Hey ! Voici le chapitre 25 de « Ce cruel et beau monde » ! Vous êtes étonnés qu'il soit publié aussi tôt, hein ? J'ai décidé de le faire plus court pour pouvoir le poster plus vite que d'habitude. Et puis, je considère un peu ce chapitre comme une sorte de transition plus douce à la suite, alors je pense qu'il n'a pas besoin d'être très long. 9000 mots, c'est déjà pas mal ! Je suis retournée à l'internat, mais j'ai demandé à ma mère si elle pouvait me prêter son PC portable, ainsi je peux écrire tous les soirs sans être dérangée ! Je fais quand même attention à ne pas me coucher trop tard, afin de ne pas être trop fatiguée le lendemain !

J'aime ce chapitre, et en même temps, vu qu'il est plus court et que je l'ai fait plus rapidement que ceux d'avant, j'ai l'impression qu'il est un peu bâclé… comment dire, y a des moments ou je suis inspirée pour la description, et d'autres ou je ne sais pas du tout quoi dire, ça m'énerve, grr ! Mais j'espère qu'il vous plaira quand même !

Sur ce, je réponds à vos commentaires !

Réponse aux commentaires :

La : Coucou ! Ah bah écoute, tu n'aimes pas Tsukiyo, tant pis ! Tant que tu aimes May, c'est le principal ! Je ne peux pas faire aimer tout mes personnages ! ^^ Merci pour tes encouragements !

Ic'Ilver : Coucou ! ^^ Je suis contente si tu l'aimes ! Bon, le « ta gueule » était un peu violent, mais on a tous déjà dit ça au moins une fois XD Eh ouais, elle avance bien leur relation, mais pas du tout dans ce chapitre haha ! Bah quoi, « tête de pois chiche » c'est très bien, non mais ! D :

Quel est ce fameux pouvoir ? Hm… tu n'apprendras rien de véridique dans ce chapitre, enfin je veux dire, Law ne fait que des hypothèses, je n'ai encore rien confirmé mouahahaha ! Mais arrête de dire que y a que 24 chapitres aww ! _

Yes je vais suivre ton conseil, je fais les deux t'inquiète pas ! :D

Merci de prendre ton temps pour commenter !

Torima Kenro : Coucou ! Tu vas me faire rougir _ Fallait regarder l'heure, ça t'apprendra à me lire tard dans la nuit, mouahahaha ~ ! Tu n'apprendras pas grand-chose sur Tsukiyo dans ce chapitre, mais je ne dis rien de plus, bye :D !

DonnySean : Hey ~ ! T'inquiète pas, pas de souci ! Oh, une nouvelle lectrice qui l'aime bien ! Yeaaah ~ ! Bah j'avoue que je m'étais jamais demandé si elle pouvait être lourde avec ses provocations, je vais faire plus attention à ça ! ) MAIS POURQUOI TU KIFFES NOA TOI JE TE COMPRENDRAI JAMAIS XD ! Tu m'étonneras toujours x'D ! Tu n'apprendras pas grand-chose de plus sur Tsukiyo dans ce chapitre, désolée ! Oh, tu avais déjà eu cette idée de faire apparaître d'autres gens qui viennent du même monde que May ? Est-ce que nous serions âme sœur, par hasard ? Eh ouais, ça ouvre une nouvelle vision, comme tu dis ! Et j'ai envie de l'exploiter un max ! Mais va falloir attendre encore un peu avant que tout ça s'installe !

Ça me rassure vraiment que tu me dises que tu me lis pour l'autre côté de l'histoire, et pas que pour le Law x May, car beaucoup de lecteurs semblent regretter le Law x May, et je le comprends, mais je veux aussi exploiter le reste des personnages et m'intéresser à d'autres aspects de l'histoire ! Merci ! 19 ans, déjà, aww ! Ah tu es aussi en TL ? Bon courage à toi aussi alors XD !

C'est SHACHI, pas Sachi ! xD

Merci c'avoir commenté, à la prochaine ma petite Donny ~ !

Traffy D Lamy : Eh ouais, ça commence à partir en cacahuète comme tu dis ! En effet il va pas être très content notre petit capitaine, mais ça va s'arranger ! Oui, les choses sérieuses se mettent doucement en place… mais ce ne sera quand même pas pour tout de suite haha ! Bye ~ et merci de commenter ! =)

Lorelin : Hey ! Beaucoup de questions dans ton esprit dit donc ! Tu auras ces réponses un jour ou l'autre ! Je suis étonnée que tu trouves le développement de Tsukiyo « intéressant », mais ça me fait plaisir ! Je ne sais pas trop si je l'ai foiré ou non haha. Tu verras May dans ce chapitre, et en effet je n'avais pas pensé à ça, tu m'as donné l'idée de faire une conversation entre Shachi et May du coup, va juste falloir que je trouve dans quel chapitre je l'écris ! =) Comment ça peu importe si je suis en terminale ou non ? Un peu de compassion pour la pauvre lycéenne que je suis, non mais oh ! xD Merci, j'espère que l'on se reverra bientôt et que tu auras un peu réponse à tes questions dans ce chapitre 25 !

Lys-O : Bonjour ! En effet la Terminale ça rigole plus, faut y aller maintenant ! Ton commentaire a été difficile à avaler pour moi au début, mais je suppose que j'avais besoin que l'on me « remette à ma place », je tenais donc à te remercier pour cela, c'est très gentil et courageux de ta part ! Je n'avais jamais pensé que les lecteurs pouvaient s'arrêter de commenter à cause du temps de publication, mais j'en ai pris conscience maintenant. Je sais que dit comme ça, vouloir faire 40 chapitres c'est complètement stupide, mais comment dire… si je veux exploiter tous les aspects que j'ai toujours rêvé de faire en commençant cette histoire, je n'ai pas trop le choix. Je ne veux pas faire une fin bâclée ou tout d'un coup May sait comment rentrer chez elle etc, il faut du temps pour ce genre d'intrigue et donc c'est pour cela que je pense qu'il faudra encore de nombreux chapitres avant d'avoir une fin. Je peux comprendre que tu adores le Law x May, et je te remercie de me dire que ce n'est que ton avis, car je sais que beaucoup aiment l'autre aspect de l'histoire. La romance ayant déjà pris énormément de place, je considère que je peux laisser plus de place au côté « fantastique », sans oublier la romance pour autant, mais je ne peux pas en mettre à chaque chapitre car il y a les autres personnages à développer à côté. Certains aiment, d'autres non. ^^

C'est gentil de vouloir continuer à me lire, mais si tu n'en as plus l'envie tu n'es pas obligée de te forcer tu sais, mais si tu insistes pour continuer, sache que cela me fait plaisir et que tes remarques m'ont aidée à avancer !

Merci pour ta franchise et d'avoir pris de ton temps pour m'écrire tout cela, c'est ce genre de commentaire qui permet aux auteurs d'avancer !

A la prochaine peut-être ?

EMMA BD : Coucou ! Désolée je sais que May n'est pas trop présente dans le chapitre 24 mais dans le 25 elle y est beaucoup ! J'ai essayé d'écrire le plus vite que je pouvais, voila ! Prend ton temps pour ta fanfic, mais ne fait pas comme moi non plus haha ! Bon courage pour ton histoire =) Et à la prochaine ! ^_^

Nikkouyoku : Salut ! Pas grave ça arrive de mal dire les choses ! Moi aussi parfois je ne m'exprime pas très bien haha ! En effet, on peut compter sur Shachi pour l'adoucir un petit peu ! Gloire à notre ange gardien Shachi XD ! Eh ouais, les choses sérieuses commencent bientôt ! Ce n'est qu'un petit avant goût haha ! Si Tsukiyo trahira le Joker qui est peut-être son Maître ? Tu verras bien ~ Merci, bon courage à toi aussi pour tes cours, on doit se serrer les coudes !

Ruko-Yoru : j'ai déjà commenté sur ton blog, merci de prendre de ton temps pour me donner ton avis, j'ai tes dessins au chaud sur mon ordinateur ! =) Bye !

Merci du fond du cœur pour vos remarques, vos idées, vos théories et votre soutien ! J'espère que vous apprécierez ce chapitre 25, même s'il est plus court ! Il n'a pas encore été corrigé, ma correctrice s'occupant déjà du chapitre 24. Donc voila, j'ai essayé de corrigé les fautes, mais il en reste peut-être, désolée si c'est le cas !

Bonne lecture !

Merci à WhiteMerry pour avoir pris le temps de corriger ce chapitre ! ^_^ N'hésitez pas à aller voir son profil !

oO_O_Oo

— Je crois que tu as des choses à m'expliquer, miss.

Le moment était venu de lui parler de ce qu'elle gardait en elle depuis un moment. Il fallait bien qu'ils abordent ce sujet un jour ou l'autre, et ce jour était arrivé, alors elle ne fuirait pas. Néanmoins, il lui était difficile de réfléchir à cet instant, tout s'entremêlait encore dans sa tête suite à ce qu'il venait de se produire. Elle se revoyait, échangeant sa place avec la balle qu'elle avait tirée précédemment sans en avoir pleinement conscience. Tout était si vague, il lui avait semblé avoir furtivement aperçu des particules de lumière voletant dans l'air lorsqu'elle avait utilisé son pouvoir, mais c'était si flou qu'elle n'était sûre de rien. La seule chose dont elle se souvenait était la sensation d'une soudaine puissance qui s'était emparée d'elle, ainsi que celle d'avoir une autre vision du monde, pas forcément plus élargie, juste différente, comme si elle l'avait entraperçue durant l'espace d'un instant fugace sous un angle nouveau.

Le cœur serré par l'appréhension, elle suivit Law jusqu'à sa chambre, dans laquelle ils seraient tranquille pour parler tous les deux et protégés des oreilles indiscrètes. Cachant son impatience, le jeune homme prit place sur la seule chaise de la pièce, plaça ses mains derrière la tête et posa ses pieds sur le bureau avec sa nonchalance habituelle, tandis que la lycéenne alla s'asseoir sur le bord de son lit, avant de commencer à se triturer nerveusement les mains et de se mordiller légèrement la lèvre inférieure, s'obstinant à contempler le sol afin d'éviter son regard perçant.

Il n'allait pas du tout apprécier de savoir qu'elle était entrée dans cette pièce intime sans son autorisation, et qu'elle avait en plus de cela, osé faire le sacrilège de toucher le cadre de ses mains. Elle prit le risque de lui jeter un regard, et vit ses sourcils plus froncés qu'à l'habitude, et détourna à nouveau ses yeux azurés pour retourner à son activité favorite du moment : admirer le sol — qui était propre il fallait l'admettre.

Non, il n'allait vraiment pas apprécier ! Intérieurement, elle paniquait comme elle le ferait lors d'un devoir surveillé de mathématiques.

Law commençait à s'impatienter. Pourquoi ne parlait-elle pas ? C'était lui qui avait besoin de réponses, pas elle. Déjà qu'il avait du mal à se remettre de ce qu'il avait vu… May n'avait jamais touché à un fruit du démon, et n'avait jamais été victime d'une expérience semblable à celle de Shachi, alors comment la scène qui s'était déroulée sous ses yeux ébahis avait pu se produire ? Ça l'agaçait de ne pas trouver d'explication logique, et il espérait que la jeune fille en avait, car il ne comptait pas rester sur ses interrogations.

— Alors ? demanda-t-il, n'ayant plus la patience d'attendre plus longtemps.

— Tu ne vas pas aimer ce que je vais te dire, confessa-t-elle d'une toute petite voix, comme le ferait un enfant pris en faute.

Il se retint de lever les yeux au ciel. Qu'avait-elle fait, encore ? Décidément, elle était douée pour s'attirer des ennuis. Néanmoins, il commençait à y être habitué, après toutes les semaines qu'ils avaient passées ensemble.

— Tu n'as pas pu t'empêcher de faire une bêtise, hm ? l'interrogea-t-il avec exaspération. J'exige tout de même de savoir, ajouta-t-il fermement.

Même si elle avait pensé ne pas fuir et assumer, elle restait quand même effrayée. Elle tenait à sa vie et ne désirait guère subir les foudres du Chirurgien, parce qu'un Law en colère, ce n'était pas mignon du tout. Où était la corde et la chaise, afin qu'elle puisse se pendre joyeusement ?

— Mais… tu es sûr de vouloir savoir ? questionna-t-elle lentement pour gagner du temps, tout en réfléchissant à un moyen de le rendre de bonne humeur afin d'augmenter ses chances de survie déjà maigres.

— Oui, viens-en aux faits, miss, répondit-il sérieusement.

— Nan mais, tu es vraiment sûr ? Parce que sinon je peux revenir une autre fois tu sais..., insista-t-elle, tout en se sentant de plus en plus ridicule.

Il la fusilla du regard, ce qui lui fit comprendre qu'elle avait intérêt à parler si elle ne voulait pas qu'il utilise son fruit du démon dans le but de disloquer son corps avec un sadisme qui le caractérisait bien. Elle déglutit difficilement.

— Je ne sais pas vraiment pas par où commencer, avoua-t-elle, un peu perdue. J'ai moi-même du mal à m'en remettre…

— Et si tu commençais par le commencement ? proposa-t-il d'un ton sarcastique qui trahissait son impatience et son agacement grandissant.

Ecoutant son conseil, elle toussota bruyamment et, de manière théâtrale, elle leva sa main en l'air et énonça distinctement :

— Toute cette histoire commença par un beau jour de printemps ensoleillé, et…

Elle se tut en remarquant le regard de Law qui lui ordonnait silencieusement de ne pas aller au bout de sa connerie. Elle se retint de soupirer et, reprenant son sérieux, elle inspira fortement et décida de se jeter à Law — à l'eau.

— D'accord, d'accord…, soupira-t-elle. Voila, il y a quelques jours… je suis allée dans ta chambre alors que tu n'y étais pas, prononça-t-elle très rapidement et à voix basse, ce qui rendit la phrase inaudible et incompréhensible pour le capitaine qui bouillonnait intérieurement.

— Un peu plus fort et ce serait parfait, miss, lança-t-il ironiquement, ses lèvres s'étirant en un sourire crispé qui témoignait de son état.

— Je suis allée dans ta chambre sans ton autorisation, je suis désolée ! parvint-elle à lui dire en penchant la tête, l'air profondément désolé. J'ai frappé mais tu n'as pas répondu, et je me suis permis d'entrer !

Law haussa un sourcil. C'était donc pour cela qu'elle avait fait toute une histoire ? Il était vrai qu'il n'aimait pas que l'on entre dans son espace personnel, mais si elle était rentrée puis était sortie juste après en voyant qu'il n'était pas là, il pouvait passer outre.

— Tant que tu n'as touché à rien, ça me va, répliqua-t-il d'un ton neutre, pensant la rassurer.

Ce qui fut vain, au contraire, car elle sembla se figer davantage après avoir entendu ses mots, et ce fut pile à cet instant que Law comprit que quelque chose clochait. La lycéenne se redressa lentement, et annonça avec un rictus :

— Bah… justement… ?

Les yeux cendrés de Law se plissèrent aussitôt, alors qu'il comprenait peu à peu ce qu'elle avait eu l'audace de faire. Il enleva brusquement ses pieds de son bureau et se mit en position assise, le dos penché vers elle et les mains croisées devant lui, tandis que son visage s'assombrissait dangereusement.

— Tu as raison miss, je n'aime pas du tout ce que tu me dis là, affirma-t-il plus froidement, furieux. Qu'est-ce que tu as fait ?

Intimidée, May tourna la tête et se toucha la nuque de sa main gauche, très mal à l'aise.

— Je… j'ai vu ton cadre, et je l'ai pris pour mieux le voir…, précisa-t-elle, grimaçant.

Le capitaine des Heart Pirates se pris l'arrête du nez entre ses doigts et soupira fortement, excédé. Ça, ça ne lui plaisait pas du tout. S'il interdisait à ses hommes de rentrer, c'était bel et bien parce qu'il ne voulait pas qu'il y en ait un qui fouille dans ses affaires et observe la pièce avec minutie, avant de finir par lui poser des questions auxquelles il se refuserait à répondre. Bien sûr, il savait qu'il pouvait leur faire confiance, aucun ne se risquerait à réellement fouiller, car ses hommes le respectaient avant tout, mais malgré cela, il préférait poser des limites. Et May venait de dépasser cette limite. Il pouvait comprendre qu'elle soit curieuse, mais cela ne l'empêchait malheureusement pas d'être envahi par une certaine colère.

Il fut donc incapable de se retenir d'être désagréable :

— Mademoiselle voulait satisfaire sa curiosité ? Mettre son nez dans des affaires qui ne la regardent pas ?

— Mais je…, commença-t-elle, voulant se défendre.

— Tu sais très bien que je n'aime pas du tout que l'on touche à mes affaires, la coupa-t-il sèchement.

Oui elle le savait, mais ça avait été plus fort qu'elle. Sa curiosité au sujet du Chirurgien la poussait à se mêler des affaires des autres, car même si May regardait One Piece et lisait les tomes, elle n'avait jamais été assez loin dans l'histoire pour en apprendre plus sur le capitaine des Heart, ce qui la laissait frustrée.

— Je suis vraiment désolée Law ! répéta-t-elle pour le calmer. Seulement…

Law croisa les bras contre son torse, presque indifférent à ses excuses, la colère prenant le dessus.

— Seulement quoi ?

— Je… je me suis rendue compte qu'au final, je ne connais rien de toi…, admit-elle avec une soudaine mélancolie. Alors tu comprends que j'ai envie de…

— Ah oui, j'avais oublié que tu ne me faisais pas confiance, railla-t-il, de plus en plus submergé par l'amertume.

Là, il allait trop loin d'après la lycéenne. D'accord, elle avait fait une erreur, mais elle le lui en avait fait part et s'était excusée, que pouvait-elle faire de plus ? Elle avait de très bonnes raisons d'être curieuse et de se mêler de ce qui ne la regardait pas ! Qu'est-ce qu'il pouvait être désagréable, quand il s'y mettait !

Retrouvant toute son assurance, May se leva brusquement et darda ses yeux azurés et colériques dans ceux tout aussi furieux de Law.

— Tu sais très bien que ce n'est pas vrai, arrête d'être aussi rancunier ! J'ai reconnu mon erreur, et si je voulais te voir la dernière fois c'était justement pour te dire que j'étais prête à faire des efforts ! s'écria-t-elle vivement, toute trace de timidité ayant disparu.

Le capitaine se contenta de garder le silence, continuant de la toiser mais avec un peu moins de froideur. Ne désirant pas s'emporter, la jeune fille respira un grand coup une deuxième fois, et ajouta plus posément :

— J'ignore tout de toi… ton enfance, ta famille, tes amis, tes ambitions… tout ça, c'est flou pour moi.

La tristesse qu'il avait perçue dans le son de sa voix parvint à l'amadouer, et la colère se dissipa peu à peu malgré lui. Ses yeux se dirigèrent inconsciemment vers le cadre en question.

— Ma vie n'est pas un conte de fée, ça ne changera rien que tu saches quoi que ce soit, avoua-t-il comme si cela l'indifférait.

— Si, ça change tout justement ! contredit-elle aussitôt en s'avançant d'un pas vers lui. Je ne sais rien sur l'homme que j'aime, désolé mais je trouve ça injuste !

Sa propre remarque la fit rougir, et son embarras se renforça lorsqu'elle rencontra deux prunelles cendrées éclairées par un étonnement soudain, pourtant, elle prit sur elle et ne détourna pas les yeux.

— Tu sauras tout le moment venu, se contenta-t-il d'expliquer en espérant qu'ils allaient changer de sujet.

— Mais dans combien de temps ? questionna-t-elle, le doute subsistant en elle. Tu me dis ça mais je comprends comment tu fonctionnes, tu ne fais que repousser l'échéance !

Le silence s'installa à nouveau entre eux. Law était perdu dans ses pensées, inaccessible. Il avait toujours redouté ça, il n'ignorait pas qu'un jour ou l'autre, elle voudrait en savoir plus sur lui, mais il ne savait pas que ce jour viendrait si vite. Il n'était pas prêt à lui en parler, pas maintenant. Il était bien trop tôt. Jusqu'à maintenant l'idée de ne jamais lui en parler lui avait traversé l'esprit, considérant qu'elle n'avait pas besoin de connaître cette partie sombre de sa vie qui avait contribué à ce qu'il était aujourd'hui. Pour l'instant, il était incapable de partager ses tourments avec quelqu'un, peut-être même qu'il ne le serait jamais, même si cette personne était May.

— Tu sais, je ne suis pas la seule à me poser de ce genre de questions, Law, confia-t-elle d'un ton contrarié. Tes hommes se demandent continuellement quelle est l'histoire de leur capitaine, ton histoire.

Il n'en fut pas surpris. Lorsque Shachi était venu le voir pour lui faire des reproches à propos de son comportement avec La Fleur de Cerisier, il lui avait fermement fait comprendre son irritation quant au fait que le capitaine ne se dévoilait pas à eux, et encore moins à lui, qui avait été l'un des premiers membres recrutés de l'équipage, et il comprenait que cela puisse gêner ses hommes, mais c'était comme ça, et pas autrement.

— Il vaut mieux pour eux ne pas savoir, riposta-t-il, toujours aussi neutre, l'air blasé. C'est juste mieux comme ça.

— Pourquoi ?

Le capitaine se leva, attrapa un livre qui traînait sur le bureau et alla le ranger dans son étagère, se mettant dos à la jeune fille, qui était toujours debout, les bras ballants.

— Parce que ça ne fait du bien à personne d'entendre une histoire comme la mienne. Ça plomberait juste l'ambiance et ça leur donnerait une autre image de moi qui n'est pas celle du capitaine fort et prêt à tout pour ses intérêts. Ils n'ont pas besoin de ça, et toi non plus. Maintenant que j'ai répondu, je ne veux plus t'entendre me poser de genre de questions.

Il n'en dirait pas plus, il considérait même que May en savait déjà beaucoup trop. Ses lèvres ne révéleraient rien de plus, l'interrogatoire était terminé.

— D'accord, j'ai compris, je ne te poserai plus de questions, dit-elle en souriant faiblement.

Il fallait savoir abandonner. Si Law ne voulait pas en dire plus, elle ne le forcera pas, par respect pour lui. Le concerné tourna la tête et vit son air morne. Afin de remédier à ça, il s'avança vers elle et lui fit une pichenette, la faisant gémir de douleur.

— Eh, pourquoi t'as fait ça ? Ça fait mal, se plaignit-elle, se frottant le front de sa main, alors qu'elle prenait un air bougon.

— Cette tête de constipé ne te va pas, expliqua-t-il, retrouvant son sourire avenant et à la fois trompeur, qui indiquait que leur conversation précédente était close.

Elle lui tira la langue d'un geste enfantin et rétorqua sans attendre :

— Dis celui qui a plein de cernes et qui aiment effrayer les gens avec son regard de psychopathe.

Le sourire de Law devint mesquin, et il attrapa de ses doigts le visage de la lycéenne avec malice.

— Mais tu aimes ce psychopathe, d'après ce que j'ai entendu tout à l'heure…, souffla-t-il d'une voix rauque, brusquement envahi par le désir.

— Je ne répondrai pas à cette provocation, rétorqua-t-elle en rougissant.

Law laissa un faible rire amusé fendre l'air, puis, répondant à ses envies, il se hâta de poser ses lèvres sur les siennes, à la recherche d'une quelconque satisfaction. Ce contact lui avait manqué, tellement manqué. May y répondit sans plus attendre malgré la gêne. Comment avait-elle pu se passer de ses baisers pendant tant de temps ? A cet instant, il lui semblait indispensable, vital de l'embrasser, de retrouver ses lèvres et leur goût du café qu'il prenait chaque matin pour se réveiller. Pour une fois, elle se décida à prendre les devants et caressa la lèvre inférieure du jeune homme de sa lèvre pour quémander l'entrée afin d'approfondir le baiser. Law le lui accorda, mais il mordilla sa langue aussitôt qu'il rencontra la sienne, comme pour la prévenir que c'était lui qui dominait la partie, pas elle, néanmoins, qu'elle ait pris l'initiative le satisfaisait. Pourtant, il mourrait d'envie d'obtenir plus, bien plus qu'un simple baiser. Il voulait plus que tout répondre à son propre désir et toucher chaque parcelle de sa peau, mais il se risquerait à l'effrayer. Alors il fit taire son égoïsme et son sadisme, pour ne pas éloigner la seule personne auquel il tenait plus qu'à sa propre existence. Le souffle coupé, il se détacha des lèvres rosées et gonflées et alla mordiller le lobe d'oreille de May qui gémit de gêne et de surprise, ce qui le fit sourire, puis il l'embrassa passionnément à nouveau, tout en la rapprochant inconsciemment un peu plus contre lui.

Il s'amusait toujours de ses réactions enfantines et empreint d'innocence. Il était courant qu'à son âge l'expérience soit mince dans ce domaine, mais cela n'était pas plus mal, cela gonflait son égo de savoir qu'il serait le premier à la pervertir et à lui arracher cette innocence. Cela réveillait en lui ses pulsions animales, et il ignorait combien de jours il parviendrait à se retenir. Il avait toujours fait ses petites affaires avec des femmes expérimentées, être avec une jeune fille de dix-sept ans aussi innocente était donc tout nouveau pour lui, mais savoir qu'il dominerait et lui ferait découvrir ce qu'était la luxure et le plaisir suffisait à lui donner patience, car un jour ou l'autre, elle sera prête et s'abandonnera sans aucune peur, voir même avec curiosité, au creux de ses bras pour ne jamais le lâcher.

— Law… on est en train de dévier du sujet principal, là…, réussit-elle à articuler entre deux baisers.

Elle ne voulait que ce moment s'arrête pour rien au monde, mais elle devait lui parler de son pouvoir, c'était important. Law laissa échapper un grognement de frustration, mais se détacha tout de même, la laissant respirer convenablement. Il ne put que sourire narquoisement en voyant ses joues rouges et son air affreusement gênée. Retrouvant son sérieux, la jeune fille ignora son regard provocateur et retourna s'asseoir sur le lit, tandis que Law reprit place sur son siège, une jambe par-dessus l'autre, la tête soutenue à l'aide de son bras qui était posé sur l'accoudoir.

— Tu te souviens, lorsque je t'ai raconté l'attaque des civils, et ma rencontre avec Tsukiyo ?

Il hocha silencieusement la tête, tout en la toisant, l'écoutant d'une oreille attentive.

— Il y a quelque chose que je ne t'ai pas dis, ce jour-là, avoua-t-elle doucement.

— Je suis tout ouïe, miss.

— J'aurais dû être capturée ce jour-là, ou même mourir, confessa-t-elle difficilement, serrant les poings, alors que la scène se déroulait à nouveau dans sa tête.

Law tiqua, mais se réserva de tout commentaire, ce qui encouragea May à parler.

— Il y a eu cette attaque au café, et ce que je ne t'ai pas dit c'est qu'à un moment, un homme avait son arme braquée sur moi, mais contrairement aux autres, il a tiré. Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé d'ailleurs… J'ai juste fermé les yeux très forts, en priant de survivre, et quand je les ai ré ouvert…

Ses yeux azurés se plantèrent dans ceux gris de son interlocuteur, et la confusion traversa son visage pâle. Il était difficile pour elle de parler de ce moment, car elle pensait vraiment mourir ce jour-là.

— Quand je les ai ré ouvert… la balle était à terre, devant moi, et j'étais encore en vie. Sur le coup, je n'avais pas compris ce qu'il s'était passé. Celui qui m'a attaqué m'a parlé d'une aura violette, qui est la même que tu as vu lors de mon combat avec Tsukiyo. C'était la première fois que ce pouvoir apparaissait.

Law enregistrait chaque mot important, essayait de faire des liens, de comprendre.

— Je vois, et ensuite ? demanda-t-il simplement.

— Ensuite, le jour où on s'est « disputés », elle est réapparue encore une fois. Comme je te l'ai dit, j'étais allée toquer à ta porte mais tu n'étais pas là et je suis rentrée. J'allais repartir mais j'ai vu ton cadre, et par curiosité je l'ai pris dans mes mains… et… comment dire… j'ai ressenti tout un tas d'émotions négatives que je ne ressentais pas à ce moment-là.

— C'est-à-dire ?

— J'ai ressenti un désir de vengeance, de la culpabilité et du désespoir, et ça m'a tellement bouleversée que j'en ai pleuré. Quand j'ai baissé les yeux j'ai vu qu'il y avait une aura violette qui parcourait mon corps, comme une sorte de flux bizarre…

Cette aura ne serait donc pas qu'un moyen de se défendre comme elle l'avait démontré lors du combat, mais posséderait également un autre aspect ? Un aspect plus psychologique ?

— Mais… c'était vraiment étrange, c'était comme si ces émotions n'étaient pas… enfin…

Elle se tut, hésitante à l'idée qu'il ne la croit pas, qu'il la trouve ridicule. Remarquant ses doutes, Law l'incita à continuer :

— Comme si quoi ?

— Comme si ces émotions n'étaient pas les miennes… ça… ça peut paraître bizarre vu comme ça, mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti. Je n'avais aucune raison de culpabiliser ou d'avoir un désir de vengeance juste en tenant ce cadre, tu comprends ? Par contre, je les ai tout de même ressentis avec une grande intensité.

Les sourcils de Law se froncèrent. Il se leva et commença à marcher lentement dans la pièce, la tête baissée. Il était dans une réflexion intense. Ce qu'elle lui racontait dépassait de loin ce qu'il avait imaginé. Comment avait-elle pu pleurer juste après avoir attrapé un cadre ? Ça n'avait aucun sens. Elle affirmait que les émotions ressentis n'avaient pas été les siennes, et c'était normal, puisqu'elle ne connaissait pas son bienfaiteur, il n'y avait donc aucune raison qu'elle se retrouve envahie par un tourbillon de sentiments aussi négatif. Une faible lueur traversa brutalement ses prunelles aciers et il s'arrêta brusquement dans sa marche, avant de la fixer avec un soupçon de stupéfaction. Serait-il possible que… ? Non, il se refusait à y croire. Ce n'était pas possible. Elle ne pouvait pas avoir ressenti ce que lui ressentait lorsqu'il contemplait ce cadre ! Personne n'était capable d'une telle chose ! Les sentiments étant propres à chacun, elle n'avait pas pu connaître, ressentir les siens par l'intermittence d'un simple objet ! Pourtant, ce n'était pas un simple objet comme un vêtement ou un crayon, c'était le cadre qui représentait quelqu'un de cher à ses yeux, et ça prenait tout son sens. Elle serait donc capable de percevoir les tourments et les émotions des autres à l'aide d'un simple contact ? Ça semblait irréaliste, mais réalisable. Néanmoins, il ne pouvait pas confirmer son hypothèse pour le moment. Il plissa les yeux, alors qu'il l'observait toujours vaguement se triturer les mains avec nervosité. Comment un tel pouvoir aurait-il pu naître dans un corps aussi petit et fragile ? Et si en plus de cela, ce qu'elle lui avait dit n'était qu'un aspect de ce pouvoir ? Sans qu'elle ne le sache, elle était peut-être en possession d'une puissance qui dépassait celle de nombreux pirates, et qui pourrait même s'avérer dangereuse, autant pour elle que pour les autres.

Il commençait à avoir mal à la tête, il devait arrêter de se poser des questions, elle n'avait peut-être pas fini de lui révéler tout ce qu'elle savait. Il devait garder du recul sur les choses.

— Law… ? l'appela-t-elle, confuse.

Il reprit ses esprits et reporta son attention sur May, qui s'inquiétait.

— Je réfléchissais, l'informa-t-il, avant de retourner s'asseoir. Il y a autre chose que je dois savoir ?

— Après ça, j'ai essayé de toucher d'autres objets pour voir si cette aura se manifesterait de nouveau ou non, mais il ne s'est rien passé.

— Quel genre d'objet as-tu touchés ? quémanda-t-il, afin de trouver le plus d'éléments possibles qui conforterait sa théorie.

La lycéenne fut saisie par l'étonnement et l'admiration. Law se posait des questions qui effleuraient à peine son esprit. Il observait minutieusement tous les aspects et toutes les possibilités capables d'exister afin de pouvoir mieux comprendre et interpréter les choses. Pas de doute, il n'était pas un fin stratège pour rien.

— J'ai touché mon bureau, des livres, des crayons, mon journal intime…, énonça-t-elle lentement, essayant de se souvenir clairement de tout ce qu'elle avait fait.

— Tu as un journal intime, toi ? railla-t-il aussitôt.

Il n'avait pas pu s'en empêcher. Dès qu'il pouvait la taquiner, il le faisait, parce que c'était l'une de ses activités favorites dont il ne se lasserait jamais.

— Ouais, et si je le vois entre tes mains, il ne faudra pas te plaindre si ma main rencontre par un merveilleux hasard ton beau visage, monsieur le chirurgien, menaça-t-elle avec un sourire faussement innocent.

— Tu n'as aucun souci à te faire miss, je ne vois pas ce qu'une gamine de dix sept ans aurait de bien intéressant à écrire dans un journal intime pour adolescents, riposta-t-il avec la même répartie piquante.

Elle ne trouva rien à répliquer en guise de vengeance, touchée coulée, victoire pour Trafalgar Law, alias le psychopathe au sourire fourbe.

— Quand tu as touché ton journal, il ne s'est rien passé ? poursuivit-il avec plus de sérieux.

— Je ne crois pas non…, dit-elle en fronçant les sourcils, après j'étais tellement à fond dedans que je n'ai plus cherché à savoir. Et comme tu as pu le voir, la dernière fois que cette aura s'est manifesté, c'était lors de mon combat avec Tsukiyo. Mais j'ignorais que j'étais capable de ça, je ne m'y attendais même pas…

Au début, il devait se l'avouer, Law avait eu des doutes quant à la véracité de ses propos. Il s'était demandé durant de bonnes minutes si elle lui ne lui avait pas menti depuis le début sur le fait qu'elle possédait ou non un quelconque pouvoir. L'idée qu'elle l'ait cachée pour une raison qu'il ignorait lui avait effleuré l'esprit, mais il avait vite balayé cette pensée. Il avait suffit de voir l'ébahissement qui avait envahie la jeune fille lorsqu'elle avait échangé sa place avec la balle pour effacer ses doutes. May était transparente, aussi limpide que du cristal, ce qui permettait aux autres de facilement lire en elle, elle n'avait donc, selon lui, pas pu faire semblant d'être choquée lorsque son pouvoir s'était manifesté lors de son combat, et considérait après toutes ces interrogations qu'elle ne lui avait pas mentie et qu'elle n'était au courant de son existence que depuis peu.

Il constata soudainement que ses petites mains recommençaient à trembler, et que la peur se dessinait sur ses traits.

Anxieuse, elle lui demanda d'une voix qui montrait qu'elle était totalement perdue :

— Je comprends plus rien ! Qu'est-ce qui m'arrive ? D'où j'ai ce pouvoir ? Il… il me fait peur, Law ! C'est comme si je ne contrôlais plus rien !

Sa réaction était compréhensible. N'importe quel possesseur d'un fruit du démon connaissait cette sensation d'être perdu au départ. Tous avaient dû commencer à s'adapter à cette nouvelle puissance, à ce qu'elle engendrait, et à l'accepter comme quelque chose qui leur était unique, et qui faisait parti d'eux même et forgeait leur identité dans le monde de la piraterie. Quand des civils connaissaient le nom d'un pirate, c'était avant tout par son apparence, mais également par sa puissance et le fruit du démon qu'il possédait. Plus celui-ci était rare, plus on accordait de l'importance à son possesseur. May allait devoir apprendre à accepter entièrement cette nouvelle puissance.

— J'ai une hypothèse, déclara-t-il en croisant les bras contre son torse.

— Laquelle ? souffla-t-elle, désireuse de mieux comprendre.

Il hésita un instant, puis expliqua le fond de sa pensée avec sa franchise habituelle :

— Il se pourrait que ce pouvoir trouve son origine dans le fait que tu viennes d'un autre monde.

— Quoi ? Désolée mais j'ai du mal à te suivre, là…

— Tu n'as mangé aucun fruit du démon et tu n'as jamais été victime d'une expérience, non ? Alors il est fort probable que ce pouvoir est apparu en toi lorsque tu as atterri ici.

Il avait raison, cette hypothèse était très probable. Rien d'autre ne pourrait expliquer l'origine de ce pouvoir. Pourtant, une question pertinente persistait dans son esprit :

— Mais pourquoi je ne m'en serai pas rendu compte avant ?

— Parce que tu n'avais jamais été dans une situation qui demandait à ce qu'il se manifeste. Bien sûr, ce n'est qu'une théorie. Mais s'il est apparu alors que tu allais mourir et lorsque tu as eu la forte volonté de battre Tsukiyo, cela me semble assez logique. Il y aurait donc des conditions qui devraient être remplies pour que tu l'utilises, comme vouloir accomplir quelque chose qui t'es cher, où être en réel danger de mort. Mais encore une fois, ce ne sont que des théories, alors prend du recul et continue de chercher toutes les possibilités.

— O-Oui, je vais essayer, bafouilla-t-elle, toujours aussi surprise par l'intelligence de Law. Il était réellement impressionnant. Mais… ça voudrait dire que je suis la seule à posséder ce pouvoir ? Un peu comme vous avec vos fruits du démon ?

— Je ne rejette pas cette possibilité en effet. Néanmoins, quand un détenteur d'un fruit du démon meurt, le fruit du démon réapparaît et devient à nouveau à la portée de tous, ce qui, selon moi, n'est pas le cas de ton pouvoir. De plus, il doit avoir d'autres aspects qui nous sont encore inconnus.

— Tu as raison, désolée, je ne sais pas trop quoi te dire, tout se mélange dans ma tête…

Tout cela la dépassait complètement.

— Il est normal que tu sois perdue. Mais tu ne t'es jamais demandé si tu n'étais pas la seule à avoir réussi à venir dans notre monde ?

Elle se figea, le souffle coupé. Jamais elle n'avait envisagé une telle chose, elle s'était toujours estimée être la seule à avoir la chance d'aller dans One Piece, comme si elle était habitée par un désir d'être unique, d'être le héro de toute cette aventure. Mais si elle avait faux ? Et si d'autres personnes étaient dans ce monde tout comme elle ? Elle ignorait si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Plus il y aurait de personnes de son monde, plus il serait facile pour les marines d'avoir des informations.

— Non, je ne me suis jamais posée la question.

— Et bien je pense que tu peux désormais y songer, car c'est tout à fait possible.

Elle hocha la tête, silencieuse, sonnée par tout ce qu'elle venait d'avouer et tout ce qu'elle devait envisager. La fatigue pesait lourdement sur ses épaules, après toutes ces « révélations ». Depuis toujours elle pensait être dénuée d'un quelconque pouvoir, et voila que le contraire se réalisait. Ce pouvoir lui faisait peur, mais c'était aussi une bonne chose, car cela signifiait qu'elle allait devenir plus forte et mieux pouvoir se défendre face aux marines et aux autres ennemis. De son point de vue, c'était réconfortant, en quelque sorte.

Remarquant son épuisement, qui était aussi dû au combat qu'elle avait mené avec Tsukiyo, il affirma :

— Tu dois être fatiguée, on fera quelques tests demain.

Elle se contenta de lâcher un petit « d'accord », et se leva pour sortir, désireuse de retrouver son lit douillet, mais elle fut arrêtée par une autre remarque de Law qui se leva à son tour.

— Une dernière chose : tu devrais trouver des attaques.

— Des attaques ? répéta-t-elle après s'être retournée, haussant un sourcil.

— Oui, chaque pirate à des attaques qui lui sont propres, qui lui permettent de se distinguer et de se battre d'une certaine manière. Toi, tu te contentes de tirer par-ci par-là, il serait temps que tu trouves ton style de combat.

— Un peu comme ton « room » ?

— Exactement.

Les yeux de May se levèrent en direction du plafond, comme pour lui montrer qu'elle y accordait autant d'importance qu'une huître.

— Mais je m'en fiche d'avoir un style, tout ce que je veux c'est survivre, grommela-t-elle.

— Détrompe-toi, en trouvant ton style, tu te forgeras une identité de pirate, et tu finiras par être de plus en plus crainte par les civils, ça devrait t'aider, et puis, tu te démarques encore plus des autres pirates en agissant comme tu le fais. Il vaut mieux pour toi te fondre dans la masse.

— J'ai compris, dit-elle en levant les mains en l'air, résignée. Mais c'est pas facile de trouver des noms d'attaques et tout…

— Ca c'est ton problème miss, pas le mien, railla-t-il.

— C'est fou comme ta générosité t'étouffe, ironisa-t-elle.

— Tu veux que je te traite comme une gamine ou comme une femme accomplie ? Alors arrête de rechigner et met-toi au boulot.

Là, elle devait avouer qu'il avait raison, un peu comme d'habitude, en fait. C'était presque agaçant que Law soit aussi perspicace et fin d'esprit !

— Aww…, gémit-elle, vexée.

Elle commença à réfléchir à ce que Law lui proposait. Quel genre d'attaque pouvait-elle inventer, et qui lui permettrait de trouver un style ? La créativité était l'un de ses points forts, mais les combats, un peu moins. Une idée fusa alors dans son esprit. Elle avait là une belle vengeance pour le capitaine. Oh oui, c'était une bien belle vengeance. Et il allait la goûter tout de suite !

— J'ai trouvé ! s'écria-t-elle. Je vais créer… « L'attaque du tourbillon des chatouilles ! »

Sans prévenir, elle lui fonça dessus et commença à le chatouiller avec un grand sourire, mais son sourire s'effaça aussitôt qu'elle comprit que l'attaque ne lui faisait aucun effet. Pas étonné pour un sou, il se contentait de l'observer faire avec un air moqueur. L'ignorant, elle le chatouilla dans le cou, sous les bras, au niveau des côtes, rien, il ne sourcillait même pas, le vilain ! Agacée, elle gonfla ses joues, et grommela comme une enfant :

— T'es pas chatouilleux ? Mais c'est quoi ton point faible à la fin ?

D'humeur taquine, Law approcha ses lèvres de son oreille et lui susurra d'une voix bien sensuelle :

— A toi de le trouver…

Elle rougit face au sous-entendu, et avant qu'elle ne puisse répliquer quoi que ce soit, il ajouta sans se départir de son air amusé :

— Moi, par contre, je sais que tu ne supportes pas du tout les chatouilles…

Oh.

Ça, ce n'était pas bon du tout.

Vraiment pas.

Et le regard qu'il lui lança confirma cette pensée et lui souffla de partir au plus vite. Elle n'écouta que son instinct de survie et commença donc à courir en direction de la porte qui semblait bien trop loin à son goût, mais des mains fermes l'attrapèrent au niveau de la taille, et en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire « Oh, un Pokémon rare et sauvage nommé Doflamingo en tutu rose est apparu ! », May se retrouva inconfortablement installée sur l'épaule du Chirurgien en mode « sac à patates ». Le fourbe, il usait de sa force !

— Eh, lâche-moi ~ ! grogna-t-elle en le frappant faiblement de ses poings. Je m'excuse d'avoir osé provoquer le grand et somptueux chirurgien psychopathe, d'accord ? Alors pose-moi par terre ! ajouta-t-elle en riant aux éclats.

— Tu me provoques, tu en subis les conséquences miss, l'informa-t-il avec sa tête de blasé, alors qu'elle gigotait du mieux qu'elle pouvait pour le faire céder.

— Et si je m'excuse encore une fois, ça te va ? demanda-t-elle en faisant les yeux doux.

Durant un instant, elle pensa que ça allait marcher, mais quand elle vit les lèvres de Law se retrousser en un fin sourire malicieux, elle comprit qu'il ne laisserait pas partir sa proie préférée.

— Je crains que tes excuses ne suffisent pas miss, tu dois subir le châtiment divin, accepte-le comme la vaillante pirate que tu es, ironisa-t-il.

Avec autant de douceur qu'un professeur de mathématique en colère, il la posa sur le lit et se plaça au dessus d'elle, l'empêchant de prendre la fuite comme une lâche. Elle riait toujours, les joues rouges et le souffle rapide. Il l'imita alors et commença à la chatouiller un peu partout de ses mains expertes, et comme il l'avait imaginé, elle se tordit et son rire s'accentua, résonnant joliment dans l'ensemble de la pièce habituellement si vide et silencieuse. Leur complicité avait été retrouvée en moins de deux, et c'était tellement, tellement bien de l'entendre rire à nouveau. Par ce simple geste, elle transformait cette pièce parfois étouffante en un lieu agréable où il aimait être.

— S'il te plaît, arrête ! supplia-t-elle entre deux éclats de rire, ne supportant plus le châtiment.

— Et j'ai quoi en échange d'intérêt ?

— Un bisou ? proposa-t-elle.

Law fit semblant de réfléchir.

— Hm… non.

Stupide chirurgien qui était incapable de se contenter de peu, et qui en voulait toujours plus.

— Un gros câlin alors ?

— Non plus, refusa-t-il, se délectant de la voir dans une position délicate.

— Dis moi ce que tu veux, ça ira plus vite, rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel, exaspérée.

— Dors avec moi, exigea-t-il avec plus de sérieux qu'auparavant.

Elle cessa de rire, et ses yeux se levèrent vers les siens, avec incrédulité.

— Juste ce soir, où… ?

— Tous les jours, précisa-t-il.

Il savait qu'il l'effrayait encore à cause de ce qu'il lui avait fait, alors il devait se forcer à y aller doucement, l'habituer à ce qu'elle soit toujours près de lui, pour que sa peur s'efface au fil du temps, et que leurs moments rien qu'à eux ponctués de complicité remplacent ceux qui étaient violents.

— Je veux bien essayer d'y réfléchir, sourit-elle.

— Je ne te demande pas vraiment ton consentement miss, l'informa-t-il avec un sourire inquiétant. Si tu refuses, je viendrai te chercher et je te ramènerai de force. Tu vas devoir me supporter pendant longtemps.

Ce devait être sa manière à lui de lui témoigner son affection, de lui montrer qu'il allait être près d'elle jusqu'à son retour chez elle, et qu'il n'allait jamais la lâcher avant ce jour.

— C'est bien ce que je pensais : tu es un enfant capricieux, Trafalgar Law.

— Exactement. Et en tant que ma propriété, tu te dois de répondre à mes caprices.

— Je ne suis pas un objet, crétin, ronchonna-t-elle.

— Je le sais.

Il se laissa alors tomber sur le lit, juste à côté d'elle, et enfouit son nez dans ses cheveux épais et ébouriffés, lui faisant lâcher un hoquet de surprise.

— Tu sens bon, commenta-t-il après avoir respiré son odeur.

— On ne dit pas ce genre de chose à une femme ! riposta-t-elle en le frappant à la tête de sa main, le faisant grogner.

— Mais toi tu n'es pas une femme, tu n'es qu'une petite fille, contredit-il d'un ton plus bas.

— Est-ce que tu te rends compte qu'en disant ça tu as l'air encore plus d'un pervers ? lui fit-elle remarquer avec un rictus.

— Avec toi, oui, dit-il en la toisant.

Elle fut hypnotisée durant quelques secondes par ce regard. Etait-il en train de dire qu'il la trouvait réellement désirable, malgré son manque de confiance en elle ? Décidant de prendre cela à la légère, elle le menaça :

— Ne fais rien de douteux, sinon je te tape.

Il se contenta de lâcher un « hm… » vague. Haussant un sourcil, elle le fixa et remarqua que le souffle du jeune homme se faisait plus régulier, comme s'il était sur le point de s'endormir. Elle réagit au quart de tour, ne voulant pas finir prisonnière entre ses bras alors qu'elle voulait avoir une conversation avec Shachi :

— Eh, tu t'endors ? Bon ben je te laisse dormir, j'ai des trucs à faire, dit-elle, prête à se lever pour partir.

Elle se redressait lorsque le bras tatoué de Law lui fit barrage, se plaçant devant elle et la poussant pour la plaquer à nouveau contre lui, lui faisant lâcher un hoquet de stupeur. Résultat, elle ne pouvait plus s'en aller. Décidément, il n'en faisait qu'à sa tête ! Malgré sa force, elle recommença à gigoter dans le but de s'extraire de sa prise.

— Arrête de bouger et dors, souffla-t-il d'une voix endormie.

Il avait raison, ce qu'elle avait à faire n'était pas si important, après des jours passés toutes seules à réfléchir sur des sujets qui la dépassaient, elle profitait enfin d'un doux moment avec celui qu'elle aimait. Ils n'avaient pas été rien que tous les deux depuis un bon moment. Elle observa ses yeux clos, ses lèvres entrouvertes, ses mèches noires qui retombaient sur son front… comment pouvait-elle ne pas fondre face à un tel spectacle ? A cet instant, elle le trouva tout simplement… parfait.

Inconsciemment, elle fit parcourir ses doigts le long de la main du jeune homme, frôlant chaque lettre inscrite sur chaque doigt qui formaient tous ensemble le mot « death ». Que se cachait-il derrière tous ces tatouages qui parcouraient son corps ? Tant de questions se posaient dans son esprit, sans trouver de réponses convenables. Les doigts qu'elle caressait attrapèrent les siens, et les yeux perçants de Law s'ouvrirent faiblement pour la sonder avec intensité. Encore une fois, ses joues se colorèrent d'un rouge vermeille.

— Pourquoi tu as ce tatouage ? chuchota-t-elle, espérant que, dans un moment si doux et si calme, il serait plus à même de lui donner les réponses qu'elle cherchait.

— Je te le dirai si tu me promets quelque chose.

A nouveau, Law demandait un retour, avant de pouvoir donner, comme le pirate fourbe qu'il était, il ne donnait rien gratuitement. Il fallait croire que les mots « Trafalgar Law » et « intérêts » étaient inséparables.

— Tu es très exigeant, aujourd'hui… qu'est-ce que tu veux cette fois ?

La prise qu'il exerçait sur sa main se resserra imperceptiblement, et ses lèvres s'ouvrirent pour laisser passer un seul mot dans un souffle. Un mot si simple, mais qui voulait tout dire.

— Reste.

Le temps sembla s'arrêter, tout comme son cœur qui avait raté un battement et son souffle qui s'était tue. Ses yeux aciers analysaient les siens, à la recherche d'un semblant de réponse qui le conforterait dans son souhait. Egoïstement, il avait exprimé son plus cher désir à voix haute, car de mauvais pressentiments le rongeait à propos de l'avenir écrit dans ce ciel qui les surplombait tous les deux. Et ce ciel était si insupportable, à rester le même peu importe la souffrance des êtres humains qu'il observait. Le pouvoir de May, les intentions de Tsukiyo, les projets du gouvernement mondial… l'avenir était si flou, que Law se demandait perpétuellement combien de temps encore May allait pouvoir rester à ses côtés.

— Tu pourrais commander mes hommes, trouver le One Piece avec moi, naviguer les mers…

Une fureur jusque là endormie se réveilla en lui, dévorant tout sur son passage. Il était si énervé de savoir qu'elle repartirait dans un futur incertain, que bientôt peut-être il ne pourrait plus la serrer contre lui, l'avoir à ses côtés, la taquiner comme bon lui semblait, l'embrasser… Il lui en voulut soudainement de s'être approchée de lui et de l'avoir rendu indépendant d'elle, alors qu'elle savait qu'un jour ou l'autre, elle retournerait de là où elle venait, et l'abandonnerait. A cette simple idée, sa main se posa sur le cou de la jeune fille avec malveillance, comme s'il allait l'étrangler, une lueur inquiétante étincelant dans ses yeux d'habitude si vides ou illuminés par la moquerie.

— Et ne jamais repartir, acheva-t-il lentement en insistant bien sur le « jamais ».

Des frissons désagréables envahissaient May, et la peur s'éveilla en elle suite au brusque changement de comportement de son capitaine. Pourtant, elle se refusait à montrer sa faiblesse. Elle savait que Law ne lui ferait plus de mal, mais la lueur qui brillait dans ses yeux l'inquiétaient. Cette lueur témoignait de la souffrance qu'il ressentait, ça la touchait et la plongeait aussi dans une profonde détresse, car la manière dont il montrait cette souffrance était violente psychologiquement. En effet, avoir entendu ces mots prononcés d'un ton si menaçant mais à la fois teintés d'un tel désespoir, était moralement douloureux. Mais ses mots à elle lui échappait, prisonniers dans sa gorge nouée, l'empêchant de dire quelque chose qui pourrait enfin le rassurer complètement sur cet avenir qui pourrait être effacé en une fraction de secondes éphémères. Mais elle devait dire quelque chose, autant pour rassurer Law que pour se rassurer elle-même.

Finalement, elle étreignit son courage de ses mains et prit la parole :

— On en a déjà parlé, Law, murmura-t-elle doucement pour le calmer. Je t'ai dis qu'un jour ou l'autre je rentrerai chez moi, mais tu sais, je pourrais revenir te voir.

C'était la seule phrase qui lui était venue à l'esprit, et pourtant, même celle-ci ne parvenait pas à la convaincre. Tout simplement parce qu'elle imaginait un obstacle qui rendrait leur relation impossible : et si le temps s'écoulait différemment dans les deux mondes ? Cela pourrait signifier qu'un jour dans son monde équivaut à un mois dans celui de One Piece, par exemple. Si jamais cette théorie s'avérait être vraie, Law vieillirait bien plus vite qu'elle, et leur différence d'âge et d'expérience déjà bien grande le serait encore plus, ce qui mettrait vraiment en péril leur relation. Et si le contraire se produisait ? Comment serait-elle à son retour ? Et si elle revenait chez elle et qu'elle apprenait que des années s'étaient écoulées ? Que ferait-elle ? Et puis, pour le moment, elle ignorait comment localiser les portails. Trouver le moyen de rentrer chez elle ne signifiait pas forcément réussir le même exploit dans l'autre sens une seconde fois. Mais tout cela ne restait que des suppositions, et elle ne voulait plus se prendre la tête avec ça désormais. Elle voulait profiter de l'instant présent.

— Et souviens-toi : j'ai mon tatouage sur la nuque qui représente l'emblème des Heart Pirates. Je ferai toujours partie de cet équipage. Et même si je retrouve mon corps d'origine et que le tatouage disparait, cela ne m'empêchera pas de toujours me sentir comme un membre de votre équipage.

Avec soulagement, elle nota que la lueur malveillante avait disparu des yeux cendrés qui lui faisaient face. Law semblait avoir retrouvé son état normal. Son souffle, qui s'était accéléré était à nouveau plus régulier, et la main qu'il avait posée sur sa nuque était mollement retombée sur le matelas, néanmoins, l'autre serrait toujours ses doigts fébriles, sans trop forcer, juste assez pour la mettre en confiance et la rassurer. C'était peut-être également sa façon de s'excuser de l'avoir menacé de la sorte.

— Tu es mon premier amour Law, ça veut déjà dire que je ne pourrais jamais t'oublier, conclut-elle avec sincérité. On doit arrêter de se poser des questions sur l'avenir, profitons juste du temps qu'il nous reste sans y penser, tu n'es pas d'accord ? J'en ai marre de m'empoisonner l'existence avec des questions.

Ces mots étaient simples, mais elle espérait qu'ils suffisaient à le rassurer, rien qu'un petit peu.

— Tu es si naïve, fit-il remarquer de sa voix grave et chaude, dénuée de toute moquerie, juste sérieuse.

— Et toi tu es trop pessimiste, riposta-t-elle à son tour. Excuse-moi, j'ignorais que ça te préoccupait autant.

— Tais-toi, ordonna-t-il avant de cueillir ses lèvres dans un baiser fougueux, se refusant à clairement admettre qu'elle avait raison.

Elle sourit contre ses lèvres, amusée par sa réaction. Après quelques baisers, elle laissa échapper un bâillement qui traduisit sa fatigue. Fatigué également, le chirurgien reposa lourdement sa tête sur son oreiller, enlaça la taille de May d'un geste possessif et ferma les yeux, exténué. Au final, le jeune homme avait réussi à détourner le sujet, elle ignorait toujours ce que signifiait ses tatouages sur son corps. Quel manipulateur. Elle eut un tendre sourire face à l'instant présent. Law n'avait nullement besoin d'entourer sa taille à l'aide de sa main comme s'il se refusait à la laisser partir, car il était si agréable d'être dans ses bras après tout ce temps, qu'elle ne ressentit nullement l'envie de s'extraire de cette étreinte si apaisante.

Depuis plusieurs jours, elle n'avait fait que tourner en rond sur sa relation avec Law, s'interrogeant sur Tsukiyo, appréhendant le pouvoir qui s'était récemment manifesté en elle, laissant l'amertume l'envahir sans profiter du bonheur qui lui était à portée de main. Sans doute se prenait-elle trop la tête avec des pensées qui n'avaient pas toujours besoin de trouver un semblant de réponse. Le début de toute cette aventure avait été synonyme de joie et d'excitation, et après tout le chemin parcouru, elle avait l'impression de se transformer peu à peu en quelqu'un d'autre qu'elle avait du mal à accepter intégralement. Plus les jours défilaient, plus elle se changeait en une fille rongée par les blessures, qui s'inquiétait du futur auquel elle était destinée dans ce monde aux milles couleurs. Depuis quand n'avait-elle pas pleinement profité de l'instant présent ? Elle ne parvenait plus à s'en souvenir. Elle oubliait petit à petit qu'elle avait la chance d'être dans un monde qu'elle n'avait auparavant qu'observé derrière un écran, et s'inquiétait de finir par le détester à force de chercher à être parfaite et à résoudre tous les problèmes qui s'offraient à elle. Mais le temps qu'il lui restait était peut-être compté, alors il fallait qu'elle arrête de se disputer avec Law pour des futilités. Elle devait être prête à faire des efforts pour lui et serrer fort contre sa poitrine chaque moment passé dans cet équipage qui lui avait tant apporté. Désormais, ce serait de cette façon que son esprit penserait, dû moins elle allait essayer.

Elle sentait le souffle chaud du jeune homme qui caressait son visage reposé. Il était agréable de le voir ainsi, si calme et tranquille, malgré les cernes qui s'étaient faites plus nombreuses sur son visage ces derniers jours.

Law lui faisait généralement peu de reproches et encaissait toujours silencieusement sans broncher, s'obstinant à se taire sur ses sentiments et ses propres tourments. Jamais il ne lui avait hurlé dessus, jamais il n'avait été réellement méchant avec elle, hormis la fois où il s'était retrouvé hors de lui. Bien sûr, quand il voulait lui faire un reproche, il se montrait assez sarcastique, mais au-delà de ça, Law pouvait faire preuve de douceur, bien que parfois violent, comme il venait tout juste de le démontrer. Comme Tsukiyo, il fermait son cœur à celui des autres. Peut-être pour ne pas paraître faible devant les autres à cause de sa fierté, peut-être parce qu'il ne savait pas comment s'exprimer, et peut-être aussi parce qu'il considérait que parler de ses problèmes ne changeraient rien à la situation. Jusque récemment elle pensait le connaître et être parvenue à ouvrir la porte de son cœur, mais la réalité était autre : elle ignorait encore beaucoup de choses à son sujet. C'était douloureux, mais elle devait l'accepter et être patiente, comme il l'était avec elle.

Epuisée, elle ferma les yeux à son tour et se laissa bercée par la respiration de son amant, lâchant enfin prise sur tout le reste, et recueillant contre elle le sommeil qui était pour elle synonyme de délivrance, serrant la main de Law avec tendresse.

Elle voudrait ne jamais avoir à lâcher cette main.

[…]

La nuit était tombée.

Tsukiyo venait tout juste de finir de manger la pomme qu'elle avait trouvée devant sa porte, et qu'elle avait supposée comme étant un cadeau de Shachi. Celle-ci avait été délicieuse, pour ne pas changer. Adossée contre le mur, ses yeux observaient la plume rose qu'elle tenait entre ses doigts avec un sourire aux lèvres, puis la lune étincelante qui illuminait les vagues de la mer. La lumière était éteinte, la pièce était plongée dans les ténèbres, seule la lueur venant de l'extérieur parvenait à éclairer la chambre. Elle n'avait même pas envie de fouiller chez qui que ce soit cette nuit, l'envie n'y était pas, mais sa conscience lui hurlait de le faire, pour réussir sa mission. Pourtant, elle avait déjà bien avancé. Elle avait découvert le nom de famille de May, comment elle était entrée dans ce monde et qu'elle possédait un pouvoir bien étrange. Cela pouvait sembler suffisant, mais son Maître désirait sûrement bien plus d'informations que cela, il fallait qu'elle soit plus ambitieuse.

Il fallait qu'elle réussisse.

Brusquement, son cœur rata un battement et elle s'écroula à terre, la main sur la poitrine, le corps tremblant et pris de convulsions. Son souffle se coupa, son visage se crispa et elle gémit sous la douleur qui lui était familière. Cette douleur était celle qui la ramenait à l'ordre, qui lui rappelait qu'elle ne devait jamais trahir son Maître, car cette souffrance était née avec le désir de devenir plus forte pour lui, pour lui être plus utile, et être certaine qu'il ne l'abandonnerait jamais. Elle avait accepté le prix à payer et le fait que son temps était désormais compté. La flamme de vie qui brûlait en elle diminuait au fil des jours, et risquait à tout moment de s'éteindre.. Elle le savait, elle s'y était préparée, mais à chaque fois qu'elle faisait une crise, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir mal, autant physiquement que psychologiquement. Personne n'aimerait savoir que sa vie allait bientôt prendre fin. Bien évidemment, elle ignorait encore combien de semaines ou de mois il lui restait avant de mourir, mais le nombre de jours qui se passait entre chaque crise se réduisait fortement ces temps-ci, ce qui prouvait qu'elle était en train de prendre le dernier virage de sa vie, et qu'elle allait marcher d'ici peu sur la dernière ligne droite du chemin qu'elle avait commencé depuis sa naissance. Bientôt, elle ne trouverait plus de chemin devant elle, juste un gouffre sans fin dans lequel la mort l'accueillerait à bras ouverts.

Il n'y avait aucun moyen de faire demi-tour, ni de prendre un autre virage, car il n'en existait aucun. Mais elle était la seule à l'origine de ce destin, alors elle l'accepterait sans se plaindre. La douleur diminua petit à petit, jusqu'à disparaître complètement après plusieurs minutes qui semblèrent interminables. Retrouvant ses esprits, Tsukiyo murmura difficilement, la voix tremblante :

— Il faut que j'accomplisse la volonté de mon Maître… car c'est peut-être la dernière chose que je pourrais faire avant de mourir… je dois aller jusqu'au bout… je ne peux pas me permettre d'échouer...

Sa bouche s'ouvrit et elle cracha une giclée de sang, qu'elle retint à l'aide de sa main plaquée contre ses lèvres, l'envahissant d'un profond dégoût. Le cœur parcouru d'effroi et les yeux écarquillés d'horreur, elle recula sa main tâchée de son sang et la contempla, ses lèvres s'étirant en un sourire résigné.

— Oui… je dois tenir jusqu'à la fin…

Jusqu'à ce que les ailes noires de la mort l'entraînent à sa perte.

Tel était son destin.

oO_O_Oo

Chapitre terminé ! J'espère que vous l'avez apprécié ! ^_^ N'hésitez pas à laisser un petit commentaire, ça me motive et me fait avancer plus vite ! N'oubliez pas de voir mon profil, j'y indique où j'en suis rendue dans le chapitre suivant !

Je comprends que vous ayez moins envie de commenter car pendant longtemps j'ai arrêté de poster régulièrement, mais s'il vous plaît, j'ai besoin d'avoir votre avis sur mes chapitres ! C'est ce qui me permet de m'améliorer, de voir quels sont les défauts de mon histoire et les qualités ! Si je n'ai pas de retour, je ne peux pas savoir ce qui ne va pas dans mon écriture ! Donc voila, je sais que ca peut être énervant, que ça prend du temps, mais s'il vous plaît, commentez ! Dites-vous que nous écrivons tout de même gratuitement et que nous partageons notre plaisir de l'écriture avec vous ! Si c'est un partage, ça veut dire que les efforts doivent venir de l'auteur mais aussi des lecteurs ! Je dis juste ça parce que avant j'avais une moyenne de 20 commentaires par chapitre, et là je suis passée à 10, voir même moins ! Bien évidemment je ne vais pas pleurer non plus, je suis déjà heureuse que l'on s'intéresse à mon histoire et d'avoir autant de retours, mais voila, les commentaires aident à la motivation aussi haha ! Et je remercie d'ailleurs chaleureusement ceux qui commentent chaque chapitre ou du moins régulièrement, vous êtes adorables !

Sur ce, je vous dis à la prochaine ~ ! ^^

Wakfina