Chapitre 25
Son corps était celui d'un jeune homme ne dépassant pas les vingt étés, mais il ne l'avait jamais ressenti. Même maintenant, monté sur un puissant cheval avec une selle personnalisé pour qui se sente entier et intact, il avait plutôt l'impression d'être vieux.
Il avait vécu au bout du monde avec la corneille à trois yeux. Il était parti depuis si longtemps qu'il avait tout simplement oublié comment c'était au sud du Mur. Ainsi, quand Arya, Daenerys et même le Héraut à la voix douce qui accompagnait la Reine l'avaient regardées avec de grands yeux, il sut qu'il allait devoir expliquer ce que la terre elle-même savait déjà. La corneille à trois yeux était le dernier vervoyant et change-peau qui avait également la capacité, extrêmement rare, de pouvoir observer les flux et les reflux de la rivière du temps et d'exercer une emprise sur les êtres vivants qui le servaient comme des milliers d'yeux. Il était vieux et avait commencer à périr bien des années avant la naissance de Bran, survivant bien au-delà de son laps de temps mortel en fusionnant avec l'arbre qui l'abritait pour attendre celui qui lui succéderait, sous la bénédiction des Anciens Dieux.
Il avait finalement trouvé Bran alors que celui-ci était dans le coma suite à sa chute qui le rendit infirme. Il expliqua comment la corneille l'avait attiré vers nord après que les Greyjoys aient pris Winterfell, l'appelant et l'incitant au point que parfois il pensait devenir fou. Il n'eut aucun répit ; même quand il courait dans le puissant corps d'Été, la corneille était là perchée sur une branche au-dessus de lui, croassant, comme si elle le jugeait sur ses distractions futiles. La corneille à trois yeux lui avait même envoyée de l'aide en la personne de Meera et Jojen Reed, ce dernier étant doué à un moindre degré avec le vervoyant qui sommeillait en lui. Alors que Bran partait plus loin au nord, il avait envoyé Rickon et la sauvageonne Osha en sûreté, craignant pour la vie de son frère. Pour autant qu'il eût sût à l'époque, Rickon était le seul Stark encore en vie, et il n'aurait pas risqué la vie de son frère avec la potentielle folie qui saisissait son esprit.
Il avait à peine échapper aux Marcheurs qu'il se retrouva dans une forêt hantée où le dernier enfant de la forêt demeurait, et celui-ci le mena dans une caverne où son mentor l'attendait. "Autrefois il était appelé Brynden Rivers, Votre Grâce," expliqua Bran à Daenerys, "un fils bâtard de votre ancêtre, Aegon le Quatrième du Nom."
Daenerys fut déconcertée, alors qu'elle calculait mentalement. "Mais comment cela peut-il être possible ? Il doit avoir plus de cents ans… "
Bran hocha rapidement la tête. "Il a commencé à dépérir bien avant ma naissance, restant en vie uniquement par la volonté des Anciens Dieux et la terre qui le supporte. Je pense qu'il pourra enfin se reposer, une fois que je serais revenu."
Après cette discussion, ils restèrent tous silencieux pendant un certain temps chacun essayant de comprendre à sa façon, alors que les sabots faisaient craquer les feuilles et herbes qui avaient gelées pendant la nuit sous eux. Même en été, le froid ne quittait jamais vraiment le Nord, et c'était dur pour quelqu'un qui n'avait pas été élevé avec un soleil hivernal. Malgré qu'elle soit vêtu d'un sombre manteau Stark, avec une chaude fourrure de loup du nord drapée sur ses épaules, on pouvait dire que la Reine n'allait probablement pas s'habituer au manque de chaleur dans un avenir proche.
"Pourquoi n'es-tu pas rentré à la maison avant aujourd'hui ?" demanda finalement Arya.
"De tous les personnes, c'est toi qui me pose cette question ?" contra Bran.
Il l'entendit soupirer.
"Je n'étais pas encore prêt à revenir," admit-il, à contre cœur. "Dix ans avec la corneille à trois yeux, et il y avait toujours tellement à apprendre." Comment pouvait-il expliquer comment c'était, de voir le monde entier connecté avec la vervue ? De voir comment les fils de chaque être vivant se ramifiaient, se divisaient et s'entrelaçaient avec tout le reste ? Comment pouvait-il faire comprendre à chacun d'entre eux l'effet que cela faisait de voir la vérité du passé, voir les échos de ce qui avait été pour ceux vous avaient aimés, mais également de voir ce qui peut encore être pour eux – les entrelacements de probabilités dans de multiples directions, basées sur le résultat autant de leurs efforts que de leur libre arbitre ? Il était toujours aussi perdu dans tout cela, inondé et noyé à tel point que bientôt son seul guide ne sera rien de plus qu'un point dans cette tapisserie, qu'il était le seul à voir quand il se réveillait d'un souvenir d'un Barral. "Je ne pouvais pas me permettre de perde mon temps quand j'étais avec lui," fini-t-il par dire sombrement, "jusqu'à aujourd'hui."
"Pourquoi aujourd'hui, alors ?" demanda Arya, une note d'inquiétude dans sa voix.
Il arrêta son cheval, et le tourna vers ses compagnons. "Parce que je fus chargé de retourner quelque chose au sang de Brynden, qui attendait de revenir à Winterfell," dit-il avec un léger salut vers Daenerys. "Et parce que maintenant, c'est le temps de la réconciliation et de vérité pour nos deux familles." Il les regarda toutes les trois, comprenant que la reine considérait Missandei comme sa famille autant que quelqu'un qui portait le nom Targaryen. "Ceux qui sont venus avant nous n'ont jamais vécus assez longtemps pour en parler à quiconque. Alors, c'est à moi qu'incombe la tâche de le faire, pour eux."
"Que voulez vous dire, Bran Stark ? demanda prudemment Daenerys.
Il ramena son cheval en arrière, déplaçant le temps à travers son esprit, essayant de trouver le meilleur moment pour débuter. "Vous n'avez jamais connu votre frère Rhaegar n'est-ce pas, Votre Grâce ?"
"Non," répondit Daenerys en secouant légèrement la tête. "J'ai entendu des choses sur lui de ceux qui le connaissaient, mais il a été tué avant ma naissance."
Il fit de nouveau avancer son cheval, entraînant les autres, se tenant en fonction de la légère pente sous lui. "Et Arya, as-tu entendu parler de Rhaegar Targaryen ?"
Il put voir du coin de l'œil sa sœur regarder Daenerys avant de lui répondre, choisissant soigneusement ses mots : "la même chose que toi en grandissant, Bran. Qu'il s'est pris… d'intérêt… pour tante Lyanna, alors qu'elle était promise à Robert Baratheon. Et peu de temps après qu'ils se soient rencontrés, elle fut enlevée."
Ces dires devaient également être connus de la Reine, car elle ne les contesta pas.
"Ils se sont rencontrés à un tournoi tenu à Harrenhal," continua Bran, commençant à étoffer le squelette de l'histoire qu'on leur avait raconté. "Tu n'étais pas la première femme Stark à décider qu'elle voulait devenir chevalier, tu sais, " dit-il en inclinant sa tête vers Arya. "Lyanna a fait ses débuts là-bas, portant des pièces d'armures mal assorties qu'elle avait volée. Ils l'avaient nommé, Le Chevalier de l'Arbre Rieur, ne sachant même pas qui était cet étranger qui avait soudainement fait son apparition dans les rangs quand "il" défit les chevaliers de la Maison Foin, la Maison Blount et de la Maison Frey."
Bien qu'elle ne dît rien, il pouvait voir une trace de surprise dans les yeux d'Arya.
"Elle n'a pas poursuivie jusqu'à la fin. Elle avait un faible score et dut se contenter d'Howland Reed, et une fois cela fait, le Chevalier de l'Arbre Rieur disparu. Ce fut Rhaegar qui remporta le tournoi," son front de plissa alors qu'il pouvait voir ce jour très précisément dans son esprit, comme s'il y avait été lui-même. "Quand il reçut la couronne de rose d'hiver, il passa devant sa femme, Elia, et la déposa sur les genoux de Lyanna. Il ne se soucia pas de qui l'avait vue et de ce que l'on murmurait. Il était le Dragon."
"Plus tard cette nuit-là, durant la fête," continua-t-il, "tandis que Lyanna était assise avec ses frères, Rhaegar joua une chanson si douce et triste que cela la fit pleurer sans qu'elle ne s'en rende compte." Il sourit, toujours amusé par cette partie du souvenir. "Benjen a commencé à se moquer d'elle, alors elle lui versa son vin sur la tête." Elle avait été en colère autant par son propre engouement que frustrée par ses larmes. Je pouvais le voir. "Lyanna quitta Winterfell environ un an après cet événement."
"Elle a quittée Winterfell ?" demanda Daenerys, en insistant bien sur le mot.
"Oui," répondit-il simplement. "Il est également vrai que Ser Arthur Dayne et Oswell Whent l'on emmenés, mais cela n'a jamais été un enlèvement. Elle partit avec eux de son plein gré."
"Mais pourquoi aurait elle fait ça ?" demanda Arya. "Pourquoi laisserait elle croire à tout le monde qu'elle avait été enlevée ? Grand père et oncle Brandon sont morts en essayant de la ramener !"
La Reine connaissait également cette partie de l'histoire, au vu de son rapide coup d'œil vers le sol.
"Elle n'avait aucune idée de ce qui se passerait quand elle partie. Elle l'aimait, Arya." Lui répondit Bran. "Il était marié à une autre femme ; elle était fiancée à un homme qu'elle n'aimait pas. C'était le seul moyen, à l'époque." Il fit une pause. "Tu as entendu père dire plus d'une fois que Lyanna était sauvage ; qu'elle avait le sang du loup. Elle n'allait pas se forcer à faire quelque chose uniquement parce que c'était ce que l'on attendait d'elle. Quand le dragon appel, le loup répond," finit-il de manière significative.
Bran se tourna vers Daenerys. "Rhaegar accepta d'endosser le rôle du méchant, simplement pour épargner tout déshonneur à Lyanna. Votre frère était un homme bon, Votre Grâce, malgré ses défauts. Il l'aimait vraiment." Il vit qu'elle s'était visiblement adoucie à la suite de ses mots, probablement peu familier au sentiment de fierté familiale qu'elle ressentait après cette partie de l'histoire.
"Donc," prononça Arya, hésitante. "La guerre… La rébellion de Robert, tout," sa voix devint plus faible. "C'est à cause de Rhaegar et Lyanna. A cause de notre famille."
Bran secoua la tête. "Non. Cela a juste été l'allumette qui enflamma le très grand bûche construit par un Roi complètement fou." Il inclina rapidement sa tête en direction de la Reine, "je vous prie de pardonner mes paroles, Votre Grâce."
"Bien que je ne fermerais jamais les yeux sur ce qui s'est passé," dit-elle résolument, "je suis consciente de ce qu'était mon père. Je sais pourquoi il était nommé le Roi Fou."
Et vous êtes la dernière de votre lignée, la façon dont les Dieux se sont assurés que la folie épargne miraculeusement votre esprit est remarquable. Mais il y a également de la grandeur perdue dans ce cas, n'est-ce pas ? "Il y a autre chose," dit Bran en baissant ses yeux vers ses rênes. "Arya," il s'adressa à sa sœur qui avait disparue pendant autant de temps que lui. "Jon Snow n'était pas notre frère."
Arya fronça les sourcils, son visage s'obscurcit immédiatement. "Je suis sûr que mère serait très fière de t'entendre dire ça."
"Il n'était pas notre frère," continua Bran, ignorant la pique, "… parce qu'il n'était pas le fils de notre père." Il la regarda alors avec toute la férocité de son propre sang de loup, qui ressemblait étroitement à celui de sa tante Lyanna dans ses souvenir qu'il n'a jamais vécu. "Il était le fils de Rhaegar et Lyanna."
Il regarda la surprise apparaître lentement, aussi bien à travers les traits Starks que Targaryens, alors que leurs esprits saisissaient ce que leurs oreilles venaient d'entendre.
"A la fin de la guerre, notre père et quelques-uns de ses hommes se sont rendus à la Tour de la Joie dans les montagnes rouges de Dorne, après avoir entendus dire que Lyanna y était retenue. Ils ont presque tous péris en combattant le Garde Royal qui était stationné là-bas… seul père et Howland Reed en ont réchappés en fait." Bran pressa ses lèvres en une sinistre ligne. "Il y avait du sang partout. Lyanna… elle était couchée dans un lit ensanglanté, entourée de roses bleus d'hiver que Rhaegar lui affectionnait. Elle venait de donner naissance à un petit garçon qui l'avait malheureusement tué lors de son arrivé au monde." Il respira profondément, voyant toujours le choc de la surprise peints sur le traits d'Arya. "Elle donna le garçon à notre père, lui faisant promettre de ne jamais révéler l'identité de ses parents."
"Pourquoi lui a-t-elle demander de lui promettre une telle chose ?" Missandei brisa finalement le silence, parlant pour le compte de sa Reine abasourdie.
"Pour que Robert Baratheon ne tue pas le garçon."
"Pour que Robert Baratheon ne tue pas mon neveu," finit alors Daenerys, retrouvant sa voix.
Bran acquiesça. "Père la ramené à la maison, à la fin de la guerre, comme son propre bâtard. Il ressemblait tellement à un Stark que personne ne mis en doute ses origines, bien que beaucoup se soient demandés quel genre de femme pouvait détourner Ned Stark du droit chemin."
Les quatre continuèrent en silence après cela, chacun perdus dans ses propres pensées. C'était un genre de silence sacré ; le briser serait autant une profanation divine que verser du sang sur un autel de d'un des Sept, ou de planter une hache dans un Barral. Il vit Daenerys et Arya échanger des regards tandis qu'ils gravissaient une colline les menant à une vielle ferme déserte, leurs yeux exprimant ce que leurs voix ne pouvaient pas encore. Ce fut seulement quand le sommet fut atteint et que les contours des deux grands dragons, qui somnolaient dans les champs, apparurent que le charme se rompit.
"Viserion et Rhaegal, Votre Grâce."
Nyméria et Eté grondaient, pinçaient et se courraient après comme ils le faisaient quand ils étaient encore des chiots, tandis que Bran regardait la minuscule Reine s'occuper de ses dragons. Arya se tenait derrière elle, clairement et hardiment émerveillée par les créatures. Même quand elle était enfant, elle était déjà fascinée par les dragons. Visenya et Rhaenys chevauchant leurs bêtes de feu tout en combattant avec de l'acier Valyrian aux côtés du Roi Aegon – combien de fois en avons-nous entendu parler quand nous jouions tous dans la cour ? Il y a quelques temps, quand je l'ai vu pour la première fois avec la Reine à travers les yeux du corbeau qui en possède trois, je n'ai pu que rire de moi-même. Bien sûr, c'est exactement la personne sur qui Arya aurait jeté son dévolu, n'y plus n'y moins.
C'était étrange pour lui d'observer sa sœur avec la reine d'argent, affichant une douceur qu'il n'avait pas vu en elle depuis tant d'années. Il savait où elle était partie et ce qu'elle était devenue depuis longtemps maintenant, ayant recherché toute sa famille aussitôt qu'il eut assez d'expérience avec la vision pour se débrouiller seul. Il avait vu la traînée de sang qu'elle laissait derrière elle ; son fil rouge tissant à travers tant d'hier, alors qu'elle coupait les minces cordons qui avaient été avec des lames dans la chair et des corps dans les canaux. Il semblait qu'il ne restait plus rien de tendre en elle après ce jour fatidique au Poing des Premiers Hommes. Parfois, quand la vervue se déclenchait d'elle-même, il essayait de suivre les fils qui émanaient d'elle, cherchant obstinément les nombreux sentiers de ce qui pourrait être pour voir s'il y en avait qui la détourneraient de celui d'autodestruction qu'elle était bien décidée à emprunter. Daenerys se trouvait toujours au bout de ceux-là ; un point d'arrêt au-delà duquel il ne pouvait voir peu importe combien il a essayé durant des années.
Vous étiez un carrefour pour elle, Votre Grâce. Une ligne de démarcation choisie par le destin lui-même. Rien n'aurait été écrit pour elle jusqu'à ce qu'elle prenne une décision à votre sujet.
Il connaissait la menace dans laquelle elles vivaient encore, mais il n'en savait pas assez dessus pour les guider à travers la tempête. Les Sans-Visages étaient une force puissante sur laquelle il fallait compter, il n'y avait aucuns doutes là-dessus, mais ils n'étaient pas l'alpha et l'oméga derrière le tournant des mondes. Ils en étaient seulement les instruments. Il avait essayé de suivre la piste légèrement scintillante qui l'avait mené en premier lieu au Temple du Noir et du Blanc, mais il y avait des endroits que même milles yeux ne pouvaient pas atteindre et les sombres catacombes de cet endroit en faisaient parties. Un vervoyant était connecté à l'essence de la vie ; ce temple était la demeure de la mort.
Mais j'ai encore du temps. Je continuerais d'essayer. Pour leur bien à toutes les deux.
La connaissance et ce qu'il fallait en faire, et quand, était un si lourd fardeau. Il y a des moments où il sentait qu'il finirait par craquer sous le poids, faisant son temps bien avant le roc qu'était Brynden.
Bran soupira, se déplaçant alors qu'il était resté sur son cheval, peu disposé à renoncer à la dignité qu'il lui offrait malgré la tension présente dans son dos depuis un certain temps. Missandei se plaça à côté de lui après avoir attachée sa monture avec les autres, préférant clairement garder ses distances avec la Mère des Dragons et ses enfants.
"Je suis à ses côtés depuis de nombreuses années," déclara doucement L'insulaire, "mais en vérité, ils m'effrayent toujours autant. Je pense qu'ils le feront toujours."
"Pensez-vous qu'ils vous blesseront, même avec elle près d'eux ?" demanda Bran.
"Je pense," dit-elle avec un léger sourire, "que je ne veux pas le découvrir."
Il sentit ses lèvres se courber en un sourire, alors qu'il sentait un douloureux désir en lui. La femme était belle, exotique avec un esprit insouciant qu'il était venu à apprécier depuis qu'elles étaient arrivées à Winterfell. Si les choses avaient été différentes, s'ils avaient grandi ensembles, lui devenant le soldat que le Roi Robert avait une fois prédit qu'il serait, il aurait pu se permettre le luxe de cette attraction et même l'espoir que cela soit réciproque.
Mais c'était trop tard – il était le Stark Estropié, longtemps cru mort et héritier d'un arbre dans une caverne et de milles yeux. Quelques conversations partagées était tout ce qu'il ne pourrait jamais espérer.
"Ils ne sont pas vraiment si effrayant, une fois que vous avez parlé avec eux," dit-il en enroulant le cuir des rênes autour de son pouce, tirant son esprit loin de la dangereuse abîme de l'auto-apitoiement. "En réalité, ils sont très intelligents."
"Vous pouvez parler avec eux ?" demanda Missandei alors que ses yeux s'écarquillaient.
"Dans un sens, oui," acquiesça Bran. "Pas comme nous parlons vous et moi – mais ils ont vraiment de la compréhension, aussi longtemps que vous savez comment puiser en elle."
"Donc vous les avez vraiment amenés ici et les avez fait attendre Sa Grâce ?"
"Non. En réalité, personne ne peut faire faire à un dragon ce qu'il ne veut pas. Je les ai seulement aidés à comprendre qu'elle venait ici et que c'était un endroit sûr pour l'attendre dans un monde remplit d'endroits inhospitalités pour eux."
"Comment êtes-vous capable de faire ça ?" Le héraut ne pouvait cacher sa fascination.
"Eh bien, c'est –" les mots restèrent coincés dans la gorge de Bran alors qu'il regardait le dos de la Reine, sa vision miroitant une profonde teinte verdoyante alors que ses yeux passèrent du gris Stark à un léger vert rayonnant, tandis que la vervue le prenait.
