Disclaimer : L'Univers et les personnages de Harry Potter appartiennent à JK Rowlings

Rating : M - Slash/yaoi - HPDM

Attention : Slash relation entre deux hommes dans le chapitre.

Remarque : vu le nombre de fics déjà écrites, il est possible que certaines de mes idées donnent une impression de déjà-lu. Je n'ai cependant aucune volonté de plagiat.

Merci pour les reviews, les followers et les favorites.

Bonne lecture à tous


Chapitre 25 : Infiltration

La situation s'aggrava le vendredi matin, après l'arrivée du courrier, et plus particulièrement celle de la gazette du Sorcier. Une chape de plomb s'abattit sur la Grande Salle alors que les élèves et les professeurs se plongeaient dans la lecture de la Une du célèbre journal.

"Scandale à Poudlard

Alors qu'Albus Dumbledore, Président-Sorcier du Magenmagot, détenteur de l'Ordre de Merlin première classe et directeur de l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard est aux prises avec une enquête administrative pour la gestion frauduleuse des biens de Harry Potter, le garçon-qui-a-survécu, un nouveau scandale l'éclabousse.

Tandis qu'il s'est employé tout au cours de l'année écoulée à convaincre la population sorcière du retour de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, il a engagé un individu totalement incompétent pour assurer les cours de Défense contre les Forces du Mal, hypothéquant par la même la formation de nos chères têtes blondes.

Lors d'un cours portant sur les duels, le stupide énergumène, au mépris de toutes les règles de sécurité, s'est placé dans la ligne de mire des étudiants. Le résultat de cette imbécilité a valu à cet abruti un séjour d'une durée indéterminée au département des pathologies des sortilèges à Sainte-Mangouste.

D'après les déclarations d'Apollophane Erasmus, responsable du département le mélange des sortilèges ayant frappé Powers a donné un résultat des plus exotiques. La guérison, incertaine, sera très difficile et la convalescence des plus longues.

Indigné, notre cher Premier Ministre, Cornélius Fudge, est intervenu immédiatement pour régler cette situation. Le Ministère a entériné la nomination de Senthor EagleKnight par décret ministériel. Monsieur EagleKnight, membre du peuple des Elfes de l'Air, dispose des plus hautes qualifications en la matière, puisqu'il est titulaire d'une Maîtrise en DCFM. Gageons que désormais, nos jeunes recevront un enseignement à la hauteur des risques qui les attendent à l'extérieur en ces temps difficiles.

Tous les renseignements sur l'enquête pages 4-6

Biographie de Mike Powers page 8

Détails de l'accident de duel page 9

Qualifications et références de Senthor EagleKnight pages 10-11

Histoire des Elfes de l'Air page 12"

Alors que les murmures devenaient de plus en plus forts, tout le monde commentant l'article, un bruissement d'ailes alerta les élèves de Gryffondor. Un superbe hibou grand-duc se posa avec grâce devant Ginny. Avec appréhension, elle détacha la lourde enveloppe de la patte que l'oiseau lui présentait avec élégance. Aussitôt le pli s'éleva et la lettre officielle voleta devant le visage de Ginny. Une voix féminine, magiquement amplifiée, résonna sous la voûte du ciel magique.

"Miss Ginevra Molly Weasley,

Il a été porté à l'attention de nos services que vous avez mis en danger la vie d'un de vos condisciples, en la personne de Monsieur Harry James Potter, suite à l'usage déconseillé d'un philtre d'amour.

Bien que cette méthode indigne ne fasse pas l'objet de restrictions strictes, la situation nous force à prendre les mesures de précaution d'usage. Nous vous informons donc par la présente que ce sera le seul faux-pas que nous vous autoriserons. Si vous contrevenez de quelconque façon à la sécurité de Monsieur Potter, ou de n'importe lequel de vos concitoyens, nous serons dans l'obligation de vous déférer devant le département de la justice magique.

Un avertissement officiel a également été adressé à vos parents, en tant que responsables de sorcier mineur d'âge.

Avec mes salutations distinguées,

Mafalda Hopkrik,

Département des Usages abusifs de la Magie »

La lettre se replia devant la jeune fille dont le visage se convulsait sous le coup de l'humiliation et de la rage. Jetant un regard furieux vers Harry, elle se leva et sortit sous les quolibets des autres élèves.

- Pourquoi t'a fait ça Harry ? cria Ron.

- Fait quoi, Ron ?

- Pourquoi t'as averti le Ministère ? Pourquoi tu leur as menti ? Pourquoi tu fais du mal à Ginny ?

- Je n'ai rien fait, Ron. Ni écrit, ni menti, rien ! Et si quelqu'un a mal agi, c'est bien ta sœur. C'est elle qui m'a donné ce philtre qui a failli me tuer !

- Mais elle ne savait pas !

- Qu'elle le sache ou pas n'a aucune importance ! Elle n'avait pas le droit de me donner un philtre d'amour. Tu crois que tu apprécierais qu'on te prive de ton libre arbitre ? Tu ne penses pas que j'ai le droit de tomber amoureux sans qu'on me manipule ? On décide déjà de tout dans ma vie ! Tu ne crois pas que j'ai au moins le droit à ça !

Et Harry se leva à son tour pour quitter la salle.

* HPDM *

- Ronald Bilius Weasley, tu es vraiment un imbécile sans nom. Il t'arrive parfois de réfléchir avant de débiter de telles âneries ? s'écria Hermione.

- Mais oui, c'est ça, prend sa défense ! Qui d'autre aurait pu se plaindre si ce n'est lui ?

- Il n'avait pas besoin de porter plainte. Il a failli mourir et Madame Pomfresh a dû faire appel aux spécialistes de Sainte-Mangouste ! En plus, le professeur Rogue a découvert une nouvelle maladie de type moldu qui peut affecter les Sorciers. Ce n'est que grâce à son talent qu'il a pu sauver Harry en préparant d'abord un antidote au philtre et ensuite en réussissant à créer une potion extrêmement difficile pour le guérir ! Tu crois vraiment que toutes ces informations sont restées confidentielles ?

Et sur ces mots, elle quitta la table après lui avoir jeté un dernier regard de mépris, rapidement suivie par Néville.

Les autres Gryffondors étudiaient un Ron écarlate avec un profond sentiment de défiance. Les élèves de Serdaigle et de Poufsouffle échangeaient des commentaires à voix basse, s'interrogeant sur la légendaire loyauté des Rouge et Or qui semblait plus que vacillante.

* HPDM *

A la table des Serpentard, Draco avait suivi toute la conversation en serrant les poings. Il se lança immédiatement à la poursuite de Harry. Il le rattrapa dans le couloir et le tira dans une salle de classe vide. Il l'enlaça en lui chuchotant des paroles d'apaisement, dessinant des cercles dans son dos. Peu à peu les tremblements de Harry s'estompèrent, son souffle se calma.

Redressant la tête, il croisa le regard inquiet du blond qui lui offrit un sourire tendre.

- Ça va ?

- Mieux, grâce à toi.

- Je suis désolé.

- Pourquoi ? Tu n'es pas responsable. C'est Ginny qui est coupable. Et Ron se conduit ...

- Comme un crétin, termina Hermione.

En se retournant vers la porte, Harry et Draco découvrirent la jeune Gryffondor et leurs autres complices.

- Eh bien, on peut dire que le petit-déjeuner a été mouvementé, déclara placidement Blaise. Hermione, tu m'as impressionné, lança-t-il avec un regard admiratif.

- Bon, désolée de jouer encore les rabat-joie, mais il est temps d'aller en cours, dit Hermione.

* HPDM *

La journée se passa sans que personne ne voie ni Ginny, ni Ron. L'esclandre de la Grande Salle était sur toutes les lèvres, se partageant la première place avec l'enquête sur Dumbledore et l'arrivée du nouveau professeur de Défense.

Le soir, Harry se rendit dans les cachots. Séverus le fit entrer dans son salon d'un geste. Le Survivant eut la surprise d'y retrouver les époux Malefoy.

- Harry, mon enfant ! Comment te sens-tu ? demanda Narcissa en l'étreignant, tandis que Lucius, un sourire aux lèvres, le saluait de la main.

- Je vais beaucoup mieux, Narcissa, merci. Et vous, comment vous portez-vous ?

- Content d'avoir eu un peu d'action ces derniers jours, et ce grâce à toi, répondit Lucius.

- Et tu aurais dû voir l'état du prof, père, s'exclama Draco en entrant dans la pièce.

- Oh, mais nous l'avons vu. Séverus a bien voulu nous montrer ses souvenirs dans une pensine.

- Il y avait très longtemps que je n'avais pas ri autant, compléta Narcissa.

- Il faudra d'autant plus se méfier de Dumbledore, intervint Séverus. Il a été bien trop prompt à soupçonner Harry de cet accident. Sans oublier qu'il est mis au pied du mur par les Gobelins.

- Nous savions bien qu'il était dangereux, ça ne change pas grand-chose, dit Harry, tandis que Draco, qui s'était installé près de lui, entrelaçait leurs doigts.

- Mais il faudra aussi tenir compte des deux belettes ! La réaction de Weasmoche a été des plus violentes ce matin. Et le fait que la garce rousse parte sans un mot me semble de mauvaise augure, reprit Draco.

- Si seulement j'arrivais à comprendre ce truc d'auras. Séverus, les jumeaux avaient quelque chose à propos de leurs lunettes ?

- Oui, Harry. Ils ont mentionné un vieux grimoire dans lequel ils avaient trouvé un sort. J'ai été le récupérer ce midi à la Bibliothèque, informa-t-il en plaçant un vieux livre poussiéreux sur la table avant de l'ouvrir à la page requise.

Lucius se pencha aussitôt pour déchiffrer le texte. Après quelques minutes, il se redressa :

- Malheureusement, ça ne va pas nous aider. L'inventeur du sort fait référence à un autre ouvrage très rare qui l'a orienté dans sa création.

- En effet, répondit Séverus. Et la Bibliothèque ne contient pas ce livre.

- Il n'est peut-être pas à Poudlard, mais je suis sûr qu'on peut le trouver au Manoir Malefoy, déclara Draco.

- Mais,… le Manoir est aux mains de Voldemort, Draco. On ne peut pas y aller, répondit Harry qui s'était tendu.

- On n'a pas le choix, et puis je suis certain qu'on peut réussir.

- Non ! Il est hors de question que tu risques ta vie pour un stupide bouquin. On trouvera une autre solution ! Peut-être que Senthor …

- Harry ! Tu n'as rien à m'interdire !

- Mais …

- Draco a raison, Harry, coupa Lucius. Il y a de grandes chances que ce livre se trouve dans la Bibliothèque du Manoir et nous ne devons plus perdre de temps. Même si ce pouvoir semble dérisoire, j'ai l'intuition qu'il pourrait nous être extrêmement utile. Et puis, lorsque nous avons trahi Face de Serpent, j'ai eu juste le temps d'activer certaines défenses secrètes du domaine. Je ne crois pas que le Manoir serve encore de Quartier Général.

- Mais c'est trop dangereux, plaida Harry.

- Bien sûr que c'est dangereux, mais nous ne sommes pas des Serpentard pour rien. Et puis, c'est notre maison. Ne crois-tu pas que nous sommes à même d'y entrer sans être vu, accusa Draco.

- …

- Bien, Draco, Séverus, nous irons demain soir. Le Vieux Serpent aime toujours faire ses grandes réunions le samedi soir. Même s'il a laissé des éclaireurs, ils seront peu nombreux.

Cette décision prise, Séverus renvoya les garçons à leur dortoir respectif. Ils avaient des préparatifs à faire et surtout ils devaient prendre du repos.

* HPDM *

En passant le tableau qui gardait les appartements du Maître de Potions, Draco voulut attraper la main de Harry qui se dégagea d'un coup sec. Sans un regard pour le blond, le Survivant s'engagea d'un pas vif dans les couloirs.

- Harry ! Harry, s'il te plaît, appela Draco.

- Laisse-moi tranquille ! Je n'ai rien à te dire ! Fiche-moi la paix, cria-t-il en s'enfuyant.

Le jeune Malefoy se figea sur place, observant le jeune homme s'éloigner, le cœur serré.

Harry rentra dans son dortoir, furieux. Il détestait que les autres se mettent en danger pour lui, pour sa « mission » et il détestait encore plus Draco pour ne pas le comprendre. Il se sentait blessé, trahi que celui qui détenait son cœur, même s'il ne le lui avait jamais avoué, puisse faire preuve d'une telle légèreté envers ses sentiments.

« Eh bien, si je n'ai rien à lui dire, qu'il se débrouille ! Qu'il aille donc se faire tuer cet idiot ! Qu'il se jette donc dans la gueule du Serpent ! », marmonna-t-il en grimpant dans son lit avec colère, avant de pousser un profond soupir teinté de désespoir. « Par pitié, Merlin, aidez-le ! Protégez-le ! », supplia-t-il en silence, des larmes mouillant ses joues avant de sombrer dans un sommeil très agité.

* HPDM *

Harry resta à l'écart toute la journée, se tourmentant et s'inquiétant. Il trouva refuge dans la Salle sur Demande. Il s'entraîna pendant des heures, avant de s'effondrer vaincu par la fatigue. Un lit apparut dans un coin, l'invitant à venir s'y étendre.

Une sensation de flottement réveilla l'adolescent. Ouvrant les yeux, il observa son environnement mais il était toujours dans la Salle. Lentement, il se redressa, une sensation étrange pulsant dans sa poitrine. Un doux mouvement sur sa droite lui fit découvrir un fauteuil occupé par une très vieille dame.

- Bonjour Harry ! Tu as bien dormi ?

- Euh … Bonjour. Oui, merci. Mais …

- Tu te demandes qui je suis et où on est, n'est-ce-pas ? demanda-t-elle avec malice.

- …

- Nous sommes toujours dans la Salle sur Demande et je te rassure, tu es bien éveillé. Je sais que tu n'apprécies pas les rencontres quand tu es inconscient, sourit-elle.

- Mais comment … ?

- Je sais énormément de choses, vois-tu ? Comment crois-tu que Dumbledore soit toujours si bien renseigné ?

- …

- Je suis Poudlard, mon enfant, ou du moins, une représentation de Poudlard. Lorsque les Fondateurs m'ont créée, ils ont insufflé leur magie dans mes fondations, dans mes murs, me donnant une sorte de conscience. Et avec le temps, cette conscience s'est renforcé grâce à tous les enfants qui ont vécu et ont grandi ici. J'ai toujours été au service des Directeurs, pour leur permettre de protéger efficacement les élèves. Mais aujourd'hui, Albus Dumbledore se montre indigne de cette charge.

- Mais, vous n'êtes pas obligé de travailler pour lui ?

- Non, mon enfant ! Je suis libre de mes pensées et de mes actes. Albus a beau être puissant, je le suis plus que lui d'une certaine façon. Je suis immuable, éternelle en quelque sorte. Et aujourd'hui, je viens t'offrir mon aide.

- Pourquoi ?

- Je t'observe depuis longtemps, tu sais. Bien sûr, c'est à la demande du Directeur que j'ai porté mon attention sur toi, mais j'ai appris à te connaître. Tes intentions sont pures, tout comme ton cœur. Tu es un digne représentant de Gryffondor, mais tu possèdes également les qualités des autres Maisons. Et puis, j'ai pu remarquer que tu avais reçu ton héritage, avec un petit plus même, quand tu es rentré cette année. Rassure-toi, Albus ne se doute de rien. Il est bien trop concentré sur sa vie. Mais les Ténèbres sont de plus en plus présentes aujourd'hui, et pas seulement du côté du Mal.

- Merci.

- Pourquoi donc, mon enfant ?

- Si vous êtes Poudlard, cette salle, c'est vous aussi. Je comprends maintenant que cela fait longtemps que vous m'aider.

- Et j'en suis ravie, crois-le. C'est aussi pour ça que je voulais te voir aujourd'hui. Je sais que tu t'inquiètes pour tes amis. Leur mission de ce soir est très dangereuse et je voudrais vous assister.

- Comment pourriez-vous faire ?

- En leur offrant un point de chute totalement sûr. Je voudrais que tu les amènes ici ce soir. Je vais les autoriser à transplaner depuis l'enceinte du Château. De cette façon, ils pourront revenir directement dans cette Salle où tu les attendras. Je pourrais également fournir tout ce qui serait nécessaire, tant pour la mission que pour les éventuelles conséquences de celle-ci.

Intensément soulagé, Harry entoura la vieille dame de ses bras, murmurant des mercis sans fin. Celle-ci l'enlaça à son tour, lui transmettant une vague de profonde tendresse et d'amour avant de se dissiper comme une brume.

* HPDM *

Harry courut dans les couloirs pour rejoindre les cachots au plus vite, un Tempus lui ayant appris que l'heure du départ approchait.

- Attendez, souffla-t-il en avisant les trois hommes prets à partir, en déboulant dans le salon.

- Harry, qu'est-ce qu'il y a ? demanda Séverus.

- Vous devez … venir … avec moi … dit-il tout essoufflé.

- Où ça, rétorqua Draco froidement, cachant efficacement son inquiétude.

- Salle sur Demande.

- Ce n'est pas le moment, Harry, intervint Lucius. Nous devons y aller.

- Non, pas tout de suite. C'est vraiment important. Pour votre sécurité, s'il vous plaît.

Devant la panique de l'adolescent, l'aristocrate acquiesça.

Quelques minutes plus tard, Harry convoquait la Salle et invitaient les trois Malefoy et Séverus à entrer.

- D'accord Harry, pourquoi voulais-tu que nous venions ici ? demanda Draco.

- Pour me rencontrer, répondit une voix désincarnée avant que la silhouette d'une vieille femme se dessine, alertant les quatre sorciers qui pointèrent leur baguette.

- Non, intervint Harry. C'est une amie, c'est la représentation de Poudlard.

Des hoquets de stupeur se firent entendre tandis que la figure féminine se présentait, éveillant peu à peu des lueurs de respect et de soulagement dans les yeux de ses auditeurs.

- Vous souhaitez donc nous aider, même si nous nous opposons au Directeur, demanda Séverus.

- Oui, mon enfant. Albus n'est plus digne de sa charge et il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour contrer ce Voldemort.

- Et comment allons-nous procéder ? requit Lucius.

- Pour le moment, je vais vous aider à mener à bien votre mission. Posez vos mains sur la mienne, tous les cinq.

Une chaude lumière baigna la salle avant de s'éteindre doucement.

- Voilà, désormais, vous pouvez transplaner librement dans l'enceinte de l'école. Revenez directement dans cette salle après votre mission, Narcissa et Harry vous y attendront.

La silhouette s'effaça en même temps que le claquement sec retentissait.

Narcissa et Harry s'installèrent silencieusement, attendant le retour des trois hommes.

* HPDM *

Trois heures s'écoulèrent avant que le bruit caractéristique ne se fasse à nouveau entendre. Séverus et Lucius se trouvaient au milieu de la salle, soutenant un Draco inconscient et ensanglanté.

Aussitôt, un lit apparut sur lequel les deux adultes allongèrent l'adolescent, Narcissa se chargeant de le déshabiller, tandis que Harry restait immobile, muet d'horreur.

- Que s'est-il passé, demanda la mère, inquiète.

- Il n'y avait que trois gardes dans le Manoir, répondit Lucius qui avait conjuré une éponge et une bassine d'eau pour nettoyer le visage de son fils. On a pu facilement les immobiliser.

- Et vous avez trouvez le livre ?

- Oui, répondit Séverus, en faisant absorber plusieurs potions à Draco, même s'il a fallu beaucoup de temps. Faudrait vraiment que vous fassiez un inventaire.

- Oh ça va hein ! rétorqua Lucius.

- Mais, Draco …

- C'est en sortant de la Bibliothèque que les ennuis ont vraiment commencé. Face de Serpent a installé des pièges à capteur de mouvements. Draco a été pris dans une espèce de toile d'araignée. Un filet qui se resserrait de plus en plus, et dont les fils étaient aiguisés comme une lame de rasoir, expliqua Séverus en montrant le réseau de coupures plus ou moins profondes qui striaient le torse pâle.

- Et sa tête ? questionna Harry qui s'était enfin approché.

- Le filet tirait Draco vers le plafond, on n'arrivait plus à le retenir. J'ai lancé un Reducto sur la voûte et les murs puisque le sortilège y semblait fixé mais ça n'a pas suffi, répondit Lucius, se tordant les mains. J'ai fait appel aux défenses du Manoir par l'injonction du Sang sur la Rose des Vents.

- Et ça a fonctionné, reprit Séverus. Le problème est que non seulement Draco a fait une chute de cinq mètres, tête la première, mais qu'en plus plusieurs blocs de pierre lui sont tombés dessus, y compris la tête.

- Et maintenant ? continua Narcissa.

- Il a plusieurs fractures, dont une de crâne. Des coupures profondes et une perte de sang importante. Et il souffre d'une commotion cérébrale sévère.

A ces mots, Narcissa émit un gémissement tandis que Lucius la prenait dans ses bras. Harry restait silencieux, immobile, les larmes commençant à couler sur ses joues.

« Tu peux l'aider ! » chuchota une voix à son oreille.

Comme un automate, Harry se débarrassa de sa chemise, son pantalon et ses chaussures et s'avança vers le lit où gisait Draco. Repoussant légèrement Séverus, il s'allongea contre le blond, passant un bras sur son torse et une jambe sur les siennes, nichant sa tête dans son cou. Fermant les yeux, il inspira et expira profondément.

Une bulle s'étendit lentement sur son corps, avant d'envelopper celui de Draco et les trois adultes purent entendre distinctement un soupir de soulagement.

- La magie de Harry va le soigner, expliqua Séverus inutilement.

- Oui, répondit Lucius.

- Laissons-les, proposa Narcissa. Ils sont en sécurité ici et vous avez besoin tous les deux de repos.

Après un dernier coup d'œil au couple endormi, ils sortirent de la salle pour rejoindre les cachots.

* HPDM *

Aux toutes premières lueurs de l'aube, le cocon vacilla, laissant apparaître les deux adolescents endormis, Draco parfaitement guéri. Les paupières du blondinet papillonnèrent un instant avant de s'ouvrir. Il fronça un instant les sourcils en sentant un poids inhabituel peser sur sa poitrine et sur ses jambes, avant que ses yeux ne devinent une tignasse hirsute lovée au creux de son épaule.

Il caressait de sa main libre les cheveux en bataille, appréciant leur douceur quand son mouvement répétitif réveilla Harry qui redressa lentement la tête, ses yeux verts plongeant dans les orbes de mercure.

- Draco, murmura-t-il dans un souffle, ses yeux s'emplissant de larmes qui débordèrent sur ses joues pâles.

- Bonjour Harry et merci de m'avoir soigné, répondit-il en se penchant, ses lèvres recueillant les gouttes scintillantes et suivant leur chemin jusqu'aux lèvres douces.

Tendrement, sa langue dessina le contour des lèvres de Harry, quémandant l'entrée de ce paradis sucré qui lui manquait tant. Et tandis que sa langue dansait dans la bouche offerte, il repoussait le corps juvénile sur le matelas, ses mains partant à la conquête de ce territoire inconnu, caressant et dessinant les tétons qui durcirent, dévalant la vallée tendre du ventre traversé par une ligne de poils sombres, escaladant les hanches jusqu'à buter sur l'élastique du boxer qui dérobait encore à sa vue le plus précieux des trésors.

Submergé de sensations, Harry se précipita à la découverte de son amour, sa langue repoussant son assaillante pour à son tour se glisser dans la bouche de son amant, ses mains glissant sur la surface lisse de son dos, flattant les côtes et glissant dans le creux de ses reins, pour attirer avec un peu plus de force ce corps contre le sien. D'un mouvement instinctif, il écarta doucement les cuisses, permettant à Draco de s'installer confortablement dans le cocon offert, amenant leurs virilités encore emprisonnées à se frotter.

D'un Devestio informulé, Draco les débarrassa des sous-vêtements encombrants, frissonnant violement lorsque leurs érections entrèrent en contact, peau contre peau. Lentement, il lâcha les lèvres de Harry pour plonger dans son cou avant de suivre un chemin mystérieux, l'amenant à un téton érigé pour le torturer des lèvres, des dents et de la langue, tandis que sa main triturait l'autre, amenant Harry à se cambrer, propulsant ses hanches vers l'avant.

Draco continua sa route, sa langue se perdant dans le nombril du Survivant tandis que sa main caressait la peau tendre de ses cuisses, évitant sciemment la hampe dressé qui perlait déjà de désir.

- Merlin, Draco … je t'en prie, chuchota Harry.

A ces mots, Draco se redressa et vint piller la bouche du brun, lui offrant un baiser violent, dévastateur, brûlant et empli de tout l'amour qu'il ressentait pour lui. Le laissant pantelant, il redescendit le long du corps finement musclé et se pencha lentement vers le membre qui se tendait vers lui.

D'une douce caresse, ses lèvres frôlèrent sa longueur, sa langue traçant une ligne de feu humide jusqu'au gland qu'elle titilla et cajola avant de l'amener dans son antre brûlant. Lentement, Draco engloutit la verge suppliante, la relâchant un instant pour la reprendre plus lentement encore, provoquant les râles de Harry. Il lécha, suça, tout en maintenant les hanches du Survivant lui interdisant tout mouvement, alors que ce dernier s'agrippait à ses cheveux, sollicitant désespérément la délivrance.

Tout en continuant son supplice, Draco caressa l'ouverture plissée avec tendresse, appuyant doucement l'index, avant de revenir caresser les bourses tendues et de recommencer. Un gémissement plus sonore de Harry lui enjoignit d'aller plus loin et lentement le doigt fut enfoui, avant qu'il n'entame un mouvement de va-et-vient. Un moment plus tard, un second doigt le rejoignit, amenant une légère plainte d'inconfort que Draco lui fit oublier par une succion plus forte. Le troisième doigt entra sans difficulté, la sensation de brûlure s'étant noyée sous le fulgurant plaisir qui traversa Harry, Draco ayant effleuré sa prostate en même temps qu'il l'avait amené à la jouissance la plus pure. Arcbouté, hurlant le nom de son amant, Harry se libéra dans la bouche de ce dernier, qui se reput de l'essence ainsi offerte.

Après un dernier coup de langue, Draco remonta en serpentant vers le visage de Harry et lui ravit sa bouche, lui offrant son propre parfum. Et tandis que les langues recommençaient leur valse sensuelle, Draco retira ses doigts de l'intimité de Harry, amenant celui-ci à pousser un grognement d'insatisfaction. Il présenta son sexe devant l'entrée et lentement, pénétra son amant, plongeant son regard dans le sien, s'arrêtant à la moindre grimace de souffrance ou d'inconfort. Et enfin, il se sentit chez lui, son membre entouré de la douce chaleur de son amant et resta immobile, attendant.

Harry donna le signal qu'il attendait, ses hanches se poussant à sa rencontre, ses dents mordant sa lèvre inférieure sous l'afflux des sensations.

Et Draco commença ses va-et-vient, alternant les poussées profondes et brutales et celles plus douces, plus tendres, les yeux toujours rivés à ceux de Harry. Peu à peu, leurs souffles devinrent erratiques, leurs mouvements plus instinctifs encore.

Voyant la brume du plaisir envahir les prunelles vertes, Draco se redressa légèrement pour pouvoir saisir la verge de Harry et y appliquer un mouvement rappelant celui de son bassin.

Dans un cri, Harry se déversa entre les doigts de son ange blond, entraînant l'extase de ce dernier, ses muscles se contractant autour de lui. Murmurant le nom de son amant entre ses dents serrées, Draco éjacula en longs jets brûlants, avant de s'effondrer sur Harry, les laissant tous les deux à bout de souffle.

Draco se retira précautionneusement, lança un Tergeo fatigué sur leurs deux corps et s'étendit contre le dos de Harry, l'étreignant possessivement.

- Je t'aime, Harry, mon ange, souffla-t-il à l'oreille du brun.

- Je t'aime, mon dragon, répondit Harry, se saisissant de la main de Draco pour la serrer dans la sienne tout contre sa poitrine.

Un sourire heureux s'esquissa sur les visages des deux amants avant qu'ils ne s'endorment dans les bras l'un de l'autre.