Voici comme promis le deuxième chapitre de ce soir, avec toutes mes excuses pour le temps que ça prend et pour l'inquiétude dû à la possibilité d'abandon de cette fiction^^.
Ne vous inquiétez pas, je pense que je vous laisserai un message si le cas venait à se présenter et je vous laisserai aussi la possibilité de reprendre l'histoire et d'écrire la suite (je choisirai ce que l'on peut qualifier de successeur si l'occasion venait à se présenter). Mais je compte bien la finir cette fiction non mais^^.
Alors parlons pas de malheur et place à de l'action et à de l'aventure !
Peut être Toi
Chapitre 22 : Enlèvement
Quand je me réveillai il faisait grand jour et un petit vent frais pénétrait dans la chambre par la porte entrouverte.
La lumière d'un soleil de fin d'été traversait en une fine membrane poussiéreuse la fente et éclairait de sa luminescence le parquet poli et ciré couleur ambre.
Les flammes des chandelles étaient toutes éteintes et la pièce était silencieuse. Seuls les murmures du vent résonnaient dans le réceptacle de mes tympans en une sinueuse mélodie que j'avais appris à comprendre et à retenir.
Je m'appuyai sur le sol pour me redresser. Sentant tous mes os craquer à chacun de mes mouvements, je m'arrêtai à mi-chemin, reprenant durement mon souffle.
J'avais tellement pleuré et dormie que je me sentais complètement déconnecté de la réalité, un peu comme ci je délirais sans pour autant délirer…
Ma tête me tournait étrangement et mes oreilles bourdonnaient en rythme. Trop aveuglée par la lumière, je fermai les yeux prudemment et attendis que les forces me reviennent pour entreprendre de me redresser correctement.
Quand je me sentis capable, je contractai à nouveau mes muscles douloureux et pus me remettre plus ou moins assise sur le sol dur.
Autour de moi s'éparpillaient plusieurs coussins et il y flottait une agréable odeur sucrée : une odeur de miel. Je me sentais légère et fine, inspirant profondément cette odeur comme jamais je n'avais inspiré auparavant.
Libérée d'un énorme poids dont l'origine m'était désormais étrangère, je me délectai de chaque saveur et de chaque couleur qui m'environnaient, appréciant le bourdonnement de mon sang dans les tympans diminuer de volume et se faire remplacé par les échos des soupirs des brises d'été.
Les fleurs et branches du cerisier, dans leur danse, provoquèrent un léger bruissement agréable dehors, ce qui attira mon attention.
Inspirant profondément, je bandai les muscles de mes jambes et, m'aidant d'une petite table basse en bois luxueux, je me relevai avec prudence, guettant l'instant où mes jambes se déroberaient au poids de mon corps. Fort heureusement cet instant ne parvint pas.
Et mes pas me guidèrent jusqu'à la sortie donnant sur le jardin.
Là, je me laissai tomber doucement contre le mur et me perdis dans les variations de couleurs. Le cerisier était là, en face de moi, grand et noble, fier et droit. Son tronc saillant et puissant s'étirait en un long et robuste trait maronnâtes, au dessus duquel jaillissait un étroit réseau de grand rameaux fins et nombreux, s'étendant en un parapluie rugueux de branches, toile merveilleuse de brun et de charbon tissée pour atteindre le ciel.
L'arbre, dans sa majestuosité, s'étirait de ses formes si belles, bravant silencieusement le ciel interdit à ses prières.
Mon regard se reporta alors sur l'une des branches plus horizontale et plus grosse que les autres.
Sesshomaru se mettait toujours à cet emplacement, du moins à chaque fois que je le voyais sur l'arbre. J'ignorai la raison d'ailleurs. Il semblait avoir une attache particulière à ce cerisier et le fait qu'il soit en fleur continuellement grâce à un esprit me disait que l'esprit en question était un souvenir.
Et que tristement, il se rappelait continuellement, à chaque fleur qui tombait de cet arbre, de ces souvenirs, comme dans un cercle vicieux d'où il ne pouvait s'échapper.
Penser cela était assez surprenant surtout venant de moi…
Je secouai la tête interdite, me rappelant comme défense tous ce qu'il m'avait fait subir et ce qu'il attendait de moi. Il pouvait être étrange à ses heures perdues, il restait un Youkai, impitoyable et silencieux, œuvrant pour son propre profit et qu'importait le reste du monde.
Il me voulait aussi à sa merci, soumise à ses moindres désirs et la perversité de ces faits ne pouvait changer mes pensées le concernant.
Même si je devais apprendre à le juger autrement, parce qu'il pouvait se montrer autrement que froid, même s'il m'avait sauvé la vie, au fond ce n'était que pour sauver les apparences…ses apparences.
Alors que je sois en vie ou pas, que je sois en bonne santé ou pas, heureuse ou pas, cela l'importait peu, du moment que cela n'entachait en rien sa stature de Taiyoukai tout puissant.
Mon poing se serra dans ma main et les jointures se mirent à blanchir de la pression que j'exerçais. J'essayais de me convaincre de la culpabilité de Sesshomaru mais n'arrivais pas à en extraire de la haine ou du mépris. Deux formes de conscience dans mon moi profond se disputaient l'ensemble de mes pensées et j'en n'étais que plus confuse.
Tant de questions qui demeuraient sans réponses, tant d'attitudes étranges et pourtant tant de faits et de preuves irréfutables.
Pourquoi me voulait-il soumise ? Ca s'était la question centrale. Pourquoi me voulait-il tout court d'ailleurs…
Mais cela revenait à se demander pourquoi le monde était le monde…
Et je ne connaissais personne sur cette planète qui soit apte à répondre à ce genre de questions.
Alors pourquoi Sesshomaru s'entêtait-il à me garder ? Il savait que je ne me soumettrais que devant la mort et rien d'autres, alors pour quelles raisons espérer ? Certes il était têtu, pire que moi et avait toujours été comblé de ses désirs.
Alors qu'une humaine chétive comme moi lui résiste autant devait l'amuser. Mais tôt ou tard il se lasserait de ce petit jeu et soit il me tuera, soit il m'abandonnera.
La deuxième option étant aussi probable que de voir un jour Jaken en soubrette (chose que je n'espérais pas, même dans mes pires cauchemars), la première était de toute façon inévitable.
D'une manière ou d'une autre, j'allais mourir, et ce de la main de Sesshomaru.
Comment je pouvais bien le savoir ?
Intuition féminine ou de Miko, peut être.
Mais pourtant…
J'avais beau vouloir le haïr, le mépriser pour me donner une contenance dans mes actes, c'était son image que je revoyais sans cesse en fermant les yeux.
Toujours.
L'image de sa détresse…
L'image de son regard ambré, flamboyant et inquisiteur, dévorant chaque parcelle de mon assurance…
L'image de son corps droit et de sa stature fière et noble, dressée pour faire obstacle au vent lui-même…
L'image de la douceur et de l'ondoyante chevelure argentée, qui cascadait en une auréole gracieuse le long de son corps guerrier…
L'image d'un guerrier farouche, présent dans son entière personne, inspirant crainte et respect de par sa noblesse…
L'image d'un homme tout simplement, un homme pourtant maladroit dans ses sentiments et dans les raisons de ses actes…
L'image d'un cœur glacé, que le temps n'avait épargné…
Je ne ressentais pas de la pitié quand ses images m'apparaissaient. Plutôt cette puissante fascination à son égard et de la compassion.
Parce qu'il était ainsi et parce que j'étais ainsi.
Alors l'esprit avait raison. Plutôt que de rechercher sans cesse à trouver de quoi le détester, sachant pertinemment que je n'en étais pas capable, je devrais plutôt apprendre de lui.
Et puis, ces derniers temps aussi il se trouvait plus…comment dire…disposer à mes besoins ?
Alors que les larmes me montaient et que la détresse de la solitude et des évènements récents remontaient en mon cœur, octroyant des sanglots continus et incessants en une plainte qui s'élevait de ma gorge, il m'avait pris dans ses bras et avait attendu.
Sesshomaru, le grand, le puissant Taiyoukai, fier seigneur des Terres de l'Ouest m'avait accepté entre ses bras et m'avait bercé jusqu'à l'apaisement.
Et cela je ne pouvais le négliger dans mes pensées. La proximité, la présence constante de son odeur emplissant mes narines, la douce chaleur agréable qui réchauffait mon cœur si froid et si perdu…
Tout cela je ne pouvais l'imaginer. Je ne pouvais l'oublier. Et alors que je regardais ce cerisier, perdant les pétales de ses fleurs en une pluie merveilleuse de flocons blanchâtres, je sentis la brise fraîche m'apporter une autre odeur que celle que j'attendais.
Parce que oui, je l'attendais, et c'est en ne sentant pas son odeur que je me rendis compte de cela. Une odeur amer, pas nauséabonde mais plutôt désagréable titilla mes narines et l'atmosphère jusqu'ici douce et apaisante s'était transformé en une tension visible.
Le vent se fit plus froid, les piaillements des oiseaux cessèrent et un nuage sembla se dresser face au soleil.
Inquiète, mon regard se dirigea de tout côté, comme cherchant une certaine menace, sans pour autant la trouver. Sesshomaru était avec les deux autres Taiyoukais, deux gardes barraient toute entrée par le pont et Jaken n'était plus dans les appartements depuis belle lurette.
Kathan et les autres se trouvaient actuellement en cuisine pour préparer des mets aux invités, alors pourquoi est-ce que je sentais la présence d'individu à mes côtés.
Je me relevai rapidement, ignorant les élancements douloureux de mes membres ankylosés et rentrai en toute hâte dans la chambre.
Ce ne fut que quand j'eus le dos tourner pour ouvrir la porte qu'ils se jetèrent sur moi.
Ils s'étaient dissimulés dans la forêt avoisinant le jardin et avaient attendus l'opportunité de m'agresser.
Plusieurs étaux de fer m'encerclèrent et m'enserraient mains et poignets, puis je sentis une main bloquer ma bouche et une autre m'immobiliser contre la porte.
Me défendant de toutes mes forces, je réussis à le repousser et à rentrer dans la chambre tout en refermant la porte.
Tentative expliquée par la panique donc inutile car ils ouvrirent la porte facilement tout en se jetant de nouveau sur moi.
Je pris la carafe de sake qui se trouvait à côtés de moi et la jetai brutalement sur le premier venu.
Elle se brisa contre le crâne de ce dernier mais ne l'arrêta pas pour autant.
En l'espace de quelques secondes ils m'avaient encerclés mais je pus prendre le loisir de les décrire parfaitement : ils étaient au nombre de quatre, tous portant un costume d'un noir remarquable, dissimulant la totalité de leur corps et même leurs visages !
Une petite pensée immergea dans mon esprit alors : comment faisait-il pour me voir ?
Essouflée par l'effort, je regardai dans toutes les directions une quelconque occasion de sortie et dû me rendre à l'évidence : j'étais coincée de toute part.
Et mes ravisseurs ne semblaient pas vouloir prendre la parole alors pas moyen de les perturber.
C'était des professionnels ils devaient par conséquent avoir l'habitude. Seulement je ne comptais pas me laisser faire.
Alors quand deux d'entre eux s'approchèrent de moi pour m'immobiliser, le premier fut cueilli au niveau de la mâchoire par un coup de pied fouetté tandis que l'autre se prit mon coude au niveau du sternum.
Le souffle coupé par l'impact, ce dernier se recroquevilla et chercha son souffle ce qui me laissa le temps nécessaire pour me jeter sur celui qui barrait ma route.
Je feintai vers la droite pour mieux appréhender ma gauche et l'envoyer rejoindre le dernier qui s'était mis sur mes talons.
Le corps du troisième le percuta et ils partirent s'écraser contre le mur.
Je profitai de cet instant pour prendre la poudre d'escampette et retrouver au plus mon de l'aide. Mes pensées dirigées vers Sesshomaru, je sortis en hâte de la chambre et courus à en prendre haleine en direction du pont, sans me soucier de ceux qui s'étaient élancés à ma poursuite. Arrivée au pont, je croisai Kathan qui surprise, se poussa de mon chemin à temps. Elle lâcha ce qu'elle tenait dans ses mains, à savoir une cruche et des serviettes propres, quand les quatre autres passèrent devant elle.
Paniquée, elle blêmit et se mit à courir alerter la garde.
Entendant cela, les quatre ravisseurs se concertèrent et en un seul regard avaient préparés leur plan.
Ils disparurent de mon champ de vision et je m'arrêtai de courir surprise. Regardant autour de moi, je me mis à marcher vers la salle principale, sachant qui je trouverai là-bas.
Les sens en alertes je ne laissais rien au hasard : les moindres craquements de brindilles, les moindres soupirs de vent, les moindres mouvements des alentours, tout étaient constamment surveillés. Et ce ne fut que quand je me permis un soupir qu'ils bondirent du toit, sous le regard consterné et surpris de Jaken qui me demandait ce que je faisais ici.
En quelques secondes ils m'avaient ficelée comme une dinde et réduite au silence le plus totale.
Je m'évertuai pourtant à crier et à protester mais ils m'avaient tellement bien immobilisé, que la moindre tentative se vouait à l'échec.
Jaken me regardait complètement béat de surprise et suivit la direction de mes ravisseurs. Je le regardai suppliante, mais les ravisseurs étaient tellement rapides que bientôt il ne fut plus du tout dans mon champ de vision.
L'enlèvement n'avait pris que quelques minutes, cinq à tout casser. Et à deviner à l'odeur il s'agissait de Youkais dévoreurs d'êtres humains.
Je ne pouvais alors compter que sur Sesshomaru pour me sauver. Cela me tuait de le reconnaître mais dans cette situation je ne pouvais rien faire. Au moindre de mes mouvements, les cordages éraflaient ma peau impitoyablement et semblaient se resserrer davantage. Mais je ne comptais pas abandonner pour autant.
Tant qu'il y avait de la vie et de l'espoir, je resterai l'éternelle insoumise. Si je n'avais pas été soumise par Sesshomaru, alors ça ne sera pas un autre qui le fera pour sûr. Et puis, le sang qui perlait de mes poignets n'avait pas pour cause le fait de mes maigres tentatives de fuite. Ce sang avait pour but d'être pistée rapidement par l'odorat développé de Sesshomaru.
