourit en caressant ma joue.
"Tu n'es pas le seul.." Me confia-t-elle les joues rosies.
Très lentement, elle monta quelques marches en restant adossée contre le mur, ses yeux toujours vrillés sur moi. J'attrapais son bras pour la stopper. Elle me sourit et retira délicatement ma main de son bras.
"Carlisle t'attend..et mon bain va refroidir…"
Je rattrapais sa main pour la porter à mes lèvres. Je l'embrassais, humant profondément la fragrance suave de sa peau, dont j'étais à jamais prisonnier. Elle frissonna dans un soupir.
"Je te rejoins au plus vite." Lui affirmais-je en reculant, à contre cœur, de quelques pas.
"Je t'aime " mimèrent ses lèvres en silence, avant qu'elle ne monte rapidement les escaliers.
Dieu que j'aimais cette femme.
Carlisle contemplait la forêt à travers les baies vitrées de son bureau, toute sa maitrise retrouvé.
Il se retourna lentement, le visage contrit.
"Je suis navrée mon fils, je ne voulais pas-"
"Je sais Carlisle."
Mon père serait capable de supporter Bella se vider de son sang devant lui...Mais pour la première fois, son odeur l'avait véritablement troublé, au point de devoir s'éloigner d'elle. Il l'avait désirée, tout comme Emmet et Jasper plus tôt. Il ne comprenait toujours pas le pouvoir inexplicable – et grandissant- de son parfum. Il se reprochait avec une sévérité exagérée la faiblesse dont il avait fait preuve.
« Arrête Carlisle » Lui soufflais-je.
"Edward..»
"Oui, je l'ai compris tout à l'heure lorsque tu as cessé de respirer". Soupirais-je, crispé.
Comme il l'avait craint, l'odeur de Bella s'était accrue. Si Carlisle lui même avait désormais des difficultés à rester serein aux côtés de Bella, les menaces qui pesaient sur elle s'étaient elles aussi accrues.
J'entendis la conclusion de mon père, je fermais les yeux en grognant d'une manière menaçante.
"La laisser humaine plusieurs mois est bien trop dangereux." Répéta-t-il à voix haute cette fois, avec beaucoup de mesure.
"Combien de temps ?" Parvenais-je à formuler, les yeux toujours clos, tentant de gérer la crise qui montait en moi.
"Trois.."
Je me crispais et mon grognement redoubla, dangereux à présent.
J'entendis Carlisle reculait de quelques pas.
"Quatre semaines, tout au plus, le temps d'arranger une histoire crédible..Et.. d'aller rendre une dernière visite à sa mère.." Termina-t-il tristement.
Je ne parvins pas à canaliser ma colère –froide, tranchante, coupable- qui m'assaillit. Je me retournais dans un rugissement terrifiant et attrapais la première chose qui tombait sous mes mains rageuses : la vieille commode posé dans le coin. Je la jetais avec hargne à travers la pièce et elle explosa contre le mur dans un vacarme retentissant, démolissant par la même une bonne partie de celui-ci.
Je m'en voulus immédiatement, réalisant –trop tard- que le fracas provoqué par mon geste impétueux et stupide avait dû effrayer Bella à l'étage. Carlisle s'avança prudemment et posa sa main sur l'un de mes poings refermé sous ma colère, bien loin d'être apaisée.
"Je suis désolée Edward, je sais combien tu aurais voulu plus de temps.."
Je fixais Carlisle avec désespoir et fureur et mes bras se mirent à trembler.
« Recule-toi ! » L'avisais-je, redoutant un autre accès de fureur.
Il s'exécuta.
Je respirais profondément, plusieurs fois de suite, jusqu'à ce que je me reprenne.
Les minutes passèrent au rythme irrégulier de ma respiration de moins à moins furieuse…de plus en plus résignée.
« C'est bon.» Marmonnais-je d'un ton las, après une longue pause.
Je m'adossais lourdement contre le mur, désemparé.
« Je suis navré fils. » Répéta-t-il, avec une empathie sincère.
Je ne pensais pas avoir si peu de temps devant moi, il fallait que je lui pose cette question qui dévorait mon esprit, je ne pouvais plus attendre.
« Parle-moi Edward.» M'encouragea-t-il, comprenant que j'avais quelque chose d'important à lui demander, sans pour autant oser.
"Je…Je sais qu'elle n'a plus d'autre choix. Sa vie, si je peux utiliser ce terme, dépend de sa transformation.."
Je m'interrompis un instant, scrutant le visage de Carlisle.
Il opina lentement la tête, en accord avec mes paroles.
"Continu Edward, que veux tu me dire ?"
Je me lançais.
"Crois tu que Dieu puisse y voir des circonstances particulières ?"
Carlisle m'observa avec attention.
"Des circonstances atténuantes.. pour sauver son âme..C'est bien de cela dont on parle ? Tu voudrais savoir si le fait qu'elle n'ait plus le choix de sa mutation, son âme serait épargnée."
Je hochais la tête à mon tour, la gorge serrée.
Cela paraissait idiot.
« Dieu ne souhaiterait pas que nous la laissions mourir, ne crois tu pas ?…Il sait qu'elle est condamné à devenir l'une d'entre nous..ou c'est la mort qui l'attend. »
Carlisle, pensif, resta silencieux un long moment.
"Je ne détiens pas la réponse à ta question mon fils...Nul ne connait les volontés de Dieu, mais ce dont je suis certain, c'est qu'il n'est pas étranger à votre rencontre, toi et Bella. »
Il avait la même opinion que moi à ce sujet.
Son regard s'attrista un peu, il était déçu de ne pas pouvoir m'aider d'avantage.
Il tourna la tête et contempla l'un de ces tableaux favoris accrochés au mur. Il m'invita silencieusement à faire de même.
Le tableau, modeste et défraichit représentait une mise à mort : un bagnard sur l'échafaud. Un criminel, un voleur ? Rien dans la peinture ne l'indiquait, mais il était vilipendé par une foule accusatrice, venue assister au macabre spectacle. Tous sembler vouloir la mort de cet homme, y compris le trio de prêtres à ses côtés, sensés venir lui apporter un semblant de compassion avant son trépas… ce qui laissait supposer que cet homme avait été l'auteur d'un ou plusieurs méfaits horribles et impardonnables.
Seul un personnage au milieu de cette masse hargneuse attrapait l'œil du spectateur : une femme, en pleur, agenouillée au pied de l'échafaud, retenue par des gardes, elle aussi était conspuée par la foule. Elle avait les bras tendus vers le condamné, apparemment l'homme qu'elle semblait aimer et qu'elle savait perdu.
Le condamné avait les trais durs et sévères, confortant l'œil du spectateur de sa culpabilité, mais le peintre avait aussi réussi à transcrire de l'amour dans son regard, qui était rivé sur cette femme épleurée.
Toutes les couleurs utilisées dans cette toile étaient sombres, sinistres même…L'auteur –anonyme- avait néanmoins fait une exception sur les visages du couple déchu. Il avait employé des teintes claires, presque lumineuses, et le ciel en dessus du condamné était lui aussi éclairci sur une bande nette, dénotant avec le reste du ciel gris qui emplissait le haut de la vieille toile. Celle-ci ne portait pas de signature, mais une citation, rendue illisible par les affres du temps. Je n'avais jamais questionné Carlisle au sujet de cette gravure effacée.
" Independientemente del ser humano contaminado, independientemente del pecado, el que quién es capaz para amar, encontrará al señor cuando el Juicio final vendrá." Récita Carlisle, solennellement.
« Quelque soit l'être, quelque soit le péché, celui qui est capable d'aimer trouvera le seigneur lors du jugement dernier. » Traduisis-je.
Il acquiesça, le regard empli d'espoir.
Pour Carlisle, c'était cette inscription qui donnait toute sa valeur à ce tableau et qui expliquait pourquoi c'était l'un de ses favoris parmi tous ceux -bien plus prestigieux- qu'il possédait.
Il tourna la tête vers moi.
« L'espoir est grand pour elle...et pour toi.. »
« Elle seule m'importe. » Répliquais-je en détournant le regard du tableau.
Il sourit.
« Cela ne m'étonne pas. »
Je le regardais.
"Depuis toujours, ta ligne de conduite, ta moralité, ta bonté m'on toujours conforté dans ma foie qu'une rédemption était possible pour nous...Aujourd'hui la pureté de votre amour Bella et toi renforce ma foi.. Voilà ce que je crois Edward. Je sais qu'ôter la vie de celle que tu aimes sera la plus dure des épreuves pour toi….mais..ne perd pas la foi, mon fils, ne perd pas ta foi..»
Je savais pertinemment qu'il ne serait pas en mesure de me donner la réponse que j'attendais (qui l'aurait pu ?), néanmoins ses paroles m'avaient quand même un peu réconforté. Au moment fatidique, il saurait m'apporter l'aide moral dont j'aurais besoin pour transformer Bella.
Il recula soudainement d'un pas.
« Il y a autre chose, Edward.. »
Un grognement menaçant vibra dans ma gorge comme j'entendis ce qu'il allait m'annoncer.
« Je sais que tu supportes mal – et c'est tout naturel- notre ingérence dans votre vie intime, malheureusement la singularité de Bella m'oblige à intervenir. »
Je fronçais les sourcils, ne cherchant même pas à stopper mon agressivité.
« Tu sais que je ne veux que sa sécurité Edward.. »
Bien sûr que je le savais, mais cela n'interféra nullement sur ma colère naissante.
« Vous devez cesser vos rapports jusqu'à qu'elle soit transformée. Son parfum est trop puissant. »
Je reniflais de colère, sachant pourtant qu'il avait malheureusement raison.
Il avança prudemment sa main vers mon épaule.
« Rien n'est facile depuis le début pour vous deux, cela reste, hélas, vrai aujourd'hui et ce, jusqu'à ce qu'elle soit des nôtres, Edward. J'ai bien conscience que cela sera très frustrant pour toi et elle…Spécialement pour toi. Je dois t'avouer que ta force, ton contrôle m'étonne chaque jour un peu plus… et malgré les efforts colossaux que cela te demande, je sais que tu parviendras à lui résister…pour son bien.»
Je n'en n'étais pas aussi sûre que lui, car juste un peu plus tôt, s'il n'était pas discrètement intervenu, j'aurais cédé à la tentation, et Bella et moi aurions pu être surpris par l'un des membres de notre famille, dans une situation indécente, au beau milieu de l'escalier.
« Tu me portes une trop grande confiance Carlisle. » Lui signifiais-je en désaccord.
Il secoua lentement la tête, sûr de lui.
« C'est faux. Je n'aurais pas pu interrompre…ton élan..amoureux tout à l'heure, si tu n'avais pas cette force exceptionnelle en toi. Même au plus fort de votre passion, cette forme de conscience est toujours présente en toi et continue à te guider. Tu fais passer la sécurité de Bella avant tout. Qui d'autre à part toi, après avoir gouté son sang, aurait pu s'en tenir là et réfréner sa soif ? »
Il faisait référence à la nuit dernière, durant laquelle j'avais légèrement mordu Bella au cou et m'était repris juste à temps.
« Tu n'as pas choisi le meilleur exemple. »
« Je crois que si au contraire. » Me rétorqua t'il, impassible à mon opinion divergente.
Je n'avais pas envie de pinailler plus longtemps sur le sujet de toute façon. Las, je m'avançais en soupirant vers la baie vitrée et laissa mon esprit se perdre dans la noirceur de la nuit.
Carlisle me rejoint en silence et m'imita.
Après un moment, ma colère se tarit, surmontée par la lassitude, et je décidais d'aller retrouver Bella, pour lui annoncer la mauvaise nouvelle.
« Elle comprendra Edward. »
« Je l'espère.»
A l'instant où je m'apprêtais à quitter son bureau, Esmée apparut dans l'embrasure de la porte, une assiette de cookies à la main. Dans sa bonté habituelle, elle ne laissa pas son regard s'attarder sur les dommages que j'avais causés, je baissais néanmoins les yeux, affligée par ma conduite.
« L'ais-je effrayé ? » Demandais-je à voix basse.
« Non, je l'ai rassurée…Mais elle est inquiète…pour toi. » Me répondit-elle de sa voix si douce.
« Je lui ai assuré que tout allait bien…Mais tu dois la rejoindre. »
« J'y allais de ce pas. »
« Alors efface cet air contrit de ton visage avant de la retrouver. » Me conseilla-t-elle en souriant tendrement.
« Je vais m'y efforcer Esmée, je te le promets. »
Elle me tendit l'assiette puis se plaça aux côtés de Carlisle, joignant leurs mains.
« Humm, désolé pour…le désordre. » Dis-je avant de les laisser.
Esmée soupira dans un sourire.
« J'ai l'habitude…Va maintenant, ne la fait pas plus attendre ! »
Je me dirigeais à l'étage, les yeux clos, simplement guidé par son exquise et inégalable odeur, mêlée aux senteurs fleuries des précieuses huiles essentielles d'Esmée.
Je m'arrêtais devant la salle de bain, le cœur lourd.
Je restais un moment derrière la porte, humant avec délectation cette odeur enchanteresse, cause de tant de plaisirs, tant de souffrances… et de complications. Respirant une dernière fois à pleins poumons, je tournais doucement la poignée et entrouvrais la porte.
Je passais la tête sans un bruit. Bella me sourit tendrement, son regard anxieux trahit néanmoins l'air tranquille qu'elle voulait me faire croire.
Elle avait noué ses cheveux en dessus de sa tête, ce qui mettait en valeur la courbe sensuelle de sa nuque. Je laissais mon regard s'attarder sur son corps partiellement immergée, recouvert de mousse, et constatai avec soulagement que sa peau avait enfin retrouvé sa teinte habituelle.
Je refermais la porte derrière moi et la rejoins. Je m'accroupis face à elle. Mes yeux ne pouvaient se défaire de ses parcelles de peau découvertes, soyeuses et fumantes. Elle tortillait sans s'en rendre compte l'un de ses pieds sur le bord de la baignoire, faisait couler un peu d'eau à l'extérieur. Un autre signe de son anxiété.
Carlisle avait finalement raison, j'avais vraiment une force exceptionnelle, c'était la seule explication au fait que je ne me sois pas déjà rué sur elle. Heureusement, aussi, que la mousse qui recouvrait ses formes n'était pas transparente !
Je m'approchais doucement vers mon ange personnel et m'agenouilla au niveau de son visage. Je déposai l'assiette de cookies sur le meuble en marbre blanc jouxtant la baignoire.
« Esmée est impatiente de savoir si tu les aimes.. »
« Ils ont l'air tout à fait délicieux, je les gouterais plus tard…» Me répondit-elle poliment.
Je laissais filer ma main dans l'eau distraitement.
« Comment est ce bain ? »
« Divin, Alice avait raison au sujet des huiles d'Esmée. » Répondit-elle un peu vite.
Le regard flou, je m'amusais à éviter de toucher sa peau.
« Hum..Qu'est ce qui s'est passé en bas, tout à l'heure ?… » Finit-elle par me demander.
Sa prudence me fit sourire.
« Juste une petite saute d'humeur, je suis désolé si je t'ai inquiété. »
« Quelle..en était la cause ? »
Je laissais errer mes doigts le long de sa nuque offerte, récoltant par endroit la fine mousse savonneuse qui couvrait sa peau. Fasciné par le soyeux de celle-ci, je mis un moment à répondre à Bella.
« Nous avons eu une petite discussion Carlisle et moi.. J'ai une mauvaise nouvelle.. »
Elle déglutit.
« Dit moi.. »
« Carlisle – et je suis malheureusement d'accord avec lui- pense qu'il est plus prudent… » Je baissais négligemment les yeux. «.. D'avancer la date de..ta conversion, il ne te reste que trois ou quatre semaines. »
Le silence s'installa, au bout de quelques minutes, je relevais finalement les yeux vers elle.
La stupeur me frappa comme je découvris l'énorme sourire sur son visage.
« Tu..es contente ? » Demandais-je déconcerté.
Son sourire –fusse t'il possible- s'agrandit d'avantage. J'étais une fois de plus complètement désarçonné par sa réaction.
« Pourquoi ne le serais-je pas ? » Me renvoya-t-elle d'une voix innocente.
« Ce que je désire le plus au monde est avancé, je suis heureuse ! »
« Tu es déconcertante ! » Me renfrognais-je.
« Tu es donc si pressée de mourir et de rejoindre le club des âmes damnées ! » Repris-je d'un ton amer.
Elle rit.
« Tu n'arriveras pas à me gâcher cette bonne nouvelle ! »
« Cette bonne nouvelle !?..Tu-» Je me relevais, furieux.
Toute joyeuse, Bella tapota ses jambes dans la mousse, j'étais abasourdie.
« Plus rien ne se mettra entre nous ! Allez Edward, ne sois pas grognon.»
Je ne bronchais pas. Elle poussa un long soupir mélodramatique.
« S'il te plait.. »
Je levais les yeux au ciel puis me rasseyais dans un grognement, ce qui relança son rire si adorable.
« C'était donc la raison de tout ce raffut ? »
« Oui. Je ne parviens pas toujours à contrôler mes pulsions, notamment la colère. Ce changement de dernière minute m'a fortement irrité. » Répondis-je un peu sèchement.
« C'est à cause de ces trois vampires que Carlisle veut avancer ma transformation ? »
« En partie. »
« Il y a une autre raison ? » S'étonna-t-elle.
Je ne répondis pas, au lieu de cela, je fis lentement glisser une mèche de ses cheveux entre mes doigts tout en la dévorant des yeux, m'attardant, avec un plaisir bien visible, sur chacune de ses formes, que j'apercevais entre les îlots de mousse.
Lentement la compréhension se lit sur son visage et le rouge que j'affectionnais tant, inonda ses joues au bout de quelques secondes.
Elle secoua lentement la tête, le regard suppliant, espérant que sa déduction soit fausse.
« Hélas si. » Lui confirmais-je.
« Carlisle éprouve, lui aussi, à présent des difficultés à gérer ton parfum…Ce qui signifie que ton odeur s'est accrue, Bella. Tout comme les dangers. » Continuais-je, sans détour.
« C'est pas vrai ! » Soupira-t-elle avant de s'enfoncer dans son bain jusqu'à ce qu'elle ait de l'eau sous son nez
« Ton père ! Ce..Ce n'est pas possible..Pas lui ! » Pleurnicha t'elle.
Je lui souris en coin et elle soupira à nouveau, faisant voler un peu de mousse devant sa bouche.
C'était à mon tour de laisser échapper un petit éclat de rire.
« Ce..pfff.. n'est pas drôle ! » Bafouilla t'elle, chassant la mousse de sa bouche.
« Tout s'enchaine si vite, je ne voulais pas ça. »Déplorais-je.
« Je sais, mais tu n'as pas le choix… »
« Je veillerais sur toi jusqu'à ta transformation Bella, je ne veux prendre aucun risque, tu ne resteras jamais seule. » La prévenais-je.
« Cela me parait supportable. » S'amusa-t-elle, trop insouciante
« J'ai une autre – pardon- une vrai mauvaise nouvelle, puisque la première ne l'était guère à tes yeux. »
Elle se redressa vivement piqué par la curiosité. .
J'oubliais un instant le fil de notre discussion car mon attention fut captée par ses seins qui apparaissaient lentement dans leur plénitude, la mousse qui les masquaient glissant sensuellement le long de sa peau humide. Ils étaient magnifique, dressés, comme pour réclamer mon attention. Je me fis violence pour ne pas les prendre un à un entre mes lèvres.
« Edward… » M'appela t'elle.
« Humm… » Fis-je, distrait.
« Edward…Quelle est cette autre mauvaise nouvelle ? » Me demanda-t-elle un peu plus fort.
Je me ressaisis cette fois-ci et releva la tête.
« Il pense qu'il est aussi plus sage…que nous cessions nos rapports physiques jusqu'à que tu sois des nôtres. »
Elle écarquilla les yeux.
« Mais..Pourquoi !? »
« Tu as oublié que ton odeur se décuple lorsque nous faisons l'amour Bella. Cela augmente donc les risques. Il vaut donc mieux pour ta sécurité que-»
« Mord moi ! Maintenant ! » Me coupa t'elle d'un air implorant.
« Quoi ? »
« Mord moi maintenant ! » Répéta-t-elle en me présentant son cou.
J'éclatais de rire.
Savoir qu'il ne lui restait que quelques malheureuses semaines à vivre lui était indifférent… mais savoir que nous ne devions plus avoir de sexe jusque là, semblait, par contre, l'affectait au plus haut point.
Je ris derechef à sa réaction.
« Pourrais-je connaitre la raison de ton hilarité ? » Grommela-t-elle.
« Toi. Tu es tellement déconcertante.»
« Pffff.. »
« Allons Bella, ce n'est pas si dramatique, il ne s'agit que de quelques semaines. »
Elle fronça les sourcils en désaccord.
« Quoi ? Tu ne crois pas être en mesure de te passer de mon corps durant cette courte période ? » La taquinais-je, tout en pensant que c'était moi qui ne pourrait pas me passer d'elle... Lui résister allait être un effort titanesque de chaque instant.
Elle leva les yeux au ciel dans un soupir, apparemment hermétique à ma pointe d'humour.
« Ce n'est pas ça… » Marmonna t'elle en fuyant brusquement mon regard.
Elle s'assit en serrant se genoux contre elle. Je me rapprochais et lui pris le visage entre mes mains.
« Je plaisantais Bella, qu'est ce qui t'inquiète ? » Demandais-je, le ton dépourvu de toute trace de raillerie cette fois.
« Tu sais déjà ce qui me chagrine.. » Dit-elle en haussant les épaules, ce qui fit ondoyer la surface de l'eau.
« Non. » Rétorquais-je sincère.
Son visage entre mes mains, je sentais ses joues s'empourprer, elle baissa les yeux et se mordilla la lèvre avant de me répondre.
« Ce ne sera pas quelques semaines..mais plusieurs années avant que nous… » Elle ne termina pas sa phrase.
« Plusieurs années avant que nous puissions nous retrouver physiquement. » Conclus-je à sa place.
« Oui.. » Souffla-t-elle.
« Cette.. pause te préoccupe vraiment, n'est ce pas ? Bella je te le répète, il n'y aura que toi..J'ai été abstinent pendant plus d'un siècle, deux ou trois années supplémentaires ne m'effraient guère.. » (Je mentais, elles m'effrayaient vraiment.)
« Je sais…Ce ..C'est juste que, moi, je ne ressentirais pas de manque puisque d'après ce que tu m'as expliqué je saurais trop obsédée par ma soif…alors que toi, tu seras à mes côtes…tu devras..endurer-»
Je l'interrompis par un baiser.
« Ne t'inquiète pas pour moi Bella. Bon, je te l'accorde je ne dis pas qu'être avec toi sans pouvoir te toucher sera facile…Mais de te savoir enfin en sécurité auprès de moi, pour toujours…compensera amplement le manque…et suffira à mon bonheur, crois moi. »
Elle eut un demi-sourire.
Je lui avais mentis quelque peu…Ces quelques années n'allaient certainement pas être faciles…Elles allaient être un supplice de chaque instant… mais je ne voulais pas que Bella soit soucieuse à mon sujet, elle l'était déjà bien assez.
« Et puis.. » Chuchotais-je.
J'effleurais délicatement la courbe de son épaule, descendant lentement le long de son bras.
« J'aurais mes souvenirs pour m'aider à patienter.. »
Je remontais la manche de ma chemise et j'immergeais ma main. Mon avant-bras disparut sous la mousse encore abondante et je repris ma lente progression le long de sa jambe.
« Tu découvriras bientôt que notre mémoire est bien plus étendue que celle des mortels…Tous nos moments intimes sont inscrit à jamais dans ma tête, Bella… »
Ma main sur son pied remonta sur la face interne de sa jambe.
« Je ne peux tout me remémorer : Chaque soupir, chaque frémissement de ta peau sous mes doigts, comme à cet instant… » Sa respiration s'accéléra.
« Chaque changement de rythme de ton cœur, de ton souffle… »
Ma main contourna lentement sa douce toison, et reprit ma caresse sur son ventre. Je traçais des cercles lents autour de son nombril et la sentais se tendre sous mes doigts.
« Ton regard voilé de plaisir lorsque tu t'abandonne totalement.. »
Je remontais entre ses seins, j'écartais ma main, frôlant du bout des doigts leurs courbes superbes. Bella ferma les yeux et reposa sa tête sur le bord de la baignoire en soupirant.
« Non.. » Susurrais-je.
« Ouvre tes yeux Bella…Offre-moi une dernière fois ce regard. » Lui murmurais-je en dessinant des arabesques sur son sein.
Bella retint de son souffle, ce qui fit bomber sa merveilleuse poitrine contre ma main et elle réouvrit les yeux. A cet instant, n'y tenant plus, je me penchais pour prendre le bout de son sein tendu entre mes lèvres. L'aspirant, le léchant, le taquinant, administrant à son jumeau, les mêmes honneurs. Bella gémit, se cambrant légèrement contre ma bouche adulatrice.
La voir répondre à mes stimulations avec tant d'éloquence ne faisait qu'accroitre mon amour et mon désir pour elle. Je déposais une rivière de baisers sur ses seins, remontant lentement le long de son cou.
« Ton corps me désire.. » Murmurais-je contre sa peau frissonnante.
« T-Toujours.» Gémit-elle langoureusement.
« Alors tu n'as pas d'inquietude à avoir mon amour.. »
Je me redressais pour être face à son visage et lui sourit amoureusement. Le souffle rapide, ses yeux étaient déjà assombris par le désir. Je l'avais emmené dans l'état précis que je souhaitais qu'elle soit.
Je traçais délicatement les lignes de ses lèvres de mon doigt.
« Tu n'oublieras pas ce désir une fois vampire Bella…(Elle rougit).. Il sera, certes, enfoui quelque part dans ta mémoire, surclassé un temps par ta soif..Mais il sera bien là Bella…Et lorsque tu t'en rappelleras enfin…nous nous retrouverons.. » Lui chuchotais-je avant de l'embrasser furtivement. Elle me retint brusquement par la nuque, et vrilla son regard voilé au mien.
« Offre-moi .. d'autres souvenirs.. » Murmura-t-elle d'une voix sensuelle.
Le désir dans sa voix déclencha de douloureuses palpitations au niveau de mon membre dressé et emprisonné. Je n'avais pas prévu une telle requête. J'étais perdu car j'étais incapable de lui refuser quoi que ce soit lorsqu'elle prenait cette voix de velours.
Elle se pencha et m'embrassa à son tour, ses mains se refermant autour de ma nuque. Je feulais de désir, et après quelques secondes d'hésitation, je finis par juger que la recommandation de Carlisle ne souffrirait pas d'un dernier écart…
Je soulevais Bella dans un mouvement empressé et la sortit de sa vasque, saisissant un drap de bain, je la recouvris à la hâte, et la seconde suivante, nous nous retrouvions dans ma chambre.
Je déposais Bella sur le sofa, à peine couverte par le drap de bain. Ainsi offerte, dans la clarté de la lune, la respiration courte et le regard enflammé..elle était la plus belle des visions.
Je réprimais mon envie de la posséder sur le champ, je fis un pas en arrière, allumais la chaine hifi et lança la lecture du CD de Brahms –concerto pour piano n°2- qui s'y trouvait. Je réduisais le volume pour laisser place à un discret murmure mélodieux, véritable caresse pour l'oreille.
Bella se redressa lentement sur le sofa et sa serviette glissa à ses hanches. Je revins vers elle lentement, admirant la blancheur de sa peau enveloppée par l'obscurité ambiante.
Elle se rallongea lascivement dans un sourire séduisant. Sa posture à la fois charmeuse et candide embrasa mon ventre et une violente décharge électrique remonta le long de ma colonne vertébrale. Au plaisir de la vue, s'ajouta la volupté de son arome irréel, étouffant, excitant, euphorisant…entremêlé délicieusement aux anciennes senteurs fleuries de son bain.
Je retirais précipitamment mes vêtements, évitant cette fois de les mettre en pièces. Nu devant elle, mon désir fièrement exposé, je vis Bella se mordre la lèvre inferieure.
D'un bond je fus sur elle, et la recouvrais entièrement. Elle émit un petit cri de surprise à mon assaut que j'étouffais en pressant ma bouche contre la sienne. Il y a peu, sa peau si froide rayonnait à présent d'une chaleur vibrante, je me pressais avidement contre elle pour ressentir une dernière fois cette douce fièvre. J'aurais tant voulu qu'elle ressente, elle aussi, cette chaleur stupéfiante, qu'elle seule, provoquait dans mon ventre. Et en réponse à mon étreinte passionnée, son baiser se fit plus urgent, plus vindicatif. Elle relâcha soudainement mes lèvres pour parsemer mon cou de baisers ardents. Je grognais de plaisir sous ses lèvres brulantes et son exigence.
Je glissais mon bras entre nos deux corps serrés l'un contre l'autre.
« Oui ! » Exalta-t-elle dans un souffle rauque lorsque ma main caressa son centre humide.
Je me redressais sur un coude pour la contempler et concentrais mes doigts en une série d'effleurements délicats. Bella répondait en ondulant ses hanches contre ma main, se pinçant de temps à temps les lèvres sous son plaisir croissant.
« Je ne sais pas si ces moments de plaisirs te ramèneront plus rapidement vers moi dans le futur..Mais je suis bien déterminé à essayer de les graver dans ta mémoire. » Lui murmurais-je en me penchant sur ses seins. Gémissante, elle s'agita contre ma main qui se fit plus déterminée.
Oui, je voulais lui laisser un souvenir impérissable de cette ultime union.
Embrassant l'un de ses seins, j'introduis brusquement un doigt dans sa chaleur moite.
« Oh, ouiii… » Cria t'elle en s'arquant sensuellement.
J'entamais un mouvement de va et vient tout en continuant à cajoler ses seins entre mes lèvres possessives.
« Dieu Edward ! »
J'introduis un deuxième doigt dans ses replis secrets, trouvant les points qui la faisaient se tordre de plaisir.
« Tu aimes n'est ce pas ? » Cette question, à la réponse plus qu'évidente, m'avait échappée à voix haute.
« Ouiii.. » Gémit-elle, la tête renvoyée en arrière.
Un grognement lourd m'échappa, j'étais fou de désir, et mon membre palpitait douloureusement contre elle.
« Edward.. » Soupira-t-elle en se cambrant d'avantage contre ma main. Elle était proche, si proche. Sous le plaisir, ses mains s'agitaient, ses poings se serrant, puis s'ouvrant sur le sofa…comme si elle cherchait quelque chose auquel se raccrocher. J'adorais le spectacle de son corps enflammé, proche de sa libération.
Accentuant mes mouvements, je me penchais sur ses lèvres entrouvertes.
« Regarde-moi.. » Gémis-je en les effleurant.
Elle lâcha un gémissement de plaisir contrarié. J'étais surexcité, un feulement menaçant jaillit entre mes lèvres.
« Regarde-moi.. »
Ses réactions allaient me rendre fou mais je continuais à me concentrer sur elle, soucieux qu'elle garde de ce moment un souvenir indélébile.
Elle releva péniblement les paupières, et je pus à nouveau contempler ses yeux chavirés, qui s'étaient assombris au point de devenir presque noirs.
« Je veux te voir. »Murmurais-je d'une voix rauque.
Son corps se raidit à ces mots, et je sentis ses parois se resserrer autour de mes doigts.
Rivés à son merveilleux regard voilé de plaisir, j'introduis une dernière fois mes doigts en elle. Dans un gémissement étouffé, le corps glorifié dans une cambrure extrême, elle se laissa emporter par la jouissance, je grognais à la même cadence que ses formidables contractions d'extase sur mes doigts.
Rien ne pouvait égaler la beauté de son visage en cet instant magique.
Lui laissant à peine le temps de reprendre son souffle, je me ruais sur ses lèvres tremblantes, et roulais avec elle sur le sofa.
Je voulais encore et toujours l'emporter dans les étoiles. Me laissant emporter par mon désir, oubliant les risques, obsédé par cet unique but, je redescendis avidement vers ses seins, puis son ventre, recouvert d'une délicieuse emperlé de sueur. Humant, goutant la saveur de sa peau, je grognais de plaisir. Respirant son parfum à plein poumons, je songeais à cet endroit, si humide, si doux, si chaud, je songeais à ce plaisir interdit….
Je relevais les yeux vers son visage et lorsqu'elle croisa mon regard, elle comprit immédiatement mon intention, car ses prunelles brunes semblèrent s'embraser. Un désir sauvage, irrésistible s'empara de moi, je me ruais entre ses jambes, sous son exclamation surpris, et gouta, avec un plaisir indescriptible sa saveur intime, ressentant sur ma langue, les dernières palpitations de sa jouissance.
« Dieu, oui ! » Cria Bella.
Elle agrippa compulsivement mes cheveux et je sentis qu'elle essayait d'accentuer la pression.
Feulant de désir, je glissais mes mains sous ses fesses et la soulevait pour l'emmener d'avantage contre ma bouche et me laissa guider par ses exigences, exhorté par ses cris de plaisir. Ceux-ci se liaient presque harmonieusement aux notes virevoltantes du piano. Sans m'en rendre compte, je suivais avec ma langue le rythme plus soutenu du concerto…Mes sens en feux s'enivraient de cette double symphonie euphorisante.
Je recueillais son miel entre mes lèvres gourmandes, m'émerveillant de gouter à quel point elle était prête pour moi.
Je fus brusquement surpris de la sentir déjà se contracter autour de ma langue, un grognement puissant retentit dans mon torse, faisant se crisper ses doigts dans mon cuir chevelu. Je grognais une nouvelle fois, sachant qu'elle adorait ces vibrations supplémentaires contre sa féminité.
« Encore.. » Gémit-elle, les lèvres tremblantes.
J'obéissais à sa douce supplique et grogna encore plus fort contre son bout sensible, ma langue ne cessant de s'insinuer plus profondément en elle.
Elle s'arqua soudain violemment contre ma bouche, je la maintenais fermement contre ma bouche, la sentant ensuite fondre délicieusement sous l'extase qui l'emportait.
« OUI ! OUI ! » Cria t'elle sans retenu cette fois, ses muscles convulsant glorieusement autour de ma langue.
« Edward ! OUI ! »
Un gémissement rauque et langoureux vint ensuite et sembla ne jamais se tarir entre ses lèvres. Elle n'avait jamais été aussi belle.
J'étais déjà ivre de désir, mais sa désinhibition, l'expression si glorieuse et sans retenue aucune de son orgasme, enflamma mon corps au-delà de ce que je pouvais penser encore possible. Elle ne s'était pas retenu, pas une seconde, sachant pourtant que l'on nous entendait parfaitement
.
Je me redressais sur mes bras pour l'admirer se perdre dans l'extase, le corps secoué de spasmes, la tête arquée en arrière, m'offrant une vue splendide de ses seins et de son cou. Mes yeux s'attardèrent d'ailleurs sur la petite entaille –presque cicatrisée- laissée par mes dents la veille. Je restais accroché aux pulsations de son artère à cet endroit précis, où filer à une allure effrénée son précieux nectar de vie. Je déglutis, tentant vainement de calmer la brûlure de la soif dans ma gorge. Des milliers de lames me lacéraient à l'intérieur.
Apres un moment, le corps encore tremblant, Bella se détendit en soupirant, ses yeux adorateurs s'accrochèrent aux miens. Je gardais, sans pouvoir m'en défaire, ce sourire idiot et fier sur mes lèvres.
« Tu es..stupéfiant.. »
Mon sourire déjà énorme s'agrandit…tout comme mon désir.
Puis, entre deux respirations altérées, le mot que j'avais espéré se forma sur ses lèvres.
« Encore.. »
Son murmure sensuel ressembla à un ordre. Euphorique, je rampais lentement jusqu'à son visage, le désir l'emportant aisément sur ma soif, je décollais une mèche de cheveux de son front, ses yeux ombrageux luisaient de bonheur et de désir. Encore.
« Tes désirs sont des ordres mon amour.. » Lui murmurais-je avant de gouter ses lèvres frissonnantes, aspirant son souffle chaud et parfumé, suçant sa langue brulante. Elle se cambra contre mon bassin et m'empoigna les fesses, je grognais sur sa bouche, elle ondula sensuellement contre mon membre douloureux.
Je ne pouvais plus me retenir, toute douceur oubliée, guidé par un besoin primitif, j'entrais brusquement en elle, étouffant son cri entre mes lèvres.
Scellé à elle, dans ses profondeurs divines, je feulais de plaisir et de soulagement. Je crus mourir – une deuxième fois- de plaisir dans ses chairs. Je la pénétrais pleinement et avec une telle aisance que je ne pus m'empêcher de penser –égoïstement-que son corps avait été conçu seulement pour moi. Me précédant, c'est elle qui entama le mouvement. Dans le plaisir et l'excitation, je relâchais ses lèvres et lui répondit par un élan puissant. Mon mouvement un peu brutal fut accueilli par un cri, que j'étouffais entre ses lèvres. J'eus, une fraction de seconde, la crainte effroyable de l'avoir blessée. Je me retirais hâtivement, mais ses bras énergiques avaient essayé de me retenir.
« Non ! » Haleta-t-elle.
Non, je ne l'avais pas meurtrie, bien au contraire.
Je retournais donc puissamment en elle dans un rugissement exalté.
« Oui ! » Gémit-elle en se cramponnant à mes épaules.
Je me retirais lentement puis recommençais à entrer en elle d'un long coup de rein.
Son corps me répondit avec la même exigence, essayant d'aller à la rencontre de chacun de mes mouvements.
« C'est tellement bon… » Murmura t'elle. Perdue dans son ivresse, elle ne parut pas s'adressait à moi mais plutôt à elle même.
« Dieu, Bella ! » Grognais-je, le corps parcouru de slaves de plaisir de plus en plus intense.
Haletante, elle me regardait avec passion rare, les yeux voilés par le plaisir.
Je glissais une main sous ses fesses et me leva du sofa en l'attirant vers moi, sans jamais interrompre mes mouvements. Moi debout, elle, allongée, nue, dans toute sa splendeur, j'intensifiais la force de mes assauts en la soutenant pour la guider à ma convenance, ses jambes accrochées à mes hanches.
« Edward ! » Gémis t'elle.
« Tu es si belle, Bella..si belle.. » Dis je les dents serrés par le plaisir.
Ses mains tâtonnèrent sur le cuir du sofa, puis saisirent finalement le bord de celui-ci.
J'étais loin de l'allure douce et tendre de toute à l'heure, mais à l'entendre et à la façon que son corps avait de me répondre, j'en conclus que ma rudesse lui convenait parfaitement.
« OUI ! » Cria-t-elle brusquement plus fort, les jambes fermement nouées autour de mes reins.
Un grognement –plus primitif que les autres- jaillit de ma poitrine, la tension montait trop vite, je n'allais pas tenir aussi longtemps que je l'aurais voulu, le plaisir qu'elle me procurait était trop intense.
« C'est.. toi que.. j'ai toujours voulu Bella..Toujours.. » Haletais-je, fou d'amour pour elle.
Je la soulevai brusquement par la taille et la plaquais contre la porte, soutenant ses jambes, enroulées autour de mon bassin. Elle se cramponna à mes épaules pour renforcer encore notre étreinte comme si elle n'était jamais assez enlacée.
Je gémis et nos lèvres se happèrent désespérément, son corps, tout comme le mien, réclamait l'assouvissement. Nos gémissements frénétiques résonnaient dans la chambre sans relâche, je n'entendais plus la douce mélodie du concerto, seulement nos cris de bonheur entremêlés.
J'appuyais un peu plus son corps contre la porte et reprit mes va et vient, plus profonds, plus possessifs.
« Dieu ! Oui ! » Cria t'elle en lâchant brusquement mes lèvres.
Elle se démenait pour répondre à mes mouvements, la pression de ses cuisses s'accentuait sur mes hanches et sa fougue faisait naitre en moi un irrésistible plaisir sauvage. Et je devais puiser dans mes ultimes réserves mentales pour ne pas oublier qu'elle était encore humaine.
« Edward.. ! Dieu !.... »
« Oui ma Bella.. » Dis-je d'une voix étranglée par le plaisir.
« Enflamme-toi, mon amour... »
Elle poussa un long cri de plaisir, son corps se raidissant violemment contre le mien.
Ma bouche captura son hurlement passionné, je glissais mes mains sur ses fesses et la pénétra plus intensément encore, et j'explosais en elle, l'emplissant sans retenue de ma semence. De ma renaissance. De mon avenir. De mon âme retrouvée.
Dans un sanglot étranglé, je la rejoins dans une extase foudroyante et prodigieuse. Je fus transporté dans une explosion sublime, une apothéose de plaisir et de lumière, qui me souleva hors de ce monde, pour me confondre avec le sien.
Cela me semblait plus fort à chaque fois…
Nos corps tremblèrent l'un contre l'autre, haletant tous deux. Le même sourire béat aux lèvres, nous appuyions nos fronts l'un contre l'autre.
Ma main vint caresser ses lèvres frissonnantes, nos corps traversés par les ultimes soubresauts de la jouissance. Nous restâmes quelques minutes sans bouger, ne souhaitant ni l'un ni l'autre mettre un terme à ce pur moment de bonheur. Les mots étaient inutiles, l'amour que nous nous portions se lisait dans nos yeux.
Finalement, je fus celui qui décida de rompre le charme, craignant qu'elle ne devienne inconfortable dans cette position et qu'elle redevienne gelée à mon contact inerte. La connaissant elle préférerait surement me cacher l'un ou l'autre de ces désagréments. Je l'allongeais doucement sur le sofa, savourant encore sa peau moite et brulante contre la mienne. Je suivis avec mon doigt la fine ligne de sueur entre ses seins. Des larmes vinrent picoter ses yeux brillants. Je me redressais et parcouru son corps d'un regard empressé et inquiet.
« Qui a-t-il Bella ? T'ais-je fais mal ? » M'alarmais-je.
Elle secoua la tête en souriant à travers les larmes qui coulèrent maintenant sur ses joues. Je ne trouvais aucunes nouvelles marques sur sa peau.
« Qui a-t-il ? » Demandais-je, anxieux.
Elle rit à présent.
« Cela me surprend, mais ton intelligence te fait parfois défaut.. » Me taquina-t-elle en estompant ses larmes.
Mon inquiétude s'évanouit lorsque je saisis qu'elle versait des larmes de bonheur…et non de douleur.
« Seule la porte a quelque peu souffert.. » Plaisanta-t-elle.
Je tournais la tête et aperçut les profondes griffures incrustés sur presque toute la longueur de la porte. Je me penchais dans un sourire idiot et l'embrassa tendrement, ses bras se resserrant autour de ma nuque. La musique, plus douce, nous enveloppait dans notre bulle de bonheur.
« Il n'y a pas de mots pour exprimer à quel point je vous aime Isabelle Swan. » Lui chuchotais-je en glissant mon doigt sur sa joue.
« Il y a un autre moyen de me le prouver…. » Chuchota elle en retour, un sourire sensuel aux lèvres.
Elle rit, je la sentis frissonner sous moi.
« Tu va prendre froid.. »
« Je m'en fiche.»
« Pas moi. » Dis-je en me levant, ignorant son soupir de protestation.
Je pris un plaid plié dans un coin de la chambre et l'enroula autour de son corps.
Je m'allongeais à ses côtés et l'enlaçais à nouveau dans mes bras. Elle grimaça à cette barrière.
«Nous n'aurons bientôt plus besoin de toutes ces mesures de précaution... »
Cette perspective lui redonna le sourire, mais celui-ci se fana presque aussitôt.
« Quoi ? » Demandais-je devant sa moue boudeuse et triste.
« Nous n'avons pas la même notion du mot bientôt. Il faudra plusieurs années avant que nous soyons à nouveau ensemble » Lâcha-t-elle.
« Nous ne serons jamais séparés Bella »
« Tu as très bien compris ce que je voulais dire. » M'accusa-t-elle.
« C'est vrai…Mais ne t'inquiète pas trop..Tu ne te rendras pas vraiment compte du temps qui passe.. »
Elle me regarda d'un air découragé, je la resserrais dans mes bras, les yeux rivés à son regard perdu.
« J'ai l'impression…que les vampires à l'ouïe ultra-sensible qui peuplent ces lieux ne te gênent plus.. » La taquinais-je, histoire de changer de sujet.
Elle fit mine de me taper l'épaule.
« Je te remercie de m'avoir rappelé ce détail ! J'avais oublié -un bref instant- que les murs de cette maison avaient des supers oreilles ! »
« Un bref instant ?.Hum..Tu es un peu dur avec moi Bella.. » Plaisantais-je.
Elle rougit.
« C'est vrai…Mon état d'abandon et d'amnésie…a duré un peu plus qu'un bref instant.. » Balbutia-t-elle en souriant timidement.
J'affichais un énorme sourire.
« Humm…Je ne crois pas finalement que nous devrons attendre plusieurs années avant de nous retrouver.. » Lui murmurais-je sur un ton énigmatique et sensuel.
Son regard pétilla, elle se défit de mon étreinte et se redressa sur ses bras.
« Quoi ? Pourquoi ? Explique-moi ! » Demanda t'elle vivement.
Je la rallongeais sur le dos et effleurais sa bouche avec mes lèvres.
« Parce que…tu es une femme si…désireuse…Que ton corps ne résistera pas longtemps à l'appel du plaisir charnel.. » Lui susurrais-je en ondulant subtilement contre elle.
Elle déglutit lentement.
« Je pense pouvoir estimer que tu me reviendras..au bout de.. » Je m'interrompis, faisant mine d'hésiter.
« Au bout de combien de temps ? » Me pressa t'elle, impatiente.
Je la regardais sérieusement.
« Humm…Trois heures ? Peut être moins.. » Lâchais-je en riant à moitié.
Elle resta deux ou trois secondes incrédule, puis son visage vira au rouge et l'instant suivant ses sourcils se froncèrent en ridant son front.
Je ne pus me retenir plus longtemps et laissa éclater mon rire.
Elle s'empourpra derechef de colère.
« C'est nul, c'est vraiment nul ! » Gronda-t-elle.
« Excuse-moi,.. Je n'ai pas pu résister.. » M'excusais-je lamentablement en pouffant de rire.
Elle ne partageait pas du tout ma petite blague. Elle eut un petit sifflement exaspéré.
« Espèce de..Tu..Tu es.. » Elle ne finissait pas ses phrases, se contentant d'étouffer son irritation en se pinçant les lèvres.
« …Le plus fantastique des amants...selon tes propres mots. » Répliquais-je joyeusement.
« Que… ? » S'étrangla-t-elle.
« C'est ainsi que tu m'as qualifié, tout à l'heure. » Plastronnais-je.
Elle secoua la tête, empourpré jusqu'à sa poitrine, puis se leva, entortillé dans le plaid et faillit trébucher.
J'allais lui venir en aide, mais elle s'y opposa aussitôt en brandissant fermement sa paume ouverte dans ma direction, en signe d'arrêt.
Je ne pus m'empêcher de rire en la voyant se battre avec son drap de bain récalcitrant.
Une fois réajustée, elle souffla discrètement, puis me toisa d'un mauvais regard. Un sourire- tout aussi mauvais- étira lentement ses lèvres.
« Peut être devrais je vérifier -avec un autre- cette affirmation … Si je veux savoir si tu mérites bel et bien ce titre, je dois en toute logique..comparer tes performances…N'ai je pas raison ? Demanda-t-elle d'un air innocent.
J'arrêtais directement de rire et écarquillais les yeux de stupeur.
Tout en m'observa du coin de l'œil, elle releva légèrement la tête, l'air songeuse, et se tapota le menton. Soudain son doigt se figea.
« Hum..Oui, il y aurait bien quelqu'un qui-»
Un grondement sourd jaillit des tréfonds de ma poitrine, l'empêchant de terminer sa phrase.
Après quelques secondes, Bella s'esclaffa gaiment, ravie de son effet. Etrangement, les notes de musique en fond accompagnaient parfaitement son petit rire moqueur.
Sa réplique vengeresse m'avait laissé sans voix.
Je savais qu'elle plaisantait, mais ce fut plus fort que moi, le seul fait de l'imaginer dans les bras d'un autre me fit horreur. Surtout si cet autre en question était Jacob. C'était lui qu'elle avait faillit suggérer, j'en étais certain. Elle savait que rien ne pouvait me faire enrager plus que lui, surtout sachant qu'il continuait à la convoiter à la moindre occasion. A chacune de nos rares rencontres, je ne pouvais pas ignorer l'ambition qu'il lui nourrissait, il continuait à la convoiter, son esprit hurler ses fantasmes envers ma Bella, c'était à chaque fois à la limite du supportable. Mais je me refusais – à chaque fois- de lui briser les os un par un, histoire qu'il sache ce que je pensais de son cerveau débridé. Bella serait bien trop peiné si je maltraitais –même à raison- son meilleur ami.
Mon mutisme prolongé ne fit qu'accentuer son rire persifleur.
Les muscles tendus, je m'approchais d'elle lentement. Son hilarité diminua et elle recula à chacun de mes pas, puis elle s'immobilisa, son dos venant d' heurter la porte. J'arrivais face à elle, un grognement feutré s'échappant de ma gorge.
Les sourcils froncés, j'appuyais mes mains, bras tendus, de chaque côté de son visage brusquement blême. A quelques centimètres de son visage, je la contemplais en silence. Au bout d'une minute, une infime lueur d'inquiétude traversa ses prunelles chocolat. Je retenais un sourire de revanche.
« Aurais tu perdu ton sens de l'humour.. » Me défia-t-elle.
« Oui. » Répondis-je très calmement.
Nouvelle lueur d'inquiétude.
« Ça va.. excuse moi, je reconnais que c'était nul, vraiment nul-»
« Si tu souhaites vraiment..connaitre d'autres hommes..d'autres expériences, si tel est ton souhait, je ne m'y opposerais pas Bella. » La coupais-je sur un ton sérieux et froid.
Ses yeux s'agrandirent d'effroi, puis de colère.
« Ca ne va pas, chez toi !? NON ! NON ! Bien sur que NON ! Je plaisantais Edward, où- est ce que tu allais chercher une idiotie pareille !? » Lâcha t'elle d'une voix offensée.
Je jubilais intérieurement.
« Aucun autre homme ne m'intéressera, jamais ! Et tu le sais très bien Edward. »
J'effleurais sa bouche avec mon nez.
« Y.. compris… Jacob Black ? » Chuchotais-je en détachant chacun de mes mots.
Elle sourcilla puis se redressa, comme pour se faire un peu plus grande. Je l'observais en souriant.
« C'est un coup bas ! » Siffla-t-elle.
« Je sais..mais tu n'as pas répondu à ma question. »
Elle parut décontenancée un seconde, hésitant à me répondre, puis elle se reprit.
J'étais peut être allé trop loin dans ce petit jeu badin.
« J'aime Jacob, tu le sais. (Je réussis à garder le visage impassible, retenant de justesse une grimace amère. Mais je fus impuissant contre la sensation de nausée, résultat de mon aversion à l'entendre dire qu'elle l'aimait, lui aussi…Mais je n'avais pas à me plaindre, car je l'avais cherché en fin de compte.).
Elle se pencha contre moi, le visage épris.
« Il sera toujours dans mon cœur, mais c'est à toi, à toi seul, qu'appartient ce cœur …Il a n'en toujours été ainsi, depuis le début, depuis toujours… même dans mes moments les plus sombres,…et cela ne changera jamais ! »
Je souris à présent. Je savais déjà tout cela car elle me l'avait déjà confié. Mais mon égo et ma (stupide) jalousie récurrente avaient encore besoin d'entendre, qu'elle me préférait à Jacob.
J'eus soudain honte d'avoir joué avec ses sentiments, j'avais dépassé les bornes.
Je l'enlaçais brusquement en soupirant contre moi-même, contre mon stupide comportement.
« Pardonne moi Bella, je ne sais pas ce qui m'a pris.. »
Je secouais la tête.
« Je voulais juste te taquiner..J'ai dérapé… »
« Hum, j'ai en effet remarqué que tu semblais assez apprécier me taquiner..C'est quelque chose de nouveau chez toi… »
C'étaient mes yeux cette fois qui s'agrandirent d'inquiétude. Et si j'étais un véritable rustre en agissant de la sorte. C'était vrai, ce trait facétieux était nouveau chez moi.
Elle rit et sa bouche caressa mon oreille.
« J'aime ça.. » Susurra-t-elle.
« Vraiment ? »
« Oui, j'aime ces moments légers et insouciants, car tu abandonnes tes réserves..Et j'adore ça...Même si cela doit nous emmener parfois sur un terrain glissant.. »
Je lui souris et mes mains se renforcèrent autour de sa taille.
« Mon comportement était quand même déplacé, je sais à quel point notre future séparation physique te préoccupe, je n'aurais pas du te taquiner sur ce sujet. Le pire, c'est que je t'ai donné de faux espoirs en agissant de la sorte. Cela ne recommencera pas, je te le promets. » Murmurai-je dans son cou.
« Ce n'est pas si grave Edward. »
Je relevais la tête.
« Si ça l'est ! » Répliquais-je, sincère, regrettant vraiment de lui avoir donné de vains espoirs.
Mais mon affliction sembla l'amusé.
« Humm…Si tu y tiens, tu peux faire quelque chose pour te faire pardonner.. »
J'embrassais tendrement sa gorge, elle tressaillit au contact de mes lèvres.
« C'est..un bon début.. » Soupira t'elle.
« Je ne mérite pas ton amour.. » Murmurais-je contre sa peau.
« Tais-toi… Que.. devrais.. je dire moi alors ? » Me retourna t'elle, la voix nouée.
Je ne relevais pas et l'embrassa tendrement dans un premier temps, mais mes lèvres se firent brusquement plus exigeantes et je revendiquais rapidement sa bouche avec une ferveur redoublée …et possessive.
Mes mains empoignèrent ses fesses, elle gémit contre ma bouche. J'étais sur le point de me laisser à nouveau emporter par mon désir lorsque les paroles de Carlisle résonnèrent au loin dans mon esprit.
Je m'arrachais brutalement à ses lèvres avant que mon cerveau ne soit complètement déconnecté, et que je ne sois plus maître de mes agissements.
« Bella.. » Chuchotais-je dans ses cheveux. J'étais presque sûr qu'elle n'avait pas entendu ma protestation…tant elle fut faible.
Elle enlaça ses bras minces autour de ma nuque et le plaid chuta à nos pieds. Mon corps trembla, puis le sien.
« Nous… ne devons pas-»
Elle pressa son corps brulant contre moi et je ne terminais pas ma pâle objection, qui se termina dans un gémissement.
Elle embrassa mon épaule… Mon cou… Puis l'autre épaule. Je fermais les yeux, m'offrant avec un ravissement absolu à ses lèvres soyeuses. Chacun de ses baisers laissaient sur ma peau une douce et inégalable chaleur qui persistait même bien après le passage de ses lèvres. Le haut de mon corps semblait se réchauffer de milles petits feux irréels.
« Edward.. » Gémit-elle, le timbre sensuel et désireux.
C'était trop tard..J'étais perdu. Je n'entendais plus les avertissements de mon cerveau. A la place, je me laissais incendié par ses baisers et ronronnais de plaisir dans ses cheveux.
« Je voudrais savoir une chose Edward.... » Murmura-t-elle.
La respiration saccadé, l'esprit embrumé par le plaisir, je mis un certain moment à me rendre compte qu'elle m'avait parlé.
J'ouvrais lentement les yeux, regrettant qu'elle eut interrompu ses douces succions, et découvris son sourire amusé.
« J'ai beaucoup de mal à me concentrer lorsque tu me séduis de la sorte..» Me justifiais-je.
Son sourire s'agrandit, puis ses traits retrouvèrent un certain sérieux.
« Parle Bella, que veux tu savoir de moi que tu ne saches déjà ? » Chuchotais-je dans un sourire.
Elle s'éclaircit la gorge, visiblement tendu, tout d'un coup.
« Ce n'est pas du badinage…Je voudrais savoir si….Tu..n'es pas jaloux de Jacob, n'est ce pas ? »
Je reculais mon visage du sien et observa un instant son regard grave. Elle était vraiment sérieuse.
« Moi ?... Jaloux de ce chiot malodorant et grossier ? Bella voyons…J'ai quand même une meilleure estime de moi-même. » Ricanais-je, voulant éviter de répondre sincèrement à cette question.
« Pfff.. » Souffla-t-elle en levant les yeux au ciel.
Je tressaillis exagérément, arborant une grimace de dégout.
« Je loue le ciel de ne pas m'avoir fait aussi velu ! Je n'aurais jamais supporté d'être un paradis pour puces, tiques et autres parasites… assoiffées de sang ! » Terminais-je en lui adressant un petit clin d'œil.
Elle se retint de rire à mes sottises (quoique sincère).
« Que tu es bête.. »
« Tu voulais une réponse, je te l'ai donné. » M'amusais-je.
« Jake..n'a pas de puces.. » L'entendis-je bredouiller dans son menton.
« C'est ce que tu crois.. »
Elle ne releva pas.
« Allez, répond moi sérieusement.. »
« Tu ne va pas aimer ma réponse »
« Raison de plus ! Parle. »
Ma tentative de diversion échoua, et la connaissant, elle ne renoncerait pas avant d'obtenir une réponse franche.
J'opinais à sa demande.
« D'accord.. » Soupirais-je doucement.
« Pour être complètement honnête avec toi …Mise à part sa fourrure surpeuplée (elle retint un sourire, mais les coins de sa bouche la trahirent), il y a bien quelque chose que je jalouse en lui.. ».
« Laisse-moi deviner .. Son odeur boisée peut être ? »
Je ne me laisser pas prendre à sa tentative d'humour, destinée à masquer sa soudaine nervosité. Elle appréhendait ce que j'allais dire.
«Non.» Rigolais-je, pensant que le terme boisé n'était pas le meilleur qualificatif concernant son odeur.
« Je… suis jaloux de ce que –lui- pourrait t'apporter et dont je ne serais jamais capable..(Elle fronça les sourcils). Rester humaine, avoir une vie normale, des enfants.. pouvoir vivre auprès des tiens… Pire encore de ne pas pouvoir t'offrir ces choses là, je vais te les voler…A jamais. Et pour tout ça.. Oui, je suis jaloux de Jacob.»
Son visage s'attrista.
« Je t'avais dit que ça ne te plairait pas.. »
Bella prit mon visage dans ses mains.
« Jake ne pourras jamais m'offrir la vie. »
« Je ne te suis pas. »
« Si je ne suis pas avec toi, si je ne peux pas être avec toi, la vie n'existe pas. Pour moi tu représente ma vie. La seule que je désire, la seule qui vaut la peine d'être vécue. Voilà ! »
« Tu a vraiment un esprit hors du commun ! Je serais prêt à n'importe quoi pour entrer, ne serait-ce qu'une seule fois, dans ta tête ! »
« Dans tes rêves ! » Rigola-t-elle.
Je l'enlaçais.
« Je t'aime tant. » Murmurais-je.
« Edward… Je ne veux plus revenir le dessus, o.k... ? J'ai fait mon choix, et je ne regrette rien, alors ne le fais pas à ma place, tu veux bien ? »
J'acquiesçais docilement, elle me sourit chaleureusement.
Elle ne saura jamais l'ampleur de mes regrets de devoir l'arracher à la vie qu'elle aurait du mener, mais elle avait raison, elle avait fait son choix et il était irrémédiable, il était inutile d'y revenir.
Je posais mes mains sur les siennes.
« Je t'aime » Répétais-je amoureusement.
« Pas autant que moi. »
Je grondais doucement en désaccord, elle sourit.
Soudain, le regard admiratif, elle glissa ses doigts à travers mon torse et suivit les lignes de mes muscles.
« A propos…Quoique tu en dises..Jake possède une fourrure sublime et d'une extrême douceur…Mais je lui préférerais toujours le glabre de ta peau.. » Murmura t'elle.
Elle sourit et appuya son bassin contre ma virilité, qui affichait glorieusement l'état dans lequel elle me mettait à chaque fois qu'elle était contre moi.
Je m'emparais sauvagement de ses lèvres dans un grognement. Elle remonta lentement sa jambe et l'enroula sur mes hanches, elle s'offrait encore à moi et je réalisais dés lors que son désir était tout aussi insatiable que le mien. Nos bouches se mirent à lutter l'une contre l'autre, avec une ferveur doublée d'un certain désespoir. Nos langues s'adonnèrent à une danse endiablée, nos bras semblant ne jamais saisir l'autre suffisamment.
Son sang agité pulsait à une allure impressionnante sous sa peau fine et fragile. Le souffle sourd de ses pulsations vibrait en moi, m'attirant toujours plus contre son corps. Tout mon être se laissait dangereusement bercé par ce chant fabuleux, digne de la plus tentatrice des sirènes. L'espace d'une seconde, l'envie de m'abreuver de son sang dépassa l'envie de me noyer dans ses chairs.
Mes lèvres tremblèrent férocement contre sa bouche, désireuses, de retrouver le gout exaltant de son sang. A cet instant, Bella se retira brusquement pour reprendre son souffle, le teint bleui et sa bouche rouge et gonflée par notre baiser survolté. La chaleur de ses lèvres me manqua aussitôt, mais son retrait tomba à point…Il me laissa le temps de reprendre le dessus sur mon instinct.
Front contre front, nous respirions tout deux avec difficultés, je mis un certain temps avant de pouvoir retrouver un souffle stable.
« Ta résistance pour une mortelle est … impressionnante..» M'étonnais-je dans un sourire, la voix encore heurté. Ma respiration assoiffée ne fit qu'accroitre le brasier qui consumait ma gorge et mes poumons.
« Tu es infatigable..Est tu certaine d'être toujours humaine ? » Murmurais en me pressant sensuellement contre son bassin, mon désir charnel retrouvant sa suprématie… reléguant sur le champ ma soif au second plan.
Sa pâleur bleutée prit une attendrissante nuance rosée.
« Oui..Mais une humaine extrêmement amoureuse… » Me répondit elle en effleurant ma bouche.
« En ce cas, je suis le plus chanceux des vampires.. » Dis-je dans un murmure sensuel, me réjouissant en secret de son futur tempérament charnel, une fois immortelle.
Je la soulevais, elle enroula ses jambes autour de ma taille, son cœur repris sa course folle.
Me penchant pour savourer à nouveau le soyeux de ses lèvres brulantes, je m'arrêtais brusquement et soupira bruyamment.
« Qui a-t-il ? » Demanda-t-elle, surprise par mon brutal changement d'humeur. Je relâchais lentement ses jambes et la reposa au sol, soupirant derechef.
« Un parasite. » Murmurais-je froidement.
Au même instant, trois petits coups retentirent de l'autre côté de la porte.
Bella se figea dans mes bras. Je soupirais une nouvelle fois.
« Fiche le camps Alice ! » Grognais-je.
« Désole de vous interrompre en pareil moment.. Mais-»
« Fiche le camps Alice ! » Répétais-je d'une voix plus dure..
« Eh ! Pas la peine de t'en prendre à moi Roméo ! C'est Carlisle qui m'envoie ! Ni lui, ni Esmée n'osaient venir vous avertir. Il veut que-»
« File d'ici ! J'ai eu le message ! » M'emportais-je. Bella enfouit son visage rouge pivoine dans mon cou.
« Inutile de crier ! »
Je grognais contre elle, elle s'éloigna.
« Désolée » Murmurais je contre les cheveux de Bella.
Je relevais brusquement la tête, à nouveau irrité.
« Oh, au fait Bella ! Tes affaires sont prêtes, Esmée les a déposés dans..votre autre chambre. D'ailleurs..Elle a déjà choisi un autre lit, il te plaira je pense..»
« ALICE ! » Criais-je, à deux doigt de briser la porte et de la mordre pour de bon cette fois.
J'inspirais profondément pour tempérer ma colère. Elle soupira d'agacement.
« Ca va, ca va, je vous laisse…»
Je l'entendis s'éloigner en sautillant et j'imaginais sans mal sa mine amusée.
« Elle est partie ? » Me murmura Bella.
Je hochais la tête.
Elle souffla en se détendit contre moi.
« C'est vraiment-»
« Horripilant, oui…Alice a de la chance d'être ma sœur ! » Bougonnais-je.
Bella rigola à demi-voix.
« Ne sois pas fâché après elle, apparemment elle a été envoyé par Carlisle. Ce n'est pas de sa faute. »
« Tu es trop naïve Bella. Si elle avait tenu sa langue au sujet de sa dernière vision, ils ne se seraient pas alarmés, et ne l'auraient pas envoyé jusqu'ici ! » Rétorquais-je.
Sa tendance à prendre systématiquement la défense d'Alice m'agaçais, surtout lorsque ma sœur ne le méritait pas, comme dans le cas présent.
« Qu'a-t-elle vu ? » Demanda t'elle hésitante et curieuse à la fois.
« Toi et moi, refaisant l'amour. »
Rougissante, elle s'éclaircit la gorge. Sa tentative raté pour tenter de masquer son embarras me fit sourire.
« Hum..Et..Quel était le message qu'elle avait à nous transmettre ? » Reprit-elle.
Je levais les yeux au ciel.
« Qu'il fallait que je te ramène chez toi. Il est déjà très tard, nous n'avons pas vu le temps filer. Lorsque qu'Alice s'est amusée à commenter ce qu'elle avait vu nous voir sur le point de faire, Esmée et Carlisle ont crains que je te ramène chez toi à une heure plus que déraisonnable. Ils ne voulaient pas que tu es des ennuis avec Charlie…Surtout après ce que tu as vécu aujourd'hui.. »
« Tes parents sont vraiment adorables. »
J'appuyais son compliment d'un sourire triste.
« La raison de l'heure tardive ne vint qu'en deuxième raison pour Carlisle. Il a du expliquer à Alice pourquoi il tenait tant qu'elle vienne nous interrompre. Il craignait surtout que ton odeur ne prenne encore plus d'ampleur…si nous refaisions encore l'amour. Il s'inquiète vraiment. »
Bella haussa les épaules.
« Carsile s'inquiète trop, de toute façon, si quelque chose devait m'arriver, Alice le verrait. »
« Ajouter au don d'Alice la prudence n'est pas superflu Bella, Carlisle a raison. » La repris-je la voix plus dure.
Elle leva les yeux au ciel, je le pris le menton pour fixer son visage face au mien.
« Tu ne peux pas te rendre compte de l'attirance que tu dégages Bella..Et je ne parle même pas de ta superpoisse… » Finis-je plus léger.
Elle me tira la langue, puis le visage triste, elle se blottit contre moi.
« C'est injuste.. » Bougonna-t-elle contre mon torse
Je lui soulevais à nouveau le menton pour fixer ses prunelles sombres.
« Qui a dit qu'être amoureux d'un vampire était simple ? » Dis-je sur un ton amusé.
« Si j'étais normale, cette abstinence forcée n'aurait pas lieu d'être. »
« Si tu étais normale, je ne serais pas tombé fou amoureux de toi.. »
La dévorant des yeux, elle sourit timidement et m'enlaça.
« Bientôt…Nous nous retrouverons..pour toujours.. »
Il me sembla qu'elle avait pensé à voix haute, et que ces mots furent destinés à la rassurer.
« Pour toujours..et sans aucunes formes d'entraves… » Rajoutais-je.
Une lueur de bonheur éclaircit ses prunelles, puis un petit rire remonta de sa gorge.
Je levais un sourcil, curieux d'en connaitre la raison, ses lèvres s'étirèrent dangereusement.
« Hum…Tu es donc d'accord avec Carlisle ? »
« Evidemment, même si cela me déplait, ta sécurité prime par-dessus tout. Carlisle n'a jamais été confronté à une situation telle que la tienne, il ne connait pas de fait similaire auquel se référer, c'est pourquoi ils préféreraient que l'on suspende nos rapport…Jusqu'à ce que tu ne risques plus rien. »
Tout sourire, elle laissait trainer son doigt sur mon épaule.
« Pourtant tu n'as pas suivit son conseil…et d'apres ce qu'Alice a vu, tu étais sur le point de recommencer »
« Je n'ai jamais dit que suivre sa recommandation serait facile. » Me défendais-je.
Son sourire s'agrandit et elle se pencha pour m'embrasser.
Je la repoussais délicatement en riant.
« Surtout lorsque tu ne m'aides pas ! »
Elle fit la moue.
« Je t'en conjure Bella, ne rend pas la situation plus difficile qu'elle ne l'est déjà. Nous devons écouter Carlisle. Je dois vraiment te ramener chez toi de toute manière…En plus tu dois diner avant de partir».
« Je n'ai pas faim.» Bouda-t-elle.
Je lâchais un petit rire moqueur.
« C'est faux..Le sexe t'affame ! »
Elle se renfrogna.
« De toute manière tu n'as pas le choix, Esmée ne te laissera pas partir de cette maison avant que tu n'es avalé quelque chose. »
Elle leva un sourcil et un délicat sourire sournois se joua sur ses lèvres.
« En ce cas… » Murmura t'elle en trainant son doigt le long de mon ventre.
Je faillis m'étrangler lorsque je saisis l'allusion et une décharge foudroyante traversa ma colonne et fit palpiter ma virilité. Une telle audace de sa part me stupéfia et me laissa sans voix. Ni l'intervention embarrassante d'Alice, ni le fait de savoir que nos ébats étaient perçus, n'étaient parvenus à freiner son appétit charnel. Depuis quant était elle devenu si…déterminée, aussi…libérée ?
L'annonce de notre abstinence semblait l'avoir transformée !
Je frissonnais. Pas seulement à la pensée du plaisir particulier auquel elle venait de faire allusion, mais surtout parce que je découvrais chez elle un tempérament nouveau…une toute nouvelle facette de son caractère. Notre toute nouvelle intimité nous dévoilait d'avantage l'un à l'autre, je découvrais une nouvelle Bella, ou plutôt la partie féminine que je ne lui connaissais pas encore.
Et j'adorais ça !
Découvrir ces nouvelles facettes de sa personnalité était fascinant..et terriblement excitant.
Moi-même je m'étais découvert de nouvelles émotions, des préférences…inattendues..grâce à elle.
Tandis que ses prunelles brillantes m'hypnotisaient par le désir troublant qu'elles reflétaient, sa main se mit à voyager sur ma cuisse. Je déglutis lentement et serrait mes poings jusqu'à les entendre craquer. Je tentais de bloquer dans mon esprit les images de ce plaisir encore inconnu -si souvent désiré - qu'elle voulait m'offrir.
J'entendis le rire étouffé d'Alice suivit d'un soupir tendu chez Carlisle en provenance du rez de chaussé.
Dans un sursaut de conscience, je me ressaisie et réprimais mon désir dévorant de la laisser faire. Je bloquais ma respiration et saisis son poignet avant que ses doigts redoutables me fassent perdre tout contrôle… de manière irrévocable.
Je saisis son deuxième poignet et les plaqua tous les deux en dessus de sa tête.
« Bella..C'est trop dangereux..Pour toi et pour moi. »
Elle secoua légèrement la tête.
« Je ne risques rien… »
« C'est faux…Je..Mes réactions à ..cette caresse…peuvent être violentes Bella. Très violente. »
« J'ai confiance en toi.. »
« Pas moi ! »
« C'est dommage… » Soupira t'elle dans un sourire malicieux.
« Comme tu l'as- si justement- dit il y a un instant…Je suis effectivement…affamée. »
Un feulement déchirant fendit mes lèvres.
Ma souffrance l'amusa, et un rire diaboliquement voluptueux s'envola de ses lèvres.
Assortis à celui de cette peste d'Alice.
J'étais fou de la repousser, mais seule compter sa sécurité. Mais je ne fus pas sur que ma santé mentale ressortirait indemne de mon choix…
« Tu.. es incontestablement.. la plus dangereuse des créatures… » Murmurais je avec difficulté, après un moment.
Ses yeux s'arrondirent pour prendre un faux air angélique.
« Mais je résisterais…De nous deux, je serais celui qui sera le plus raisonnable, pour ta sureté ! »
Ses mains chaudes revinrent nonchalamment à la charge le long de mon ventre.
« Je serais curieuse de vérifier cet engagement… »
Je grondais cette fois et Bella se retrouva brusquement enroulé dans le plaid qui était à ses pieds, ses bras et mains prisonniers dans le tissu.
« Eh !!! »
« Tu ne me laisses pas le choix mon amour.. »
Je la soulevais dans mes bras et l'emmena dans la seconde suivante dans notre chambre.
« Edward ce n'est pas drôle ! Relâche-moi ! »
Je la déposais près du lit, où ses habits, propres et secs, l'attendaient. Elle pesta contre moi tout en se déhanchant avec hargne pour se libérer, mais je la maintenais toujours emmitouflée dans sa couverture, ne voulant pas prendre de risque, car, malgré sa bruyante hostilité, elle était tout à fait capable de me séduire à nouveau…avec succès, cette fois-ci.
«Désolé, c'était le seul moyen… Je te laisse te rhabiller, rejoint moi en bas. » Sur ces mots, je la relâchais et disparut avant qu'elle n'eut le temps de bouger un cil.
Du fond du couloir, je l'entendis pester de plus belle.
Je retournais sur mes pas et réapparut dans l'embrasure de la porte. Elle était assise sur le bord du lit, en train de se rhabiller, fulminant contre moi dans sa barbe.
Elle releva la tête et m'aperçut. Ses yeux se firent assassins, mais elle resta muette.
« Si.. tu ne veux pas de moi ce soir chez toi, je comprendrais… Je resterais à veiller sur toi depuis les bois. Je ne t'imposerais pas ma présence si elle te déplait. »
Une lueur de panique, puis de remord traversa son regard, elle remua les lèvres.
« N-non, ce.. ne sera pas nécessaire.» Lâcha-t-elle dans un murmure faussement contraint, qui ne m'abusa pas.
« Je ne voudrais pas aggraver ton stress.. Il atteint déjà des proportions inquiétantes..» Se justifia t'elle.
Même fâchée contre moi, elle me voulait avec elle.
Je souris discrètement, heureux de sa décision et amusé par ses prétextes pour m'autoriser à rester cette nuit à son côté.
« Merci. »
Elle haussa les épaules, tout en enfilant son jean's, feignant une indifférence factice.
Une question inopportune me brula les lèvres.
« Hum..Tu seras sage, promis ? »
Elle plissa les yeux, attrapa ses chaussures dans un juron étouffé et les jeta dans ma direction.
Je refermais la porte et ses projectiles improvisés la heurtèrent violemment. Ma rapidité vampirique me valut un autre juron incompréhensible, suivit d'une sorte de grognement.
« Profite en bien Edward. Bientôt je pourrais me venger. Je serais plus forte que toi. » Chuchota t'elle, sachant que je l'entendrais distinctement.
J'eus un petit rire.
« A tout de suite, mon amour. » Lui adressais-je assez fort, à travers la porte.
Elle grogna derechef.
J'étouffais un autre éclat de rire. Je ne voulais pas l'énerver d'avantage, j'en avais –hélas- déjà bien assez fait.
Je retournais vers le rez de chaussé…en me faisant une réflexion préoccupante : les dernières semaines d'humanité qui lui restait -sans pouvoir lui faire l'amour- allaient être une véritable torture. Non, un avant gout de l'enfer !
Je m'immobilisais, heurté par un brusque sentiment de panique.
Ma respiration s'emballa.
Il n'était pas question de quelques semaines, mais de plusieurs années…de souffrance et de frustration ! Jusqu'ici, les années défilaient d'une manière différente pour moi (comme pour tous les vampires). Elles semblaient s'écoulaient plus rapidement, un peu comme des mois chez les humains, en quelque sorte. Mais soudain la notion réelle du temps retrouva sa signification dans mon cerveau. Et l'attente me parut beaucoup trop longue !
Des années ! D'interminables années !
Savoir que je ne sentirais plus ses lèvres sur ma peau aussi longtemps me pétrifia.
Comment allais-je faire pour le supporter, sans perdre la raison ?
Je tombais à genoux comme un poids mort, sans pourtant, en avoir donné l'ordre à mes muscles. Je fermais les yeux et j'osais implorer le ciel pour que la période d'adaptation de Bella fût la plus courte possible.
Maintenant que j'avais gouté à ses charmes..que je connaissais le prix de cette perte (même temporaire), la tache me parut soudain bien plus ardue que ce que je lui avais laissé croire plus tôt…Voir irréalisable.
L'effet boomerang de mon siècle d'abstinence je supposais : Je ne voulais plus – je ne pouvais plus- me passer de ce dont je m'étais privé si longtemps !
Je frémis, réalisant que je devrais, de surcroit, endurer les railleries quotidiennes d'Emmet ou de Jasper, et surtout d'Alice au sujet de mon célibat forcée, et du reste… !
Prenant une profonde respiration, je reformulais une prière silencieuse…
A suivre..
A bientôt…J'espere que ce chapitre aura été a la hauteur de vos attentes...
Merci pour votre patience….(je ne peux hélas pas vous indiquer la date du prochain chapitre, mais je garde espoir en votre généreuse patience !)
Merci pour vos reviews !!!! MERCI , MERCI, MERCI !!!!
