Hello, tout le monde! Bon, beh, je me suis lâché sur ce chapitre – je crois que c'est le plus long. Il fait plus de 6000 mots ahah. Bientôt la toute fin en tout cas. Bonne lecture!
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Chapitre vingt-quatre: Briser l'esprit
Melbourne reprit du poil de la bête et redevint souriant et bienveillant, comme cela était dans sa nature, au grand soulagement de ceux qui avaient été affectés par sa crise de colère et ces semaines où il était bougon. Pour être honnête avec lui-même, il avait toujours en mémoire la conversation qu'il avait eue avec Snape pendant qu'ils faisaient leur ronde. Il n'avait pas eu de vraie réponse à fournir à son aîné quant à son attitude qualifiée de puérile, et même après que son ego s'en soit rétabli, il avait admis que le Maître des Potions avait été dans le juste. Ni plus, ni moins. Puis, il n'avait pas à faire subir son humeur de chien à ses élèves. Il avait vingt-neuf ans, pas quinze, Gumbling Gargoyles! Enfin, il estimait qu'il pouvait toujours transmettre ses mises en garde avec moins de sévérité. Ses collègues se chargeaient déjà des retenues. Certes, il n'avait pas trop à s'en faire, les jeunes ne cherchant plus à créer des noises pendant ses cours. Ce n'était pas plus mal car il était las de passer par ce genre de procédures pour se faire entendre. Soit, Potter semblait lui en vouloir encore pour la colle qu'il avait eue, simplement parce qu'il avait pointé sa baguette vers Malfoy avec une envie sincère de l'envoyer valser. Or, l'adolescent n'avait pas l'air de pousser un esclandre, comme si la petite mort du groupe de Défense de la Salle sur Demande l'avait calmé.
Melbourne ne se contenta pas de changer d'attitude en classe. Il se forçait à assister à tous les repas dans la Grande Salle, même s'il n'avait pas faim et ne mangeait pas grand-chose. Sa présence se devait être le signe qu'il formait une indivision avec ses collègues. Lui aussi devait montrer l'exemple aux jeunes face à eux, pas seulement les sermonner. Il n'était plus à une attaque personnelle de la part d'Umbridge, qui l'invitait très régulièrement à s'asseoir à côté d'elle, dans l'idée de lui faire part des progrès du Ministère sur Hogwarts et pour se plaindre de la décadence qui semblait régner entre les quatre murs du château. En somme, des conversations qui avaient le don d'ennuyer et d'agacer le jeune homme; mais, à la grande déception de la désormais Directrice, il ne lui en laissa rien paraître. Ce tour de force ne provenait que de son usage de l'Occlumencie qui, avec le temps, avait fini par être fluide et aisé, et ne transformait plus son crâne en pastèque de manière systématique.
L'ambiance avait pas mal changé parmi les membres du staff depuis la disparition de Dumbledore. Les enseignants n'osaient plus plaisanter entre eux, échanger, de peur que leurs dires ne soient transformés au point de les pousser vers la sortie. Les visages étaient fermés, plus que d'ordinaire. Ils ne parvenaient à dégager du temps pour ne se voir qu'entre-eux, la femme grenouille fouinant de partout et les tenant à l'oeil comme du lait sur du feu. C'était très désagréable.
A la fin du petit-déjeuner la veille des vacances de Pâques, Snape prit Melbourne à part, en le tirant par le coude et le mena jusqu'aux cachots. Il avait balayé le froncement de sourcils d'Umbridge d'un «je dois discuter avec Melbourne en ma qualité de Directeur de Maison, madame la Directrice». La femme le laissa faire, vu qui c'était. Le Maître de Potions avait eu un excellent retour de ses propres inspections et n'était pas jugé dangereux vis-à-vis de l'autorité du Ministère.
Les deux hommes descendirent la volée de marches qui menaient aux parties du château les plus froides, l'aîné tenant toujours le plus jeune par le bras. Lorsqu'ils rentrèrent dans le bureau du Corbeau, Melbourne se défit enfin de son emprise et le toisa un temps, circonspect. Les lieux n'avaient pas changé depuis l'époque où il avait été étudiant. L'endroit était plongé dans une semi-obscurité, seulement percée par des lumières tamisées provenant de lampes, les lourds rideaux aux fenêtres de plain-pied tirés pour masquer la fausse lumière créée par un charme.
- Je crois que nous n'avons pas terminé notre conversation de l'autre soir, commença Snape. Et nous avons besoin tous deux d'éclaircir certains points, pour dissiper tout doute quant à notre relation entre… Collègues.
- Plaît-il, marmonna le jeune homme, sourcils haussés, signe de son étonnement. Il me semblait que nous en avions fini tous les deux, car vous m'avez fait partir sans ménagement, monsieur.
Snape le fixa d'un œil noir, fit le tour du bureau, ordonna les papiers qui traînaient dessus, avant de ne regarder son interlocuteur à nouveau, droit dans le blanc des yeux.
- Bien. Comme vous n'avez pas l'air de saisir en quoi je vous parle en privé, je vais éclairer votre lanterne: je me doute que vous ayez quelque chose à voir avec la DA, contrairement à ce que vous tentez misérablement de me faire croire.
A ces mots, Melbourne pâlit. Est-ce que le Maître de Potions voulait jouer avec lui avant de le dénoncer à Umbridge?
- Oh, non, je ne suis pas aussi prévisible que cela, assura le Slytherin qui avait lu ses pensées.
- Si vous pouviez enlever vos pattes de ma tête, grommela Melbourne.
- Taisez-vous, Melbourne. Quand cesserez-vous de geindre malgré votre attitude déplorable? Avoir appuyé une telle démarche et mis des adolescents en danger pour… Attendez… Ah oui! Narguer le Ministère et jouer entre vous à coups de sorts ne relève pas d'une maturité quelconque de la part d'un enseignant de Hogwarts, encore moins d'un membre de l'Ordre, énonça-t-il d'un ton sec. Vous avez manqué de discernement, cruellement, sur ce point-là. Vous croyez que vous aurez assez de chance, comme cet idiot de Potter, pour tromper de pareilles personnes qui circulent dans nos couloirs à la recherche de la moindre erreur pour nous virer? On a déjà perdu Dumbledore. Et encore, lui a pu se débrouiller pour ne pas croupir à Azkaban et peut donc se targuer d'être libre pour aider à l'Ordre, donc à la résistance contre le Mage Noir. Je vous aurais prévenu, Melbourne. Si vous tenez à votre poste, ne faites plus de telles erreurs d'ici juin… On n'est plus en cours de Potions pour les NEWT. La récréation est terminée pour vous. Il serait temps que vous preniez enfin vos responsabilités. Vous savez pour quoi vous vous êtes engagé, alors assumez comme l'adulte que vous prétendez être.
Le jeune homme restait silencieux, sous le choc, les orbes rivés sur son collègue, comme pétrifié. Il lui fallut plusieurs secondes avant de reprendre ses esprits. Puis, il croisa les bras et marcha en rond dans le bureau, sous le regard d'onyx de Snape.
- J'ai, certes, à voir quelque chose avec la DA, murmura-t-il. Néanmoins, j'ai laissé les jeunes en parfaite autonomie tout au long de l'année, pour nous préserver mutuellement. Et lorsque j'ai eu vent des autres groupes qui s'étaient formés par ailleurs, j'ai estimé que mon choix avait été le bon... Non pas que j'approuve à cent pour cent qu'il y ait davantage d'élèves qui se soient lancés dans des activités considérés comme contraires au nouveau règlement, ajouta-t-il précipitamment alors que le Corbeau était sur le point de l'ouvrir. J'ai tenté de raisonner un maximum de personnes, croyez-moi.
- La question n'est pas de vous croire mais de voir que vous avez lamentablement échoué, rétorqua Snape d'un ton dédaigneux. Vous avez encore à apprendre beaucoup concernant la gestion de ces étudiants, Melbourne, à commencer par l'autorité. Nous aurions dû dissoudre tous ces groupes car ce qui est arrivé l'autre soir est tout bonnement catastrophique. Dumbledore s'est sacrifié pour Potter et ses camarades et nous voilà avec Umbridge à la tête de l'école!
- Dans tous les cas, elle aurait fini par l'être!
- On s'en fiche de ces détails! C'est à cause des gens irresponsables comme vous que nous déplorons plus de pertes dans un conflit! L'individualisme n'y a pas sa place, vous devriez le savoir, vous qui connaissez l'Histoire Muggle sur le bout des doigts!
Le professeur de Défense ne répondit rien, se mordant la lèvre inférieure. Il n'avait pas envie de donner raison à Snape, pas à cent pour cent; or, il ne pouvait admettre qu'il aurait eu tort. Il cessa bientôt de tourner en rond, laissa ses bras tomber le long de son corps et, lorsqu'il reposa ses orbes azur sur Snape, il se rendit compte que le Maître de Potions n'avait ni bougé, ni cherché à reprendre la parole. Non, il se contentait de l'observer en silence, bien que cette fois-ci son regard était moins dur qu'à l'accoutumée.
- Vous ne rendez pas la tâche facile, finit-il par murmurer, si bas qu'au début, Melbourne avait cru rêver ces propos. Je vous conseille de ne plus vous engager dans les sottises des adolescents, auquel cas, tout ce que vous avez entrepris n'aura servi à rien.
- Un peu comme avec vous, n'est-ce pas, répliqua le jeune homme, sans animosité pour autant, mais coupant court à toute réponse de son interlocuteur en quittant la pièce aussi vite que possible.
Snape ne put crier «idiot!» qu'à la porte close et s'écroula sur son fauteuil, comme privé de toute énergie de manière soudaine. Hormis cette conclusion personnelle, lorsque Melbourne se laissait aller à l'imprudence, le mieux à faire était de frapper fort ou il irait trop loin... Il n'avait plus qu'à espérer qu'il entendrait raison rapidement. Il avait été utile par moments et perdre cet atout dans un avenir proche était inenvisageable.
Soit, ce qu'apprenaient ses charges dans ses cours lui permettait d'admettre cela, car il était indéniable que les gosses progressaient en Défense. Le Corbeau soupira et se massa les sinus, las.
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Les congés d'avril furent appréciés par les étudiants de manière générale, sauf pour ceux qui passaient leurs examens et devaient restés enfermés à réviser tandis que les autres profitaient du printemps timide qui s'installait en Ecosse. Après avoir obtenu l'aval d'Umbridge, les enseignants se mettaient à la disposition de leurs élèves pour les aider en cas de besoin dans leurs études. Ils pouvaient de fait consulter un de leurs professeurs pour éclairer un point, demander des conseils ou des pratiques supplémentaires qui pourraient leur être utiles.
En parallèle de cela, les professeurs commençaient à préparer leurs futurs entretiens individuels pour discuter des carrières que souhaiteraient embrasser les jeunes – ces mêmes entretiens chaperonnés par la Directrice. Elle avait décidé d'être présente en qualité d'auditrice pour chacune de ces entrevues – sous motif de s'intéresser à toutes ces petites têtes blondes. La vérité, ils en avaient conscience, était ailleurs; mais, encore une fois, ils devaient composer avec ce paramètre imposé.
La sortie à Hogsmeade fut fixée le week-end de Pâques. Les personnes qui passaient leurs OWL et NEWT profitèrent de ce bol d'air proposé pour se détendre et songer à tout sauf à rester le nez dans leurs cours et leurs livres. Même Hermione, que Harry et Ron avaient travaillée corps et âme pour la convaincre de les accompagner, concéda à lâcher son Syllabaire des Runes, arguant que s'aménager des pauses était bénéfique pour bien retenir ses leçons. Si tout le monde se trouvait satisfait de ses raisons pour se balader dans le village sorcier, cela était suffisant.
Le trio croisa de manière régulière des camarades dans la journée. Installés un temps aux Three Broomsticks, ils profitèrent de tomber sur Lee Jordan pour lui demander comment allaient Fred et George, tous trois étant très bons amis. Il était resté assez vague mais leur avait assuré qu'ils se portaient très bien. Ron n'avait eu que très peu de nouvelles d'eux par hibou, et il n'avait osé demander à ses parents de peur de se prendre une Howler*² en retour.
Après avoir savouré une Butterbeer, les adolescents sortirent pour s'enfoncer dans le coeur du village et pénétrer dans le salon de thé tenu par le Maître Indien. La clochette tinta à leur entrée. Un doux parfum d'encens les accueillit. L'endroit était calme et vide, accentuant son ambiance zen.
- Bienvenue, chers enfants, dit le petit homme qui sortit de l'arrière-boutique. Oh, c'est vous, s'exclama-t-il lorsqu'il les reconnut, et un sourire s'esquissa sur son visage ridé. Asseyez-vous où vous le voulez, poursuivit-il en leur indiquant toutes les chaises libres.
- Merci monsieur, répondit Hermione tandis qu'ils s'installaient près du comptoir. Heu… Dites-moi, hésita-t-elle en jouant avec la carte des menus, heu… Il n'est pas là, monsieur Melbourne, demanda-t-elle d'une petite voix.
L'homme sourit, avec douceur et bienveillance. Il lui répondit par la négative, lui assurant qu'il passerait sans doute. Il devait récupérer une commande qu'il avait pu lui faire, un produit importé d'Inde. Les adolescents s'échangèrent un regard, indécis, puis plongèrent leur intérêt sur la liste des différents thés et infusions proposés. Les noms choisis étaient d'une rare poésie, mais non mystérieuse quant aux effets que chaque boisson apportait, avec un détail des ingrédients écrit en petits caractères et en italique sous chaque nomination. Le propriétaire leur suggéra un thé vert fleuri, pour évoquer le printemps, au goût délicat et parfumé, rien de très fort et agressif, tout en subtilité et équilibre. Harry, Hermione et Ron se décidèrent pour celui-ci, incapables de sélectionner par eux-mêmes parmi toute la gamme proposée. L'éventail de choix était large et tout était plus ou moins tentant. Il leur sauvait la mise de ce côté là.
- Dites-moi, monsieur… notre professeur est un habitué, demanda encore Hermione tandis que le Maître Indien leur posa une théière et trois tasses en leur indiquant d'attendre encore cinq minutes pour laisser le thé infuser pour avoir la meilleure diffusion des saveurs. Je dis ça… Parce qu'il a l'air très au point pour le thé, se justifia-t-elle, les joues rosies, devant le regard du vieil homme.
- Ah! Oui, William fréquente ces lieux autant que possible… Enfin, cela faisait quelques années que je ne l'avais pas vu, sans doute parce qu'il travaillait à Londres… Mais lorsqu'il était étudiant comme vous, il venait très régulièrement ici. C'est moi qui lui ai transmis tout ce qu'il sait. Vous avez noté le mala qu'il porte au poignet droit, jeune fille?
Un froncement de sourcils et un temps de réflexion plus tard, ladite jeune fille acquiesça. Harry et Ron l'interrogèrent du regard, ne sachant ni l'un ni l'autre ce que c'était. Leur amie leur éclaira la chose en racontant que c'était un bracelet de cent huit perles, faites de bois, que les Bouddhistes avaient sur eux, pour prier. Les Catholiques avaient leurs chapelets également. Puis, elle ajouta à l'attention de Ron qu'un jour, elle prendrait le temps de lui parler des différentes religions et croyances des Muggles, car il y avait un volet de taille conséquente pour en faire un cours complet. Le garçon haussa les épaules, grimaça et se dit que les Muggles étaient quand même particuliers. Dans le monde sorcier, on n'avait pas de système religieux établi en Eglises et centré sur des divinités. On avait, certes, une mythologie, des légendes, des figures remarquables auxquelles se référer; mais rien qui ne ressemble de près ou de loin à une quelconque religion monothéiste ou polythéiste. Hermione roula les yeux, exaspérée par la réaction de son ami, toujours la même lorsqu'il s'agissait d'évoquer les us étranges des Muggles. Cependant, Harry n'était pas plus à l'aise que son comparse, n'étant ni religieux, ni très au fait des différentes croyances, les Dursley n'ayant jamais été pratiquants et n'ayant jamais parlé de cela à Privet Drive.
- Est-ce que cela veut dire que monsieur Melbourne est Bouddhiste, interrogea Hermione.
- Vous savez, mademoiselle, lorsque l'on a traversé certains événements marquants dans notre vie, nous recherchons tous ce qui pourrait nous aider à les affronter et les surmonter, répondit le vieil homme. Je crois que William a pensé trouver ce dont il avait besoin au travers de certaines pratiques asiatiques.
- Au point de tenter le yoga et de me blesser comme un parfait débutant, répondit le concerné qui venait d'entrer, apportant avec lui le vent froid du dehors.
Il s'arrêta et observa la scène. Une boule de stress s'était nouée dans son estomac lorsqu'il avait saisi qu'on parlait de lui en son absence. Il avait beau ne rien craindre du Maître Indien et de ces trois jeunes, néanmoins la sensation n'avait rien d'agréable. Il passa une main dans sa chevelure emmêlée, un peu gêné, avant de n'enlever ses lunettes de soleil et sa veste de cuir noire. Les garçons s'étaient raidis, nerveux et Hermione avait viré au rouge, tous les trois pris sur le fait comme si cela avait été une faute grave. Notant leur air d'embarras, Melbourne décida de passer outre ses ressentis et leur demanda d'un ton calme s'ils allaient boire le thé de la Renaissance et s'il pouvait s'installer avec eux. Ils bredouillèrent des réponses affirmatives et n'osèrent pas le regarder en face pendant qu'il s'installait avec eux, sur la chaise vacante de leur table.
- Désirez-vous la même chose, mon bon William, demanda le propriétaire, le moins du monde perturbé.
- Heu… Non. Je pencherais plutôt pour la Tranquillité ou la Relaxation… Pas mal tendu ces temps-ci, murmura le jeune homme, qui appuya ses propos en exerçant une pression sur chacune de ses épaules dont les muscles étaient tendus.
- Je vous ferai une grande théière dans ce cas, évalua le vieil homme. Ne soyez pas surpris cependant de vous sentir somnolent d'ici ce soir par contre, ajouta-t-il alors qu'il partait en arrière-boutique pour préparer la boisson pour son client.
Melbourne s'adossa contre sa chaise, les mains sur les cuisses, leva la tête et soupira, les yeux clos. Hermione, pour casser cette ambiance étrange, servit ses amis et elle-même, puis huma sa tasse. C'était vrai que ce thé sentait bon le Printemps. Chaque note florale se distinguait l'une de l'autre, sans être forte au point de déranger.
La théière de leur enseignant arriva et le Maître Indien lui suggéra de dépasser un peu le temps d'infusion s'il souhaitait un effet plus prononcé des vertus de la boisson, mais pas trop non plus pour ne pas s'en rendre malade et déséquilibrer ses flux énergétiques et les laissa tranquilles.
- Vous aussi, vous enquêtez sur ma vie, questionna le Maître de Défense au bout d'un moment, plus amusé qu'autre chose.
- Heu… Non, se hâta de répondre Ron, rouge jusqu'aux oreilles, fait que Harry ne voyait que lorsque sa mère le couvait de baisers ou lorsqu'il était très contrarié ou vexé. Pas du tout, coassa-t-il, un ton plus aigu qu'usuellement.
Melbourne rit un peu et lui assura qu'il ne lui ferait pas pousser une deuxième tête, ni à lui ni à ses amis.
- Si vous avez des questions me concernant, vous pouvez tout aussi bien me les poser directement. Pas sûr par contre de vous fournir des réponses satisfaisantes, ceci dit. Vous êtes encore mes élèves et moi votre prof… Bref, passons. Du moment où notre ami ne vous a pas raconté comment je me suis fait mal en pratiquant le yoga, ça ira, plaisanta-t-il.
- Vous trouvez peut-être cela «rigolo», William, mais j'ai eu très peur pour vous ce jour-là, cria le propriétaire depuis l'arrière-boutique. Je vous avais bien prévenu de faire attention, mais vous n'en aviez fait qu'à votre tête.
- En même temps, j'étais jeune, se justifia le jeune homme.
- Certes, un peu tête brûlée aussi… Même si vous n'aviez jamais été un grand sportif… Il revint, posa ses bras sur le comptoir et contempla Melbourne un temps. Je crois que vous n'avez pas tant changé que cela, si je puis me permettre cette réflexion.
- Oh, vous savez, je ne cesse de me faire dire que je suis immature et gamin par Snape, répondit son interlocuteur sur le ton de la conversation. Je vais finir par bien saisir que c'est vrai, si vous partagez le même point de vue.
A la mention du Maître de Potions, les étudiants sursautèrent. Ah, parce qu'il n'y avait pas qu'Umbridge qui taclait leur enseignant? Quoique, cela n'était pas inhabituel et surprenant de la part du Death Eater. Il prenait un malin plaisir à humilier et juger tout individu face à lui.
- Ne vous méprenez pas, William. Chacun d'entre nous apprend et grandit tous les jours. Celui qui cesse ce procédé naturel a raté l'essentiel même de l'humilité humaine. Et gardez en tête ce que je vous avais déjà dit à l'époque où vous aviez leur âge, poursuivit-il en indiquant les adolescents. Vous apprenez vite.
Melbourne se demanda si c'était vraiment le cas. Il avait la sensation d'avoir raté pas mal de choses ces derniers temps. En tout cas, c'était ce que Snape lui avait dit – et, par moments, il s'interrogeait sur les réelles motivations qui l'avaient embarqué dans cette situation, car lorsqu'il travaillait au Ministère, au moins ne commettait-il pas de bourde. Sauf que là… Il était suspendu.
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La fin des vacances prit une tournure étrange, voire glauque. Umbridge avait profité du calme relatif de cette période pour prendre le temps de discuter à droite et à gauche, notamment avec quelques élèves. Il s'avéra qu'elle s'entretenait surtout avec une poignée de Slytherin. Snape observait ses allées et venues de loin, avec attention cependant. Il l'assimilait à la séduction du serpent: avenante et doucereuse pour mieux tromper et empoisonner. Il en avait parlé avec ses collègues et avait trouvé cela étrange qu'elle ne le fasse quasi exclusivement qu'à eux. Cependant, le détail le plus marquant était avec qui en particulier elle prenait le temps de parler: c'était des enfants de Death Eaters ou de Ministériels à la botte de Fudge – donc d'elle-même et de Voldemort. Et ce n'était pas seulement une question qui relevait du fait qu'ils faisaient partie de l'Inquisitorial Squad. Circonspect, l'homme demanda à son Préfet de cinquième année, Malfoy, de le rejoindre sur-le-champ dans son bureau. L'adolescent était venu, perplexe, s'interrogeant sur la raison d'un tel entretien. Le Maître de Potions l'invita à s'asseoir et en fit de même.
- Bien. Je vous ai demandé de venir parce que je souhaite savoir et comprendre pourquoi madame la Directrice désire s'entretenir avec la plupart d'entre vous. Non pas que j'en trouve à redire, c'est seulement pour être au courant de ce qui se passe dans ma Maison.
- Oh! Eh bien, elle nous demande si nous allons bien, si les cours se passent correctement… Des banalités de ce genre-là, monsieur, répondit Malfoy, d'un ton un peu hésitant cependant, et le regard fuyant.
- Vous ne me dites pas tout, Malfoy, claqua Snape. Je n'ai pas besoin d'avoir recours à la Legilimencie car cela se voit comme un nez en plein milieu d'une figure, ajouta-t-il le regard sévère.
Le garçon rosit de manière très subtile, vexé. Il était très rare que le Death Eater le réprimande de la sorte, l'encensant au contraire et le privilégiant par rapport aux autres – surtout lorsque Potter était dans les parages. Il avait même noté qu'il s'était montré un peu plus distant depuis qu'il avait rejoint l'Inquisitorial Squad. A croire qu'il n'approuvait pas à cent pour cent cette décision. Pourtant, ils étaient du même bord… Le garçon ravala sa colère et lui répondit avec le plus de neutralité possible:
- Mrs Umbridge souhaite avoir notre avis sur la qualité de l'enseignement dont nous disposons et ce que nous pensons de nos enseignants; ce qui, en soi, n'est pas insensé, car ce sont les étudiants les plus à même à renseigner là-dessus. Puis, elle le fait un peu partout, de toute façon… Dans toutes les Maisons, je veux dire, clarifia-t-il.
Snape ne répondit pas. Il tentait de maintenir une certaine posture; or, s'il l'avait pu, il aurait pâli devant son élève. Cela aurait été vu comme un signe de trahison que quelque chose ne tournait pas rond et il ne souhaitait pas que la femme grenouille n'en ait écho, question de préserver sa position d'agent double. Il reprit ses esprits sur l'instant et remercia Malfoy de l'avoir renseigné, tout en lui assurant qu'il ne voyait pas d'inconvénient à ce que les étudiants fassent part de leur opinion.
Une fois que la porte se fut refermée derrière l'adolescent, le Maître de Potions lâcha prise. Si Parkinson n'avait toujours pas parlé, ça irait; tout comme si elle avait parlé mais pas évoqué ses mensonges… Impossible de savoir tant qu'il ne la voyait pas. Il ne tenait pas à ce que Hogwarts soit mouillée dans un scandale de cette envergure… Un scandale fondé sur du faux, qui plus est; ce qui n'aurait aucune espèce d'importance pour le Ministère. Il soupira et passa ses mains sur son visage. Soit, il fallait s'assurer de ce qu'il en était avant de lancer l'alerte. Il passerait ce soir dans la salle commune et se fixera en parlant avec Miss Parkinson. Pas d'autre choix en vue.
L'ambiance générale qui régnait dans la salle commune des Slytherin était assez tendue, électrique. Les élèves s'échangeaient des regards de biais en silence pour la plupart. Certains ne comprenaient pas pourquoi Umbridge ne leur adressait pas la parole. Il semblait cependant logique qu'elle demande à tous les étudiants ce qu'ils pensaient des contenus de leurs cours et de la prestation de leurs enseignants pour que cette étude soit représentative de leurs ressentis. Ils n'avaient pas songé quel était le but véritable de la Directrice, qui était de dégoter tout incident par simple plaisir de faire couler les gens. Et si cela pouvait concerner Melbourne, elle en serait d'autant plus heureuse.
Snape pénétra dans la pièce principale après le dîner. Quelques jeunes étaient penchés sur leurs cours ou sur leurs livres en prévision des examens. D'autres discutaient par groupes. Malgré ces activités qui semblaient des plus normales, le Maître de Potions nota que c'était trop calme, silencieux, car il ne croyait pas une seule seconde que c'était pour ne pas déranger les étudiants passant leurs OWL et NEWT. Il fronça les sourcils et se dit qu'il avait bien fait de passer.
- Bonsoir, s'adressa-t-il à tout le monde.
- Bonsoir, monsieur, répondirent-ils plus ou moins en même temps.
- J'ai demandé plus tôt dans la journée à monsieur Malfoy la raison des visites régulières de la Directrice, car elle ne m'avait pas tenu informé de son enquête de satisfaction, et ses lèvres se pincèrent, signe qu'il n'aimait pas ne pas avoir de contrôle sur ce qu'il tenait pour acquis. Sachez que de vous solliciter pour savoir ce que vous pensez de votre enseignement est un recours classique, même s'il est peu fréquent. En effet, c'est par là même que nous pouvons, nous enseignants, améliorer notre mission. Je vous serais gré d'être coopératifs et les plus honnêtes possibles, tout en gardant un minimum de savoir-être et de respect à l'égard de vos enseignants. Si vous souhaitez que votre avis soit pris en compte, il vaut mieux qu'il soit constructif et réfléchi. Me suis-je fait comprendre?
Ils acquiescèrent. Snape avait pris le temps de faire ce laïus pour tranquilliser tout le monde et ne susciter aucun soupçon de quelque nature que ce soit. Il ne souhaitait pas attirer l'attention s'il prenait des élèves à partie pour discuter avec chacun d'eux. OK, c'était un peu déroutant que de se méfier de ses propres protégés, mais avec Umbridge dans le coin, le Death Eater ne pouvait pas fonctionner de manière différente. Il perdit ainsi plusieurs minutes avec les élèves qui révisaient, pour s'enquérir de leur état, avant de ne passer aux membres de l'Inquisitorial Squad, et enfin Parkinson elle-même. De nature directe, il ne tergiversa pas et demanda à la jeune fille si elle avait déjà discuté avec Umbridge et employa ses compétences de Legilimens avec beaucoup de subtilité pour qu'elle ne se rende compte de rien. L'adolescente pouvait très bien lui mentir, il n'en avait cure. Concentré sur sa tâche, il n'écouta ses réponses que d'une oreille distraite. C'était si simple que d'avoir accès à ce qu'il recherchait lorsqu'il avait face à lui quelqu'un de jeune et d'inexpérimenté. Un jeu d'enfant. Elle ne cherchait donc pas à cacher quoique ce soit de compromettant pour elle et l'image de l'entretien avec la Directrice lui fut d'une lecture limpide. Trop même. Et ce qu'il craignait par dessus tout. Il quitta la tête de sa protégée, dégoûté, révulsé même, mais ne le montra pas. Il la remercia pour ses informations et lui demanda de manière plus générale comment se passaient ses révisions, d'un ton neutre et détaché. Puis, pour poursuivre sa visite sous couverture, il en interrogea d'autres un long moment avant de regagner enfin ses appartements.
Par Merlin! Ses mains en tremblaient tellement il avait conscience de ce qu'il allait advenir et des conséquences terribles que cela aurait. Contrôle tes émotions, Severus. Cela lui prit plusieurs minutes. Enfin, il prit un morceau de parchemin, écrivit dessus, en prenant soin de choisir les bons mots, recopia ce paragraphe sur un autre parchemin et atteignit le salon d'où il ouvrit une porte en bois qui menait à des escaliers raides, et marcha sur le gazon de son jardin personnalisé, là où il faisait pousser diverses plantes utiles pour ses potions. Il leva les yeux au ciel, vit une silhouette tournoyer et siffla. L'ombre s'arrêta quelques nanosecondes avant de ne foncer sur lui. Un aigle de Blyth*3 atterrit bientôt à même le sol avant de ne glatir. C'était un rapace de taille moyenne, d'environ cinquante-cinq centimètres. Ses plumes étaient blanches et noires. Celui-ci était d'une beauté certaine et véloce. Sa petitesse, comparée à d'autres aigles, était utile pour qu'il reste discret et puisse se glisser de manière plus habile à des endroits étroits. Snape le cajola un peu, lui offrit une friandise et lia les rouleaux de parchemin à l'une de ses pattes. Il l'envoya à Melbourne, puis à Dumbledore. Le premier sera rapide mais le second… Impossible de savoir en avance. En espérant que cela ne soit pas en vain. Le Maître de Potions ne pouvait plus faire confiance au réseau de cheminées de l'établissement… De peur de tomber sur Umbridge. Non, là, il fallait être le plus discret et habile possible. L'oiseau déploya ses ailes et prit son envol. Snape se demanda encore s'il avait bien fait et si son geste pouvait être d'une aide quelconque, malgré les sérieux doutes qu'il en avait.
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Melbourne fut absent toute la journée suivante de la table des enseignants dans la Grande Salle – rien de surprenant en soi. Personne ne l'avait croisé ni dans les couloirs, ni dans la bibliothèque. Il devrait être dans ses appartements. C'était ce que pensaient quelques étudiants qui avaient noté la chaise vide.
Fait rare, il n'en était rien. Le jeune homme se trouvait dans le jardin botanique de Snape, en plein air, seul dans le calme, le vent caressant son visage. Le Corbeau n'avait rien dit lorsqu'il l'avait vu au seuil de son bureau et son visage était resté neutre. Il lui avait seulement recommandé de ne rien détruire sous le coup de l'émotion.
Le professeur de Défense contemplait les différentes plantes et se remémorait leur utilisation. L'aconit, cette fleur violette comme coiffée de casques, était employée pour la Wolfsbane Potion; les roses étaient dépouillées de leurs pétales et en y ajoutant les racines de gingembre on concoctait la Beautification Potion; l'ortie était séchée pour le Burn-Healing Paste, baume qui soignait les brûlures, tout comme l'oignon spongieux; la livèche, la cochléaire officinale et l'archillée ptarmique étaient une bonne combinaison pour la Confusing Concoction; on prélevait l'essence de la ciguë et de la ciguë aquatique pour la Doxycide… Le potager avait une drôle d'allure, avec tous ces plants de nature différente. Ces textures et couleurs variées étaient plaisantes à observer et les odeurs qui virevoltaient au rythme du vent avaient un effet d'apaisement. Quelque part, Melbourne parvenait à concevoir l'attrait qu'avait son collègue pour cette complexe discipline. Etre en contact avec la nature et en retirer tous les bénéfices sans la dépouiller avait quelque chose de profond, surtout lorsqu'on ne voulait pas faire de tort avec ces outils là. C'était agréable, aussi efficace qu'une longue séance de méditation. A songer à tout cela, le jeune homme n'avait pas l'esprit torturé par le reste. Il se coupait du monde réel un temps. Il en avait besoin et… Il ne savait pas si un jour il aurait le loisir et la joie d'en profiter encore. Alors, il savourait pleinement.
En début de soirée, Snape le rejoignit, silencieux comme d'ordinaire.
- Alors, vos révisions se déroulent bien, demanda-t-il, cynique.
- Hm… Ouais, marmonna le Maître de Défense. J'aimerais bien rester ici un moment , mais… Je crois que vous êtes venu me dire qu'il était temps que je fasse face à Umbridge, souffla-t-il, abattu, la tête baissée, toujours assis à même le sol.
- Non, Melbourne. Je ne serai pas votre bourreau cette fois-ci, répliqua Snape. Je laisse ce loisir à qui de droit…
Il s'approcha de son collègue et se mit à côté de lui, observant le bosquet de ciguës aquatiques.
- Toujours partant pour nettoyer les fonds de chaudron jusqu'à la fin de l'année, demanda-t-il au bout de plusieurs minutes de silence complet.
Melbourne partit dans un rire à gorge déployée, ne pouvant se contenir. Puis, des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Il n'éprouvait aucune honte cependant, face au Corbeau. Il s'en fichait. C'était le cadet de ses soucis.
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Melbourne finit par rentrer dans ses appartements. Il fut étonné de voir toutes ses malles remplies et closes au seuil d'entrée, toutes ses étagères vidées. Il resta interdit devant ce spectacle. Puis, on toqua à la porte. Le jeune homme se retourna et ouvrit. Cétait Dawlish et Shacklebolt, qui se tenaient chacun de chaque côté d'Umbridge dont le visage rayonnait comme si elle était une enfant recevant le cadeau qu'elle avait toujours désiré.
- Bonsoir, William, dit-elle de sa voix mielleuse. Je vois que vous avez pris la peine de revenir ici pour récupérer vos affaires. Pas besoin de vous expliquer pourquoi, j'imagine.
- Si vous pouviez me donner l'intitulé exact de la raison de mon renvoi… J'aime être précis, m'dame, rétorqua-t-il d'un ton dénué de toute émotion, droit comme un i devant elle.
- Soit. Voici, et elle déroula le parchemin qu'elle avait en main: «En raison de l'infraction à l'article 3B alinéa 56 du Code de Morale et de Déontologie de l'Enseignement, suppléé par l'Educational Act of Wizardry and Witchcraft de 1976, Monsieur William Melbourne est suspendu de sa fonction de Professeur de Défense contre les Forces du Mal de l'Ecole de Magie de Grande-Bretagne, Hogwarts, à partir du vingt-trois avril 1996, effectif dès que l'intéressé est au courant de ladite suspension. De plus, en raison des accusations qui lui sont proférées, c'est-à-dire harcèlement moral sur mineurs et usage de substances illicites lors de la durée de ses fonctions, l'annulation de ses diplômes lui permettant d'enseigner est requise et effective à la même date que la levée de ses fonctions, le vingt-trois avril 1996. Monsieur William Melbourne ne pourra plus jamais pratiquer le métier d'enseignant, que ce soit dans un établissement scolaire britannique ou étranger, ou en qualité de précepteur à titre privé.» Je continue ou est-ce suffisant pour votre sens de précision?
- Non, cela me satisfait pleinement, madame, répondit Melbourne. Puis-je partir, de ce fait?
- Bien entendu, ces messieurs sont présents pour vous escorter sans problèmes jusqu'au carrosse qui vous attend aux grilles de l'établissement.
Lorsque Melbourne dévala les cinq étages du château, il eut la sensation que les habitants des portraits le dévisageaient avec dédain et dégoût. Une fois le Hall en vue, tandis qu'il descendait les dernières marches, il leva la tête et fut surpris par la foule qui l'attendait en silence, comme un convoi funéraire. Soit, Umbridge avait désiré l'humilier en public comme elle l'avait fait avec Trelawney. Cependant, il n'y aurait pas de Dumbledore pour freiner la machine infernale. Il déconnecta son cerveau du monde autour de lui, et ne releva plus les sons et les images qui lui parvenaient et finit par sortir, descendit les marches du perron et atteignit le grand portail surmonté de statues de sangliers d'un pas rapide. Enfin, il monta dans un carrosse tiré par quatre magnifiques Thestrals. Il ne savait pas où aller, et combien de temps il serait encore libre. Les accusations portées contre lui le mèneraient au tribunal de toute façon. Et connaissant Umbridge, au mieux, il sera enfermé à Azkaban.
Le carrosse avança enfin. Le front collé contre la vitre, Melbourne réprima un sanglot. Il ouvrit la paume de sa main droite et regarda la fleur qu'il avait cueillie dans le jardin de Snape. C'était une aconit, la plus belle de toutes. Lui aussi aurait sa vengeance*4…
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* Titre inspiré de 'A Scandal in Bohemia', nouvelle relatant une enquête de Sherlock Holmes, où Irene Adler apparaît pour la première fois.
*²: (Beuglante) c'est marrant parce qu'on emploie ce terme pour signaler un barbarisme en anglais (erreurs de langue impardonnables)
*3 voici à quoi cela ressemble wikipedia/commons/thumb/e/e2/Nisaetus_alboniger_-Jurong_Bird_Park%2C_ /290px-Nisaetus_alboniger_-Jurong_Bird_Park%2C_
*4: dans le langage des fleurs, l'aconit exprime la vengeance (source: /fleur/Aconit)
