— Ce n'est pas vraiment l'endroit qui m'attire, mais eum... Je... comment dire ça sans être vulgaire... Je te veux, maintenant, tout de suite !
Je me mordis l'intérieur de la bouche de plaisir et emprisonnai ses lèvres dans les miennes. Elle caressait ma cuisse et remonta ma robe pour amener sa main jusque sur mes hanches. De mon côte j'entrepris de faire glisser sa robe sur ses épaules, son buste, ses hanches, ses jambes, et la lui retirai finalement. Elle rigola légèrement et me retira la mienne, dans l'autre sens.
Après un long silence où nous nous étions perdues dans le regard de l'autre, Alice se plaqua contre moi pour m'embrasser du mieux qu'elle put. Son corps glacé contre le mien, brûlant, me fit l'effet d'une violente inflammation. Mais la douleur ne me gênait pas, j'étais bien dans ses bras, rien ne pouvait m'atteindre, rien ne pouvait me perturber tant qu'elle était avec moi. La buée commençait à apparaître sur les vitres tandis que nous nous déshabillions complètement. J'évoquais la sensation que me procurait son corps froid contre le mien en proie au désir, mais le contact de ses seins sur les miens était bien plus fort. Quasiment insupportable mais à la fois tellement agréable, jouissif. Outre notre position, et donc l'image érotique qu'elle me renvoyait, qui m'excitait encore plus, la savoir si près de moi, presque comme si nos corps ne faisaient plus qu'un, me rendait tellement folle que mon cœur aurait pu céder sous la pression qu'il s'exerçait à lui même en battant si fort et si vite. Mais j'atteignis mon paroxysme lorsque qu'elle se plaqua définitivement entièrement sur moi de telle sorte que chaque partie de mon corps en ayant l'occasion soit collée sur chaque partie du sien. Mon corps s'incrustait, se moulait dans le sien, si parfait, comme si elle me complétait, comme si je la complétais. La sensation de son sexe contre le mien m'envahit d'une hargne, d'une envie, d'une entreprise telle que je ne l'aurais jamais connue sans elle. Je m'agrippai à sa nuque de la main gauche tout en la redécouvrant de ma main droite. Ses lèvres ne voulaient plus se décoller des miennes, sa langue ne voulait pas cesser sa danse qu'elle interprétait avec ma langue.
Alice dut finalement se résoudre à rompre quelque peu notre lien, pour venir me couvrir de baisers. Sa bouche se posait délicatement sur moi, encore et encore, et produisait toujours le même son. Le bruit de ses lèvres se collant contre ma peau et se décollant était tellement sensuel. C'était un bruit doux, fin, dont j'étais sûr que seuls les membres féminins de son espèce étaient capables de produire. Ma douce torture continua quand un de ses baisers se posa sur la partie la plus intime qui m'appartenait. Je me laissai le droit d'échapper un petit gémissement de plaisir. Elle resta longtemps dans cette position, si bien que quand elle remonta, mes doigts étaient engourdis d'avoir trop serré la banquette. Bien que nous soyons dans une voiture qui par son prix aurait fait pâlir le quidam lambda, l'endroit était exiguë et vu la position dans laquelle nous étions, je ne pus lui rendre le petit plaisir qu'elle venait de m'offrir. Je me résignai à être totalement livrée à elle.
Au bout d'un moment je réussis néanmoins à glisser une main entre nous deux. Je dois dire que je ne l'avais jamais sentie aussi excitée. Peut-être était-ce le lieu, ou bien le jour, la nuit, qui provoquait cela. Quoiqu'il en soit, je m'occupais convenablement d'elle et ce fut à ce moment que je sentis sa respiration cesser. J'éprouvais toujours un peu de tristesse quand elle devait se résoudre à se retenir pour ne plus sentir mon odeur et éviter de provoquer une catastrophe.
Finalement elle se plaqua de nouveau toute entière contre moi, nous recommençâmes à nous embrasser, et elle entreprit de faire de légers va-et-vient sur ma peau, de telle sort que la partie la plus précieuse de nos corps soient stimulée. Efficace, dans un dernier souffle, nous partîmes au septième ciel à quelques 30 secondes d'intervalles. Me sentant épuisée, Alice se rhabilla – je me demandai comment tel exploit fut possible dans la petitesse d'une voiture – me laissant reprendre mes esprits. Elle m'aida ensuite à enfiler ma robe. Curieuse, j'ouvris une fenêtre, personne aux alentours, je la refermai et soufflai de soulagement. Alice rigola et je l'accompagnai.
— A quelle heure as-tu dis à Charlie que tu rentrais ? s'enquit Alice.
— 1h30
— Il est 23h30, on a encore largement le temps ! Met ta ceinture, je t'emmène !
— Où ça ?
Sans répondre elle passa à l'avant et démarra la voiture. Je n'eus pas le temps de la rejoindre et restai derrière.
Elle roula jusqu'à la côte, trop vite à mon goût, et s'arrêta un peu avant la Push. Alice m'ouvrit la portière. Je descendis et nous marchâmes main dans la main en direction de la plage. Une fois arrivées sur le sable nous retirâmes nos chaussures.
— Pourquoi tu nous à amené là Alice ?
— Une nuit de pleine Lune, ici, c'est magnifique, non ?
— Oui, c'est vrai... Je trouve que ça vaut bien mieux qu'un bal ! Et là, il n'y a que toi et moi...
Elle m'offrit un de ses plus beaux sourire et m'invita à m'asseoir. Il faisait nuit mais terriblement chaud, le sable tiédit était surprenant mais faisait le plus grand bien. Pour une fois à Forks le ciel était dégagé, on pouvait voir les étoiles, quoique la lumière du soleil se reflétant dans la Lune entière empêchait de bien toutes les voir.
— Tu veux t'allonger pour profiter des étoiles ? demanda Alice, J'ai des couvertures dans la voiture.
— Pourquoi pas !
Elle s'exécuta et revint avant même que je n'ai eu le temps de reprendre deux fois mon souffle. Elle déplia une grande couverture et façonna un oreiller avec la deuxième, puis nous nous allongeâmes. Je me blottis contre elle cherchant la fraîcheur et la douceur paradoxal qu'elle arborait.
— Dis, tu penses qu'il y a de la vie ailleurs ? demandai-je à Alice tout en prenant sa main dans la mienne.
— Pourquoi n'y aurait-il que nous ? L'univers est immense, infini, alors il y a sûrement des milliers de planètes où la vie, même si elle est bien différente de la notre, est installée. Il existe aussi sûrement des planètes qui ont connu la vie et d'autres qui la connaîtront.
— Waouh ! J'aime ta réponse !
— Disons que vu mon âge, j'ai eu le temps d'y réfléchir, plaisanta-t-elle, et toi Bella ? Qu'en penses-tu ?
— Il y a bien des vampires sur Terre, alors pourquoi pas des extraterrestres ?
Elle partit dans un rire qui entraîna le mien et nous eûmes un long fou-rire.
— Tu as parlé de nos projets de vacances à Charlie ? lâcha Alice une fois remise de ses émotions.
— Ah non... Tête en l'air, je lui demande en rentrant ! Enfin demain matin... Les vacances... Ça passe tellement vite... l'an prochain c'est déjà le Bac...
— Tu n'aimes pas les vacances, la liberté ?
— Si bien sûr, mais j'aime la routine. Mais bon, les vacances en ton exclusive compagnie, quoi de meilleur ?! On part combien de temps ?
— Le temps que tu voudras ma belle.
— Je négocierai avec Charlie !
Elle me sourit et approcha son visage du mien. Nous échangeâmes un long regard silencieux et passionné avant de nous embrasser langoureusement. Je me sentis rougir.
Après quelques minutes je décidai de m'asseoir pour regarder la mer. Peu à peu le lieu me rappela la dernière fois où j'avais vu Jake, avant qu'il parte pour Voltera... Jacob amoureux de Edward, qui l'eut cru ! Et soudain, sans que je ne m'en rende compte au début, des larmes coulèrent doucement sur ma joue. Mes reniflements alertèrent Alice qui me demanda aussitôt se qu'il m'arrivait en me prenant dans ses bras.
— Je pensais à Edward, répondis-je doucement, sa présence me manque, il fait partie des Cullen et vous voir sans lui me parait étrange.
Je détachais mes mots pour que Alice comprenne bien mes attentions et qu'elle ne se fasse pas de fausses idées.
— Je dois avouer qu'il me manque aussi, renchérit-elle.
— Et puis, c'est de ma faute et j'ai l'impression que les autres souffrent à cause moi.
— Je suis autant responsable que toi Bella... Mais je te promets qu'il reviendra ! conclu-t-elle en souriant.
Comment pouvait-elle en être si sûre... Réflexion faite, vu la nature de son don elle était parfaitement en mesure de le savoir. J'espérais qu'elle ne se trompait pas. Non pas que je comptais retomber amoureuse de lui, non, mais chaque personne que je rencontrais avait droit à sa place dans mon cœur et chaque départ y laissait un creux qui ne se refermerait jamais. Je m'attachais trop aux gens qui m'entouraient, si minime soit la relation que j'entretenais avec eux. Selon la personne, le creux pouvait se refermer, mais il ne cicatrisait jamais entièrement. Et il y avait aussi Jacob. Je commençais à peine à l'apprécier, en tant qu'ami, à m'attacher à lui, qu'il était parti brusquement.
Sentant ma tension, Alice me reprit dans ses bras et me caressa le dos. J'enfouis mon nez dans ses cheveux.
— Je t'aime Bella.
— Tu n'imagines pas à quel point mes sentiments à ton égard sont puissants...
Elle desserra son étreinte pour positionner son visage en face du mien. Ses iris brillaient presque plus que la Lune. Mon regarde y plongea et se perdit dans les méandres des coulées d'or qui remplissaient ses yeux. Mon pouls s'accéléra et je sentis même un petit courant électrique alors que nous ne nous touchions à peine. Plus les jours passaient plus sa présence me rendait folle, folle d'elle. L'instant d'avant que nous avions passé dans la voiture, cela avait été si intense que j'aurais pu en mourir de bonheur. Rien que d'y penser je rougis, ce qui tira un sourire à Alice. Absorbée par son doux parfum je décidai de me jeter sur ses lèvres. Sa bouche s'entrouvrit derechef pour laisser ma langue y pénétrer. Notre baiser s'éternisa, j'étais terriblement bien mais je dus le stopper, à bout de souffle. Me voyant haleter elle ria doucement avant de se blottir contre ma poitrine. Je lui caressai les cheveux.
Nous restâmes longtemps dans cette position. Au bout d'un moment Alice m'apprit qu'il était l'heure de rentrer. Penaude je me levai et laissai ce paysage paradisiaque derrière moi pour aller m'installer en voiture.
— Fais pas cette tête Bella ! Je te retrouve dans ta chambre, ton corps n'aura même pas le temps d'oublier ma présence !
Un sourire bêta s'afficha sur mon visage et elle nous ramena chez moi.
Charlie dormait, mais par précaution je voulus que mon extralucide, qui m'affirma que c'était inutile, me rejoigne en passant par la fenêtre.
Lorsque j'entrai dans ma chambre, Alice m'attendait déjà sur le lit. Je me changeai rapidement et allai m'allonger dans ses bras. Épuisée je m'endormis vite.
Le lendemain ce fut la sonnerie du téléphone qui me tira du lit. Alice n'était plus là, mais je me précipitai sur le combiné pour éviter que cela ne réveille Charlie.
— Allo ? marmonnai-je à peine lucide.
— Bella ! C'est Jacob !
— Jake ! ... Tu sais quelle heure il est ? l'accusai-je presque en me retournant vers la pendule qui marquait 6hoo.
— Zut, j'avais oublié le décalage horaire... Excuse-moi Bella, mais j'avais besoin de te parler.
— C'est pas grave, le mal est fait, je t'écoute.
— Mais ça risque d'être long, je peux rappeler plus tard si tu veux.
— Non c'est bon, au moins je suis debout comme ça, mais si c'est long je vais m'asseoir.
J'attrapai une chaise du bout des doigts et me calai dessus.
— Alors, qu'est-ce qui t'arrives Jacob ?
— Je suis parti comme ça, si vite, sans te donner vraiment d'explications, et j'aimerais, tout, tout ! T'expliquer.
— Mais j'ai compris par moi-même.
— Non non, il y a certaines choses que tu ne sais pas. Tu te souviens des légendes Quileutes ?
— A propos des loups etc ? demandai-je perplexe.
— Celles-là même. Hé bien, je ne les croyais pas moi non plus au début. Mais l'arrivée du clan Cullen a provoqué chez certains membres de la Push, des ... réactions.
— Réactions ?
— Qui prouvent que ces légendes sont vraies. En 5 mots : je suis un loup garou. Et je ne suis pas le seul. Dit Jacob en détachant bien ses mots.
— Pardon ? Jake, je t'en pris, ne me prends pas pour une folle !
— Alors, l'existence des vampires ne te choque pas, mais les loups garous...
— Je… Comment-tu...
Je fis une pause quelques instants, histoire d'assimiler ce que je venais d'apprendre. Jake me tira de mes pensées.
— Bella ? T'es toujours là ?
— Oui, oui... J'assimile ce que tu viens de me dire... Mais quel est le rapport avec les Cullen ?
— Oh arrête Bella, je sais que tu es au courant que les Cullen sont des vampires. Et les vampires sont nos ennemis mortels, et vis versa...
— Oh... Mais ! Comment... Tu ?! Toi et... Edward ?...
— Justement, tu ne m'as pas laissé finir mon histoire. Nous sommes des êtres ayant la capacité de connaître l'Amour pur. Cela se passe au 1er regard. Dès que nous avons vu la personne, nous savons que c'est la bonne... C'est un amour incommensurable qu'il nous est impossible de réprimer. Je n'explique peut-être pas très bien, je n'y croyais pas trop au début. Ça s'appelle l'Imprégnation.
Il marqua une pause et avant qu'il reprenne la parole je le coupai.
— Je crois comprendre. Tu t'es « imprégné » de Edward ?
— Exactement. Au début je ne voulais pas l'admettre, mais c'est devenu une telle évidence qu'il fallait que j'aille le rejoindre, en Italie.
— Wow... si je m'attendais à ça, marmonnai-je...
— Quoi ?
— Non rien, alors ça veut dire que...
Que Edward était dans les parages, sans doute, j'avais tellement envie de lui parler.
— Jake ? Tu peux me passer Ed...
— Oh désolé Bella, je dois te laisser, je te rappellerais !
— Mais !
— A plus Bella ! dit Jacob en me raccrochant au nez.
— Mais ! Raaah ! Il me réveille et en plus il raccroche ! Sale brute !
— Ça va Bella ?
Je sursautai, c'était Alice, qui avait surgit de nulle part.
— Tu m'as fais peur... Oui oui ça va, un appel un peu trop matinal...
— C'était qui ? me demanda Alice un peu décontenancée.
— Tu ne l'as pas vue ?
— Non... ça m'étonne autant que toi !
— C'était Jacob.
— Ah...
— Eum, où étais-tu ? questionnai-je Alice.
— Carlisle voulait me voir pour régler deux ou trois trucs en prévision de nos vacances.
— D'accord, souris-je.
Ne sachant plus quoi dire elle me prit dans ses bras. Me disant que j'avais l'air fatigué elle m'invita à aller me recoucher, tout contre elle. Je ne me fis pas prier et remontai aussitôt dans ma chambre pour terminer ma nuit. J'eus le temps de rêver. Un loup me fixait.
Jacob et Edward ensemble, histoire de rompre les conflits entre vampires et loups garous !
