St Valentin
La fin de notre soirée s'était finalement bien passée mais je pense que toutes les informations qui avaient été dévoilées au cours de la soirée étaient trop présentes entre nous pour que nous nous sentions réellement à l'aise. Le lendemain matin, je me réveillais la première et après m'être extraite avec difficulté de ses bras, je filais dans le parc. J'avais besoin d'air, de réfléchir… de digérer. Le banc où j'avais pris l'habitude de venir pour réfléchir, était déjà occupé par Rémus. Je m'assis à ses cotés sans un mot. Je l'observais du coin de l'œil. Sa nuit avait du être mauvaise au vu des cernes sous ses yeux. Il semblait toujours fatigué et las, plus à certains moments qu'à d'autres mais là, je pu aussi voir dans ses yeux de la tristesse.
« - Tu veux en parler, Rémus ?
- Vous vous êtes réconciliés avec James ?
- On ne répond pas à une question par une autre…
- Je m'en veux pour hier soir. Je me suis rappelé de ce soir là, où Sirius nous a expliqué que Bertha avait voulu un baiser en échange… C'était drôle…
- Ce n'est pas grave…
- Si ! Il faut que tu comprennes, qu'il se faisait réellement beaucoup de soucis pour toi. Il était passé à l'infirmerie, mais Pomfresh, connaissant vos 'blagues', avait refusé de lui donner de tes nouvelles, ou de le laisser te voir. Quand il est revenu au dortoir, il était dans un état ! Et là, il a demandé à Sirius pour le mot de passe.
- Il est venu à l'infirmerie ? dis je le cœur battant dans ma poitrine. Mais pourquoi ?
- Ce n'est pas à moi de te le dire…
- …
- Je ne sais pas ce qui c'est passé dans ta chambre. Par contre, je me souviens qu'il était en colère en revenant et répétait sans cesse qu'il n'aurait pas dû…
- Il m'a juste dit qu'après avoir trouvé une lettre de ma sœur, il avait arrêté de fouiller…
- Il s'en voulait, tu sais. Il n'arrêtait pas de répéter qu'il était tombé bien bas par ta faute…
- Merci, Rémus, dis je après un petit instant. Merci de m'avoir confié cela. Je vais aller manger, tu devrais aller te reposer. A plus tard. »
Deux semaines nous séparaient encore du bal de la St Valentin quand le directeur annonça que le bal aurait bien lieu. La St Valentin étant en pleine semaine, il avait donc été repoussé au samedi suivant. Le gros de la rumeur disait que les garçons devraient inviter leur cavalière le 14 Février à l'aide de petits cupidons mis spécialement à disposition des élèves. Comme chaque année, ils étaient chargés d'apporter les messages en envoyant une flèche. Les tables de la Grande Salle étaient très abîmées le soir venu… Quasiment tous les garçons envoyait au moins un cupidon, mais seul une poignée en recevait. Les Maraudeurs, ou plus exactement Black et Potter, en recevaient un nombre assez impressionnant. De quoi rendre verts les autres. De mon coté, je n'en recevais qu'une tous les ans, elle était d'une gentillesse et me faisait à coup sur plaisir. Un admirateur anonyme me demanderez vous. Non. Mary. Tous les ans, nous nous envoyons un cupidon où nous nous remercions l'une l'autre. Au lieu de parler d'amour, nous parlions de notre amitié qui durait plus que tous ces couples. Je suppose que les autres auraient trouvé cela ridicule, peut être le trouvez vous ridicule mais cela fait plaisir de savoir que quelqu'un est là pour vous quand les autres vous ignorent ou vous font des tours.
L'an passé, pourtant cela n'était pas totalement passé inaperçu… Une fois notre petit déjeuner fini, nous étions parties en cours quand sur le chemin, les Maraudeurs avaient fait leur apparition. Ils nous bloquaient le passage mais nous n'avions pas d'autre choix que d'emprunter ce couloir. Une fois à leur hauteur, Potter m'avait plaqué plutôt rudement contre un mur.
« - Alors tu t'envoies toi-même des cupidons, Evans ?
- Non. Quelqu'un m'en a envoyé un.
- Etonnant. Et qui ?
- Ca ne te regarde pas ! Je te demande, moi, le nom de toutes celles qui t'écrivent ?
- Ca t'intéresse, m'avait il répondu un sourire en coin. Je savais que je te plaisais.
- Oh oui, tu me plais. Tu me plais tellement que j'ai envie de te faire ravaler ton sourire à coup de barre de fer à chaque fois que je te vois ! avais je dit avec une voix sensuelle, amusée de sa réaction.
- Je veux juste prévenir ce pauvre type d'où il a mis les pieds… »
Cela avait duré encore, et encore. Quand il m'avait enfin laché, j'avais les larmes aux yeux. Comme à son habitude, il avait réussi à me convaincre que je n'étais qu'une sale sang de bourbe. Mais je ne lui avais pas dit que le message venait de Mary… Sinon je pense que j'en aurais bavé. Il aurait mis tout Poudlard au courant… On a beau se dire que la St Valentin est une fête commerciale, recevoir ou pas une lettre ce jour là à un effet sans comparaison sur le moral.
Durant ces deux semaines, les filles étaient dans un état de folie. Chacune faisant des pronostiques sur qui irait avec qui, qui porterait quoi… Et pour la première fois, je me sentais nerveuse parce que pour la première fois j'allais aller au bal, danser et… Les années précédentes, avec Mary nous restions dans notre dortoir à manger tout un tas de cochonneries à parler de tout et de rien jusqu'au retour des trois dindes qui nous disaient que nous empiffrer nous aiderait pas à rencontrer quelqu'un. Tiens en parlant d'elles… Elles avaient comme tous les ans, jeté leur dévolu sur les Maraudeurs, chacun un comme c'est pratique !
La veille de la St Valentin, nous étions déjà couchées avec Mary quand elles entrèrent dans notre chambre. Nos rideaux étaient tirés et si elle avait su que je ne dormais pas, Melody aurait certainement rien dit mais voilà…
« - Demain c'est le grand jour !! dit Melody excitée.
- Comment ça ?
- Je vais aller au bal de la St Valentin avec Potter !
- Il ne vient jamais accompagné au bal de la St Valentin, qu'est ce qui te fait croire que cette année, ça allait être différent ?
- Oui, surtout après le coup de la fouine au mois de décembre… Il n'a pas eu l'air d'apprécier que tu nous dévoiles votre relation, ajouta la deuxième dinde.
- Oui, mais il m'a pardonné. Il m'a dit de faire plus attention… De ne pas en parler en public mais je lui ai dit que vous ce n'était pas la même chose que vous étiez mes amies… Le problème pour lui reste la réputation… Un serpentard et une griffondor. Enfin j'essaierais de le faire changer d'avis…
- Tu as des arguments, pouffa l'une de ses amies. »
De mon coté, j'avais un grand sourire aux lèvres. Melody ne serait pas déçue… Il faut que je demande à Mary de la prendre en photo quand elle verra que JE suis avec Potter. Avec James, l'ambiance était au beau fixe. Nous discutions de tout ce que nous pourrions faire une fois que nous n'aurions plus besoin de nous cacher. J'étais vraiment heureuse, il était tendre et nos moments tous les deux en étaient que plus passionnés. J'avais beaucoup hésité à lui envoyer un cupidon. Puis, après de longues tergiversations, j'avais décidé que non. J'avais toute confiance maintenant en lui, si tout cela n'avait été qu'une blague elle aurait pris fin depuis longtemps… J'avais juste décidé de ne pas lui en envoyer parce qu'il en recevrait tout un tas de filles en chaleur, et je ne voulais pas que la mienne se noie dans la masse. Je voulais qu'elle sorte du lot.
Le lendemain, ce fut donc sans surprise que les cupidons attendaient devant Black et Potter pour leur décrocher leur flèche. Ils décrochaient juste le message, sans prendre le temps de le lire. On voyait très clairement qu'ils comptaient, sans doute pour savoir qui avait le plus d'admiratrices ou quelque chose de macho du même acabit. Les filles avaient toutes les yeux fixés sur eux, attendant le moment où ils liraient leur lettre pour voir leur réaction. La population féminine retenait son souffle quand ils commençèrent à lire leur correspondance.
De notre coté, nous mangions tranquillement avec Mary quand une flèche vint se planter devant chacune d'entre nous. Après avoir échangé, un regard avec elle, je défis le message et quelle ne fut pas ma surprise de voir une deuxième flèche se planter au même endroit. Mon sourire s'intensifia quand je vis que Mary aussi avait une deuxième lettre… Et le petit manège dura encore deux fois pour moi et trois fois pour Mary. Les regards de nos voisins et voisines de tables se faisaient de plus en plus insistants, mais je n'avais aucunement l'intention de les lire avec autant de monde autour de moi. Je les fourrais dans mon sac et je vis Mary faire la même chose. Sur le chemin du premier cours de la journée, je ne pus me retenir.
« - D'après toi, de qui viennent les autres ?
- Pour toi, seule deux sont mystérieuses, pour moi c'est quatre ! me dit Mary l'air totalement perdu. Mais je n'ai pas envie de les ouvrir avec autant de gens autour de moi. Parce qu'à tous les coups ce sont des gens qui veulent se moquer.
- On verra ça après la Metamorphose, on a deux heures de libre… On se trouvera un coin sur et tranquille. »
Inutile de dire que je n'ai pas réellement écouté le cours. Je passais en revue tous les garçons que je côtoyais et je n'en voyais aucun capable de m'envoyer un cupidon. Entre ceux de mon équipe de Quidditch qui me considérait plus comme un mec que comme une fille et ceux avec qui j'avais cours qui craignaient d'être vu en ma compagnie de peur de représailles des Maraudeurs… Je n'avais aucune idée des deux lettres. Par contre pour Mary… Son caractère calme, effacé et gentil, attirait plus d'un garçon de notre année. Il était donc facile d'en trouver quatre… A la sortie du cours, nous filâmes à notre dortoir pour y déposer nos livres. Les trois dindes tenaient conférence et comme à leur habitude le sujet était les Maraudeurs. Je levais les yeux au ciel mais je ne pu m'empêcher d'écouter.
« - Encore cette année, ils n'ont envoyé aucun cupidon.
- Kate, la serdaigle, m'a dit les avoir vu en envoyer. Qu'est ce que tu en penses Melody ?
- J'en penses que si une ou plusieurs filles avaient reçu un cupidon de la part de l'un d'entre eux, nous le saurions. C'est pas le genre de chose qu'on garde pour soi.
- J'aimerais tant être la fille à qui Sirius envoie un cupidon.
- C'est clair !
- Tu es prête Mary ?
- Vous êtes là, vous ! Cette année encore, je suppose que vous n'en avez pas reçu.
- Pas plus que toi de Potter, répondit du tac au tac Mary. On y va Lily ? »
Y a des jours où je suis réellement très fière d'elle. Ca me fait chaud au cœur de la voir lancer des piques assassines ! Je pense que j'en ai fait un monstre, à trop me côtoyer, elle n'hésite plus à rembarrer les gens. Ca fait plaisir de voir qu'elle ne se laisse plus marcher sur les pieds. Nous sortîmes de la chambre pour nous diriger vers une salle de cours abandonnée, celle qui avait servie pour le 'concours' et qui nous servait en temps normal pour travailler quand il y avait trop de monde à la bibliothèque. Nous entrâmes. Je lançais un sort pour fermer la porte et insonoriser la pièce pour le cas où quelqu'un entendrait. Chacune assise devant un pupitre, nous commençâmes à ouvrir nos messages. J'ouvris tout d'abord celle de Mary, tout comme elle ouvrit la mienne en premier. Après lui avoir fait la bise, j'en pris une autre.
« - Celle-ci est de James, me dit Mary toute fière.
- La mienne est de Sirius !
- Moi aussi j'en ai une de Sirius !
- Et celle là est de Rémus !
- Comme celle-ci ! »
Dans chacune de ces lettres, ils nous disaient leur joie d'avoir pu nous connaître autrement que par notre petite guerre. Si Melody apprenait que les Maraudeurs avaient bien envoyé des cupidons… et surtout à qui… Elles en feraient une crise ! Il ne nous restait qu'une lettre chacune. J'avais peur d'ouvrir la mienne, peur que ce ne soit pas de James. Je regardais alors Mary ouvrir la sienne, curieuse de savoir qui était son admirateur secret. Elle rougit avant d'enrouler de nouveau le parchemin. Tom. Le capitaine de l'équipe de Quidditch de notre maison invitait ma Mary au bal de la St Valentin !! Elle en était toute confuse. Elle bégayait… Puis elle fixa ma dernière lettre. C'était à mon tour de l'ouvrir.
Ma très chère Lily,
C'est la première fois pour moi que j'envoie ce genre de lettre alors s'il te plait soit indulgente. Je ne sais même pas par où commencer alors quant à savoir ce que je vais y mettre exactement…
Je vais donc faire court : Je suis heureux avec toi. Merci d'avoir laissé ta porte de vestiaire ouverte… ;-)
Baisers
Ton cavalier pour la St Valentin.
Je fus sur mon petit nuage jusqu'au repas de midi, pas moyen de redescendre sur terre. L'après midi, par contre, je fus ramener sur Terre rudement. J'avais reçu un message comme quoi nous ne pourrions pas nous voir ce soir. Monsieur avait une retenue… Il avait fait une blague et le professeur n'avait pas été dupe quant aux coupables. Inutile de dire que, lorsqu'au repas, j'entendis parler les deuxième année de Griffondor de la blague dont ils avaient été victimes mon sang n'avait fait qu'un tour ! Il n'aurait pas pu se retenir et faire ça demain ?! Ou ne pas la faire du tout… Il est vrai que depuis que je n'étais plus leur souffre douleur, les autres griffondors subissaient plus de tours de leur part, mais mince ! Le jour de la St Valentin, ils auraient pu faire une trêve !!
Après le dîner, nous avions du coup décidé de travailler avec Mary à la bibliothèque, laissant libre cours aux cancans dans notre dortoir. Il est fou de voir comment la rumeur sur les cupidons qu'auraient envoyé les Maraudeurs, excitait toutes les filles bourrées d'hormones de l'école… Nous avancions donc dans le couloir vide parlant du dernier cours de divination où le prof m'avait encore prédit un avenir heureux mais bref quand nous entendîmes des voix venir vers nous. D'un seul coup, le couloir me paru bien vide, presque effrayant ! Les voix se rapprochaient et je voyais d'après l'expression de Mary qu'elle ne se sentait pas très rassurée. Tu parles de Griffondors ! Nous n'avions pas d'autres choix que de faire face… Trois personnes apparurent au bout du couloir… Marchant rapidement dans notre direction… Les Maraudeurs ! Il y a un an, j'aurais senti mon corps se contracter, attendant les coups que je ne doutais pas de recevoir. Mais là, c'était plutôt moi qui avait envie de frapper. Il avait gâché ma… enfin notre soirée.
Arrivée à notre hauteur, ils nous firent reculer contre le mur Sirius et Rémus chacun d'un coté et Potter en face de nous, à moins d'un mètre. Ils semblaient nous jauger, j'avais l'impression d'être revenue quelques années en arrière. Le visage sérieux et impassible devant moi, il me regardait comme pour lire mes pensées. Je le trouvais beau à cet instant, il représentait parfaitement la force virile. Je ne pouvais bouger attendant qu'il prenne la parole de peur de briser ce moment.
« - C'est bon, c'est dégagé, dit Rémus, quittant enfin leur carte des yeux. » Ils avaient créé une carte sur laquelle ils pouvaient où se trouvait tout le monde… C'est sûrement grâce à cette invention que j'avais eu du mal à les éviter les années précédentes… J'aurais aimé les féliciter pour cela mais elle était liée à trop de mauvais moments pour que ses simples mots puissent franchir mes lèvres.
Rémus avait à peine fini de prononcé ces quelques mots qu'un large sourire apparaissait sur le visage de James. Il mit sa main derrière ma nuque et m'embrassa avec une douceur… Je ne pu m'empecher de gémir en sentant sa langue jouer avec la mienne. Il continua à m'embrasser puis dévia vers ma joue, vers mon oreille.
« - Je suis désolé de m'être fait prendre, j'aurais tant aimé passer cette soirée avec toi, murmura t il avant de s'emparer de nouveau de mes lèvres.
- Mec, faut y aller.
- Juste une minute Sir'.
- Non, James, quelqu'un arrive, ajouta Rémus.
- M… A plus tard, ma Douce. »
Quand le samedi soir arriva, les trois dindes furent surprises de nous voir nous préparer pour aller au bal. Mary portait une robe classique noire qui lui arrivait aux chevilles. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon lâche et s'était légèrement maquillée. Pour ma part, j'avais la même robe mais en blanc cassé et j'avais laissé mes cheveux libres. James m'avait confié qu'il aimait les voir ainsi, et je voulais lui faire plaisir…
Les dindes, quant à elles, portaient des robes qui comme à leur habitude frôlaient l'attentat à la pudeur avec des parfums racoleurs. Il est vrai que Melody était sensée mettre à jour sa 'relation' avec James ce soir… Elle en avait parlé tout le reste de la semaine. C'en était fatigant ! J'avais donné finalement donné ma carte à James le lendemain, en lui confiant que je voulais qu'elle sorte du lot, alors je lui donnais en main propre. Je le vis rosir avant de m'embrasser… Je suis totalement raide de lui !! Avant de nous quitter pour retourner dans nos salles communes respectives, je lui avais exposé mon plan et… J'allais bien rigoler. Mary tenait absolument à voir cela, pour vous dire...
