Coucou tout le monde ! Voici la suite de la bataille avec une petite découverte qui va en rajouter un peu plus ! J'espère que ça va vous plaire ! Je remercie tous ceux qui me suivent, vous êtes d'ailleurs de plus en plus nombreux et c'est super chouette ! Merci aussi aux rares qui me mettent des reviews, c'est vraiment gratifiant !
Toujours la distinction : Italique = elfique / Italique gras = langue sorcière / Normal = langue commune.
*Chapitre 24 - Un père pour une reine*
Ils étaient en passe d'arriver et sentaient comme une agitation désagréable dans l'air qui effrayait les chevaux. Sam tremblait comme une feuille car il sentait que quelque chose de mal allait arriver. Il se murmurait néanmoins qu'il devait être courageux, pour Frodon. L'image de ce Hobbit lui apparaissait sans arrêt, teinté du mot "échec". Sam voulait faire son possible pour rattraper ses erreurs. Si seulement il s'était méfié davantage, si seulement il allait fait part de toutes les pensées positives auxquelles il croyait lorsqu'il était avec son ami... Ses pensées furent brutalement interrompues.
« Que se passe-t-il, votre majesté ? », demanda Théa au roi qui chevauchait en tête.
« Des troupes ennemies. Mais c'est étrange… Des humains alliés avec d'aussi malfaisantes créatures ? Le Mal s'est répandu de la pire façon et a retourné les Hommes contre leur propre race. », commenta de façon énigmatique le roi Isor. « Théa, Kinya, je vous veux en tête. Il faut retrouver sa majesté. »
« Nous la retrouverons, votre grâce, soyez-en sûr. », promit Kinya en saluant son roi avec respect.
Elles se placèrent aussitôt en tête et mirent tout le groupe au galop. Ils attaqueraient par le flanc ouest, plus facile pour percer une brèche dans cette ligne de soldats ennemis. Kinya s'occuperait de la magie de l'air et Théa de celle de la terre. Il allait falloir allier les deux pour forcer la main aux ennemis. Isor avait une totale confiance en leurs pouvoirs, même si elles n'étaient toutefois pas encore des sorcières accomplies, et toute sa garde également.
Les nains furent placés entre les elfes car, étant plus petits, ils seraient un élément de surprise supplémentaire. Les elfes s'occuperaient des têtes, les nains des jambes. Ainsi, aucun assaillant ne serait manqué. C'était une stratégie très meurtrière qui avait été mise en place dans les régiments mixtes de Tebryn dès que les nains et les elfes furent capables de collaborer. Aujourd'hui, presque tous les régiments étaient mixtes, excepté celui des sorcières. Lorsque celles-ci étaient au grand complet, elles bataillaient ensemble en première ligne, combinant leurs gestes pour amplifier la magie.
Les humains quant à eux, avaient été mis sur les côtés pour tromper l'ennemi. Il était plus difficile de se repérer lorsqu'on se battait contre quelqu'un de sa race. Et cette demi-seconde de réflexion parmi le camp adverse allait donner un avantage considérable à la petite troupe. Le pauvre Sam quant à lui avait été relégué au milieu de la troupe, Isor avait maintenu son ordre principal : il fallait qu'il arrive entier à Imladris.
« Pas de cris de guerre, il ne faut pas alerter le reste des troupes, juste décimer celles qui sont devant nous. », ordonna Isor. L'ordre fut relayé jusqu'à l'arrière.
Et c'est ainsi qu'ils fondirent sur l'ennemi qui ne vit rien venir et le temps pour eux de se retourner, il était déjà trop tard. Les sorcières avaient réussi à percer et écartaient les ennemis en combinant de manière très efficace les deux magies opposées, l'air et la terre. Leurs mains avaient lâché les rênes de leurs montures, qu'elles avaient nouées à leur ceinture, et virevoltaient afin d'écarter l'ennemi. Leurs chevaux connaissaient ce genre de manœuvre et allégeaient l'allure afin de les secouer le moins possible. Elle effectuaient ensuite une chorégraphie avec leurs bras de façon presque parfaite, coordonnées comme nul autre, pour amplifier leur magie. Cela suffit à ce que la petite troupe dépasse l'ennemi, qui était complètement submergé sur le flanc ouest.
« Kinya, regarde ! Ne serait-ce pas sa majesté là-bas ?! », s'écria la plus jeune des deux magiciennes. Kinya observa au loin mais eut du mal à reconnaître Naessë. Qu'était-il arrivé à ses longs cheveux roux ? Mais en voyant la jument que cette drôle de jeune femme montait, il n'y avait plus aucun doute.
« C'est bien elle ! », confirma-t-elle avant de se tourner vers Isor, qui terrassait chaque ennemi se dressant devant lui. « Votre majesté ! »
« J'ai entendu ! Nous devons aller lui prêter main forte. Allons-y ! », intima le roi qui passa finalement en tête, découpant un nouvel humain sur son passage.
La garde rejoignit Naessë avec rapidité. Les elfes aidaient les nains à maintenir la cadence, Legolas, qui était au loin, fut effaré de voir des nains et des elfes adopter des stratégies collectives mettant en avant les avantages de chacun. C'était un concept tout nouveau pour lui, en dépit de son amitié avec Gimli.
« Isor ! Je suis bien contente de vous revoir ! », s'exclama Naessë. Elle ne s'accorda néanmoins pas le luxe d'étreindre Isor et enchaina. « Vous avez un plan ? »
« Le plaisir est partagé ! Je suis ravi de vous revoir, tous les deux. », répondit Isor en langue commune, qui adressa un bref signe de tête à Legolas. « Pour ce qui est du plan, je n'en ai point ma reine, mais avec un peu de magie, nous devrions parvenir à disperser ces hommes qu'en pensez-vous ? », suggéra Isor tandis que son capitaine comptait les troupes. Tout le monde était là.
« L'ennui c'est que mes pouvoirs sont différents à présent, mais je vous expliquerais plus tard. Kinya, Théa ! J'ai besoin de vous ! », ordonna Naessë, qui retrouva naturellement sa position de leader. Legolas fut impressionné, c'était presque étrange de l'entendre parler à nouveau de façon autoritaire et assurée. « Vous vous occuperez des flancs. Kinya à l'ouest, Théa à l'est. »
« Tout de suite votre majesté. », répondirent-elles en rejoignant leurs positions sans discuter. Elles étaient à vrai dire curieuses des nouveaux pouvoirs de Naessë.
Ils engagèrent le combat avec l'ennemi. Ils étaient largement en sous-effectif mais la magie rééquilibrait parfaitement les forces. Naessë se servit de toute sa magie destructrice et fit de nombreux dégâts. Isor était impressionné et quelque peu inquiet car il sentait que cette magie n'était pas des plus pures. Avec Legolas, ils se chargeaient de couvrir ses arrières, qu'elle était forcée de négliger pour déployer toute sa puissance. Ils parvinrent à eux seuls à maîtriser presque entièrement cette vague, l'effet de surprise et la peur se lisant dans les yeux de ces humains, apeurés face à la magie, y étant pour beaucoup.
Mais une troisième vague arriva, moins nombreuse certes, mais avec davantage d'Uruk-Hais. Ils étaient beaucoup plus difficiles à abattre que les humains. Il fallait quatre personnes pour en maîtriser un seul. Mais ce qui intrigua le plus fut cette étrange créature ailée, montée par un cavalier encapuchonné de noir. Ses cris semblaient terrifier les hommes mais ne semblaient pas atteindre la rouquine. C'était comme si elle la reconnaissait.
« Qu'est-ce que c'est ? Ils me semblent familiers mais… Ce ne sont pas mes souvenirs… », demanda Naessë en pointant son arme vers la créature qui se dressait devant eux. « Legolas ? »
« C'est un Nazgûl. Un serviteur noir de Sauron. Personne ne peut les tuer. On dit qu'ils ne sont ni morts, ni vivants. », récita rapidement l'elfe, qui conservait un calme assez déconcertant. « Mais habituellement, ils n'interviennent jamais seuls… »
En effet, habituellement, les Nazgûls étaient regroupés derrière leur leader. Or ce leader, le roi sorcier d'Angmar, était mort. Legolas comprit qu'il s'agissait là d'une frappe préventive, et non d'une attaque visant à détruire la cité. Sinon, tous les Nazgûls seraient présents. Sauron avait dû charger les huit têtes restantes d'une autre mission.
« Un serviteur de Sauron ? Comment les contrôle-t-il ? », questionna Naessë, qui avait visiblement une idée derrière la tête.
« Par son pouvoir je présume. Les Nazgûls étaient des ennemis de taille face au porteur de l'Anneau, ils étaient attirés par son pouvoir. Et ils étaient plus forts que Gandalf. », répondit Legolas, qui se demandait ce que la rouquine avait en tête.
Elle descendit de cheval. Celle-ci réfléchit intensément à comment se mettre suffisamment en colère pour allumer ces yeux oranges comme ceux de Sauron qui terrifiaient les Peuples Libres de la Terre du Milieu. Il fallait que quelqu'un la frappe suffisamment fort pour que cela fonctionne. Elle songea un instant à Legolas mais elle savait qu'il n'en ferait rien. Alors, elle se tourna vers Kinya.
« Je sais comment je vais m'y prendre. Occupez-vous de détourner l'attention de ces monstres, vous voulez bien ? Kinya, avec moi ! », appela Naessë. La sorcière arriva sur-le-champ, prête à recevoir ses ordres.
« Bien sûr mais… », commença Isor qui avait tout entendu. Il ne put continuer sa phrase car Naessë était déjà partie bille en tête avec Kinya à ses côtés.
Elle avait une idée, qui peut-être n'allait pas fonctionner, mais il fallait qu'elle essaie. Gandalf désapprouverait sans aucun doute.
« Kinya, je veux que tu me frappes avec ta magie. », finit par dire Naessë.
Kinya s'en trouva très choquée. Frapper sa reine, sa chef de clan ? Jamais de la vie ! « Majesté... Je... Non, je ne peux pas obéir à cet ordre. »
« Je sais. Mais c'est ta reine qui te l'ordonne. », fit Naessë d'une voix autoritaire. Si Kinya discutait encore, Naessë n'aura jamais le temps de mettre en oeuvre son plan. Elle fut donc catégorique. Et Kinya n'eut d'autres choix que d'obéir, plus par confiance que par crainte. Quand Naessë devenait catégorique, on pouvait lui faire confiance, du moins était-ce la pensée de l'aînée.
Elle rassembla sa magie du feu, la plus ravageuse, en une énergie puissante pour une sorcière de niveau primaire. Naessë se rappelait à peine ce que ça faisait de sentir le feu affluer dans son corps. Elle se prépara à l'impact, en tachant de mettre sa magie noire en veilleuse. Il fallait que sa magie la frappe de plein fouet. Kinya relâcha son énergie et le feu partit comme une flèche sur la rouquine, qui fut projetée en arrière sous le souffle de l'explosion. Naessë sentit la rage monter en elle, et elle la laissa volontiers faire. Puis elle partit droit sur l'ennemi, seule cette fois. Son visage reflétait une expression diabolique et sanguinaire à présent, ses yeux à présent aussi rougeoyants que des rubis imprégnés de lave en fusion. Elle arborait un sourire carnassier.
Lorsqu'elle fut certaine d'avoir mis assez de distance entre elle et son groupe, elle s'adressa au Nazgûl. Mais en utilisant une autre langue, une langue qui faisait froid dans le dos des peuples libres de la Terre du Milieu. La langue noire. Naessë avait en effet su par une vision qu'elle savait parfaitement la comprendre et la lire. Car Sauron s'était mis à lui parler dans sa langue à lui. Lors de son séjour en Comté, elle n'avait jamais rien compris des ordres distribués aux Orques mais à présent, elle était capable de comprendre. La rouquine avait donc parié qu'elle saurait également le parler. Elle s'était entraînée secrètement avec Gandalf, qui en savait long sur cette langue, pensant que cela pourrait être un jour utile. Et c'était le moment de mettre ce travail en pratique.
« Toi, Nazgûl. Obéis à ton maître et quitte cette terre. », ordonna fermement la sorcière. Le Nazgûl eut comme un instant de doute. En face de qui se trouvait-il ? Sauron ? Ou une ennemie ? C'était comme s'il était confus. Exactement l'état dans lequel Naessë espérait le mettre. Elle répéta une nouvelle fois, bien distinctement cette fois. « Quitte cette terre, et emmène tes troupes avec toi. »
Tous sans exception restèrent pendus aux lèvres de la rouquine. Celle-ci ne se démontait pas et observait la créature droit dans les yeux. Elle décida de recourir à un petit tour de magie noire et chargea une boule d'énergie obscure dans sa main. Ses yeux devinrent encore plus ardents que le feu. « Obéis ! Ton maître te l'ordonne ! »
Le Nazgûl ne bougeait pas, mais ne donnait aucun ordre. Il s'agissait d'une bataille de volonté, une bataille qui opposait la même magie, mais pas le même magicien. Sauron était puissant, bien plus que Naessë, mais le Nazgûl ne savait que faire. Deux informations contradictoires lui parvenaient. Sa créature ailée semblait aussi désorientée que lui et menaça à plusieurs reprises de s'effondrer contre le sol humide. Et ce fut la distance qui eut raison de la volonté de Sauron. Ce dernier était trop loin, même pour contrer le maigre pouvoir dont disposait Naessë. Le Nazgûl battit en retraite et s'enfuit, suivi de ses troupes, du moins celles qui n'étaient pas déjà dans la cité.
Naessë arborait un fier sourire, tandis que le reste de son groupe l'observait, partagé entre la victoire et la peur. Car si elle pouvait contrôler les Nazgûls en l'absence de Sauron, qui savait ce qu'elle pouvait faire d'autre si elle cédait à son pouvoir. Un pouvoir si grand, qui lui tendait les bras... Elle pourrait se libérer de toutes les contraintes qui s'imposaient à elles... Elle avait du mal à lutter contre lui. Elle l'avait laissé prendre tant de contrôle qu'elle n'arrivait plus à se contrôler. Enfin, juste assez pour stopper sa magie. Elle posa un genou à terre, sur le point de s'effondrer. Sa tête lui faisait mal brusquement, elle bouillonnait littéralement de l'intérieur. Ses mains pressèrent ses tempes, comme si cela pouvait arrêter ce mal. Elle se surprit à presque grogner de douleur. Gandalf lui avait appris qu'elle devait parfois se réciter à nouveau la personne qu'elle était. « Je suis Naessë... Ugh... Je suis reine de Tebryn... Argh... Une sorcière... Sauron est un monstre... », se récita-t-elle des dizaines de fois durant à voix très basse. Elle ne s'aperçut même pas qu'elle était à présent au sol, et elle continuait à psalmodier ces phrases jusqu'à ce que tout s'arrête. Puis elle se redressa d'un coup, ses yeux redevenus bleus. Kinya, Thea, Legolas, Isor et tout le groupe étaient attroupés autour d'elle.
« Comment est-ce possible ? », demanda l'une des sorcières. « Vos yeux… Ils étaient jaunes ! » Legolas fut troublé par son très fort accent, elle ne semblait pas bien maîtriser la langue commune.
Il avait entendu les paroles de Naessë et avait comprit qu'elle essayait de redevenir elle-même. Il avait voulu courir vers elle lorsque Kinya l'avait attaquée mais il avait vite compris la manoeuvre. Cela lui avait fait de la peine de voir la rouquine dans cet état de démence. Il se souvenait de son état lorsqu'elle n'avait plus de sang. Maintenant que le sang n'était plus un problème, c'était Sauron qui en devenait un. La sorcière mit un moment avant de comprendre ce que venait de dire Thea.
« C'était de cela que je voulais parler. Ma magie a changé, elle est devenue noire et sombre. Et je crois que Sauron était trop éloigné pour que cette créature résiste à ma volonté. Mais je n'aurais pas autant de chance la prochaine fois. », expliqua-t-elle maladroitement.
« Vous voulez dire… Qu'il vous aurait confondue avec son propre maître ? », demanda Isor avec scepticisme.
« Je l'ignore. Mais je ne pense pas. Si Sauron avait été là, cette chose n'aurait eu aucun doute sur la chose à faire. »
« Nous devons rentrer, la nuit va tomber. Ce Nazgûl peut encore retrouver ses esprits et revenir avec plus d'hommes, nous devons nous préparer à d'éventuelles répliques. », pressa Legolas avant de reprendre d'une voix ferme.
Naessë acquiesça et tous repartirent pour la cité. Entre temps, les ennemis furent mis en déroute grâce aux efforts d'Iniel et de Gandalf. Le seigneur Elrond s'était battu bravement avec ses troupes et celles du roi Thranduil, affaiblies par l'assaut de la Forêt Noire. Tous avaient tenu bon mais il ne fallait pas s'aventurer bien loin dans la cité pour comprendre l'ampleur des dégâts.
Il y avait des cadavres d'humains, d'Uruk-Hais, d'elfes et de Hobbits un peu partout. Le sol était si ensanglanté que tous peinaient à ne pas glisser. Naessë, qui avait laissé sa jument à l'entrée d'Imladris, dut se retenir plusieurs fois à Legolas pour ne pas tomber. Ce dernier l'avait retenue plusieurs fois par les hanches, ce à quoi elle n'avait pas manqué de rougir. Isor observait les deux avec un sourire malicieux, presque indécent pour un elfe de sa trempe, et indécent étant donné la situation.
Le seigneur Elrond tâchait de réunir tous ses officiers gradés pour qu'ils puissent lui faire un rapport des dégâts subis. D'après ce que pouvaient entendre les oreilles elfiques d'Isor, il y avait au moins un tiers des elfes d'Imladris qui avaient été tués parmi les civils, et un peu plus d'un quart pour les soldats du seigneur Elrond. C'était des pertes énormes, mais bien moindres à côté de celles subies par les Hobbits. Personne ne put encore donner de chiffres ou d'estimations mais à la vue de tous ces cadavres, au moins la moitié d'entre eux ne reverraient jamais la Comté.
Le seigneur Elrond semblait désemparé. Son armure était aussi trempée de sang que celles de ses hommes. Il ne manqua cependant pas de venir accueillir les nouveaux arrivants.
« Votre majesté, je suis en regret de vous accueillir dans de telles circonstances. », fit le seigneur Elrond avec politesse. Sa voix semblait moins ferme que d'habitude mais son visage était grave.
« Monseigneur, permettez-moi de vous présenter Isor, notre roi. », fit Naessë en invitant Isor à s'avancer davantage.
« C'est un honneur de vous rencontrer. », répondit Isor en saluant respectueusement son hôte. « Je serais le représentant de Tebryn à la diplomatie dans cette cité. »
Naessë et lui-même en avaient convenu ainsi. Sauf exception, en cas de présence des deux monarques, c'était Isor qui se préoccupait de la diplomatie, bien qu'ils n'aient jamais pu en faire une vraie expérience. Ils n'avaient entretenu de contacts qu'avec Tyerinquar, leur cité sœur, et c'était au tout début. Naessë était là pour le suppléer s'il avait besoin de son avis, et il le demandait toujours.
« Je suis navré mais je dois m'occuper d'évaluer les pertes. En avez-vous à déplorer de votre côté ? », demanda Elrond avec empressement.
« Nous avons perdu neuf hommes dans nos lignes. », répondit Isor en vérifiant auprès de son capitaine qu'il s'agissait du bon chiffre. « Nous allons vous aider à retrouver les blessés. »
Elrond les remercia avant de s'enquérir auprès du roi Thranduil, qui venait d'arriver. Il était tout en armure et celle-ci était dégoulinante de sang. Le sang de ceux qui avaient osé se frotter à son épée. Legolas jeta un regard vers son père, qui le regarda un instant. Puis il le dédaigna. Le fossé qui les séparait semblait s'agrandir de jour en jour. Mais Naessë avait vu dans les yeux du roi combien il était soulagé de revoir son fils vivant.
« Vous devriez aller voir votre père. », lui dit doucement Naessë.
« Il n'a pas besoin de moi. », répondit simplement Legolas.
La rouquine posa une main sur son bras, lui signifiant qu'elle pensait qu'il avait tort. Son père n'avait peut-être pas besoin de Legolas mais il s'inquiétait forcément pour lui, à sa façon. Naessë détestait voir quelqu'un se priver de son père à cause de divergences profondes de comportement, elle qui aurait tant aimé connaître le sien. Mais elle finit par le lâcher.
« Isor, il nous faut aider les blessés. Et je dois retrouver Iniel et mon capitaine, je ne les ai pas revus depuis ce matin. », fit Naessë d'une voix très inquiète.
« Je m'occuperais de guérir les blessés qui peuvent l'être. Kinya et Théa, vous passez avec sa majesté. Aidez à déblayer ces décombres avec votre magie afin de dégager d'éventuels blessés. », ordonna Isor.
Ainsi le groupe se scinda en deux. Legolas suivit Naessë et les deux autres sorcières tandis qu'Isor se chargea de l'autre direction. Pour l'elfe, c'était étrange de voir ces sorcières arborer leurs tatouages quand leur chef en était privée. Naessë n'en fut pas déstabilisée et les chargea de la partie de la ville la plus détruite.
« Vous allez devoir m'apprendre votre langue, ma chère. C'est excessivement frustrant de ne comprendre que les prénoms. », s'exaspéra Legolas, essayant tant bien que mal de détendre l'atmosphère.
« Vous savez dire cheval dans ma langue, c'est un début ! Mais je vous l'apprendrais dans ce cas, il me déplairait fort de vous laisser dans un tel état de frustration ! », se moqua-t-elle gentiment. Elle comptait lui apprendre mais le savoir frustré était assez amusant à voir. Lui qui était toujours sous contrôle, qui semblait tout réussir sans efforts. Il rit de ses paroles, offrant un petit moment de légèreté qui remonta le moral de Naessë.
Mais ce moment de légèreté fut vite interrompu par un lieutenant elfe de Mirkwood. Il semblait inquiet et fut soulagé de voir Legolas. Il s'approcha, casque à la main, qui dégouttait encore du sang de ses victimes. Il salua respectueusement son Prince avant de parler.
« Votre altesse. Je suis en regret. Nous avons perdu un tiers de nos soldats et un quart des civils. Le capitaine Findaraën est blessé, nous l'avons installé dans notre infirmerie de fortune. Il a aussi... », commença le lieutenant. Mais Naessë n'entendit pas la suite.
*PDV Naessë*
Findaraën. Ce nom résonnait encore à mes oreilles. « Le capitaine Findaraën est blessé. », entendais-je dans ma tête. Je m'étais détournée de Legolas, qui s'inquiétait encore pour ses hommes avec un de ses soldats. Tout semblait aller au ralenti autour de moi. Je ne sentais même pas ceux qui me bousculaient, courant vers les leurs. Findaraën. C'était mon nom. J'eus subitement envie de pleurer. Mon père était depuis tout ce temps à quelques mètres de moi. Celui qui suivait comme son ombre Legolas. Je ne vis pas l'arbre à côté de moi et m'affalais dessus, observant le sol tandis que des larmes montaient à mes yeux.
« Naessë ? Naessë ? Est-ce que tout va bien ? Répondez-moi ! », disait Legolas en secouant mon épaule. Je le regardais un instant, comme si c'était la première fois que je le voyais. Il pensait sans doute que j'avais encore une vision ou une crise. Je fus frappée par ses yeux. Ils étaient d'un bleu... Je secouais la tête et regardais ensuite vers la tente où reposait mon père.
Je ne dis rien et me redressais pour me diriger vers cette tente. Legolas ne comprit pas, bien sûr qu'il ne comprenait pas. Il me suivit néanmoins, alors que j'entrais dans la tente. Et je le vis. Il était brun, avec de cheveux aussi soyeux que ceux des autres elfes. J'ignorais si vraiment je lui ressemblais. Il était inconscient et entouré de guérisseurs. Une larme roula sur ma joue. Je l'essuyais vivement et passais une main nerveuse dans mes bouts de cheveux.
« Naessë ? », murmura une nouvelle fois Legolas.
Mais je ne l'entendais pas. Lorsque les guérisseuses partirent pour chercher de nouvelles bandes, je m'approchais et tendais une main vers mon père. « Ada. », murmurais-je. Père. Mais je n'allais pas jusqu'à le toucher et baissais lentement ma main. « Ada. », répétais-je, comme pour me persuader que je ne rêvais pas. Je sentis Legolas s'approcher de moi.
Il me prit par les épaules. « Je... Je l'ignorais. », fut tout ce qu'il trouva à dire. Je ne lui répondis pas, encore trop absorbée dans la contemplation de mon père. Wow, c'était vraiment étrange de faire référence à lui comme étant mon père, même dans ma tête. Je me retournais vers Legolas et hochais la tête, comme pour lui signifier que ce n'était pas de sa faute. Et, alors que je m'apprêtais à sortir.
« Qu'est-ce que... », murmura une voix rauque. Je me pétrifiais sur place et jetais un rapide coup d'oeil à Legolas. J'adressais enfin un regard franc à mon père. Ce dernier semblait aussi surpris que moi. Venait-il d'apprendre mon existence ? Je me pinçais les lèvres, tentant de ne pas pleurer, puis tournais les talons pour sortir. « Je ne peux pas. », dis-je en sortant.
« Pourquoi ? », demanda Legolas qui avait à peine effleuré mon bras pour me retenir. Je songeais un instant à Isor. Et puis je me souvenais que mon père avait choisi de ne pas venir avec nous. Il avait choisi de laisser arriver un tel massacre. Je sentais toutes les problématiques que j'enfouissais au plus profond de mon être ressortir, maintenant que la carapace du passé était en morceaux.
« Ce n'est pas grâce à lui que je vis. », répondis-je tout simplement. « Il a choisi de rester. Il a choisi d'être complice du meurtre de ma mère. Comment puis-je le lui pardonner ? »
Legolas ne trouva pas de réponse et me laissa m'en aller. Je m'en voulais un peu de rejeter son aide ainsi. Mais peu importe, il me pardonnera plus tard. Isor était mon père, ou du moins ce qui s'en rapprochait le plus, que tous le veuillent ou non. D'ailleurs, où était-il ? Je ne savais pas si j'avais envie de le voir, mais une part de moi le voulait. « Naessë ? », entendis-je derrière moi. Quand on parlait du loup... « Que se passe-t-il ? »
« J'ai rencontré mon euh... géniteur. », lâchais-je à voix basse. Si basse que seul un elfe pouvait m'entendre. Isor parut aussi atterré que moi. Et je ne savais plus ou me mettre d'ailleurs, j'étais incapable de l'appeler père. C'était un mot tellement inconnu pour moi.
« Votre père ? », répéta-t-il, insistant sur ce dernier mot. Je lui jetais un regard plutôt noir. Dès qu'on abordait le sujet de mon père, je redevenais la gamine de seize ans qu'il avait élevée.
« Il ne l'est pas. », rétorquais-je sèchement. Je me détournais, me sentant un peu coupable d'être si cruelle avec lui. Il ne méritait pas une telle sécheresse. Alors j'ajoutais, la voix basse et tremblante. « S'il y a quelqu'un que je devrais appeler père... Ce serait vous. »
Il parut très touché de ma révélation - qui n'en était pas vraiment une finalement. Il vint vers moi et me prit dans ses bras, chose inhabituelle pour un elfe. « Je ne trouverais jamais meilleure fille que toi, Naessë. », dit-il. C'était la première fois depuis des décennies qu'il me tutoyais. Je l'observais un instant, à mon tour touchée. Et puis je me mis définitivement à pleurer. J'ignorais pourquoi, c'était comme s'il y avait un trop plein à déverser. Isor ne dit rien et se contenta de me tenir, caressant mes cheveux, ou plutôt ce qu'il en restait, comme un parent pourrait le faire pour consoler son enfant. La reine était pour l'instant balayée. Il ne restait que la petite fille brisée d'autrefois.
Et voilà ! Pas très joyeux tout ça, mais le bonheur va finir par se pointer c'est promis ! Je vous fais languir (et je me fais languir aussi), mais c'est mon plaisir ! J'espère vous revoir au prochain chapitre et n'hésitez pas à reviewer surtout, et à poser des éventuelles questions, je répondrais ! A la prochaine j'espère !
