CHAPITRE VINGT-CINQ : MÉSAVENTURES EN PERSPECTIVE
-Alors Hermione ! Tu nous explique pour le miroir de tantale ?
Hermione, tranquillement assise dans un coin de la Salle Commune de Gryffondor, referma l'immense grimoire qu'elle avait sous les yeux. C'était Ron qui venait de lui parler. Il n'y avait apparemment plus de malaise entre eux, d'après ce que Harry avait vu, et c'était tant mieux.
Elle soupira, en voyant les trois quarts des élèves de le Maison se tourner vers elle. Visiblement, personne ne savait ce qu'était le miroir de tantale. Personne ne lisait jamais parmi les élèves.
Elle se leva rapidement, en essayant d'organiser ses pensées. Elle avait bien compris qu'elle n'échapperait pas à un petit exposé ce soir là. Tout le monde était concentré dans la Salle, tout le monde l'écoutait avec attention. Harry lui fit un petit sourire amusé pour l'encourager. Il savait qu'elle n'aimait pas être le centre de l'attention comme cela.
-Le miroir de tantale, commença-t-elle, est un objet très ancien. Ce n'est pas un miroir comme on a l'habitude d'en voir. Il a de base, quand il est endormi, une forme de sphère translucide.
-Endormi ?! s'écria un quatrième année.
Hermione lui lança un regard noir pour l'avoir interrompu, juste avant que Ron ne lui donne un coup de coude pour le faire taire.
-Oui. Le miroir peut avoir deux états. Quand il est endormi, il ressemble à une simple boule de cristal, sans avoir aucune utilité. Mais quand il est activé, la sphère se divise en de milliers de triangles de forme et de taille égales.
Pour appuyer ses propos, elle avait fait apparaître une fausse sphère lumineuse, qui se divisa en plusieurs petits triangles de faux verres devant leurs yeux. Les triangles de verres flottaient tous tranquillement dans les airs, à côté d'elle.
-Une fois éveillé, le miroir le reste pour un mois.
-C'est pour ça que le Professeur McGonagall a dit qu'on aurait ce délai pour passer l'épreuve ?
-Oui. Le miroir ne peut être activé qu'une seule fois dans un endroit. C'était pour éviter qu'il soit utilisé à tous les procès dans un même tribunal. Poudlard est considéré comme un lieu unique. Après un mois, le miroir va s'endormir et il ne pourra plus jamais être activé dans le château.
-Et qu'est ce qu'il fait ce miroir ? Pourquoi est ce qu'on doit s'en méfier ?
Harry regarda Hermione se masser les tempes en soupirant. Il se redressa un peu pour mieux la voir, lui aussi était particulièrement curieux de savoir ce que le miroir permettait de voir. Il savait déjà que se complaire dans le reflet d'une illusion, d'un rêve pouvait rendre fou, Dumbledore le lui avait dit quand Harry avait découvert le miroir du Riséd.
-Le miroir de tantale, poursuivit la sorcière, permet de savoir…non pas de savoir…permet d'avoir une intuition sur la façon de penser des gens.
Tous se regardèrent dans la salle, en fronçant les sourcils.
-Quand le miroir de tantale est installé dans un endroit et qu'il est activé, une ligne de lumière apparaît tout autour.
Elle fit un mouvement de baguette en direction du faux miroir qu'elle avait fait apparaître précédemment, et un cercle apparut au sol, au niveau de l'endroit où les milliers de petits triangles étaient en train de flotter tout doucement dans les airs.
-Cette lumière, c'est la ligne de détection. Une seule personne peut la franchir à la fois. Quand une personne la franchit, les triangles se mettent à bouger, d'abord lentement, puis plus rapidement, jusqu'à ce que tous les triangles se consolident à nouveau pour former une statue de verre.
Elle agita de nouveau sa baguette pour que les triangles commencent à bouger.
-Une statue demanda une élève ? Mais une statue de quoi ? De qui ?
-C'est là qu'est tout le problème poursuivit Hermione. Et c'est à cause de cette question que le miroir ne peut pas être utilisé comme preuve lors d'un procès dans un tribunal. Pendant longtemps, les sorciers ont cru que le miroir faisait apparaître la personne donc le sujet de l'expérience était le plus proche. Imaginez si le miroir était utilisé aujourd'hui selon cette théorie ! Si on s'avance dans le cercle, et que c'est Dumbledore qui apparaît dans le miroir - elle agita sa baguette pour que les triangles prennent la forme d'une silhouette de Dumbledore parfaitement reconnaissable – alors ça voudrait dire qu'on est quelqu'un de bien, qu'on œuvre pour le bien, à ses côtés, comme Auror ou comme Membre de l'Ordre du Phénix.
-Ou de l'AD ! s'exclama Dean en souriant.
-Oui, ou de l'AD, répéta Hermione avec un sourire, qui disparut cependant rapidement. Mais à l'inverse, si c'est la silhouette de Vous-Savez-Qui qui apparaît – elle agita de nouveau sa baguette et Dumbledore laissa place à Voldemort – ça voudrait dire qu'on est un Mangemort, ou bien qu'on est dans leur camp.
Plusieurs exclamations et chuchotement s'élevèrent dans la Salle ! Hermione était contente de son petit effet, et elle poursuivit.
-Seulement des chercheurs se sont rendus compte que ce n'est pas le cas. Le miroir ne montre pas la personne dont on se sent le plus proche, du moins pas toujours. Il ne montre que l'image de la personne qui a le plus d'impact dans notre vie.
Cette fois tout le monde reste silencieux.
-Quelqu'un qui a le plus d'impact dans notre vie, c'est très vague, et ça veut dire beaucoup de chose, continua Hermione. Ca peut être un sorcier extrêmement puissant ou intelligent qui nous inspire, un mentor qui nous forme et nous rend plus fort, un membre de notre famille, un être aimé…
-Mais alors c'est pareil ! s'exclama un élève. Si on a Dumbledore comme mentor, ou quelqu'un de bien dont on est amoureux, on est quelqu'un de bien et on ne devrait pas être inquiété par le Ministère. Et à l'inverse….
-Non, souffla Hermione tristement. Il n'y a pas de gens dont vous êtes d'accord avec les idéaux qui impactent votre vie. Ca peut aussi être un ennemi qui vous persécute et à qui vous pensez tout le temps, quelqu'un qui vous a blessé, quelqu'un qui a fait du mal à un être cher. Si un Mangemort a assassiné un membre de votre famille, et que cette personne vous obsède, et que vous ne pensez qu'à la vengeance, c'est cette personne que le miroir fera apparaître. Ca ne veut pas pour autant dire que vous êtes un Mangemort, au contraire.
Elle posa un court instant son regard sur Harry en terminant ses explications. Beaucoup d'élèves, surtout parmi les dernières années, étaient scandalisés.
-Mais pourquoi est ce que le Ministère veut utiliser si ce miroir s'il ne peut pas leur donner des informations précieuses ?
-Je suppose que pour eux c'est mieux que rien, dit Hermione. Ils vont éliminer d'office de la liste des potentiels suspects perturbateurs tous les élèves qui auront des gens considérés comme biens et non dangereux qui apparaîtront. Et pour les autres…ils mèneront une enquête plus approfondie. Mais il n'y a pas que la personne que le miroir fait apparaître qui leur donnera une indication sur nous.
Là encore, tout le monde resta silencieux.
-Pour sortir du cercle lumineux, il y a une épreuve à passer. L'épreuve du miroir. Il faut dire une chose, que l'on souhaiterait dire à la personne dont le miroir à pris la forme. Suivant la véracité des propos tenus, le miroir réagit avec plus ou moins d'intensité. Si vous dites quelque chose que vous pensez vraiment, par exemple si Dumbledore apparaît et que vous lui dites que vous voulez rejoindre l'Ordre du Phénix et que c'est vrai, le miroir explosera et les triangles se disloqueront les uns des autres pour flotter dans les airs en attendant que quelqu'un d'autre entre dans le cercle lumineux. Mais si vous mentez, que l'image de Vous-Savez-Qui apparaît par exemple, que vous êtes un Mangemort mais que vous dites que vous détestez le Mage Noir et que vous voulez le détruire alors que c'est faux, le miroir restera statique, ou s'effritera à peine un peu et vous servez bloqués dans le cercle lumineux tant que vous n'aurez pas dit la vérité.
-Quoi on peut rester bloqué ?
-Il suffit de ne pas mentir et tu ne seras pas bloqué !
-En réalité, trancha Hermione. Les Professeurs ne prendront pas le risque de nous laisser bloqué. Je pense qu'ils ont dû trouver un moyen de faire sortir quelqu'un du cercle même s'il n'a pas dit la vérité. Mais si ça vous arrive, il faut s'attendre à un interrogatoire du Ministère musclé juste après acheva-t-elle en agitant une ultime fois sa baguette pour faire disparaître le faux miroir qu'elle avait créé.
Harry ne fit pas attention aux exclamations dans la Salle qui suivirent. Il croisa de nouveau le regard d'Hermione, et même sans don de Legilimancie il savait très bien ce qu'elle pensait. Elle était inquiète, elle savait comme lui qu'il y avait de forte chance que le miroir fasse apparaître quelqu'un de très peu recommandable devant lui. Ce qui ne manquerait pas d'alerter le Ministère un peu plus sur son cas.
oOo
Les vacances de fin d'année étaient finalement arrivées et pour l'occasion, le réseau des cheminées du château avait été réactivé exceptionnellement. Par mesure de sécurité cependant, seules quelques cheminées installées dans une même grande salle circulaire du deuxième étage avaient étaient activées et les professeurs étaient sur place pour veiller au bon fonctionnement du trajet de chacun des élèves. Harry, lui, était toujours dans son dortoir, en train de rassembler ses dernières affaires il avait prévu de rejoindre Ron directement devant la salle des cheminées. Comme durant l'été, il réussi facilement à faire tenir toutes ses affaires dans son sac ainsi que la cage d'Hedwige, cette dernière étant partie pour le Terrier par les airs quelques temps auparavant. Il quitta finalement le dortoir puis la Salle Commune, et en chemin il tomba sur Findsbery. Il discutait avec quelques Aurors mais leur fit signe de s'en aller quand il vit s'approcher Harry.
-Ah Mr Potter, je vois que vous êtes vous aussi sur le départ. Il semblerait que très peu de personne ait décidé de rester à Poudlard cette année.
-Je suppose que tout le monde a envie de revoir sa famille et ses proches compte tenu des…circonstances.
-Oui oui certainement. Puis je vous accompagner jusqu'au deuxième étage ?
-Si ça vous fait plaisir, lança Harry en haussant les épaules, ne comprenant pas trop pourquoi l'Auror voulait s'entretenir avec lui tout à coup.
-Bien bien, formidable. Et vous Harry, vous allez chez les Weasley c'est bien cela ?
-Oui. Ron et moi sommes amis depuis la première année. Les Weasley sont un peu comme ma famille.
-Je comprends. Et puis vous avez besoin de repos Mr Potter, après tout ce qui s'est passé depuis le début de l'année. Ces attaques et…l'intervention de Davis.
Il resta un long moment sans rien dire, le regard perdu et semblait très embêté et également angoissé. Comme à son habitude, il tournait son chapeau entre ses mains dans tous les sens et il commençait à parler de plus en plus vite.
-Il n'aurait jamais du faire ce qu'il a fait. Bien sûr nos enquêtes piétinent un peu et on se retrouve souvent dans des impasses mais ce n'était pas une raison pour brutaliser les gens.
Après quelques minutes, ils arrivèrent devant la salle où avaient été installées les cheminées. Plusieurs dizaines d'élèves faisaient la queue devant le couloir pour pouvoir avoir accès à la salle. Puisqu'il ne voyait ni Ron ni Hermione, il se contenta de rester derrière, un peu en retrait, en compagnie de Findsbery qui avait un regard étrangement vague. Totalement perdu dans ses pensées il avait commencé à marmonner.
-De toute façon je le pense, depuis le début j'en suis persuadé. Je ne peux rien dire à personne mais vous savez moi je suis au courant, et un jour ou l'autre ça se saura. Tout se passera comme la dernière fois, exactement comme…
Il arrêta de tripoter son chapeau quelques secondes et se tourna vers Harry. Visiblement il ne s'était pas rendu compte qu'il avait marmonné ainsi et il ne devait pas trop se souvenir de ce qu'il avait dit à haute voix. Il eut un sourire crispé, prit une grande aspiration et ajouta :
-Mais le principal pour vous c'est de vous reposer n'est ce pas ? Vous avez déjà traversé pas mal d'épreuves, vous ne devez pas vous sentir très en forme.
Il commença à regarder Harry droit dans les yeux et ce dernier ne savait pas si ce qu'il venait de dire était une affirmation ou bien s'il lui demandait vraiment comment il se sentait en ce moment. Il n'avait parlé à personne de ses malaises à répétition ni de ses accès de rage et de colère et le fait que cet homme lui demande comment il allait prouvait qu'il s'attendait certainement à ce que Harry lui annonce qu'il n'était pas en grande forme. L'homme continuait de le fixer et dans un premier temps il pensa que l'Auror tentait de s'introduire dans son esprit pour voir s'il mentait ou pas mais en réalité, il eut rapidement l'impression que Findsbery le regardait en attendant quelque chose, comme s'il espérait qu'un changement se fasse chez Harry soudainement.
-N'est ce pas Mr Potter ?
Il était hors de question qu'il aborde son état réel avec cet homme et il se contenta de lui dire que tout allait bien. Ils s'approchèrent enfin de la salle et un peu plus loin il aperçu Rogue, en grande conversation avec Malefoy qui était toujours aussi pâle. Il ne les avait plus revu ensemble depuis qu'il les avait espionné le soir de sa retenue à la bibliothèque et cette fois, Malefoy n'était pas du tout en colère. Au contraire, il semblait très anxieux et Rogue avait l'air d'essayer de lui remonter le moral. Un peu plus loin il vit Hermione en grande conversation avec Ginny et Matthew un peu plus loin qui lui lança un dernier regard triste qu'elle ne vit pas, avant qu'il ne disparaisse dans un tourbillon de flammes vertes. Il vit ensuite la sorcière se rapprocher de Ron qui était en train de dire au revoir à Seamus, que Harry trouva agacé sans pouvoir en être sûr. En effet, Findsbery venait de le tirer par la manche pour l'emmener un peu à l'écart.
-Mr Potter, vous ne semblez pas mesurer à quel point la situation est grave. Vous ne pouvez pas me dire que tout va bien comme cela quand visiblement ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'à vous regarder pour voir que vous êtes épuisé.
-Et alors ? Qu'est ce que ma fatigue a à voir avec la situation actuelle ?
-Ne me prenez pas pour un idiot Mr Potter ! Peut-être que l'année dernière le Ministère comptait bon nombre de personne incompétentes mais aujourd'hui ce n'est pas le cas. Dumbledore n'est pas le seul à faire ses petites recherches, le Ministère sait également qu'il y a une connexion entre vous et Vous-Savez-Qui. La tragique attaque de Arthur Weasley l'année dernière et votre témoignage primordial qui a permis de le sauver sont la preuve que vous êtes lié au mage noir.
Harry fronça les sourcils, il ne voyait vraiment pas pourquoi l'Auror lui parlait de tout ça. Ce dernier prit soudain un air grave et arrêta totalement de tripoter son chapeau. Il avait l'air totalement apeuré et si ça n'avait pas été un Auror reconnu, Harry aurait presque pu penser qu'il pouvait s'évanouir rien qu'en abordant de nouveau le lien possible entre l'état de Harry et l'humeur de Voldemort.
-C'est pour cela, que vous devez absolument nous faire part de tout changement radical que vous notez. Vous seul pouvez bien entendu savoir si ce que vous ressentez a un quelconque lien avec, enfin vous savez.
Harry commençait à être particulièrement agacé et n'avait pas envie de continuer cette conversation.
-Je vous assure que je n'ai rien d'étrange à vous signaler. S'il se passait quoi que ce soit d'anormal j'en aurai immédiatement averti le professeur Dumbledore. Maintenant si vous voulez bien m'excuser.
Findsbery le regarda avec un air dubitatif, visiblement il n'avait pas l'air convaincu. Harry fit quelques pas et pouvait voir maintenant que ses amis regardaient vers lui, tout comme Rogue, McGonagall et d'autres professeurs qui semblaient particulièrement s'intéresser à eux en se demandant ce que l'Auror pouvait lui raconter. Ce dernier l'empêcha de passer et s'approcha un peu plus de lui.
-Vous savez ce qui s'est passé la dernière fois que Vous-savez-qui était au pouvoir Mr Potter ? chuchota-t-il pour que personne à part Harry ne puisse entendre. Ça a commencé comme maintenant, avec des disparitions, avec des meurtres. Tout ça dans l'unique but d'affirmer sa puissance et sa supériorité, pour que la peur s'installe dans la communauté des sorciers. Mais ça ce n'est pas le pire. Si Vous-Savez-Qui est considéré comme le sorcier le plus redoutable et le plus cruel, c'est surtout pour ce qu'il a infligé à la plupart de ses victimes. Vous voyez de quoi je parle n'est ce pas?
Harry ne le quitta pas des yeux, tout en fouillant dans sa mémoire et le premier souvenir qui lui revint fut celui de son premier cours d'Occlumencie et des paroles de Rogue.
-Il torturait ses victimes pour obtenir des informations et c'est seulement une fois que les personnes étaient à l'agonie qu'il les tuait.
-Oui c'est bien cela. Mais ce n'est pas une torture ordinaire qui vous attend si vous êtes capturé. Les sortilèges de douleurs, les blessures physiques ce n'est rien comparé à ce qu'il fait quand il entre dans votre esprit. Il vous vide de toute votre énergie, de toutes vos certitudes, et de toutes vos sensations. Ce n'est pas comme une simple attaque de Détraqueurs. Face à lui vous ne pouvez pas agir, vous ne pouvez rien faire. Il peut faire ce qu'il veut de vous, vous rendre fou, vous bloquez à l'intérieur de votre propre corps, vous forcez à attaquer d'autres personnes, tout cela sans avoir recours à aucun sortilège. Il fausse tous vos jugements de valeurs et toutes vos pensées. Vous ne savez plus qui vous êtes, ni pourquoi vous vous battez, qui sont vos amis et vos ennemis. Et vous sombrez dans la folie ou dans l'inconscience, lentement.
-Pourquoi est ce que vous me dites tout ça ?
-Pour que vous ayez bien à l'esprit de ce qui peut arriver, dit Findsbery en se rapprochant de lui encore plus, si proche que Harry pouvait sentir son souffle sur son visage. Il peut s'en prendre à n'importe qui, à n'importe quel moment.
-Pas ici, pas ceux qui sont dans ce château.
-Mais ce château vous êtes sur le point de le quitter n'est ce pas Mr Potter ?
-Ce n'est que pour quelques jours. On ne me laisserait pas sortir si il y avait un trop gros risque. Toutes les protections seront…
-Ah oui, les fameuses protections autour de Harry Potter. Vous croyez sincèrement qu'elles seront efficaces face à Vous-Savez-Qui ?
-Si c'est Dumbledore qui s'en est chargé oui !
Il venait de dire cela sur un ton de défi, et fut lui même surpris pas la conviction avec laquelle il parlait. Le directeur l'avait un peu déçu au début de l'année, en ne lui donnant que peu de nouvelles, et en ne prenant pas toujours son parti mais finalement, il savait et avait toujours su que Dumbledore était le plus puissant, le plus brillant. Il savait ce qu'il faisait et s'il avait tenu Harry à l'écart jusque là c'était probablement car au fond de lui, comme Harry, il ne croyait pas véritablement à cette prophétie. Ou bien qu'il y avait un élément primordial qui leur échappait. Harry ne pouvait pas être destiné à tuer Voldemort, pas tant que Dumbledore serait vivant et il était impossible qu'il meurt de la main d'un sorcier comme Voldemort. Il reprit ensuite :
-Et puis de toute façon, Voldemort n'arrivera pas à détraquer mon cerveau comme cela.
-Ne prononcez pas son nom ainsi ! Et pourquoi dites vous cela ? Parce que vous êtes supérieur aux autres sorciers ?
-Non. Simplement parce qu'il a déjà essayé de prendre possession de mon corps. Et il a échoué. Si vous voulez bien m'excuser maintenant, je dois y aller.
-Très bien. Nous nous reverrons à la reprise des cours.
L'Auror disparut au détour d'un couloir et Harry alla près de la cheminée où se trouvaient Ron et Hermione.
-Qu'est ce qu'il te voulait Findsbery ? demanda Ron.
-Rien de particulier. Il voulait me souhaiter de bonnes vacances, et me demander comment j'allais.
Harry était dos aux professeurs mais il savait que ces derniers pouvaient les entendre discuter et il ne voulait pas qu'ils sachent de quoi lui et l'Auror avait réellement discuté.
-Vous aviez l'air en grande conversation pourtant. Il avait un air plutôt grave non ?
-C'est parce qu'il a dit que j'avais l'air fatigué. Il s'est excusé au nom du Ministre aussi pour ce qui s'est passé avec Davis.
-Ah d'accord.
-Tu es prête à y aller Hermione ? demanda Harry.
-Oui c'est bon.
-Comment tu fais pour aller chez toi ? Le réseau des cheminées a été relié à des maisons de moldus ?
-Non, dit elle. Le Ministre n'a pas autorisé cela. Du coup tous ceux qui vont chez des moldus doivent prendre la même cheminée. Des Aurors nous attendent de l'autre côté, dans une boutique à Londres et nos parents viennent nous chercher.
-D'accord.
Elle s'approcha de Harry et le prit dans ses bras.
-Surtout sois prudent Harry ! Ne fait rien d'irréfléchis !
-Ne t'en fais pas.
-Je compte sur vous pour bien réviser et faire tout vos devoirs.
-Oh ça va ne recommence pas, lança Ron.
-Passez de bonnes fêtes tous les deux.
-Merci toi aussi.
Elle s'éloigna et alla rejoindra un groupe qui attendait dans un coin de la salle.
-Tu es prêt Harry ?
-Un instant Potter. C'était le professeur McGonagall qui s'était approchée. J'ai une lettre pour vous, de la part du directeur. Elle lui tendit une enveloppe cachetée du sceau de l'école. Ouvrez là une fois que vous serez arrivé.
-Très bien merci.
C'était parfait. Il espérait que le directeur lui donne une date de rendez vous et il verrait ça en arrivant au Terrier. Il avait également prévu de lui parler du comportement étrange de l'Auror et des questions qu'il lui avait posées.
-Je vous souhaite un joyeux Noël à tous les deux.
-Joyeux Noël professeur.
Ron entra le premier dans la cheminée et disparut, suivit de près par Harry.
Un peu plus loin, c'est Severus qui devait faire des au revoir, et il n'avait pas vraiment l'air à l'aise avec l'exercice. Elizabeth avait accepté de lui suivre à l'écart, un peu plus loin, pour qu'il soit tranquille.
-Est ce que tout va bien Severus ? Tu n'as pas l'air…en forme.
-Ca va, grogna-t-il. J'ai…Il fallait que je te parle, avant que tu ne partes.
-Je m'en doute, dit Elizabeth en baissant la tête. Elle savait déjà de quoi il voulait parler.
-Je t'ai vu à Londres, lors du test du miroir pour tout le personnel du château.
-Oui je le sais, dit-elle, ses joues commençant à rougir légèrement. Mais tu devrais oublier ce que tu as vu.
-Ou…oublier ? s'insurgea Severus. Comment veux-tu que j'oublie ça ?
-Je ne sais pas ce que tu penses que ça représente mais…
-Ce que je pense que ça représente ? Elizabeth, tu as fait le test, et c'est moi qui suit apparu ! Peu importe ce que miroir nous montre, ce qu'il représente vraiment, c'est moi qui suit apparut. Et je sais ce que ça veut dire. Que j'ai une importance toute particulière pour toi.
-Je n'ai jamais dit le contraire, souffla-t-elle.
-Seulement moi, je ne peux pas vivre comme ça. C'est en train de me détruire. Je ne peux pas continuer à vivre au quotidien en te voyant juste à côté, sans savoir ce qui pourrait se passer ensuite.
-On a déjà eu cette conversation Severus. Tu n'as pas de place, pas de temps pour moi dans ta vie. Pas en ce moment. Alors c'est non négociable. Fais ce que tu as à faire, bats-toi pour…pour la reconnaissance, pour la gloire que tu désires depuis tellement de temps. Et après on verra.
-Tu crois que c'est pour la gloire que je fais ça ?
Il s'avança d'elle, l'air menaçant. Elle n'avait pas peur. Au contraire, elle releva un peu plus la tête, les sourcils froncés, le regard tout aussi noir que lui. Enfin, elle essayait.
-Si je fais tout ça, c'est pour que tout le monde ici puisse avoir une chance d'avoir un avenir meilleur. Pour qu'on sorte des Ténèbres, pour qu'on puisse espérer de nouveau avoir la paix.
-Pour tout le monde ici ? Mais combien y-a-t-il de personnes que tu apprécies réellement ?
-Elizabeth, tu peux penser de moi ce que tu veux, mais oui, ce que je fais je ne le fais pas uniquement pour moi. Albus m'a transmis ses idéaux, ses espoirs, ses rêves. C'est pour ça que je me bats. Alors oui, je peux paraître intéressé quand je parle de reconnaissance, j'estime simplement que sacrifier ma vie pour le bien commun mérite que ça ne passe pas inaperçu, et c'est peut-être orgueilleux mais c'est comme ça.
-Non, ça n'a rien d'orgueilleux, dit Elizabeth d'une voix triste. C'est toi qui a raison…Je sais que tu as déjà fait beaucoup pour toute la communauté, et que tu continues à faire encore beaucoup de choses. Alors le constat est le même, nous deux ce n'est pas possible. Pas pour le moment. Mais, après la guerre, peut-être que…
-Non Elizabeth, c'est ce que je voulais te dire. Je ne peux pas continuer, en pensant que peut-être, un jour, si tout s'arrange, on pourra éventuellement envisager de vivre quelque chose. Ce n'est pas mon genre de vivre comme ça.
-Alors quoi ? dit-elle sans vraiment comprendre où il voulait en venir. Il ne pouvait pas l'interdire d'avoir des sentiments pour lui, et ils allaient bien devoir cohabiter à nouveau dans le château à la rentrée.
-Alors tiens.
Il sortit un paquet de sa poche, enveloppé dans un paquet cadeau.
-Qu'est ce que c'est ?
-C'est quelque chose…que j'avais acheté pour ton anniversaire. Avant qu'on ne se dispute.
-Mon anniversaire ? Mais comment est ce que…
-J'ai vu ta date de naissance sur ton arbre généalogique cet été.
-Et tu t'en es souvenu ?
-Elizabeth, dit-il en serrant la mâchoire, comme si sa réflexion l'agaçait. Depuis qu'on s'est rencontré, je me souviens de chaque mot que tu as prononcé, de chacun de tes sourires, de chaque…de chaque regard noir que tu m'as lancé. Je me souviens de toutes les mèches de cheveux que tu as remise derrière ton oreille, de toutes les fois où tu m'as regardé avec tendresse, de chacun des baisers qu'on a partagés. Je me souviens d'absolument tout…et c'est ça qui est en train de me ronger. Je ne peux plus le supporter et c'est pour ça que je suis obligé de te poser cet ultimatum.
Il fit un pas en arrière pour s'éloigner d'elle. Elizabeth était bouche-bée, incapable de prononcer le moindre mot fasse à sa déclaration. Mais c'est pourtant sa dernière déclaration qui la fit réagir.
-Un ultimatum ?
-Ce cadeau, il se porte. Tu l'ouvriras quand tu seras en lieu sûre avec ta famille. Et quand on se verra après les vacances, il n'y aura que deux possibilités. Soit tu le porteras, et ça voudra dire que tu laisses une chance à notre histoire, une vraie chance, dès maintenant, en m'acceptant avec mes qualités et mes défauts. Et si tu ne le portes pas, continua-t-il la voix légèrement tremblante, ça voudra dire que tu es convaincue qu'on ne peut pas vivre une belle histoire, que ce soit maintenant, ou après.
-Severus…
-Non ! Je sais déjà ce que tu penses. Je sais que tu veux te préserver, que tu ne veux pas te lancer dans une histoire car tu penses que je ne m'investis pas assez, et que je te fais passer au second plan mais c'est faux. Oui c'est vrai je m'implique dans ce conflit, oui c'est vrai je fais énormément de choses pour aider Albus mais je m'investis. Ce n'est pas lié au conflit. Et quand la guerre sera finie, quand on sera débarrassé de cette menace, je ne changerai pas Elizabeth, je ne serai pas subitement un autre homme.
Il s'approcha à nouveau d'elle en voyant une larme couler le long de sa joue, qu'il essuya avec son pouce.
-Tu es la première à me faire ressentir, ce cocktail explosif de sensations que je ne pensais jamais pouvoir connaître, et j'en suis heureux. Mais je ne peux pas me cacher derrière la guerre et la peur qu'elle inspire pour te faire espérer un idéal que je ne pourrai jamais t'offrir. Ca nous ferait souffrir, tous les deux. Moi maintenant, et toi par la suite. Je suis désolé Elizabeth, mais c'est la seule solution. Je te laisse décider, ajouta-t-il en regardant le cadeau, avant de faire un pas, puis deux, avant de s'éloigner complètement, laissant Elizabeth dans son propre cocktail de sentiments. Un mélange de doute, d'angoisse, de peur mais aussi d'un quelque chose qu'elle n'arrivait pas à définir, mais qui était bien présent au fond d'elle.
oOo
Les premiers jours de vacances passèrent rapidement et Harry, Ron et tous les Weasley se retrouvèrent le soir du réveillon de Noël. Un périmètre de haute sécurité avait été installé autour du Terrier. Mais c'est Mrs Weasley qui avait insisté pour qu'ils se retrouvent entre eux pour les Fêtes, loin du quartier général. La soirée fut beaucoup plus festive que l'année précédente durant lequel Mr Weasley venait juste de sortir de l'hôpital et était toujours en convalescence. Il était également beaucoup plus animé, au grand désarroi de Mrs Weasley, puisque plusieurs hiboux avaient fait irruption tout au long du repas pour les informer des dernières nouvelles. Plusieurs lettres venaient de collègues de Mr Weasley qui luttaient avec acharnement contre de nombreux pièges et sortilèges qui avaient été mis en place ces dernières semaines pour blesser grièvement voire tuer des moldus. La dernière lettre arriva lors du dessert, ce qui mit Mrs. Weasley hors d'elle.
-Mais enfin ça ne s'arrêtera donc jamais !
-Je sais bien que c'est ennuyant Molly, mais on n'a pas le choix. On doit être informé de la moindre chose, répondit Mr Weasley.
Il déchira l'enveloppe et lut la lettre. En ayant terminé il eut l'air abattu et Mrs Weasley lui demanda avec anxiété ce que la lettre disait. Tonks et Lupin qui étaient passés pour le café étaient très intéressés également.
-Arthur ?
-Ça vient du Département de contrôle et de régulations des créatures magiques.
-Ils ont trouvé quelque chose à propos des Scalpeurs ?
-Non. Ils viennent de recevoir une lettre de Sainte Mangouste. Les personnes qui ont été attaqués dernièrement sont mortes, comme celles qui étaient tombées dans le coma après l'attaque sur le Chemin de Traverse. Et cela avant qu'on n'ait pu découvrir quoi que ce soit sur ces créatures.
Il frappa du poing sur la table ce qui fit trembler les tasses de café.
-Chéri calme toi ! Tu ne devrais pas te mettre dans des états pareils !
-Mais ça fait une vingtaine de morts en plus Molly, après les dizaines d'autres morts qu'il y a eu et les centaines de personnes encore dans le coma. Sans compter ceux qui sont toujours portés disparus et les victimes qu'il y a chaque jour. On avait bien besoin de ça après l'évasion d'Azkaban.
Mrs. Weasley posa une main sur l'épaule de son mari, puis fit apparaître de nouvelles confiseries et parts de desserts.
-Il vaut mieux changer de sujet. Les enfants, c'est l'heure pour vous d'ouvrir vos cadeaux. Ils sont tous installés sur la table là-bas.
Harry suivit les Weasley jusqu'au bout du salon mais en réalité, pour la première fois depuis 5 ans, il n'avait pas la tête à ouvrir ses cadeaux de Noël. Avec toutes ces lettres et les nombreux passages des membres de l'Ordre depuis qu'ils étaient arrivés au Terrier, il avait vu de façon flagrante à quel point ils étaient préservés en étant à Poudlard. Bien sûr lui, Ron et Hermione en tête se tenaient informés par le biais de la Gazette du Sorcier mais ce n'était pas la même chose et pour la première fois il comprenait vraiment la peur que pouvait inspirer Voldemort. Cette angoisse d'être suivi, d'être traqué mais également la peur de voir des proches attaqués, blessés et tués. Pour la première fois il se rendait compte de la vague de terreur qui sévissait dans tout le pays et le pire c'est qu'il ne savait pas comment réagir. Tous ces gens cloitrés chez eux, à l'affût du moindre bruit, de la moindre silhouette près d'eux. Pouvaient ils vraiment croire que c'était l'Élu ? Que c'était lui, un jeune sorcier de 16 ans, qui était pressenti pour détruire le plus grand mage noir de tous les temps ? Il avait du mal à le croire. Et pourtant il ne pouvait pas non plus l'ignorer. Il devait absolument en discuter avec Dumbledore et il aurait la possibilité de le faire dès la rentrée. C'est ce que le directeur lui avait écrit dans la lettre que lui avait donnée le professeur McGonagall avant qu'il ne vienne ici.
Le reste de la soirée se passa sans encombres, et sans nouvelles envoyées par hibou. Le lendemain il y eut beaucoup de passage au Terrier, plusieurs membres du Ministère étaient passés pour discuter avec Mr Weasley qui était de repos, après avoir travaillé nuits et jours pendant des semaines.
La plus grande surprise fut une visite inattendue, trois jours avant le réveillon du jour de l'an. À la fin d'une réunion de l'Ordre qui avait eut lieu toute l'après-midi, quelques membres de l'organisation étaient déjà partis quand quelqu'un que personne n'attendait frappa à la porte. Harry, lui, n'était pas avec les autres quand ce visiteur apparut. Ces quelques jours au Terrier n'avait rien changé à ses nuits agitées et comme à Poudlard, il dormait très mal et était de plus en plus épuisé durant la journée. Il avait décidé d'aller se reposer dans l'après-midi mais il n'eut pas vraiment l'occasion de récupérer son sommeil en retard. Il avait d'abord fait le même rêve qu'il faisait depuis des jours, celui de la Grande Salle, dans lequel il attaquait Dumbledore et Rogue. Le seul rêve dont il n'avait pas parlé au Directeur, ni à Ron d'ailleurs. Hermione était la seule au courant. Puis c'est Voldemort qui était apparut dans son rêve et il ne pouvait rien faire pour échapper à sa vision. Celui-ci était installé dans un salon salon, un endroit que Harry ne connaissait pas et entouré de certains de ses serviteurs. C'est alors qu'il vit parmi eux Drago Malefoy, entouré de sa mère et de son père qui s'inclinaient devant leur maître.
-Ah Lucius, te voilà enfin. J'espère que tu es prêt pour la mission que je vous ai assignée à toi et aux autres.
-Oui maître, mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous voulez qu'on aille là-bas alors que…
Voldemort lui fit signe de se taire, toujours avec un regard cruel et froid.
-Tu n'as pas besoin de comprendre pourquoi je vous demande de faire tout cela Lucius. Tu viens à peine de sortir d'Azkaban et tu ignores tout de mes derniers projets. Tout ce que je te demande de faire c'est obéir et surtout de ne pas me décevoir.
Lucius Malefoy fut parcouru d'un frisson. Il avait l'air très fatigué, ses yeux entourés de cernes et le teint pâle. Visiblement il avait reçu une bonne correction pour ce qui s'était passé au Ministère en Juin dernier et il n'avait pas du tout l'intention de décevoir à nouveau son maître.
-Oui, bien sûr maître. Je comprends. Vous ne serez pas déçu je vous le garantis. Voulez vous que je vous le ramène ici vivant ?
-Tu ne devrais pas me proposer un service que tu auras de toute façon du mal à fournir. Il est puissant, bien plus puissant que toi et tu auras beaucoup de difficultés à le ramener ici. Si tu le faisais je pense que ce qui s'est passé la dernière fois serait pardonné mais en réalité, je veux juste oppresser cette minable petite organisation. Leur faire comprendre que je peux savoir où ils sont, ce qu'ils font, à quel moment et que si je le désire, je peux m'en prendre à eux. Ils doivent avoir l'impression qu'ils ne sont à l'abri nulle part.
-Et comment êtes vous au courant de cette réunion? Est ce que vous avez un espion parmi eux ?
-Ne sois pas idiot ! Il serait impossible pour quiconque travaillant pour moi d'entrer dans ce groupe, Dumbledore est trop prudent. Il ne se fera jamais avoir là où moi j'ai été dupé et c'est ce qui m'énerve particulièrement. Mais je n'ai pas besoin d'espion, je peux voir très bien ce qui se passe au sein de l'Ordre.
-Entendu. Si vous n'avez plus besoin de moi maître, je vais aller me préparer comme les autres. Nous n'allons pas tarder à partir.
-Oui c'est ce qui est prévu, mais ne vous inquiétez pas, de toute façon vous ne serez pas seuls.
Devant l'air surpris et interrogateur de Lucius Malefoy, Voldemort se leva de son siège et leva sa baguette dans les airs. Il prononça une incantation particulière que Harry n'avait jamais entendue mais il eut tout de suite l'impression que c'était un sort que Voldemort avait inventé. Une substance étrange, de couleur noir, jaillit de sa baguette et se matérialisa petit à petit jusqu'à se rapprocher du dessin que Harry avait vu au début de l'été, celui qui représentait les créatures qui avaient attaqué les passants sur le Chemin de Traverse, les Scalpeurs. Voldemort eut un sourire mauvais devant l'air incrédule de Malefoy puis ajouta :
-J'ai appris l'incantation et la marche à suivre à Bellatrix. Maintenant va-t'en, et faites en sorte que les membres de l'Ordre du Phénix ne s'en remettent pas.
Lucius Malefoy disparut du salon, tandis que le rire mauvais de Voldemort emplissait la pièce et que Harry se réveillait enfin, dans son lit au Terrier.
