Titre : Ennemi intime

Auteur : Liam63

Base : Gundam Wing

Disclaimer : L'univers de Gundam Wing n'est malheureusement pas à moi.

Genre : Yaoi, Romance, Fantastique... OOC ? Tout dépend de ce que l'on considère comme OOC.

Petite note : Alors je me suis rendue compte l'autre jour que je n'avais pas reçu dans ma petite boite un message de mélisandre puis peu de temps plus tard je me suis rendue compte que je n'avais pas non plus reçu celui de selenna, là prise d'un doute affreux j'ai été voir directement sur fanfiction si d'autre reviews étaient passées à la trappe et surprise je n'avais pas reçu les deux messages de "no name". Donc devant tous les peuples du monde qui suivent ma fic avec attention... Quoi ? C'est trop présomptueux ? Bon d'accord devant les quelques lecteurs qui se sont égarés jusqu'ici (ce n'est vraiment pas de bol !) je tiens à leurs présenter mes excuses

Yami-rose : Oui je me suis dit qu'un peu de douceur dans ce monde de brutes... Je ne sais pas si ça dérangerait vraiment Heero... Une petite hésitation peut-être, après tout côté relations avec les hommes on ne peut pas dire qu'il ait beaucoup d'expérience...

Chris52 : Abominable ? C'est mon second prénom lol Et tu vas voir, ce qui est encore plus abominable c'est qu'il n'y a ni Trowa ni Heero dans ce chapitre oups je sens comme un vent de haine souffler dans ma direction lol

Mélisandre : Tu vois j'ai fait pénitence en public comme promis lol

Je souhaitais parler un peu de la vie privée des gboys dans ce chapitre, surtout Quatre et Zech qui sont les grands absents de cette histoire. Je voulais dire que Quatre fait des efforts pour rattraper son erreur. Que la relation entre Trowa et Heero évolue doucement, quant à Wufei, Duo et leurs homophobes je ne sais pas trop c'est venu comme ça, je crois que même dans le futur nous ne parviendrons pas hélas à nous débarrasser des cons, il y aura toujours des gens étroits d'esprit pour nous dire ce que nous devons faire, ce que nous devons lire et qui nous devons aimer... Beuh Cette race-là ne sera jamais en voie d'extinction ! Et c'était un clin d'œil à l'idée que l'on se fait bien souvent des homo (efféminés) alors que certains ne sont pas commode du tout lol

Yohina : Salut à toi amie lectrice Je n'aurais qu'un mot Merci. Merci pour toute la gentillesse dont tu fais preuve à mon égard. Il y a tout de même une question que je me pose... Pourquoi ta sœur souhaite savoir combien il y a de chapitres dans une fic qu'elle ne lit pas... Je dois dire que ça m'intrigue Ceci dit je ne peux pas lui répondre car je ne sais pas mais il ne devrait plus y en avoir beaucoup, peut-être trois si j'arrive à mettre un terme à la fic sans bâcler. Ensuite je m'attaquerais peut-être à Harry Potter ; enfin je ne sais plus parce que depuis que j'ai lu paradoxe temporel de mélisandre je fais un énorme complexe d'infériorité en ce qui concerne Potter lol Passe le bonjour à ta sœur de ma part et ne nous décourageons pas nous arriverons peut-être à la convaincre un jour...

Selenna : Cette fois tu es sur la liste C'est vrai que ce chapitre n'avançait pas, il était une sorte de pose dans le récit... Je m'en suis servis pour faire un petit tour d'horizon de chaque couple, de petites tranches de vie... Aujourd'hui on voit ce que révèle l'enquête de Quatre et le procès, j'espère que tu ne seras pas déçue.

No Name : J'espère que tu suis toujours cette fic et que tu n'as pas été dégoûté par ce que tu pensais être une impolitesse de ma part d'autant que tu me disais des choses vraiment sympas dans tes deux reviews. Je suis vraiment désolée de ne pas les avoir vu avant.

Voilà je vous embrasse toutes et je vous souhaite un bon week-end, bon aller soyons généreuse une bonne semaine aussi

Chapitre 25

Au Cabinet d'avocats pendant que les Gboys roucoulent.

Richard leva un sourcil en signe d'interrogation lorsqu'il vit entrer son assistant, Franck Albertini, de fort bonne humeur. Ce dernier, au comble du bonheur, sifflotait. C'était une réaction des plus inattendue chez ce jeune homme, certes brillant, mais taciturne comme un dépressif. Il tenait à la main une grande enveloppe qu'il serrait contre son cœur comme s'il comptait la demander en mariage sous peu.

- Tu me sembles bien joyeux, tout à coup... Tu n'as rien pris de dangereux pour la santé, au moins ?

- Attends de voir ce qu'il y a là-dedans boss, et tu te mettras à danser sur la table !

Pour appuyer ses dires il passa une main amoureuse sur le papier.

- On nous l'a fait envoyer en express. Elle contient le résultat de recherches effectuées sur la famille Tuong, et tiens-toi bien... Sur le juge Delareaux.

- Et alors, moi aussi j'en ai fait, mais je n'ai jamais rien trouvé !

- Tu n'es peut-être pas aussi bon que je le pensais.

- Hé ! Tu veux aller pointer au chômage ?

- En fait, tout ça nous a été envoyé anonymement de L3, les documents n'ont pas toujours été récupérés de manière très légale, ce que nous ne pouvions pas nous permettre.

- L3 ?

- Oui, mais je suis sûr que ça vient de Winner. Il possède l'argent et les connections pour ce genre de choses... Et puis, il avait l'air furieux lorsque je lui ai dit que ses amis avaient des ennuis. Il m'a fait froid dans le dos. D'ailleurs, depuis, à la première page de mon bloc-notes il est écrit : Ne surtout jamais contrarier Mr Winner.

- OK. Dis-moi d'abord ce que tu as sur les Tuong.

Franck retira le premier dossier de l'enveloppe.

- Tu sais qu'ils sont dans l'import-export...

- Évidement.

- Ce que tu ne sais pas, c'est qu'ils ont déplacé illégalement deux de leurs usines pour les installer sur L2. Là, ils bénéficient de main d'œuvre bon marché et d'avantages fiscaux... Seulement, ils ne pouvaient délocaliser que si l'entreprise était en faillite, ce qui n'était absolument pas le cas.

- Et ?

- Et par une coïncidence inexpliquée et inexplicable, deux de leurs usines ont pris feu juste après qu'ils aient résilié leur contrat d'assurance.

- Il y a dû y avoir une enquête ?

- Bien sûr.

Franck tendit l'une des feuilles à Richard. Un relevé de banque.

- Le policier en charge de l'affaire a semble-t-il touché une très grosse somme juste avant de classer l'affaire.

- Mais s'ils n'avaient pas d'assurance l'incendie a dû leur coûter beaucoup d'argent...

- En fait, d'après ces autres documents, ces deux usines devaient subir des travaux, de mises aux normes et de réfection, très importants, ça leur coûtait finalement moins chère de tout brûler et de tout reconstruire sur L2. Avec l'ensemble de ces documents, nous pouvons faire rouvrir le dossier si nous le désirons.

- Et après ? L'entreprise est au père de Liu, et c'est son beau-frère qui en est le PDG. Ça ne l'implique pas elle.

- C'est là que tu fais erreur. Lorsqu'il a décidé de se retirer des affaires, le vieux a garder 30% des actions et a partager les 70% restant entre ses deux filles Mei et Liu. Le beau-frère, lui, n'est que salarié. Aux yeux de la loi, elles sont donc tout aussi responsables.

- Je ne crois pas que Wufei voudrait que nous allions jusque-là, elle reste la mère de son fils et il a de l'affection pour elle. C'est un peu sa famille même si elle n'est pas parfaite.

- Cela nous permettrait tout de même de démontrer, que question moralité, les Tuong ne sont pas des exemples. Mais si Wufei s'oppose à ce que nous remettions ça entre les mains de la justice nous pouvons leur proposer un nouvel accord en leur laissant croire que nous sommes tout à fait prêts à le faire.

- Du bluff ?

- C'est comme ça que beaucoup de joueurs gagnent.

Richard hocha la tête pour marquer son assentiment.

- Et sur le juge, tu as quoi ?

Franck sorti l'autre dossier avec une infinie délicatesse et un sourire de requin. Il détestait le juge Delareaux. C'était devenu une affaire personnelle depuis que le magistrat avait refusé à deux reprises de statuer en sa faveur malgré les preuves accablantes que contenait son dossier. Il avait fait preuve de partialité car les clients du cabinet dans cette affaire étaient une prostituée et un new type. Tout à fait le genre de personnes qu'abhorrait "ce trou du cul", comme l'appelait un peu familièrement Franck et Richard.

- Je savais que ce type était un pourri, mais à ce point... Figure toi que Monsieur "je suis la moralité incarnée et j'en fait profiter tout l'univers", à un frère...

Franck laissa planer un silence pour ménager ses effets, et peut-être aussi pour jouir encore une fois de l'information.

- J'ai une chance de connaître la suite avant ma retraite ? demanda Richard très sarcastique.

- Le frère en question est un travesti. Il se produisait dans un cabaret sur L4. Quand Delareaux a commencé a avoir des ambitions politiques et à vouloir être élu à la tête du "Parti pour la Sauvegarde de la Morale", son frère est devenu très gênant. Et tu sais ce que cet enfoiré a fait ?

- Ne me dis pas qu'il l'a noyé ? plaisanta Richard. Enfin à moitié.

- Non, rien d'aussi définitif, Dieu merci. Mais il l'a fait abusivement interné.

- Et tu as des preuves de ça ?

- Ben pas exactement, mais si on remet ce dossier aux médias, je connais un juge qui va avoir de sacrées migraines. Une fois que ce sera public, il y aura forcément enquête. Il ne pourra pas étouffer l'affaire.

- D'où Winner tient-il ses informations ?

- D'une infirmière. Elle nous a fournis une photocopie du dossier psychiatrique. Après analyse, il a été démontré que le traitement qu'il reçoit n'est destiné qu'à le maintenir dans les vapes... On tient ce salaud par les couilles !

Richard fit une grimace devant la vulgarité de son assistant.

- S'il y a une partie par laquelle je ne souhaite pas tenir ce gars, c'est bien celle-là !

Franck secoua la tête.

- T'es vraiment un pervers ! Parfois tu me fais peur !

Deux jours plus tard

Lorsque Wufei rentra il eut la désagréable impression que ses tympans allaient exploser. Depuis qu'il vivait avec Duo, ses sens était mis à rude épreuve. Il baissa le volume et parti en quête de son compagnon qu'il trouva à l'étage dans la chambre contiguë à la leur. De toute évidence, l'Américain avait encore délaissé son roman pour faire autre chose, et là en l'occurrence, c'était de la peinture. Perché sur une grande échelle, il montait et descendait avec entrain un rouleau de couleur jaune bouton d'or. Il se dandinait en rythme et braillait les paroles d'un vieux rock "On the dark side". À l'entrée du Chinois, Duo, téméraire, se retourna, tout sourires, dans un mouvement brusque. Wufei conscient de sa position précaire s'énerva un peu.

- Fais attention, shazi !

Il se mis près de l'échelle et Duo se laissa volontairement tombé dans ses bras.

- Tu es fou ! Et si je ne t'avais pas rattrapé ?

- Mais tu me rattraperas toujours, n'est-ce pas ? Et puis ce n'est pas si haut. Où est passé mon aventureux pilote de Gundam ?

- Il est devenu psychiatre, il a vieilli, il a un fils et il est amoureux. Il trouve donc toute conduite de ce genre inutile et dangereuse. Et c'est suffisamment haut pour que tu te fasses mal !

Duo fit la petite moue désolée qui en générale calmait Wufei illico. Le médecin soupira, vaincu au bout de cinq secondes.

- Je peux savoir ce que tu es en train de faire ?

- Je peins.

- Oui, ça je vois bien, mais pourquoi maintenant ? Je croyais que tu devais travailler sur ton livre. Tu as des échéances et tu as perçu une avance.

- Je le sais très bien ! Tu crois que c'est facile ? Ça ne vient pas, j'avais besoin de me changer les idées. C'est une chambre pour le bébé. J'ai pris une peinture sans odeur, mais il vaut tout de même mieux faire les travaux en avance, pour être sûr...

Wufei enlaça Duo malgré les taches qui constellaient ses vêtements et l'embrassa sur le bout du nez.

- Nous n'avons pas encore gagné. Rien n'est certain...

- Je sais, mais il faut positiver.

- Positiver ? Toi, tu as parlé à Richard.

Le sourire de Duo s'élargit.

- Oui. Il a appelé il y a deux heures pour dire que le juge avait fixé l'audience à demain seize heures, mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter, car tout va on ne peut mieux. Il est très confiant. Tu pourras même assister à l'audience finalement.

- Tant mieux. C'est quoi ce carton ?

- Ha ! Ca c'est une merveille ! Je suis passé voir Heero et Trowa cette après-midi, continua Duo tout en ouvrant le paquet, ils veulent descendre dans les catacombes lundi pour chercher l'incube, je te raconterai plus tard. L'Américain sorti un immense mobile avec des papillons multicolores aux ailes de soie. Ce n'est pas magnifique ?

Admiratif Wufei passa un doigt léger sur l'étoffe. C'était peint à la main. Le travail était méticuleux et recherché au niveau des couleurs. Il se dégageait de l'ensemble une luminosité et une légèreté extraordinaire. Les fils invisibles et leur position stratégique laissaient penser que les papillons voletaient réellement devant eux.

- C'est un travail formidable ! Où tu l'as trouvé ?

- Eh bien, j'ai décrit à Heero ce que je voulais il y une semaine, et il l'a réalisé. Il est doué hein ?

- Heero ! Heero fait de la peinture sur soie !

Wufei ne put contenir son fou rire.

- Hé ! Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! Il n'y a rien de honteux à faire de la peinture sur soie !

- Pour une onna non... Mais l'ex soldat parfait ! Si seulement le professeur J était encore là pour voire ça !

- Arrête de rire, tu devrais avoir honte d'être toujours aussi sexiste !

Duo rangea le mobile dans sa boîte.

- Pour la peine abstinence pendant quatre jours.

Là, Wufei ne rigolait plus du tout.

- Ça t'apprendra à te moquer d'un ami qui te fais un cadeau.

Et Duo quitta la pièce fier comme un prince. Mais Wufei retrouva le sourire, un sourire de prédateur.

- Tu ne tiendras jamais quatre jours... souffla-t-il pour lui-même. J'y veillerai.

Le Lendemain 16 heures.

Wufei, Duo et Richard s'installèrent dans le bureau du juge. Le magistrat les dévisagea puis les salua de manière polie mais distante. Il était maigre comme un roseau, sec comme du pain rassis et avenant comme la syphilis. Wufei le détesta d'emblée, Duo l'abomina et Richard continua à l'exécrer.

- Ceci est une prè-audience, je ne rendrai aucun verdict aujourd'hui. Je veux juste me faire une opinion sur Monsieur Maxwell afin de savoir si les inquiétudes de Madame Chang quant à la sécurité de son fils sont fondées.

Il jeta un regard venimeux aux trois personnes qu'il soupçonnait fort d'être à l'origine de l'envoi de certains documents, puis ouvrit le dossier devant lui avec un air de contentement qui déplu à l'avocat.

- Bien commençons... Il semblerait que vous ayez une vie plutôt agitée Monsieur Maxwell...

- Pas plus que le moyenne, Monsieur le juge, rétorqua l'américain. Chacun appuyant délibérément sur la dénomination de l'autre.

- Ces dernières années vous avez tout de même été arrêté cinq fois pour coups et blessures ce qui tendrait à prouver que vous êtes de nature violente.

- Il n'y a eu aucune poursuite. Il a été prouvé à chaque fois que mon client était en légitime défense, intervint Richard à la grande surprise de Duo. De toute évidence, il avait enquêté et ne s'était pas contenté de ses assertions.

- Oui, mais d'après les témoignages que vous m'avez fournis, il semblerait aussi que votre client ait beaucoup d'amis influents.

- Vous voulez dire que les cinq juges ayant statués sur ces affaires n'ont pas fait preuve de l'impartialité que requérait leur position... demanda Richard doucereux

Le juge Delareaux pinça les lèvres, il savait pertinemment que continuer dans cette voie pourrait le conduire à la diffamation. Et ce n'était certainement pas le moment de se faire des ennemis.

- Passons à la suite... Vous avez été arrêté à deux reprise pour racolage.

Là, Duo sentit nettement Wufei sursauter.

- Et travestie en femme qui plus est, ajouta-il avec une certaine cruauté devant le malaise évident de Duo.

- Une regrettable erreur comme vous avez pu le lire, continua Richard. On ne racole pas le sénateur Girard ou le comte de Beaumont. Monsieur Maxwell leur tenait juste compagnie, tout cela est expliqué très clairement, si j'ai bonne mémoire. Quant au fait que mon client était travesti nous savons que cela est dû à sa maladie, maladie aujourd'hui soignée par son compagnon, psychiatre renommé, et par le médecin que vous avez vous même choisi pour évaluer l'état mental de Monsieur Maxwell.

- Et vous allez me dire aussi que si Monsieur Johnson a légué tous ses biens à votre client, c'est pour le plaisir de sa compagnie.

- Pas tous ses biens, Monsieur le juge. Uniquement la maison de Montmartre et les deux immeubles qui lui sont contiguës. Les uns comme les autres demandaient de sérieuses restaurations.

- Néanmoins, les héritiers ont estimé que votre client avait profité de la sénilité d'un vieillard.

- La cour a reconnu qu'il était en pleine possession de ses capacités intellectuelles et physiques lorsque le testament a été rédigé. Les plaignants ont été débouté.

- Vous admettrez tout de même, Maître, que Monsieur Maxwell semble avoir souvent affaire à la justice.

- En effet, mais à chaque fois la justice a reconnu son innocence. De plus, si je peux me permettre, je ne vois pas l'intérêt de revenir sur ces affaires. Etant donné qu'elles sont classées, vous n'avez plus à en tenir compte.

- Vous n'avez pas à me dire de quoi je dois tenir compte Maître.

- L'expertise psychiatrique a démontré que mon client n'était pas dangereux. Il a travaillé pendant de nombreuses années à la DASS sans qu'il y ait de problèmes, vous avez lu je présume les nombreux témoignages de ses collègues et de sa hiérarchie. Il donne également beaucoup de son argent et de son temps à des œuvres de bienfaisance dont un orphelinat patronné par la Reine de Sank et par Monsieur Raberba Winner. La Reine à accepter de nous dire de vive voix toute l'estime et l'amitié quelle porte à mon client, et à quel point elle serait contrariée qu'on l'accuse à tort. Quant à Monsieur Raberba Winner, il est déjà très irrité que son meilleur ami soit en bute à des médisances. Je conçois que Madame Chang s'inquiète pour son fils, mais c'est parce qu'à l'évidence elle ne connaît pas mon client.

Le juge Delareaux savait pertinemment que dans sa position et avec ses ambitions politiques il ne pouvait se permettre de se mettre à dos deux personnes comme Peascraft et Winner.

- Et vous, Monsieur Chang, que pensez-vous de tout cela ? Vous êtes bien silencieux depuis le début de l'entretien.

C'est à ce moment-là que Richard compris pourquoi le juge avait accepté la présence de Wufei et pourquoi il avait pris soin de revenir avec autant de précision sur le passé de Duo. Il cherchait à déstabiliser l'Asiatique par des révélations qu'il supposait ignorées de celui-ci. À juste titre d'ailleurs.

- Shaozu est mon fils. Croyez-vous que je mettrais sa vie ou sa santé en danger ?

- L'égarement des sens fait faire bien des erreurs.

Wufei prit son air le plus hautain pour répondre.

- Pas à moi.

- Votre femme vous a pourtant surpris dans une position plutôt délicate.

Le psychiatre serein afficha un sourire narquois.

- Je ne me suis égaré que deux fois dans ma vie. La première durant la guerre et la seconde en me mariant alors que j'étais amoureux de Duo. Je ne faisais que réparer mon erreur dans cette salle de bain.

- Et son passé ne vous gêne pas ?

- J'ai dû apprendre à vivre avec le mien, alors je peux vivre avec le sien.

- Et puis... rajouta Richard, nous avons tous des taches dans notre passé... N'est-ce pas ? Nous faisons parfois des choses regrettables. Mais je vous rappelle que mon client a été reconnu innocent de tous les faits qui lui ont été reprochés.

Le juge de très mauvaise humeur hocha la tête.

- Vous pouvez partir. Je vous ferai connaître ma décision d'ici deux jours. Au revoir.

À suivre...