Je vous ai laissé en plan un moment. Je m'en excuse, pour ça, je ne ferais pas deux pages de blabla inutile. Que les rar et tout de suite après, le nouveau chap. On en est à 25. C'est quand même pas trop mal!
Serleena: Je sais qu'à son âge, elle devrait savoir qu'elle n'a pas à suivre les inconnus. Mais il faut prendre en compte la façon dont tout cela est arrivé. Et puis, tu vas voir que ce n'est pas un mal. En plus, ça arrive à des femmes d'âges murs d'être manipulée et de suivre des étrangers. Enfin, ce n'est qu'un prétexte pour que l'histoire se poursuive, mais peu importe hein, tant que le reste tienne la route. Merci pour ta review et ton suivi assidu de cette fic. J'espère avoir bientôt de tes nouvelles!
Kaisuky: Mais tu vois, c'est parce que j'ai demandé plus de reviews que j'ai mis tant de temps à updater cette fic. C'est pas que les chap ne sont pas écrit (ils le sont tous jusqu'au 28, mais c'est que maintenant, j'ai fixé ma limite à 4 review le chap) C'est peut-être trop. Enfin, merci de suivre, bonne journée et surtout bonne lecture! À la prochaine.
Sabine02: un grand merci et un grand désoler aussi, aujourd'hui, il n'y a pas grand-chose sur Envy. Bref, merci de suivre et bonne lecture.
Whyle: c'est vrai que Winry n'a pas de chance. Mais tant pis. Merci pour la review et bonne lecture!!
Vollständing Metall Alchimist
Vollständing Metall Liebhaberin
Full metal lovers – Interrogatoires
Das Vehrör
Kapitel Zwanzig Fünf
Chapitre 25
Quand l'aubergiste lui annonça que son amie était partie de son plein gré avec un Ishbalien de haute stature, le jeune Elrick avait un peu paniqué. Edward ne reconnut pas le nom d'Ovila Gewitter. Par contre, celui qui le suivait ne le calma pas du tout. Van Hohenheim. Il avait sursauté à la fois de surprise et d'horreur en découvrant ce nom qu'il ne connaissait que trop bien. Il n'arrivait pas à croire qu'après tout ce temps, son père allait ressurgir dans sa vie! Surtout qu'il se rappelait qu'Envy ait fait un commentaire ou deux à propos de son vieux. Il aurait un soi-disant rapport avec l'os que l'homoncule avait mis dans son bras… Ce qui ne présageait rien de bon.
Retenant un grognement, il appela Al pour lui montrer ce nom qui retenait tout un pan de leur passé. Son frère parut aussi surpris que lui, mais pas dans le même sens.
-Tu penses qu'on pourra revoir papa? Demanda-t-il, hésitant sur ce qu'il devait ressentir.
Il aurait tout donné pour connaître son père. Plus paisible que son aîné, Alphonse était même prêt à essayer de comprendre Hohenheim, alors qu'Edward détestait allègrement son paternel.
-J'espère bien que non, répliqua le jeune alchimiste en croisant les bras sur sa poitrine, comme s'il s'apprêtait à bouder.
Mais l'heure était trop grave pour des enfantillages de la sorte. Winry était partie avec un Ishbalien tout à fait inconnu, ce qui n'était pas de meilleur augure que la brusque mention de leur père dans leur vie sur le vulgaire bout de papier de l'aubergiste.
-Écoutez, si ça vous énerve autant, vous n'avez qu'à attendre votre amie. Ce Gewitter a dit qu'il la reconduirait ici ce soir. Elle devrait arriver dans quelques heures. Si ce n'est pas le cas, vous pourrez partir à sa recherche, appeler l'armée, ou faire bon ce qu'il vous semble. Mais en attendant, je ne veux pas que vous fassiez plus de désordre dans mon établissement. D'ailleurs, si vous ne partez pas bientôt, je vais me voir obliger de vous mettre à la porte.
-Est-ce que vous savez à qui vous parlé, s'empourpra Edward, furieux d'être ainsi grondé.
-Ça va Ed, pas besoin d'en faire un plat. Ne vous inquiétez pas monsieur, nous ne vous causerons plus d'ennui, promit l'armure en attrapant son frère par l'épaule et le tirant loin du comptoir avant qu'il ne fasse une crise.
Axia les rejoignit à ce moment, les lunettes brisées dans la main. Le regard noir que lui jeta Edward n'avait rien de gentil, mais elle passa par-dessus la crainte d'être rejeté qu'il lui inspira et expliqua aux deux frères ce qu'elle avait découvert en remettant la preuve à Alphonse.
-Alors, c'est bien un Ishbalien qui est venu chercher Winry.
-Mais comment expliques-tu qu'il ait laissé ses lunettes dans notre chambre?! Répliqua Edward, dont les nerfs étaient visiblement à bout de patience. Et pourquoi est-elle partie sagement avec lui alors que les chambres sont sens dessus dessous?
-C'est vrai que tout cela est bizarre. Mais je pense que l'aubergiste a raison. Nous ferions mieux d'attendre un peu au cas où cet homme ramènerait Winry. Si elle revient et que nous ne sommes pas là pour l'accueillir, elle ne sera pas contente. Et si un seul de nous part, nous n'aurons pas moyen de nous joindre et on risque de se perdre, comme c'est arrivé après qu'on est rencontré Roxy. Tu n'as pas envi de te retrouver pris dans une embuscade tendue par les homoncules encore une fois?
Ed admit qu'il ne comptait pas revoir Envy avant un moment. Si ce n'était pour l'étrangler et lui faire sortir les yeux de la tête après lui avoir fait cracher toutes ses dents. Il ne formula pas son idée de torture, se doutant que son frère serait choqué par autant de violence, même si elle visait un être aussi vil que l'homoncule à tête de palmier.
-Alors, tout ce que tu as à me proposer, c'est d'attendre sans savoir ce qui arrive à Winry?
-Écoutes, je sais que tu l'adores, mais ce n'est pas une raison pour partir sans réfléchir et se jeter dans l'inconnu. Aies confiance un peu…
-D'accord, mais si dans une heure elle n'est pas revenue… commença l'adolescent.
Il n'eut jamais le temps de finir sa phrase. En effet, Winry venait de franchir le seuil de la porte, raccompagné par un homme immense au teint basané. Ed sauta sur ses pieds, électrisé à la vue de cet étranger qui ressemblait à s'y méprendre à Scar, si ce n'était de la cicatrice au milieu du visage. L'homme, qui ne pouvait être qu'Ovila Gewitter, puisqu'il n'avait pas une tête à s'appeler Hohenheim, s'avança vers eux avec un sourire chaleureux. La jeune fille marchait à ses côtés, pleine d'assurance sur ses automails. Comme si elle était complètement guérie. Ed n'arriva pas à le croire tout de suite et s'empressa d'éloigner son amie de cet inconnu en passant un bras possessif autour de ses épaules et la tirant vers lui.
-Edward! S'exclama-t-elle, avec un sourire encore plus immense que l'Ishbalien, qui jaugeait Alphonse.
Al, lui, jaugeait également l'étranger, étonné de voir qu'il était aussi grand que lui. Après tout, l'armure constituant son corps faisait presque 2 mètres de haut! Le susdit Edward ne laissa pas le temps à Winry de parler. Il l'entraîna vers une table isolée de l'auberge pour lui faire comprendre qu'il s'était inquiété. Elle ne lui permit pas de se fâcher, faisant très justement remarqué qu'elle passait son temps à se faire du mourrons à son sujet sans qu'il daigne lui faire un signe de vie pendant des années. Comme elle n'avait aucune idée du temps qu'il lui faudrait pour retrouver son frère, elle avait parfaitement le droit de sortir où et avec qui elle voulait.
-Et tu connais ce type peut-être?! S'énerva l'adolescent.
-Oui, je le connais pour ta gouverne, répliqua-t-elle du tac au tac.
Les yeux dorés et les traits crispés de colère de l'alchimiste s'ouvrirent de surprise. Il eut une absence, où son silence évoquait parfaitement son état de choc. Il ne comprenait pas du tout comment elle pouvait connaître cet Ovila Gewitter. Mais il revint très vite de son étonnement.
-Ah ouais, vraiment? Ça n'empêche pas que c'est un Ishbalien…
-Et alors? C'est quelqu'un de très gentil. Et il est alchimiste lui aussi. Il a guéri mes plaies aux jambes. Comme ça, je vais pouvoir marcher de nouveau par moi-même sans souffrir. Il a fait ça en quelques heures, avec une alchimie que tu ne saurais même pas maîtriser.
-Et qu'est-ce qu'il a demandé pour ce miracle?
-Rien du tout!
-Et je peux savoir comment tu l'as connu?
-C'était un de mes clients à la boutique de mécanique. Quelqu'un de super gentil.
Ed allait répliquer quand il réalisa qu'Axia, Alphonse et Ovila les observaient tous les trois avec des regards souriants et moqueurs. Edward cachait son inquiétude derrière une colère noire et Winry sa propre anxiété derrière des reproches. C'était une dispute typique et charmante qu'ils n'étaient même pas assez gênés d'entretenir pour s'isoler davantage. En voyant la complicité liant déjà les armures et le gigantesque Ishbalien, Ed jugea mieux d'interroger cet homme. De toute façon, il ne pouvait pas rester bien longtemps en ville. La présence d'Envy l'énervait et il avait rendez-vous avec le colonel le soir même pour rentrer à Central. Les deux armures échangèrent un regard entendu, tandis que l'alchimiste d'état faisait signe au bienfaiteur de son amie de les rejoindre à leur table.
L'homme ne se fit pas prier. Il prit place devant le jeune couple, sans pour autant entamer la conversation. Il savait que le jeune garçon ne l'aimait pas. Il se doutait également qu'il ne l'aimerait jamais. Et de ce fait, lui-même ne pouvait pas le sentir. Mais il lui offrit le regard bienveillant et le sourire un peu idiot et béat dont il avait le secret, pour masquer son propre dégoût à se retrouver devant un alchimiste d'état. L'un de ceux qui aurait pu participer à la guerre d'Ishbal s'il était plus vieux, et qui ferait certainement partie des prochaines guerres que connaîtrait leur pays. Il voyait son potentiel destructeur comme une aura d'or nimbant le contour de son corps. Pourtant, il pourrait devenir un créateur de génie. Tout dépendait de la voie s'offrant à lui. Malheureusement, Ovila savait déjà l'usage qu'on voulait faire de cette arme humaine. Dire qu'il n'était encore qu'un enfant. Malgré cela, il avait des yeux endurcis. Ceux d'un adulte qui a déjà traversé nombre d'épreuve. Il avait du vieillir trop vite. Et malgré cela, son visage n'était pas assez dur pour cacher sa jeunesse.
Était-ce sa taille qui la trahissait, ou les doux sentiments qu'il éprouvait par la jeune fille assise à côté de lui?
-Vous avez soigné Winry avec de l'alchimie à ce qu'elle me dit?
-C'est exact. C'est un art qui me vient de la lointaine contrée de Xin. Vous en avez entendu parler?
-De Xin oui, mais l'alchimie curative est la plus complexe à maîtriser. D'ailleurs, il y a encore peu de temps, je croyais qu'il était impossible de s'en servir.
-Que ce n'était qu'une fable? Comme la pierre philosophale, répondit Ovila, l'air de rien.
Les deux frères sursautèrent à la mention de l'objet qu'il cherchait depuis des années maintenant. Cet homme savait-il comment trouver la pierre mystérieuse? À voir son sourire en coin, il avait touché le sujet exprès. Il devait déjà savoir qu'ils cherchaient la pierre. Mais comment cela se pouvait-il? Étaient-ils si célèbre que ça? Ed ne se sentit pas rassuré, à cette idée, mais garda son calme. Enfin, il afficha autant de calme que possible. Le colonel était meilleur que lui pour ne pas s'énerver. Si Alphonse avait pu pâlir, il aurait prit une couleur d'acier jamais vu. Mais ses yeux blancs et tremblotants étaient clairs pour son frère.
-Voyons, la pierre philosophale, vous y croyez vous? Se moqua Ed, l'air de ne pas y croire le moins du monde.
-Ils en ont utilisé durant la guerre, alors oui, j'y crois, se rembrunit Ovila.
Edward ne put cacher sa surprise cette fois. Le coup de coude de Winry, lui reprochant d'avoir rappelé de mauvais souvenir à ce pauvre homme, reclus de tout les peuples, ne l'atteint même pas. Enfin, il ne réalisa même pas qu'il avait mal aux côtés tout à coup. Il avait parfaitement compris que cet homme savait qu'il était de l'armée. Al avait saisi que monsieur Gewitter parlait de l'armée en disant qu'ils avaient utilisé une pierre philosophale durant la guerre. Ed avait entendu ce genre de rumeurs auparavant, mais n'arrivait pas à le croire. Jusqu'à ce qu'il entende tout le sérieux dans la voix de cet Ishbalien. Normalement, il aurait pensé qu'il serait normal qu'un vaincu de cette guerre exagère les moyens utilisés contre son peuple pour les soumettre. Mais cette fois, sans qu'il sache pourquoi, Edward était certain que cet homme disait la vérité.
-Vous connaissez Van Hohenheim, demanda-t-il, en ayant quelques difficultés à prononcer ce nom maudit complètement. Sa gorge lui grattait alors que les mots y couraient et il avait un goût amer dans la bouche maintenant qu'il en était débarrassé.
-Bien sûr. Il m'a beaucoup appris. Et c'est lui qui m'a demandé d'aider votre amie.
-Alors, il est ici! S'exclama violemment Edward, furieux à l'idée que son salaud de père soit dans les environs et qu'il ne puisse pas aller le tabasser.
-Non, il est parti il y a quelques jours. Mais il savait que je vous trouverais ici et m'a prévenu par une lettre. D'ailleurs, j'en ai une pour vous de sa part. C'est pourquoi je me suis permis de m'éterniser un peu ici. Mais je dois vous quitter.
-Déjà? S'étonna Winry, qui aurait bien voulu remercier son bienfaiteur davantage.
Alphonse prit la lettre que l'homme tendait à son frère, pour s'assurer que ce dernier ne pique pas une crise et ne déchire l'enveloppe. Des nouvelles de leur père ne pouvaient pas leur faire de mal. L'armure préférait garder la missive le temps que son aîné se calme. De son côté, l'Ishbalien se levait déjà, en affichant un air contrit, comme s'il était désolé de partir si vite. En même temps, cet air n'exprimait qu'une autre culpabilité, beaucoup plus profonde. Après tout, en plus de jouer dans le dos de ces adolescents, il avait causé à lui seul un déraillement de train sans pareil dont l'armure et les deux jeunes étaient les seuls rescapés… Mais ça, pas question de les laisser l'apprendre.
-J'ai beaucoup à faire encore. Je ne peux pas rester, fit-il évasivement.
Edward fronça les sourcils. Il lui rappelait le docteur Marcoh. Ce médecin, ex-alchimiste d'état qui se servait certainement de l'alchimie pour soigner ses patients. Cet homme en savait beaucoup plus qu'il ne le disait. Il avait piqué sa curiosité. Son père s'acoquinerait avec des Ishbaliens alors? Mais pourquoi? Et pourquoi ce monsieur Gewitter était-il si avenant avec Winry? En le laissant partir, perdrait-il sa seule chance d'en découvrir davantage au sujet de la pierre philosophale?
-Attendez un peu, le rappela-t-il.
Ovila était déjà à la porte. Il ne se retourna qu'à demi, avec un léger sourire. Edward réalisa que bien que ce type se donne des airs niais, il était beaucoup plus brillant qu'il ne voulait le laisser croire. Ce sourire n'était-il pas qu'un masque de moquerie, défiant le jeune alchimiste de voir au travers de ses manières et de sa bonté? Est-ce que l'adolescent en était rendu à se voir des ennemis partout? Ed se rappela que l'avant-veille, juste avant de fondre en sanglots dans les bras du colonel, il avait douté de pouvoir faire confiance aux adultes. Aussi bien qu'aux jeunes, excepté son frère et Winry. Il ne pouvait étendre l'exception sur cet Ishbalien. Encore moins si son père faisait parti du cercle d'ami de ce Gewitter.
-Nous nous reverrons fullmetal, fit l'homme d'une voix mystérieuse. Tu peux me croire, nous nous reverrons.
Sur quoi, il disparu, s'évanouissant au milieu de la rue au milieu des nombreux passants. Le soleil était encore au beau fixe, mais l'après-midi touchait à sa fin. Ed continua de fixer la porte un moment, sans savoir comment interpréter les dernières paroles d'Ovila. Était-ce une menace ou une promesse? Comment devait-il voir cet étranger? En bienfaiteur ou en ennemi?
-Eh bien, souffla Axia, on ne peut pas dire qu'on s'ennuie avec vous.
Alphonse acquiesça, son armure récemment réparée par l'alchimie de son frère grinçant un peu. Il allait devoir se taper une bonne séance de huilage. Winry observait ses amis, réalisant qu'elle n'avait pas vraiment réfléchi en partant avec cet étranger. Mais tout était allé si vite. Elle avait été entraînée malgré elle. Et c'est elle la première qui se leva, avec une assurance et un naturel troublant pour Edward, qui n'aurait pas refusé de la porter une fois de plus dans ses bras. Même si cela le gênait encore un peu, surtout au souvenir des regards pas trop net que les passants leur avaient jeté.
-Bon, moi, je meurs de faim, et vous?
Avant qu'Ed ait pu répondre, elle alla commander à l'aubergiste deux plateaux bien garnis, qu'elle posa devant l'adolescent, pour s'asseoir face à lui. Il déglutit difficilement, gêné par la proximité et la distance qui les séparait. Le pauvre songea qu'il avait besoin de s'éloigner un peu de son amie, parce qu'à ce rythme, il serait bientôt entièrement dépendant de Winry…
Bien qu'il ait encore quelques doutes sur son rétablissement, elle semblait avoir une telle pêche qu'il fut bien obligé d'admettre que son amie état complètement guérie. Il jugea qu'il pourrait donc la laisser se débrouiller toute seule et retourner à Central. Restait encore à le lui annoncer.
Al et Axia, bien qu'ils ne mangeaient pas, s'assirent aux côtés de leur camarade, face à face eux aussi. La jeune armure voulait demander à son nouvel ami pourquoi la mention de leur père avait un effet si brutal sur son frère. Mais la présence de ce dernier contrariait un peu pareille question. Elle garda donc le silence, tandis qu'Ed reprochait encore à Winry d'être partie sans rien dire avec un inconnu. Son ton était plus calme et l'inquiétude qu'il avait ressentie s'y exprimait davantage. Mais la jeune fille n'y porta pas attention.
-Ce n'est pas parce que quelqu'un qui offre de l'aide est un Ishbalien qu'on ne peut pas lui faire confiance. Si je dois passer ma vie à me méfier de tout le monde, je préfère encore mourir tout de suite.
-C'est pas ce que j'ai dit.
-Mais c'est ce que tu penses!
-Oh, et tu peux bien aller faire ce que tu veux, puisque ce soir, moi et Alphonse, on quitte la ville
-Quoi?!
-Tu devrais prendre le premier train pour Resembool. Pinako doit se faire un sang d'encre.
-Prendre le train, répéta la jeune fille, perdant toute sa pêche et pâlissant d'un seul coup.
Ed comprit que ce serait plus difficile qu'il ne l'aurait cru. Et pas seulement parce que lui et Winry s'aimaient bien…
Au même moment, parmi les soldats en mission à Rush valley
-Hawkeye, je veux 7 billets de train pour Central. Le voyage de ce soir, précisa le colonel en rentrant dans l'appartement et prenant immédiatement la situation en main.
Il avait assez tiré sur sa laisse de chienchien de l'armée. Maintenant, il devait se rattraper et effectuer ce que sous-entendait sa mission. Interroger Émilie Stein et se préparer à rentrer au bercail. Bientôt, il aurait repassé son collier de bon toutou servant et récupéré son bureau de travail, avec la pile monstrueuse de dossiers à remplir que cela signifiait. Riza s'empressa de voler le téléphone qu'utilisait Jean pour discuter de pari avec Breda sur le compte de l'armée. Elle obéit sans un mot, alors que le second lieutenant se levait en s'efforçant de ne pas se mettre au garde à vous devant son supérieur.
-Havoc, passé votre tenue militaire et faites vos valises. Nous rentrons ce soir, à la première heure.
En voyant les yeux interrogateurs de son subordonné, qui se demandait qui les accompagnerait, il haussa les épaules, pour lui faire comprendre qu'il ne s'expliquerait que le temps venu. Riza, elle, comme à son habitude n'avait pas posé de question inutile. Quand son supérieur avait ce ton et ce regard, il entendait à être obéi séance tenante. Émilie observait cette agitation avec surprise, n'ayant pas encore eu le temps d'être vraiment présenté à Roy Mustang. Il darda ses yeux de braise sur la jeune femme, la transperçant d'un regard électrisant. N'importe quelle femme aurait craqué pour un tel regard. Émilie rougit timidement de l'attention pointée sur elle par ce bel homme.
-Miss Stein, veuillez vous asseoir aussi confortablement que vous le pouvez, car j'ai plusieurs questions à vous posez.
Elle obéit, sans oser demander de quelle nature seraient ces questions. Il prit place face à elle, à la table de leur minuscule cuisine. Le colonel était formel, le dos raide, les épaules droites, le visage inquisiteur. Riza se demandait ce qui avait pu lui arriver pour causer une telle réaction dans sa posture et ses agissements. Il essayait visiblement de s'engoncer dans son rôle beaucoup plus qu'à l'habitude. Pourquoi tant de sérieux alors que le matin même, il lui souriait encore avec son uniforme? Se sentait-il coupable d'avoir pris tant de liberté alors qu'il était en service? Pensait-il que la généralissime pouvait être au courant de tout leur fait et geste? Si c'était le cas, à quoi leur servaient-ils de faire et de remettre des rapports?
Elle mit les billets au nom du colonel Mustang, en réservant sept sans le moindre problème. Avec le déraillement arrivé tout dernièrement, les gens d'Amestris étaient encore dubitatifs quant à l'idée de prendre le train. À l'extérieur, le soleil se couchait tranquillement, se noyant dans l'horizon du ciel.
-Depuis combien de temps étiez-vous retenu au centre de détention? Attaqua Mustang
-14 ans, lui répondit la jeune femme sans perdre de temps.
Elle ne voulait pas s'éterniser sur cette réponse, pour la bonne raison qu'elle avait beaucoup souffert de sa claustration et que ses peines étaient loin d'être fini. Si ça n'avait été de Jean, sa crise au milieu de la rue et de tous les passants aurait été cent fois pire. Même maintenant, après vu tant de choses nouvelles, elle se sentait idiote et en retard. Elle avait tellement de chose à apprendre. Elle savait lire, écrire, compter, et manipulait l'alchimie curative d'une main de maître. Elle avait souvent du se soigner elle-même après des expériences particulièrement traumatisantes. Mais elle ne savait presque rien du monde. Pas plus qu'elle en savait quand à sept ans, on l'avait enfermé dans un grand manoir, après que toute sa famille soit tuée et son grand-père incarcéré.
Depuis sa chambre, où il se changeait, Jean suivit l'interrogatoire de son colonel, désolé juste à savoir que la pauvre avait passé 14 ans de sa vie emprisonnée. La suite ne se fit pas attendre.
-Vous savez que votre grand-père est un criminel notoire?
-Oui, fit-elle d'une petite voix.
-Vous savez aussi qu'on vous a libéré pour que vous assistiez à son procès?
-Oui, répéta-t-elle.
Émilie s'en souvenait très bien. Jean le lui avait expliqué. Elle avait eu de la difficulté à excepter que son grand-père risquait de mourir très bientôt. Elle aurait tout juste le temps de le revoir. On avait envoyé des soldats de l'armée la chercher et risquer leur vie dans l'entreprise. Tout cela parce que Bernard Stein avait exigé de la voir. Mais que représentait-elle pour cet homme qui ne lui avait plus écrit depuis des années? Qu'était-elle à part toute la famille encore vivante d'un tueur sanguinaire qui n'avait pas hésité à faire disparaître son propre fils, ainsi que sa belle-fille et tout ses petits enfants exceptée la jeune Émilie?
-Vous avez été retenu toutes ses années à cause des capacités alchimiques que vous avez. Jusqu'à maintenant, je sais que vous n'avez affiché aucune volonté belliqueuse envers mes hommes et moi. Mais connaissez-vous toute l'étendue de votre propre pouvoir? Et êtes-vous prête à jurer de ne pas l'utiliser contre l'armée de Central, qui vous a libéré de votre prison et qui assurera votre protection jusqu'à ce que vous soyez réhabilité et indépendante?
-Je… je ne sais presque rien faire de l'alchimie. Je ne la contrôle pas. Je peux seulement guérir des blessures et ça me prend plusieurs jours. Alors, ne vous inquiétez pas, je ne risque pas d'attaquer vos soldats à Central. À moins qu'ils ne me donnent de bonnes raisons de le faire.
-La légitime défense, approuva Mustang.
Il sentait le regard de son premier lieutenant pesant sur sa nuque. Hawkeye n'aimait le voir malmener cette fille. Il ne touchait pas à Émilie, mais ces questions étaient posées d'un ton quelque peu brutal. Roy était pressé d'en finir. Et il tenait la jeune fille partiellement responsable pour ce qui était arrivé à Riza. Décharger sa culpabilité sur elle n'était pas une attitude très noble. Mais ça le défoulait bien un peu. Avec un soupir, il croisa les bras derrière son dos, se levant et commençant à arpenter la pièce de long en large.
-Mademoiselle Stein, je ne veux pas vous faire peur. Mais les officiers qui s'occuperont de vous à Central ne seront pas tous aussi gentil que Havoc, Hawkeye ou moi. La généralissime n'aime pas votre grand-père. En fait, très peu de gens apprécient Bernard Stein. Étant sa petite-fille, vous n'aurez aucun traitement de faveur, bien que tout soldat du QG aura ordre de vous protéger. Puisque le centre de détention risque de vouloir vous reprendre. Vous devez être préparé à pareille éventualité.
La jeune fille fronça son petit nez, ses sourcils se tordant d'inquiétudes. Elle n'était pas préparée à une telle éventualité. Les paroles du colonel l'épouvantaient. N'aurait-elle donc jamais rien d'autre que des ennemis pour l'entourer? La voyant paniquer, Roy se reprit.
-Il va s'en d ire que vous aurez toujours Havoc à vos côtés pour prendre soin de vous. Il a été nommé officiellement votre garde du corps. Il ne vous lâchera pas avant un moment. Vous n'aurez rien à craindre.
Un peu rassurée, elle esquissa un mince sourire. Mais Mustang su qu'il aurait pu faire mieux. Il avait été un peu trop raide. Il avait été si patient avec Riza, si doux. C'était comme si sa réserve était vide et qu'il devait être brusque. Il se dit qu'il était plus de temps de retourner à Central. Il pourrait de nouveau crier des ordres d'un côté et de l'autre. Ça lui manquait un peu.
-Bien… Le reste des questions peu attendrent. J'ai trouvé une autre occupante du centre qui s'en est évadé elle-même. Je reconstituerais toute l'histoire quand j'aurais pu l'interroger elle aussi. Elle nous accompagnera à Central, déclara le colonel en jetant un rapide coup d'œil vers Hawkeye, avant de détourner le regard.
Étrangement, il ne se sentait pas la force de soutenir ses yeux de vin. Enivré d'avance, il alla s'enfermer un moment dans sa chambre, après en avoir éjecté Havoc sans façon. Jean rejoignit Émilie, pour voir que Riza s'occupait déjà d'elle. Il s'activa donc sur un souper bien mérité, en bougonnant un peu. Son épaule recommençait à lui faire mal. Et pour une fois, sa protégée n'y faisait pas attention, n'ayant pas le temps de lui accorder de soin. La pauvre avait bien besoin de parler avec une autre femme. Et bien que le second lieutenant soit un excellent confident, sa supérieure d'un seul grade était contente de discuter avec la jeune fille.
De son côté, Edward devait convaincre Winry de rentrer seule à Resembool, bien qu'il doutait de la nécessité de ce geste presque autant que son amie. Après avoir quitté leur hôtel pour de bon et laisser une somme astronomique derrière eux, les deux armures et le petit couple blond s'étaient dirigé vers la gare. Il y avait très peu de gens sur les quais et Ed n'eut aucune difficulté pour commander un billet, même si Winry résistait de son mieux contre l'idée d'être renvoyée chez elle alors qu'il venait juste d'avouer ses sentiments pour elle.
La pauvre ne voulait pas être mise au placard si vite, elle avait l'impression qu'il essayait seulement de se débarrasser d'elle. Winry n'avait pas tout faux, mais l'alchimiste d'état aurait bien en mal de le lui dire. Alphonse, lui, n'aurait pas hésité à taquiner son frère, si ça n'avait du fait qu'Axia aurait préféré accompagner leur amie d'enfance, pour éviter d'aller à Central et de répondre aux questions de l'armée. La pauvre enfant était terrifiée à l'idée d'être interrogée par les soldats et l'intérêt particulier que lui portait Mustang ne la flattait pas plus qu'il le fallait. En fait, elle avait peur de se retrouver au milieu d'un laboratoire d'alchimistes curieux, exposé comme une curiosité.
Al était libre comme l'air, mais il n'avait pas cent ans de vie dans le corps. On voudrait tout savoir de ce qu'elle avait vu et vécu, elle n'aurait plus la moindre intimité. Plus de paix. Au centre de détention, on ne lui avait pas posé de questions. Elle était surpuissante, mais contrôlable, alors, on ne voulait pas pousser trop loin la chance. Qui aurait pu se douter qu'elle avait cent ans. Elle n'allait pas non plus s'en vanter. Elle ne pouvait pas entièrement confié ses craintes à son nouvel ami, puisqu'ils étaient toujours interrompu par la dispute que se livraient Winry et Edward sur le quai, en attendant le train de Resembool. La jeune fille insistait sur le fait qu'elle n'embarquerait pas dans le train et l'adolescent répliquait qu'il ne lui laisserait pas le choix.
Elle avait frappé deux fois la tête de cet âne blond de sa clé à mollet, sans résultat. Et elle ne pouvait courir le risque d'abîmer une si belle tête… Ainsi, ce fut presque un soulagement pour tout le monde, aussi bien le quatuor que les autres gens de la gare, quand le train arriva enfin.
-Bon, j'aide Winry à s'installer et je reviens, décida l'aîné en attrapant la jeune fille par le poignet. Alphonse, toi et Axia, vous restez sur le quai et vous m'attendez. Ce ne sera pas long.
-Ne fais pas comme si je ne pouvais pas t'entendre! Répliqua Winry, couvrant la réponse positive des deux armures.
Le jeune couple disparut dans le train, même si l'adolescente suivait à contrecoeur. Elle était terrifiée à l'idée d'entrer dans un train. Cette machine de fer l'avait toujours effrayé, même petite fille. Son père lui avait toujours dit qu'elle n'avait rien à craindre. Mais son père était mort et elle avait perdu ses deux jambes dans un déraillement de train. Ed ne se sentait pas plus enclin que ça à monter dans la machine monstrueuse. Le simple fait de poser les yeux sur les compartiments à bagage lui rappela comment il avait été malmené et quelques brûlures qui courraient toujours sur son torse et son bras. Les bleus lui revinrent aussi à la mémoire. Il serra les dents et s'efforça d'être fort, parce que son amie se mis bientôt à trembler de tous ses membres. Elle ne voulait pas prendre le train s'il devait lui arriver la même chose. Cette fois, Edward ne serait pas là pour la réconforter et l'aider.
Elle serait seule. Winry se laissa entraîner par son ami jusqu'à un compartiment vide, où chaque siège attendait de recevoir son lot de passagers. La place était tranquille et silencieuse et la machine ne s'ébranlerait pas avant quelques minutes, pourtant, Ed avait tenu à ce que la jeune fille monte aussitôt que le train soit arrêté et qu'on invite les rares passagers à grimper.
Comme il allait lui choisir lui-même son ban, elle se défit de son emprise pour l'obliger à se retourner. Cette fois, elle en avait assez. Elle marchait sur ses propres jambes, qu'elle avait construites elle-même! Elle ne méritait de se faire mener par le bout du nez comme il cherchait à le faire. Elle dévisagea le jeune homme, l'air sévère. En fait, elle ne savait pas comment le dévisager. Alors qu'ils s'étaient laissés sur des paroles encourageantes, il n'avait rien fait d'autre que de lui crier après dès qu'elle était tombé dans son champ de vision. Il était possessif, jaloux, sur les nerfs et soupe au lait. C'était peut-être bien très mignon, mais ça énervait sérieusement la jeune fille.
-Cette fois, ça suffit Edward. Tu vas me dire ce qui t'arrive, et tu vas arrêter de me traiter comme une gamine. Je n'ai pas envie d'être dans ce train. Je suis venue parce que c'est ma seule chance de me retrouver seule avec toi et que tu ne sembles pas vouloir me parler directement devant ton frère. Si j'ai bien compris, tu ne veux pas qu'Al sache pour nous deux?
-Non, admit-il, sans la regarder droit dans les yeux.
Il avait honte de faire des cachettes à son frère. Le reste du monde était au courant. Mais il avait peur qu'Alphonse soit jaloux. Il était terrifié à l'idée de le perdre pour quelque chose d'aussi stupide. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il devait arrêter de faire l'idiot et garder sa relation avec Winry aussi secrète que possible. Il commençait juste à comprendre quelle menace pesait sur son amie maintenant qu'il avait admit l'aimer beaucoup plus qu'une simple amie. Alors qu'elle avait disparue, il aurait pu faire n'importe quoi pour la retrouver. Il aurait pu se soumettre au plus odieux des chantages. Et cette perspective l'avait fait paniqué. Encore maintenant, il n'arrivait pas à comprendre comment il faisait pour ne pas l'avoir prise dans ses bras depuis qu'il savait qu'elle allait bien.
-Et maintenant que je ne sais plus quoi penser, tu vas me renvoyer chez moi pour te débarrasser de moi parce que c'est trop compliqué que je reste dans tes pattes.
-Non, ce n'est pas ça. Winry…
Il avait l'air si déchiré, s'en était insupportable. Elle-même n'avait plus de colère dans la voix, mais seulement de l'amertume et de la peine. Comment pouvait-elle le regarder en face s'il ne lui disait jamais tout? Comment pouvait-elle lui faire confiance s'il n'avait pas confiance en elle? Si leur amour n'était pas assez important pour qu'Alphonse sache qu'il existait, que pouvait-elle bien faire avec ce garçon? Mais comment le repousser pour une seule de ses raisons? Elle l'aimait!
-Edward, commença-t-elle en posant ses deux mains sur les épaules de son ami.
À ce contact, il eut un mouvement de recul. Il avait l'impression qu'elle l'obligeait à se baisser devant elle. À être plus petit qu'il ne l'était déjà. Et la pression pesant sur ses épaules augmenta inostensiblement. Il se dégagea, terrifié par tout ce qu'il voulait faire et n'avait pas le droit de faire. À cause de toutes ces promesses faites à son frère… D'une façon ou d'une autre, il se sentait coupable. Pour la deuxième fois, il devait choisir entre Al et Winry. Et il n'aimait pas le fait qu'il hésita ainsi. Il n'y avait pas si longtemps, son choix n'aurait pas été discutable. Maintenant, il n'était plus sûr de rien. Qui des deux avaient le plus besoin de lui? Duquel des deux avait-il le plus besoin?
-Je ne veux pas me débarrasser de toi Winry, mais je dois prendre du recul. Je ne peux pas continuer comme ça. Ce que je ressens, c'est…
Il commit l'erreur de relever les yeux à ce moment, alors qu'il s'ouvrait juste assez pour être vulnérable. Le soleil couchant recouvrait la jeune fille, donnant à ses cheveux blonds une teinte orangée. Il se noya un instant dans le ciel qui brillait autour des pupilles de l'adolescent. Il déglutit difficilement, intimidé par son visage qui s'adoucissait déjà à le voir paniquer ainsi. Elle tremblait toujours, n'ayant aucun moyen de dominer sa peur de se tenir là, dans un train, après ce qui lui était arrivé. Elle était tout aussi vulnérable que lui. Pourtant, il avait l'impression qu'il allait sortir perdant de cette discussion s'il n'était pas le premier à agir. Sa voix se fit plus faible dans sa gorge. Il n'avait jamais aimé devenir sentimental. Mais il l'était, il fallait bien l'admettre. Même s'il cachait cette part de lui-même derrière des airs d'adulte. S'il n'était pas aussi sensible que son frère, il l'était quand même beaucoup trop.
Les choses changeraient-elle quand il serait plus vieux? Qu'en savait-il? Il avait déjà presque 16 ans. Ou bien les avait-il déjà? Il retint un soupir. Sans qu'il sache comment, les bras de Winry étaient revenus près de lui, ses mains posées sur ses épaules. Il ne pouvait plus fuir. Il ne pouvait plus reculer non plus. De toute façon, il n'en avait aucune envie.
La jeune fille n'avait pas d'autre choix que de prendre l'initiative. Ed n'avait cessé de la brusquer depuis son retour. Il méritait bien d'être secouer un peu lui aussi. Mais plus encore, elle avait besoin de savoir ce qu'il ressentait, et il ne finissait pas sa phrase, alors, peut-être qu'en étant plus câline, il irait au bout de sa pensée. Puis, avec sa peur de se retrouver dans ce train qui allait partir d'une minute à l'autre, elle avait besoin des bras d'Edward. S'ils devaient se séparer pour longtemps, elle en avait d'autant plus besoin.
-Ed? demanda-t-elle en le sentant se pencher sur elle plus qu'elle ne le vit.
Il ne répondit pas. Trop de tension, pour l'énième fois de la semaine. Il préféra agir. De toute façon, il était un homme d'action. C'était son frère qui parlait après qu'Ed ait jeté la pagaille. Maintenant, son cadet n'était pas là pour le retenir ou rattraper le coup. Mais Edward n'était pas du tout fâché de pas avoir son frère à ses côtés.
Il plaqua la jeune fille contre un mur du train, entre deux cabines, le plus loin possible des fenêtres de la gare. Pas question d'être vu. Surtout pas par Alphonse. Il l'embrassa passionnément, ne pouvant plus se contenir. Elle garda les yeux grands ouverts d'étonnement un moment, avant de prendre goût à ce baiser. Ils n'en avaient pas encore échangé tant que ça. Les mains de la jeune fille se nouèrent derrière sa nuque, tandis qu'il l'appuyait au mur de tout le poids de son corps, un bras autour de ses épaules et une main sur sa joue. Leurs baisers s'étirèrent, tout en langueur, en découverte. Ils se reconnaissaient, s'apprivoisaient, se défiaient.
C'était enivrant et terrifiant tout à la fois. Ils ne pouvaient plus se lâcher. Après avoir connu autant de ratés avant d'enfin pouvoir se dire ce qu'ils ressentaient, c'était normal qu'ils soient scotchés l'un à l'autre. Les mains de Winry glissèrent dans le dos de l'adolescent, pour qu'il se colle davantage à elle. Il voulait goûter la peau de son visage, fébrile, obéissant uniquement à son instinct. Aucun d'eux n'avait jamais rien connu de tel. Leurs jambes se frôlèrent et l'acier grinça, sans qu'ils s'arrêtent. Il en faudrait beaucoup plus cette fois pour arrêter.
Leurs mains se crispaient maintenant, à la fois hésitantes et curieuses. Ils avaient l'impression d'être emporté par autre chose qu'eux-mêmes, comme s'ils ne se contrôlaient plus. Ils ne se séparaient qu'à regret, pour chercher leur souffle quelques secondes et se rejoindre aussitôt, lâchant ici et là quelque soupir de plaisir. Ils étaient encore maladroits. Mais depuis quelques jours, ils avaient passé beaucoup de temps dans les bras l'un de l'autre. Leur corps n'étaient pas aussi étrangers qu'il l'aurait fallu. C'était tout à fait indécent. Ce serait un scandale. Ed devait s'arrêter avant de dépasser les limites du raisonnable. Mais l'alchimie les liant était bien plus forte que toute celles qu'il ait jamais manipulées. Et il avait bien du mal à se convaincre d'arrêter cette fabuleuse expérience. À sentir Winry bouger contre lui, ses mains glissant à la fois dans ses cheveux et sur son corps, il doutait qu'elle détesta complètement la chose.
Quand il essaya de se dégager, elle le retint. Il fut bien en mal de se refuser à sa bouche superbe. Mais il finit par se faire violence, pour appuyer son visage contre celui de son amie, joue contre joue. Ils cherchaient leur souffle. Elle s'était remise à trembler. Mais ce n'était plus la même peur. Il crut comprendre qu'elle avait peur. Après tout ça, elle avait peur ?!
-Winry, ça n'a pas de bon sens. Ce que je ressens, c'est trop fort. J'ai l'impression d'être dévoré de l'intérieur. Je ne peux pas continuer comme ça.
-Oui, on exagère peut-être un peu…
Pourtant, ils étaient toujours lovés l'un contre l'autre et hésitaient à se séparer. Ils avaient aimé ce qui venait de se produire. Ils se sentaient coupables d'avoir agi aussi impulsivement, mais en même temps, ils se demandaient tout deux s'ils n'avaient pas raison. Étaient-ils trop jeunes pour comprendre ce qui leur arrivait? Devaient-ils seulement suivre la vague déferlante qui les emportait pour les fracasser l'un sur l'autre? Ou prendre du recul, comme Edward l'avait dit…
-Ce n'est pas que de l'attirance physique que je ressens, mais j'ai peur que tout ne se réduise qu'à ça. Je… j'ai peur de ce que je ressens.
-Moi aussi. C'était comme si je me contrôlais plus.
-Je ne peux pas aider mon frère avec tout ça dans la tête. C'est trop de tension, trop de…
Il n'alla pas au bout de sa pensée, ne voulant pas blesser la jeune fille. Mais de la façon dont il l'avait embrassé, tout portait à croire qu'il n'aurait pas su s'arrêter avant d'être allé jusqu'au bout. Et le train aurait été parti depuis longtemps quand il serait redevenu lui-même. Ed n'aimait pas perdre le contrôle de lui-même ou de la situation. C'était ce qui venait tout juste de se produire. Il n'avait jamais été aussi intime avec quelqu'un. Jamais il ne s'était senti dans un pareil accord avec une autre personne. Mais il se rappelait ce qui était arrivé à sa mère. Il avait peur. Il était terrifié à l'idée que ce ne soit qu'une éphémère histoire d'adolescent. Il ne voulait pas que ça le soit. Il ne voulait pas être déchiré entre son frère et l'adolescente. Il voulait pouvoir consacrer tout son temps à Winry. Mais il ne pouvait pas. Juste ce qui venait de se passer, même ça, il n'avait pas le droit.
Al ne pouvait rien ressentir de semblable. Pas même la chaleur du soleil. C'était injuste que son aîné, celui qui lui avait imposé son corps insensible puisse profiter de ce que la jeune armure n'avait pas.
-Je te gêne, c'est bien ça. Alors tu vas te débarrasser de moi.
Il serra les poings et les dents, acculant toujours la jeune fille au mur. Elle était encadrée par ses poings et son visage furieux. Elle se sentait si isolée, si coupable. Elle n'avait pas le droit de se plaindre. Ed essayait seulement de respecter la promesse qu'il avait fait à son petit frère. C'était adorable. À condition de ne pas être la fille sacrifiée pour la promesse.
-Winry, ce n'est pas facile pour moi. Et je sais que ça ne l'est pas non plus pour toi, mais je n'ai pas le choix. Nous avons toute la vie devant nous, alors que la situation d'Alphonse est tout ce qu'il y a de plus précaire. Je sais qu'Axia a vécu 100 ans. Mais ça ne veut rien dire. Elle a dut passer plus d'une fois à deux doigts de disparaître. Elle a dut voir tous ses amis mourir les uns après les autres, au fil du temps. Je ne veux pas qu'Al se retrouve seul sur la terre alors que je serais mort et qu'il ne connaître plus personne de vivant. Je ne veux pas le laisser tout seul, ou vieillir et devenir incapable de m'occuper de lui. Et je ne veux pas non plus m'occuper de lui toute ma vie. Mais je ne peux pas le laisser dans l'état où il est. Il ne peut pas dormir. Il ne peut pas sentir l'odeur des fleurs, la chaleur ou le froid. On ne peut plus le prendre dans nos bras et il ne peut plus faire de rêves. Tu imagines ce que ça peut être, de ne jamais fermer les yeux, de ne jamais pouvoir s'arrêter de penser, même pas une seconde? Il ne peut plus avoir mal, faim ou soif. Il ne peut plus ressentir le plaisir de manger un bon repas quand on crève de faim. Et c'est entièrement de ma faute.
La faiblesse dans la voix de son ami attendri la jeune fille, elle voulut le réconforter, mais il la coupa au milieu de sa tentative.
-Ed, ce n'est pas…
-Non, c'est vraiment de ma faute. Alors, je ne peux pas faire autrement que de l'aider à retrouver son corps. J'ai fait une pause dans mes recherches, parce que tu avais besoin de moi. Et, moi aussi… Mais je ne peux pas dépendre de toi. Je ne veux pas. Pas tout de suite. Il faut que je recommence les recherches et que mon frère récupère son corps. Je ne peux pas m'arrêter tant que ce ne sera pas fait.
-Et je t'empêche d'avancer? C'est ça, pas vrai? Avec moi dans les parages, tu n'es plus capable de te concentrer sur le seul but de ta vie. Alors, il faut que je disparaisse.
-Winry, ne dis pas ça.
-Qu'est-ce que tu veux que je dise? J'ai l'air d'un monstre quand je vois les choses de ton point de vue. Je t'empêche d'aider ton frère, je t'empêche de le sauver d'une vie d'insensibilité. Je suis une distraction que tu ne peux pas encore te permettre…
-Non, protesta-t-il faiblement, ses yeux se refermant presque sous la douleur qui le déchirait alors que ses poings se crispaient davantage.
Il n'avait pas besoin de se sentir encore plus coupable qu'il ne l'était déjà.
-Je ne suis pas égoïste. Je ne te demande pas de choisir entre moi et Al. Je ne veux pas tant que ça. Tout ce que je veux, c'est être sûre que tu penses à moi et que tu sois honnête. Que tu reviennes me voir le plus tôt possible. Pas que tu me fasses attendre encore des années, jusqu'à tu ais retrouvé le corps d'Alphonse.
Il ne sut pas quoi répondre. C'était pourtant ce à quoi il avait pensé. Il ne pouvait l'admettre ou le nier. Autant se taire. Comme ils étaient toujours collés l'un à l'autre, il passa son bras tendu autour de la jeune fille, son poing toujours serré à s'en blanchir les jointures. Son bras d'acier défit la tresse dans ses cheveux et il lui interdit de prononcer la moindre protestation avec un baiser encore maladroit, mais combien délicieux.
Cette gaucherie, c'était une preuve qu'elle était la première à partager de tel moment avec lui. Winry oublia ses protestations. Elle passa même à deux doigts d'oublier l'endroit où ils se trouvaient, comme il s'enflammait et qu'elle perdait de nouveau le contrôle de ses mains. Mais elle garda à la mémoire une chose. Le fait que bientôt, Ed serait parti. Enfin, elle serait partie et ils ne se reverraient plus. S'il l'embrassait aussi passionnément, c'était pour amoindrir la séparation. Pour profiter de sa présence une dernière fois. Pour partager une promesse qu'il n'était pas sûr de pouvoir tenir. Pour se rassurer et être sûr qu'elle n'irait pas voir ailleurs. Elle le connaissait quand même!
Elle fit un geste de trop, parfaitement calculer, pour faire perdre l'équilibre à l'adolescent. Il s'étala de tout son long, entraînant la jeune fille avec lui, pour se retrouver par terre. Il dut se cogner quelque chose parce qu'il arrêta aussitôt de l'embrasser pour geindre de douleur. Ses joues rouge brique étaient aussi éloquentes. Leurs baisers étaient peut-être très passionné, il avait toujours des limites dans son intimité que même elle devait respecter. Il la dévisageait presque, sans réussir à croire qu'elle avait vraiment fait ce que… elle avait fait quoi!
-Winry?! Demanda-t-il sans savoir quoi dire de plus.
-Le train va partir, mon Edward en sucre, se moqua-t-elle.
Au simple son de sa voix, il comprit qu'elle se vengeait pour ce voyage forcé. Et il entendit au loin le sifflet du train qui prévenait ses passagers d'un imminent départ. Ils se relevèrent sans échanger de mot. Il aurait voulu que la séparation soit moins rêche, mais il n'avait plus le choix. Sans se plaindre de son mauvais traitement, il sauta par la fenêtre du train, pour être sûr de descendre dans la gare où l'attendait son frère. Le peu de monde dans les lieux le regardait avec désapprobation, pour se glisser quelques commentaires sur cette jeunesse décadente. Comme pour approuver leurs réflexions, Winry pointa son charmant petit minois à la fenêtre, pour faire signe aux armures. Elle poussa l'audace à souffler un baiser vers Alphonse, uniquement pour voir l'aîné des Elric enrager.
-Vous me ferez signe de vie, pas vrai? Demanda-t-elle, alors que la machine allait s'ébranler sur ses rails.
-Promis, jura Al d'une voix juste assez forte pour être entendue. Il était un peu gêné par le dernier geste de l'adolescente.
Edward se contenta de fixer la jeune fille d'un regard noir. Elle ne perdait rien pour attendre. Non mais, il était amoureux, oui, sauf qu'il devait continuer de s'occuper de ses priorités. Et envers et contre tous, Al serait toujours sa priorité numéro un, tant qu'il serait dans ce corps d'acier. Winry voulut dire quelque chose, mais le sifflet du train coupa sa voix, obligeant son ami à lire sur ses lèvres. Il crut comprendre qu'elle s'excusait. Ce qui lui mit du baume au cœur et lui rappela qu'il avait oublié un truc. Winry avait passé l'argent qu'elle avait économisé pour les médicaments de sa grand-mère dans ses automails et leur installation.
Se maudissant intérieurement d'avoir perdu du temps à l'embrasser comme un imbécile, il dut se lancer à la course à côtés du train, tandis que les roues tournaient tranquillement, puis de plus en plus vite. La jeune fille fronça les sourcils devant ce soudain changement de comportement. Elle avait l'impression d'être l'héroïne d'un roman en voyant toute la misère qu'il se donna pour rester à sa hauteur tout en fouillant dans sa poche de pantalon. Elle se pencha par la fenêtre, pour lui tendre la main et il déposa une bourse bien lourde qu'elle n'aurait pas le choix de garder. Le regard d'incompréhension de l'adolescente ne le peina pas.
-C'est pour Pinacko, cria-t-il dans le vent que déplaçait le train, avant de ralentir sa course, épuisé.
La dernière chose qu'il vit de Winry fut son sourire étincelant, reconnaissant et son regard amical et sincère. Elle était contente. Intimidée par ce cadeau qu'elle n'avait pas l'impression de mériter, mais très contente. Il crut entendre sa voix lui jeter un merci au milieu des sifflements du train. En sueurs d'avoir tant couru, il n'effaça pas son propre sourire, malgré les regards pointus dardés sur lui, comme des doigts le pointant dans son innocence de jeune homme qui ne connaissait rien au monde. Les femmes avaient appréciés le spectacle de cet adolescent rattrapant son amie à la dernière minute pour lui jeter un dernier mot et un dernier présent. Les hommes secouèrent la tête sur son passage. Encore un de ses gamins étourdis! C'était bien mignon, mais il aurait pu se blesser à courir comme ça, sans regarder où il allait ni sur qui il trébuchait!
Al rejoignit son frère au petit trot, s'arrêtant régulièrement pour demander pardon à tout ceux et celles qu'Edward avait frappés ou frôlé lors de sa course folle. Axia suivait l'armure, leur ombre retenant autant l'attention que leur voix d'enfant la perdait.
-Qu'est-ce qui t'a pris? S'étonna son cadet dès qu'il fut à sa hauteur.
Ed se massait un point de côté et jeta un bref coup d'œil à son frère. Il avait toujours ce petit sourire dont il avait le secret. Comme s'il venait de gagner une lutte terrible qu'il menait depuis un moment. Ou qu'il avait compris quelque chose de nouveau dont il tirait une sauvage satisfaction.
-Rien. Je remboursais une dette, c'est tout.
-Ah, tu es sûr qu'il n'y avait rien d'autre?
-Ben…
Une légère rougeur tinta les joues pâles d'Edward, mais la présence d'Axia le fit hésiter assez longtemps pour qu'il abandonne toute confidence. Il parlerait de ça avec Al une autre fois. Il n'était pas prêt à s'ouvrir là-dessus immédiatement de toute façon…
-Oh, je meurs de faim, soupira l'alchimiste d'état. Courir comme ça, ça m'a creusé l'appétit…
-Mais, tu viens de souper! Protesta Alphonse.
-Ça fait deux jours que j'essaie de manger un repas au lieu de trois, alors si je veux prendre trois fois un souper, j'en prendrais tant que j'en voudrais.
-Il ne faut pas oublier qu'il a sauté ses repas parce qu'il te cherchait, Al, remarqua Axia.
-Voyons, il te cherchait aussi, voulut l'encourager l'armure.
-De quoi? J'étais sûr qu'il me suffirait de trouver l'un de vous pour que je trouve l'autre. Depuis qu'Axia s'est joint au groupe, on dirait bien que vous êtes inséparables, répliqua Ed avec des sourcils un peu trop haut pour ne pas être moqueur. Son sourire était encore plus taquin.
-N…N..non, balbutia d'une seule voix le couple de fer, à leur propre surprise.
-Qu'est-ce que je vous disais! Exulta Edward. Inséparables! Même plus capable de parler séparément! Il va falloir que je vous transmute en une seule armure.
-Tu ne ferais pas ça, s'inquiéta Axia, tandis que les gens relevaient les yeux vers eux, portant un peu trop d'attention à leur groupe au goût d'Alphonse.
-Pourquoi pas? Plaisanta encore Ed.
-Toi, tu es en forme, je me demande ce que Winry t'as fait pour te mettre de pareille humeur. Tu nous ferais pas tes cachotteries?
C'était une bien piètre façon de se sortir du piège carabiné tendu par son frère, mais Al ne voulait pas qu'Axia soit traumatisé par les moqueries de son aîné. Le pauvre ne pouvait se douter de ce qu'avait fait Winry dans le train quelques minutes plus tôt. Encore moins des gestes précipités d'Edward. À ce souvenir, l'adolescent perdit de sa superbe et maugréa qu'il crevait de faim. Sans rien ajouter, les deux armures le suivirent. Un peu plus tard, après que l'alchimiste soit passé au travers de cinq assiettes débordantes, il tomba dans la lune sur son dessert, songeant à la chaleur de Winry et la douceur de sa peau. Celle encore plus subtile de ses mains. Aucune des armures ne passa de commentaires. Mais son regard lointain et rêveur et le sourire un peu gamin sur son visage étaient révélateurs. Il pensait à quelqu'un se trouvant très loin, mais toujours au fond de son cœur. Une jeune fille blonde, de toute évidence.
-Euh, Ed, il y a le colonel qui nous attend!
Son frère avait malgré tout dut le rappeler à l'ordre. Ils avaient un train à prendre. Edward ne rougit pas, quoi qu'on l'ait pris en faute. La mention du colonel lui rappelait ce qu'il voulait vraiment faire. Ce qu'il devait accomplir pour avoir le droit de se lancer dans d'autres rêves. Il avait une pierre philosophale à trouver. Par la suite seulement, il aurait le droit de cueillir une pierre encore plus rare. Il devrait isoler les émotions faisant palpiter son cœur et admettre ce qui sautait aux yeux de tous. Comme la première, cette pierre serait sûrement rouge. C'était la couleur de l'amour. À moins qu'elle ne soit bleue. C'était la couleur de ses yeux… se prit-il à rêver encore.
À suivre
Il est mignon pas vrai le Edward? Vous trouvez que je suis allé trop loin dans le edwin? Je croirais pas. Enfin, à vous de me le dire. Dans les reviews!!!
