Salut tout le monde !

J'aurais une question importante à vous poser. Après Hypothèses, j'ai d'autres projets Harry Potter dans mes cartons, et je voudrais savoir lequel vous souhaitez voir en priorité, alors je vais créer un petit sondage auquel vous pourrez répondre quand ça vous chantera. Ceci étant écrit, bonne lecture !


Chapitre 25 : Plongées en Eau Froide

- J'aimerais bien savoir comment on peut respirer sous l'eau, grommela Harry. Je ne peux pas me changer en poisson, nous ne l'avons pas encore appris…
- Surtout que tu te retrouverais avec le QI d'un poisson. La métamorphose qui préserve complètement l'esprit, ce n'est vraiment pas à notre portée, répondit Sarah en prenant quelques notes. C'est encore plus dur que la métamorphose partielle. Si tu prévois de te transformer, tu devras te changer complètement, de préférence en quelque chose d'intelligent.

Avec Théodore et Blaise, les deux comparses étaient assis tout au fond de la classe de Flitwick. Le petit professeur leur enseignait le sortilège d'expulsion, avec des résultats mitigés. Harry s'en sortait à peu près, Granger faisait atterrir ses coussins toujours au bon endroit, tandis que Londubat expédiait ça et là des objets beaucoup plus lourds, de la chaise au professeur lui-même.

- Sinon, l'un de vous a réussi à découvrir ce que bidouillait Maugrey ? demanda Blaise à voix basse.
- Nada, soupira Théodore. J'ai bien peur que nous ne soyons pas au bout de nos peines.
- Surtout, ajouta Harry, pourquoi aller faire un casse dans la réserve s'il veut simplement préparer des antidotes ? Rogue ne l'aime pas, mais il ne serait pas malin de lui refuser des ingrédients.
- Je me demande vraiment quel genre d'antécédents ils ont, ces deux-là ? musa Sarah en envoyant un coussin droit sur une chaise, avant de s'asseoir dessus.
- Du temps de machin, on arrêtait à tort et à travers, dit Blaise. Et Maugrey a toujours été persuadé que l'erreur judiciaire n'existait pas.
- Ça fait au choix beaucoup de coupables en liberté ou beaucoup d'innocents en prison, suivant le point de vue, commenta Théodore.

Harry les laissa discuter. Il n'était pas sûr de trouver une rubrique judiciaire régulière dans la Gazette du Sorcier. S'il ne s'agissait que d'une simple enquête, il n'en trouverait pas trace, surtout si elle s'était conclue par un abandon des charges. Le journal sorcier appréciait surtout d'étaler les coupables en pleine page. Les innocents étaient priés de se faire oublier.

- Maugrey peut dire ce qu'il veut, aucun d'entre nous n'a jamais été la cible d'un impardonnable que Rogue aurait lancé, non ? remarqua Sarah à mi-voix.
- C'est vrai, admit Harry. Moi, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi Croupton se fait porter pâle et vient quand même fouiller le bureau de Rogue…
- On sait que la carte ne se trompe jamais, dit Blaise. Moi non plus, je ne comprends pas.

Dans les jours qui suivirent, Harry et ses camarades furent très occupés. Tout d'abord, Harry fit parvenir un petit courrier à Sirius pour lui parler des bizarreries de Croupton – sans lui dire pourquoi il était venu à Poudlard. Puis il s'attaqua au problème de la deuxième tâche. Une métamorphose complète en un être aquatique lui semblait la meilleure solution, d'autant qu'ils avaient déjà trouvé une ou deux espèces pouvant convenir. Il passa donc des heures et des heures à la bibliothèque à potasser tous les traités de métamorphose qui lui tombaient sous la main et il posa des quantités incroyables de questions pendant les cours de McGonagall, qui fut extrêmement satisfaite de ce regain d'intérêt. Sarah planchait avec lui quand elle en avait le temps, de même que Théodore et Blaise. Et à quatre, ils trouvaient des choses…

- Ce machin gluant conviendrait tout à fait, dit Théodore en désignant un… truc dans un manuel de botanique. Ça fait pousser des palmes et des branchies.
- Ouais… Mais tu me dis où je peux en trouver, à part dans la réserve de Rogue ? ricana Harry. Je ne crois pas qu'il apprécierait de nous trouver entrain de fouiller dans ses flacons.

Cette option écartée, il reprit sa lecture, avant que Blaise – qui était assez doué en métamorphose – ne levât le nez de son ouvrage sur les créatures aquatiques de tous fonds.

- Hé, regardez-moi un peu ça…
- Montre… Ah oui, ça a de la gueule, quand même.
- Intelligent, capable d'articuler, rapide, survit hors de l'eau tant qu'il ne se dessèche pas… énuméra Sarah.
- Et surtout, tellement approprié !
- Bon, je crois que ce n'est plus la peine de chercher le quoi. Maintenant, c'est pour le comment qu'il va falloir t'entraîner.

Les Serpentard quittèrent la bibliothèque sans prêter attention à Viktor Krum qui discutait avec Pierre Telensk à quelques tables d'eux.
L'entraînement en question se fit dans les salles de douche accessibles au commun des mortels. Celles-ci étaient assez grandes, offraient suffisamment d'eau pour ne jamais risquer la mort par sécheresse, permettaient d'accrocher ses vêtements et surtout, étaient magiquement insonorisées depuis une mémorable bagarre entre chanteurs amateurs quelques années plus tôt. C'est là qu'Harry eut tout le temps de découvrir les avantages que devaient respectivement avoir les animagi et le polynectar sur la métamorphose « ordinaire ». En effet, la transformation « normale » était lente, douloureuse et ne permettait pas de cacher son identité : même en ignorant sa cicatrice, Harry gardait un air de famille avec lui-même.
Il apprit aussi à ses dépens qu'il lui fallait rester concentré pour se maintenir sous cette forme. Par conséquent, il valait mieux ne pas s'endormir sous l'eau…

Deux jours avant l'épreuve, le petit hibou qui avait porté le courrier à Sirius revint avec un message d'une brièveté exemplaire :
Fais-moi savoir la date de la prochaine sortie à Pré-au-Lard par retour de hibou.
Sans s'attarder sur le caractère laconique du billet, Harry écrivit la date sur le parchemin, le replia et le remit à la patte du rapace, qui repartit dare-dare. Le garçon se demandait ce que son parrain avait de si secret à lui raconter. En attendant, le cours de soins aux créatures magiques l'attendait. Hagrid était de retour et Merlin seul savait ce que le garde-chasse avait en réserve.
Il s'agissait heureusement de deux jeunes licornes. Rien de plus dangereux, Dieux merci ! Les deux petites bêtes couleur d'or se promenaient dans un enclos sur leurs jambes trop longues en réclamant quelque chose à grignoter. Les élèves les fournirent en morceaux de sucre, tandis que Hagrid expliquait qu'elles changeraient de couleur vers l'âge de deux ans, auraient une corne deux ans plus tard et ne seraient adultes qu'à l'âge de sept ans. Pour le moment, elles se laissaient caresser sans problème. Malefoy ne sortit aucun commentaire désobligeant, peut-être à cause de la présence permanente de Blaise dans son dos.
A la fin du cours, Hagrid prodigua quelques encouragements à Harry :

- Inutile de te faire du souci, ça va très bien se passer…
- Si vous le dites…
- Bah ! C'est normal, d'avoir le trac. C'est comme un examen. Tu vas très bien y arriver, comme d'habitude ! Je me mettrai en vert rien que pour ça !
- D'accord, pari tenu.

Les dernières vingt-quatre heures s'écoulèrent à une vitesse inimaginable. Harry espérait sincèrement que ce que lui et ses amis avaient trouvé serait suffisant. S'il se fiait à ce que disait Théodore, la réponse était oui. De toute façon, il n'aurait pas eu le temps d'apprendre à devenir animagus et se changer en grenouille, même si l'option était assez tentante… Harry voulait passer encore du temps à réviser après le dîner, mais Théo le lui déconseilla : l'épreuve serait fatigante. Harry céda et finit par aller se coucher. Le livre des Monstres, qui réclamait une petite séance d'entraînement, fut fort dépité quand son maître ne réagit pas, malgré ses nombreuses tentatives de le tirer du lit.

- Debout ! Allez, fainéant ! Sors-toi de là ! Bloody Hell, mais tu m'écoutes ?
- Gné ? Blaise ?
- Évidemment que c'est moi ! Allez, lève-toi ! C'est l'heure !
- HEIN ?
- Ben oui, il est neuf heures, mon vieux. Ça commence dans une demi-heure.
- OH ***** !

Avec le pressentiment d'une catastrophe, Harry se rua hors de son lit, attrapa ses vêtements et les enfila à la diable avant de courir dans le couloir vers la grande salle. Sarah l'avait devancé et lui tendit du pain et un gâteau quand elle l'intercepta.

- Avale ça, tu te sentiras mieux. Tu as ta baguette ?
- Oui, quand même…
- Potter ?

La voix de Rogue le fit sursauter.

- Il est l'heure d'aller vous préparer. Les autres sont déjà en chemin.
- J'y vais.

Tout en mordant dans son petit déjeuner, Harry fila dehors. Une petite silhouette arriva en courant au niveau de Sarah.

- Où est Harry Potter ? couina la voix de Dobby.
- Déjà parti, petit père. Tu arrives en retard.
- Oh non, non, non ! Mais comment va-t-il faire ? gémit Dobby.
- Il n'est pas idiot, tout de même ! s'exclama Sarah.
- Mais sans ça, il n'y parviendra pas !

Ça, c'était une sorte de boule grisâtre et visqueuse que Sarah identifia comme étant la branchiflore dont ils avaient parlé quelques jours auparavant.

- ! Où tu as eu ça ? siffla Sarah.
- Dans la réserve du p…
- Va l'y remettre tout de suite ! s'exclama la Serpentard. Euh, juste une question d'abord : qui t'a dit qu'elle serait utile ?
- Dobby a entendu le professeur Maugrey en parler avec le professeur Chourave, mademoiselle…
- Ah ? Tiens donc… Qu'est-ce que tu attends ? File avant qu'on remarque que ça manque !

Le souffle court, Harry parvint sur les rives du lac. Des tribunes avaient été dressées le long de la berge et elles étaient remplies de spectateurs dont la rumeur lui parvenait confusément. Ludo Verpey le salua avec enthousiasme tandis que les trois autres concurrents répondaient à son bonjour de différentes façons suivant leur degré de familiarité. A la table des juges, Karkaroff faisait clairement la grimace.

- Bon, allez vous changer, conseilla Verpey.
- Brrrr… Il va falloir plonger là-dedans en maillot de bain ? pesta Fleur.
- Ils exagèrent un peu, quand même, ronchonna Harry.
- Moi, ça me va, commenta Krum avec un petit sourire.
- Évidemment…

Tout naturellement, Fleur enfila son maillot à l'écart des garçons. Ce fut un sacré choc quand ils la virent revenir. Cela tenait du rêve éveillé, en fait.
Mais la voix de Verpey coupa net cet enchantement et les quatre participants durent ressortir sur la berge.

- Sonorus ! dit Ludo Verpey en pointa sa baguette sur sa gorge. Et voilà ! tous nos champions sont prêts à entreprendre la deuxième tâche qui commence à mon coup de sifflet. Ils auront exactement une heure pour reprendre ce qui leur a été pris. Attention… Un… Deux… TROIS !

Harry plongea ; l'eau était affreusement froide. Il oublia les autres, nageant sous le ponton pour ôter son maillot à l'abri des regards. Il inspira longuement et ferma les yeux :

- Hydorzoan Naga !

Le supplice tant de fois enduré en entraînement recommença. Harry sentait toute sa peau le brûler alors qu'elle se couvrait d'écailles. Il eut l'impression qu'on lui taillait la peau du cou au scalpel. Ses jambes, il ne les sentait plus. Sa vue se troubla.
Enfin, le calme revint.
Harry n'y voyait pas à un mètre et ses lunettes ne lui seraient d'aucun secours. Plongeant la tête sous l'eau, il put enfin s'inspecter. À la place de ses jambes, il n'y avait plus qu'une longue queue de serpent ornée d'une nageoire le long de la colonne vertébrale. La transformation semblait s'être bien déroulée, il lui appartenait à présent de la maintenir assez longtemps pour finir l'épreuve.
Lors de sa première respiration sous l'eau, il crut qu'on lui enfonçait des aiguilles de glace dans le cou, là où les branchies filtraient le liquide pour lui fournir de l'oxygène. La lumière filtrant à travers la surface donnait un aspect spectral à ses mains. Inutile de s'exposer sous cette forme tout de suite. Harry se mit à nager sous l'eau vers le centre du lac, puis plongea vers le fond.
La lumière baissait, en même temps qu'apparaissaient des algues qui ondulaient doucement. L'eau était plus froide à cette profondeur et il devenait très difficile de distinguer quoi que fût. Harry ne voyait aucune sirène. Quelques petits poissons tournaient autour de lui avant de repartir. Le kraken devait faire la sieste. Franchement, Harry n'avait pas très envie de le rencontrer. Un dragon, on pouvait discuter ; un calmar géant potentiellement affamé… non merci !
Arrivé au fond, il découvrit une prairie aquatique d'herbes vert pâle. Harry fit quelques mètres au-dessus des algues quand…
Un strangulot ! L'horrible petit démon des eaux s'agrippait à lui, avec la ferme intention de mordre et de prendre un bon casse-croûte. Harry saisit sa baguette attachée contre son bras gauche et lança :

- Expelliarmus !

Il ne cracha que des bulles, mais la sale bête fut expédiée à une dizaine de mètres, sonnée. Deux autres strangulots furent accueillis par un Lashlabask qui les projeta au loin, leur peau couverte de cloques apparemment dues à un jet d'eau bouillante. Harry se dépêcha de quitter la zone, envoyant d'autres jets brûlants sur les créatures qui pointaient leur vilaine tête. D'autres tentèrent de l'attaquer par l'arrière, mais glissèrent sur les écailles de sa queue.
Enfin, ils abandonnèrent la partie. Harry recommença à scruter le fond.

- Si j'étais toi, j'irais par là !

Harry fut si surpris qu'il en but la tasse. Mimi avait vraiment le chic pour apparaître au moment le plus inattendu.

- Tu es plus beau en humain, tu sais !

Là, c'était clair, c'était bien Mimi.

- Ils habitent dans ce coin-là, ajouta-t-elle en pointant une direction. Je n'y vais jamais, ils ne sont pas très gentils.

Harry la remercia d'un geste. S'il avait su qu'être copain avec les fantômes pouvait être aussi utile, il aurait commencé longtemps avant…
Naviguant entre les hautes herbes, Harry nagea encore pendant plusieurs minutes. Le temps coulait aussi vite que l'eau le long de son corps. Il fallait qu'il aille plus vite. Il n'avait qu'une heure devant lui… Il commençait à se demander s'il n'était pas perdu quand les douces voix des sirènes parvinrent à ses oreilles :
Pendant une heure entière il te faudra chercher
Si tu veux retrouver ce qu'on t'a arraché.
Il se mit à nager plus vite et passa à côté d'un rocher orné de gravures représentants des créatures de l'eau. Détail inquiétant, les silhouettes dessinées portaient toutes une arme. La chanson se poursuivait, sur un ton nettement plus sinistre.
La moitié de ton temps s'est enfuie, hâte-toi,
Sinon ce que tu cherches en ces eaux pourrira…
Des habitations de galets apparurent, leurs toits enfouis sous les algues. Des visages se présentaient parfois aux fenêtres, qui n'avaient rien à voir avec les exquises dames de la mer que l'on voyait sur les illustrations des livres de légendes.
Les êtres de l'eau avaient la peau grise et des cheveux verts semblables à des herbes marines. Des yeux jaunes luisaient au-dessus de larges bouches aux dents aiguës. Certains portaient des colliers de cailloux polis. Ils envisagèrent l'intrus avec animosité et agitèrent leurs lances, se propulsant grâce à une queue de poisson musclée qui battait l'eau en produisant de forts remous. Harry espéra qu'ils n'avaient pas de haine héréditaire contre les nagas…
Les maisons de pierre devinrent de plus en plus denses. Des jardins les entouraient et un petit strangulot était même attaché à un pieu devant une des habitations. Les tritons se faisaient de plus en plus nombreux, regardant l'intrus avec méchanceté. Pas très accueillants, en effet… Harry parvint au centre de la ville aquatique. Ils devaient être des centaines, massés autour d'un gros rocher au milieu d'une place. Un chœur chantait, invitant les humains à les rejoindre. Se frottant les yeux, Harry repéra quatre personnes attachées au rocher.
Une pour chaque champion : Cho pour Cédric, Granger pour Krum (tiens donc !), une petite fille qui devait être la sœur cadette de Fleur… et Ginny pour lui. Leurs cheveux dérivaient autour d'elles au gré du courant. Elles semblaient dormir, sans doute d'un sommeil magique. Dumbledore n'aurait quand même pas autorisé une épreuve où quatre élèves risquaient de finir noyées.
Toutes quatre étaient liées à la pierre par d'épaisses cordes d'algues. Harry n'avait pas de couteau sur lui. Pas la peine d'essayer d'en prendre aux tritons, ils n'avaient pas l'air prêts à s'en séparer. Plutôt à s'en servir. Harry finit par ramasser une pierre coupante sur le fond vaseux et se mit en devoir de trancher les cordes de Ginny. Une fois libérée, elle flotta doucement entre deux eaux, oscillant avec le flot. Harry se demanda ce que fichaient les autres. Bon, évidemment, Mimi ne leur avait pas indiqué où ils devaient chercher, mais quand même… La petite sœur de Fleur était assez… impressionnante, avec son teint si pâle et ses cheveux couleur d'argent qui se répandaient autour de son visage. On aurait dit qu'elle venait d'un autre monde. Les tritons faisaient toujours cercle autour du rocher, sans rien dire.
Enfin, Cédric parvint sur la place, la tête entourée d'une bulle qui formait comme un bocal autour de sa tête. Têtenbulle… Harry aurait pu y penser, mais il adorait se compliquer l'existence… Diggory trancha les liens de Cho avec un couteau (petit verni) et s'éloigna avec elle. Harry se prépara à en faire autant. Inutile d'attendre les deux autres, ils n'allaient sans doute pas tarder. Le garçon commençait à nager vers son point de départ, remorquant Ginny à sa suite, quand il vit les tritons s'égailler en tous sens, tandis qu'une créature à tête de requin, vêtue d'un maillot de bain, avançait à une vitesse impressionnante vers le village aquatique. Ses dents firent sans doute du bon travail sur les cordes, mais Harry ne s'attarda pas pour le vérifier. Mine de rien, Ginny pesait à peine moins que lui et la rive était encore loin. Fleur ne se montrait toujours pas…
Harry commençait à faiblir. Il ne tiendrait plus longtemps sous cette forme. Il nageait de tout son corps et de sa main libre pour remonter plus vite à la surface. Il distinguait les rayons du soleil à travers l'eau glauque. Encore un petit effort… Il lui fallait de l'air avant de redevenir humain !
Sa tête passa à travers la surface et il nagea vers le ponton où l'attendaient ses amis, ignorant les cris de surprise de l'assistance. Il était plus que temps de revenir sur la terre ferme ; ses membres étaient engourdis par l'effort fourni. Des têtes à cheveux verts émergèrent autour de lui et les êtres de l'eau lui firent comprendre qu'il avait fait du bon travail, leurs sourires dévoilant leurs vilaines dents. Harry, exténué, était redevenu complètement humain quand il parvint jusqu'au ponton où Théo, prévoyant, lui tendait déjà un peignoir. Ginny toussota et glapit :

- Bon sang ! Il va me falloir des heures pour faire sécher tout ça ! ATCHOUM !
- Content de… te… retrouver, Gin', commenta Harry d'une voix faible.
- Moi aussi. ATCHI ! C'est pas vrai… gémit-elle. Il fallait que je m'enrhume.

Les tritons chantaient, mais hors de l'eau, c'était à nouveau une affreuse cacophonie et les deux apprentis sorciers se hâtèrent de s'éloigner du lac. L'infirmière les héla et leur demanda de venir prendre leur tour dans la file qui patientait devant elle.
Des cris détournèrent leur attention. Fleur Delacour essayait d'échapper à la prise de Mme Maxime pour courir vers la rive.

- Gabrielle ? GABRIELLE ? Elle est vivante ? Elle va bien ? Lâchez-moi !
- Mais elle va très bien, intervint Ludo Verpey. Vous voyez, elle arrive : voila les habitants du lac qui nous la ramènent…
- C'est à cause de ces fichus strangulots… Ces maudites bestioles m'ont attaquée… Oh, ma pauvre Gabrielle…
- Viens un peu par ici, toi, fit la voix grognon de Pomfresh.

Harry se sentit traîné vers les autres. Tous étaient à présent enveloppés de couvertures bien chaudes et tenaient une tasse fumante. Il dut, comme tout le monde, avaler un verre de pimentine pour le garantir d'un possible refroidissement.

- Bien joué, commenta sobrement Krum.
- Tu t'es aussi métamorphosé ? demanda Hermione entre deux gorgées de thé.
- Complètement, par contre. Je suis pas assez doué pour prendre juste les parties qui me conviennent comme Viktor.
- C'est chouette ! décréta Ginny. Il est tout à fait formidable, non ?
- Oui, mais… Plus jamais ça ! Si je me retransforme dans ma vie, ce sera en tant qu'animagus…

En regardant autour de lui, Harry vit Telensk qui souriait jusqu'aux oreilles dans le dos de son patron. Lequel était presque vert de rage. Harry résista à la tentation de lui tirer la langue. Le spectacle de Krum prenant soin d'Hermione ne devait pas remonter le moral du directeur russe.

- Tu as un scarabée dans les cheveux, indiqua Viktor en ôtant l'insecte de derrière l'oreille de Granger.

Etonnant qu'elle ne l'ait pas repéré elle-même… Elle avait vraiment la tête en l'air…
Pendant que les concurrents et les « victimes » se remettaient de leurs émotions, Dumbledore était en pleine discussion avec les tritons, sans doute pour obtenir des précisions quant au déroulement de l'épreuve. Et en plus, il parlait leur langue ! Ce mage-là avait décidément plus d'un tour dans son sac, se dit Harry. Raison de plus pour y faire attention. Il tourna la tête pour voir Fleur entrain de se disputer avec l'infirmière. La jeune fille était couverte de bleus et d'écorchures, mais assurait qu'elle s'en débrouillerait très bien toute seule et qu'il convenait plutôt de s'occuper de sa sœur, qui grelottait toujours. Fleur adressa un clin d'œil à Harry avant de retourner s'asseoir. Elle n'avait vraiment pas bonne mine, avec toutes ces ecchymoses qui ressortaient sur sa peau pâle.
Néanmoins, l'ambiance commençait à se détendre. On souriait, progressivement, on se félicitait. Harry sentit soudain la catastrophe arriver quand il repéra la tête rousse de Ronald Weasley qui essayait de se dépêtrer de son frère Perceval. Pour une fois, le pompeux Percy fut d'une grande utilité, car il eut l'excellente idée d'emmener son cadet dans les tribunes. Ludo Verpey s'avança et prit la parole :

- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici les résultats de l'épreuve. Le triton Murcus, chef des êtres de l'eau, nous a fait le compte-rendu des évènements. Nous avons donné à chaque concurrent une note sur cinquante en conséquence. Tout d'abord, Mlle Delacour a fait un excellent usage du sortilège de têtenbulle, combiné à un sort d'accélération. Mais elle a été attaquée près du but par des strangulots et n'a pu délivrer sa prisonnière dans les temps. Elle reçoit vingt-cinq points.
- Pas mal, commenta Ginny. Faut dire que ces saletés n'ont pas été aimables avec elle.

Les Français applaudirent gaiement leur championne, ce qui lui remonta un peu le moral.

- Mr Diggory a lui aussi fait usage du sortilège de têtenbulle et a ramené sa prisonnière une minute après la fin du temps imparti. Nous lui avons donc attribué quarante points.

De nouveaux applaudissements retentirent alors que Cho regardait Cédric avec des yeux débordants d'admiration.

- Mr Potter est revenu deuxième après avoir utilisé un sort de métamorphose personnel, une belle performance pour un élève de quatrième année. Il a ramené sa prisonnière dans les temps. Il reçoit donc quarante-cinq points.

Un immense hourra monta des rangs vert et argent. Les Russes et les Français saluèrent honnêtement la performance. Gryffondor et Poufsouffle se cantonnèrent dans le silence.

- Enfin, Mr Krum a montré une parfaite maîtrise de la métamorphose partielle, qui lui a permis de revenir premier. Il se voit donc attribuer quarante-sept points.

La foule rouge et noire de Durmstrang éclata en acclamations frénétiques.

- Te voilà ex-aequo avec le Diggory, maintenant. Ça commence à devenir intéressant, déclara Fleur à Harry.
- J'espère que la dernière tâche sera un peu moins humide… soupira le garçon en réponse.
- La troisième épreuve aura lieu le 24 juin au coucher du soleil. Les concurrents seront avertis de la nature de cette tâche un mois jour pour jour avant cette date. Maintenant, vous pouvez souffler ! conclut joyeusement Verpey.

Harry se détendit progressivement. Il avait quatre mois devant lui pour se concentrer sur une foule de choses nettement moins stressantes que le tournoi. Faire des misères à Ron Weasley, par exemple… Quand le rouquin voudrait bien comprendre que sa sœur n'en ferait jamais qu'à sa tête, et que lui-même était le plus grand contre-exemple en matière de réussite amoureuse, Voldemort se pointerait chez McGonagall pour prendre le thé.
Minute… Ils se trouvaient dans la même promo, ces deux-là, non ?

Sarah hurla de rire quand Harry lui rapporta ce dernier point.