Epilogue
The Count and Sinden - Strange Things
Notre bonheur dura 3 jours. 3 jours que nous avons passés, Katie et moi, dans la maison de Naomily, je peux les appeler à nouveau comme ça maintenant.
Nous avions vu ses parents. Ils étaient ravis, fiers de Katie et je crois sincèrement heureux pour nous.
Ce fut la nuit des couples puisque Thomas et Panda rayonnaient eux aussi, et surtout se retrouvaient dans la même fac, Harvard, excusez du peu. Panda allait faire des études d'histoire. Je savais qu'elle nous étonnerait. Tomo avait une bourse et un avenir dans la compétition. Il allait suivre des cours de commerce et de management.
Effy était vraiment sortie d'affaire seule l'absence de Freddy lui pesait mais elle espérait qu'il revienne un jour.
JJ vivait avec Lara. Il formait un couple sympa et le petit Albert était trognon, enfin c'est ce que disaient les filles.
Seul manquait Cook, il avait disparu au milieu de la soirée et il n'avait plus donné signe de vie. Karen était persuadée qu'il était allé chercher Freddy, ce qui était plausible.
Talos - Tethered Bones
Au matin du 4e jour, je reçu un coup de fil de JJ. Il était tôt, je ne comprenais pas ce qui pouvait motiver un appel aussi matinal.
Nous avions, avec Naomi, refait le monde la veille au soir et regarder dormir Ems et Katie sur le divan, l'une contre l'autre. Le vin chilien que j'avais trouvé s'était révélé finalement très bon et nous avions mis un point d'honneur à finir toutes les bouteilles. A 3h, nous nous étions tous trainés vers nos lits.
« Salut JJ, tu sais qu'il est 7h, ça peut pas attendre ? » Les amis c'est bien mais pas à l'aube.
« Jules, il est arrivé un drame. » Sa voix était blanche, il semblait en état de choc.
« Qu'est-ce qui se passe, comment un drame ? Tu vas bien, Lara aussi et le bébé ? »
« Non, c'est pas moi, Ju, C'est … Putain, c'est Freddy, Ju » Il pleurait tellement fort, il avait hurlé les derniers mots. Katie s'était réveillée, elle m'interrogeât du regard.
« JJ, explique-moi. Tu me dis quoi là. Où tu es ? »
« Je suis chez lui, Ju. La police est là, ils l'ont retrouvé. Ju, il est mort. »
Katie le lut dans mes yeux. J'étais horrifié, j'ai murmuré malgré moi, « Freddy ». Elle avait compris et des larmes coulèrent sur ses joues.
« On arrive JJ, on est là, on vient. »
« Ju, c'est le psy qui l'a tué. C'est horrible je ne sais pas quoi faire. Karen m'a appelé mais je ne sais pas quoi faire. »
« On arrive tout de suite. »
J'ai enfilé ce que j'avais sous la main, j'ai réveillé les filles. Comment réveiller deux personnes pour leurs dire que leur ami est mort. Je n'ai toujours pas trouvé.
Nous sommes arrivés chez Freddy totalement déconnectés. Nous avions tous pris un taxi, j'étais incapable de conduire la moto.
JJ était assis dehors sur le banc du jardin. Il tenait la main de Karen. Ils étaient décomposés. Quand, JJ nous vit, il ne put sortir un seul son, il était inondé de larmes. Karen avait des yeux vides.
Cette fois-ci la vie avait été une vraie salope.
Nous nous regardions incrédules, nous n'avions pas les mots. Alors nous nous sommes réunis en cercle, et on s'est soudé.
Le père de Karen nous a rejoints, il était digne et droit. Et dire que c'était la première fois que je le rencontrais.
« Merci, mes petits. Merci d'être là. »
Je sentais les efforts qu'il faisait pour rester debout. Il fallait ne pas sombrer, il le fallait pour sa fille.
Naomi, l'a dit, elle en a eu le courage. « Effy, est-elle prévenue ? On ne peut pas le lui cacher. »
« Je n'ai pas pu, je n'y suis pas arrivé. » Mais qui pourrait le faire, personne.
« JJ, ne culpabilise pas, c'est normal. » Naomi l'a fait. C'est elle qui est allée chez Effy.
En fait, ce sont les vêtements ensanglantés de Freddy que la police avait trouvé en même temps que le corps mort du psy. Ils étaient bien rangés dans des caisses, pliés dans des pochettes plastiques.
Les flics retournaient le jardin, fouillaient le sous-sol mais pour l'instant, aucune trace de la dépouille de notre ami.
La seule chose de sûre, c'est que la quantité de sang retrouvée ne laissait aucun espoir.
Ils trouvèrent des enregistrements où ce toubib de merde délirait sur Effy. Elle était unique, il ne la voulait que pour lui. Ce salaud avait dû attirer Freddy chez lui pour l'assassiner.
Des inspecteurs en costume nous interrogèrent. Ils soupçonnaient Cook d'avoir tué ce docteur Forster. Ils avaient retrouvé des empreintes sur une batte de base-ball qui aurait servi aux deux meurtres.
Pour eux la conclusion était facile, Cook avait vengé son ami.
Ces cons voulaient nous faire avouer que Cook, le matin même était bien chez Naomi et que nous l'avions vu dans la soirée.
D'un tacite accord, on décida de ne rien dire. Au-delà du fait qu'avouer avoir vu Cook pouvait nous rendre complices, nous pensions que moins ils en sauraient, moins ils auraient d'éléments contre Cook. Et s'ils le coinçaient, on aurait alors tous témoignés qu'il était avec nous toute la soirée.
Nous étions ensemble dans le salon de Naomi sauf Effy qui s'était enfermée chez elle, elle ne voulait voir personne, il n'y a que Naomi qui pouvait lui parler.
« Merde, Cook a disparu au milieu de la nuit, tu crois qu'il savait déjà ? » JJ était celui qui se posait le plus de questions.
« Mais vous le croyez capable de tuer de sang-froid ? » Emily était effrayée comme nous tous.
« Non, James n'est pas un assassin. Les flics ont parlé de lutte. Je ne comprends pas comment il s'est retrouvé chez ce psychopathe. Il ne le connaissait pas à priori. A-t-il eu une intuition ? Et pourquoi ce soir-là, en nous plantant au milieu de la fête ? Ça ne colle pas. » Je n'étais pas convaincu. Il manquait des éléments au puzzle.
« Karen m'a dit qu'elle lui avait donné un cahier où Freddy écrivait toujours la même phrase, « je l'aime.» Peut-être a-t-il trouvé quelque chose dedans ? » JJ tremblait de chagrin.
« Ce type était fou, Cook a eu raison. A sa place j'aurais fait pareil. Fred était un type bien et gentil. » Katie était bouleversée, elle était sortie avec ce garçon et même s'il l'avait faite souffrir, elle gardait en elle des sentiments pour lui. Son cœur était toujours aussi grand.
Elle ne me quittait plus une seconde, elle cherchait toujours ma main. Elle avait besoin de sentir mon corps, de le toucher. Elle se rassurait. Nous en avions tous besoin.
D'ailleurs le groupe avait du mal à se séparer le soir et les deux premières nuits, nous avons tous dormi les uns contre les autres dans la même pièce.
Par contre, il y a une chose qu'aucun de nous n'a dite, ni pensée. Effy n'était pas responsable, cela était ancré dans nos cœurs.
Une semaine après, le père de Freddy organisa une veillée funèbre à la mémoire de son fils.
Nous étions réunis dans une salle de prière de l'église du quartier. Il y a avait beaucoup de monde, sa famille, des voisins, des élèves du collège, des copains du Skate Parc. Doug est venu nous embrasser. Il était au bord des larmes, c'était le deuxième élève qu'il perdait.
Karen et son père étaient très entourés. Une grande photo de Fred avait été déposée sur un trépied. Des bouquets de fleurs chamarrés et joyeux l'entouraient.
Elle est apparue, habillé de blanc comme une mariée. C'était une femme sublime. Elle tenait sa tête relevée, regardant droit devant elle, ses yeux bleus étincelaient. Le silence se fit quand elle passa devant les gens.
Elle se posa près de nous, dans ce coin de la salle, un peu à l'écart.
Le père de Freddy s'avança près d'elle. Il prit Effy dans ses bras, puis l'amena avec lui auprès de Karen, au premier rang et ils purent ainsi communier ensemble.
The Drums - Best Friend
Nous avions, nous aussi, organisé notre adieu. La taverne d'oncle Keith nous semblait le lieu le plus approprié. Il nous l'avait entièrement réservée.
Sur la table, nous avions de quoi célébrer dignement l'esprit de Freddy. Bière, vodka, téquila, herbe, ecstasy et coke.
« Ju, pour une fois, on t'autorise à parler. » Tomo et Naomi se voulaient drôle, bref.
Je me levais, pendant que je le pouvais encore, avec beaucoup de cérémonie.
« Je lève mon, non, mes verres. » J'en pris deux. « Et le pétard à la bouche, je salue la mémoire d'un garçon aimant, intelligent et super. A notre ami ! Qu'il puisse fumer son spliff éternellement avec les anges du ciel. »
Ils applaudirent tous, non pas mes stupides mots mais le souvenir de Freddy. Ils vidèrent leurs verres et moi les deux miens.
« J'aimerai rajouter une chose. » J'entendis un : « et voilà, il est parti ! »
Mais je devins sérieux, enfin comme je le pouvais.
« Keith vient te joindre à nous. » Je le pris par l'épaule.
« J'aimerai avec vous saluer également, un homme courageux. Un homme qui ne renonce jamais. Un homme que nous avons eu l'honneur de connaître, un homme tout simplement. »
« A Monsieur James Cook ! » Et sans se consulter, nous étions tous debout à boire pour honorer Cook.
Effy me déposa un bisou sur la joue et j'aperçus ce léger sourire énigmatique sur ses lèvres.
Ce soir-là, nous avons pris conscience que nous avions perdu deux amis.
C'est aussi la seule fois, où nous avons tous embrassé Keith, qui inondait de larmes tout le bar, sans nous soucier des taches de sa chemise.
