Bonjour :) voilà enfin le chapitre 25. Les choses se compliquent fortement!

Enjoy!

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Kurt s'arrêta en pleine phrase, l'air alarmé.

Non. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible. Comment avait-il pu manquer un des sentinelles de Firae ? Il avait pensé qu'ils étaient en sécurité. Il avait pensé que Blaine était en sécurité.

Mais le son était facilement reconnaissable. C'était la garde royale, et ils seraient à leur trousse dans quelques minutes.

A moins que..peut-être qu'ils n'avaient pas été repérés ? Peut-être que la garde allait ailleurs, et c'était juste une coïncidence que Kurt et Blaine soient sur leur chemin. Peut-être qu'il n'était pas trop tard.

"Kurt, qu'est-ce que c'est?" demanda Blaine nerveusement.

Kurt essaya de ne pas paniquer. S'ils avaient ne serait-ce qu'une petite chance, ils allaient devoir bouger.

"Blaine, on doit-"

Le bourdonnement des grimchins était de plus en plus fort. Beaucoup trop fort et trop rapide. Kurt regarda désespérément autour de lui pour voir dans quelle direction ils arrivaient.

Il agrippa la main de Blaine, leur tasse de thé tombant au sol alors qu'il courait vers le bosquet le plus proche, entraînant Blaine derrière lui.

"Blaine, on doit se cacher. On ne peut pas les laisser-"

Mais il était trop tard.

Le bourdonnement était tout autour d'eux.

Ce qui ne voulait dire qu'une chose.

Ce n'était pas une coïncidence. Ils venaient pour Kurt et Blaine.

En un instant les grimchins étaient au dessus d'eux.

Une fois qu'il était clair qu'ils étaient encerclés, Kurt arrêta d'essayer de courir. Cela n'avait pas d'intérêt. Il devrait leur faire face avec Blaine à ses côtés.

Blaine.

Blaine fixa la garde royale d'un air stupéfait. Il avait ce même air d'émerveillement que quand il avait vu les fées et les arbres-fleurs pour la première fois. C'était mélangé à un peu de peur, mais pas assez. Pas pour cette situation. Kurt ressentit un instinct de protection l'envahir et il bougea pour se retrouver devant Blaine. Il tendit ses mains derrière lui et attrapa celles de Blaine, les tenant fermement.

"Ne t'éloigne pas de moi," chuchota Kurt. "Je vais m'assurer que tu restes en sécurité."

Blaine serra les mains de Kurt, et se pressa contre son dos. Kurt pouvait sentir le cœur de Blaine battre contre lui, et il ne pouvait pas s'empêcher de penser à combien Blaine était fragile. A combien Blaine avait besoin de lui. Et jusqu'où il était prêt à aller pour le mettre en sécurité.

Les premiers membres de la garde atterrirent et descendirent de leurs grimchins.

"Nous ne sommes pas armés et cherchons à traverser cette terre. J'escorte cet humain à Khryslee et j'envoie mes salutations les plus sincères à votre roi," dit Kurt.

Le maréchal descendit de son grimchin et s'avança vers eux, et Kurt sentit son cœur se serrer quand il vit qui c'était. Son surnom était Sree, et elle avait toujours été un des conseillers les plus fidèles de Firae. Elle n'avait pas encore atteint le poste de maréchal quand Kurt était parti.

Sree n'avait jamais vraiment apprécié Kurt. Une fois, elle avait été suspendu après avoir dit à Firae que Kurt était frivole et qu'il n'était pas digne d'être son partenaire de vie.

"Tu es de retour," dit-elle simplement, son regard passant de Kurt à Blaine avec méfiance. "Et tu as ramené... un animal de compagnie."

"Ce n'est pas un animal de compagnie," répondit Kurt, essayant de garder sa voix stable.

"Donc tu escortes des humains à Khryslee maintenant ? En violation directe de la doctrine de non-interference ?"

"La doctrine ne mentionne pas le fait d'escorter des humains à Khryslee."

"Mais cela mentionne quelque chose sur le fait d'amener des humains à la frontière, n'est-ce pas ?"

"Je devais le faire traverser," dit Kurt, sur la défensive. "Il a risqué sa vie pour sauver la mienne, et le roi de Villalu le recherche à cause de cela."

"Et pourquoi le roi de Villalu se soucierait de toi?"

"Car j'étais l'esclave de son fils, voilà pourquoi," cracha Kurt. "Tu pensais que j'étais où ces cinq dernières années ? Que je buvais du nectar dans les villages frontaliers?"

Sree haussa les épaules. "J'ai toujours pensé que tu avais décidé de ne pas épouser Firae et que tu ne voulais pas y faire face. Mais si tu étais esclave comme tu le prétends..."

"Comme je le prétends ? Est-ce que tu sais au moins ce qu'il se passe au delà de la frontière?"

"C'est pas mon problème," dit Sree catégoriquement. "Mais ton humain devra y retourner."

Kurt lui jeta un regard noir. "Non."

"Alors on devra le tuer. Il ne peut pas rester ici, et les Khrysleans ne peuvent plus utiliser nos terres pour transporter des fugitifs."

"Des fugitifs?"

"Tu as dit qu'il était recherché par le roi Villaluan. Ça fait de lui un fugitif, n'est-ce pas ?"

Kurt agrippa plus fortement les mains de Blaine. "Sree, il ne va pas retourner à Villalu. Je l'emmène à Khryslee et je vais personnellement le voir arriver sain et sauf là-bas, et je reviendrais pour tout expliquer à Firae. Mais si tu essaies ne serait-ce que toucher un cheveu de sa tête, si tu penses même à lui faire du mal, je te jure que je-"

"Quoi, Kurt?" railla-t-elle. "Qu'est-ce que tu me feras exactement devant une garde entière de soldats armés ? Même si tu parviens à survivre, ce ne sera pas le cas de ton humain."

Elle ne l'avait bien sûr pas appeler Kurt. L'appeler par son surnom serait un signe d'affection, et elle semblait en avoir moins pour lui qu'avant.

Kurt plissa les yeux. C'était ça son plan. Si elle attaquait Kurt, Firae ne lui pardonnerait jamais. Il la tuerait probablement. C'était si, bien sûr, Firae ne préférerait pas tuer Kurt à la place. Elle le défiait de lui dire qu'elle bluffait.

Si c'était du bluff.

Est-ce que Firae pensait la même chose que Sree ? Est-ce qu'il avait passé cinq ans à penser que Kurt l'avait abandonné ? Est-ce qu'il avait passé la période habituelle de deuil et reprit un partenaire de vie ?

Kurt sentit ses entrailles se tordre sous un mélange confus d'émotions. Il avait pensé que Firae voudrait toujours de lui, qu'il faisait son deuil. Mais le fait que Firae ne voulait peut-être pas de lui voudrait dire qu'il pourrait rester avec Blaine.

Mais alors rien ne changerait à Villalu.

Mais il pourrait rester avec Blaine.

Avant que Kurt ne puisse répondre à Sree,il aperçut un groupe familier de Sidhe sur des grimchins.

Au milieu du groupe se trouvait le plus grand et élégant grimchin que Kurt ait jamais vu. Elle était comme Kurt se souvenait d'elle.

Et il vit l'homme qui la chevauchait. Il haleta à sa vue.

Car cela faisait cinq ans. Cinq ans depuis qu'il avait vu quelqu'un de son enfance. Cinq ans depuis qu'il avait vu sa famille.

Et dans ce monde, Firae était ce qui ressemblait le plus à une famille pour Kurt. Après avoir été envoyé dans les Terres Orientales suite à la mort de sa mère, Firae avait été son point de repère. Il comprenait ce que c'était d'être différent, d'avoir le monde entier qui le gardait à distance mais de le traiter comme un privilège. Il savait ce que ça faisait de voir la peur et l'émerveillement dans les yeux des gens quand ils le regardaient, et il savait ce que ça faisait de se détester quand parfois il aimait secrètement ça.

Mais surtout, il savait ce que ça faisait de perdre une mère. Et quand ils en parlaient ensemble ils se regardaient dans les yeux, et ils n'avaient pas à prétendre qu'ils allaient bien.

Firae ne pouvait pas le détester. Il ne pouvait pas. Firae avait été son meilleur ami. Son premier amour. À une période, Firae avait été son tout.

Mais c'était une époque différente et Kurt était un homme différent.

C'était avant qu'il ne se comprenne lui-même. Avant qu'il voit ce que la vraie puissance signifiait. Avant de comprendre qu'il était possible d'aimer quelqu'un comme il aimait Blaine.

Firae était toujours magnifique. Il avait à peine changé en cinq ans. Il mit un pied à terre et s'avança vers Kurt, un air incrédule sur le visage.

Et intense. Et des larmes.

Firae se tenait devant lui et le fixait.

"Kurt," chuchota-t-il.

Et soudain cela le frappa. Il était sain et sauf. Il était à la maison. Et son meilleur ami, son confident d'enfance, sa source de confort quand il était petit, effrayé et seul se tenait devant lui. Kurt n'avait jamais vraiment pensé qu'il le reverrait. Qu'il reverrait quiconque.

"Firae," dit Kurt, la voix tremblante d'émotions. Il se jeta sur Firae, ses bras entourant le cou du roi.

"Tu es vivant," sanglota Firae. "Tu es vivant !"

"Je pensais ne jamais te revoir," chuchota Kurt, les larmes coulant sur ses joues. "Tu m'as tellement manqué."

"Kurt...où.. quoi... quand la garde a reporté t'avoir vu je pensais qu'elle s'était trompée. Je devais venir voir moi-même, car je n'aurais jamais cru...qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

"J'ai été capturé par des marchands d'esclaves," répondit doucement Kurt. Firae se crispa et laissa échapper un gémissement de désespoir.

"Je ne m'en serais jamais sorti vivant sans Blaine," ajouta-t-il.

"Qui est-" Firae se figea, et sembla enfin remarquer que Kurt n'était pas seul. Il brisa l'étreinte, et Kurt se retourna instinctivement vers Blaine.

Et quand il le fit, son cœur se brisa presque.

Kurt n'avait jamais vu Blaine comme ça. Pas même quand il avait réalisé que leur durée de vie était différente, pas même quand il avait laissé Kurt dans le café à S'aufa, pas même quand il était à la merci de Brec, refusant de combattre la compulsion.

Blaine avait l'air complètement brisé. Son visage était inondé de pure angoisse.

"Oh, Blaine," murmura Kurt, cherchant sa main. Blaine l'agrippa si fortement que Kurt crut qu'il allait lui briser les doigts.

Kurt ne voulait rien de plus que prendre Blaine dans ses bras, que l'enlacer, l'embrasser et lui dire combien il l'aimait. Mais il était presque sûr que le reste de la vie de Blaine finirait dans les cinq minutes suivantes s'il tentait quelque chose comme ça.

Le Villaluan de Firae n'était pas excellent, mais assez bon, ce qui empêchait Kurt d'essayer de communiquer et dire des choses rassurantes à Blaine. Donc il essaya désespérément de le dire avec ses yeux.

"Je pensais que tu avais scellé ton pouvoir de compulsion," dit Firae. Kurt pouvait entendre le froncement de sourcils dans sa voix.

"Je l'ai fait," répondit Kurt, se retournant pour lui faire ça sans lâcher la main de Blaine.

"Alors pourquoi il te regarde comme ça?"

"Il...je.."

Pourquoi ne s'était-il pas préparé pour ça ? Même en sachant qu'il n'emmènerait pas Blaine à Khryslee sans devoir échapper à la garde royale, il ne s'était pas attendu à rencontrer Firae.

Le froncement de sourcils s'intensifiant, Firae s'avança et attrapa Blaine par le col. Blaine écarquilla les yeux sous la peur.

"Firae!" cria Kurt.

Firae rapprocha Blaine et pressa sa nuque à la base de sa gorge, prenant une profonde inspiration. Quand il leva la tête, ses yeux brillaient d'un feu bordeaux doré.

"Il t'a souillé," grogna Firae, la terre commençant à trembler autour d'eux. Blaine cria de douleur, portant une main à sa poitrine.

"Non," insista Kurt, la voix dure. Son regard rencontra celui de Firae, le feu bleu contre celui bordeaux, et la terre arrête de trembler. Blaine laissa échapper un soupir et baissa sa main doucement.

"Tu empestes de son odeur, Kurt."

"On voyage ensemble depuis des mois!"

Firae s'autorisa un petit rire.

"Kurt. Tu as oublié qui je suis ? Tu empestes de son odeur. C'est dans tes pores, ton musc, à travers toi. Il n'y a qu'une seule façon pour que ça arrive et tu le sais."

"Il ne m'a pas souillé," répéta fermement Kurt, la voix douce.

"Kurt-" commença Firae, impatient.

"Tu aimerais savoir combien d'hommes m'ont actuellement souillé?" cria Kurt. "Ça va peut-être prendre du temps, tu sais, car j'ai perdu le compte après la première année. Je suis sûr que vous seriez tous ravis de le savoir," ajouta-t-il, dirigeant sa colère vers les gardes autour de lui. "Cela confirmera ce que vous pensez tous, que je ne suis pas digne d'être votre autre Roi. Car maintenant j'ai été souillé. Utilisé. Usé. Ruiné !"

Kurt reposa son regard sur Firae, qui le fixait sous le choc.

"Kurt, non..." commença-t-il faiblement, "Je ne voulais pas dire que..."

"Tu sais quoi, Firae ? Blaine est la seule personne, la seule personne qui ne m'a jamais donné l'impression que j'étais souillé. Il ne m'a jamais donné l'impression que quelque chose clochait chez moi à cause de ce que d'autres hommes avaient fait à mon corps. Et oui. Oui, j'ai été avec lui. Plusieurs fois. Mais c'était complètement réciproque, et je suis celui qui l'a initié."

Firae ne semblait pas savoir comment réagir émotionnellement, entre la rage et la culpabilité et la tristesse accablante.

"Je...Kurt...je ne voulais pas... je suis désolé. Bien sûr que rien ne cloche chez toi. Je... ça n'aurait pas du être lui." Il regarda Blaine, un regard presque haineux dans les yeux. "Ça aurait du être moi."

"Oui, eh bien," répondit Kurt, sa voix s'adoucissant. "Ça fait cinq ans, Firae. Est-ce que tu es resté chaste tout ce temps?"

Firae rougit légèrement et regarda le sol.

"Kurt..." la voix était minuscule, tellement peinée que Kurt agit par instinct. Il prit Blaine dans ses bras, le serrant.

"Tout va bien se passer," chuchota-t-il.

"Ça n'aurait pas du être lui," répéta Firae, la rage semblant gagner sa voix.

"Eh bien ça l'était," dit Kurt avec défiance, s'arrachant de l'étreinte mais gardant la main de Blaine. "Et il m'a sauvé la vie, Firae, et je lui dois bien de le mettre en sécurité. Je lui ai promis que je l'emmènerais à Khryslee, et c'est ce que je vais faire."

"Absolument pas. Cette chose va retourner à Villalu ou dans le vide intersidéral ou il mourra de ma main aujourd'hui. Mais tu ne l'emmèneras pas à Khryslee."

Kurt serra les dents et regarda Firae d'un air glacial. Firae fut incapable d'empêcher le frisson qui traversa son corps.

"Et comment tu comptes m'arrêter?" siffla Kurt.

Firae avait l'air stupéfait.

"Kurt, tu ne-"

"Ne me tente pas, Firae. Je ne suis pas le même garçon que tu connaissais il y a cinq ans. J'ai passé ces cinq années en enfer, luttant pour garder un semblant de sanité et de volonté de vivre. Blaine m'a sauvé de ça, et ça a failli le tuer. Si tu touches un cheveu de sa tête-" Kurt s'avança vers Firae, emmenant Blaine avec lui,et attrapa une des mèches de cheveux de Firae pour insister – "un seul cheveu, Firae, je ne t'adresserais plus jamais la parole. Je ne te regarderais même plus. Si tu fais du mal à Blaine, Firae, ça me fera te haïr."

Firae déglutit, luttant pour garder un air de supériorité.

"Très bien. On va le renvoyer à-"

"Non. Le renvoyer à Villlalu est lui faire du mal. Il sera tué s'il y retourne. Juste.. laisse moi juste l'emmener à Khryslee, Firae. S'il te plaît."

Firae soupira. "T'attends vraiment à ce que je te laisse l'emmener là-bas."

"Oui."

"En violation directe de la doctrine de non-interference."

"Oui."

"En opposition directe aux choix que j'ai présenté sur ce qui devait être fait avec lui."

"Oui."

Ils se fixèrent durement, les yeux vibrant.

Pendant un moment, il semblait qu'aucun des deux ne voulait reprendre son souffle.

Enfin, les coins de la bouche de Firae tressautèrent. Il le combattit pendant un moment avant de capituler et de rire.

"Kurt. Oh, Kurt, tu es le même garçon que je connaissais il y a cinq ans ! Je me fiche de ce qui a pu changer, personne n'aurait osé me parler de cette façon."

Kurt sourit malgré tout un peu aussi.

Firae soupira profondément. "D'accord. Je ne veux pas que notre réunion continue comme ça, Kurt. Tu es enfin de retour, et je... tout ce que je veux c'est d'être seul avec toi. Mais je ne peux pas te laisser l'emmener à Khryslee."

Kurt ouvrit sa bouche pour protester mais Firae leva la main.

"Je ne peux pas, Kurt. Je ne peux pas le laisser errer dans les Terres Orientales quand... quand il est clair qu'il détient une partie de ton cœur. Je ne peux pas. Mais... je vais l'autoriser à rester dans une cellule pour le moment. Et ensuite on pourra se calmer et en discuter plus en détail."

Kurt l'étudia un moment.

"Ça doit être une jolie cellule. Dans la tour Nord."

"D'accord."

"Et j'ai besoin que tu me promettes qu'il sera bien traité et qu'on lui offrira tout le confort possible."

"Très bien."

"Et tu dois assigner des gardes qui parlent Villaluan couramment. Et je dois les approuver."

"Kurt..."

"Ce sont mes conditions, Firae."

"Je suis toujours ton Roi, tu sais."

Kurt le regarda, sans ciller. Firae soupira.

"Tu as de la chance que je t'aime," murmura-t-il.

"Je prends ça pour un oui," dit Kurt avec un sourire. "Et je dois être celui qui l'escorte à Cloudlen."

Firae croisa les bras sur sa poitrine. "Bon, là tu te fiches complètement de moi."

"Tu dois me laisser lui parler ! Lui expliquer ce qu'il se passe."

"Très bien, Kurt, mais en aucun cas vous ne devez rester seuls tous les deux. Et ce soir..." Firae amena la main libre de Kurt à ses lèvres et l'embrassa. "Ce soir, je te veux rien que pour moi."

"Entendu," répondit doucement Kurt.


Blaine voulait mourir.

Le moment où Kurt avait retiré ses mains des siennes pour les mettre autour du cou de Firae avait semblé comme la fin du monde. La fin de tout espoir. La fin des couleurs et de la vitalité. La fin du cœur de Blaine.

Cela faisait sens, et ça le vidait de tout espoir.

Kurt voulait mettre fin au trafic d'esclaves. S'il épousait Firae, il serait en position de faire ça. Et peu importe combien Kurt pouvait aimer Blaine, Kurt n'était pas assez égoïste pour s'éloigner de quelque chose comme ça.

Mais quand Kurt l'avait attrapé, son cœur s'était empli d'espoir stupide.

Est-ce qu'il y avait un moyen ? Même maintenant ? Peut-être que Kurt pouvait convaincre Firae. Peut-être qu'il n'aurait pas à l'épouser. Peut-être...

Non. C'était clair que Firae voulait Kurt, et c'était aussi clair qu'il voulait effacer Blaine de la surface de cette planète. Et le plus intense cela devenait entre eux, plus le cœur de Blaine s'emplissait de peur.

Car même s'il ne comprenait pas les mots, Blaine pouvait voir de l'affection sous la colère de Kurt.

Et lui et Firae semblaient avoir quelque chose qui ressemblait à de la passion entre eux.

Le feu dans les yeux de Firae ne l'effrayait pas plus que celui dans les yeux de Kurt.

Mais ensuite, quand il gémit le nom de Kurt sans le vouloir, Kurt l'avait enlacé et lui avait dit que tout allait bien se passer.

Et maintenant, assis dans le chariot tous les deux, un petit grain d'espoir se planta dans un coin caché du cœur de Blaine.

Peut-être que tout allait bien se passer. Peut-être que, d'une certain façon, c'était toujours possible.

Ils allaient au feririar de Kurt. Ou plutôt, à Cloudlen. Kurt lui avait dit que la communauté de Sidhe qui vivaient là-bas avaient construit le feririar, mais que le nom de l'endroit en lui même était Cloudlen. Blaine ne comprenait pas bien la distinction, mais il s'en souciait guère.

Blaine allait être prisonnier. Techniquement, il l'était déjà.

Le roi avait promis qu'on ne lui fera pas de mal, qu'on s'occuperait de lui. Kurt lui avait promis de venir le voir aussi souvent que possible jusqu'à ce que lui et Firae règlent certains choses.

Kurt n'avait pas dit beaucoup plus. Ils n'étaient pas seuls dans le chariot, deux membres de la garde royale les accompagnaient, un de chaque côté, comme ils étaient assis face à face.

La garde royale qui servait le Roi. Firae. Le premier amour de Kurt, et peut-être son futur époux.

Firae était un magnifique Roi Elfique avec des yeux bordeaux qui vivait dans un grand hall de fleurs. Et Blaine était un simple paysan d'un village de pêcheurs qui avait désespérément besoin d'un bain et de se raser.

Entre les deux, le choix était évident.

Quand le chariot s'arrêta, Kurt réussit à s'approcher assez de Blaine pour lui chuchoter "je t'aime" dans l'oreille.

Et Blaine le regarda partir, rejoindre Firae, qui était déjà descendu de son grimchin. Ils se baladèrent dans la nuit, main dans la main, ayant l'air complètement à l'aise l'un avec l'autre.

Ils étaient magnifiques ensemble.

Blaine ne regarda même pas le village, même s'il était sûrement rempli de merveilles du pays des fées. Il ne regardait même pas où ils allaient. Son cœur était fracassé et sa vie était brisée.

Car même s'il y avait un moyen de s'en sortir, Blaine réalisa qu'il avait compté sur le fait que Kurt l'aime et le veuille autant qu'il aimait et voulait Kurt. Mais Kurt se souciait de Firae. Peut-être même qu'il l'aimait. Peut-être, même s'il aimait plus Blaine, il aimait assez Firae.

Les gardes l'emmenèrent vers un grand arbre avec une longue série de marches en spirale. Un peu comme celui de l'auberge où lui et Kurt étaient restés à L'auhe. Blaine s'en fichait.

Il ne savait même pas depuis combien de temps il était là, en boule à pleurer, quand il réalisa d'un coup qu'il était seul.

Il y avait des barreaux sur les fenêtres et la porte.


Firae emmena Kurt dans sa chambre, babillant avec enthousiasme sur tous les gens qui allaient être excités de voir Kurt le lendemain.

Kurt s'arrêta à la porte.

Firae le regarda avec un sourcil arqué. "Il y a un problème?"

"Non. Bien sûr que non. Je me demandais simplement...Est-ce que mon ancienne chambre est occupée, ou est-ce que je dois utiliser une des chambres pour invités?"

Firae fronça les sourcils. "Kurt, j'espérais...que tu envisagerais de passer la nuit avec moi."

Kurt inspira brusquement. "Je...Firae, c'est juste...c'est trop tôt."

Firae s'approcha de la porte, prenant les deux mains de Kurt dans les siennes.

"Kurt, je dirais plus tôt que ça fait trop longtemps. Écoute, je n'insinue pas qu'on doit faire...quelque chose. Mais reste avec moi ? Prends moi dans tes bras?"

Kurt prit Firae dans ses bras.

"Firae," chuchota-t-il. "S'il te plaît, ne me force pas. C'est moi. Je suis là. Mais.. j'ai besoin de ma propre chambre. J'ai besoin de temps pour moi. Comprends ça s'il te plaît."

Firae soupira, mais serra Kurt dans ses bras avant de se retirer. "Je comprends. Je suis juste tellement content de te revoir. Je pense que j'ai peur de te laisser dormir ailleurs et que tu sois parti au matin."

Kurt lui donna un léger baiser sur la joue. "Je ne vais nulle part. Maintenant, est-ce qu'on peut aller chercher du thé et du chèvrefeuille ? Je veux tout savoir sur ce qu'il s'est passé."

Firae rit. "Ça va peut-être prendre toute la nuit."

Kurt sourit. "On a le temps."

Firae sortit demander à un domestique d'aller leur chercher du thé et des fleurs. Kurt s'approcha de la fenêtre. Il regarda là où il savait être la tour Nord, enveloppée dans l'obscurité.

"Blaine," chuchota-t-il. "Je...je.."

Il ne trouvait pas les mots.

Kurt essuya les larmes de ses yeux et plaqua un sourire sur son visage, se tournant pour faire face à Firae qui revenait dans la chambre.


Blaine gémit quand le soleil envahit ses yeux. Malgré le luxurieux lit dans la chambre, il avait dormi en boule par terre.

Il roula sur le dos et jeta un bras sur ses yeux pour cacher la lumière.

Il ne voulait pas être éveillé. Être éveillé signifiait affronter la réalité. Et affronter la réalité voulait dire affronter le fait qu'il avait perdu Kurt.

Kurt dormait probablement, épuisé après une nuit d'ébats passionnés avec Firae. Ils étaient probablement entremêlés dans les draps du lit odieusement large de Firae, dans ses draps odieusement doux et Firae était probablement un amant odieusement parfait, et Kurt remerciait probablement les dieux de savoir ce que ça faisait de faire enfin l'amour avec un vrai homme et Blaine voulait tout simplement mourir.

Il décida qu'il n'allait pas bouger de la journée. Il ignora le son de la porte qui s'ouvrit. Qu'on les laisse lui donner des coups de pieds, ou le tuer, ou apporter de la nourriture qu'il ne pourrait probablement pas manger vu que ce serait certainement des fleurs. Blaine ne se souciait plus de rien.

"Wow. Hm, t'étais bourré quand ils t'ont amené hier ? Car Kurt ne m'a rien dit."

Blaine envisagea de retirer le bras de ses yeux au son du nom de Kurt.

"Ou...est-ce que tu es malade ? Je dois appeler un guérisseur ? Ou...mes dieux, est-ce que Firae a fait ce truc où il te brûle de l'intérieur sans que ça se voit sur la peau ? Je déteste quand il fait ça."

Blaine était presque sûr que Firae avait commencé à faire ça avant que Kurt ne le stoppe. Il n'avait pas compris ce qu'il se passait à ce moment, mais maintenant si et c'était encore une autre chose odieusement impressionnante à propos du beau et arrogant Roi. Blaine ne pensait pas que son habilité avec un arc et des flèches ferait le poids face à quelqu'un qui brûlait les gens de l'intérieur avec un simple regard.

"Salut, l'ami." La voix s'était rapprochée, comme si la personne était agenouillée à côte de lui. Blaine voulait simplement qu'il s'en aille.

Cela semblait être une voix d'homme, et une voix moins musicale que celles des autres Sidhe qu'il avait déjà entendu.

L'homme n'allait clairement nulle part. Blaine soupira et bougea le bras de son front, regardant la forme au dessus de lui.

Le Sidhe le fixa avec un sourire suffisant. "Eh ben, t'es vraiment mignon. Pas étonnant que Kurt se soit taper quelqu'un comme ça à travers tout Villalu."

Blaine écarquilla les yeux. Qui était cet homme ? C'était quoi son problème ?

"Qu'est-ce que vous voulez?" demanda Blaine, surpris par sa voix rauque.

"Hey. Pas besoin de me parler comme ça, mon ami. Tu es ma nouvelle idole. Tu as couché avec Kurt et tu t'es présenté à Firae en lui donnant la main, et Firae ne t'a pas tué, il t'a mis dans la plus belle cellule dans la tour Nord, et il a laissé Kurt me choisir pour monter la garde. Les dieux chanteront ton histoire pendant des générations!"

Donc cet homme connaissait Kurt. En fait, il semblait que Kurt avait précisément demandé que cet homme s'occupe de Blaine.

Il essaya d'imaginer Kurt avoir une quelconque relation amicale avec cet homme mais il ne pouvait pas. Il semblait bien trop obscène.

Blaine l'étudia. Sa peau avait la lueur saine de celle d'un Sidhe, avec une légère teinte brune. Ses yeux étaient ambre foncé, et ils semblaient briller de malice. Il portait une drôle de coiffure, sa tête était rasée exceptée la bande unique de cheveux au dessus de son front jusqu'à sa nuque, la bande se terminant en une tresse brillante qui atteignait ses omoplates.

Il tendit sa main vers Blaine. Blaine la regarda.

"Je ne le fais pas bien?" dit-il, fronçant les sourcils. "Les Villaluans ne se serrent pas la main quand ils se rencontrent?"

"Oh," murmura Blaine. "Ouais. Désolé." Il s'assit. C'était peut-être le pire jour de sa vie, mais l'homme essayait d'être amical et sa misère personnelle n'était pas une excuse pour avoir des mauvaises manières.

Il prit la main de l'homme. "Je m'appelle Blaine," dit-il, la secouant.

"Sans rire," dit le Sidhe, la secouant si fortement qu'il faillit disloquer le bras de Blaine. "Tu peux m'appeler Puck."


A bientôt :)