Bonjour à toutes et encore merci vos messages.
Voici la suite, je vous souhaite bonne lecture :
Chapitre 31 - Denali
Nos derniers jours à Forks passèrent rapidement. Emmet et Rosalie avaient obtenu leur Bac pour la ixième fois, et ils avaient été au bal de fin de promo avec Jasper et Alice. Ils avaient essayé de nous convaincre jusqu'à leur départ de venir avec eux, Alice ayant même prévue une tenue pour nous.
Mais nous préférions et de loin rester seuls Edward et moi. Ces dernières nuits avaient tout simplement été fabuleuses, notre nudité ne nous gênait plus trop désormais et nos caresses prenaient de l'assurance. J'étais prête à franchir le pas, faire l'amour avec Edward m'apparaissait maintenant comme une évidence, je l'aimais encore d'avantage chaque jour, ce qui semblait pourtant impossible.
Nos vies étaient soudées pour l'éternité, et j'avais hâte de partir en vacances avec lui, espérant fortement que Carlisle ait raison : que ce séjour soit l'élément déclencheur.
Le matin de notre départ, il y avait une excitation incroyable dans la villa, tout le monde riait, se bousculait, chargeait les voitures Trois véhicules avaient été nécessaires pour les bagages, Alice et Rosalie prenant à elle deux la moitié de la place disponible. Quant à moi, j'avais comme d'habitude le plus petit bagage, mon inséparable sac à dos me suffisant largement. Carlisle avait prévu un sac de ravitaillement contenant quelques bouteilles de lait de 50 CL et des fruits frais qu'il avait caché, à mon attention, dans sa voiture, ce qui me permettrait de m'alimenter en toute discrétion.
Le trajet dura presque vingt-quatre heures, avec quelques arrêts obligatoires, bien que non nécessaires, mais Carlisle tenait à ce qu'on ne se fasse pas remarqué en faisant le trajet d'une traite.
A notre arrivée, Kate et Tanya se tenaient sous le porche de leur superbe maison. C'était un énorme chalet caché dans au milieu d'une forêt flamboyante, il était fait de bois rond, et un balcon faisait le tour du premier étage, et de grandes baies vitrées se dessinaient sur chaque pan, laissant deviner la vue magnifique qu'il devait y avoir de chaque pièce de la maison.
Le soleil passant à travers les arbres lui donnait un aspect doré ressemblant étrangement à la couleur de leurs yeux, preuve de leur régime alimentaire.
Je sortis du véhicule la dernière, les laissant profiter de leurs retrouvailles, puis Edward fit les présentations. Elles étaient aussi magnifiques l'une que l'autre bien qu'assez dissemblables.
Tanya portait une longue chevelure blonde, elle avait des traits fins que tout mannequin lui aurait envié et un corps svelte et souple. Kate quant à elle avait les cheveux plus foncés, un corps un peu plus charpenté avec quelque chose de félin. Elles me prirent dans leurs bras chacune leur tour, me souhaitant la bienvenue dans la famille, avant de me faire visiter leur domaine.
Elles étaient très fières de leur maison, et j'étais moi-même conquise par la clarté de chaque pièce et leur décoration digne d'un magazine. Chaque pièce avait un cachet exceptionnel, une décoration chaude se mariant parfaitement aux rondins apparents, elles avaient su créer un lieu où on se sentait bien dès qu'on y entrait.
Kate était particulièrement chaleureuse avec moi, et m'entraina rapidement à l'extérieur, laissant les autres s'installer. Elle me parla du parc national, véritable vivier pour s'alimenter, et de cet immense avantage que les visiteurs ne puissent s'y déplacer en voiture, ce qui laissait de grands espaces et des lacs où personne ne mettait jamais les pieds.
Il était d'ailleurs prévu que dès demain matin, nous profitions de la baignade avant d'aller chasser. J'étais conquise par tant de gentillesse et de naturel, Edward avait raison nous allions bien nous entendre…
Nous rejoignirent les autres à l'intérieur, Emmet en grande discussion avec ses frères, lançant des paris à tout va sur le nombre de grizzlis qu'il attraperait durant sa semaine.
La soirée fut sous le signe de la bonne humeur et des rires, chacune me racontant les exploits d'Emmet, s'en prenant à des campeurs qui avaient eu le malheur de s'installer trop prêt de son terrain de chasse, et ses blagues potaches.
Je trouvais que Tanya était très proche physiquement d'Edward, ses doigts lui effleurant la jambe ou le bras lorsqu'elle lui parlait, et ses longs cheveux avaient tendance à s'égarer trop souvent sur son épaule. J'essayais de ne pas y porter une trop grande importance, il est vrai qu'ils se connaissaient depuis très longtemps, mais ce rapprochement me rendait malgré tout très nerveuse.
De plus, le bras d'Edward qui m'entourait à sa droite se crispait de temps à autre autour de moi, et je me demandais si il ressentait également que leur proximité m'insupportait quelque peu. J'étais cependant un peu rassurée par les sourires d'Alice qui me laissaient présager qu'aucun risque n'était à prévoir, entre eux désormais régnait une amitié sans sous-entendu.
Chapitre 32 – Journée au lac
Après quelques heures de repos et d'intimité dans nos chambres respectives, la maison commença à s'agiter, signe de notre départ imminent pour notre première journée de baignade.
Alice vint frapper à notre porte, m'apportant – comme je le redoutais – mon maillot de bain. Argh ! Certes il était ravissant, petit deux pièces doré, mais j'avais osé espérer qu'elle me choisirait plutôt un maillot d'une pièce, permettant de cacher les cicatrices qui me traversaient le corps.
Se méprenant sur mon expression, elle me poussa dans la salle de bain, insistant sur le fait qu'elle avait choisi pour moi quelque chose de simple et sans fioriture qu'elle était convaincue m'aller à merveilles. Elle resta devant la porte, m'informant qu'elle ne bougerait pas avant de m'avoir vu avec !
J'enfilais donc rapidement le vêtement sans rien dire, et sortit, me présenter devant elle et Edward qui m'attendaient dans la chambre. Alice comprit immédiatement en me regardant que le problème ne venait évidemment pas de ce maillot, mais de ce qu'il laissait voir. Elle partit en courant de la chambre, pendant qu'Edward me prenait dans ses bras, m'informant déjà qu'on ne se baignerait pas, quand Alice, telle une tornade, reparut avec une belle robe de plage mi longue et fluide qu'elle m'enfila rapidement.
Elle avait l'air tellement désolée de son erreur, que je ne pus lui en tenir rigueur, et c'est ainsi parée que nous rejoignîmes les autres qui nous attendaient, sur le départ.
Seuls Carlisle et Esmée avaient décidés de s'accorder une journée rien qu'à eux, et leurs regards échangés nous laissaient entrevoir ce qu'ils avaient planifié.
En courant tous ensemble, nous arrivâmes au bord du lac.
Il était splendide, l'eau était claire, le soleil et la végétation alentour se reflétaient dedans. Emmet et Jasper se jetèrent du haut d'un petit promontoire dans l'eau du lac, faisant leur possible pour nous éclabousser.
Des rires et des cris fusèrent, et après avoir déposé toutes nos affaires sur la petite plage en herbe, nous les rejoignirent, moi la dernière, me glissant dans l'eau le plus rapidement possible afin que mon corps ne fût pas exposé à trop grand nombre de regard. Des jeux de joute débutèrent, Kate sur les épaules de sa sœur, et les autres par couple, les filles sur celles des garçons.
La difficulté ajoutée était que ceux du dessous étaient totalement immergés, et les combats se faisaient aussi bien en dessous qu'au-dessus. Encore une fois, je pensais que Tanya était bien trop proche d'Edward, leur corps à corps bien que n'étant qu'un jeu me mettait mal à l'aise.
Je m'efforçais de ne rien y voire de plus qu'un jeu, me demandant intérieurement si j'aurais réagi de la même manière s'il s'était agi de Kate. D'autant plus que tous se battaient de façon identique ! Le premier à chuter fut Jasper face à Emmet, et Alice me heurtant dans sa chute je rejoignis Edward sous l'eau. Le combat perdu, je me blottis contre mon bien aimé dont la peau froide me donna des frissons. Il avait délaissé Tanya pour m'embrasser, en m'entrainant vers les profondeurs et il m'avait semblé voir dans les yeux de cette dernière, un soupçon de colère.
Nous continuâmes ensuite nos joutes en changeant les équipes, puis nous coursâmes à la nage essayant de nous attraper, de nous couler…comme des gosses.
Le temps passait vite, et le soleil était à son zénith, quand je décidais de sortir pour lézarder un peu. Je fus suivi par Rose et Kate qui avaient également décidées de profiter d'un peu de chaleur sur leur peau. Elles étincelaient l'une et l'autre de mille feux, leurs corps semblant couverts de diamants, alors que moi je luisais essentiellement à cause des gouttelettes d'eau sur ma peau. Ce qui me valut quelques questions de la part de Kate, à qui j'expliquais en quelques mots mes différences principales avec elle.
Je jetais un coup d'œil vers le lac, pour voir qu'Alice et Jasper avaient rejoint à la nage la rive opposée et qu'ils s'embrassaient avec ardeur, disparaissant parfois sous l'eau. Emmet, quant à lui, avait décidé d'explorer les sentiers alentours, à la recherche d'empreintes d'ours.
Edward continuait de nager avec Tanya, ils étaient côte à côte en pleine discussion, et parfois j'entendais le doux rire cristallin de Tanya. Ils avaient sans doute beaucoup de choses à se dire et il est vrai que je ne leur avais guère laissé de temps seuls tous les deux, par peur ou par jalousie, je ne savais pas trop.
Nous entamâmes toutes les trois une discussion sur la faune locale, sur les moyens mis en œuvre pour protéger ce site fabuleux, et dérivâmes sur la vie en Alaska, et Kate me parla des autres membres de sa famille, Eléazar et Carmen qui formaient un couple uni et sympathique, qu'elle espérait que je rencontrerais bientôt. Puis au bout d'un long moment, le silence s'installa entre nous, Kate sortit de son sac un magazine, tandis que je m'asseyais pour voir si je voyais où se trouvait Edward.
Je n'apercevais au loin que Jasper et Alice, mais plus aucun signe de Tanya et Edward. Rose s'assis à mes côtés, scrutant également l'eau calme du lac. Elle devait sentir mon angoisse ou voir ma peur dans mes yeux.
« Ils ont dû nager vers le petit lac, par le petit passage au milieu de la végétation, ne t'inquiètes pas, mon frère ne disparaitrait pas comme ça, en t'oubliant derrière lui. Tu sais combien il tient à toi, et combien il t'aime, non ? » se moqua t'elle doucement.
« Oui, c'est juste que ça fait longtemps maintenant que nous sommes sorties de l'eau, et je trouve étrange qu'il ne m'ait pas rejoint. »
Il est vrai que le soleil commençait déjà sa course derrière les montagnes, je supposais que nous avions discuté pendant près de trois heures, sans qu'Edward ne soit sorti de l'eau. Je trouvais cela non seulement angoissant, je sentais également les picotements de la jalousie au creux de mon estomac. Rosalie, me pris la main et m'informa que le petit sentier derrière nous conduisait à la clairière du petit lac. Avec un sourire en coin, elle me releva.
« Allez debout, on va aller à leur rencontre. Quelques heures sans lui et te voilà perdue » – pouffa t'elle.
Elle m'entraina à sa suite, faisant un clin d'œil à Kate, qui elle-même riait de mon impatience. Je suivis Rose, me sentant un peu sotte, de réagir ainsi C'est vrai qu'elle n'était pas inquiète de ne pas voir Emmet revenir, mais je n'osais pas cependant lui demander de faire demi-tour, trop pressée de me retrouver dans les bras de mon amoureux.
Chapitre 33 – Choc et fuite
Nous arrivâmes à peine deux minutes plus tard en vue d'une petite clairière, très lumineuse. Et là, le choc…
Tanya était dans les bras d'Edward, ses longues jambes magnifiques autour de la taille de mon amoureux, lui-même debout et tous les deux étaient nus. J'eus un hoquet d'effroi, n'ayant pas besoin de beaucoup d'imagination pour comprendre ce qui se passait devant moi.
Je jetais un regard affolé à Rose, qui s'était figée, les yeux fixes et exorbités. Puis, je fis demi-tour et partis en courant, le plus vite que je le pouvais. Je heurtais au passage Alice et Jasper qui arrivaient vers la clairière en courant. Je ne m'arrêtais pas et courus comme une dératé jusqu'à la maison que je traversais comme un courant d'air, attrapais mon sac à dos et en ressortis, devant les regards médusés d'Esmée et Carlisle, qui avaient entraperçu mon désarroi, ma colère, ma fureur….
J'entendis Carlisle qui courrait derrière moi, me demandant de l'attendre, m'interpellant, voulant savoir ce qui se passait. Les yeux aveuglés par les larmes, vaincue par une douleur violente qui me traversait de part en part, je pris la fuite sans me retourner, ignorant ses appels, et courus sans m'arrêter pendant près de vingt heures. C'est au bord de l'épuisement, que je fis enfin une pause.
Je me trouvais dans la partie ouest du Texas, plus très loin de la frontière du Mexique. Je grimpais rapidement dans un arbre situé dans un bois, avec une vue magnifique sur un désert et ses figuiers de barbarie. Je laissais enfin libre cours à mes larmes, à mon désespoir. Je passais ainsi quelques heures, le visage ravagé par mes pleurs, une plaie béante s'était ouverte dans ma poitrine, j'étais incapable de réagir ou de bouger, incapable de penser, je me laissais aller.
Ce fut le bruit des discussions entre randonneurs passant par-là, qui me sortit de ma torpeur. J'essayais alors d'analyser la situation. Qu'allais-je faire ? Il était hors de question de retourner à Forks maintenant, c'était surement le premier endroit où on me chercherait, si toutefois les Cullen désiraient me trouver ou me retrouver, ce dont je n'étais plus certaine ! Et puis, pourquoi Edward me chercherait-il, lui qui semblait avoir finalement trouvé ce qu'il voulait dans les bras de Tanya…
Je me demandais d'ailleurs pourquoi Alice ne m'avait pas prévenue, avait-elle vu ce qui allait se passer entre Tanya et Lui ? Ou bien, leur acte avait été trop spontané, non prémédité.
La seule chose dont j'étais à peu près certaine, est que Rosalie ne s'était doutée de rien, la surprise l'avait scotchée. Bref, j'étais convaincue que maintenant je n'avais plus ma place auprès d'Eux, mon doux rêve venait de s'achever et ma vie avec.
J'allais devoir reprendre une existence de vagabonde, réapprendre à survivre…et pourtant je n'avais guère la volonté d'essayer. Je laissais passer la journée, observant les humains qui passaient, et s'essayaient pour certains d'entre eux à l'escalade, puis quand la fraicheur de la nuit tomba et que le désert recouvra ses droits, je repris mon chemin.
Je décidais rapidement d'aller droit devant moi, n'ayant aucun but particulier, je me laissais porter pas mes pas. Je traversais rapidement le Mexique pour arriver au Guatemala. Je fus attirée par la jungle, sorte de réserve inextricable, entre palétuviers et forêt de pins, où il y avait peu de chance de croiser âme qui vive.
J'y restais pratiquement une semaine, j'y étais tranquille. Je pris le temps d'observer la nature autour de moi, ce qui me permettait d'échapper quelque peu à ma douleur. Il y avait des oiseaux fabuleux qui volaient autour de moi, intrigués par ma présence sur leurs branches : des toucans, des aras, des colibris. Beaucoup de singes aussi, mais rares étaient ceux qui osèrent m'approcher.
Je pleurais encore beaucoup, et je me sentais comme l'ombre de moi-même. Je n'avais plus aucune envie, plus goût à rien, je souhaitais mourir. Je me demandais si j'étais responsable de ce qui c'était passé. Avais-je trop tardé à Lui donner ce que son corps réclamait ? Alice et Rose avaient elles eu raison de penser que je tardais trop ?
A trop vouloir patienter, j'avais tout perdu ! J'en avais marre de ressasser mes peines, aussi je décidais de reprendre la route. Il fallait que je réapprenne à me protéger, et par conséquent que je ne reste pas trop longtemps au même endroit si je ne voulais pas revivre mes mésaventures passées.
Cependant, ces quelques mois à Forks m'avaient fait perdre mes réflexes, et c'est bien enveloppée dans mon bouclier que je traversais le Nicaragua, le Panama, la Colombie, le Pérou puis le Brésil où je fis une halte. Encore une fois, les montagnes couvertes de forêts denses me retinrent quelque temps. J'en profitais pour m'alimenter, car si je n'avais rien avalé depuis mon départ de Forks quinze jours plus tôt, les fruits de la passion et les grappes ressemblant à du raisin tout autour de moi, me firent saliver. Je profitais également d'une magnifique cascade pour me baigner et me désaltérer.
Puis je continuais mon périple jusqu'en Argentine, où j'arrivais en loque, exténuée et brisée, me demandant si je serais capable de mourir, enfin…..
J'attends vos messages avec impatience ! Dites moi ce que vous avez pensé de ces chapitres
Bizz et à bientôt
