Bon, vous m'avez toutes décidées à publier la suite, alors même si je n'ai pas attendu le temps que je m'étais fixée, pour vous lectrices et lecteurs, voici la suite et LA REPONSE A LA QUESTION RECURRENTE. J'attends bien évidemment des réactions !


Rodney entra dans la salle du réacteur où Matthew commençait à ranger, et se mit à l'aider.

- Je pars bientôt et pour toujours, je n'ai pas de raison de me mettre avec elle, et je serais un salaud si je le faisais.

Matthew releva la tête du potentiomètre grillé, quelque peu déconcerté par les paroles de son collègue. Rodney continuait à ramasser des fils, le visage fermé. Matthew se dit qu'il avait bien entendu, et lui répondit.

- Non, vous ne seriez pas un salaud, parce qu'elle sait elle aussi que vous allez partir, ce n'est pas une surprise. Et ça ne l'empêche pas de s'intéresser à vous. Vous croyez vraiment que la robe aujourd'hui c'est un hasard, qu'elle se maquille depuis quelques semaines juste pour s'amuser ?

Rodney se contenta de lui jeter un regard noir, même trop noir par rapport à ce que Matthew lui disait. Cela ne découragea pas le jeune homme qui continua :

- En plus vous partirez si ça se trouve l'année prochaine seulement, le temps que vous prépariez votre voyage. Vous préférez vous tourner autour que de passer le pas et être franchement heureux avec elle, même si c'est pour quelques mois ? Sincèrement, à chaque fois que vous rencontrez une fille qui vous plaît, vous réfléchissez toujours à si ça vaut le coup de sortir avec elle ou non, à si vous aurez le temps, à si dans un an vous serez encore ensemble ?

Toujours pas de réponse. Juste un rangement de câbles un peu plus énergique.

- Si je pensais que vous la rendriez plus malheureuse qu'heureuse, je ne vous en aurais pas parlé. Mais le fait est qu'Amy n'a jamais eu beaucoup de chance, et que je pense qu'elle peut trouver le bonheur avec vous, même éphémère, et je ne vous pousserais pas vers elle si elle ne crevait pas d'envie aussi d'être avec vous. Elle connaît tous les risques, si elle ne veut pas les prendre, elle ne les prendra pas et préfèrera vous dire non. Mais ça n'arrivera pas, je la connais elle n'est pas sûre d'elle mais elle sait ce qu'elle veut. Et tant pis si je dois la ramasser en mille morceaux quand vous partirez.

- C'est quoi le nom de famille d'Amy ?

- … Pardon ?

Rodney avait posé la question de façon quasi-agressive.

- Quel est le nom de famille d'Amy ?

- Ha !

Matthew secoua la tête, comme effaré.

- Matthew, je vous ai demandé…

- Et qu'est-ce que ça change ? Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

- Répondez-moi !

- Toujours des prétextes !

- Répondez-moi !

Le ton était monté, pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient. Le jeune homme lui tourna le dos. Rodney laissa tomber ce qu'il avait dans les mains pour le rejoindre. Mais il était à peine arrivé à mi-chemin qu'une voix le fit s'arrêter.

- Messieurs ?

Les deux hommes se tournèrent vers l'entrée de la pièce. Mitchell se tenait dans l'embrasure de la porte. Les scientifiques échangèrent un regard interrogateur, en réfléchissant à toute vitesse à leurs dernières paroles. De mémoire, ils ne parlaient plus du départ de Rodney. Du moins si Mitchell n'était là que depuis quelques secondes, comme ils l'espéraient.

- Est-ce que je peux savoir ce qu'il s'est passé, maintenant ? Docteur McKay ?

- Il y a eu… Il y a eu une surcharge. On pensait avoir trouvé les bons paramètres mais en fait non. On a voulu aller trop vite.

- Et pourquoi ça a coupé le courant dans toute la Cité ?

Bonne question, en théorie le labo était sur un circuit isolé.

- Parce que j'ai voulu le tester en usage réel, et je l'ai intégré au circuit électrique de la Cité, intervint Matt. Un électron de travers et ça a entraîné une réaction en chaîne.

- Bien.

Cameron pencha la tête pour constater l'étendue des dégâts.

- Alors ce truc est inutilisable ?

- On a pas dit ça, Cameron. C'est juste qu'en fait on le maîtrise beaucoup moins bien que ce qu'on pensait.

- Il va falloir refaire des tests, Mitchell. Mais en pratique cette fois, puisque les simulations ne sont pas fiables.

- Et où étiez-vous avec Amy, McKay ?

Rodney réfléchit une fraction de seconde.

- Ici. Quand tout a sauté on a décidé de partir rétablir le courant.

- … D'accord.

Les deux hommes soupirèrent intérieurement : le dirigeant de la Cité semblait marcher dans leur mensonge. Celui-ci fit quelques pas dans la pièce en regardant le désordre ambiant.

- Vous avez du travail en perspective, alors, s'il faut repartir dans une série de tests. Vous pensez avoir fini à temps ? Le nouvel E2PZ s'épuise très vite.

- Oui, Cameron, on fera tout pour.

- Rien ne devrait résister à une équipe comme la nôtre, voyons : Matthew O'Neill, Rodney McKay et Amy… Amy…

- Sheppard, fit le général sans relever la tête.

- Sheppard, oui, bien sûr.

Rodney planta son regard dans celui de Matthew. Un regard qui disait : « Je le savais. Je pouvais toujours le savoir. C'était inutile de ne pas me répondre. »

Quand le général annonça qu'il les quittait, Rodney l'informa qu'il y allait aussi. Matthew tenta de le retenir pour discuter, mais le Canadien se contenta de répliquer qu'il avait besoin de réfléchir. Et c'était sans doute vrai.

Ah mon Dieu Amy Sheppard !

Rodney était débout dans la salle de la Porte, devant les panneaux commémoratifs. Devant les plaques en bois, celles où étaient gravées le nom des morts. Il y trouva les noms du colonel John Sheppard, et du docteur Elizabeth Sheppard-Weir. Tout en bas avait été rajouté récemment celui de Radek Zelenka.

- Bon Dieu, elle est morte bien avant lui…

Onze ans. Elle était partie onze ans avant lui, il y avait dix-sept ans. C'était logique qu'elle ait disparu en premier : Mitchell lui avait dit que c'était à cause des Wraiths, alors que John avait été victime des Oris. Sous le nom d'Elizabeth, était inscrit celui de Thomas Sheppard. Leur fils. Les dates de décès étaient les mêmes.

Mais Thomas n'avait que deux ans. Il était donc né il y avait dix-neuf ans. Or Elizabeth avait abandonné son poste de dirigeante lorsqu'elle avait constaté qu'elle était enceinte, il y avait vingt-quatre ans. Thomas était donc son deuxième enfant. Et Amy le premier. Elle devait avoir six ans quand sa mère avait disparue.

Et John. John était mort des suites d'une épidémie Ori, il y avait donc… six ans, presque sept. S'il était aveugle comme l'avait dit Carson, il avait du rager de ne pouvoir être utile à la Cité les dernières années de sa vie, quoiqu'il devait toujours pouvoir se servir du fauteuil Ancien. S'était-il remarié ? Probablement non, sinon le fait d'avoir une nouvelle famille l'aurait raccroché à la vie. Mais Amy. Amy n'était-elle pas sa famille ? Comment avait-il pu l'abandonner, se laisser mourir, faire d'elle une orpheline à 17 ans ? Rodney calculait en tentant de se souvenir de tout ce qu'il savait sur la jeune fille : elle était déjà à l'université à 17 ans, sur le site alpha de la Voie Lactée. Elle ne devait pas être là quand l'épidémie avait eu lieu sur Atlantis. John avait du en profiter. Rodney lui en voulu. C'était une forme de suicide, cela ne ressemblait pas à son ami. Il avait du bien changer durant ces années.

Le Canadien s'était assis sur les marches de l'escalier qui autrefois faisait face à la Porte. Il réfléchissait à tout ce qu'il venait d'apprendre. Au fond de lui, il savait tout cela depuis longtemps déjà. S'il n'avait rien demandé à Amy, c'était sans doute pour cette raison. Parce qu'il craignait de devoir la considérer comme la fille d'un ami. De deux amis. Deux de ses plus proches amis. Et qu'il pourrait donc encore moins envisager qu'elle et lui…

Une forme vint justement s'asseoir à ses côtés. Il ne détourna pas la tête : il n'y avait pas trente-six mille personnes qui portaient une jupe aujourd'hui dans la Cité.

- … Ca y est, me revoilà en forme. Peter est au courant. Il se doutait de nos voyages. Il gardera le silence.

Rodney ne répondit pas.

- Il m'a bien arrangée, ça ne se remarque presque pas, vous avez vu ?

Il finit par tourner la tête pour la regarder. Elle soulevait ses cheveux pour dégager son front. En effet, seule une petite cicatrice longiligne indiquait qu'elle avait été blessée ici. Cet appareil Ancien était efficace.

- C'est surprenant. Tant mieux, on ne nous posera pas de question.

La jeune fille fit retomber sa chevelure, apparemment déçue de la réaction de Rodney, qui avait détourné la tête sans même passer une main sur son front pour évaluer le miracle. Ils restèrent tous les deux assis en silence, regardant droit devant eux. La Porte n'était plus là, il n'y avait rien à voir.

- Qu'a dit Peter pour les médicaments ?

- Qu'ils étaient périmés, alors qu'ils ne devraient pas. De plusieurs années. Il ne comprend pas.

- Si c'est une réaction due aux voyages dans le temps, elle va nous compliquer la tâche : je ne pourrai pas ramener avec moi de produits chimiques.

- Mais c'est étrange, avec la nourriture que nous avons emporté rien ne s'est produit.

Il ne répondit pas et le silence retomba, durant quelques secondes.

- Rodney… Dans le Jumper, tout à l'heure. Quand vous m'avez soignée… Juste après, avant que vous ne vous leviez pour nous faire retourner dans le présent…

Cette fois c'était elle qui aurait rêvé qu'il finisse sa phrase. Mais il restait à la regarder, soucieux.

- Je voulais que vous sachiez que… ça ne me dérangeait pas. Que vous… Ce geste tendre. Ca ne me dérange pas. Au contr…

- N'en parlons plus.

Il détourna les yeux. Elle prit son courage à deux mains.

- J'aime vraiment être avec vous. Vous m'apportez beaucoup, et sur plus de plans que vous ne le pensez. Je me sens bien. J'ai… une petite impression que c'est réciproque, je voudrais juste être sûre que je ne me fais pas des idées…

- … Amy, vous êtes la fille de ceux qui ont été mes plus proches amis.

Elle eut un temps d'arrêt. Découverte.

- Oh… Vous avez appris alors.

- Oui.

Ils se regardèrent enfin franchement.

- Je ne voulais pas vous le cacher. J'ai juste… Du mal à parler d'eux depuis qu'ils sont partis. Mon père s'est laissé mourir en me laissant toute seule, d'après Teyla et Carson je fais… une sorte de rejet de mon nom. Et puis ce n'était pas important que vous le sachiez ?

- Non. Non vous avez raison.

Il détourna la tête. Elle reprit, pleine d'espoir :

- Alors ?

- Vous êtes si jeune Amy. Je pourrais être votre père.

- Mais vous ne l'êtes pas ! Et je suis une femme, Rodney, pas une enfant. Et vous me plaisez. Vraiment.

- Je pars…

- Je me fiche que vous partiez bientôt. Ces sentiments-là je les ressens assez rarement pour ne pas passer à côté quand j'ai l'occasion de les vivre. Je suis une femme du XXIème siècle Rodney, je veux profiter de ma vie. Et de vous.

Il ne sut pas quoi répondre. Il secoua doucement la tête avant de la tourner vers elle sans vraiment oser la regarder. Il voulu réfléchir quelques secondes, elle ne lui en laissa pas le temps : elle se pencha pour l'embrasser.

Un baiser doux, léger, l'effleurement à peine appuyé de ses lèvres sur les siennes. Elle l'aurait voulu résolu, elle le fit timide. Il y répondit, après quelques secondes, tout aussi doucement, tout aussi contenu. Leurs cœurs explosèrent. Leur partage ne dura qu'un éclair de temps. Il se détacha d'elle, elle posa son front contre le sien. Ils soupirèrent, mais pas pour les mêmes raisons. Elle avait un sourire sur le visage, lui l'air désespéré. Essoufflés plus par les battements fous dans leurs poitrines que par le baiser, ils se turent une minute.

- Amy…

- Rodney ?

- … L'âge. Le fait que vous soyez la fille de John et Elizabeth… Vous comprenez… Ca fait trop de choses.

Elle se recula. Elle avait perdu son sourire. Il secoua la tête, n'osant pas la regarder.

- Je ne peux pas Amy.

- Vous ne voulez pas ?!

- Ce n'est pas sérieux… Il ne vaut mieux pas, ce n'est pas sérieux.

Ses yeux bleus rencontrèrent les siens, où il put y lire à la fois une incompréhension totale, une cruelle déception, mais aussi une profonde souffrance. Elle se leva, il fit de même.

- Comment… Comment pouvez-vous dire ça ?

- J'y ai réfléchis Amy…

- Mais moi aussi ! Et nous ne sommes pas arrivés aux mêmes conclusions !

Elle criait presque, sa gorge nouée empêchant sa voix de porter aussi loin qu'elle l'aurait voulu.

- Mais Matthew qui m'a dit… Tous les moments qu'on a… Vous avez du vous rendre compte de ce que je ressentais pour vous, pourquoi vous avez continué à passer du temps avec moi, à me voir en dehors du travail à…

Les larmes commencèrent à couler, et elle les essuya rageusement d'un revers de la main, déçue de s'être trompée, énervée qu'il la voie dans cet état.

- Mais j'aime aussi être avec vous Amy, je vous jure que je n'ai jamais été aussi bien que dans les moments où j'ai été avec vous mais…

- Il n'y a rien d'autre pour vous alors !

- Si… Si mais… il ne faut pas Amy.

- Je ne comprends pas.

- Ne faites pas semblant.

- Vous n'êtes qu'un imbécile…

Sa voix s'était étranglée. Elle monta les marches quatre à quatre pour sortir de la salle, et il la suivit.

- Amy !

- Laisse-moi tranquille !

Cette fois, elle avait vraiment crié. Il la laissa filer, et renversa la tête en arrière avec un énorme soupir. Il se rassit en fermant les yeux. Il s'en voulait de lui faire du mal. Surtout qu'il s'en faisait aussi. Pourquoi avait-il fallut qu'elle soit la fille de Sheppard ? Pourquoi avait-il fallu qu'il la rencontre maintenant, dans son futur ?

Il posa son menton sur ses mains pour mieux réfléchir. Même si c'était douloureux, il restait un cérébral, il lui fallait analyser ce qui venait de se produire. Dans quel état devait-elle être ? Qui allait la remonter ? Il se redressa soudain, les yeux ronds, lança un « merde ! » et en une fraction de secondes fut sur ses pieds, à courir vers le laboratoire.

o

Il ne s'était pas trompé. Amy y était : il savait que quand elle était énervée, elle avait besoin de se changer les idées en faisant autre chose. Mais il s'était rendu compte aussi que dès que quelque chose n'allait pas, elle ne parvenait pas à se concentrer et faisait des bêtises. Et c'était apparemment le cas : elle était assise par terre devant le réacteur, les dernières notes de Matthew dans les mains et l'ordinateur devant les yeux. Elle avait mis l'engin en route malgré le récent accident. Des « boum boum » réguliers se faisaient entendre à l'intérieur de la structure, et faisaient trembler le sol, tandis qu'un vrombissement anormal emplissait la pièce.

- Amy !

Elle se tourna vers lui, hagarde. Ses joues étaient rouges, ses yeux encore humides.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? murmura-t-elle.

Il s'agenouilla en vitesse pour regarder ce qu'indiquait l'ordinateur devant elle.

- On est à 100...

Le tambourinement sourd s'accéléra sur les parois du réacteur, tandis que le vrombissement devenait strident. Amy se leva :

- Il n'arrive pas à décharger ! Il faut tout débrancher !

Elle appuya de toutes ses forces sur le poing d'urgence, qui ne fonctionna pas puisqu'il avait été enfoncé dans l'après-midi, et décida alors de couper le courant elle-même. Rodney comprit trop tard ce qu'elle était en train de faire.

- Amy non !

La manette qu'elle actionna grésilla et l'éjecta par terre dans un éclair. Rodney fut à ses côtés en une seconde, mais c'était une seconde de trop. Le vrombissement s'apaisa mais sans s'arrêter pour autant. Les battements du réacteur par contre avaient cessés. Ceux du cœur d'Amy aussi.

- Amy !

Elle ne respirait plus. Des pas précipités et une voix connue se firent entendre. Matthew apparut dans l'encadrement de la porte, en demandant ce qu'était ce bruit, et s'affola encore plus en voyant son amie à terre. Rodney lui cria d'appeler une équipe médicale, qui arriva, Peter en tête, en deux minutes.


"Bonjour mademoiselle, monsieur : vous avez entendu parler d'Amy Sheppard ? Oui ? Vos réactions sur cette nouvelle ? Vous en pensez quoi ? Parlez bien dans le micro s'il vous plaît..."

Bon en l'occurence : tapez bien sur vos claviers, s'il vous plaît...