Bonjour à toutes et à tous.
En publiant ce texte, je me rends compte que cela faisait un peu plus de six mois que je n'y avais pas ajouté de nouveau texte. C'est stupéfiant de voir à quel point le temps passe à une vitesse folle. Néanmoins, mes bonnes résolutions étant prises, plusieurs écrits sont prêts ou en finition, et il y aura donc des mises à jours un peu plus régulières!
Aujourd'hui, un petit écrit sur deux personnages dont je pense qu'il y a beaucoup à dire, pour peu qu'on prenne le temps d'y repenser.
Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.
Titre: Reconnaissance.
Personnages: Kanon - Shun. (Athéna - Chevaliers d'Or - Chevaliers Divins.)
Rating: K.
735 mots.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture. Merci à toutes et à tous pour votre soutien!
La sagesse de ses aînés était une valeur qu'ils ne posséderaient jamais.
Les Guerriers Divins se tenaient là, debout derrière leur Déesse, écoutant attentivement les échanges ayant lieu devant leurs yeux. Le poing d'Aiolia sur la table, faisant écho à son mouvement d'humeur, face au regard et au ton impassible du chevalier du Verseau posé sur lui. Les faits énoncés calmement par Shion, auxquels répondaient les explications claires de Dohko. L'air désintéressé d'Aphrodite face au sérieux de Shura. Tant de comportements différents face à des situations délicates qu'il était nécessaire de gérer, alors que devant chacun d'eux, un rapport en dix pages avait été déposé, et soigneusement compulsé par les personnes présentes, en dépit de l'attitude que chacun témoignait.
Shun avala lentement sa salive, admirant silencieusement la force mentale de l'élite de leur Ordre. Quoi qu'il puisse arriver, cela resterait une évidence, dans le vase clos qu'était le Sanctuaire. Jamais ses camarades et lui-même ne pourraient un jour s'élever au-dessus de ce que l'expérience et les années avaient offert comme acquis à leurs aînés, en dépit de l'évolution de leurs armures baignées de sang divin. Peut-être avaient-ils vaincu par leurs poings et leurs luttes. Mais ce qui se jouait actuellement devant eux, non, ils n'étaient certainement pas prêts à faire de même. L'expérience des combats était une chose, qu'ils partageaient certainement — celles de vies entières à vivre de l'esprit du Sanctuaire en étaient une autre.
Il observait chacun d'eux, notant les différences ou les similarités, en postures comme en logorrhées. Son regard s'arrêta alors sur Kanon, dont l'attitude rigide n'était qu'une façade face à une écoute assidue des arguments d'Aioros. Les bras croisés, et le visage figé dans une expression de sérieux que peu lui connaissaient être dirigée vers qui que ce soit d'autre qu'Athéna ou le Chevalier de la Balance.
Shun s'accorda quelques secondes pour faire glisser ses pupilles vertes sur la posture austère et les muscles puissants qu'il pouvait deviner à travers la tunique qui n'avait jamais changé. Au milieu des armures d'Or portées par ses camarades, telle une frontière, la tenue de Kanon aurait pu trancher sévèrement. Sans pour autant que le concerné, ou ceux qui l'entouraient, semblèrent y porter la moindre attention. Cela, bien plus encore que toutes ses démonstrations de force, était une preuve suffisante de l'estime que les quatorze hommes se portaient.
Les yeux pers accrochèrent les siens, alors qu'un long frisson le secouait, sans qu'il ne puisse rien faire pour le faire cesser. Il réalisa alors que, perdu dans ses réflexions, il était demeuré bien trop longtemps à fixer le cadet des Gémeaux. Sans se départir de son attention envers la conversation, ce dernier s'était mis à l'observer à son tour, comme s'il devinait où les pensées d'Andromède l'avaient mené quelques minutes plus tôt. L'intensité de ce regard, et ce qu'il y lut, l'empêchèrent de se détourner, quand bien même il l'aurait profondément désiré. Dans son esprit, des paroles se mirent à résonner de nouveau, à une époque lointaine et meurtrière où il avait souhaité se sacrifier.
Kanon avait-il compris, lui qui pouvait lire les psychés pour créer ses illusions ? Avait-il lu la vérité cachée par Andromède, lorsque son poing s'était arrêté à quelques millimètres à peine de son visage, moins par pitié que par étonnement quand à ce qu'il avait vu ?
Aujourd'hui, il lui semblait de nouveau que oui. Kanon connaissait sa véritable force. Il avait fouillé au plus profond de lui pour en comprendre la source et les raisons. Il avait vu, dans cette zone intime réservée à nul autre qu'à lui-même, ce que Shun désirait pourtant si ardemment cacher. Le cadet des Gémeaux gardait son secret, sans jamais rien demander en échange que la promesse de la part du plus jeune des chevaliers de Bronze de ne jamais plus reculer lorsque l'ennemi reviendrait.
Cela, plus encore que sa force physique et mentale, provoquaient en Shun un sentiment de respect jamais égalé, et une déférence dont il n'était pas certain de savoir quelle forme lui donner. Être un cadet n'était pas une fatalité cela donnait accès une puissance d'un tout autre genre. Kanon semblait lui dire cela, encore aujourd'hui. Mais ce fût à l'instant où leurs regards se croisèrent de nouveau, que naquit sa conviction de n'avoir jamais autant admiré un autre homme de toute sa vie.
Kanon serait son modèle, lui qui savait mieux que personne ce que signifiait se fuir soi-même.
