Je sais, je sais, je sais. Halloween est passé depuis près d'un mois... Mais je n'ai guère eu le choix, si vous saivez... Entre pannes d'ordinateur intempestives et pannes d'Internet carrément frustrantes, je n'ai pas eu l'occasion de publier comme je voulais. En plus, pour tout vous dire, j'avais décidé de mettre fin à ce Recueil. Mais l'inspiration m'a sauté dessus comme une bête sauvage et je n'ai pas pu lui résister, vous me connaissez... :) Enfin, voilà où nous en sommes, le Recueil ne prend pas encore fin, et il me reste quelques récents OS à vous faire partager ! Alors, en espérant que vous serez toujours au rendez-vous pour me faire part de vos précieux avis, je vous laisse à votre lecture, en souhaitant qu'elle vous soit agréable ! Amicalement,
SweetDreameuz.


- Ziva, Ziva, Ziva. Ces deux dernières années au NCIS-

- Trois années, Tony.

- Trois dernières années au NCIS ne t'ont donc rien appris ?

- Ah, qu'est-ce qu'elle sont sensées m'avoir appris ?

- J'ai l'impression de me répéter tous les ans, ma chère partenaire. Que le soir d'Halloween réserve bien des surprises. Ne crois pas pouvoir t'en tirer comme ça avec une gentille soirée déguisée entre amis. Il reste deux heures avant de quitter. Si on quitte.

- Tony…

- Nan, je crois que tu te souviens pas bien. Halloween 2006 : on nous appelait en nous informant de l'attaque du Général Cutler et de la présence d'squelette mort dans son salon. Halloween 2007 : on était appelé sur le Chimera, un bateau fantôme délaissé par les membres d'équipage.

- Mais tout cela ne s'est révélé qu'être des coïncidences, Tony. Le squelette n'était qu'un déguisement et le bateau n'avait rien de fantomatique. Tu fantasmes.

- Je serais toi, je me méfierais quand même, quant à ce qui va nous tomber dessus cette année, ajouta-t-il dans un murmure.

Il s'éloigna et prit place à son bureau de façon désinvolte, prit un rapport et s'installa confortablement dans son siège comme s'il lisait un bon roman. Elle le fixa du regard quelques secondes encore, puis reporta son attention sur son propre travail. McGee et Gibbs étaient absents et les deux agents étaient donc seuls dans les bureaux, les lumières diminuées, comme d'habitude à l'approche de la fin de journée. Ne restaient que leurs deux lampes de bureau, dernières résistantes à l'obscurité environnante. De nombreuses minutes plus tard, alors qu'aucun des deux ne s'y attendait, le téléphone de Gibbs sonna. Tony sursauta et manqua de tomber de sa chaise, tandis que la jeune femme restait comme à son habitude impassible. Il se leva nonchalamment et se dirigea, rapport en main vers le bureau de son supérieur.

- Bureau de l'Agent Spécial Gibbs, annonça-t-il.

De sa place, la jeune femme put entendre un assourdissant mélange de voix monstrueuses, et qui ne manqua pas de faire sursauter son partenaire qui venait probablement de perdre l'ouïe.

- Je n'y manquerai pas.

Il raccrocha en se frottant les oreilles. Il jeta un regard à sa partenaire en marmonnant.

- Je te l'avais bien dit.

Elle étouffa un petit rire en l'observant regagner sa place.

- Oui, c'est vrai que c'est surprenant, un soir d'Halloween.

- Moque-toi.

Le restant de la soirée passa tranquillement, et lorsque Gibbs fit irruption dans la pièce, Tony sursauta et prit son sac, visiblement prêt à partir pour une affaire. Au lieu de ça, son supérieur s'assit à son bureau et lança aux deux agents qui restaient :

- Vous pouvez y aller, vous deux.

Il reposa lentement son sac.

- Quoi ? Pas de nouvelle affaire ?

- Non, DiNozzo, mais j'ai pas mal d'idée pour te garder ici ce soir si tu veux.

- Non, ça ira, dit-il précipitamment en reprenant son sac pour rejoindre Ziva qui, elle, était déjà près de l'ascenseur.

Gibbs sourit en le voyant partir à grands pas rapides vers sa coéquipière.

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- Ziva, tu m'avais dit que tu étais quasiment prête…

- C'est le cas.

- Mais ça fait ¼ d'heure déjà.

- C'est pour ça que je t'ai demandé d'arriver ¼ d'heure en avance, Tony.

- Pour que j'attende ?

- Non, parce que j'étais quasiment sûre que tu serais en retard.

- Et tu t'es trompée.

- Et je me suis trompée, répondit-elle en sortant de la salle de bain.

- Oui, mais…

Il s'interrompit en la voyant apparaître.

- Mais ?

- Mais… Ca valait le coup d'attendre.

Ses yeux étaient comme aimantés à elle, et il ne cessait de la fixer, et sans doute de la déshabiller du regard.

- Ziva, tu es… Absolument… Terrifiante.

- Oh, je prends ça comme un compliment. Merci. Abby m'a prêté quelques accessoires.

- Je vois ça, dit-il, complètement absorbé dans son observation.

Elle portait une courte robe de satin noir moulante qui ne révélait cependant que ce qu'il fallait avec des collants noirs et avait emprunté à Abby des grandes bottes montant au genou avec des talons à faire frémir n'importe quelle fashion-victim. Parées de divers accessoires noirs baroques, et faisait parfaitement illusion.

- Tu n'es pas mal non plus, dit-elle en l'observant avec attention.

Il était inévitablement déguisé en vampire, avec un costume sombre, agrémenté d'une cape au revers intérieur d'un rouge éclatant. Elle remarqua lorsqu'il revint enfin à la réalité avec un sourire qu'il avait même les canines pointues qui dépassaient.

- Vampire ?

- Dracula, pour vous servir, dit-il en faisant une révérence.

Elle sourit lorsqu'il lui tendit son bras, qu'elle prit pour se retenir en cas d'accident de talon…

Il frappa à la porte d'une luxueuse maison, et ne fut que légèrement surpris lorsqu'une fraise géante vint leur ouvrir en leur jetant une poignée de bonbons sur la tête et en hurlant d'un ton strident un « Joyeux Halloween, les jeunes !!! »

- Hey Adam !

- Tony ! Ca me fait plaisir de te voir ! Je croyais que tu ne venais pas. Ta tante Brenda m'a dit que u travaillerais sûrement.

- C'est ce que je pensais aussi jusqu'à y'a une heure.

- Formidable ! Entre donc ! Ouh, mais qui est cette resplendissante jeune femme que tu nous amènes là ?

- Pardon, je te présente Ziva, ma coéquipière.

- Enchanté, belle demoiselle.

- Moi de même, Adam, dit-elle en jetant un furtif regard à son partenaire qui lui-même la regardait, le regard brillant.

Elle avait bien fait de venir. Elle suivit Tony dans le hall d'entrée, et fut introduite dans le salon par le fameux Adam, légèrement maladroit dans son costume de fraise géant pour le moins encombrant.

- Tout le monde, je demande votre attention ! Nous avons ce soir la visite surprise de demandeurs de bonbons un peu spéciaux. Je vous présente donc Tony, mon cousin, et sa fiancée, Ziva.

- Ma partenaire, pas ma fiancée, Adam.

- Pardon, sa partenaire, corrigea-t-il en mettant l'accent sur le mot partenaire.

Tony fit un vague signe de la main aux autres invités, qu'il ne connaissait pas plus que ça. Puis, Adam invita les autres à continuer de s'amuser et le brouhaha reprit aussitôt. Une femme un peu rondelette s'approcha, vêtu d'une robe excentriquement dorée et d'un châle noir.

- Anthony !

- Tante Brenda ! Ca me fait plaisir de te voir, dit-il en se baissant pour l'embrasser. Elle devait bien mesurer une tête de moins que lui.

- Anthony, ce que tu es beau ! Tu me présentes ta partenaire ?

- Bien sûr, tante Brenda, je te présente Ziva. Ziva est ma collègue de travail, que j'ai forcé à venir avec moi parce qu'elle n'avait jamais participé à une vraie fête d'Halloween.

- Enchantée, dit Ziva en offrant à la tante de Tony son plus beau sourire.

- Moi également ! Alors comme ça vous travaillez avec Tony ?

Et elle commença à la questionner, à lui raconter de vieux souvenirs, tandis que Tony préféra s'éloigner pour ne pas entendre ce qui se disait sur lui. Il alla rejoindre d'autres cousins et des connaissances de sa famille, pour rattraper rapidement le temps passé.

Plus d'une heure plus tard, alors qu'il se servait un verre, il sentit une présence derrière lui qui n'était autre que Ziva.

- Ziva. Alors, je vois que tu as fait connaissance avec ma tante.

- Oui.

Il continua de l'observer, et ne put s'empêcher de se faire une nouvelle fois la même remarque qui lui trottait dans la tête. Elle était incroyablement sexy ce soir et il regrettait qu'elle ne soit que sa collègue. Mais il chassa rapidement cette pensée de sa tête.

- J'ai appris un tas de choses sur toi, Tony.

- Ah oui ? Comme ?

Elle émit ce petit ricanement machiavélique qui lui était propre et détourna le regard.

- C'est une superbe maison que ton cousin a là.

- En fait, ce n'est pas la maison de mon cousin. C'est la maison de mon arrière-grand-père. Il avait acheté ce bout de terrain pour une bouchée de pain lorsqu'il a émigré aux Etats-Unis. Et de génération en génération, elle est arrivée aux mains de mon père. Qui est parti il y a quelques années en Floride et a donc laissé la maison à mon frère.

- Pas à toi ?

- Non, je dois dire que mon père et moi n'étions pas en très très bons termes.

- Ah, je vois.

- Tu vois quoi ?

- N'oublie pas que je t'ai profilé quand… Avant d'arriver au NCIS.

Elle avait soigneusement évité le nom d'Ari pour conserver l'esprit jovial de son collègue lors de la soirée. Elle ne connaissait que trop bien dans quel état ça le mettait.

Elle prit son bras dans un geste mécanique de couple, sans même s'en rendre compte, et continua de parler.

- Ca me fait plaisir que tu me parles un peu de ta famille.

- Si je n'avais pas voulu te parler de ma famille, je ne t'aurais pas invitée ici.

Elle sourit et l'attira à elle.

- Tu danses ?

- Bien sûr.

Il passa sa main autour de sa taille et elle frissonna. Décidément, cette proximité arrivait à la mettre à la fois agréablement à l'aise, mais également à provoquer en elle un insatiable désir pour son partenaire. En même temps, ils n'étaient pas dans des conditions quotidiennes et restrictives des règles qu'ils s'étaient silencieusement imposé dans le cadre professionnel et elle ne ressentait aucune gêne à passer le cap du simple flirt avec lui. Elle passa ses bras autour de son cou et le simple contact de ses mains sur sa taille la firent frissonner une nouvelle fois.

Ils dansèrent au son d'une musique inconnue, mais terriblement entraînante. Non pas qu'elle donnait envie de se déhancher, mais personne ne pouvait s'empêcher de trouver un partenaire pour danser sur cette chanson.

Ils dansèrent de longues minutes, jusqu'à ce qu'une légère gêne d'origine inconnue s'emparent d'eux. Cette gêne aurait-elle pour nom 'retour à la réalité' ?

- Je vais chercher à boire, tu veux quelque chose ?

Elle secoua la tête en souriant. Mais son sourire s'évanouit dès qu'il eut tourné le dos. Elle ne savait vraiment pas quoi penser d'eux. De leur relation. Ou plutôt de leur non-relation. Elle y pensait constamment, cela hantait ses nuits, et elle n'avait toujours pas trouvé de solution miracle pour, soit cesser de penser à lui, soit entamer une discussion sérieuse à ce sujet avec lui. Le fait de se remettre à penser après quelques minutes où elle n'avait pensé à rien à part à combien il était bon se retrouver dans ses bras, lui procura une fulgurante et profonde sensation de chagrin. Elle décida de sortir prendre l'air.

Lorsque Tony se retourna, un verre en main, il ne trouva plus sa partenaire. Il balaya la salle du regard pour ne la trouver nulle part.

Il aperçut sa tante dans un coin de la pièce et alla la trouver.

- Brenda. Tu n'aurais pas vu Ziva, par hasard ?

- Si, elle vient de sortir. Quelque chose ne va pas ?

- Non, tout va bien. Du moins je crois. Je vais voir si elle a besoin de quelque chose.

Elle hocha la tête et observa son neveu sortir, l'air préoccupé par la soudaine « disparition » de son amie. Quelque chose clochait entre ces deux là, mais elle n'arrivait pas à déterminer quoi.

- Ziva ?

Il referma la porte derrière lui et étouffa ainsi la musique qui provenait de l'intérieur. Il passa le porche et la vit enfin, assise en bas des quelques marches du perron. Il descendit et passa pour se poster devant elle.

- Ziva, est-ce que ça va ?

- Oui, pourquoi cette question ?

- Pour un agent du Mossad, il y a des moments où tu sais très mal mentir, dit-il en ajoutant un sourire.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Je sais qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je peux le voir.

Elle esquissa un sourire, et il s'assit auprès d'elle en lui proposant une gorgée de son verre.

- Non merci.

- Dis-moi.

Elle soupira et passa une main sur son visage.

- C'est rien.

- Rien qu'en disant ça, je sais que c'est quelque chose. Raconte.

Elle soupira une nouvelle fois, sans toutefois lever les yeux vers lui.

- Tu sais, je ne sais pas quoi penser de toi. En fait, de nous, de nos agissements l'un envers l'autre. Je ne sais pas quoi faire des sentiments qui se mélangent en moi, je… Je sais plus, Tony.

Il déglutit difficilement. Il ne s'attendait pas à ce genre de révélation. Sentiments, quels sentiments ?

- Tu vois, on passe notre temps à se rejeter mutuellement. Et pourtant, j'ai réalisé quelque chose quand on a dansé ensemble tout à l'heure.

Il se tourna vers elle et elle leva finalement les yeux vers lui.

- Que je suis bien dans tes bras. Et que je ne suis pas prête à passer ma vie dans ceux de quelqu'un d'autre.

Ils s'observèrent pendant quelques secondes, et ne voyant aucune réaction sur le visage de son partenaire, elle se leva brusquement et fit quelques pas dans le jardin.

- Mais qu'est-ce que je raconte encore ? Je suis encore assez stupide pour te dire ce genre de choses alors que je sais très bien comment tu vas réagir, je te connais, après tout ce temps. C'est n'importe quoi, ça ne rime à rien. Tu oublies ce que je viens de dire.

Il se leva à son tour, beaucoup plus paisiblement, et la rejoignit, fourrant ses mains dans ses poches pour les protéger de la fraîcheur de l'impitoyable soir d'Octobre. A moins qu'ils ne soient déjà en Novembre.

- Tu crois vraiment qu'entre nous ça pourrait marcher ?

- Quoi ?

- Tu crois qu'il y a vraiment quelque chose entre nous ? Je veux dire, quelque chose d'assez fort pour… Tu vois.

- Arrête, je ne veux pas que tu te forces à imaginer quelque chose qui n'existe pas pour te mettre à ma place et…

Il plaça un doigt sur ses lèvres.

- Toi arrête. Arrête de réfléchir. Arrête de penser pour moi. Si je dis ça, c'est pas pour te faire plaisir. Je dois bien admettre que j'y ai bien pensé de temps à autre, mais sans toutefois oser imaginer qu'entre nous, il pourrait y avoir plus que des blagues, des taquineries stupides et des sous-entendus purement sexuels.

- Osé ?

- J'ai assez souffert comme ça. S'il avait fallu que je me fasse encore des illusions à ton propos…

Sans même s'en rendre compte, ses mains avaient glissé de ses lèvres à ses épaules. Et toujours sans s'en rendre compte, elles glissaient le plus naturellement du monde jusqu'à sa taille, parfaitement dessinée par sa robe qu'il eut dit fabriquée rien que pour elle. Le contact avec la soie de sa robe lui faisait un effet fou, et la seule chose dont il avait envie à ce moment précis, c'était de goûter ses lèvres. Les déclarations avaient souvent cet effet-là.

Mais il y avait quelque chose de différent cette nuit-là. En fait, c'eut été n'importe quelle autre fille, la seule chose à laquelle il aurait pensé, ça aurait été de trouver le chemin le plus court pour rentrer chez lui faire découvrir son lit. Mais là, non. En effet, la seule chose dont il avait envie, c'était de s'allonger dans l'herbe à ses côtés et d'observer les étoiles de cette nuit parfaitement claire.

Il approcha son visage du sien et frôla ses lèvres des siennes. Il l'entendit retenir sa respiration, et finit par se dire qu'il n'y avait pas que lui qui ressentait cette pression qui promettait de disparaître s'ils s'abandonnaient à leurs désirs.

Il fit une nouvelle approche, et sentit un nœud au creux de son estomac, comme un adolescent qui s'apprêtait à partager son premier baiser. Il prit son joli visage à deux mains et apposa, plus fermement cette fois, ses lèvres sur celles de la jeune femme. Et à partir de ce moment-là, rien n'eut pu les séparer. Sauf...

La jeune israélienne se sépara soudainement de lui et murmura :

- Tony, tes dents s'il te plaît.

Il fronça les sourcils, puis se souvint des fausses dents qu'il avait appliquées dans sa mâchoire. Il les retira rapidement en souriant, puis s'empressa de reprendre les choses où ils les avaient laissées.

C'est finalement ce soir-là qu'il réalisa que jamais il ne pourrait plus se passer de sa main caressant ses cheveux, de ses lèvres d'une douceur incomparable, de leurs baisers fiévreux. Et il se rendit également compte que, plus tôt dans la soirée, il avait eut incroyablement raison. Le soir d'Halloween réserve bien des surprises...