Note de la traductrice: Je ne vais même pas essayer de me faire pardonner de ce retard :p Je vais juste m'expliquer: les examens de partiel m'ont prise par surprise, et mon oncle a été hospitalisé alors c'était un peu la pagaille. Vu que les partiels continuent pendant cette semaine, il est plus que probable que je ne puisse pas publier la semaine prochaine. Alors je vais modifier le rythme de traduction, c'est maintenant toute les deux semaines.

Correctrice: LittleKimi

Pouika: Je t'en prie :)

petite grenouile: L'instinct maternel, je suppose? Lol

Yoka: Mdr XD Bien sûr que Severus va se laisser border :p

adenoide: Tu as tout à fait raison... Ginny allait mal et maintenant qu'on l'a découvert, elle va se faire soigner (j'espère :p).

Bonne Lecture!


Madame Weasley arrive

Comme il l'avait si souvent fait chez les Dursley, Harry était occupé à faire semblant de ne pas exister. Il s'était assis sur un des fauteuils près du coin où se trouvait Ginny, les genoux contre la poitrine, froid, nauséeux et seul.

Les frères Weasley étaient agglutinés de l'autre côté, assis dans le séjour qu'on avait fait apparaître, discutant à voix basse. Harry ne pensait pas qu'ils avaient remarqué son absence. Il était mal-à-l'aise, à s'immiscer dans leur drame familial. Marion était assise entre Fred et George. Hermione avait été entraînée derrière un autre rideau par l'un des médicomages. Harry espérait qu'elle irait bien. Snape n'avait pas eu l'air très inquiet, mais c'était difficile à dire. Par contre, il avait quand même demandé à Dumbledore de faire venir la mère d'Hermione.

Il ignorait ce qu'avaient fait Snape, Pomfresh et McGonagall, mais cela les avait énormément fatigués. Pendant qu'ils accompagnaient Ginny, le maître des potions s'était arrêté dans le couloir, comme s'il ne pouvait plus faire un pas de plus. Il s'était appuyé contre le mur en fermant les yeux. Bien plus alarmant encore, ses jambes s'étaient dérobées et il s'était glissé contre le mur. Harry avait été le seul assez proche pour pouvoir le rattraper. Promptement, Dumbledore avait fait venir une chaise pour le professeur. Ce dernier était resté éveillé assez longtemps pour boire une tasse du café noir que donnait le professeur Chourave, avant de perdre connaissance. Harry avait pris ce qui restait du café pour éviter qu'il ne se renverse, et lança une couverture sur l'homme.

Madame Pomfresh n'était pas en meilleur état. Elle était restée éveillée assez longtemps pour parler aux guérisseurs et s'était endormie en plein milieu d'une phrase. Percy l'avait rattrapée, l'installant sur un lit proche de celui de McGonagall.

Harry traîna une chaise dans le couloir en prenant sa tasse de thé avec lui. Il ne savait pas pourquoi il s'était chargé de garder un œil sur Snape. Quelqu'un devait le faire. L'enfant fut surpris lorsque l'enseignant revint à lui-même; au lieu de s'installer dans un endroit plus confortable pour dormir, il alla voir ce qu'il pouvait faire pour aider.

À contrecœur, Harry devait admettre qu'il admirait Snape. L'homme s'était appuyé sur lui d'une telle façon qu'Harry était convaincu qu'il n'allait pas atteindre la chaise. Il s'était rendu compte si rapidement que quelque chose clochait chez Hermione, alors qu'aucun d'entre eux n'avait ne serait-ce que commencé à le remarquer.

Cependant, Harry se demandait pourquoi Dumbledore n'avait pas parlé lui-même avec Ginny. Si elle s'avérait être si malade et bouleversée, alors Snape serait forcément la dernière personne qu'il lui faudra.

C'était bizarre, et légèrement effrayant, de voir l'homme d'habitude si grâcieux chanceler à travers la pièce comme un moldu âgé, avec l'aide d'une canne, les jambes tremblotantes. C'était à ce moment-là qu'Harry avait quitté les Weasley pour s'installer près de la fenêtre. Personne n'avait remarqué son absence.

Plusieurs minutes passèrent avant que le professeur Snape ne sorte de derrière les rideaux où se trouvait Ginny. Il dit quelque chose à la médicomage qui le suivit, d'une voix basse, au sujet de faire rentrer sa mère. Il lui dit aussi d'être gentille avec la jeune fille.

Harry se dit que des dents avaient du pousser aux poules. Et puis, il réalisa. La gentillesse de Snape ne pouvait s'expliquer que d'une manière. Ginny allait mourir. Cela lui fit l'effet d'une douche froide.

Dumbledore s'était précipité, amorçant une discussion avec Snape, mais celui-ci s'écroula, tête la première, sur le lit le plus proche.

La guérisseuse se contenta d'un mouvement de la tête en direction du directeur, "Ça devra attendre, professeur." dit-elle, "Quand madame Weasley arrivera, emmenez-la ici..." continua-t-elle, mais elle était tournée vers la direction opposée à Harry, alors celui-ci n'entendit pas le reste de sa phrase.

Toutefois, Dumbledore faisait face à Harry. Le jeune garçon était sûr et certain que le directeur l'avait remarqué. Le vieux sorcier laissa échapper un énorme soupir de soulagement, "Bien sûr." Le visage de Dumbledore perdit quelques-unes de ses rides soucieuses en parlant avec la médicomage.

Si Dumbledore paraissait soulagé, cela voulait dire que Ginny n'allait pas mourir. Donc, retour aux dents de poules.

La guérisseuse se retourna et disparut de nouveau derrière le rideau.

À la plus grande consternation du jeune Gryffondor, Dumbledore commença à marcher dans sa direction. Harry n'avait pas eu de conversation avec le directeur depuis le transfert de sa garde, et il ne voulait pas en avoir à cet instant. Alors que le professeur s'apprêtait à dire quelque chose, les braises tranquilles de la cheminée flambèrent, donnant naissance à de grandes flammes vertes. Dumbledore se détourna d'Harry et se précipita vers la cheminée.

Molly Weasley sortit de l'âtre, habillée d'une robe de chambre en dessous de sa cape. Les frères Weasley bondirent sur leurs jambes, se rassemblant autour d'elle. Ils parlèrent, leurs voix tendues et inhabituellement basses, pendant que la femme les dévisageait.

Elle les interrompit, "Votre père ne va pas tarder." leur dit-elle calmement, en réponse à leurs questions, "Il voulait appeler Bill par la cheminette avant de venir."

Ils acquiescèrent d'un mouvement de la tête.

"Où est Poppy, Albus?" La voix de madame Weasley était maîtrisée alors qu'elle s'avançait, dépassant la foule formée par ses fils. Harry en eut la chair de poule; si voir Snape demander à quelqu'un de faire preuve de gentillesse était bizarre, voir madame Weasley se maîtriser était terrifiant.

"Elle est... indisposée..." répondit Dumbledore, "Nous avons deux guérisseurs de Sainte Mangouste. Et Pomona est avec Ginny aussi. Vous devriez leur parler avant."

Les dents serrées, madame Weasley rétorqua, "Albus, je veux voir ma fille. Tout de suite."

"Certainement, Molly, certainement." Dumbledore s'avança pour prendre son bras, qu'elle arracha brutalement de sa main. De sa position, Harry pouvait voir leurs expressions, triste et inquiète pour le directeur, sévère et dure pour Molly. Le grand sorcier laissa tomber sa main lentement, "Cependant, il y a certaines choses que vous devez savoir avant de la voir." dit-il gentiment.

"Je suis sure que la médicomage peut m'en informer." répliqua sèchement madame Weasley, perdant patience, "Où est-elle?"

Dumbledore indiqua le rideau. Madame Weasley s'y empressa.

La guérisseuse de Sainte Mangouste avait dû l'entendre –ou peut-être avait-elle placé un sort d'alarme– car elle sortit pour venir à la rencontre de madame Weasley. "Êtes-vous la mère de Ginny?" demanda-t-elle.

La femme rousse acquiesça d'un mouvement sec de la tête, "Je voudrais la voir tout de suite." dit-elle d'un ton ferme.

La guérisseuse hocha de la tête, "Je suis sur le point de lancer quelques sortilèges, mais vous pouvez entrer et lui faire savoir que vous êtes là, avant que je ne commence. Est-ce qu'ils vous ont prévenue de son état?"

"Pas encore." dit madame Weasley d'un ton inquiet.

L'autre femme soupira, "Eh bien, venez, mais s'il vous plaît, gardez en tête que tout cela n'est que temporaire." La guérisseuse attrapa la femme par le bras et lui murmura quelque chose. Harry ne put rien entendre de plus, excepté quelques exclamations de désarroi de la part de la rousse.

Madame Weasley disparut derrière le rideau. Harry entendit sa voix pleine de gentillesse, mais ne comprit pas les mots prononcés.

Il s'était presque assoupi, la tête contre la fenêtre, lorsqu'il l'entendit sortir de derrière le rideau. Elle se retourna pour dire, "Ton père et moi serons là quand tu te réveilleras, chérie. Les médicomages veulent que tu dormes pendant qu'ils lanceront ces sorts, d'accord?"

Ginny ne lui répondit pas.

Madame Weasley avait les yeux secs quand elle se retourna, mais les coins de ses lèvres tremblèrent, comme si elle réprimait des larmes. Dumbledore se hâta à ses côtés.

Elle s'arrêta presque devant Harry. Elle se frottait les mains comme si elle avait froid.

Lorsque Dumbledore fut assez proche pour lui parler, elle sortit sa baguette si promptement, qu'Harry pensa qu'elle allait jeter un sort sur le directeur. Il dut penser de même, car il recula d'un pas, les mains levées en un geste d'apaisement, "Molly..." commença-t-il rapidement.

Elle se retourna, "Silencio!" lança-t-elle en dirigeant sa baguette vers le rideau qui dissimulait Ginny.

Elle revint de nouveau à Dumbledore, "Ne dites rien, Albus Dumbledore!" cria-t-elle, "Ne dites rien. Pas. Un. Seul. Mot." Sa voix s'éleva encore, "Je vous l'ai dit!" hurla-t-elle, les larmes coulant sur ses joues, "Je ne me le pardonnerai jamais, jamais, de vous avoir écouté. Je n'ai pas arrêté de vous le dire, pendant des semaines. Des SEMAINES!" Elle ponctuait ses mots avec des coups de baguette, "Mais, je ne sais rien. Je…" Elle se redressa, pointant sa propre poitrine de sa main libre, "Je ne suis qu'une mère trop protectrice!" cracha-t-elle.

Dumbledore sembla s'affaisser sur lui-même, à chaque mot prononcé.

Molly Weasley continua, "Pomona vient de me révéler certaines choses très intéressantes sur ma fille. Des choses qui ne me sont jamais parvenues. Ça n'a servi à rien, que je vous envoie des hiboux chaque jour! Et ça n'a servi à rien non plus, que j'envoie des lettres à Ginny trois fois par semaine! Je vous l'avais dit, qu'elle n'allait pas bien!" La phrase s'acheva dans un sanglot.

"Molly, je..." Dumbledore essaya de s'approcher encore, comme pour la rassurer.

"Je vous l'ai dit. Pas. Un. Mot. N'y pensez même pas." siffla-t-elle, elle leva la main, paume ouverte entre eux. Bien qu'elle pleurait, il était clair qu'elle ne voulait pas être réconfortée, "Je vous l'interdis! Ma fille est là-dedans!" Elle pointa de sa baguette, "Paralysée. Vous m'entendez? PARALYSÉE!" Elle hurla ce dernier mot si fort qu'il résonna dans la salle en pierre.

Harry entendit l'exclamation collective douloureuse des garçons de l'autre côté de la pièce.

"Pendant Merlin sait combien de temps! J'aurai mon mot à dire. En dépit du bon sens, je vous ai écouté en ce qui concernait Ginny! Je vous ai écouté, pour ce journal intime! Essayez de me dire maintenant, que les objets de magie noire ne laissent pas de traces. Allez-y, essayez! Ne me dites pas que ce qui est arrivé l'année passée, n'a aucun rapport avec ça. Et puis, ces horreurs volantes, là dehors!" Elle pointa la fenêtre, "Elles ont déjà été responsables d'une mort! Et vous et le Ministère leur permettez de rester là? Êtes-vous tous fous? Les enfants sont déjà en pleine dépression. Qu'essayez-vous de faire? Les pousser tous à bout?"

"Molly, le Ministère..." commença Albus d'un ton apaisant.

"Des conneries!" aboya-t-elle, "Vous et vos jeux de pouvoir et vos coups de force. Vous faites ami-ami quand ça vous chante et puis vous faites ce que vous voulez après! J'en ai assez!"

"Mais, Sirius Black..."

Madame Weasley gloussa, vraiment, "Ah, oui." Sa voix était aiguë, presque hystérique, "Oui, je suppose que j'étais inquiète à ce sujet. Jusqu'à ce que je découvre qu'Harry a été à moitié tué par ces foutus moldus chez lesquels VOUS l'avez envoyé. Souvenez-vous Albus, j'ai lu le rapport. Des os brisés? Malnutrition? Traumatismes crâniens? Sans compter ce que j'ai vu l'été d'avant."

Harry supposait que madame Weasley avait oublié qu'il y avait d'autres gens dans la pièce, tellement elle était hors d'elle. Jamais il n'avait souhaité avoir sa cape d'invisibilité plus qu'à cet instant.

Elle plaça la main tenant sa baguette contre sa hanche, en gesticulant avec l'autre, "Oh, mais là aussi! Je ne suis qu'une mère poule sans aucune notion sur la culture moldue! Peut-être que c'est tout à fait normal d'enfermer son enfant et de le nourrir une fois par jour par une chatière! Et bien sûr, mes fils..." Elle jeta un coup d'œil vers Fred et George, les indiquant d'un geste de la main "Eh bien, ils diraient n'importe quoi pour éviter de se faire punir, n'est-ce pas? Dites-moi, Albus? Quand est-ce qu'ils ont inventé des histoires pour se tirer d'affaire? Hmm?"

Elle ne semblait pas s'attendre à une réponse, puisqu'elle continua, "Jamais! Ils ne font jamais ça! Ça a toujours été 'On s'est fait attraper, on se rend, on passe à autre chose'. Alors, pourquoi auraient-ils inventé ça? Dites-moi?"

Elle s'arrêta pour reprendre son souffle, mais Dumbledore n'essaya pas d'intervenir cette fois-ci. Était-ce dû à la colère, à la honte, ou à une toute autre raison, Harry n'arrivait pas à le savoir. Il avait l'air terriblement âgé et fatigué.

"Avec tout ce qu'il se passe, j'imagine que les Détraqueurs flottant autour du château font énormément de bien à Harry, aussi. J'ai eu une conversation très intéressante avec Remus, tant qu'on y est."

Il fallut un moment à Harry pour comprendre à qui elle faisait allusion, quand elle avait dit "Remus". Qu'avait raconté le professeur Lupin à madame Weasley?

La rousse s'avança vers Dumbledore, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'à quelques pas de lui, "Vous…" elle empoignait sa baguette à présent, et fit quelques gestes avec, la dirigeant vers le torse du sorcier, "Vous voudriez peut-être lui demander le sens de quelques dessins et objets en sa possession. Et voir les photos d'un certain placard à balais." siffla-t-elle.

Harry allait vomir, sur place. Avait-elle bien dit ce qu'il pensait qu'elle avait dit?

Madame Weasley prit une profonde inspiration, sa voix tremblant sous l'effort fourni pour garder le contrôle, "Je vais boire une tasse de thé, et attendre que les médicomages en finissent avec ma fille. Et vous..." Elle fit un pas en avant, "N'allez pas…", un autre pas, "M'adresser…", encore un pas, "Un seul mot." Elle acheva sa phrase avec un murmure meurtrier, les yeux flamboyants, debout sur la pointe des pieds pour faire directement face à l'homme plus grand.

Elle ramena ses cheveux roux en arrière, derrière ses épaules. Avec une grande dignité, elle rangea sa baguette, le poussa hors de son chemin et partit rejoindre ses fils. Elle s'assit à côté de Percy, qui était retourné à sa place sur un canapé métamorphosé. Ron mit une tasse de thé entre les mains tremblantes de sa mère.

L'âtre s'illumina de nouveau, et monsieur Weasley en sortit. Sa femme lui jeta un regard venimeux avant de se retourner.

Les garçons regardèrent leurs parents tour à tour. Monsieur Weasley adressa un léger mouvement de la tête à ses fils en direction de leur mère. Puis, il se précipita pour parler à Dumbledore.

"J'en conclus que votre femme n'est pas contente de vous non plus, Arthur?" dit Dumbledore d'une voix lourde.

Monsieur Weasley était très pâle, les yeux cernés, "Non." répondit-il brièvement, ne voulant pas en discuter de toute apparence, "Est-ce qu'elle a vu Ginny?"

"Oui. Les guérisseurs sont avec la petite en ce moment." dit Dumbledore, "Nous pourrions peut-être nous installer dans le bureau de Poppy pendant quelques minutes, jusqu'à ce que vous puissiez la voir?"

Molly semblait garder un œil sur son mari, même en buvant son thé, "Ah. Non. Je ferais mieux de rester ici." répondit le mari Weasley d'un ton ferme.

Dumbledore hocha la tête, "Eh bien, il serait plus sage pour moi de me retirer. Je serai dans le bureau de Poppy." Le vieil homme sortit de la pièce et ferma la porte du bureau derrière lui, avec un claquement étouffé.

Maintenant que Dumbledore n'était plus là, Harry estimait qu'il pouvait simplement se faufiler par la porte et retourner à la Tour de Gryffondor. Le directeur l'aurait prévenu s'il avait eu besoin de plus de détails. Il était vraiment un intrus ici, et à vrai dire, personne ne remarquerait son absence.

Avant qu'Harry ne puisse mettre son plan à l'épreuve, monsieur Weasley le repéra, assis recroquevillé, genoux contre la poitrine, contre la fenêtre. L'homme lança un coup d'œil au petit groupe autour de sa femme, avant de s'asseoir à côté du garçon, "Bonsoir, Harry. Tu vas bien?" demanda-t-il avec gentillesse.

"Salut, monsieur Weasley." salua Harry, "Je vais bien."

"Harry? Que s'est-il passé? Nous avons reçu une histoire très confuse à travers le message de Dumbledore. Il a dit que c'était un accident de potion. Que Ron et toi êtes allés chercher le professeur Snape et madame Pomfresh."

Harry soupira avant de narrer l'histoire du mieux qu'il pouvait.

"Alors, qu'est-ce que Hermione et Marian ont fait?" demanda monsieur Weasley lorsque Harry décrivit son arrivée dans la salle commune avec Snape.

"Ça s'appelle RCR. Je ne me rappelle plus du nom complet. Ils le font tout le temps à la télé, mais je n'ai jamais vu quelqu'un le faire en vrai." continua Harry.

"Ça sert à quoi?" demanda monsieur Weasley d'un ton sérieux.

"Ça… eh bien, quand quelqu'un arrête de respirer, je pense que c'est censé le faire respirer à nouveau." expliqua Harry, incertain, "Hermione respirait pour elle."

"Elle a arrêté de respirer?" murmura l'homme, "Et Hermione a utilisé une méthode moldue pour la faire respirer à nouveau?"

Harry acquiesça gravement.

Monsieur Weasly eut l'air stupéfait, "J'adore les moldus." chuchota-t-il avec ferveur.

"Et alors, le professeur Snape et madame Pomfresh et le professeur McGonagall... Ils ont fait… un truc." Harry essaya de se souvenir du nom qu'avait donné l'infirmière, "Madame Pomfresh l'a appelé, 'Tribou Ovita?', et depuis ils sont tous complètement épuisés."

Monsieur Weasley semblait marmonner les syllabes que lui avait données Harry avec différentes combinaisons, "Tu veux dire Tribuo Vita?" demanda-t-il enfin.

"Ça sonne juste." acquiesça Harry.

"Professeur Snape, madame Pomfresh et professeur McGonagall?" L'homme avait l'air plus pâle que jamais. Il paraissait garder le contrôle en raison d'un effort intense.

"Oui. C'était seulement madame Pomfresh et professeur Snape au début. Le professeur a dit qu'il allait le faire tout seul, mais le professeur McGonagall... Monsieur Weasley?" dit Harry, alarmé. L'homme avait fondu en larmes.

"Désolé, Harry." haleta monsieur Weasley, en s'essuyant le visage, avant de prendre une profonde inspiration, "Je..."

Madame Weasley avait dû l'entendre puisqu'elle traversa la pièce en quelques pas. "Arthur. Viens boire du thé." ordonna-t-elle, "Ca ne sert à rien de te mettre dans tout tes états. Viens aussi Harry. Tu vas attraper la mort…" Elle trébucha sur le mot, "…si tu restes assis là."

Monsieur Weasley enroula son bras autour des épaules de Harry pour l'inciter à se relever. Une fois assis sur le canapé, il retira sa main et sa femme leur donna à chacun une tasse de thé.

Fred et George était assis sur le sol à présent. Marian était partie se reposer sur un des lits. Percy et Ron étaient assis sur des fauteuils. Tous fixaient leurs tasses de thé du regard; ils levèrent les yeux à l'arrivée de leur père et d'Harry.

"Molly? Ils t'ont dit ce qu'il s'est passé ou pas encore?" lui demanda son mari.

Elle fit non de la tête, "J'essayais seulement de… de m'habituer à la situation."

L'homme indiqua d'un mouvement sec de la tête les formes endormies des deux professeurs et de l'infirmière, "Molly… Ils ont utilisé Tribuo Vita."

Sa femme en fit tomber sa tasse.

"Qu'est-ce que ça veut dire?" demanda un des garçons d'une petite voix. Ils fixèrent tous l'expression pétrifiée de madame Weasley.

"Ça veut dire que…" murmura madame Weasley, "Votre sœur était morte."

"Mais… La magie ne peut pas ramener les morts à la vie." s'étonna Percy d'une voix faible.

Sa mère secoua la tête, "Non. Je- ce n'est pas... Je ne veux pas dire complètement morte. Elle n'était pas complètement partie. Sa... Je ne sais pas... Sa magie était encore là. Son cerveau était encore en vie. Son âme n'avait pas encore quitté son corps. Ça ne fonctionne que si la magie est encore là. Ils lui ont donné une partie de leur magie… de leur âme peut-être?" Son regard se posa sur les silhouettes étendues, "Ils vont se sentir vraiment mal pendant un bout de temps."

Ron hocha la tête, "C'est ce que Snape a dit à Hermione."

Harry était impressionné par le fait que Ron ait été attentif. Lui avait presque oublié que Snape avait dit cela, "Mais ils vont aller mieux, hein?" demanda Harry.

"Oui. Bien sûr." le rassura Arthur Weasley, "C'est juste que... ce n'est pas un sortilège qu'on fait souvent. Je suis content qu'ils aient pu compléter la triade."

"Le professeur Snape a dit à madame Pomfresh qu'il le ferait tout seul s'il le fallait." ajouta Ron.

Fred, George et Percy acquiescèrent, "J'ai pensé qu'il allait le faire." ajouta George (ou peut-être était-ce Fred), "C'était comme s'il était prêt à lancer l'incantation avant que McGonagall lui dise qu'elle pouvait l'aider."

"Qu'est-ce qui serait arrivé sinon?" demanda Percy.

"Je ne sais pas." répondit madame Weasley, pensive. Elle reconstitua sa tasse d'un coup de baguette.

"Euh, excusez-moi?" Une femme avec les cheveux relevés en queue de cheval, l'air déplacé avec son jean, son blouson et ses bottes, avaient frappé à la porte ouverte de l'infirmerie. "Pardon," continua-t-elle d'une voix nerveuse, "Le professeur Flitwik m'a dit que professeur Dumbledore était ici?"

Ils la regardèrent, confus, "Oui, bien sûr. Percy, va prévenir le professeur Dumbledore que quelqu'un veut le voir." intervint monsieur Weasley d'une voix fatiguée.

Avant que Percy ne puisse se lever, la femme reprit, "En fait, je cherche Hermione. Professeur Flitwik a dit qu'il y a eu un accident, et qu'elle demandait à me voir?"

Monsieur Weasley bondit sur ses pieds, "Je vous demande pardon, madame Granger." Il tendit le bras pour lui serrer la main. "La nuit a été longue, je ne vous ai pas reconnue, sur le coup. Vous devrez m'excuser. S'il vous plaît, venez vous asseoir." Harry se hâta de lui faire de la place.

"Euh, c'est bon, merci." dit-elle bien sagement. À une autre occasion, Harry aurait souri face à la ressemblance avec Hermione, "Le professeur Flitwik avait l'air d'être pressé. Je… Je ne sais pas ce qui est arrivé. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer?"

"Où est Hermione, les garçons?" demanda madame Weasley d'une voix douce.

"Un des médicomages l'a emmenée là-bas." répondit Harry en indiquant le rideau en face de celui de Ginny.

"Je vais chercher la guérisseuse, d'accord?" proposa monsieur Weasley en se levant.

"Madame Granger," dit la femme rousse, "D'après ce que j'ai cru comprendre, votre fille a sauvé la vie de la mienne cette nuit."

"Pardon?" répondit celle-ci.

"C'était quoi, ce qu'elles ont fait elle et Marion?" demanda un des jumeaux à Harry, "C'était un truc moldu."

"RCR." répondit Harry.

"Oui," continua Ron, la voix éraillée, "Mais Harry et moi, on ne se serait même pas rendus compte que quelque chose clochait avec Ginny avant qu'elle se soit écroulée. Hermione si. Elle m'avait déjà dit d'aller chercher Pomfresh avant même que Ginny tombe."

Harry acquiesça, "Elle m'a dit d'aller chercher Snape. Elle a su que c'était une potion avant même que je sache quoi penser."

"Mais… Que s'est-il passé?" s'exclama madame Granger.

"Ma fille a eu un… accident, avec une potion. Une overdose." expliqua la sorcière à voix basse. "Hermione, quoi qu'elle ait fait, est une des raisons pour lesquelles Ginny est encore en vie."

La moldue se pencha et plaça une main sur celle de la rousse, "Oh, je suis vraiment désolée." dit-elle avec révérence, "Mais, où est Hermione?"

La guérisseuse arriva avec monsieur Weasley, "Madame Granger?"

"Oui?" Elle se retourna.

"Je suis une des médicomages de Sainte Mangouste. C'est l'hôpital sorcier. Je m'occupe de votre fille actuellement. Il semble qu'elle ait ingéré un peu de la potion qui à causé l'overdose de mademoiselle Weasley."

"Comment?" s'exclama la femme d'un ton offensé.

"Eh bien, la jeune Weasley a subi un arrêt cardiaque et votre fille a lancé la procédure de RCR. Mademoiselle Weasley a vomi. Cette potion est très facilement absorbable." Harry se demanda si la guérisseuse était une née-moldue ou si elle avait suivi une formation dans leur monde, parce qu'elle semblait n'avoir aucune difficulté avec le terme "RCR".

"C'est dangereux?" s'exclama la mère d'Hermione en sursautant.

"Ce n'était pas assez pour être dangereux, mais… c'est une potion anxiolytique. Quand je lui donnerai l'antidote, il est probable qu'elle ait une réaction excessive. Nous pensons que ce serait mieux si vous êtes présente." répondit la femme gentiment.

"Puis-je la voir?"

L'autre hocha la tête, "Oui, bien sûr, tout de suite. Je préfère lui donner l'antidote aussi tôt que possible. Plus on attend, plus elle sera affectée après l'antidote." Elle lui indiqua le chemin, "Si vous voulez bien me suivre."

Madame Weasley serra les mains de l'autre mère avant qu'elle ne parte. Elle la remercia d'une voix rauque, "Merci, madame Granger."

"Molly?" interpella le professeur Sprout, "Vous pouvez venir voir Ginny si vous voulez, Arthur et toi."

Le couple se précipita vers le lit.

Tous les adultes partis, les garçons restèrent assis à contempler leur tasse de thé ou le feu, sans dire un mot. Ils ne comprenaient toujours pas ce qui était arrivé à Ginny. Il y avait si peu de bruit qui s'échappait des rideaux, qu'ils savaient que des sorts de silence avaient été placés dessus.

Un éclair de lumière argentée passa devant eux, à travers la porte du bureau de madame Pomfresh. Une seconde plus tard, Dumbledore sortit, baguette à la main, marchant d'un pas déterminé vers le petit groupe. Il s'arrêta pour observer les garçons (Marian dormait toujours dans un des lits), alors que ceux-ci le fixaient aussi. Ils semblaient les compter. Ses épaules se relâchèrent lorsque ses yeux tombèrent sur Harry.

"Monsieur Weasley?" demanda-t-il à Ron, qui était le plus proche, "Où est votre père?"

"Avec Ginny, monsieur." dit Ron.

Dumbledore se précipita vers le rideau, ayant apparemment quelque chose d'urgent à partager avec Arthur Weasley, cependant il reprit sa voie initiale vers la sortie, s'arrêtant un instant pour leur parler, "Une autre crise demande mon attention. J'ai besoin que vous restiez tous ici jusqu'à mon retour." En sortant, il ferma la porte derrière lui et ils entendirent tous le son facilement reconnaissable d'un sortilège de verrouillage.