Je suis trempée des pieds à la tête quand j'arrive dans le château. J'entends encore la pluie tomber bruyamment dehors. J'espère que James s'est mis à l'abri, mais paradoxalement, j'espère qu'il va attraper une grosse crève parce que je suis aussi furieuse contre lui qu'il doit l'être contre moi.
Je passe par son bureau pour y déposer son sweat. Je ne peux pas m'empêcher de remarquer qu'il y a une lettre de Johnson dessus bien en évidence qui dit « C'était bon de se retrouver. Fais de beaux rêves. Amélia qui pense à toi » et je sursaute quand j'entends la porte claquer derrière moi. James est revenu, ruisselant lui aussi, et ses yeux profondément noirs me fixent encore si méchamment que j'ai la sensation de me faire empaler par des milliers de poignards invisibles. Je lui balance son sweat et le parchemin de Johnson à la figure. Moi aussi je suis capable de jeter des regards assassins, mais ce n'est pas tant parce que je suis énervée que parce que j'ai mal dans tout mon corps.
« C'était bon de se retrouver... Je cite la lettre de Johnson avec amertume.
_ Qu'est-ce que tu foutais avec Severus Rogue ?
_ Fais de beaux rêves... Je continue sans me soucier de sa question.
_ Pourquoi est-ce qu'il t'a offert une rose ? Pourquoi est-ce que tu as rougis quand il t'a adressé la parole ?
_ Amélia qui pense à toi... Je termine sans ciller.
_ Alors c'est lui, finalement ? »
Je soupire d'énervement et je lance mon balai à ses pieds.
« Je me suis excusée pour le comportement que j'ai eu avec toi devant les Serdaigles et devant McGonagall et Johnson. Je me suis vengée mais je me suis sentie vraiment minable d'avoir agi comme je l'ai fait. Hanson a insulté mes parents et j'ai perdu tout mon calme. Je n'aurais pas dû te parler comme je l'ai fait et je l'admets, mais si tu ne t'étais pas autant énervé au sujet d'Alice, si tu avais réfléchis ne serait-ce qu'une seconde, si tu m'avais laissé t'expliquer qu'Alice est la seule personne à qui je puisse me confier depuis la mort des mes parents peut-être que nous n'en serions pas là. Tu t'autorises à parler de moi à Sirius mais moi je ne devrais pas avoir le droit de parler de toi à ma meilleure amie parce qu'elle se trouve être aussi ton élève et que tu ne supportes pas qu'elle sache que toi, le grand James Potter, tu puisses ressentir des choses pour une pauvre fille comme moi, une gamine.
_ Arrête.
_ Quoi arrête ? C'est pourtant bien vrai. Tu as honte de ce que tu ressens pour moi, et c'est pour ça que tu ne veux pas me toucher, que tu ne me laisses pas te toucher.
_ Lily...
_ Et à chaque fois qu'on s'engueule, je dis bien à chaque fois, tu retournes vers Johnson pour équilibrer la balance, je poursuis en croisant les bras.
_ Ce n'est pas vrai ce que tu dis, il s'offusque.
_ Pas de ça avec moi James. Tu peux tout faire mais ne me mens pas. Tu m'as ignoré pendant deux semaines et j'ai très bien vu ce qu'il se passait, le parchemin que je viens de te balancer à la figure n'en est que la confirmation.
_ Ce n'est la confirmation de rien du tout ! Johnson est une amie. Alors oui, quand je m'engueule avec toi, j'ai envie de penser à autre chose alors j'essaie de voir d'autres gens, et ce parchemin fait référence à la soirée que nous avons passé avec Perry et Sirius la semaine dernière. Soirée durant laquelle, elle est rentrée avec mon meilleur ami. Alors non, il ne se passe rien entre elle et moi, il réplique sur un ton dur. »
Je ne bouge pas. Je suis furieuse. Lui aussi. Nos yeux sont toujours en train de se jeter des sorts impardonnables. J'écoute à peine ses justifications, j'ai l'impression qu'elles ne pourront jamais venir à bout de mes doutes.
« Aussi vrai qu'il ne se passe rien entre Severus et moi.
_ Tu as rougis quand il a transformé ta fourchette en rose, il me fait remarquer avec humeur.
_ J'ai rougis parce que je déteste être au centre de l'attention et que tout le monde avait les yeux rivés sur moi, je réplique. »
Il y a une nouvelle pause. Nous nous observons encore, à la recherche de la moindre faiblesse de l'autre, du moindre reproche que nous pourrions nous faire, de la moindre imbécillité que nous pourrions nous jeter au visage.
« Au début, je trouvais ça dur de rester loin de toi, de ne pas te toucher, de ne pas trop te regarder, mais je me disais que tu avais raison dans ton choix de m'imposer des limites même s'il ne m'arrangeait pas. Je ne te connaissais pas comme maintenant, à ce moment-là. Je n'avais pas encore toutes les données. Je ne savais pas que Dumbledore était au courant, je ne me doutais pas une seule seconde qu'il n'en aurait rien à cirer. Maintenant, plus j'avance, plus je me dis que tu es le seul à ne pas considérer notre relation comme quelque chose de beau et ce n'est plus dur, c'est blessant.
_ Tu ne dis que des conneries. J'ai l'impression que je passe mon temps à te réexpliquer que si je refuse que nous soyons plus intimes c'est parce que ça nous pénaliserait tous les deux si quelqu'un venait à l'apprendre. Et surtout toi. Parce que moi je peux démissionner, je peux retrouver un job sans problème, mais toi tu devras finir ton année avec tous les autres sur le dos en train de te traiter de tous les noms.
_ Je ne t'ai pas non plus demandé de me rouler un patin au milieu de la Grande Salle James, je lui fais remarquer avec agacement en haussant les sourcils. »
Nouveau silence. Mes vêtements me collent à la peau à cause de l'averse qui est tombée, et j'ai un peu froid maintenant que je ne bouge plus. J'essore mes cheveux, l'eau qui s'en dégage claque bruyamment contre le sol et une grosse flaque se forme à mes pieds. Puis je reporte mon regard sur lui.
« Ça ne te fais rien quand je te dis que j'ai l'impression que tu as honte de moi ? Je poursuis avec une tristesse non dissimulée dans la voix. »
Encore une fois tous ses muscles se tendent et son visage se métamorphose sous mes yeux, mais là, je suis bouleversée parce que ce que je vois dans son regard, je ne l'ai jamais vu avant. Des larmes. Des larmes qu'il retient comme on se retient à une branche d'arbre pour ne pas en tomber, et il me sourit sans les laisser glisser sur ses joues. Il me sourit de la manière la plus fausse qui soit juste pour se donner une contenance.
« Si, mais je ne peux rien dire de plus que ce que je ne t'ai déjà dit. Je n'ai pas honte de toi. Je ne voulais pas que tu partages ce que nous avons avec qui que ce soit d'autre et c'était égoïste de ma part mais je crois qu'on est tous un peu égoïste quand on est amoureux. Et tu sais que je le suis Lily.
_ Ce ne sont que des mots. »
Ses bras tombent le long de son corps et pour la première fois depuis que nous avons entamé cette conversation, il se déplace. Il me contourne pour poser son sweat sur sa chaise et il revient se planter devant moi, plus près, cette fois. Il est résigné.
« Nous jetons des mots en l'air en espérant que l'autre va les rattraper mais moi je me sens tellement insignifiante, tellement transparente, tellement peu par rapport à toi que je n'y arrive plus. »
Il fronce les sourcils et me fait « non » de la tête. Il n'est plus en colère, toute sa rancœur a quitté son visage. Son T-shirt lui colle tant à la peau que ça ne me choque pas quand il l'enlève aussi. Ce qui me choque, c'est qu'il prenne mes mains et qu'il les pose sur son torse. Je laisse timidement glisser mes doigts jusqu'à sa taille sans oser le regarder dans les yeux et sans me poser plus de questions que nécessaire. J'ai du mal à comprendre.
« Je n'étais pas grand chose avant que tu arrives à Poudlard et depuis que tu es là il m'arrive des tas de trucs biens que je ne mérite pas. A commencer par toi. J'ai toujours l'impression que c'est un malentendu si je suis là avec toi, que tu m'as prise pour une autre, parce que ce n'est vraiment pas possible qu'une fille comme moi arrive à intéresser un gars comme toi alors tu comprends le sentiment d'insécurité que je peux ressentir quand tu refuses que je parle de toi à ma meilleure amie ou que tu poses ta main, amicalement, sur l'épaule de ta collègue et ex, chose que tu ne feras jamais en public avec moi, et très rarement en privé, je continue la mine basse.
_ Je ne comprends pas mais je ne le referai plus. Lily tu ne veux plus de mot, non ? »
Je secoue la tête et il en profite pour attraper ma queue de cheval et faire glisser l'élastique le long de mes cheveux encore imbibés d'eau. Puis il remonte mes mains jusqu'à son cou, les fait passer derrière sa nuque, et je réalise juste là qu'il est en train de faire tomber ses barrières pour moi. Alors je tends ma bouche vers la sienne comme pour lui donner l'autorisation de faire ce qu'il a envie de faire, ce que j'ai envie qu'il fasse, et il m'embrasse. Doucement, dans un premier temps, et je suis perturbée par cette délicatesse à laquelle je n'ai jamais été habituée. Comment peut-il m'embrasser comme ça après m'avoir détesté comme il le faisait i peine cinq minutes ? Mes yeux se ferment et mes mains se resserrent sur sa nuque que mon pouce caresse affectueusement. Je suis un peu surprise quand il s'arrête là, mais toute ma colère s'est envolée. Mes doutes ont temporairement foutu le camp, ma tête est vide, il n'y a plus que lui. Lui et moi.
« Encore ? Il me demande avec un sourire timide que je n'ai pas l'habitude de voir sur son visage. »
Je hoche la tête, son sourire est contagieux. Je me mets sur la pointe des pieds et il se contente de planter un rapide baiser sur mes lèvres. Je grimace et je bougonne. Ça le fait rire mais il finit par rapprocher son visage du mien pour reprendre là où nous nous étions arrêtés et mon cœur commence à peser un peu moins lourd quand je sens le sien battre à un rythme démesuré contre moi. Je le repousse doucement et je ricane.
« Quoi ? Il m'interroge.
_ Tu vas faire une crise cardiaque.
_ Toi aussi, il me fait remarquer moqueusement.
_ La mort est beaucoup plus douce que je ne le pensais alors. »
Il hoche la tête d'un air entendu alors que mes mains descendent sur son corps en savourant de plus en plus cette sensation nouvelle de proximité. Je me rends compte que nous sommes loin d'être à égalité, alors j'enlève ma cape. Puis mon pull. Et mon T-shirt, et cette fois, c'est moi qui prend ses mains pour les poser sur ma peau. Il me pousse un peu et quand je sens mes fesses rentrer en contact avec son bureau, je me hisse dessus un peu maladroitement et mes lèvres attrapent une nouvelle fois les siennes alors que des gouttes d'eau dévalent encore de ses cheveux et finissent leur course sur mon visage. Ma conscience ne va pas aimer ça...
Ses doigts se crispent sur ma taille et en même temps, la douceur de son baiser laisse place à une envie insatiable et violente qui nous prend simultanément. La vache. Qu'est ce qu'il m'arrive ? Je ne contrôle plus mon propre corps. Je le pousse contre le sien sans pouvoir me retenir quand ses mains galopent le long de ma colonne vertébrale et je balance tout ce qui se trouve sur son bureau avant de le forcer à se pencher un peu plus sur moi.
Je rêvais de ça depuis des mois et des mois jour et nuit mais jamais je n'aurais pu imaginer une seule seconde que ce serait aussi saisissant de le sentir brûlant de désir contre moi, de fermer les yeux alors qu'il quitte ma bouche pour trouver mon cou et de me perdre dans les délires que m'octroient ses doigts habiles qui sont à présent très occupés à déboutonner mon jean. Je me lève juste le temps de le faire glisser sous mes fesses et je me tortille jusqu'à ce qu'il tombe à nos pieds.
Je retrouve les mains de James que je laisse filer jusqu'à mes cuisses en respirant bruyamment. Je ne sais plus sur quoi me concentrer. Sa langue ou ses doigts ? Mon sang bouillonne et mes mains tremblent sur ses épaules. Merlin faites que je crève ici entre ses bras chauds qui ne m'ont jamais autant appréciés. Mes pensées sont en vrac. Je murmure des supplications indistinctes quand je sens sa langue glisser vers mon nombril et mes mains se crispent sur ce qu'elles trouvent, le bord de son bureau, les quelques copies que mon impatience a épargnées, ses cheveux.
C'est trop de sensations, trop de sentiments. Ça faisait tellement longtemps que nous nous tournions autour, tellement longtemps que je le provoquais, tellement longtemps qu'il résistait... Quatre mois. Quatre longs mois de souffrance et de joie alternées pour arriver à l'exaltation des sens, et dix-huit années de vie pour comprendre ce qu'est l'amour.
Dix-huit années pour me perdre dans les méandres de son corps. C'est si bon de sentir enfin qu'il m'aime, d'avoir la preuve inespérée que je n'attendais plus. Je pose mes mains sur ses joues pour ramener son visage vers le mien et l'embrasser encore comme si c'était la dernière fois, ou la première, je ne sais plus. Il sourit contre mes lèvres quand mes doigts aussi s'aventurent sur son corps, jusqu'à sa ceinture que je retire d'un geste si vif qu'un « slaaash » sonore nous interrompt.
« Je ne pensais pas que c'était ton genre... Il me dit en essayant de retenir un rire.
_ T'es con Potter, je réplique sans pouvoir réprimer un sourire. »
Je balance l'objet du délit dans un coin de la pièce et je me redresse un peu en inspirant profondément, les yeux rivés aux siens. Je n'arrive pas à m'empêcher de rougir quand ses doigts glissent de mes cheveux à mes cuisses avec une lenteur tellement délectable qu'elle en est presque douloureuse. Ou alors est-ce ma morale qui me brûle la peau au fer rouge pour me punir ? Non. Non. Ce n'est pas mal. Nous ne faisons rien de mal.
Je suis à moitié nue sur son bureau, il est à moitié nu devant moi et j'ai du mal à comprendre là, comment j'ai pu penser un jour que ce que nous ressentions l'un pour l'autre était mal. Et vlan, je me prends une nouvelle gifle figurative quand sa langue retrouve la mienne, m'empêchant de me perdre d'avantage dans mon esprit tortueux. Mes jambes font glisser son pantalon le long des siennes dans un mouvement habile et assuré qui ne me ressemble pas. Je constate qu'il avait raison quand il me disait que les sentiments jouent un rôle bien particulier dans la sexualité. Je ne me sens plus inutile et je ne me sens plus passive. Pour une fois dans ma vie j'ai l'impression d'être exactement là où je dois être.
Je suis sûre de moi entre ses bras. Je pousse un long soupir d'aisance quand il recommence à embrasser mon corps jusqu'à l'intérieur de mes cuisses pour terminer ce qu'il avait entamé et je me mords la lèvre si fort que je me fais mal, mais comme si c'était trop beau pour être vrai, quelqu'un frappe à la porte. Et merde ! Je me redresse brusquement et James pose son index sur ma bouche pour que je reste silencieuse. Je fais ce que je peux pour reprendre une respiration normale alors que mes grands yeux verts l'implorent. Frustration.
« Tu as fermé à clé ? Je demande silencieusement en joignant les gestes à la parole. »
Il acquiesce et je laisse retomber ma tête contre son torse, à moitié soulagée, mais toujours profondément contrariée. Pendant l'espace d'une seconde, je crois que nous allons pouvoir reprendre où nous en étions mais manque de chance, la personne frappe une nouvelle fois. James grimace et moi je peste silencieusement lorsqu'il se rhabille et me tend mes vêtements qui gisaient à ses pieds.
« Bon Cornedrue je sais que tu es là dedans alors ouvre avant que je défonce cette porte. Ce n'est pas parce qu'Evans et toi vous vous faites la gueule qu'il faut que tu restes enfermé à te morfondre sur ton sort ! Hurle Sirius Black derrière la porte en bois.
_ Deux minutes Sirius ! Lui répond James alors que je m'habille à toute allure, déterminée à ne pas me retrouver en petite culotte devant son meilleur ami. »
Je lui jette un regard lourd de reproche tout en sachant qu'il n'y est pour rien, et je fais glisser mon pouce sur mon cou d'un air assassin avant de pointer un index accusateur vers la porte, vers Black. La bonne nouvelle c'est que ce n'est que lui alors que nous aurions pu nous retrouver face à n'importe lequel de ses collègues. Je n'ose même pas imaginer l'expression sur le visage de McGonagall si elle constatait que James et moi étions enfermés dans son bureau à une heure aussi tardive...
« Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé, il me glisse à l'oreille en passant près de moi pour essayer de ramasser tout le bordel que j'ai viré de son bureau après avoir tâté toutes ses poches sans trouver sa baguette
_ C'est un signe, à mon avis, qu'il faut que j'arrête de te pousser dans tes retranchements, je réponds à voix basse. »
Il se redresse derrière son bureau alors que je remonte la fermeture de mon jean, et il me fixe avec intérêt avant de jeter une nouvelle pile de feuille en désordre complet sur la table.
« C'est vrai quoi ! Ça finit toujours mal ! Je poursuis avec humeur.
_ Non, pas là. On a juste été interrompu.
_ Attends que je tue ton meilleur ami et tu verras si cette fois-ci fait exception à la règle. »
Il éclate de rire puis m'ébouriffe affectueusement les cheveux avant de planter un baiser sur mon front et de tirer sur les côtés de ma bouche pour me forcer à sourire. Quand j'accepte enfin de lui donner ce qu'il veut, il se plante devant la porte et l'ouvre pour faire rentrer son meilleur ami. Rectification, deux de ses meilleurs amis. Rémus Lupin est là aussi. Il ne manquait plus que ça. Pourquoi pas inviter tout le château pendant que nous y sommes ? Mes yeux font un rapide allé-retour très instinctif vers le calendrier pour constater que la pleine lune est dans quelques jours.
« Tiens, tiens, Evans ! S'exclame Black en adressant un sourire moqueur à James.
_ Salut Black, je marmonne en lui lançant un regard noir.
_ Ton pull est à l'envers, il ajoute en ricanant.
_ Ne regarde pas Li... Commence James trop tard. »
J'ai tiré le col de mon pull devant moi pour vérifier que l'étiquette n'était pas de ce côté là et j'ai compris la subtilité de sa vanne en même temps. Trop tard. J'ai regardé, et nous sommes grillés. James plaque sa main sur son visage avec dépit et je rougis violemment alors que Sirius se tord de rire et que Rémus lève les yeux au ciel face à sa connerie. Non, mon pull n'est pas à l'envers. Oui, Sirius Black m'a bien eu.
« Désolé, me glisse Rémus en grimaçant. »
Je secoue la tête pour lui signifier que je ne lui en veux pas, et je reprends mon balai qui reposait sur le sol en entamant un geste vers la porte.
« Roh allez, ne pars pas Evans, reste un peu avec nous !
_ Si je reste j'ai peur de ne pas pouvoir me retenir de t'enfoncer ce balai à un endroit qui risque de te faire plus de mal que de bien, Black.
_ Je vote pour ! Lance Rémus en souriant.
_ Tu nous as déniché une petite insolente James ! C'est quoi cette façon de parler aux gens ? Et puis pourquoi t'es trempée en plus ? Vous avez été faire des cochonneries tout habillés dans le lac ou quoi ?
_ Oh et puis merde ! Silencio ! Je dis ma baguette pointée sur lui. »
Je pousse un soupir de soulagement lorsque la bouche de Black continue à s'agiter mais qu'aucun son n'en sort. Il se tourne vers ses deux amis qui me donnent raison et il se laisse finalement tomber sur une chaise non sans avoir exprimé son mécontentement à travers des gestes pas très jolis.
« On devrait se servir de ce sortilège plus souvent, commente Rémus en me souriant.
_ On ne devrait jamais utiliser le contre-sort. Ajoute James qui se penche pour récupérer sa baguette qu'il a aperçu sous son bureau.
_ Je vous le laisse comme ça, alors ? Je demande en posant ma main sur la poignée de la porte.
_ Tu t'en vas ?
_ Oui. Je crois comprendre qu'il faut que vous prépariez la prochaine pleine lune, et puis je suis vraiment crevée.
_ Nous avons une conversation à terminer, me rappelle James. »
Je ne sais pas trop s'il parle de la véritable conversation qui a dérivé sur un intermède dévergondage ou s'il fait référence à cet intermède dévergondage sous le nom de code « conversation » pour éviter de me mettre mal à l'aise devant ses amis. Les deux sont à terminer, de toutes façons, mais l'un dans un futur plus proche que l'autre visiblement. En définitive j'acquiesce parce que, qu'il évoque l'un ou l'autre, je suis d'accord.
« Hé Evans, bonne nuit ! Il me lance avant que je referme la porte.
_ Bonne nuit Potter. A la prochaine Rémus. Black, crève. »
Je referme la porte derrière moi et je rejoins mon dortoir l'esprit encore ailleurs. Alice n'est pas là. Elle doit être avec Frank. On a pas toutes la chance d'avoir un petit-ami disponible et dépourvu de meilleur ami chiant au possible, je songe en m'endormant.
