Chapitre 25
Milo resta hagard devant Angelo, incapable d'articuler ne serait-ce qu'une parole.
-Alors ? Insista l'italien en agitant la photographie devant lui.
-Je… Angelo… bafouilla Milo. S'il te plaît…
Il s'approcha de son ami.
-Ne me force pas à te le dire… pas maintenant. Je ne veux pas te mentir, mais je ne peux pas… pas maintenant.
Cela confirma à Angelo que Milo lui cachait quelque chose de grave et cette fois, il se montrerait impitoyable.
-Je veux le savoir. Kardia. Qui est-il pour toi ?
-C'était… mon oncle, avoua Milo, peu enclin à se mettre Angelo à dos. Il est mort à la mi-août.
-De quand date cette photo ?
-Début de l'été.
-Pourquoi tu t'es teint les cheveux comme lui ?
-En hommage.
Les questions pleuvaient, mais Milo savait bien qu'il n'avait pas d'autre choix que d'y répondre. Il voyait dans les yeux de Angelo qu'il avait tout intérêt à répondre, ou il le perdrait définitivement. Et il préférait mourir sur le champ plutôt que de le voir s'éloigner de lui.
-Il est mort de quoi ?
C'était la question fatidique. Milo ferma les yeux.
-D'une maladie cardiaque, dit-il enfin.
Il tomba à genoux, ses longs cheveux mouillés glissant sur ses bras dénudés. Et il attendit la question suivante.
Angelo était perdu. Son cerveau faisait les connections à une vitesse affolante entre tout ce qu'il savait sur Milo.
-La même que toi ? Demanda t-il, espérant qu'il se trompait.
Milo releva la tête. Ses yeux bleus brillaient de larmes, et il acquiesça doucement.
Angelo se leva et s'accroupit à côté de lui. Il le prit dans ses bras.
-Mais tu vas guérir..?
-Non Angelo, sanglota Milo. Je t'avais menti ce jour-la. C'est une maladie incurable. J'en mourrais un jour.
-Quand ?
-Je sais pas.
Même dans cet instant, il ne trouvait pas la force de lui avouer qu'il savait le temps qu'il lui restait. Il ne pouvait pas lui infliger ça. C'était à lui, et à lui seul de supporter ce fardeau.
-Tu es un idiot, renifla Angelo en ravalant ses larmes. On meurt tous un jour. Ne garde pas ce genre de choses pour toi. Pour ma part, j'ai toujours eu l'intime conviction que je mourrais d'une mort violente et douloureuse. Je sais pas pourquoi, mais je l'ai toujours pensé. Je n'y pense jamais, mais c'est comme ça. C'est une croyance ancré dans mon esprit depuis que je suis petit. Et toi Milo, pourquoi est-ce que tu laisse ça te ronger ?
Milo leva la tête vers lui. À ce moment précis, il se rendit compte de ce qu'il ressentait pour l'italien albinos, avec ses yeux si brûlants mais pourtant si perçants. Ces yeux qui pouvaient lire son âme comme dans un livre ouvert. C'était un amour inconditionnel et une reconnaissance infinie.
-Merci… dit-il. Crétin d'Angelo. Me dire des choses comme ça...
Il se blottit dans ses bras. Il se sentait en sécurité tant qu'il le tenait. Il avait l'impression qu'il ne pourrait pas mourir, que son cœur ne brûlerait pas s'il restait dans ses bras. C'était bête, il le savait, mais il ne pouvait s'en empêcher. Angelo représentait une sorte de pilier sur lequel il pourrait s'appuyer pour se relever à chaque fois que son corps lui jouerait des tours.
-Ahem… j'aimerais bien aller me laver, maintenant que la tragédie est finie, ironisa Angelo.
Milo lui donna un petit coup de poing sur l'épaule en se dégageant de son étreinte à regret. Il serait bien resté au chaud, à sentir l'odeur de l'italien, pendant au moins quelques heures, mais celui-ci en avait décidé autrement.
-T'es trop nul… geignit-il.
Angelo lui ébouriffa les cheveux en se levant.
-Hé ! Protesta Milo. Arrêtes ! T'imagine même pas pendant combien de temps je les ai coiffés pour enlever les nœuds !
-C'est pas mon problème ça ! Se moqua l'italien. Les miens sont courts tu remarqueras ! D'ailleurs on commence à voir tes racines et c'est moche. Tu devrais te repasser une couche de bleu pour camoufler tout ça. Sur ce !
Milo lui balança un coussin qui se trouvait à sa portée mais Angelo l'esquiva rapidement. En le voyant fermer la porte derrière lui, il se rendit compte de ce qu'il venait de se passer. Alors c'était tout ? Pas de cris, ni de pleurs pendant des heures ? Angelo ne le détestait pas pour lui avoir caché la vérité ?
Il soupira de soulagement et se redressa. C'était comme si un lourd fardeau venait de s'enlever de ses épaules. Et c'était mieux comme ça de toute manière. Comme ça, si il lui arrivait quelque chose, Angelo serait au courant. Et quand il mourrait, il saurait pourquoi.
…
-Vous êtes rentrés ?! S'exclama Aphrodite d'un ton enthousiaste en voyant Camus et Dohko pointer le bout de leurs nez. Je me suis tellement ennuyé tout seul !
C'était vrai. Une fois la pêche et la cueillette finies, il n'avait rien trouvé à faire. Du coup, il avait appliqué l'onguent de Shunrei sur ses plaies et s'était forcé à prendre un bain. Le soir venu, il avait préparé une soupe de poisson avec ceux qu'il avait pêché et avait attendu une éternité avant que les autres n'arrivent.
Dohko posa son sac sur le canapé tandis que Camus se laissa choir à terre. Et tant pis pour sa réputation, il était trop fatigué pour en tenir compte. Aphrodite se baissa à son niveau.
-Ben alors, ça va pas ?
Camus ne répondit pas. Aphrodite en profita pour l'embrasser. Le français se laissa faire, s'abandonnant même une seconde au baiser.
-Tu vois, y'a rien de mieux pour remonter le moral de quelqu'un ! Fit remarquer le suédois à l'adresse de Dohko.
-Je vois ça, répondit le chinois, admiratif, en voyant le visage à présent détendu de Camus. Ah, tu as commencé à préparer le repas.
-Ouais, je suis en train de faire de faire de la soupe de poisson, dit Aphrodite. J'espère que vous aimez ça.
-Personnellement j'adore, après pour Camus… Enfin de toute façon, on est trop fatigués pour se plaindre. Et j'ai super faim !
Le chinois enleva son haut trempé de sueur, dévoilant un torse parfaitement musclé tout en finesse. Chaque muscle frémissait à chacun de ses mouvements. C'était une musculature digne des plus grandes statues grecques. Même Camus ouvrit de grands yeux.
-Dohko ?! S'exclama Aphrodite, admiratif. T'es fichu comme Bruce Lee, c'est dingue !
-Tu fais la comparaison parce que je suis chinois ?
-Évidemment ! Répliqua Aphrodite. Mais sinon, comment ça se fait que tu sois aussi musclé ?
-Le travail dans les champs, répondit Dohko. J'y travaille toute l'année. Ça et une nourriture saine. Bon, je vais me laver. Ça vous laisse un peu de temps seuls tous les deux.
Et il disparut dans la salle d'eau.
-T'as vu ça ?! S'extasia Aphrodite à Camus qui venait de trouver le courage de se lever. Il nous en cache des choses le petit Dohko !
-Le « petit » ? s'étonna Camus.
-C'est le plus petit de la classe, dit Aphrodite. Même Mu est plus grand ! Un Bruce Lee n°2 je te dis !
-Il n'a pas la même coupe de cheveux que lui.
-C'est un détail ça ! Trépigna Aphrodite. Allez viens pour te récompenser de ton travail, je te fais un massage !
Avec un soupir, le français s'abandonna aux massages de son petit ami. De toute manière, il était bien trop fatigué pour protester. Il s'était levé épuisé le matin, à cause des émotions de la veille, et il serait bien resté couché pensant encore au moins 3 heures, mais Dohko en avait décidé autrement. Et là, tout de suite, il voulait dormir. Juste dormir. Même manger ne lui semblait plus si important.
Aphrodite sentit la tête de Camus se laisser aller contre son torse et il cessa ses caresses. Il comprit que le français s'était assoupi sur lui et le serra dans ses bras.
Dohko revint une vingtaine de minutes plus tard, et ils étaient dans la même position. Il sourit, attendri par la scène, et s'attela au réchauffage du repas. Il fit comprendre à Aphrodite que le bain de Camus était prêt.
Le suédois secoua le français presque avec regret pour lui dire d'aller se laver.
-Pas envie… marmonna Camus. Trop fatigué…
Aphrodite soupira, puis un sourire vint étirer ses lèvres. Il chuchota quelque chose à l'oreille du français qui rougit.
-Allons-y… finit par soupirer Camus en se levant difficilement.
Dohko le regarda s'éloigner, suivit de Aphrodite. Décidément, le suédois le faisait vraiment marcher à la baguette !
…
Aiolia, surprit par le cri de son frère, se retourna vivement.
-Salut Aiolia. Ça fait un bail.
Cet accent… Ça ne pouvait être qu'elle.
-Marine… souffla t-il, atterré.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? L'apostropha Ayoros d'une voix glaciale.
Son expression surprit les autres. Ils n'avaient jamais vu Ayoros dans cet état. Lui qui souriait tout le temps d'un air enfantin, ressemblait à cet instant précis bien plus au jeune homme de 25 ans qu'il était.
-Je travaille, ça ne se voit pas ? Répondit la jeune fille comme si de rien n'était. Ne sois pas si froid avec moi Ayoros. Après tout, c'est bien vous qui êtes venus ici non ?
Aldébaran remarqua l'attitude étrange de Aiolia, qui semblait complètement dévasté depuis l'apparition de la jeune fille. Il donna un coup de coude discret à Shaka et Mu et leur désigna le grec.
-J'avais remarqué… murmura Shaka. Il est bizarre depuis tout à l'heure…
-Tu crois qu'il la connaît ? Demanda Mu.
L'indien haussa les épaules. À vrai dire, il était presque sûr que c'était le cas, mais ne voulait pas faire de supposition hâtives. En revanche, c'était la réaction de Ayoros envers la rouquine qui l'inquiétait davantage. Il avait l'air d'être en colère contre elle, et même beaucoup.
-Tu n'as pas changé d'un pouce Aiolia, continua Marine en s'approchant du grec. Tu es toujours aussi b..
Ayoros s'interposa physiquement entre eux deux, et Aiolia se détendit.
-Qu'est-ce que tu fais Ayoros ?! S'exclama Marine. Il me semble que j'ai le droit de lui parler !
-Non, répliqua le grec. C'est hors de question. Tu en as déjà assez fait.
Aiolia tourna les talons sans même lancer un regard à la japonaise et repartit, non sans avoir fourré les sachets de ballons dans les bras de Mu.
Ayoros profita du départ de son frère pour reculer, mettant suffisamment d'espace entre lui et la jeune fille.
-Les gars, reposez tout. On ira en acheter ailleurs.
Mu et Shaka s'exécutèrent.
-Attends Ayoros ! Protesta Marine. Tu ne peux pas me punir pour ce qu'il s'est passé i ans ! Ça ne te concernait pas !
-Tout ce qui concerne mon petit frère me concerne également, répondit Ayoros.
-Votre maudite fraternité ! Cracha la jeune fille. Elle passait avant tout, et je vois que c'est toujours le cas ! Tu sais quoi ? Je ne m'approcherais plus de lui. T'es content ?! Je voulais me réconcilier avec lui.
-Tu n'as aucun droit de faire ça ! Tu n'as aucune idée d'à quel point tu l'as blessé ! S'exclama Ayoros. Il est toujours en train de s'en remettre ! Il recommence à sourire depuis à peine trois mois ! Alors ne viens pas me gueuler dessus, c'est bien compris ?!
Le grec disparut presque en courant, laissant Mu, Shaka et Aldébaran plantés là.
-On… on devrait le suivre non ? Hésita Mu.
-Non, il vaut mieux retrouver Aiolia, dit Shaka. Vu son état, il pourrait être n'importe où à l'heure qu'il est.
-Allons y, approuva Aldébaran.
Ils commencèrent à s'éloigner à leur tour, mais Shaka prit le temps de lancer un regard de suprême mépris à la jeune femme avant de partir définitivement.
...
Aiolia marchait sans regarder où il allait, et bientôt, il ne reconnut plus les rues qu'il traversait. Il ne connaissait pas Rodario par cœur, et il voulut appeler Ayoros pour qu'il vienne le chercher, mais il se sentait si mal qu'il préférait rester seul un moment, quitte à être perdu. Et il ne voulait surtout pas affronter le regard des autres.
…
-Alors, vous l'avez retrouvé ? Dit Ayoros, son téléphone portable collé à l'oreille.
À l'autre bout du fil, Mu répondit par la négative. Encore une fois. Les deux autres avaient fait pareil. Ayoros reprit sa course folle à travers les rues et ruelles. Rodario n'était pas un si petit village que ça quand on y repensait, et il pouvait être n'importe où. Bon, Aiolia avait son portable sur lui, et il pourrait l'appeler à tout moment, mais il était inquiet. À cause de son état psychologique.
-Il va falloir que tu nous explique pourquoi il est comme ça, haleta Shaka une fois qu'ils furent réunis au point de rendez-vous qu'ils s'étaient fixé, une heure plus tard.
-Cette fille… c'était qui ? Demanda Aldébaran.
Ayoros soupira.
-Marine. Elle vient du Japon, et elle travaillait au même collège que Aiolia il y a deux ans comme pionne pour apprendre le grec. Ils ont fini par sortir ensemble mais ça a mal fini.
-Ils ont rompu ?
-Ouais… en quelque sorte, répondit Ayoros. On avait perdu nos parents pas longtemps avant. Deux ans, pour être exact. On était tous les deux toujours en deuil vous voyez, et on se soutenait mutuellement. Marine n'aimait pas trop ça, que j'ai autant d'importance pour Aiolia. Mais il avait que 16 ans ! Et un jour… ben il l'a trouvé au pieu avec un autre gars… chez nous.
-Aïe, dur ! Commenta Aldébaran en imaginant la scène.
-En plus, c'était quand on habitait encore dans la maison de nos parents, alors c'était encore pire. C'est après cet événement qu'on a déménagé, parce que Aiolia ne supportait plus de vivre là-bas. Enfin bref… il l'a largué, forcément, mais elle l'a insulté pour ça. Elle lui a dit que c'était de sa faute, comme quoi il ne s'occupait pas assez d'elle, qu'il était trop déprimant, etc.
-C'est méchant de dire ça, surtout si il avait perdu ses parents juste avant.
-Après ça, continua Ayoros, Aiolia a vraiment sombré dans la dépression, alors qu'il avait réussir à s'en sortir jusqu'à présent. Il l'aimait vraiment alors… enfin voilà. C'est pour ça que j'ai décidé de l'envoyer à la fac, pour qu'il aille mieux.
-Il l'est encore ? Demanda Shaka.
-Amoureux ?
-Non, dépressif !
-Tu sais, c'est le genre de chose qui met du temps à se guérir, répondit Ayoros gentiment devant l'air agacé de l'indien. Et quand il l'a vu… ça a juste remué des choses que je préférerais qu'il oublie. Il allait un peu mieux avec vous les gars. Il sourie de nouveau.
-C'est bon signe ça ! Approuva Aldébaran. On devrait attendre qu'il veuille sortir de sa tanière. Il finira bien par revenir !
-C'est bizarre que tu dise ça, fit remarquer Ayoros. Il est Lion en plus.
-Pure coïncidence ! S'exclama le colosse.
-Aldébaran a raison, dit Shaka. Nous devrions attendre que Aiolia nous appelle quand il se sentira mieux. Retournons chez Saga.
…
Aiolia pleura longtemps, assis par terre dans la rue. Il était bien content qu'aucun de ses amis ne l'appellent. Il ne voulait pas leur parler dans cet état, et surtout pas à Ayoros. Ça l'inquiéterait beaucoup trop.
Il finit par voir que le jour déclinait. Il fallait qu'il appelle quelqu'un, ou il commencerait à faire vraiment froid et noir dehors, car même en Grèce, la température déclinait quand on s'approchait de l'hiver.
Il sortit son portable de sa poche et composa le numéro de Ayoros, puis resta plusieurs minutes immobile, le doigt sur le bouton d'appel. Puis il changea d'avis à la dernière seconde et se décida pour un sms. Il décrivit précisément où il se trouvait, ce qu'il avait vu en se promenant dans les environs, le rassura quand à son état, et finit par se retrouver à court de caractères. Tant pis, il l'enverrait tel quel, même s'il n'avait pas eu l'impression d'écrire tant que ça.
Une petite sonnerie lui indiqua qu'il l'avait bien reçu et il attendit qu'il vienne le chercher. Il préféra ne pas bouger et en profita pour s'essuyer les yeux et reprendre contenance, même s'il savait très bien que quoi qu'il fasse, les autres verraient ses yeux rougis. Il se prit la tête dans les mains et ferma les yeux.
Ce fut quand on lui tapota l'épaule qu'il se redressa, surpris. La nuit était pleinement tombée maintenant, et il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était assoupi. Il frissonna.
-Ayoros ? Demanda t-il en se retournant.
-Raté, dit Shaka. Allez, viens, ils nous attendent.
-Mais pourquoi c'est toi ? Je pensais que ce serait…
-Ayoros, j'avais compris, le coupa l'indien en l'aidant à se relever. Mais il ne voyait pas du tout où se trouvait le puits que tu as décrit dans ton message, alors que je suis passé devant cet après-midi pendant qu'on te cherchait.
-Ok, murmura Aiolia.
Il mit les mains dans ses poches pour les réchauffer.
-Il est quelle heure ? Demanda t-il.
-Presque 8 heures, répondit l'indien en consultant son portable.
-T'en a mis du temps pour me trouver, se moqua Aiolia pour alléger l'ambiance.
-C'est surtout que de chez Saga, ça fait une trotte. Tu t'es pas contenté de courir sur 500m je te signale.
Aiolia fit une grimace. Il ne reconnaissait en effet rien de ce qui l'entourait.
-Tu es allé loin pour me chercher alors cet après-midi…
Shaka tiqua.
-Les autres t'ont cherché dans la nouvelle ville, alors je suis allé dans l'ancienne, se justifia t-il. C'est tout.
Aiolia sourit, satisfait d'avoir coincé l'indien.
-Alors c'est à ça que ça ressemble, l'ancienne ville ? Je n'y suis jamais allé, avoua t-il.
-Tu devrais. Déjà, ça t'aurait évité de te perdre, et en plus, l'architecture est magnifique.
La pique, lancé sur un ton narquois, fit rire Aiolia. Il se sentait déjà mieux.
-Ouais, j'y penserais une prochaine fois… dit-il en réprimant un frisson.
-Tu as froid ? S'étonna Shaka. Pourtant vu ta corpulence, ça devrait aller.
-Je ne suis pas gros ! Protesta Aiolia. Je suis musclé, c'est pas pareil ! Et puis toi, t'es couvert que je sache alors sois gentil et fiche moi la paix avec mon poids tu veux ?
Shaka rougit étrangement devant la dernière phrase de Aiolia qui fit le rapprochement avec celle, presque identique, qu'il avait prononcé plus tôt dans la journée. Il prit lui aussi une délicate teinte brique et détourna les yeux.
-P..pour tout à l'heure, c..c'était un acci… commença t-il.
-C'est pas grave, le soupa le blond. Réfléchis juste deux secondes quand tu t'adresse à quelqu'un à l'avenir.
-Désolé…
-Tu l'as déjà dit cet après-midi.
-Ouais, je sais.
Le reste du trajet se fit dans le silence le plus total. Et ils évitaient soigneusement de croiser le regard de l'autre. Aiolia manqua d'ailleurs de percuter un mur, tout occupé qu'il était à regarder ses pieds. Il entendit Shaka émettre un petit bruit de mépris et il se retint de l'envoyer balader. Parce que sinon, il aurait fallu le regarder, et il en était bien incapable. Pas après ce qu'il lui avait dit. Bon, avec n'importe quel autre gars de la classe, ça lui aurait semblé sans importance, mais comme c'était Shaka, c'était différent. Ayoros l'avait tellement gonflé avec leurs soit-disant sentiments mutuels que ça avait quelque peu changé la donne. Il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir gêné à vis à vis de lui, même si c'était totalement injustifié.
-Aiolia ! S'exclama son frère quand ils eurent franchi le seuil de l'appartement de Saga.
Il se précipita vers lui pour le serrer dans tes bras.
-J'étais super inquiet que tu ai disparu pendant aussi longtemps !
-Je vais bien t'inquiètes pas, le rassura le plus jeune.
-Mais qu'est-ce que tu es allé faire à la vieille ville ?! S'emporta Ayoros, plus soucieux que véritablement en colère contre son cadet.
Un sourire sadique se dessina sur son visage.
-Heureusement que ton ange savait où te trouver, n'est-ce pas ?
-H..hein, quoi ?! Demanda Aiolia, pas sûr d'avoir bien entendu.
Shaka redevint rouge et lui lança un regard meurtrier.
-Mu ! S'exclama Aiolia. Je t'avais demandé de ne rien dire !
Le tibétain détourna la tête, mais il eut le temps de le voir sourire.
-C'était un accident ! C'est sorti tout seul ! Se défendit Aiolia. Dis leur Mu !
-Et si on en profitait d'être tous ensemble pour se faire cette sortie ? Proposa Saga. Parce que mon frère ne va pas tarder à rentrer de sa sortie cinéma avec son mec, et j'ai pas trop envie qu'il trouve l'appartement assiégé.
-Ton frère est gay ? S'étonna Ayoros, très heureux pour le coup. Mais c'est trop cool !
Saga fronça les sourcils devant l'enthousiasme du jeune homme.
-Il va pouvoir expliquer à Aiolia comment on… aïeuh ! Geignit-il quand son frère lui donna un coup sur le crâne.
-Ça a résonné ! Fit Shaka, presque choqué.
-N'est-ce pas ? Répondit Aiolia.
-La soirée, c'est une bonne idée, dit Aldébaran, coupant court à l'échange. Comme ça, on pourra commencer à mettre nos idées en commun pour la fête de la rentrée.
-Enfin un qui est sérieux ! Soupira Saga.
Ayoros lui tira la langue, vexé qu'il lui préfère le brésilien. Bon, ils n'étaient pas en couple non plus, mais Saga était chasse-gardée ! Pas touche ! Et maintenant qu'il savait qu'il n'était pas dégoûté par l'homosexualité, il allait pouvoir passer à son plan de séduction. Après tout, tant qu'il n'avait pas essayé, il ne pouvait pas abandonner !
