Disclaimer : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling, je vous fais confiance pour savoir ce qui est inventé et ce qui ne l'est pas ! ;)
Note : Hey tout le monde ! Nous sommes le 1ier octobre et comme indiqué dans ma note du 11/09/17, c'est la fin du délai que je m'étais fixé pour publier. Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, je n'étais pas satisfaite de mon chapitre donc j'ai préféré prendre le temps de le réécrire entièrement et d'avancer un peu sur la suite. Donc, voilà le chapitre 24 ! :D J'ai également pu avancer un peu dans mes autres projets donc vous aura surement une autre histoire qui va arriver bientôt. Merci à Corentin et à Marion pour leurs conseils et leurs corrections et un grand merci à tous les lecteurs, encore plus à ceux qui suivent toujours cette histoire malgré les retards fréquents de publication. Une précision : à partir de maintenant, l'histoire va vraiment commencer à s'éloigner de l'histoire originale même si je vais quand même suivre la trame quelque fois. Le prochain chapitre s'intitulera Ton pire souvenir et sera publié dimanche prochain (vraiment cette fois...). Vous pouvez laisser une review avec vos hypothèses sur la suite. Bonne lecture à tous et n'hésitez pas à donner votre avis ! ;)
CHAPITRE.24 : Un éclair pour tout changer (Over My Head – The Fray)
Harry se balançait sur sa chaise en soupirant. Il croisa le regard de Gabriel et le jeune châtain se recroquevilla sur sa chaise face à son air meurtrier. Harry serra les poings avec rage. Le désastre du Nouvel An lui restait en travers de la gorge. La veille au soir, après que Remus leur ait expliqué toute la situation, l'adolescent avait littéralement hurlé sur Gabriel. Sérieusement, c'était quoi ce gamin pas fichu d'expliquer un truc aussi grave ?! Alors qu'ils en avaient parlé en plus ! Il lui avait clairement demandé quel était le problème avec le Nouvel An et Gabriel n'avait rien dit… Harry n'avait pas décoléré jusqu'au retour de Sirius et Valya, qui n'étaient réapparus que des heures plus tard, trempés, gelés et surtout, particulièrement bouleversés. Il s'était excusé platement auprès des deux Black mais ils avaient à peine prêté attention à ses remarques, affirmant qu'il ne pouvait pas savoir et donc qu'il n'avait aucune raison de s'excuser.
Le Gryffondor reporta son attention sur Lupin, qui se leva pour commencer à parler. En effet, pour la première fois, les adolescents avaient été autorisés à assister à une réunion de l'Ordre du Phénix. L'intervention de Charlie Weasley y était en partie pour quelque chose, puisqu'il avait tenu sa promesse et argumenté auprès de ses parents qui avaient fini par céder. Cette décision avait fait grincer des dents à certains mais ils n'avaient pas vraiment eu le choix. Comme les Weasley avaient le droit d'être présents, Hermione pouvait également et pour ce qui était de Harry et Valya, si ça n'avait tenu qu'à Sirius, ils auraient pu participer depuis bien longtemps déjà. Le cas de Gabriel était plus délicat mais Dumbledore avait finalement accepté qu'il reste, en le soumettant à une variante légère d'un serment sorcier. Harry fronça les sourcils avec amusement en voyant Valya, assise à sa gauche, à moitié avachie sur la table et qui baillait ostensiblement. La jeune blonde s'attirait les regards furieux de plusieurs personnes mais c'était visiblement le dernier de ses soucis. Le Survivant secoua la tête. C'était bien la peine de tant insister pour prendre part aux activités de l'Ordre et de finir par se laisser distraire lui aussi. Il fut sorti de ses pensées par la voix rauque de Sirius :
- Qu'est-ce que tu veux dire, Remus ?
- Ce que je veux dire… c'est que c'est fini, terminé. Greyback m'a démasqué. Je ne peux plus jouer à l'espion avec les loups-garous ou convaincre qui que ce soit.
Lupin grimaça. Il paraissait encore plus mal en point que d'habitude, tenant debout avec difficulté. Ses côtes semblaient le faire souffrir et une balafre supplémentaire ornait sa joue gauche. Des murmures inquiets retentirent dans la pièce.
- Ce n'est pas possible…
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Taisez-vous, s'il vous plaît, intervint Dumbledore. Laissez Remus s'expliquer.
- Il n'y a rien à expliquer, répliqua le loup-garou. J'étais parti voir la meute contrôlée par Greyback qui se trouve au sud, comme prévu. J'essayais de récolter des informations et je me suis fait surprendre à un endroit où je n'aurais pas dû me trouver... Greyback avait déjà des doutes sur moi, je n'ai rien pu faire de plus. J'ai réussi à m'en sortir de justesse et si je remets un pied sur le territoire de l'une des meutes qui lui sont fidèles, je me ferais étriper avant même d'avoir eu le temps de dire « Quidditch ».
- Tu parlais d'informations, tu as trouvé quelque chose ? s'enquit Arthur Weasley.
Lupin se rembrunit et hocha la tête, la mâchoire crispée.
- Oui mais sûrement pas de bonnes nouvelles. Vous vous souvenez des enlèvements d'enfants pendant la Première Guerre ? L'un des trop nombreux problèmes que l'Ordre n'arrivait pas à gérer… Certains sont morts depuis longtemps, évidemment. Mais les autres… Il se trouve que Greyback a réclamé son dû à Voldemort pour l'aide qu'il lui a apporté. Les enlèvements c'était lui. Ces gosses ont été élevés dans les différentes meutes, ils ont appris à haïr les sorciers. La plupart ne sont même pas scolarisés, quelques-uns iraient à Durmstrang d'après ce que j'ai compris. Autant dire que lorsque que Voldemort se décidera à se montrer, il aura une jolie petite armée toute prête à ses côtés, termina-t-il avec amertume.
Cette fois, ce ne fût pas des murmures mais des exclamations horrifiées qui résonnèrent un peu partout.
- Et ce n'est pas le pire, confessa Lupin. L'un d'eux… il est le protégé de Greyback. Il l'entraîne, l'emmène dans les missions que Voldemort lui confie ou lors des pleines lunes.
- Pauvre gosse, souffla Sirius, visiblement au bord de la nausée. Vous imaginez ? Il a été arraché à ses parents, à sa famille, alors qu'il n'était peut-être encore qu'un bébé ! Et ce que Greyback en a fait maintenant…
- Tu as d'autres informations sur cet enfant ? questionna Dumbledore. Est-ce que tu penses qu'on pourrait lui venir en aide et le soustraire à l'emprise de Greyback ?
- Ce n'est plus vraiment un enfant, déclara tristement Lupin. Je l'ai aperçu de loin, il doit avoir une vingtaine d'années, peut-être un peu moins. Il porte la marque des Ténèbres mais ça m'étonnerait franchement qu'on lui ait demandé son avis. Et pour le reste, maintenant que j'ai été démasqué ça me paraît très compliqué d'entrer en contact avec lui.
« Sans compter qu'il n'a sûrement aucune envie de partir de là où il est… », marmonna amèrement Valya mais elle avait parlé d'une voix si basse que seul Harry l'entendit. Il lui renvoya un regard interrogatif et la jeune blonde secoua vaguement la tête pour lui signifier de laisser tomber.
- Balivernes ! rugit soudainement Maugrey. Ça faisait des années que Greyback et les Mangemorts n'étaient plus en activité ! On sait tous que dès la chute de Vous-savez-qui, ils sont partis se terrer dans leurs trous comme les misérables lâches qu'ils sont !
Valya émit un petit son méprisant, heureusement masqué par le grognement sourd de Lupin.
- Tu doutes de ma parole, Alastor ? Mais je t'en prie fais-toi plaisir, va vérifier par toi-même ! Par contre, tu ne viendras pas te plaindre lorsqu'une horde de loups-garous déchainés t'aura arraché la jambe qu'il te reste…
Maugrey se leva brusquement et Dumbledore fit jaillir une gerbe d'étincelles du bout de sa baguette.
- ÇA SUFFIT, MESSIEURS ! tonna le directeur. Remus, nous te remercions pour ces renseignements même s'il est peu probable que nous puissions faire quelque chose… Alastor, rassied-toi s'il te plaît. Nous allons passer à la seconde partie de la réunion. Il se tourna vers le groupe d'adolescents. Jeunes gens, je vais donc vous demander de sortir et…
- QUOI ?! s'indigna Harry. C'est une blague ?! Vous aviez dit qu'on pourrait participer, vous avez reconnu qu'on avait le droit de voir comment fonctionnait l'Ordre !
- Et il n'a jamais été question que vous preniez part à l'intégralité des réunions, monsieur Potter, affirma McGonagall, les lèvres pincées. Vous l'avez dit vous-même, il s'agissait simplement de vous présenter l'organisation, que vous puissiez avoir une idée des actions que nous entreprenons.
- C'est complètement injuste ! râla le Survivant et les Weasley renchérirent aussitôt. On devrait pouvoir faire plus, on…
- Ce que vous devriez surtout faire, Potter, coupa Rogue, c'est fermer votre grande bouche et arrêter de vous comporter en insupportable gosse capricieux ! En principe, vous n'aviez pas l'autorisation d'assister aux réunions du tout, alors cessez de vous montrer aussi ingrat, par Salazar !
- On n'a pas besoin de ton avis Servilus, ferme-la, ça vaudra mieux pour tout le monde ! gronda Sirius d'un air mauvais.
A partir de là, la discussion dégénéra complètement, tout le monde parlant et argumentant en même temps. Sirius et Rogue était à deux doigts d'en venir aux mains une fois de plus, sous le regard nerveux de Remus qui essayait de s'interposer. Madame Weasley avait ordonné à ses enfants de quitter la pièce et ces derniers protestaient à grands cris tandis que Maugrey entamait une conversation houleuse avec McGonagall et monsieur Weasley.
- SILENCE ! cria à nouveau Dumbledore. Se disputer ne sert absolument à rien ! Nous avons voté pour savoir si les plus jeunes auraient le droit d'assister aux réunions, à l'exception de certaines concernant des sujets confidentiels, et la majorité a décidé que oui. Nous ne reviendrons pas là-dessus ! Maintenant j'aimerais que vous vous comportiez tous en adultes et vous, Harry et les autres, je vais vous redemander de sortir et je ne le répéterai pas une troisième fois ! sermonna-t-il.
En rouspétant, Ron, Ginny et les jumeaux finirent par abdiquer et se diriger vers la porte de la cuisine, suivis par Hermione. Gabriel avait disparu depuis longtemps, probablement peu enclin à se retrouver au beau milieu d'une querelle aussi importante. Furieux, Harry sauta sur ses pieds et vint se planter devant le directeur.
- Vous continuez à vouloir tout décider pour nous ! Mais on n'est pas à l'école ici ! clama-t-il sous les regards outrés de l'assemblée. C'est la maison de Sirius !
Il sentit une main agripper sa manche et le tirer en arrière.
- C'est bon Harry, maugréa Valya. Ça sert à rien, allez viens, on y va…
- Non ! s'opposa le Survivant. Tu ne vois pas qu'ils nous font le coup à chaque fois ?! Soi-disant qu'ils sont d'accord, qu'on va enfin avoir accès à des vraies informations, mais en fait c'est juste des paroles en l'air, hein ?! ragea-t-il sans s'adresser à quelqu'un en particulier.
Il sentait la colère monter en lui à toute vitesse. Une fois de plus, tout le monde le traitait comme un enfant ! Sauf que cette fois, il était hors de question qu'il se laisse faire.
- Mais enfin, s'exclama la jeune blonde en ouvrant de grands yeux, POURQUOI est-ce que tu tiens tant que ça à assister à leurs réunions pourries ?!
- Et toi, pourquoi est-ce que ça ne t'intéresse pas ?! rétorqua Harry.
- À quoi ça me servirait ? objecta Valya en haussant les épaules.
- On pourrait se rendre utiles, comme eux ! On saurait vraiment ce que prépare Voldemort !
Tout le monde frissonna en entendant le nom du mage noir tandis que Valya éclatait d'un rire mi incrédule, mi méprisant.
- Tu rigoles Harry ?! Utiles ? Ordre du Phénix, tu parles… j'ai jamais vu un truc aussi inutile justement ! Des clameurs outragées se rependirent dans la salle mais la jeune fille continua sur sa lancée sans en tenir compte : Tu demandes des informations mais ils n'en ont pas plus que nous ! Le seul qui sert un minimum à quelque chose ici c'est Remus ! Enfin c'était, vu qu'il s'est fait démasqué, ajouta-t-elle avec un geste d'excuse en direction de Lupin. Ouvre les yeux, Harry, tu as fait bien plus de choses qu'eux tous réunis !
- Si toi aussi tu commences à m'expliquer que j'ai déjà affronté Voldemort et tout ça, je te jure que je ne réponds plus de rien ! prévint le Survivant.
- Mais non ! s'impatienta Valya avec une expression franchement exaspérée. Je te parle de là, en ce moment ! Franchement, il sert à quoi leur Ordre pourri à part rester le cul posé sur une chaise à blablater en buvant du thé ?!
- On ne vous permet pas ! s'offusqua McGonagall. Nous…
- Oh mais je me permets toute seule, vous en faites pas ! ricana la jeune Black. Ah ça, ils doivent bien se foutre de votre gueule Voldy et ses toutous, de savoir que vous êtes pas foutus de faire mieux que de ados de quinze ans !
- J'aimerais t'y voir, gamine, grogna Maugrey d'un air mauvais. Puisque tu te crois si intelligente, vas-y, éclaire nous : qu'est-ce que vous avez fait de tellement important ?! Jouer au Quidditch et apprendre des sortilèges qu'on connaissait déjà quand vous n'étiez même pas encore nés, j'appelle pas ça se rendre utile non plus !
- Ah ouais ?! Et faire dégager Ombrage ça n'aurait pas été à vous de vous en charger peut-être ? Mais non, y'a fallut qu'on se tape le sale boulot à votre place, évidemment ! Et Harry qui donne des cours de défense parce que vous êtes incapables de tenir tête au ministère et de trouver un professeur compétent, vous en dites quoi ?!
- Tu exagères ! se révolta subitement Dedalus Diggle. Certains ici risquent leur vie tous les jours en mission ! Tu penses à Tonks ?! Tu insinues que le soir où elle s'est faite attaquée au ministère, elle était inutile ? Sans l'Ordre, Tu-sais-qui aurait mis la main sur la prophétie depuis très longtemps !
Un silence de mort tomba sur la pièce et l'homme pâlit brusquement, une main plaquée sur la bouche. Pétrifiés, les membres de l'Ordre ne semblaient plus oser bouger.
- La prophétie ? Quelle prophétie ? questionna Harry, intrigué par l'expression catastrophée qui se dessinait en particulier sur le visage de Dumbledore.
- Ouais je suis d'accord là… De quoi vous parlez ? renchérit Valya, tout aussi paumée que lui.
- La réunion est terminée, annonça Dumbledore d'une voix blanche. Nous en rediscuterons demain matin, nouvelle réunion à 11h, je préviendrais tous ceux qui doivent être présent. Et que ce soit bien clair, je ne veux voir aucune personne ayant moins de dix-sept ans ou encore scolarisée. C'est un ordre ! ajouta-t-il alors que Harry ouvrait la bouche pour protester.
Furieux et hanté par un immense sentiment d'injustice, le Gryffondor quitta la pièce, suivi par Valya qui jetait au passage des coups d'œil perplexes vers les adultes. Il passa le reste de la journée enfermé dans la chambre de la jeune fille, refusant tout autre contact y compris avec Lupin ou Sirius. C'était idiot mais Harry se sentait trahi même par son parrain. Cette foutue histoire de prophétie avait l'air importante et en plus, il avait l'intuition que ça le concernait au moins en partie, au vu des regards que certains membres de l'Ordre lui avaient lancés. Alors pourquoi est-ce que Sirius ne l'avait pas mis au courant ?! Ce n'est que très tard dans la soirée qu'il parvint à se calmer et il finit par aller se coucher sans même avoir dîner.
Le lendemain matin, Harry était prêt. Il frappa plusieurs fois à la porte de la chambre de Valya, avant de glisser un petit morceau de parchemin dessous. Puis il se dépêcha de redescendre, voulant à tout prix éviter de croiser Sirius ou quelqu'un d'autre. Il attendit patiemment, caché dans la salle de bains du troisième étage, que Valya se décide à se lever et lorsqu'elle passa devant la porte, il l'attrapa par le bras pour la tirer à l'intérieur.
- Harry ?! Mais enfin, qu'est-ce qu'il te prend ? s'étonna la jeune fille tout en baillant largement. J'ai rien compris à ton mot… Pourquoi tu m'as réveillée et demandé de venir ici ? T'exagères, il est tôt sérieux !
Évidemment, selon son échelle à elle, 9h45 c'était encore le milieu de la nuit.
- Chut ! pesta le Survivant. Pas si fort ! Il referma soigneusement la porte avant de poursuivre : j'ai entendu Sirius et Lupin discuter tout à l'heure et…
- Tu ne leur en veux plus alors ? coupa-t-elle sur un ton distrait.
Harry se passa une main dans les cheveux d'un geste fébrile.
- Non. Je sais que Sirius fait de son mieux pour nous donner des informations et qu'il ne pouvait pas se permettre de nous parler de cette histoire de prophétie sans l'accord du reste de l'Ordre. C'est pas sa faute. Mais il va y avoir une réunion à 11h. Et je veux y assister.
- Quoi, t'es encore en train de te prendre la tête avec ça ?! gémit Valya. Mais Harry…
Le Gryffondor l'arrêta d'un geste.
- C'est ce que je voulais dire, j'ai entendu Lupin affirmer que « Dumbledore avait finalement accepté de tout leur révéler sur la prophétie ». Alors, t'es sûre que ça ne t'intéresse pas de savoir de quoi il retourne…?
La jeune blonde soupira en se mordant la lèvre.
- Si, concéda-t-elle. T'as raison. S'ils ne voulaient pas en parler c'est que ça doit être important et si c'est important, c'est justement pour ça qu'on devrait être au courant. Mais comment tu comptes t'y prendre exactement ?
- Regarde, souffla Harry en sortant un morceau de tissu plié de sous son pull et en lui tendant. C'est une cape d'Invisibilité. Elle appartenait à mon père.
- Wooh… C'est carrément mortel ! s'ébahit-elle en dépliant la cape. J'en avais encore jamais vu une vraie !
- Le problème, maugréa l'adolescent, c'est que j'ai déjà eu l'impression que Dumbledore pouvait voir à travers… Une fois, on était cachés sous la cape avec Ron, on était chez Hagrid et… bref, je suis quasiment certain qu'il savait qu'on était là !
- Impossible, affirma promptement Valya. Pas avec une cape de cette qualité. Par contre, ajouta-t-elle après un instant de réflexion, ça me fait penser à un sort qui permet de révéler une présence humaine même si on ne la voit pas. J'ai aucune idée de la formule mais d'après ce que tu racontes ça pourrait être ça et dans ce cas, tu n'as pas trop à t'en faire : avec le monde qu'il y a dans la maison avant et pendant les réunions, ça m'étonnerait qu'il s'amuse à jeter ce sort à chaque fois.
- Ça fait déjà ça de moins à s'inquiéter, agréa Harry. Reste Maugrey. Parce que lui, avec son fichu œil magique, je sais par expérience qu'il voit VRAIMENT à travers ma cape. Du coup… Il s'interrompit quelques secondes. On fait un deal ? proposa-t-il. Tu m'aides à trouver un plan pour écarter Maugrey et on va voir la réunion ensemble ? La cape est largement assez grande pour deux.
La jeune fille haussa un sourcil mutin.
- Tu as conscience que quand on se sera fait choppés, parce que c'est certain que c'est ce qui va arriver, on va se prendre l'engueulade du siècle ?
- Et c'est vraiment ça qui va t'arrêter ? rétorqua le Gryffondor.
- Non, reconnut-elle en riant. Je voulais juste être sûre que tu savais dans quoi on s'embarquait. Bon, je crois que j'ai une idée mais ça va être casse-gueule comme plan. Tu sais si Maugrey est déjà arrivé ?
- Oui je crois. Il avait dit à Sirius et madame Weasley qu'il s'occuperait de la goule des toilettes du dernier étage, elle fait encore des siennes.
- Génial… Bon, il faudrait que tu ailles voir papa justement et tu lui demandes de transmettre un message à Dumbledore dès qu'il arrivera. Tu dis que Mondingus n'est pas rentré de la nuit et que Maugrey a reçu un hibou d'un de ses anciens informateurs ce matin pour lui expliquer que Ding' a été interpellé par les mecs de la police magique alors qu'il était en train de participer à un trafic de substances de classe C. Et donc que Maugrey est parti le récupérer pour lui éviter un aller simple à Azkaban.
- HEIN ?! protesta Harry, sidéré. Mais Mondingus est dans sa chambre et vu son état hier soir, il doit encore être en train de dormir ! Je te rappelle qu'on l'a croisé dans les escaliers à l'heure du dîner et qu'il était tellement ivre mort qu'on a presque dû le porter jusqu'à son lit !
- Oui mais à part nous, qui le sait ? répliqua Valya avec un clin d'œil narquois. Comme tu dis, c'était pendant le dîner, ils étaient tous partis manger.
- Mais… tenta Harry, Sirius ne va jamais me croire !
- Oh pitié, c'est Sirius, évidemment qu'il va te croire. Et même s'il a des doutes, il pensera juste que tu veux faire chier Dumbledore ou un truc du style. Dans tous les cas, c'est largement plausible comme histoire, ça fait au moins cinq fois que Ding' se fait prendre la main dans le sac pour des conneries, ils sont plus à ça près, termina-t-elle avec un rictus goguenard.
Harry grimaça. Il devait admettre qu'elle n'avait pas tort : depuis le début des vacances, Maugrey avait sauvé la peau de l'escroc à maintes reprises lorsqu'il s'était fait arrêter pour des raisons diverses, telles que ivresse sur la voie public, recel d'objets volés ou encore revente d'alcool à des mineurs.
- Donc, soupira-t-il, je trouve Sirius, je dis que Maugrey vient de partir en catastrophe sans avoir le temps de prévenir mais qu'il faudrait faire passer l'info à Dumbledore.
- Voilà, confirma Valya. Et si tu pouvais aussi t'arranger pour qu'il ne sorte surtout pas dans le hall avant le début de la réunion, ça serait un vrai plus. On se retrouve au dernier étage dans dix minutes.
- Mais… hésita Harry, et Ding' tu en fais quoi ? Lui aussi il est censé assister à la réunion !
- Ça, je m'en occupe, assura la jeune blonde. Tu as dix minutes, dépêche !
À 10h15, Harry se glissa dans le couloir du dernier étage. Valya était déjà là, appuyée contre un mur et elle releva la tête en l'entendant arriver.
- Alors ?
- C'est bon, affirma le Gryffondor avec un haussement d'épaules. Sirius n'a même pas posé de questions. Et je lui ai dit que « s'il te plaît, j'ai vraiment très envie de goûter à ton super crumble dont Remus parle tout le temps, ça ne te dirait pas d'en faire pour le dessert ? »…
La jeune fille lui donna un léger coup d'épaule amical, les yeux pétillant de malice.
- Du génie, Potter. Avec ça, on est sûrs qu'il restera enfermé dans la cuisine tant qu'il n'aura pas terminé.
En effet, leur plan était simple mais tout reposait sur timing. Si Sirius croisait Maugrey, ils étaient fichus. Valya alla toquer rapidement à la porte des toilettes où l'ancien Auror était toujours aux prises avec la goule tandis que Harry s'éloignait de quelques pas, faisant semblant de l'attendre. La porte s'ouvrit brusquement.
- Quoi ?! grogna Maugrey. Qu'est-ce que tu veux, gamine ?
La jeune blonde prit une expression renfrognée.
- Mondingus s'est encoooore fait arrêter… Dumbledore demande si vous pouvez y aller.
- Et bien entendu, tu aimes tellement rendre service à Dumbledore que tu t'es empressée de venir me trouver, c'est ça ? asséna l'Auror en croisant les bras d'un air suspicieux.
- Je m'en fous de Dumbledore, cracha-t-elle. Il est même pas encore arrivé, il a juste envoyé un hibou ! Si je rends service à quelqu'un c'est à Remus, c'est tout. C'est lui qui a reçu le message et il vous cherchait.
Maugrey la fixa d'un œil noir et elle lui renvoya seulement un sourire insolent. C'était parfait, songea Harry en observant la scène. La moue dégoutée en évoquant Dumbledore, la posture d'ennui intense, le petit rictus arrogant… C'était un truc de Serpentard, c'était du Valya Black dans toute sa splendeur et la jeune fille parvenait à manipuler Maugrey sans soucis. Le Survivant ricana intérieurement. Il y avait quelque chose de surréaliste à voir une adolescente de quinze ans berner un Auror aguerri de cette manière. Maugrey doutait bien sûr. Et c'était justement pour cette raison qu'il allait tomber dans le piège. Même s'il avait des soupçons, il ne croyait pas Valya assez retorse pour inventer de toutes pièces une histoire pareille. Son œil magique pivota vers Harry.
- Potter, tu es là aussi, évidemment… Très bien, abdiqua-t-il. Mais je vous promets que si vous vous payez ma tête, vous allez le regretter !
- Ouais ouais c'est ça, s'amusa Valya. En attendant, Ding' s'est fait prendre quelque part dans l'Allée des Embrumes et Dumbledore n'avait apparemment pas plus d'informations. Vous savez où est la sortie, on ne vous accompagne pas…
L'homme les fusilla du regard avant de tourner les talons en claudiquant et en pestant. Les deux adolescents le suivirent discrètement, retenant leur souffle jusqu'à ce qu'ils entendent la porte d'entrée claquer derrière lui.
- Ça y est, soupira Harry, on en est débarrassés pour de bon ! Mais explique-moi comment tu t'es débrouillée pour Mondingus ?!
- Pff… je l'ai enfermé dans sa chambre c'est tout, grimaça son amie.
Le Gryffondor ouvrit des yeux ronds.
- Alors, c'est pas pour te contrarier mais je te rappelle qu'on est chez les sorciers ici ! Un petit Alohomora et tout est foutu…
Valya se passa une main dans les cheveux avec gêne.
- Euh… c'est ça le truc justement… il se pourrait que je lui ai… piqué sa baguette, avoua-t-elle.
- Tu as fais QUOI ?!
- Raaah, c'est bon Harry, respire… autant employer les grands moyens non ? répliqua la jeune blonde en se mordant la lèvre.
- Merlin, il va nous massacrer, gémit le Survivant. Il secoua la tête. Et donc, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Maintenant, lança Valya d'un air agité, on met la cape, on va se planquer dans la cuisine et on attend.
Ils parvinrent sans trop de mal à s'introduire dans la pièce, avançant avec précaution. Le plus compliqué fut d'éviter Sirius qui allait et venait en sifflotant, tout affairé à la préparation de son fameux crumble. Harry cessa presque de respirer, se collant le plus possible à Valya, lorsque son parrain passa à seulement quelques centimètres d'eux. Ils réussirent enfin à le contourner et allèrent s'installer vers le fond de la cuisine, là où ils risquaient le moins de se faire repérer. Tapi près du buffet, le Gryffondor jeta un coup d'œil à sa montre.
- Il reste dix minutes avant que ça commence, chuchota-t-il, les autres devraient bientôt arriver.
Il avait à peine fini sa phrase que la porte s'ouvrait, laissant apparaître Dedalus Diggle et Hestia Jones, rapidement suivis par Lupin. Ils restèrent debout près de l'entrée, discutant avec animation.
- Putain de merde… jura soudainement Valya à voix basse. Oh non non non… j'avais complètement oublié ça !
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? s'affola Harry toujours en murmurant.
- Remus ! C'est un loup-garou, il va forcément nous sentir !
- Oh non… faut qu'on se tire d'ici ! Tout de suite !
Mais il était déjà trop tard. D'autres membres de l'Ordre arrivaient, s'installant à la table pour bavarder et leur bloquant totalement le passage.
- On est coincés, s'étrangla le Survivant. Qu'est-ce… Il s'interrompit, pris d'une inspiration subite et se tourna vers la jeune blonde. Le sort pour enlever les odeurs ! Celui que tu as utilisé avec les cigarettes !
- C'est pas pareil, ça ne masquera jamais notre odeur corporelle…
- Qu'est-ce qu'on fait alors ?! s'énerva-t-il, le plus silencieusement possible.
- On la ferme et on prie pour que Remus ne nous dénonce pas ! rétorqua sombrement Valya.
Apparemment, il ne manquait plus que Dumbledore et tout le monde prenait place sur les chaises en l'attendant. Harry se figea en voyant Lupin se diriger de leur côté. Et évidemment, l'inévitable se produisit. Le loup-garou s'immobilisa brusquement, avant de renifler à plusieurs reprises. Il pivota sur place, le nez en l'air, et braqua son regard droit sur eux. Harry entendit Valya déglutir avec difficulté et il était à deux doigts de faire de même. Ils étaient très très mal. Parce qu'il n'y avait aucun doute, Lupin avait compris. C'est à cet instant précis que Dumbledore fit son entrée, fermant la porte derrière lui et échangeant les salutations d'usage avec les autres. Lupin semblait être en proie à un véritable dilemme, jetant de fréquents coups d'œil dans leur direction, les poings et la mâchoire crispés. Il finit par s'asseoir, non sans continuer de flairer vers le coin où ils étaient cachés, et Harry expira doucement sous l'effet du soulagement.
- Bien ! s'exclama le directeur. Maintenant que nous sommes réunis, il est temps d'aborder le sujet qui nous préoccupe tous. Sirius vient de me prévenir qu'Alastor et Mondingus ne seront malheureusement pas présents, monsieur Fletcher ayant, une fois de plus, quelques ennuis. Donc… la prophétie. Avec ce qui s'est passé hier, je pense qu'il est finalement plus judicieux de tous vous mettre au courant.
- Je suis vraiment désolé, Albus, tenta Diggle d'un air penaud.
Dumbledore l'arrêta d'un geste.
- Je sais, Dedalus, mais ce qui est fait est fait. Le problème principal, c'est Harry. Et la prophétie… Il prit une profonde inspiration. « Celui qui a le pouvoir de vaincre leSeigneur des Ténèbresapproche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra leseptième mois... »
- On connaît, ça ! grommela Sirius. Vous nous l'avez déjà dit. Et on sait tous que c'est ce que cet enfoiré est allé répéter à Voldemort ! poursuivit-il en désignant Rogue avec haine.
L'esprit de Harry était en ébullition. Alors c'était ça la prophétie ? Mais ça n'avait pas tellement de sens, ça aurait pu s'appliquer à n'importe qui d'autre que lui, il n'était sûrement pas le seul à être né à la fin du mois de juillet. Et Rogue, en bon Mangemort servile, était allé raconter ça à son maître ? Il se força à rester accroupi, se contenant pour ne pas se jeter sur le Serpentard. Pour une fois, ce dernier ne semblait pas avoir envie de faire le malin et restait tassé sur sa chaise. Dumbledore s'éclaircit la gorge.
- Severus a effectivement fait des erreurs. Mais le plus inquiétant, c'est la suite de cette prophétie… Il y eut un temps de silence. « Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore...et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois... ».
Le Seigneur des Ténèbres en question aurait pu apparaître dans la pièce à cet instant que ça aurait eu le même effet. Les occupants de la pièce semblaient s'être faits foudroyés sur place, leurs visages déformés par des expressions d'horreur absolue.
- Non… lâcha Sirius. Non ! Il se leva brusquement. Ça ne peut pas être vrai ! Ça ne peut pas être Harry, il y a forcément une erreur !
- J'ai bien peur que non, Sirius, soupira Dumbledore d'une voix lasse. Harry a effectivement été marqué par Voldemort, sa cicatrice le prouve. Cela fait de lui le Survivant, l'Élu, si je puis m'exprimer ainsi. C'est pour cette raison que je refuse de lui révéler quoique ce soit au sujet de cette prophétie, du moins pour le moment. J'ai conscience que ce n'est plus un enfant mais la vérité, c'est que Harry est la seule personne capable de vaincre Voldemort, il devra le tuer ou… être tué et je ne pense pas que ce soit quelque chose à dire à un adolescent de quinze ans.
Un très long silence suivit ses paroles. Harry avait l'impression que son cerveau s'était mis en mode pause. C'était un cauchemar. Il allait sûrement se réveiller dans son lit en sueur et agité et il rigolerait ensuite de cette histoire de fous. Il entendit Valya pousser une exclamation étouffée et Lupin se prit la tête entre les mains.
- Ça suffit comme ça, souffla-t-il. Harry, Valya, sortez de là. Maintenant.
Le Survivant sentit que la jeune fille se relevait, faisant glisser la cape devant eux tandis qu'il restait figé sur place, incapable de faire un geste. Dans d'autres circonstances, il aurait probablement éclaté de rire face aux visages consternés de Madame Weasley, McGonagall et tous les autres. Son parrain fit un pas dans leur direction et Valya se dressa entre Sirius et lui dans un geste inconscient.
- C'est pas possible, asséna la jeune blonde d'une voix tremblante. C'est des conneries ! Vous savez que c'est n'importe quoi ! Ça veut rien dire cette foutue prophétie non ?! C'est… c'est forcément une erreur… Papa ! Dis leur toi !
ooo
Sirius cligna des yeux, immobile au beau milieu de la pièce. Il ne savait pas ce qui était pire : l'expression de terreur mêlée de choc de son filleul ou l'air paniqué de sa fille, qui s'accentuait de seconde en seconde. Il regarda Valya qui se frottait furieusement le front en l'observant avec insistance et il se demanda vaguement pourquoi elle avait l'air de le croire mieux placé que les autres pour démentir toute cette histoire de prophétie. Il posa les yeux sur Harry qui avait porté deux doigts vers sa cicatrice. Tout naturellement, cette image lui évoqua celle du bébé aux cheveux noirs, un éclair gravé sur son front.
Sirius se concentra sur ce souvenir, essayant d'éclaircir sa mémoire embrumée. Azkaban avait ravagé son esprit de la pire des manières et les événements datant d'avant son arrestation étaient complètement flous. Il se rappelait avoir croisé Hagrid portant Harry bien sûr, puisqu'il lui avait laissé sa moto et l'enfant paraissait encore plus minuscule dans les bras du demi géant. Mais où est-ce que c'était ? Qu'est-ce que Hagrid lui avait dit ? Il avait essayé d'insister pour prendre Harry avec lui… Voilà, c'était juste devant la maison de James et Lily ! Il avait dû ensuite se précipiter à l'intérieur de la bâtisse, terrifié en pensant à ce qu'il allait découvrir. L'Animagus se souvenait par contre très clairement d'avoir hurlé à la mort devant le corps de James, son meilleur ami, son frère. Il avait définitivement craqué et pleuré devant celui de Lily. Il dut réfléchir intensément pour trouver la raison qui l'avait poussé à se rendre à l'étage et contempla sa fille, toujours face à lui. Évidemment. Valya, il avait voulu récupérer Valya. Elle devait se trouver dans la chambre d'enfant avec Harry. Il avait paniqué en se rendant compte que Hagrid n'avait pas évoqué sa fille une seule fois. Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver ? Le souvenir de la chambre dévastée avec le plafond effondré et du berceau recouvert de débris s'imposa à lui. Le bruit des sirènes des voitures de police moldues qui approchaient était omniprésent mais il était tout de même parvenu à distinguer des pleurs d'enfant. Trop concentré sur sa mission, Hagrid n'avait probablement rien entendu. Sirius se rappela qu'il s'était rué sur le berceau comme un fou et qu'il avait dégagé les gravats à la main, sans même songer à se servir de sa baguette. Les jambes tremblantes, il avait enfin trouvé Valya qui ne semblait heureusement pas être gravement blessée. La petite blonde hurlait sans s'arrêter, les joues striées de larmes et le front ensanglanté. Le front ensanglanté… Sirius revint brusquement à la réalité avec l'impression de s'être pris un Cognard en pleine tête.
- Non… émit-t-il, la gorge serrée. Non, impossible…
Abasourdi, il fixa Harry et Valya. Harry qui touchait sa cicatrice avec deux doigts de la main gauche alors que Valya frottait toujours son front, avec le dos de sa main droite. Le geste était différent. Mais l'intention était la même. Sirius ferma les yeux, pris de vertige, et se demanda comment il avait pu ne pas s'en apercevoir avant. Ou plutôt comment il avait pu ne pas s'en SOUVENIR avant.
- Putain de merde…
Il sortit sa baguette magique et la pointa vers sa fille, les taches de rousseur de la jeune blonde ressortant encore plus tellement elle avait pâli et elle tressaillit légèrement.
- Sirius, qu'est-ce que… commença Lunard.
Il ne lui laissa pas le temps de poser la question.
- Revelio… murmura l'Animagus presque avec hésitation.
Il dut s'appuyer contre la table pour ne pas tomber tandis qu'une marque rouge sang apparaissait sur le front de Valya, légèrement décalée sur la gauche. Une mince cicatrice en forme d'éclair.
Sirius se redressa et avança de quelques pas vers Valya. La jeune blonde fronça les sourcils face aux mines des membres de l'Ordre, qui oscillaient entre la stupéfaction, l'hébétement et l'affolement. Elle jura bruyamment, interprétant sans mal leur réaction.
- Bordel… Elle se tourna vers le Survivant. Je suis désolée Harry, je te jure que je pensais que tu le savais ! Que tout le monde le savait… acheva-t-elle avec une moue dépitée.
Le Gryffondor se contenta de la regarder, les yeux arrondis sous le choc et la bouche grande ouverte, totalement sidéré.
- Eh bien… voilà qui est pour le moins… inattendu, articula posément Dumbledore qui semblait pourtant se remettre difficilement de cette révélation. Qui est au courant exactement ?
- Ralph, Gabriel… lista la jeune fille. Plus deux ou trois autres personnes, ajouta-t-elle avec un vague haussement d'épaules. Et gaspillez pas votre salive à me demander les noms, je dirais rien. De toute façon, c'est pas très important, si ? Je leur fais confiance, ils n'en parleront à personne.
- Évidemment, cracha Rogue d'un ton accusateur, toujours persuadée d'être la plus maligne ! Vous n'avez aucune garantie que votre confiance en eux n'est pas mal placée !
Sirius voulut répliquer mais Valya le prit de vitesse.
- Tout le monde n'a pas l'âme d'un traître ! s'emporta-t-elle. Certaines personnes ont encore de l'honneur même si vous, vous avez probablement oublié ce que ça signifiait ! Enfin, en supposant que vous l'ayez su un jour… conclut-elle avec un mépris glacial.
Le regard de Servilus se fit meurtrier. Sa main se contracta autour du bois de la table et Sirius se fit la réflexion que, sans la présence de témoins, il aurait probablement avadakedavriser la jeune blonde sur le champ. Des clameurs commençaient à enfler dans la pièce, signe que tout le monde sortait petit à petit de son ébahissement.
- Ce que je ne comprends pas, exposa calmement Kingsley à l'adresse de Valya, c'est pourquoi on ne voyait pas ta cicatrice avant. C'est toi qui utilises un sortilège de Dissimulation ?
Elle hocha la tête pour confirmer et ce fut la goutte de potion qui fit déborder le chaudron.
- Mais par Merlin, on peut savoir pourquoi tu t'amuses à cacher cette foutue cicatrice ?! fulmina Dedalus Diggle. Sans ça, on aurait eu connaissance de cette histoire depuis bien longtemps !
- Si vous croyez que c'est marrant de se balader avec ça sur le front ! explosa à son tour la jeune fille. Même chez les Moldus on me regarde de travers… D'ailleurs Harry, je me suis toujours demandé pourquoi tu ne faisais pas la même chose, tu m'avais dit que ça t'énervait que les gens passent leur temps à examiner ta cicatrice…
Harry la dévisagea sans répliquer, visiblement incapable d'émettre un son. Sirius fronça les sourcils avec inquiétude. Son filleul semblait dangereusement proche de l'état de choc.
- Et pour la mienne, enchaîna Valya, même si ça se voyait pas, vous devriez quand même le savoir ! Tu étais au courant, non ? insista-t-elle en se tournant vers lui.
L'Animagus se passa une main lasse dans les cheveux. Il était clair que cette histoire allait lui retomber directement sur le dos.
- Oui, admit-t-il. J'étais au courant.
- Et on peut savoir pourquoi tu n'as pas jugé utile de nous prévenir également ?! invectiva Rogue d'un ton polaire.
Sirius crispa la mâchoire. Avec tout ce qu'il avait dit et fait, cette enflure de Serpentard venait encore la ramener…?
- Parce que j'avais oublié, d'accord ?! gronda-t-il brusquement. Passe douze ans à Azkaban, Servilus, et on ensuite on en reparlera ! Tu verras si ta mémoire sera en bon état… ajouta-t-il un ton plus bas.
Cette fois, Rogue eut l'intelligence de ne pas répliquer et les autres eurent le bon goût de paraître gênés. Remus lui serra amicalement l'épaule en guise de soutien tandis que Valya et Harry grimaçaient de concert.
- C'est bon Sirius, intervint Dumbledore avec une douceur surprenante. On ne te reproche rien. Évidemment, il aurait été préférable que nous ayons eu vent de cette information avant mais vu les circonstances… Ceci dit, cela explique bien des choses, je ne crois pas me tromper en supposant que c'est vous qui avez donné l'alerte lors de l'attaque de miss Tonks ? continua-t-il, le regard posé sur la jeune blonde.
- Bah ouais, confirma Valya et Sirius eut de nouveau l'impression que ses jambes allaient lâcher en comprenant ce que ça impliquait. J'ai essayé de prévenir aussi vite que possible mais y'avait personne à l'école à ce moment-là. Heureusement, votre phénix est apparu dès que j'ai frappé à la porte de votre bureau. Mais j'ai mis un sacré paquet de temps à émerger, c'est vraiment des saloperies ces cauchemars…
- Quoi…? balbutia Harry, qui avait enfin retrouvé l'usage de la parole. Mais… toi aussi tu as des visions de Voldemort ?
- Bah ouais, répéta la jeune fille comme si c'était l'évidence même.
- Et ça, lâcha Sirius entre ses dents, je n'en savais rien du tout. Quand bien même je me serais souvenu de sa cicatrice, je n'aurais jamais imaginé que… Sa voix se brisa et il inspira profondément pour reprendre le contrôle de lui-même. Qu'elle partageait ce genre de connexion avec Voldemort, termina-t-il. Pareil pour Harry.
Un lourd silence suivit la fin de sa tirade.
- Attends un peu, réalisa Harry avec énervement, tu es reliée à Voldemort comme moi…? Mais alors… ça veut dire qu'on est aussi liés ensemble, non ? C'est toi qui bloques mes visions ?! Ça fait des mois que j'essaye de toutes mes forces de ne pas me réveiller pour pouvoir comprendre ces rêves ! pesta-t-il.
En voyant la tête de sa fille, l'Animagus comprit aussitôt que Harry avait dit une très, très grosse bêtise.
- Tu essayes de NE PAS TE RÉVEILLER ? répéta Valya. Non mais c'est une blague, t'es complètement malade ! Je croyais que c'était à cause de Voldy, que c'était sa faute si je n'arrivais pas à sortir de ces putains de cauchemars ! Et toi, tu m'annonces que ça t'amuse qu'on passe nos nuits à enchaîner les hallucinations ? Tu te rends compte des douleurs que ça cause d'essayer de virer cet abruti de mage noir psychopathe de ta tête ?! Bordel Harry, quand je te disais de ne pas sous-estimer les Mangemorts, c'était valable pour Voldemort aussi ! Qu'est-ce que ce que tu croyais que ça allait t'apporter de te balader dans son esprit ?!
- Des informations, voilà ce que je voulais ! rétorqua le Gryffondor. Et puis ça te va bien de dire ça, toi aussi tu t'en sers de ces rêves non ?! Au final c'est plutôt pratique, sans ça Tonks sera sûrement morte à l'heure qu'il est alors je ne vois pas ce qu'il y a de si terrible ! se défendit-il.
À la stupéfaction de tout le monde, Sirius le premier, la jeune blonde fondit sur Harry et lui flanqua un solide coup de poing en plein visage. Pas assez fort pour lui faire vraiment mal mais suffisamment pour qu'il s'en souvienne pendant un moment.
- Mais ça va pas la tête, qu'est-ce qu'il te prend ?! hurla le jeune homme en se frottant la mâchoire.
- C'est bon, ça t'a remis les idées en place ?! claqua sèchement Valya. Génial !
Elle s'approcha de lui et Sirius se dépêcha d'en faire de même pour pouvoir séparer les deux adolescents en cas de besoin. Mais elle se contenta de saisir le Gryffondor par le devant de son t-shirt, le regard noir.
- Je crois que tu ne comprends pas bien, Harry. Pour l'instant, j'ai pas l'impression que Voldy se soit rendu compte qu'on partageait une connexion avec lui, sinon on morflerait bien plus que ça. Mais qu'est-ce que tu crois qu'il va se passer quand il va comprendre…?
- Il… il pourrait essayer de contrôler les visions qu'il nous envoie…? proposa Harry d'un ton mal assuré. Puis il ouvrit de grands yeux horrifiés. Oh non… il pourrait nous montrer ce qu'il veut c'est ça ? Et essayer de nous faire faire des choses…
- Bien ! Au moins ton cerveau est de nouveau en état de marche ! cracha la jeune fille. Tu vois pourquoi c'est dangereux ?! Il va bien finir par s'apercevoir un jour qu'il peut nous atteindre de cette façon. On devrait avoir encore un peu de temps, sauf que ça va arriver beaucoup plus vite que prévu si tu continues à faire l'idiot !
- Mais… Tonks ? tenta le Survivant d'une voix cassée. Elle aurait pu mourir…
Valya secoua la tête.
- Harry, le problème c'est pas que tu voies les choses, c'est que tu n'as aucun contrôle dessus. Tu es incapable de te sortir d'un cauchemar et de te réveiller si ça devient trop… intense ?
- Bah et toi, comment tu fais alors ? s'étonna-t-il.
- Tu as déjà entendu parler de l'Occlumancie ?
- L'Occlu… quoi ?! protesta Harry.
La jeune blonde agrippait toujours son t-shirt et il se dégagea d'un geste lent.
- L'Occlumancie, soupira-t-elle. C'est une forme de magie qui permet de protéger ton esprit contre les agressions extérieures. En gros, ça empêche qu'on lise dans tes pensées, même si c'est un peu plus subtil que ça. Il y a plusieurs techniques, tu peux essayer de ne penser à rien mais c'est pas ce qu'il y a de plus facile. Un ami m'a conseillé de me focaliser sur un souvenir sans importance, qui sert à masquer les autres en quelque sorte alors je me suis entraînée. Pour moi ça marche à peu près mais en règle générale, je suis assez nulle pour fermer mon esprit, grimaça Valya. J'ai zéro défenses mentales, je ne peux pas empêcher les visions d'arriver quand je dors, j'arrive juste à me réveiller et à les repousser après. Et quand toi tu forces dans l'autre sens, même juste ça, ça devient plutôt compliqué.
- Désolé… souffla le Gryffondor, penaud.
- Laisse tomber. T'en savais rien que ça faisait cet effet-là après tout… Mais j'avoue que ça pourrait être bien que tu te mettes à l'Occlumancie aussi. À deux ça serait sûrement plus simple de garder Voldy hors de notre tête.
Sirius dévisagea Harry qui opinait doucement. La situation dépassait de très loin tout ce qu'il aurait pu imaginer. Et l'idée que sa fille et son filleul puissent être reliés par l'esprit à Voldemort lui donnait tout simplement la nausée.
- Dites, commenta Remus d'un ton égal, loin de moi l'idée d'interrompre votre petite discussion mais on s'éloigne du sujet là, non ? Enfin, évidemment que c'est important que vous vous protégiez de Voldemort mais ce qu'il faudrait peut-être comprendre avant tout c'est COMMENT tu t'es retrouvée avec cette cicatrice aussi… termina-t-il en regardant Valya.
- Hum… je pense que lorsque le sort lancé par Lord Voldemort a touché Harry, cela a créé un lien entre lui et Valyana également. La cicatrice a dû apparaître à ce moment, raisonna le directeur. Ce que je ne saisis pas, c'est de quelle manière cette connexion a pu s'établir et surtout pourquoi…
- Ne vous fatiguez pas Dumbledore, souffla l'Animagus avec abattement. L'explication est toute simple : elle était là.
- Pardon ?
- Elle était là, insista Sirius. Je l'avais déposée chez James et Lily dans la journée pour qu'ils la gardent, je pensais que leur maison était la plus sûre grâce au Fidelitas… Elle était avec Harry le soir d'Halloween et… Je crois que c'est clair, Voldemort les a attaqués tous les deux.
Cette fois, le silence qui s'installa dans la pièce fut carrément assourdissant.
- Mais… bredouilla son filleul, ça veut dire que Voldemort a lancé deux sorts ? Il a essayé de nous tuer tous les deux… mais je croyais que le sortilège avait rebondi à cause de la protection de ma mère, ça n'a pas de sens !
- Arrête de stresser Harry, c'est ce que je voulais dire : toute cette une histoire de prophétie c'est sûrement n'importe quoi… tenta Valya.
- Hum, j'ai bien peur de devoir vous contredire, miss Black, exposa posément Dumbledore. Les prophéties ont l'importance qu'on leur accorde et Voldemort a apparemment décidé de prendre celle-ci en compte, sinon vous n'auriez pas ces cicatrices sur le front. Mais Harry a raison sur un point : j'avais naturellement supposé que le sacrifice de Lily était ce qui lui a permis de survivre, apparemment nous pouvons oublier cette hypothèse. Par contre, il est vital que nous comprenions ce qui s'est passé durant cette soirée d'Halloween. Severus, pensez-vous que Voldemort se rappelle… des détails ?
- Pas à ma connaissance, marmonna le maître des potions. Le Seigneur des Ténèbres évite d'évoquer son échec face à Potter. Mais en admettant qu'il se souvienne de la présence de deux enfants ce soir-là et qu'il ait identifié la fille… pour presque tout le monde, y compris pour les Mangemorts, Valyana Black est morte il y a quatorze ans alors…
- …alors peut-être que pour Voldemort aussi, conclut Sirius à sa place. Il doit penser que Valya n'est plus une menace. Sauf que ça risque de ne pas durer très longtemps avec tous les Mangemorts en puissance qui se trouvent à Poudlard. Au hasard, le gosse Malefoy qui refile l'information à son salopard de père et on se retrouve avec un très gros problème sur les bras, ajouta-t-il sinistrement.
Il remarqua que sa fille s'était tendue à l'entente du nom Malefoy. Harry lui avait brièvement parlé des relations conflictuelles qu'elle entretenait avec le Serpentard aussi il ne s'en étonna pas plus que ça.
- Malefoy n'est pas le seul, souligna également le jeune homme. Zabini, Crabbe, Goyle, Pucey… Ils sont pleins à pouvoir parler. C'est même étonnant que ça ne soit pas déjà fait.
- Nous trouverons une solution, assura Dumbledore. Un dispositif de contrôle du courrier des élèves a été mis en place dès l'arrivée de miss Black. Toute mention de son nom, prénom ou de tout autre renseignement pouvant mener à son identification est soigneusement effacé.
- C'est légal, ça ? opposa la jeune blonde d'un ton dégouté. Bonjour le respect de la vie privée…
- Il s'agit de ta protection là, contra Sirius. C'est le plus important, non ?
- Et depuis quand tu te soucies de ce qui est légal ou pas ? ricana Harry.
- Quand on en arrive à employer des méthodes de Nazis, ça me plait moyen tu vois, rétorqua Valya avec humeur. Laissez tomber, coupa-t-elle en réponse à leurs regards vides et Sirius se demanda vaguement ce que pouvait bien être un Nazi. Bon, c'est quoi la prochaine étape du coup ? Vous posez un Tabou sur mon nom ?!
- S'il le faut, asséna Dumbledore, impassible, et il reçut en retour un regard immensément écœuré. Pour l'instant, la question n'est pas là. Nous DEVONS savoir ce qui s'est passé le 31 octobre 1981.
- Et vous comptez vous y prendre comment ? objecta Valya. Aux dernières nouvelles, c'est plutôt compliqué de remonter le temps…
- Il nous suffit d'interroger les personnes présentes ce soir-là.
- Vous voulez demander à Voldemort ? persifla Sirius.
Lui non plus ne voyait absolument pas où est-ce que le directeur voulait en venir.
- A vrai dire, je ne songeais pas vraiment à Voldemort, admit Dumbledore en se tournant vers les deux adolescents.
Le regard de Valya s'assombrit.
- Oh non, même pas la peine d'y penser, gronda-t-elle.
- Dites, ça serait possible d'avoir une explication…? intervint Harry, perplexe.
- Il veut utiliser la Legilimancie sur nous, lâcha la jeune blonde, la mâchoire contractée.
- La… quoi ?!
- Legilimancie. Le contraire de l'Occlumancie, s'agaça Valya. La faculté de lire dans les pensées. Il veut regarder nos souvenirs…
Et Harry ouvrit de grands yeux horrifiés.
Alors, qu'est-ce que vous avez pensé de ce chapitre et de la révélation ? Il y avait quelques indices dans les chapitres précédents, est-ce que certains avaient compris pour Valya ? Vous en savez un peu plus aussi sur ce qui risque d'arriver dans le prochain chapitre... ;)
Réponse aux reviews :
- Pour adenoide : Merci beaucoup pour toutes tes reviews, ça fait plaisir de voir que tu suis autant l'histoire ! Oui les personnages ont beaucoup de secrets, tout va se révéler petit à petit ;)
