Bonjour…Il y a encore des gens ? Je suis vraiment désolée pour mon rythme de publication pour le moins chaotique mais ce chapitre est enfin sorti de ma caboche et j'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture….

Chapitre 25 : En route pour le Mordor

Il faisait froid, ce matin-là. L'ombre de Sauron persistait à assombrir le ciel et les faibles rayons du soleil qui réussissaient à se frayer un passage ne suffisaient plus à réchauffer les cœurs.

Aylea resserra sa cape autour d'elle et réprima un frisson. Elle avait obtenu l'autorisation de laisser ses enfants à la garde d'une Gondorienne des Maisons de guérison le temps d'assister au départ de l'armée qui suivait Aragorn. Elle se sentait seule malgré les quelques milliers d'hommes et de chevaux qui attendaient sur la place et dans les Champs, malgré Legolas qui avait confié les rênes d'Hasufel à Gimli et la serrait dans ses bras. Leurs yeux à tous étaient habités par l'excitation et l'appréhension de la bataille à venir, ils étaient tous à la fois inquiets et déterminés à en finir, à offrir au Hobbit qui portait leur sort à tous autour du cou une chance de réussir.

Aylea se sentait de trop, mise à part, comme si elle était la spectatrice indésirée d'une scène qui devait se jouer sans elle.

Une part d'elle-même enrageait : elle n'était peut-être pas encore en état de se battre, mais Merry, qui souffrait de blessures bien plus graves que les siennes, était en selle derrière Eomer. Pourquoi ne pouvait-elle pas elle aussi sauter sur sa jument et chevaucher aux côtés de ses amis vers ce qui apparaissait comme la fin de cet Âge ? Pour la simple et bonne raison que, désormais, deux petits êtres dépendaient d'elle. Elle comprenait maintenant pourquoi son peuple évitait autant que possible de concevoir en temps de guerre : le danger, la peur, ne faisaient pas bon ménage avec l'éducation d'enfants.

Aylea rencontra les yeux bleus d'Aelin, brillants d'excitation, et sourit à la jeune elfe. Legolas avait beau s'être expliqué avec sa sœur, il n'en demeurait pas moins furieux contre lui-même, persuadé qu'il avait échoué à la protéger. Aylea avait tenté de le convaincre qu'il ne pouvait rien conter le caractère déterminé de sa cadette et qu'elle serait bien entourée lors de la bataille, le prince n'en démordait pas.

Aelin s'approcha d'un pas léger, sa jument derrière elle :

-On reviendra entiers, ne t'en fais pas, répondit-elle aux inquiétudes muettes de son amie.

-Au pire, si les choses tournent mal, on balancera Ael' à Sauron.

La plaisanterie d'Elrohir lui valut un coup de coude dans les côtes et un regard noir du prince de Mirkwood.

L'appel d'une trompe rohirrim résonna, auquel répondirent d'autres trompes et cors. Les chevaux trépignèrent de plus belle, les hommes enfourchèrent leurs montures.

Le cœur d'Aylea se serra. Legolas jeta un bref regard aux alentours, puis ses yeux bleus revinrent sur sa compagne.

-Au revoir.

Il la prit une dernière fois dans ses bras.

-Reviens-moi vite, chuchota Aylea.

-Ne t'en fais pas. Je suis obligé de revenir, je t'ai fait une promesse.

Sur ces mots, il l'embrassa doucement.

-Laquelle ? demanda la rouquine quand il s'écarta.

-Celle de t'épouser.

Et il sauta en selle, après lui avoir adressé un sourire. Aylea le suivit du regard jusqu'à ce que sa silhouette ait été engloutie par la marée humaine qui s'engouffrait dans les portes. Ses frères et Aelin lui adressèrent un petit signe lorsque la Compagnie Grise la dépassa. La place fut bientôt déserte et froide. L'elfe réprima un nouveau frisson et entreprit son ascension jusqu'aux Maisons de guérison. Elle traversa aussi vite qu'elle le put les rues abandonnées, ne souhaitant en aucun cas s'attarder devant les façades béantes et les fenêtres barricadées à la hâte. Ses pensées s'envolèrent vers Boromir qui aimait tant la Cité Blanche qu'aurait-il pensé en voyant sa ville meurtrie par les Orcs ?

« Je les aurais cent fois maudits et je serais parti détruire leur Maître, souffla une voix dans son dos.

Elle se retourna mais il n'y avait rien, rien de plus qu'un chat noir famélique qui la regardait avec des yeux ronds presque aussi grands que sa tête. Aylea soupira : la voix sortait de son imagination, rien de plus. Elle pressa le pas et arriva devant les larges arcades de pierre blanche qui marquaient l'entrée des Maisons.

Elle avança jusqu'au hall qui des femmes aux bras chargés de linges traversaient rapidement, se rendant dans l'une ou l'autre chambre. Aylea en aborda une, lui demandant où elle pourrait trouver ses enfants.

-Ils sont dans le jardin avec la jeune dame du Rohan, lui indiqua la femme avant de disparaître dans un des longs couloirs bordés de portes en bois.

L'elfe continua droit devant elle, prit à gauche à droite, puis encore à gauche, pesta contre ce dédale qu'étaient les Maisons et finit par trouver le jardin.

Assise au milieu du carré d'herbe, les pans de sa robe blanche s'étalant autour d'elle, Eowy lisait tout en surveillant du coin de l'œil Avréliane et Adandhel qui dormaient sur une couverture.

-Bonjour…

-Bonjour, répondit la Rohirrim en refermant son livre.

-Ils sont sages ? s'enquit Aylea en s'asseyant face à Eowyn.

-Comme des images. Vous avez de la chance…

Ses yeux bleus se perdirent dans le vague :

-Il y a quelques années, je n'aurais jamais dit ça, mais depuis quelques temps, j'aimerais moi aussi avoir des enfants.

-Vous en aurez, la rassura Aylea en prenant les mains de son amie dans les siennes. Vous avez la vie devant vous.

-Pensez-vous que cela prendra fin ? demanda Eowyn en désignant la grande plaine obscurcie que les arcades du jardin laissaient apparaître.

-Je n'en ai pas la certitude, mais je l'espère.

Eowyn eut un sourire triste.

Il y avait quelque chose de Celebrian dans la mélancolie d'Eowyn, une lueur éteinte dans ses yeux. Si l'apparence de la jeune femme qu'Aylea avait appris à connaître à Edoras était encore la même, son esprit, lui, semblait changé, comme si l'espoir et l'envie de combattre s'étaient envolés.

Avréliane se mit à gémir dans son sommeil puis elle s'éveilla entièrement et pleura encore plus.

Aylea prit sa fille contre elle et la berça un peu pour essayer de la calmer. Mais la petite continua à pleurer et ses mains cherchèrent la poitrine de sa mère.

-Vous m'excusez un instant ?

Eowyn acquiesça et Aylea s'éloigna pour nourrir Avréliane au calme.

Quand les yeux d'Aylea tombèrent sur le visage détendu d'Avréliane, qui têtait goulûment, elle ne put se retenir de verser une larme. Sa fille ressemblait tellement à Legolas... Elle avait le même visage, le même nez. Les mêmes petites oreilles pointues.

Aylea soupira, tout en caressant le duvet des cheveux de sa fille.

Elle leva la tête, essayant de ne plus penser à Legolas.

Devant elle, Eowyn n'était plus seule et avait été rejointe par Faramir... Aylea ne put retenir une exclamation de surprise. Qu'allait penser Faramir quand il verrait Adanedhel ? Pour le moment, le Gondorien semblait plus intéressé par la jeune femme que par son fils toujours endormi. Mais ça ne tarderait pas…A un moment ou à un autre, Faramir se rendrait compte qu'Adanedhel était son neveu. Une boule serra la gorge d'Aylea alors qu'elle se projetait au jour fatidique où elle apprendrait à son fils que l'elfe qui l'avait élevé n'était pas son père. Les choses auraient-elles été plus simples si Boromir était encore en vie ? Pas sûr…

Avréliane, repue, cessa de têter et bailla un peu. Aylea la redressa et regagna le carré d'herbe, légèrement anxieuse.

-Bonjour, la salua Faramir quand il la vit. Comment vous portez-vous ?

-Bien, merci. Et vous ?

-Mieux, je vous remercie. Ils sont adorables, ajouta-t-il, comme s'il se sentait obligé de faire un commentaire sur les jumeaux.

Aylea esquissa un sourire. Faramir ne semblait pas avoir remarqué que son fils n'avait pas les oreilles pointues et le plus tard serait le mieux. Elle décida de laisser les deux humains dans leur conversation.

-Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, s'excusa l'elfe.

Elle souleva Adanedhel, qui gémit légèrement avant de se rendormir, et quitta les Maisons pour regagner la chambre qu'elle partageait avec Legolas dans la ville.

Eowyn, de son côté, hésitait sur la conduite à tenir : elle pouvait elle aussi prendre congé et retourner s'enfermer dans sa chambre ou bien rester dans le jardin en compagnie de cet homme qui semblait un peu plus âgé qu'elle et qui avait visiblement envie de continuer à converser avec elle.

-Comment une femme du Rohan est-elle arrivée jusqu'à Minas Tirith ?

La voix invitait à la confidence.

-C'est une longue histoire, mon Seigneur, je ne voudrais pas vous faire perdre votre temps.

-Vous ne me dérangez jamais, au contraire.

Eowyn frémit quand le jeune homme posa une main sur les siennes, sagement posées sur ses genoux.

-Et bien, c'est l'histoire d'une jeune femme éprise de liberté qui souhaitait se battre et défendre son peuple. Pourtant, si les femmes de son pays avaient le droit de porter une épée, elles ne pouvaient pas prendre part à la guerre imminente. Mais la jeune femme désirait se battre plus que tout. Alors, elle désobéit à ceux qui la forçaient à rester chez elle et se déguisa pour partir avec les cavaliers.

Eowyn se tut, hésitant à poursuivre. Elle rencontra les yeux attentifs et doux de Faramir et se fut comme si une grande chaleur s'immisçait peu à peu dans son corps gelé. Elle reprit :

-La jeune femme se battit, mais elle fut blessée, mortellement. J'ignore encore pourquoi je suis encore en vie.

-Préféreriez-vous avoir quitté cette terre ?

-Il fait si froid ici, tout est si noir. C'est comme si le soleil n'allait plus jamais reparaître pour éclairer la terre, comme si la vie n'allait jamais revenir dans cette cité triste. La mort doit ressembler à cela, ou être plus douce.

-Je ne pense pas que ces ténèbres dureront.

Faramir souriait. Il avait un beau sourire, un sourire plus chaud que les rayons du soleil qui frappaient le toit de Meduseld au plus fort de l'été, plus chaud que le feu qui brûlait dans l'âtre du grand Hall les soirs d'hiver. Les petits morceaux de soleil du sourire de Faramir entrèrent dans le corps d'Eowyn, coulèrent dans ses veines. Elle sourit, elle aussi, de ce sourire que son oncle aimait tant.

Les doigts du jeune homme effleurèrent sa joue quand il repoussa une mèche de cheveux blonds tombés devant ses yeux.

-Vous êtes belle, Eowyn, Blanche Dame du Rohan. Vous ne devez pas penser à la mort, pas alors que la vie vous tend les bras.

Et là, dans les yeux de cet homme qu'elle ne connaissait que depuis quelques jours, Eowyn comprit le sens des dures paroles qu'Aragorn lui avait adressées devant le Chemin des Morts. Le voile qui obscurcissait ses pensées et sa vision était enfin tombé, tout était plus clair. Elle ne penserait plus jamais aux champs de bataille, elle se rendrait utile à son peuple, mais d'une autre manière. Elle soignerait les corps et les âmes, comme ces hommes et ces femmes qui déambulaient dans les Maisons de Guérison. Voilà, elle serait guérisseuse.

Une larme coula lentement le long de sa joue, que Faramir essuya de l'index. Elle continua de le contempler à travers les larmes de plus en plus nombreuses et elle se sentait heureuse, plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été.

Faramir avança vers Eowyn. Il pressa une main contre sa nuque et approcha son visage du sien. Lentement, comme dans un rêve, leurs lèvres se rencontrèrent.


-Tu sembles plus soucieux à chaque pas que fait ton cheval.

-Vraiment ?

-Ne joue pas à ça avec moi, Leg'. Je te connais, tu sais.

-Et ? demanda l'elfe blond en haussant un sourcil dans une expression qui rappelait celle de son père.

-Et alors, je sais que tu t'inquiètes. Je n'aime pas te voir comme ça, hano, tu le sais bien.

-J'ai bien peur que tu ne puisses rien y changer, Ael', soupira le prince.

-Tu t'inquiètes pour Aylea et pour les bébés, pas vrai ?

Un hochement de tête informa Aelin qu'elle avait deviné juste.

-Je ne crois pas qu'ils soient vraiment en danger, ajouta-t-elle dans l'espoir de rassurer son aîné. Et Aylea sait se défendre. Si les choses tournent mal, elle rentrera certainement à Fondcombe.

« Non, se dit Legolas.

Aylea ne rentrerait pas à Fondcombe, parce qu'elle craignait la réaction de son père si elle arrivait avec les deux enfants et parce que rentrer chez elle signifiait un départ pour les Terres Immortelles. Ce qu'elle n'accepterait jamais. Le seul endroit qui aurait pu lui offrir un refuge aurait été la Lorien, mais pour combien de temps ? Aylea n'avait aucun endroit où aller si les choses tournaient mal. Aussi douloureuse que pouvait être cette pensée, Legolas était incapable de l'extraire de son esprit.

-On va réussir, grand frère, l'encouragea Aelin en posant une main sur son bras.

Legolas répondit au sourire de sa sœur, se demandant ce qu'il ferait sans elle.

C'est tout…Pour le moment !

J'espère que ce chapitre ne vous a pas donné envie de me lancer des tomates (quoique c'est très bon, la soupe de tomates….je m'égare…)

Encore merci à Ellana pour son aide précieuse et pour le prêt d'Aelin.

Legolaskili et Liraiwen, je ne vous oublie pas, vos OC vont bientôt apparaître, encore un ou deux petits chapitres de patience^^

Merci de m'avoir lue. (Et, un petit commentaire, ça fait toujours plaisir et ça aide à s'améliorer )