Bonjour bonjour.
I'm back ! J'ai l'impression que la dernière fois que j'ai publié était il y a ... un millénaire. Mais non, ça fait juste deux ans que je n'avais ni écrit ni publié. Juste deux ans hein. Je l'avoue, j'ai vraiment honte, mais comme je l'avais dit, je n'abandonnerais pas cette histoire, pour rien au monde. La vie est juste parfois un peu trop chronophage et l'écriture est quelque chose qui me prend du temps. Les personnages évoluent, tout comme l'histoire et c'est souvent difficile de tout gérer en même temps.
J'espère que je n'aurais pas perdu les trois quart de mes lecteurs même si ça parait fort probable. Je vous fais un petit résumé du chapitre précédent après cette petite présentation pour les quelques survivants qui seraient là :)
Malgré tout ce temps perdu, nous en sommes quand même à 193 reviews, 61 favoris et 115 followers, ce qui est déjà beaucoup plus qu'il y a deux ans ! Ca c'est rassurant et je remercie tout ceux qui se sont quand même abonnés dans l'espoir de voir la suite un jour. Vous avez bien fait puisque je vous ai entendu !
Un petit mot de ma merveilleuse bêta, qui après deux ans, est toujours présente pour mon plus grand bonheur : "ClaPounette est de retour ! Ce chapitre nous aide à replonger dans son univers et la fin nous laisse imaginer des perspectives merveilleuses pour la suite de cette fanfiction... Je sais pas vous mais moi, je suis RAVIE de ce retour "
Précédemment, dans D'Emeraude et d'Argent : Drago, après une mission des plus horribles semble avoir perdu son humanité. Narcissa, devant la détresse de son enfant décide de tout faire pour le sortir de cette horreur, alors que Harry essaye de se remettre de la mort d'Albus et de la disparition de celui qu'il aime.
Bonne lecture !
Musique :
Kelly Andrew
Forgotten Past
Alliance
We Overcome
Chapitre 23
C'était la deuxième chose qu'il avait remarquée à propos de Jade. Il portait toujours deux chaussettes de couleurs différentes.
Aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle. Il était assis sur son lit, une jambe élégamment passée par dessus l'autre, son pantalon légèrement remonté, laissant entrevoir sa chaussette rouge. Il arrivait même à distinguer quelques motifs de là où il était. Rubis avait intercepté son regard plusieurs fois et lui avait souri d'un air complice.
Harry aimait ces moments de flottement où la seule chose qui leur importait était de retenir leur rire pour que Jade ne remarque pas leurs regards.
Rubis lui laissait généralement du temps avant de commencer, et Harry se sentait de plus en plus en confiance. Il apprenait à vivre avec ce qu'ils lui avaient raconté, se remettait doucement de son cœur dévasté et les écoutait.
Ils venaient tous les jours, et même s'il ne l'avait pas admis à voix haute, les savoir là le réconfortait plus que jamais. Il avait appréhendé le moment où il se retrouverait seul chez les Dursley mais quand Rubis et Jade étaient apparus dans sa chambre au beau milieu de la nuit, il avait ressenti un soulagement incroyable enfler dans sa poitrine. Il faisait toujours des cauchemars, plus violents depuis qu'il avait perdu Drago, mais ils arrivaient toujours à temps pour l'en sortir.
Il se moquait bien d'avoir l'air épuisé le matin. Il vivait la nuit, oubliait le jour. Il s'était complètement déconnecté de la réalité dans laquelle il vivait avant de découvrir qu'il était plus qu'un simple sorcier. Depuis que les Dursley avaient quitté Privet Drive pour un endroit plus sûr, Harry se contentait de faire ce qu'il voulait. Vivre la nuit ne le dérangeait pas et il avait une bonne excuse pour ne pas s'aventurer hors de la maison pendant la journée.
- Des nouvelles ? Demanda le brun en détachant son regard de la deuxième chaussette violette de Jade.
Rubis croisa son regard, adossé contre la vieille armoire de sa chambre. Elle couinait à chacun de ses mouvements, mais Harry se moquait bien de tout ça. Ils ne lui avaient, par ailleurs, jamais fait aucune remarque et le Gryffondor soupçonnait un de ses deux nouveaux amis d'avoir placé un sort d'insonorisation assez invisible pour qu'il ne soit détecté ni par le Ministère de la Magie, ni pour aucun autre sorcier passant à proximité.
- Non, répondit Rubis en le fixant dans les yeux, l'empêchant de fuir son regard.
Harry le soutint, non sans peine. Il posait cette question à chaque fois. Il attendait généralement la fin de la nuit parce qu'il savait que Rubis serait plus enclin à lui dire des choses qu'il n'aurait pas avoué avant, mais il n'avait pas pu s'en empêcher.
- On le retrouvera, ajouta Rubis d'un air qui se voulait compatissant.
Harry haussa finalement les épaules, refusant de se laisser aller encore une fois à la colère. Chose qui lui arrivait quasiment tous les jours. Il ne comptait plus le nombre d'assiettes ou de verres qu'il avait lancés contre le mur dans un accès de rage soudain. Généralement, ça arrivait quand il essayait de s'infiltrer dans l'esprit de Voldemort. Et qu'il échouait.
La plupart du temps, quand Rubis et Jade n'étaient pas là, il dormait ou déambulait dans la maison sans objectif défini. À vrai dire, il cherchait surtout un moyen pour ne pas sombrer dans la dépression. Il profitait de la télévision et de la console qu'avait laissées Dudley mais il ne trouvait rapidement plus aucun intérêt aux jeux. Il ne pouvait s'empêcher à chaque fois de s'imaginer ce qu'aurait dit Drago en voyant ces trucs moldus.
- Prêt ? Demanda finalement Rubis en s'approchant de lui, ses yeux bien ancrés dans les siens.
Harry hocha la tête, inspirant profondément pour se donner un semblant de force. Il faisait ce qu'il pouvait à chaque fois, mais il doutait d'y arriver un jour. Il n'arrivait juste pas à s'introduire dans l'esprit de Voldemort pour trouver où il avait caché ses Horcruxes.
- Concentre-toi, lui ordonna Rubis en posant ses mains sur ses genoux.
Harry visualisa le cœur de sa magie, comme ils le lui avaient appris. Il l'avait toujours imaginé dans un coin de cerveau, à un endroit où il serait le seul à le trouver, au plus profond de cet endroit sombre et inexploré dans lequel il se retranchait quand il n'arrivait pas à supporter le reste. Il avait aménagé le coin à sa manière, un gros fauteuil en cuir près d'un feu quasiment éteint. Quand il s'y asseyait, il ne distinguait que la forme de ses pieds, les braises trop faibles pour illuminer son corps. Et il attendait d'être assez calme et rassuré pour retourner à la vie réelle.
C'était là qu'il avait trouvé le cœur de sa magie, glissé sous le tapis rouge. Elle avait lui, un jour pendant lequel il était particulièrement troublé, juste après que Drago avait disparu. Et il avait senti un fourmillement agréable filer jusqu'à ses doigts de pied. Il avait d'abord aperçu un bout de patte se faufiler entre les fils du tapis, puis une sorte de petit oiseau argenté avait suivi le mouvement et s'était approché de lui tout naturellement.
Rubis lui avait parlé d'animal totem, une sorte de gardien représenté par une entité et qui représentait le cœur de sa magie. Un protecteur, un guide. Harry l'avait accueilli entre ses mains froides et son cœur s'était comme réchauffé. Une nouvelle lueur d'espoir s'était allumée en lui et il avait eu la force de se réveiller.
- Tu l'as ? Lui demanda Rubis de sa voix grave.
Harry hocha la tête, ses yeux fermés. La chaleur de la paume de Rubis irradiait sur sa cuisse, son seul lien avec la réalité. Il plongea dans les méandres de son esprit. Il traversa des couloirs, dont les portes fermées à double tour menaient à ses plus sombres désirs et idées. Des dessins étaient gravés dans le bois et il était le seul à en comprendre la signification. Quiconque s'aventurerait dans son esprit n'y verrait qu'un signe de folie, mais pour lui, ces dessins cachaient quelque chose qu'il préférait garder personnellement invisible aux yeux des intrus.
Il ne se retournait pas sur les portes qu'il savait sans importances. Il passait devant chaque jour, savait ce qu'elles renfermaient même s'il n'y avait jamais mis un pied. Il s'arrêta finalement devant une porte dépourvue de toute gravure. Elle suintait la magie noire et Harry hésitait toujours quelques secondes avant de poser sa main sur la poignée et de la tourner.
Il faisait lugubre derrière la porte et une odeur de soufre se dégageait du lieu. Il avait pensé, la première fois, qu'il se retrouverait dans une pièce sombre et il avait senti son cœur battre la chamade, mais ce n'était rien de tout ça. Il avait été surpris de se retrouver devant une immense forêt. Elle n'était pas aussi sombre qu'il l'aurait cru avant d'y avoir posé les pieds, mais il s'en dégageait une force malsaine qui l'empêchait de s'y déplacer aussi naturellement que s'il se sentait en pleine confiance.
Il savait que derrière chaque arbre se cachait des créatures aussi malfaisantes que l'était Voldemort. Parce qu'il était question de ça, du passage entre son esprit, l'âme sombre du mage noir et la sienne. Il savait que dans ces troncs se cachaient des souvenirs. Les siens, ceux de Jedusor, et il devait les trouver.
Ceux qui lui permettraient de connaître l'emplacement des Horcruxes. Il avait cru que ce serait facile, Rubis lui avait expliqué comment faire calmement et simplement, mais il revenait à la réalité bredouille à chaque fois. Il était tombé une fois sur un serpent qui lui avait dit que ce qu'il cherchait était si bien caché qu'il ne le découvrirait que lorsqu'il aurait accepté qui il était vraiment. Ce dont Harry n'avait aucune réelle idée, et les regards dubitatifs de Rubis et Jade lui confirmaient qu'il n'était pas le seul. C'était la seule fois où il l'avait croisé et il ne savait s'il avait vraiment été d'une aide précieuse ou s'il aurait préféré ne pas savoir que tout dépendait encore une fois de lui.
En réalité, il désespérait.
Il ne supportait pas ce moment où il posait les pieds sur le sol marécageux d'une clairière, sa main sur le bois pourri d'un tronc, faisant surgir en lui des souvenirs qui ne lui appartenaient pas et qu'il aurait préféré ne jamais voir. Il sentait l'aura des créatures autour de lui, la plupart restant cachées, les autres se faufilant entre ses jambes incertaines. Mais aucune ne s'arrêtait et jamais il ne put deviner ce qu'elles étaient.
D'après Rubis, elles étaient la déformation de leurs souvenirs liés et Harry aimerait en attraper une pour lui parler, savoir de quoi il en retournait, mais impossible. Elles n'étaient que des ombres.
Il sentait toujours la main brûlante de Rubis sur sa cuisse, le gardant connecté avec la réalité. Il s'approcha d'un tronc en grimaçant, levant les yeux pour essayer d'en voir le bout, mais les branches s'étendaient à perte de vue. Ce qui en soit était une bonne chose. Il avait vite compris que les arbres les plus grands correspondaient aux souvenirs les plus anciens.
Harry se demandait encore comment il était possible que Voldemort n'ait pas compris ce qu'il faisait mais il savait, au fond de lui, que perdu dans cette forêt, il était impossible à quiconque de savoir tout ce qui s'y tramait. Lui-même aurait été incapable de dire si le Seigneur des Ténèbres s'y trouvait en même temps que lui et il frémissait d'horreur à l'idée de le croiser dans un endroit pareil.
Il n'avait aucun moyen de défense et il ne pourrait compter que sur l'aide de Rubis pour s'échapper, si encore il trouvait un moyen de lui faire comprendre que quelque chose clochait.
Avec une grimace d'appréhension, il posa sa main sur le tronc et inspira profondément, plongeant dans les souvenirs de Voldemort.
Il s'attendait à quelque chose de sombre, pourtant le soleil brillait, haut et fort. Le bruit des vagues contre les falaises n'était pas aussi assourdissant qu'il le pensait.
Il le vit immédiatement. De dos, assis sur un gros rocher, face à l'océan, sa capuche baissée. Ses cheveux volaient autour de son visage alors que son corps, statique, était insensible à la brise qui soufflait.
Il aurait pu apprécier la scène s'il n'avait pas su que c'était Voldemort qui se trouvait sur cette pierre. Il ne devait pas avoir plus de 18 ans, mais déjà l'aura meurtrière qui le caractérisait l'entourait. De là où il se trouvait, Harry pouvait voir le bout de sa baguette pendu à l'extrémité de ses doigts fins.
Il allait faire demi-tour, certain que rien d'intéressant n'arriverait et que ce souvenir serait classé dans la catégorie « inutile mais qui fait froid dans le dos », quand un souffle glacial se répandit autour de lui et de Voldemort junior.
Il se figea, son cœur s'emballant. Il n'osait pas tourner la tête de peur de croiser ses yeux, effrayé à l'idée que la personne n'appartienne pas au souvenir. La sueur, froide, coula le long de son dos, se perdant dans le creux de ses lombaires. Il n'osait pas respirer de peur que l'être qui était apparu remarque sa présence.
Une longue cape noire, ses cheveux aussi sombres que ceux de Voldemort et cette posture arrogante qui l'avait effrayé la première et seule fois où il l'avait rencontré. Il imaginait sans peine ses yeux sanguins et son sourire narquois, dessinant dans sa tête la scène qui allait venir.
Parce qu'il était persuadé qu'il faisait parti du souvenir, que ça ne pouvait pas être aussi anodin et qu'il s'était retrouvé là, pile au moment où Duncan avait approché pour la première fois Voldemort. Il appréhendait, se demandait comment tout ça avait bien pu se passer, qu'est-ce qui avait poussé le Seigneur des Ténèbres à accepter leur aide alors qu'il n'avait cherché de maître qu'en lui-même ?
Il se recula, observant de loin mais la silhouette de l'Angoisse ne bougeait pas, immobile. Voldemort, également, dont le corps restait stoïque ne lui donnait pas l'impression qu'il ait remarqué la présence de Duncan. Pourtant, Harry était sûr que ce n'était pas le fruit de son imagination et que l'intrus était bel et bien présent dans le souvenir de Tom.
Le Seigneur des Ténèbres aurait dû tourner la tête, réagir, ou tout du moins le voir, parce qu'on ne pouvait ignorer une telle aura. Harry le fixait, ses yeux désespérément avides de voir ne serait-ce qu'un frémissement de la part de son pire ennemi mais rien ne présageait que Voldemort l'avait entendu, vu ni même senti.
Un mauvais pressentiment l'envahit et il tourna la tête avec crainte vers celui dont il ne voulait pas croiser le regard. Il déglutit, cligna des yeux, quand un froid brûlant lui dévora le cœur.
Il aurait dû comprendre depuis le début que ce n'était qu'une supercherie. La posture de Voldemort, l'ambiance qui ne collait pas avec la scène. Et la sensation vorace de peur et de froid qui l'avait envahit.
Ses yeux étaient dépourvus de chaleur, brûlés par la violence, la haine et la folie.
- Il sait ce que tu fais, lui dit Duncan.
Harry hurla, sa cicatrice le brûlant comme l'Enfer.
Harry avait l'impression qu'une brique lui était tombée sur le front. Il avait mal à la tête, un mal de crâne lancinant qui l'empêchait de réfléchir correctement. Il papillonna des yeux, tentant en vain de se rappeler comment il avait pu se retrouver allongé sur la surface douce sous son corps. Il ne se souvenait que de la terreur qui l'avait envahi quand il avait compris que Duncan était présent dans sa tête, comme il l'était lui-même dans celle de Voldemort.
Il se rappelait avoir hurlé quand Duncan avait parlé, et puis plus rien, comme si les lumières s'étaient éteintes et qu'il avait sombré dans l'inconscience. Ce qui devait probablement être le cas puisqu'il ne se souvenait pas comment il avait pu arriver là par lui-même si ce n'était avec l'aide de Jade ou Rubis.
Ses membres étaient engourdis et il se redressa difficilement. Il avait la bouche pâteuse et l'absence de ses lunettes sur son visage l'empêchait de voir correctement autour de lui. Il distingua la table et la cuisine mais pas un signe d'une quelconque présence. Il tâtonna sur le côté du canapé, cherchant ses lunettes qu'il s'empressa de glisser sur son nez. Il se redressa et les vit enfin, adossés contre la porte donnant sur la véranda. Ils le fixaient sans un mot, n'esquissant pas un geste pour s'approcher, et Harry les en remercia silencieusement, supportant de moins en moins qu'on s'inquiète constamment pour lui.
Jade lui offrit un sourire rassurant mais le brun ne trouva pas la force de lui répondre, encore trop abasourdi par ce qui s'était passé. Il avait l'impression que quoiqu'il fasse, il aurait toujours une longueur de retard sur Voldemort.
Il essaya de se lever du canapé mais il avait les jambes lourdes. Jade s'approcha pour l'aider mais il repoussa sa main, réduisant en bouillie la sensation de culpabilité qui l'envahit quand il aperçut la lueur blessée dans les yeux de son ami.
Il vit du coin de l'œil, Rubis hausser les épaules comme pour lui signifier qu'il ne lui en voulait pas, puis il s'approcha d'eux et s'appuya contre le dossier du canapé.
- Alors, c'était quoi ça ? Demanda Rubis.
Harry leva les yeux sur lui, passa sa main dans ses cheveux d'une manière qu'il voulait décontractée, mais la tension dans ses épaules ne pouvait pas passer inaperçue.
- C'est inutile, commença Harry, il sait. Il sait ce qu'on fait.
Rubis plissa les yeux, se rapprocha du survivant.
- Tu es sûr de toi ?
- Il était là.
- Voldemort ?
Harry secoua la tête négativement. Il s'appuya contre le dossier du canapé, redoutant le moment où ses jambes le lâcheraient et qu'il s'effondrerait au sol, épuisé.
- Qui alors ? Demanda Jade.
- Duncan…
Ils n'explosèrent pas en remontrances, ne furent pas surpris de savoir que l'Angoisse avait fait ce que seul Harry devait être capable de réaliser. Se rendre dans la tête de Voldemort.
- Ca ne peut signifier qu'une seule chose, marmonna Rubis en s'éloignant.
Il s'arrêta près de la fenêtre de la cuisine, observant le ciel se noircir, les nuages s'amonceler.
- On doit partir, ajouta-t-il en se retournant vers Jade et Harry.
- Quoi ? s'exclama le brun en se figeant sur place.
- Il faut qu'on parte, répéta Rubis.
Il se dirigea vers ses deux amis d'un pas précipité, posa sa main sur l'épaule du Survivant et le fixa dans les yeux.
- Si Duncan a accès à l'esprit de Tom, imagine dans celui de qui est-ce qu'il peut également entrer ? lui demanda-t-il.
Harry cligna des yeux douloureusement.
- Élève tes barrières, murmura Jade à son oreille en posant sa main douce à la base de sa nuque. Je vais t'aider.
Il sentit la présence de Jade aux coins de son esprit, comme une aura rassurante, chaude et lumineuse qui venait le tirer de l'obscurité dans laquelle il était tombé en rencontrant celui de Duncan et Tom. Il puisa dans la magie de son ami, édifia un mur aussi solide que possible autour de ses pensées, protégeant ses secrets et tous ses souvenirs les plus intimes, enfermant les images de Drago à double tour derrière une porte blindée qu'il n'ouvrait que pour lui-même.
- Où-va-t-on ? Demanda Harry en ouvrant les yeux quand il fut certain que ses barrières mentales étaient correctement fondées.
Rubis jeta un regard à Jade que Harry ne parvint pas à interpréter.
- Où-va-t-on ? Répéta le brun en fronçant les sourcils.
- Je ne sais pas, grommela Rubis.
- Comment ça, tu ne sais pas ? S'emporta Harry en se redressant, tenant miraculeusement sur ses jambes. Tu m'annonces qu'il faut qu'on parte et tu ne sais pas où nous pouvons aller ?
- Exactement, lui répondit Rubis calmement.
Harry le fixa un long moment, son corps toujours crispé par la colère.
- Alors ? Que fait-on ? On attend sagement que tu trouves une solution pendant que Voldemort et Duncan savent exactement où nous sommes et quelles sont nos faiblesses ?
Un long silence s'installa pendant lequel Rubis évita soigneusement de regarder le Survivant. Au bout de quelques minutes, Harry soupira et plongea ses mains dans ses poches d'un air agacé.
- Je vais préparer mes affaires pendant que vous trouvez une solution, dit-il en se tournant vers Jade, qui lui, ne l'ignorait pas.
Il acquiesça et Harry disparut dans le couloir, ses pas s'éloignant au fur et à mesure qu'il montait les marches jusqu'à la petite chambre au 4 Privet Drive.
- Alors ? Demanda Jade en se tournant à son tour vers Rubis.
- Oh tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! Grommela-t-il en réponse. Je ne sais pas, un point c'est tout.
Jade haussa les épaules avec une moue amusée. Malgré la situation, l'homme parvenait toujours à garder une petite once de bonne humeur, contrairement à Rubis, qui lui voyait le mal partout où il allait.
- Et arrête de me fixer comme ça ! Pesta l'homme aux yeux carmin.
Jade ne put s'empêcher de pouffer.
Harry jetait ses vêtements dans sa valise, pêle-mêle. Ses gestes étaient maladroits et les tremblements qui agitaient ses mains étaient flagrants. Un sentiment d'insécurité et de détresse s'infiltrait dans tous les pores de sa peau comme un poison lent qui annihilait toute volonté dans votre esprit.
Drago lui manquait tellement. Tout lui manquait.
L'insouciance, l'amour, la tendresse, le courage, quelqu'un sur qui se reposer quand le poids était trop lourd à porter.
Son mentor lui manquait, ses amis aussi.
Il redoutait de les voir, aussi détruits que lui, sans espoir. Sans Dumbledore pour les aider, Harry doutait de pouvoir venir à bout de Voldemort par lui-même. Il voulait sauver Drago des mains de ce fou furieux et il accordait à Rubis et Jade suffisamment de foi pour croire qu'ensemble, quelque chose serait possible.
Il passa ses mains sur son visage, laissant reposer son front dans ses paumes, ses coudes appuyés sur ses genoux. Il paraissait vulnérable ainsi, la courbe des ses épaules tendues par l'angoisse. Un silence pesant régnait dans la chambre au moment où deux coups retentirent contre sa porte.
La personne qui avait frappé n'attendit pas pour entrer dans la pièce et Harry ouvrit les yeux sur Jade au moment où celui-ci s'arrêta face à lui et s'accroupit à sa hauteur. Il posa une main rassurant sur le genou du brun et lui sourit d'un air penaud.
- Rubis fait les cent pas pour trouver un moyen de t'amener chez tes amis au Terrier, expliqua Jade d'une voix douce.
Harry tiqua à la mention du « Terrier ».
- Pourquoi là-bas ? demanda-t-il en se redressant.
- C'est le meilleur endroit, tu y seras protégé et en bonne compagnie.
Une petite lueur d'espoir s'alluma dans l'esprit du brun à l'idée de revoir ses amis.
- Et vous ? demanda-t-il à Jade. Où allez-vous ?
Jade haussa les épaules, et Harry fut surpris de voir que la question de savoir où Rubis et lui allaient vivre maintenant que la guerre était vraiment déclarée et que leur refuge n'était plus sûr, ne l'inquiétait pas autant que cela le devrait.
- Vous pouvez rester au Terrier, proposa Harry.
- Ce serait dangereux, répondit Jade.
- Je suis déjà une source de danger, renchérit Harry. Vous n'avez plus aucun endroit où rester sans être vulnérables, ajouta-t-il.
Un petit sourire orna les lèvres de Jade, un brin désespéré et surpris.
- Et comment y allons-nous ? Demanda Rubis avec une once de défi dans la voix.
Harry le fixa quelques secondes en réfléchissant. Il cligna des yeux rapidement quand le souvenir de son procès en cinquième année lui traversa l'esprit. Ou plus précisément comment il s'était rendu au Ministère.
- Je sais, affirma-t-il en attrapant une chaussette qui trainait sous un meuble.
- C'est immonde, ne me fais pas toucher cette chose ! s'indigna Jade en affichant une moue dégoutée.
Harry ne put s'empêcher de pouffer alors que Rubis haussait les sourcils d'une manière agacée. Jade fixait la barre du métro comme si celle-ci avait le pouvoir de le tuer par sa seule présence. Il se rapprocha instinctivement de son ami contre lequel il s'appuya de manière imperceptible pour ne pas être déséquilibré par les mouvements brusques du métro.
Le survivant les fixa avec attention jusqu'à ce que son regard s'égare. Il vit leurs doigts se rapprocher instinctivement sans jamais s'accrocher, les yeux de Jade, fixés sur le reflet de Rubis dans la vitre face à eux, et tout autour, des hommes, des femmes, des adolescents. Chacun d'eux vaquant à leurs occupations, leur nez braqués sur leurs journaux, riant, les yeux perdus dans le vide, tous déterminés vers un but qui n'était connu que d'eux.
Harry n'avait rien à faire là, il avait toujours cherché sa place. Il l'avait trouvée à Poudlard, auprès de ses amis, auprès de Drago, mais ici, entouré de toutes ces personnes ignorantes, il se sentait aussi étranger qu'un géant parmi des nains. Il se sentait seul.
Il vit le regard en coin de Rubis, sa tentative de sourire, mais Harry tourna la tête. Seul. C'était le mot. Alors qu'on l'érigeait en héros, qu'on soulevait des montagnes pour le garder en vie, il se sentait aussi isolé du monde que jamais. Comme si sa place n'était pas là, ne l'avait jamais été. Un soupçon de bile remonta le long de sa gorge alors que les souvenirs de ses nuits auprès de Drago remontaient à la surface. Une angoisse sourde lui vrillait les tympans et il ne pouvait que plisser les yeux pour essayer de ne pas paraître complètement affaibli dans cette foule.
Son corps se faufilait habilement entre les troncs. La forêt était sombre mais Drago s'y sentait à son aise. Loin devant lui, sa panthère, Calya, effleurait le sol irrégulier, slalomait entre les racines. Il courait sans réel but. Simplement le sentiment qu'il devait suivre son élément de feu vers « quelque chose ». Une impression que c'était important, qu'il devait trouver cette chose. Il se figea lorsqu'une voix hurla soudainement son prénom. Son souffle s'échappait, laissant un voile de fumée dans le froid de la nuit. Il connaissait cette voix, il en était sûr, mais il était incapable de mettre un nom ou un visage sur celle-ci. Il avait pourtant la sensation que ce quelqu'un était important et tout son corps frémissait à son écho. Il reprit sa course immédiatement, mu par une émotion d'urgence vitale. Il devait trouver la source de la voix.
La flamme s'enroulait sur elle-même comme un serpent s'amuserait à étouffer sa proie. Drago la fixait, ses yeux perdus dans la contemplation, complètement vides. Il sentait que quelque chose d'important devait avoir lieu bientôt mais son esprit lui refusait tout accès à ses souvenirs. Une vague silhouette, parfois, jaillissait. Et disparaissait tout aussi rapidement. Il avait pourtant le sentiment que cette personne était importante.
Il caressa distraitement Calya, sa panthère, et malgré ses coups de tête insistants pour qu'il la regarde, il ne pouvait ôter son regard de la fenêtre. À travers les vitres, le soleil brillait. Il avait l'impression que des souvenirs tentaient de remonter à la surface de son esprit embrumé, sans qu'il n'y parvienne. Un éclat de rire dans le lointain, des bruits de foule autour de lui, mais tout disparut au moment où le sentiment de bonheur qu'il sentait poindre prit éclat en lui.
Et à nouveau, son cœur se refroidit, sa seule source de chaleur irradiant du corps de sa panthère.
Rubis et Jade s'étaient étrangement bien adaptés à la vie au Terrier. L'Ordre, persuadée qu'ils étaient des Français soutenant leur cause s'était vite empressée de les tester et de s'assurer qu'ils étaient digne de confiance pour continuer à bâtir leurs plans de guerre contre Voldemort. Si leur arrivée avait soulevé une vague d'inquiétude et d'incompréhension – voir Harry descendre d'un taxi dans la cour du Terrier, accompagné de ces deux énergumènes avait de quoi surprendre – la surprise passée, Molly avait comme toujours exprimé toute sa joie de le voir sain et sauf après tout ce qui s'était passé. C'était surtout le soulagement sur le visage qui le marqua. Un pincement au cœur l'avait surpris quand il avait repensé à tout ce que l'Ordre sacrifiait pour sa sécurité personnelle et à la manière qu'il avait, à chaque fois, de se mettre en danger seul.
Seule Hermione n'avait pas été dupe, comme toujours. Le soulagement passé, elle l'avait fixé avec ce regard qui en disait long sur ce qu'elle soupçonnait. Harry avait fait en sorte de ne jamais se retrouver seul avec elle. Il savait qu'il avait toute sa confiance, mais expliquer qui étaient réellement Rubis et Jade signifiait qu'il fallait également parler de Drago et il n'était pas prêt pour ça.
Il surprenait parfois une pointe de tristesse et de désarmement dans les yeux de sa meilleure amie quand il se prostrait dans sa douleur. Si les autres le remarquaient, ils n'en faisaient pourtant pas la remarque, mettant ça sur le compte de la peine d'avoir perdu Dumbledore. Qui aurait pu se douter qu'il avait en réalité le cœur brisé ? Que Drago lui manquait tellement qu'il était incapable de penser à autre chose qu'à lui ?
Jade avait bien essayé de lui parler mais Harry refusait. Le brun assistait aux réunions sans un mot, n'avait même pas réussi à esquisser un sourire en apprenant que Fleur et Bill se marieraient d'ici quelques semaines.
Le survivant s'était imaginé qu'il aurait des nouvelles grâce à l'Ordre, mais chaque retour de mission n'apportait que son lot de morts. Les sorciers revenaient avec le même type d'informations chaque jour. Massacres, morts, Voldemort qui prenait de plus en plus d'ampleur dans le monde magique, le ministère attaqué de tous les côtés.
Il avait fait en sorte de ne jamais se retrouver seul avec Hermione, Ron, Jade ou Rubis depuis qu'il était arrivé. Il n'en avait pas vraiment le temps à vrai dire. Tout le monde vaquait aux tâches qui leur étaient assignées et lorsque ce n'était pas le cas, Molly s'empressait de les attraper pour l'aider à préparer le mariage de son fils.
Cela l'arrangeait bien au final. Il n'avait pas besoin de chercher des excuses déplorables pour échapper aux tentatives de discussions de ses amis.
Jade avait fini par comprendre qu'il avait besoin de temps et Rubis écoutait toujours Jade. Ron, qui ne savait pas de quoi cela retournait exactement ne posait pas vraiment problème. Le plus dur était d'éviter Hermione. Et Ginny.
La dernière fois qu'ils s'étaient parlés, Drago venaient de disparaître. Il n'avait pas su quoi lui dire à part qu'il aimait quelqu'un d'autre. Elle avait fait demi-tour avant qu'il ait le temps de répondre à ses questions et il en avait été soulagé. Pourtant, les remords tournaient encore dans sa tête. Il n'aimait pas les confrontations de ce genre. Pouvait-il vraiment lui avouer qu'il était amoureux d'un mangemort ?
Alors il s'épuisait à s'échapper à chaque fois que l'opportunité de se retrouver seul avec l'un d'eux approchait. Il ne faisait même plus attention aux regards attristés de ses amis et de l'Ordre. Il perdait goût, passait son temps enfermé dans ses pensées. Emmuré dans sa solitude.
Blaise aimait passer du temps avec Drago. Derrière ses airs d'aristocrate pourri gâté, c'était un garçon qui aimait s'amuser et avec qui les journées étaient remplies de surprises. Le blond aimait les énigmes et surtout, il était curieux. Blaise se souvenait de ces après-midis qu'ils passaient tous les deux dans la bibliothèque de Lucius, à fouiner dans les étagères pour trouver les livres qui renfermaient le plus de secrets. Mais ça, c'était avant qu'ils rentrent à Poudlard. Au fond, Drago était resté le même. Mais l'armure qu'il s'était construit quand son père avait décidé qu'il devait être le meilleur de tous, et après sa rencontre avec Harry Potter, était si épaisse que Blaise n'avait pas réussi à entrevoir le garçon qu'il avait connu avant ses dix ans.
Il n'avait pas vu le blond depuis l'intrusion des mangemorts dans Poudlard. Sa mère lui avait interdit de mettre un pied dans le manoir Malefoy, refusant que son fils soit embrigadé dans toute cette histoire de mangemort. Il ne savait pas ce que son ami était devenu, et d'après les mots qu'il arrivait à tirer de la bouche de son père, son sort semblait des plus inquiétants.
C'était son père qui avait insisté auprès de sa mère pour que Blaise l'accompagne lors d'une de ses réunions pour avoir la chance de le présenter au lord noir. Zabini gardait toujours l'espoir que son fils suive ses pas, malgré les refus perpétuels de Blaise et de sa mère. La moue de fierté sur son visage quand Blaise avait accepté lui avait tiré un pincement au cœur. Certes son père avait évidemment pris la mauvaise décision en devenant un mangemort, mais il avait toujours été respectueux et attentif envers son fils.
C'était pourquoi il se trouvait là, affublé d'une de ces lourdes capes, assis autour de cette immense table. Tous les mangemorts étaient présents, et son père, à sa droite, se tenait fier comme jamais de la présence de son fils. Blaise se gardait bien d'ouvrir la bouche, laissant son paternel expliquer à tout va que son rejeton était prêt pour les rejoindre. Voldemort n'était pas encore là et Blaise avait beau faire le tour de la table des yeux, il ne trouvait pas Drago non plus.
Lucius était assis à quelques sièges d'eux, avec à ses côtés Narcissa. Il avait le regard hagard et fatigué alors que les yeux de sa femme étaient animés par une intensité que Blaise n'arrivait pas à identifier.
Un silence de plomb s'abattit au moment où les portes de la grande salle s'ouvrirent. Une grande silhouette sombre, vêtue d'une cape noire se dessina dans l'obscurité du couloir. Blaise sentit sans même le voir que cette personne était Lord Voldemort.
Un froid intense l'envahit, un poids écrasant sur son cœur, comme si tout espoir s'était envolé. Il distingua, à travers la nappe de peur qui l'enveloppait, deux silhouettes entourant celle du mage noir et il sut de par sa posture, que l'une d'elle était son meilleur ami.
Il n'osa pas faire un seul geste, simple spectateur du monstre qu'il était devenu. Parce qu'il fallait être idiot pour ne pas voir que l'homme sous la capuche n'avait rien du Drago Malefoy qu'il avait connu. Son Drago aurait eu une démarche moins assurée devant tant de suppôts de Satan. Ses mains seraient habituellement occupés à tourner sa baguette entre ses longs et fins doigts. Au lieu de ça, le Drago qu'il avait sous les yeux marchait d'un pas assuré, le poids écrasant de sa supériorité flottant dans l'air de la pièce, ses mains se balançant au rythme doucereux de sa marche jusqu'aux trois sièges qui trônaient au bout de la table.
Voldemort, quant à lui, avait laissé sa capuche glisser le long de son crâne pour dévoiler son visage. Blaise ne pût s'empêcher d'avoir un hoquet de stupeur. Il avait entendu les rumeurs, mais n'osait y croire. Il avait en tête les histoires qu'on lui avait racontées à propos de la monstruosité de cet homme. Il s'attendait à voir un monstre mais il avait face à lui un des hommes les plus charismatiques qu'il ait rencontré dans sa vie. Charismatique, puissant et si dangereux que la simple idée de croiser son regard suffisait à l'effrayer pour le reste de sa vie. Il n'était pourtant pas un froussard.
Le troisième homme était un inconnu, qu'il aurait préféré ne jamais connaître en vérité. Il dégageait quelque chose de particulièrement angoissant qui le glaçait. Il l'observait à la dérobée, soucieux de ne pas attirer l'attention sur lui alors qu'il savait que son père espérait que le Lord voit enfin sa progéniture suivre ses pas. Trop occupé à échapper à tous ces regards, Blaise ne se rendit pas compte immédiatement qu'il le fixait.
L'inconnu.
Ses yeux étaient posés sur lui, sans aucun doute admis, et Blaise ne put s'empêcher de déglutir. Il eut l'impression qu'on envahissait son esprit. Ce fut comme si un monde de noirceur s'était ouvert sous ses pieds et qu'il tombait, tombait, tombait, sans jamais s'arrêter. Il fouillait en lui, il en était certain, et il ne pouvait rien faire d'autre que de le laisser s'accaparer ses pensées. Blaise, parmi le flou, distingua le sourire amusé de l'homme qui flottait sur ses lèvres, comme si tout ça n'était qu'un simple jeu de la souris et du chat. Et il n'était que la petite chose sans importance qui disparaissait dans les entrailles du maître. Il commençait à suffoquer, sentant l'air vider ses poumons sans que personne autour de lui ne réagisse, comme s'il était tout simplement invisible. À tel point qu'il se demanda s'il était vraiment présent, si tout ça n'était pas juste un cauchemar. Il n'osait tourner le regard vers Drago, certain que ce qu'il y verrait l'effrayerait.
Il avait l'impression que cela faisait des heures qu'il le maintenait dans cet état, sans qu'il puisse réagir. Les battements de son cœur retentissaient en un rythme effréné. Quand il la sentit enfin.
Ce léger souffle chaud et réconfortant. Cette petite voix qui lui disait que tout allait bien et que tout cela n'était pas réel. Il sentit les battements de son cœur ralentir et adopter un rythme normal. Un sifflement intérieur de mécontentement l'envahit avant qu'un souffle de chaleur ne le chasse. Blaise ouvrit les yeux derrière ce masque infâme, croisa le regard de l'Homme, perfide, suspicieux, et il sut que l'autre savait. Qu'il n'était pas là par hasard. Il l'avait su depuis le début.
Des raclements de chaises le sortirent de ses pensées. Les mangemorts, autour de lui, se levait les uns après les autres, et se dirigeait vers la sortie de la salle. Blaise n'avait pas entendu un seul mot de toute la réunion, perdu dans les méandres de sa douleur. Et surtout, il n'avait pu voir un seul instant le visage de son meilleur ami.
Alors que tout le monde sortait, Blaise tenta le tout pour le tout. Il se faufila à travers les mangemorts vers la sortie, ne lâchant pas des yeux la haute silhouette gracieuse de Drago Malefoy. Il attrapa sa manche avant même que celui-ci ne passe la porte. Il fut projeté en arrière sans s'en rendre compte, et un silence de plomb s'abattit dans la salle. Blaise n'osa lever les yeux, effrayé par tous les regards posés sur lui. Pas un son ne s'échappait de son corps, pas un bruit ne courrait dans la salle.
Drago se retourna vers lui, et Blaise vit enfin ses yeux. Métalliques, froid et calculateur. Mais pire que ça, pas de surprise, pas de reconnaissance, rien.
Comme si Blaise n'existait plus à ses yeux.
Et il fit demi-tour, sans un mot. Blaise osa jeter un regard en arrière, et il frissonna d'horreur quand il croisa le regard circonspect de Voldemort et de l'Homme. Celui de son père, déçu.
Il prit la fuite.
Harry avait tiré un certain réconfort à s'entrainer. C'était là l'occasion pour lui de se vider complètement l'esprit et de ne plus penser à tous ses soucis. Il s'avérait également que Jade était un professeur exemplaire et suffisamment patient pour redonner un peu d'espoir au survivant.
Ils avaient tant bien que mal essayé de garder ces séances secrètes mais leurs absences prolongées dans la chambre que se partageaient Rubis et Jade ne passèrent vite plus inaperçues malgré les préparations du mariage de Bill et Fleur. Si Harry avait cru que leurs petites manigances seraient mal acceptées par les membres de l'Ordre, ce fut au contraire comme un soulagement et un regain d'espoir pour eux. Il savait que malgré la confiance qu'ils portaient en lui, la mort de Dumbledore avait amoindri la puissance de l'Ordre face au mage noir. C'était en tout cas la face émergée de l'iceberg puisque Harry n'avait pas osé parler du réel combat qui les attendait. Pas même à Ron et Hermione malgré les regards insistants et curieux de cette dernière.
On leur avait bien posé des questions mais Jade avait toujours su rester évasif et Harry restait muré dans un silence quasiment jamais rompu. Les gens s'en contentaient. Du moins pour le moment. Il sentait que Hermione perdait patience et qu'il ne s'agissait que de quelques jours avant qu'elle lui demande sérieusement ce qu'il en retournait. Il devait simplement éviter d'y penser.
- Tu recommences.
Harry se frotta les yeux d'un mouvement fatigué.
- Désolé, lâcha-t-il à Jade tout en sachant que ça ne serait en aucun cas une excuse.
- Tu dois oublier tout ça Harry.
Jade se pencha vers lui, son visage à quelques centimètres du sien. Ses pupilles le fixèrent intensément, comme s'il cherchait quelque chose au plus profond des siens.
- Tu dois la chercher au plus profond de toi. Suivre les lignes de ta magie jusqu'au cœur.
- Je n'y arrive pas, gémit Harry piteusement, il y a ces visages, à chaque fois.
Jade lui lança un regard peiné. Rubis, dans un coin de la pièce se leva et s'approcha d'eux.
- Tu devrais arrêter pour aujourd'hui Harry, conseilla-t-il en lui tendant sa main.
Le survivant agrippa les doigts de son ami et se releva douloureusement. Il était resté assis sur le sol de la chambre pendant des heures. Chercher dans les méandres de son âme, c'était quelque chose à laquelle il était peu habitué. Si les débuts lui avaient permis de ne pas penser, il en était autrement maintenant qu'il se rendait compte qu'il devait passer par toutes ces portes pour parvenir à trouver le cœur de sa magie. Il savait qu'il ne pourrait pas faire face à Voldemort et cette Angoisse sans cette magie. Il avait vu ce que Jade et Rubis pouvaient faire. C'était la seule solution.
Rubis savourait ces moments. Certes, la peur et l'angoisse suintaient au fond de leur cœur, mais malgré ça, l'amour qui liait ces personnes réchauffait son cœur. Il n'avait pas connu de tel foyer depuis des années. Ils s'étaient facilement intégrés, Jade et lui. Si l'idée lui avait paru aux abords dangereuse et absolument incongrue, il s'avérait que c'était finalement une bonne solution. Il devait avouer que participer à la préparation d'un mariage était aussi excitant que bénéfique pour son moral.
Pourtant, Harry restait perdu au fond de ses pensées. Rubis avait peur, sans jamais oser en parler à Jade. Le Survivant perdait chaque jour un peu plus d'espoir et, malgré la présence de ses amis, semblait plus que jamais seul.
Ils se battaient depuis si longtemps que Rubis doutait un jour de voir le monde se relever des ténèbres qui l'envahissaient. Si Harry ne parvenait pas à s'ouvrir, jamais ils ne pourraient espérer vaincre le Mal.
Pourtant, il lui suffisait de sentir la paume de Jade contre la sienne, ou de croiser son regard pour croire que tout était encore possible.
Ces hommes et ces femmes, autour de la table, respiraient la force et le courage. Rubis voulait se battre pour eux, pour ces personnes qui les avaient acceptés comme des membres de leur famille.
Hermione avait toujours aimé les mystères. Du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle avait passé des étés auprès de ses parents à résoudre des mystères. Son père était son partenaire attitré, comme l'étaient Sherlock Holmes et John Watson. C'était le cas avant que ses parents oublient complètement son existence.
Elle n'en avait parlé à personne. Pas même à Harry et Ron. Elle ne souhaitait pas ajouter un poids en plus sur les épaules de ses amis. Elle l'avait fait pour une bonne raison, protéger ses parents. Mais elle n'avait pas fait ça en vain.
Harry lui cachait quelque chose, et elle trouverait de quoi il s'agissait. Elle savait que Rubis et Jade n'étaient pas de simples français venus soutenir leur cause. C'était trop surprenant, venant de la part de son ami. Hermione ne savait même pas comment ils s'était rencontré et leur silence à ce propos suffisait à la convaincre qu'il y avait anguille sous roche.
Elle ne remettait pas en doute la confiance de Harry envers ces deux inconnus, mais leur présence était trop incongrue pour que tout cela ne cache pas quelque chose. Et si son ami croyait qu'elle n'avait pas remarqué leur manège dans la chambre des deux français, il se mettait le doigt dans l'œil.
Elle avait bien essayé d'en parler à Remus, Kingsley ou Arthur mais leurs réponses étaient sans équivoque. Tant que ces personnes apportaient du soutien à l'Ordre et des bras en plus dans la guerre contre Voldemort, ils pouvaient garder leurs secrets. Bien qu'Hermione fût la seule à penser qu'ils cachaient quelque chose.
C'est pourquoi elle se trouvait là. La jeune femme s'était réveillée au milieu de la nuit, un de ces cauchemars incessants l'empêchant de garder le sommeil. Ginny dormait à poings fermés et Hermione s'était levée sur la pointe des pieds, attirée par la lueur de la lune scrutant l'intérieur de leur chambre.
Elle jeta un coup d'œil à Ginny. La rouquine cachait bien son jeu et Hermione s'en mordait les doigts. La petite sœur de Ron avait bien essayé de soutirer des informations à Hermione à propos de Harry, mais la brune avait fait l'autruche. Non, elle ne savait pas pourquoi son ami avait rompu avec elle. C'était en tout cas ce qu'elle faisait croire. Parce qu'elle refusait d'être celle qui avouerait à Ginny que le Survivant l'avait quittée pour son ennemi Drago Malefoy. Elle savait que tôt ou tard, la vérité éclaterait, mais priait pour que ce jour ne soit pas précoce.
Un mouvement sur la gauche attira son regard alors qu'elle se retournait vers la fenêtre, repoussant ses remords au fond de ses pensées. Quelqu'un se promenait dans le jardin, elle en était certaine. Elle focalisa son regard sur l'endroit où elle avait vu la silhouette et le vit enfin.
On ne distinguait pas grand chose dans ce coin du jardin, protégé de la lueur de la lune. Mais une fois que votre regard s'était accoutumé, la silhouette se détachait nettement sur le fond obscur du muret qui délimitait la propriété des Weasley. Ni une, ni deux, Hermione attrapa son gilet et sortit de la chambre pour rejoindre l'inconnu à l'extérieur. Il fallait qu'elle sache qui attendait la nuit pour s'échapper de la chaleur du Terrier. Elle descendit les marches avec, à chaque fois qu'une latte craquait, une grimace craintive, redoutant de réveiller quelqu'un, ou même que la silhouette lui échappe.
Elle arriva finalement dans le jardin, un peu essoufflée, s'arrêtant juste après la porte. Elle plissa les yeux sur la silhouette. Elle ne connaissait qu'une seule personne qui soit aussi droite dans son maintien. Rubis.
Il était appuyé contre le muret, le regard levé vers les étoiles. Elle s'approcha à pas de loup, retenant sa respiration. L'occasion était trop belle pour la laisser s'envoler.
- Bonsoir.
Hermione se figea. Sa main se serra instinctivement sur sa baguette, tous ses sens en alerte.
- Tu peux approcher, je suis complètement désarmé, ajouta Rubis sans même se retourner.
- L'absence de baguette ne fait pas de vous quelqu'un d'inoffensif, renchérit-elle.
Son rire brisa le silence de la nuit et il se tourna pour lui faire face.
- Que veux-tu Hermione ? Je ne peux révéler les secrets des autres sans leur accord.
La brune le fixa un instant, essayant de voir au travers de l'obscurité la lueur qui animait son regard. Elle n'y discernait ni menace, ni peur, une simple sincérité qui lui fit relâcher sa poigne sur sa baguette.
- Je veux simplement l'aider, répondit-elle en s'approchant un peu plus.
Elle pouvait clairement voir dans ses yeux maintenant qu'il la scrutait. Peut-être cherchait-il une preuve de son engagement ? Elle avait juré qu'elle se tiendrait aux côtés de Harry et jamais elle n'aurait rompu sa promesse.
- Jusqu'où serais-tu prête à aller pour l'aider ? Pour sauver le monde du Seigneur des Ténèbres ?
- Vous le savez, n'est-ce pas ? Vous voyez en chacun de nous mais ne laissez personne voir en vous.
Elle s'était instinctivement rapprochée de lui, le jaugeant de son regard perçant, cherchant en lui la vérité derrière toute la mascarade de ces derniers jours.
- Vous savez que j'ai effacé toute trace de mon existence dans la mémoire de mes parents. Comme je sais que vous n'êtes pas de simples sorciers venus nous apporter de l'aide. Je trouverais qui vous êtes et ce que vous voulez réellement, ajouta-t-elle le souffle saccadé, ses yeux rivés aux siens.
Un sourire ornait les lèvres de Rubis, ses yeux carmin réveillés par la lueur de la lune plongeaient en elle, se faufilaient un chemin à travers ses pensées. Elle sentait chaque passage de son esprit dans le sien sans broncher, le laissant découvrir l'étendue de sa sincérité et de son courage. Elle le vit s'arrêter sur ses souvenirs de Drago et Harry, sentit le pincement de peine qu'il s'empressa de cacher avant qu'il ne se retire aussi rapidement qu'il n'était entré de sa tête.
- Vous êtes content ? attaqua-t-elle. Vous avez eu ce que vous voulez ?
Il tourna la tête, arrachant son regard au sien. Avec un soupir, il se redressa en jetant un dernier coup d'œil au ciel étoilé.
- Tiens-toi prête, Hermione. Mais n'oublie pas qui sont tes vrais ennemis.
Et il disparut dans la nuit, la laissant seule devant cette étendue étoilée, des pensées plein la tête. Elle était tiraillée entre la volonté de découvrir coûte que coûte la vérité à leur propos et celle de suivre son conseil. Parce qu'elle sentait que les temps changeaient, que Harry trafiquait quelque chose et qu'il serait bientôt temps pour eux de passer à l'action.
Elle serait prête.
- Monsieur Zabini !
Le chuchotement était si bas que Blaise crut avoir rêvé, mais un « psst » sur sa droite lui confirma qu'il avait bien entendu son nom. Il tourna la tête, peu certain de vouloir avoir affaire à quelque chose ou quelqu'un qu'il n'était pas prêt à gérer émotionnellement. Encore moins quand on se trouvait dans un manoir rempli de mangemorts, incluant leur mégalo de maître, en plein milieu de la nuit.
Il glissa sa main dans sa poche, trouvant le bois familier et rassurant de sa baguette dans sa paume quand quelque chose lui agrippa le pantalon. Il se crispa violemment, refusant de céder à la panique. Il baissa les yeux et soupira comme un forcené quand il découvrit l'origine de sa peur.
- Dobby ! Chuchota-t-il d'un air outré.
- Dobby est désolé monsieur, mais Dobby doit emmener monsieur Zabini à son rendez-vous.
- Un rendez-vous ? Quel rendez-vous ?
Blaise attira l'elfe dans la première pièce qu'il trouva, un simple petit salon heureusement vide à cette heure de la nuit.
- De quoi tu parles Dobby ? demanda-t-il une nouvelle fois.
L'elfe semblait gêné et aux aguets, comme apeuré à l'idée que quelqu'un puisse les voir ensemble.
- Dobby a promis à Madame d'être discret, sinon nous pourrions avoir des problèmes. Mais Madame a besoin de vous, vous devez venir !
Dobby attrapa la manche de Blaise mais il s'arracha de sa petite poigne sèchement.
- Qui Dobby ? Demanda-t-il d'un ton sec. Aux dernières nouvelles, tu ne fais plus partie de la maison Malefoy, tu n'as donc rien à faire ici.
Dobby le regarda d'un air apeuré.
- Dobby a toujours apprécié Madame, et Dobby voudrait aider. N'en voulez pas à Dobby s'il vous plait. Madame avait prévenu que vous ne voudriez peut-être pas venir.
Blaise fronça les sourcils. L'elfe ne pouvait donc parler que de Narcissa Malefoy. À moins que ce soit une ruse de Potter pour s'en prendre à lui. Mais Potter n'aurait eu aucune raison de faire une telle chose.
- Emmène-moi, se décida-t-il enfin en tendant son bras à l'elfe.
Ils disparurent dans un plop sonore.
Narcissa enroula une mèche de cheveux autour de son doigt. C'était un tic qu'elle avait depuis toute petite dès que quelque chose la tracassait. Elle jeta encore un coup d'œil par la fenêtre, surveillant les environs. Elle était certaine que personne ne l'aurait suivie ici. Qui aurait pu croire que Narcissa Malefoy louerait une chambre dans un petit hôtel moldu au sud de l'Angleterre ? Elle entendait les vagues déferler sur la plage de Hastings, quelques voitures passer dans la rue, sinon un calme assourdissant.
Elle sursauta violemment quand ils apparurent derrière elle. Elle ne s'habituerait jamais au transplanage des elfes.
Blaise se tenait bien droit, un air circonspect sur le visage. Elle avait l'impression de voir un peu de Drago dans cet enfant. Elle eut un élan vers l'avant, l'envie de poser sa main sur sa joue comme elle le faisait avec son fils mais se retint quand elle vit le regard perdu de Blaise. Elle soupira et préféra s'asseoir sur l'un des fauteuils en osier qui meublaient la chambre, l'invitant d'un geste de la main à en faire de même.
Dobby quant à lui, s'empressa de ranger la pièce, comme mu par une envie désespérée de remettre un peu d'ordre dans la vie de cette femme qu'il appréciait malgré tout.
- Tu te demandes pourquoi je t'ai fait venir ? dit-elle enfin en levant les yeux sur lui.
- Je suppose que ça a un rapport avec Drago, répondit-il en prenant place dans le fauteuil face à elle.
Elle eut un sourire triste, replaça la mèche de cheveux qu'elle emmêlait depuis tout à l'heure derrière son oreille.
- J'imagine que je ne me trompe pas quand je dis que je ne suis pas le seul à ne plus le reconnaître, ajouta-t-il en se penchant légèrement en avant, réduisant l'écart entre eux, lui apportant un peu de compassion muette.
- En effet, répondit-elle distraitement.
Elle tourna un instant la tête vers la fenêtre mais pas un bruit ne vint briser le silence qu'elle installa. Même Dobby semblait s'être volatilisé. Blaise posa ses mains bien à plat sur ses cuisses, observant sa peau noire se fondre dans l'obscurité de la pièce.
- Je lui ai promis de le sauver, reprit-elle après quelques minutes. Mais je ne peux pas le faire seule.
Blaise ne répondit pas, attendant patiemment qu'elle en vienne au fait. Il ne savait pas jusqu'où s'étendait la frontière sur la réalité de ce qu'avait vécu Drago ces derniers mois mais il redoutait de devoir lui apprendre quelque chose qui pourrait la briser un peu plus.
- Je ne pensais pas avoir à dire ça un jour, ajouta-t-elle, mais nous devons trouver un moyen de contacter Potter.
Blaise avait toujours apprécié la perspicacité de cette femme. Plus jeune, quand il passait ses étés au manoir Malefoy pendant que sa mère faisait il ne savait quoi ailleurs, il était fasciné par la façon qu'avait Narcissa de lire aussi facilement en eux. C'était à la fois rassurant et terriblement dérangeant puisqu'il n'avait jamais rien pu lui cacher, contrairement à sa propre mère.
- Vous êtes bien silencieux, intervint-elle en se redressant.
- Madame, commença-t-il avec précaution, pensez-vous sérieusement qu'il pourra l'aider, alors qu'il doit lui-même affronter le pire des monstres ?
Son effronterie la fit sourire un instant, savourant l'étincelle de rébellion qui demeurait au fond du jeune homme en face d'elle.
- Mon cher Blaise, répondit-elle, si Harry Potter éprouve ne serait-ce que l'équivalent de ce que ressent mon fils pour lui, alors il nous aidera à le sauver.
Blaise la fixa un instant, curieux de ce qu'elle avait compris de leur relation. Et puis, un souffle d'espoir lui déchira les entrailles.
- Alors peut-être que Harry Potter sauvera Drago Malefoy ? souffla-t-il avec un sourire confiant.
Wallah :v
Avouez-le, ça finit quand même avec un peu plus d'espoir que le chapitre précédent non ? :)
Et promis, je vais faire en sorte de vous publier une suite assez rapidement. Bisous sur vous qui êtes encore là 3
