Bonjour !

Me voilà de retour assez tôt avec le chapitre 20 qui sera probablement un des plus courts de toute l'histoire.

Contrairement aux autres, je me suis permis d'y ajouter un peu plus d'humour. Après tout, vous (normalement) trouverez les choses bien moins drôles dans les prochains chapitres. Cet arc sera probablement le plus sérieux de tous.

Réponse aux Guest :

Guest : Merci.

Abc : « Encore merci pour tout ce taff ». Ceci, très chère, est le genre de review qui me font bondir sur mon clavier, et écrire comme une possédée ^^ Non mais plus sérieusement, merci mille fois pour reconnaître les efforts que je fais, il n'y a rien de plus gratifiant à mes yeux. Dans tous les cas, je ferais encore plus de mon mieux désormais.


Chapitre 20

Hitomi contempla avec surprise les quelques piles de cartons éparpillés entre les meubles.

-Désolée, déclara Haruno Sakura en apparaissant au coin d'un mur. –Nous sommes toujours en plein emménagement…

Elle passa une main dans ses courts cheveux roses, et soupira avant de poser trois assiettes sur la table du salon.

Au-dessus de celle-ci, ce que la femme lui avait expliqué être un lustre, était suspendu.

-Ca ne me pose pas de problème, répondit Hitomi.

Bien décidée à se rendre utile, elle vint aider la femme à placer les couverts, et les verres, tout en ce demandant pourquoi il n'y avait que trois plats à la place de quatre. Uchiha Sasuke, le père de Sarada, n'était-il pas supposé rentrer manger ?

Elle s'apprêtait à poser la question lorsque la porte d'entrée claqua, et Sarada s'avança dans le salon, un sac d'épicerie dans chaque main.

-Je suis de retour, déclara-t-elle.

La jeune fille déposa son fardeau à même le sol.

-C'était bien de la sauce soja que tu voulais ? Demanda-t-elle à l'adresse de sa mère.

-C'était ça, sourit Sakura, merci ma chérie.

A la voir ainsi, si complices, Hitomi ne put empêcher son cœur de se serrer en se rappelant sa relation avec sa mère. Elle se souvenait avoir été aussi proche que Sakura et Sarada avant que la maladie ne les sépare.

Distraitement, elle s'empara d'une bouteille d'eau dont elle versa le contenu dans trois verres, tout en se remémorant les événements qui l'avaient menée à séjourner chez la famille Haruno-Uchiha.

Cela faisait environ une semaine qu'elle était arrivée dans le futur.

Ne sachant pas où la loger dans un premier temps, Naruto l'avait confiée à Konohamaru qui l'avait accueillie chez lui un moment.

L'homme vivait seul. Cela était plus qu'évident au vu des piles de linges qui jonchaient le sol, et à l'état de sa cuisine qui aurait probablement manqué de causer une crise cardiaque à son mentor.

Elle avait d'ailleurs plaisanté à ce sujet. Mais, la réaction à sa petite blague n'avait pas été celle attendue : Le ninja avait grimacé avant de détourner le regard, les poings serrés.

A vrai dire, il était loin d'être le seul à réagir ainsi à la mention d'Uchiha Madara. Il en était de même pour Yamanaka Ino, Uzumaki Naruto et un homme nommé Nara Shikamaru qu'elle avait rencontré récemment.

D'après ce qu'elle avait compris, il était une sorte de conseiller de l'Hokage. Un peu comme son professeur et Tobirama s'était dit Hitomi.

L'homme avait d'ailleurs été chargé de trouver des informations pour la renvoyer dans le passé. Du moins, c'était ce qui lui avait été dit. Elle soupçonnait en réalité le shinobi d'avoir mis à la tête d'une équipe restreinte de ninjas, partit à la recherche de la tache d'encre douée de parole qui l'avait transporté ici.

D'ailleurs, c'était pour cela que, ce soir-là, elle était accueillie chez Haruno Sakura : Konohamaru était en mission pour plusieurs jours et, d'après l'Hokage actuel, il était hors de question de la laisser seule.

Bon… Elle devait admettre que c'était un peu de sa faute : Lorsque le jônin avait voulu avoir un aperçu de ses compétences en tant que kunoïchi, elle n'avait pas hésité une seconde à tenter la technique du « Katon » qu'avait essayé de lui enseigner Madara avant les examens chunins.

Malheureusement, son excès d'enthousiasme avait fini par lui faire brûler une bonne partie du terrain d'entraînement qu'ils occupaient.

Si Boruto et Sarada avaient été impressionnés par sa puissance dévastatrice, (selon elle) il n'en était pas de même pour Konohamaru qui avait reporté cela à Uzumaki Naruto.

D'où le fait que l'Hokage ait demandé à Haruno Sakura de la garder. La femme avait été mise au courant avec un homme aux cheveux argentés, et portant un masque lui dissimulant une bonne partie du visage, de la véritable identité d'Hitomi.

Car après tout, aux yeux du village, elle n'était qu'une immigrée venant d'Iwa.

-Hitomi ? Tu veux un peu de sauce ?

La voix de Sarada la sortit de ses pensées.

Prit de court, elle se tourna vers l'adolescente pour découvrir que celle-ci lui tendait une petite bouteille de sauce piquante.

-Euh… Non ça va aller !

Hitomi sourit maladroitement à sa nouvelle amie qui haussa les épaules. Sakura profita alors de ce moment pour engager la conversation :

-Hitomi… Commença-t-elle, si tu nous parlais un peu de toi ?

L'adolescente cligna des yeux.

-Pourquoi pas… Marmonna-t-elle en détournant le regard. Mais qu'est-ce que vous voulez savoir ? Vous prétendez déjà tout connaître sur le passé…

Il y avait un ton accusateur dans sa voix. Pourtant, la femme ne parut pas s'en rendre compte. Le contraire de Sarada qui fronça les sourcils.

-Eh bien, dit Sakura en posant sa fourchette sur le coin de ton assiette. –Si tu nous parlais un peu de ta famille ? Je suppose déjà que ton… Professeur ne doit être quelqu'un de très tendre.

Hitomi sentit ses mains se serrer sur ses couverts, tandis qu'une grimace venait tordre son visage.

A chaque fois que quelqu'un parlait d'Uchiha Madara, c'était pour le dénigrer.

La seule personne qui cherchait à en savoir plus de manière partiale sur lui, était Sarada.

-Très bien, susurra-t-elle alors d'une voix mielleuse. –Laissez-moi donc vous racontez comment mon père adoptif, après la mort de ma mère, a décidé de me marier de force à un inconnu une fois que nous aurions quittés Konoha.

Des « Quoi ?! » horrifiés retentirent soudain dans toute la salle de séjour. Des visages livides furent alors tournés dans sa direction.

-Eh oui ! Déclara Hitomi en se réjouissant intérieurement de leurs expressions médusées. –De mon temps c'était comme ça ! Ce n'est pas comme aujourd'hui, à votre époque, où je vois des femmes indépendantes, et des kunoïchis partout.

-Par Rikudo, jura Sakura en portant une main à sa bouche.

-Et qu'est-ce qui s'est passé du coup ? Lui demanda Sarada. –Tu n'as pas quitté le village. C'est évident.

-En effet, approuva Hitomi, c'est d'ailleurs Uchiha Madara qui m'a sortie de ce mauvais pas.

Elle marqua une pause, écoutant avec ravissement les hoquets de stupeur qui retentirent, avant de reprendre :

-Après cela, il m'a invitée à vivre chez lui. Pour faire simple, il m'a recueillie et est devenu mon tuteur.

-Tu vis avec lui ? S'étrangla Sakura.

La femme paraissait estomaquée. Il était plus qu'évident qu'elle ne la croyait pas. Ou plutôt, ne voulait pas la croire. Elle devait être une de ces personnes qui avaient participé à la quatrième grande guerre shinobi, songea Hitomi en fronçant les sourcils.

-Oui, répondit-elle, un instant plus tard. –Nous vivons ensemble dans une petite maison au fond de la forêt.

-Juste vous deux ?!

-Non, il y Nadja, son horrible oiseau de compagnie, et Thorn son invocation : Un porc-épic.

L'unique adulte de la pièce se laissa tomber contre le dossier de sa chaise.

-Pourquoi le fait qu'il ait été le chef d'une équipe de génin n'a jamais été reporté dans les archives ? Murmura-t-elle.

-Peut-être parce que vos archives, et ce qui est dit sur Uchiha Madara, est faux ? Suggéra Hitomi.

Sakura se redressa brusquement.

-Ce n'est pas faux ! S'exclama-t-elle. –J'ai moi-même vu ce que Madara a fait durant la quatrième grande guerre ! Ce n'est pas une mauvaise blague Hitomi. Ton professeur à bien failli tous nous mener à notre perte !

-Il doit y avoir méprise !

-Méprise ?!

Hitomi sursauta, tout comme Sarada : Sakura venait d'abattre son poing sur la table qui s'était fissurée sous l'impacte. Tétanisée, l'adolescente observa avec choc la femme lever sur elle un regard absolument terrifiant.

-Je sais ce que j'ai vu, gronda-t-elle rageusement, peu importe ce que Madara pensait être le meilleur. Le fait est là : Il s'est trompé et a fini par croire que la fin justifiait les moyens. Au final, il s'est de lui-même mené à la mort.

-Maman !

La voix de Sarada dissipa la tension de la salle, tel un vent printanier. Les yeux brillants derrière ses lunettes, la jeune fille soupira longuement :

-S'il te plaît, souffla-t-elle, ne va pas détruire l'appartement comme tu l'as fait avec notre maison.

-Quoi ? Balbutia à mi-voix Hitomi, incrédule.

Elle ne fut pas entendue.

Sakura, quant-à-elle se rembrunit, puis laissa ses épaules s'affaisser alors qu'elle ramassait les assiettes désormais vides.

-Tu… Tu as raison, bredouilla-t-elle. –Je me suis emportée, je l'avoue…

Tout en disant cela, elle jeta un coup d'œil coupable sur la table de bois, quasiment fendue en deux.

-Je suis fatiguée, reprit-elle, je vais aller me coucher. Tu ferais mieux de faire de même Sarada. Demain tu as promis à Hitomi de lui faire visiter le village.

Sans attendre de réponse, elle se dirigea ensuite vers la cuisine où elle disparut, ne laissant que derrière elle l'écho de ses scandales à talons.

Ébranlée, Hitomi resta un long moment silencieuse jusqu'à que sa nouvelle amie lui fasse signe de la suivre.

-Excuse ma mère, lui dit-elle en l'entraînant dans le couloir. –Elle, comme beaucoup d'autres ninjas, n'aiment pas trop parler de la guerre.

-Je vois…

-Ça doit être dur, ajouta Sarada, avec compassion, tout en poussant la porte de sa chambre. –Je ne peux pas imaginer à quel point ce doit être déroutant pour toi.

L'adolescente hocha la tête, toujours secouée par les événements récents.

-Si tout ce que ta mère à dit est vrai… Marmonna-t-elle. Est-ce que ça veut dire que Madara-sensei va devenir un déserteur à mon époque et commettre tous ces crimes ?

-Ne saute pas aux conclusions, lui déclara Sarada.

La kunoïchi venait de s'asseoir sur un petit lit aux draps rouges, face à un petit bureau où un étrange objet rectangulaire était posé.

-Su tu veux, ajouta-t-elle, nous pourrions aller chercher des informations sur Uchiha Madara à la bibliothèque. Tu pourras ainsi te forger ta propre opinion.

-Tu penses ?! Haleta Hitomi.

-Bien sûr. Mais ce ne sera que demain : Il se fait tard et nous ferons mieux de dormir.

Tout en disant cela, elle s'agenouilla à même le sol avant de tirer un futon de sous son lit, qu'elle installa au sol. Une seconde plus tard, elle lui jetait un pyjama blanc qu'elle avait trouvé dans son placard.

Sans ressentir la moindre gêne, Hitomi se changea face à la jeune fille et s'effondra sur son lit de fortune.

-Dis…Commença-t-elle tandis que Sarada se glissait elle-même sous ses draps. –Tu penses qu'on trouvera un moyen de me renvoyer à mon époque ?

-Si tu es venue, tu peux probablement repartir, bailla l'adolescente. Si ça peut te consoler… Imagine un peu la tête de Boruto lorsqu'il découvrira que nous allons à la bibliothèque.

A ces mots, les deux jeunes filles gloussèrent.

Ensuite, elles se turent et, petit à petit, laissèrent le sommeil les emporter.

Cette nuit fut la première où Hitomi pu dormir paisiblement depuis son arrivé dans cette ligne temporelle.

Le matin, par contre, fut beaucoup plus mouvementé :

A peine Sakura quittait son appartement pour se rendre à l'hôpital où elle travaillait, que quelqu'un se mettait à tambouriner à la porte.

Intriguées, Sarada et Hitomi se concertèrent du regard, avant que la première ne se dirige vers l'entrée et tourne la poignée.

Elles furent accueillies par la vision de Boruto, Mitsuki, et trois autres adolescents qu'Hitomi ne reconnut pas.

L'un d'eux était blond platine et avait la peau blanche crayeuse, la seconde était une jeune fille métisse boulotte aux cheveux roux, tandis que le dernier était probablement le fils de Nara Shikamaru à voir leur ressemblance.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Sarada.

Ce fut le jeune Nara qui répondit. Ses yeux se portèrent sur Hitomi, la fixant avec insistance, avant qu'il se décide enfin à ouvrir la bouche :

-Le septième Hokage nous a envoyé te chercher, dit-il sans détourner le regard. Il m'a dit de te dire que des gens de chez-toi étaient venus te récupérer.

.

oOo

.

Madara fronça les sourcils.

Groggy, il entrouvrit un œil pour découvrir qu'il voyait flou, et qu'une étrange brume verdâtre l'entourait.

Il y avait également un son. Un son semblable à celui que la respiration d'une imposante créature monstrueuse produirait.

Confus comme jamais, il tenta de redresser pour subitement interrompre tout geste lorsque l'humidité envahit ses vêtements.

Cette fois, ses yeux s'ouvrirent grands et larges, lui permettant de distinguer clairement les alentours. Il constata au passage qu'il était, apparemment, couché dans une eau vaseuse haute d'une vingtaine de centimètre.

Le dégoût lui tordit les tripes et, d'un coup, il était de nouveau sur ses pieds.

-Mes cheveux ! S'exclama-t-il.

Il en attrapa une poignée, et s'aperçut que ceux-ci étaient aussi humides que ses vêtements.

Avec un sifflement exaspéré, il les jeta par-dessus son épaule. Il s'apprêtait à marmonner des jurons dans sa barbe lorsque son regard fut attiré par une immense forme sombre enfermée derrière d'imposants barreaux rouges.

Son cœur rata un battement.

-C'est seulement maintenant que tu me remarques, pathétique humain ? Gronda le Kyuubi.

L'écho de sa voix résonna longuement dans la pièce semblable à un égout.

Vu d'aussi près, l'animal lui paraissait encore plus colossal. Sa large stature décrivait une ombre au sol qui engloutissait Madara, tandis que ses yeux rouges luisaient sinistrement dans la pénombre.

-Kyubi… Murmura l'homme. Qu'est-ce que je fais ici ?

N'était-il pas supposé avoir voyagé dans le futur accompagné d'Hashirama ?

Les neuf queues du renard s'agitèrent simultanément. L'animal retroussa alors les babines, révélant une rangée de crocs acérées.

-Tu t'es évanoui apparemment, déclara-t-il. Mais je pense que tu es arrivé à destination… Le chakra naturel qui habite ces terres est différent… Comme amoindri à vrai dire…

Ce fait ne semblait pas le réjouir à voir son museau plissé.

Il reprit :

-Je n'aime pas ça… Je sens également une menace…

-Une menace ? Répéta Madara.

Oubliant totalement les risques qu'il courait, le ninja pataugea jusqu'à la cage sur laquelle il posa une main.

Les oreilles du Kyubi s'inclinèrent dans sa direction.

-Oui… Gronda-t-il, une menace… Bien que j'en ignore la nature, elle est là, bien plus proche que l'on pourrait le croire…

Il se tut un instant, et darda ses gros yeux sur lui.

-J'ai hâte qu'elle soit sur toi, ricana-t-il.

Le shinobi grogna.

-Je vois que tu espères que je meure.

-Bien sûr, je te déteste après tout.

-Tu détestes tous les humains de toute manière…

Deux des queues du renard fouettèrent l'air.

-Oui mais toi davantage, renifla-t-il. De plus que j'ai l'impression de t'avoir déjà rencontré auparavant… Avant même que tu me scelles en toi.

Madara sentit un frisson lui parcourir l'échine.

Soudain, il se demanda s'il était possible que le Kyubi, tout comme Zetsu, ait hérité de ses souvenirs du futur. Après tout, la créature avait été une part du Juubi dont il avait été le jinchuriki. Il y avait donc une possibilité, aussi infime soit-elle, que celui-ci puisse se rappeler du futur.

Si c'était le cas, l'Uchiha ignorait s'il pourrait résister à la rage aveugle qui posséderait alors la créature.

-Tu t'imagines des choses, répondit-il du tac au tac.

Le Kyubi plissa les yeux.

-Seul l'avenir me le dira, grogna-t-il finalement. –Mais sache que si je découvre que tu m'as menti… Alors je ferais tout mon possible pour rompre ce sceau et posséder ton corps.

Un rire macabre se répercuta soudain contre les murs de la salle.

-Bien sûr, la première personne que je tuerai sera évidemment cet humain qui contrôle la nature…

-Hashirama… Murmura Madara.

-Peux-tu l'imaginer ? Ronronna le renard. Le visage que ferait cet homme en s'apercevant que son meilleur ami tentait de l'assassiner ?

Oui, il pouvait l'imaginer. Facilement même.

Il avait déjà essayé de le tuer à de nombreuse reprise, et savait pertinemment quel visage avait fait Hashirama lorsqu'il avait réalisé que son précieux compagnon d'arme se retournait contre lui, contre leur rêve, et attaquait le village qu'ils avaient créé ensembles.

Madara s'en souvenait que trop bien.

-La ferme… Chuchota-t-il.

Il redressa brusquement la tête, et écarta d'un revers de main sa frange mouillée pour révéler son second œil où le sharingan avait fait une apparition.

Deux regards, aussi rouges que la braise, s'affrontèrent.

-Je te laisserai pas faire, cracha Madara.

-Oh ? Fit le renard. –Tu me défies ?

-Autant de fois qu'il le faudra.

Il y avait de l'électricité dans l'air. Une lourdeur qui aurait fait se recroqueviller sur elles même de nombreuses personnes si celles-ci avaient assistées à la scène.

Mais pas Madara. Ni le Kyubi d'ailleurs.

Les deux se fixaient en chien de faïence, déterminés à faire céder l'autre.

Finalement, au bout de ce qui parut être une éternité, voyant que ce manège n'aboutirait à rien, le ninja fut le premier à détourner les yeux.

Or, avant même que le bijuu ait le temps de crier victoire, il prit la parole :

-Je quitte cet horrible endroit ! S'exclama-t-il en croisant les bras.

D'abord perplexe, le Kyubi finit par incliner la tête.

-Je te rappelle qu'il s'agit de ton monde intérieur, persifla-t-il, moqueur.

-Sûrement pas, nia farouchement Madara en secouant la tête, c'est l'intérieur du sceau. Aucune chance que mon esprit soit représenté par un égout pareil.

-Vu ton caractère, je dirais pourtant que c'est fort probable.

L'homme se crispa :

-Pardon ? Gronda-t-il dangereusement.

Le Kyubi se contenta de renifler dédaigneusement.

-Tu es le cafard le plus impétueux et agaçant que j'ai eu la chance de rencontrer, dit-il en se retournant.

Seules ses neuf queues demeurèrent visibles.

-Fiche donc le camp si c'est ce que tu souhaites, ajouta-t-il, mais ne t'avise plus à venir m'importuner.

-J'y compte bien ! Répliqua Madara, faisant à son tour volte-face.

Il ferma alors les yeux, priant pour qu'il puisse se réveiller dans les prochaines secondes.

Cependant, au moment où il pensait enfin réussir à regagner le monde réel, la voix grave du renard résonna une dernière fois :

-Une dernière chose, dit-elle alors que Madara pouvait sentir sa conscience vaciller. -Tes cheveux ne seront jamais aussi beaux que ma fourrure.

.

oOo

.

Son second réveil fut bien plus agréable.

En effet, Hashirama lui maintenait le haut du corps au-dessus du sol, un bras derrière ses épaules. Le visage de l'homme planait au-dessus du sien, et il y voyait toute la préoccupation du monde.

En apercevant ses yeux ouverts, l'Hokage lâcha une petite exclamation avant de le tirer davantage contre lui.

-Je suis désolé ! Débita-t-il à toute vitesse. C'est de ma faute si tu as perdu connaissance.

-Hein ? Marmonna Madara.

Il se redressa légèrement, bien qu'Hashirama le soutienne toujours, et jeta un coup d'œil autour de lui pour découvrir qu'il se trouvait dans une forêt à la végétation luxuriante.

-Nous sommes tombés du ciel, l'éclaira son ami. Malheureusement pour toi, je me suis écrasé sur toi… Je t'ai brisé deux côtes et tu t'es évanoui dans la seconde.

Il se mordit la lèvre :

-Je suis désolé, répéta-t-il en inclinant la tête.

Madara cligna des yeux.

-Pas de soucis, dit-il, je n'ai pas mal. Je suppose que tu m'as déjà soigné.

-Oui, mais ça n'excuse pas le fait que je t'ai écrasé.

L'ex-tête de clan roula des yeux.

-Je t'ai dit que c'était bon ! Feula-t-il pour aussitôt se sentir coupable lorsque son ami se recroquevilla.

L'homme avait l'air tout bonnement abattu.

Madara soupira puis, prit d'une soudaine pulsion, tendit la main vers Hashirama et replaça avec douceur une mèche de cheveux auburn derrière son oreille.

-Désolé, maugréa-t-il sans réellement se rendre compte de ce qu'il faisait. Je n'aurais pas dû hausser le ton. Tu ne voulais que m'aider après tout.

Son compagnon demeura silencieux, les yeux écarquillés, et les lèvres entrouvertes.

-Hashirama ?

La voix de Madara parut le ramener à la réalité. Brutalement.

-Ah ! Euh… Oui ? Balbutia-t-il.

-As-tu vu le kunaï, ou même une trace d'Hitomi ? S'enquit l'Uchiha en se demandant distraitement ce qui pouvait bien mettre son ami dans cet état.

Hashirama se racla la gorge :

-Je n'ai rien vu, déclara-t-il.

-Il ne doit pas être loin pourtant…

Madara se glissa hors de la portée de l'Hokage, et se mit à arpenter la clairière de long en large jusqu'à finalement s'arrêter devant un arbre.

Il fut à peine étonné de trouver le kunaï planté à même l'écorce. L'opposé d'Hashirama qui haleta bruyamment :

-Il est là ! S'exclama-t-il en se précipitant dessus.

D'un geste vif, il l'arracha du tronc.

-Que pouvait-il bien faire ici ? Se demanda-t-il.

-Quelque chose me dit que c'est Hitomi qui l'a mis ici… Grommela Madara.

-Tu penses ?

-Je ne pense pas, j'en suis sûr.

Il pouvait facilement imaginer la jeune fille planter l'arme dans l'arbre dans un accès de rage.

-Madara… Commença Hashirama, cela fait une semaine qu'elle a disparu… Tu penses qu'elle pourrait se trouver à Konoha ? Du moins celui de ce temps ?

Madara grimaça.

-C'est une possibilité… Murmura-t-il entre ses dents.

D'un geste fébrile, il attrapa le kunaï qu'Hashirama tenait, et le fourra sans cérémonie dans un des plis de son yukata.

-De toute manière, nous le découvrirons assez tôt, ajouta-t-il.

Sans donner plus de détail, il plongea de nouveau sa main dans ses vêtements, et en tira un minuscule parchemin de scellement.

-Qu'est-ce que c'est ? L'interrogea l'Hokage.

-Notre valise, idiot, rétorqua Madara.

-Notre valise ?

L'homme leva les yeux au ciel. Pourquoi avait-il accepté d'être accompagné d'un crétin pareil ?

-C'est un rouleau de stockage, soupira-t-il. Il a été modifié par Mito pour que nous puissions y transporter plus de choses à la fois. J'y ai rangé nos armures, des vêtements, nos armes tel que mon gumbai, ma faux, et cette épée géante que tu agites dans tous les sens sur le champ de bataille.

-Je ne l'agite pas en tout sens ! S'indigna Hashirama avant de sembler réaliser ce que l'ex-tête de clan venait de lui dire.

-Attends! S'exclama-t-il, bouche-bée. Tu es en train de me dire que tu as mes affaires là-dedans ?

Madara hocha la tête :

-Bien sûr. grogna-t-il, te connaissant, je savais déjà que tu les oublierais et que tu débarquerais à cette époque sans rien. Je n'avais pas tort d'après ce que je peux voir.

Un rire nerveux échappa à l'Hokage. L'homme passa une main derrière sa nuque, une expression penaude sur le visage.

-Que ferais-je sans toi, plaisanta-t-il.

-Rien. Tu serais probablement mort, enterré sous une pile de document administratif.

Contre toute attente, au lieu de se mettre à gémir comme l'Uchiha l'avait initialement prévu, l'homme éclata de rire.

-Je ne peux pas contrer cet argument, gloussa-t-il en essuyant quelques larmes d'hilarité. -Sinon, reprit-il, comment as-tu su où étaient mes affaires ? J'ai tendance à les éparpiller un peu partout dans ma chambre.

-J'ai demandé à Tobirama de me montrer, répondit Madara d'une voix blanche.

Il était toujours troublé par l'image radieuse qu'il avait eue de son ami.

-Il m'a aussi proposé de prendre le thé, enchaîna-t-il pour faire bonne mesure. -Mais j'ai refusé. Je pense sérieusement qu'il voulait m'empoisonner.

-Du Tobi tout craché… Soupira l'Hokage.

-En effet, approuva Madara.

Ensuite, il ouvrit le rouleau.

-J'ai quelque chose qui pourrait nous aider à retrouver Hitomi, marmonna-t-il en se mordant un doigt qu'il passa contre le papier.

Immédiatement, une bouffée de fumée les entoura et, lorsqu'elle se fut dissipée, l'ex-tête de clan tenait entre ses mains une chemise blanche.

-Ceci, déclara-t-il à l'adresse d'Hashirama, appartient à Hitomi. Je vais invoquer Thorn pour qu'elle suive sa trace.

-Oh, je vois ! S'exclama l'Hokage avec enthousiasme. Avec son flair elle la retrouvera en moins de deux !

Ravi que son ami partage son avis, Madara sourit avant d'effectuer le sceau d'invocation et plaqua sa main à terre.

Pour la deuxième fois consécutive, un nuage de fumée envahit la clairière.

Les deux hommes attendirent avec impatience de celui-ci disparaisse, pressé de voir l'animal.

Ils déchantèrent très vite.

-Vous z'êtes qui ? Demanda une chose qui aurait pu être Thorn, une centaine d'années plus tard.

Hashirama et Madara ouvrirent la bouche, la refermèrent, puis l'ouvrirent de nouveau sans qu'aucun sons n'en sorte. Figés comme des statues, ils observèrent avec abasourdissement le plus vieux porc-épic qui leur ait été donné de voir de toute leur vie.

Debout sur ses pattes arrière, la créature serrait une canne en bois entre deux pattes aux articulations noueuses, et aux griffes à moitiés brisées. Sur son museau, une paire de lunette aux verres ronds et épais avait été posée, tandis que sur sa tête était perché une sorte d'hideux chapeau rose que portait uniquement les grands-mères de conte de fée.

-Z'êtes qui ? Répéta l'invocation.

Une de ses dents était manquante.

-Tho… Thorn ? Parvint enfin à bredouiller Madara.

-Non le pape ! Non mais sérieusement, vous z'êtes qui ? Pourquoi z'avez pu m'invoquer les mioches ? Seul Uchiha Madara le peut, mais il est mort.

-Mort ?! S'étrangla Hashirama, l'air horrifié.

-Crétin ! L'apostropha immédiatement l'ex-tête de clan. –Bien sûr que je suis mort ! Nous sommes une centaine d'années dans le futur !

L'Hokage se détendit.

-Oh ! Fit-il avec soulagement. J'avais oublié.

-Futur ? Répéta Thorn avant plisser les yeux. –Attends… Marmonna-t-il, ta tronche me dit quelque chose à toi…

Elle resta un moment silencieuse, le scrutant de la même manière qu'on le ferait avec une bête de foire.

-Par le string du premier Hokage ! Hurla-t-elle finalement en fronçant le museau. Mais c'est toi ! Tu es Madara !

-Par… par le quoi ?! S'étrangla Hashirama, les yeux ronds comme des soucoupes. Il se tourna ensuite vers son ami :

–Rassure-moi…. Bégaya-t-il, ce n'est quand-même pas une expression récurrente à cette époque quand-même !

Madara se contenta de lui jeter un regard suspicieux.

-Toutes rumeurs ont une part de vérité, commenta-t-il, laconique.

-Ne me dis pas que tu crois que je porte un…

-Donne-moi ta recette de crème antirides ! Brailla soudain Thorn.

Les deux hommes sursautèrent de concert.

Pris de court, ils reportèrent leur attention vers le porc-épic qui les menaçait de sa canne.

-Je me fiche de savoir qui t'a réanimé d'entre les morts, encore,grogna-t-elle d'une voix chevrotante. Je veux juste savoir quel crème antirides, ou fond de teint, tu utilises pour cacher les fissures de l'edo-tensei.

Hashirama se tendit :

-Edo-tensei ? Murmura-t-il.

Soudain, il paraissait bien pâle, si bien que Madara décida de changer de sujet de crainte que Thorn ne lâche une information compromettante.

Cela était dur à admettre, mais il devait avouer avoir fait une énorme bêtise en invoquant l'animal. Comme un idiot, il avait bêtement supposé que la Thorn de son époque, celle qui vivait avec lui, apparaîtrait à sa demande.

Il avait juste négligé un détail : Il se trouvait dans le futur. Dans un futur où, après avoir perdu Izuna, il n'avait jamais ré invoqué le porc-épic, allant même jusqu'à oublier son existence.

Pas étonnant que Thorn ne paraisse pas très enchantée de le voir.

Éreinté mentalement, il allait se passer une main lasse sur le visage lorsqu'une douleur aigüe lui vrilla la jambe.

Il n'eut pas besoin de baisser la tête pour comprendre que l'invocation venait de le frapper avec sa canne.

-Alors, ce fond de teint, insista-t-elle, tu me le passes ?

-Je n'en porte pas, rétorqua Madara en plissant le nez.

-Menteur !

Elle le frappa de nouveau et seul le regard d'Hashirama (lui hurlant qu'on ne faisait pas de mal aux personnes âgées) le retint de lui rendre la pareille.

-Donne-le-moi ! Cria Thorn.

-Oh mon dieu, bredouilla l'Hokage tandis que l'animal continuait à s'acharner la jambe, elle est gâteuse !

Le porc-épic tourna brusquement la tête dans sa direction.

-Tu as du gâteau ? Demanda-t-elle, tout à coup, avec espoir.

-Hein? Non !

-Alors pourquoi tu me dis que tu as du gâteau, vilain garnement !

-J'ai dit gâteux, pas gâteau !

-Si tu l'as dit !

-Mais non !

-Chut ! Les interrompit Madara, soudain alerte.

Ses oreilles avaient capté un son de pas, et il sentait un chakra curieusement familier se diriger droit sur eux.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda Hashirama en venant se poster à ses côtés.

-Quelqu'un vient, répondit l'ex-tête de clan.

Ses yeux étaient rivés sur l'orée de la clairière, où les feuillages des buissons venaient de se mettre à s'agiter.

Tendu comme jamais, Madara guettait le moment ou la personne détentrice du chakra en émergerait.

Il n'eut pas à attendre longtemps : Une fraction de seconde plus tard, un homme tout vêtu de noir entrait lentement dans la clairière.

L'ex-tête le reconnu instantanément, et une peur abjecte l'envahit tandis que son sang se glaçait dans ses veines.

Figé, il observa avec une horreur muette un Uchiha Sasuke, âgé visiblement d'une trentaine d'année, marquer à son tour un arrêt alors que son seul œil visible, qui n'était pas recouvert par ses cheveux, s'arrondissait progressivement jusqu'à atteindre d'impressionnantes proportions.

Il resta muet.

De toute manière, que pouvait-il dire ? Songea Madara qui, actuellement, était en train de se demander s'il devait paniquer ou bien partir dans une crise d'hystérie.

Il envisageait très sérieusement la deuxième option, lorsqu'Hashirama se pencha vers lui :

-Hey, dit-il à voix basse, je ne veux pas casser l'ambiance… Mais je lui trouve un air de famille avec toi.


Et c'était le chapitre 20 !

Bon, je passe vite fait aux Commentaires en vrac qui seront très très courts cette fois-ci (j'ai quelque chose dont je veux vous faire part après) :

-Alors déjà…Concernant le thé qu'a proposé Tobirama à Madara… Il n'y avait pas versé du poison contrairement à ce que beaucoup pensent...

-En vérité, il y avait glissé du laxatif.

-Il a vraiment été déçu lorsque Madara a refusé.

-Sinon… Une dernière chose.

-Le rouleau de scellement qu'a confié Mito à Madara… Ben c'était le sien à l'origine. Comme le découvrira plus tard notre personnage principal, elle y aura oublié des choses à l'intérieur, tel que :

1) De la lingerie.

2) Un paquet de chips.

3) Un kunaï peint en rose où elle aura écrit « Mito + Toka 4ever » (Elle était bourrée ce jour-là)

4) Un prototype de lettre d'amour destiné à Toka dont je vous présente le contenu :

Chère Toka

Tu savais que Madara avait un beau cul ? (Je l'ai vu à poil). Mais pas autant que le tien, rassure-toi. Veux-tu m'épouser ?

Bisous sur les fesses.

Ta Mito qui t'aime.

-… Ai-je besoin de préciser qu'elle était ivre mort quand elle a écrit ça ? Elle venait de s'enfiler dix tonneaux de bibine aux frais d'Hikaku.

-Bref, c'est tout pour aujourd'hui.

Comme je l'ai dit précédemment, je veux vous parler de quelque chose.

Les reviews.

(Je vous vois déjà rouler des yeux derrière vos écrans)

Je trouve que, franchement, pour le mal que je me donne sur cette fanfic (+ le mal que se donne la béta pour corriger, ne l'oublions pas) il n'y en a pas suffisamment. A vrai dire, il n'y en a vraiment pas beaucoup par chapitre.

Je ne veux pas paraître suffisante, mais pour une histoire avec un scénario qui tient à peu près la route, et un texte travaillé, le nombre de commentaires ne paraît pas en adéquation avec le type de lecture que je vous offre.

A vrai dire, c'est hautement frustrant d'écrire des chapitres de 10 000 mots (ultra longs à corriger, signé la béta XD) pour n'obtenir qu'un nombre réduit de reviews en retour. C'est assez décourageant même.

J'aime vraiment écrire cette fic, et j'y investis un temps non négligeable. Chaque commentaire que je reçois, en particulier ceux constructifs, me pousse à écrire davantage, et m'encouragent à me rapprocher de plus en plus de la fin de cette histoire.

Je ne vous demande évidemment pas de mettre une review à chaque fois. Mais si la moitié des lecteurs écrivaient, ne serait-ce, qu'un seul commentaire dans toute la fic, je n'aurais pas eu besoin de dire tout cela.

Vous vous dites peut-être « Les autres le feront pour moi », mais en réalité, il n'y a rien de plus faux. Si tous pensaient de cette manière, alors le monde serait paralysé.

Voilà, c'est tout ce que j'avais à vous dire. J'espère juste que mon message aura réussi à toucher quelques personnes. ^^

=Hélas, le monde de la fanfiction est ainsi, c'est de la lecture en libre service, et la communication ne va que dans un sens, les lecteurs n'ont pas envie de se donner la peine de remercier l'auteur du plaisir qu'il leur procure. C'est de la lecture gratuite, offerte par l'auteur qui y passe du temps et y met son cœur et c'est effectivement dommage que le ratio nombre de lecteurs / nombre de commentaire soit si bas (tu peux laisser ce commentaire si tu veux pour la publication).
La Bêta.