Scène 22 : Tu lui ressembles

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Eolhsand avait été ramenée au château et c'était Merlin qui avait exigé de le faire. Le premier instant de surprise passé, Arthur avait ensuite commencé à se moquer de son serviteur. Il avait vu que Merlin portait la Barde avec le plus grand soin, comme si c'était l'objet le plus précieux qu'il avait pu avoir entre ses mains.

« J'ignorais que tu étais intéressé par les femmes d'âge mûr Merlin... Mais c'est vrai qu'elles ont beaucoup plus d'expériences si on y réfléchit bien. »

L'Enchanteur le regarda sans comprendre.

« Enfin, poursuivit Arthur, elle doit avoir à peu de chose près le même âge que ta mère. Si ce n'est plus... »

Merlin comprit.

« Quoi ? Mais... Mais non ! Ce n'est pas...

-Ne t'inquiète pas Merlin. Les premières amours sont toujours un peu étranges, poursuivit Arthur d'un ton goguenard.

-C'est vrai. Des princes peuvent même tomber amoureux de servantes. » répliqua l'autre jeune homme avec un petit sourire.

Un silence.

« Tait-toi Merlin.

-Comme il vous plaira Sire.

-D'ailleurs, intervint Gaïus, quelqu'un pourrait-il raccompagner Guenièvre chez elle après l'avoir rassurée sur l'état de sa maîtresse ? »

La tête que fit Arthur après ces quelques mots fit éclater de rire Merlin.

« Et j'aimerais avoir un peu de silence, poursuivit le vieux médecin. Il y a un malade ici ! »

Merlin se tut. Arthur se leva.

« Je vais raccompagner Guenièvre, annonça le Prince.

-Évidemment.

-Merlin...

-Merci Sire, l'interrompit Gaïus en se tournant vers lui. Prenez ce flacon avec vous. »

Il lui montra une petite bouteille sur une table.

« Si elle a du mal à dormir, qu'elle en prenne quelques gouttes dans un verre d'eau. »

Arthur acquiesça puis quitta la pièce après avoir pris la bouteille.

Merlin s'approcha du lit. Une petite masse écailleuse et blanche apparut. Elle se jeta sur lui en sanglotant.

Sweostor est désolée. Sweostor a mal protégé grande sœur. Sweostor a juste pu mordre le méchant.

Merlin lui gratta la tête.

« Et en faisant ça, tu l'as sauvée.

-Sweostor, appela Gaïus, est-ce que le ''méchant'' a touché Eolhsand ? »

Sweostor ne sait pas.

« Tu peux le lui demander ?

-Elle est évanouie, fit remarquer Merlin.

-Ça n'a pas vraiment d'importance. Évanoui ou endormi, ceux qui possèdent le don de parole par l'esprit peuvent tout de même l'utiliser. » lui apprit le vieux médecin.

Sweostor a déjà essayé mais sa voix ne peut pas atteindre grande sœur. Grande sœur doit être dans la petite pièce.

« La petite pièce ? » l'interrogea Merlin.

Oui... Quand grande sœur est dans sa petite pièce, Sweostor ne peut pas lui parler quand elle est là-bas. Grande sœur ne l'entend pas.

« Je vois... » fit Gaïus d'un ton pensif.

Merlin, en revanche, ne voyait pas du tout.

« C'est une construction de l'esprit, finit par lui expliquer le vieil homme. Avant la Grande Purge, on apprenait cette technique a tous les habitants du château. C'est un endroit où tu peux mettre tout ce qui est important. Nul ne peut l'atteindre normalement. Un magicien de l'esprit ne peut donc pas avoir accès aux informations qui s'y trouvent. »

Il regarda la Barde.

« Vu ses pouvoirs, ce n'est pas étonnant qu'elle connaisse ce tour

-Mais normalement ce ne sont que des informations... Comment se fait-il que nous ne puissions pas lui parler ?

-Elle a dû mettre tout son esprit là-bas. Peu de gens y arrivent mais c'est ce qu'il faut faire en cas d'agression mentale. »

Gaïus regarda Merlin.

« Il a dû la toucher.

-Comment faire pour l'atteindre en ce cas ?

-Je ne sais pas. Peut-être s'adresser à une partie plus primitive de son esprit. Eolhsand est en partie Dragon non ? »

Dragon pas être primitif !

Un silence.

Sweostor ne sait pas ce que veut dire primitif. Gaïus expliquer !

« Plus tard, lui dit Gaïus. Nous devons nous occuper d'Eolhsand pour le moment. »

Promis ?

« C'est promis. »

Sweostor sauta sur l'épaule du vieux médecin et frotta sa tête contre sa joue.

« Tu penses que la langue des Dragons pourrait l'atteindre ? Demanda Merlin.

-Je n'en ai aucune idée. Il faut essayer. »

Les deux hommes regardèrent la petite Dragonne blanche.

Sweostor trop jeune. Pas le droit.

« Sweostor s'il te plait. » la pria Merlin.

Trooooooop jeune. Règle. C'est la règle. Pas le droit.

Merlin soupira.

« Il ne reste donc plus que toi. » fit remarquer Gaïus.

L'Enchanteur ferma les yeux. Il n'avait pas utiliser ce nouveau don depuis sa confrontation avec Kilgharrah. Il chercha à se souvenir de ce que son père lui avait dit ce jour-là. Trouver la voix qu'ils partageaient...

La langue rauque des Dragons s'éleva mais ce n'était pas Merlin qui parlait.

Gaïus et le jeune Sorcier regardaient Eolhsand. La Barde avait toujours les yeux fermés mais ses lèvres bougeaient.

« Que dit-elle ? Demanda Gaïus.

-Il y a un mot que je ne comprends pas. Ça doit être un prénom.

-Et le reste ?

-Elle demande de l'aide. ''Aide-moi Hafoc''. Voilà ce qu'elle dit. »

Ils se turent. La Barde continuait de murmurer.

« Parle-lui. »

Merlin inclina la tête.

« Eolhsand ? »

La Barde cessa de parler puis sourit tristement alors qu'elle était toujours évanouie.

« Merlin... Pas Hafoc... Tu lui ressembles tellement.

-Qui est Hafoc ? »

Pas de réponse.

« Vous a-t-il touché Barde Eolhsand ? Demanda Merlin.

-Arrête donc d'être aussi formel. »

Eolhsand soupira.

« Oui, il m'a touché.

-L'avez-vous vu ?

-Non... Enfin... Des cheveux blancs. Je n'ai vu que ça. De longs cheveux blancs.

-Rien d'autre ?

-Non rien. »

Mais il l'avait touchée donc...

« Je suis en train de reprendre des forces. Plus tard, j'irai à sa rencontre.

-Ne faites rien de dangereux. »

Un nouveau sourire.

« Tu leur ressembles tant. Eux aussi, ils s'inquiétaient toujours pour moi. »

Une larme coula sur la joue de la Barde.

« Ils me manquent tant. »

Eolhsand se recroquevilla sur elle-même en pleurant.

...


Hafoc veut dire faucon en vieil anglais (et là vous devez vous demandez pourquoi je vous dis ça... Devinez^^)

Phrase en italique = Langue des Dragons.


La petite scène de fin de chapitre d'aujourd'hui tiendra en peu de mots... A votre avis qui est Hafoc ? J'attends vos hypothèses dans les review.


Scène éditée le 19 Septembre 2013