POV Elijah
Niklaus dort toute l'après-midi, tandis que moi je lis un livre. Je suis heureux de voir qu'il peut se reposer et j'espère récupérer des forces. Vers 18 heures, sa respiration devient plus rapide et moins profonde et je sais qu'il est sur le point de se réveiller. Je marque ma page avant de le fermer. J'observe mon petit frère se réveiller doucement. Au début, il garde les yeux fermés, écoutant sans doute les bruits alentours, cherchant à savoir s'il est en sécurité ou non. Puis il les ouvre et se redresse lentement. Je lui demande doucement :
"Bien dormi ?"
Il hoche la tête et je souris. Il n'est pas encore totalement réveillé et il est rare que je puisse le voir comme ça, les cheveux totalement en bataille, les yeux encore remplis de sommeil. Il baille et s'étire, avant de s'asseoir sur le canapé, ma veste de costume posée négligemment à côté de lui. Mais je ne lui dis rien à ce sujet et je lui laisse quelques minutes pour se réveiller totalement avant de le questionner :
"Comment te sens-tu ?"
Il hausse les épaules avant de répondre :
"Moins fatigué, mais j'ai toujours des crampes."
Je lui montre le sac de pharmacie quand je lui demande :
"Tu veux essayer de prendre les médicaments et de boire un peu de sang ?"
"Pourquoi pas. Au pire, je vomirai encore une fois."
C'est une façon de voir les choses. Pour ma part, j'espère juste que les médicaments fassent effet et qu'il arrive à garder le sang en lui. Ca réglerait pas mal de nos soucis.
Je me lève et lui dit :
"Reste ici. Je vais te chercher ce qu'il faut."
Je me dirige rapidement vers la cuisine. Je prends deux verres, un que je remplis d'eau et l'autre de sang. Je les amène dans le salon. Je lui tends le premier, ainsi que les médicaments :
"Avale ça d'abord. Et dans quelques minutes, tu pourras essayer le sang."
Il grimace en avalant les médicaments. Nous attendons tous les deux, tendus, prêts à courir dans la salle de bain en cas de besoin. Mais au bout de quelques minutes, Niklaus tapote la place à côté de lui et me dit :
"Assis toi, je ne pense pas que je vais vomir."
C'est déjà une bonne chose. J'essaye de le faire penser à autre chose, en attendant que les médicaments fassent effet :
"Alors, ça s'est bien passé avec Caroline ?"
Il sourit légèrement, avant de me répondre :
"C'était bien. Ou en tout cas, le début était bien. Je ne me souviens pas vraiment du reste, je crois que je me suis endormi alors qu'elle me parlait."
"C'est que tu en avais besoin."
Il me regarde, un peu inquiet et me demande :
"Tu crois qu'elle m'en voudra ?"
Je souris de voir Klaus inquiet des sentiments de Caroline. Cela montre à quel point il tient à elle et qu'il ne veut pas qu'elle s'éloigne. Je le rassure :
"Ne t'inquiète pas, elle ne t'en voudra pas. Elle sait que tu as besoin de sommeil au vu de ton état. Tu lui as parlé de la douleur et des vomissements ?"
Il regarde ses mains en me répondant :
"Non, je ne voulais pas l'inquiéter à ce sujet. Puis moins de personnes le savent, mieux c'est."
La dernière partie est seulement murmurée. Je sais qu'il a honte d'être aussi faible, même si ce n'est pas de sa faute. Il ne veut pas que les gens sachent à quel point il est vulnérable maintenant et je le comprends. En plus de sa fierté et de sa réputation qui en prendraient un coup, certains pourraient essayer d'en profiter pour le blesser lui ou l'enfant. Après je suis sûr que Caroline n'aurait rien dit à personne. Mais elle se serait certainement inquiétée encore plus pour mon frère.
Nous restons dans un silence confortable pendant quelques minutes, chacun perdu dans ses pensées. J'aimerais bien entrer dans la tête de mon petit frère pour voir à quoi il pense. Est-ce-qu'il envisage notre avenir avec le bébé ? Est-ce-qu'il imagine comment sa relation, avec une certaine jeune femme blonde, peut évoluer ? Est-ce-qu'il s'inquiète pour notre enfant ? Je ne le saurai sûrement jamais. Par contre, je vois qu'il se détend, je lui demande donc :
"Les médicaments commencent à agir ?"
"Oui, les crampes sont moins douloureuses."
Au moins, le médicament contre la douleur semble fonctionner. Reste à savoir si l'autre est aussi efficace. Je lui propose donc :
"Tu veux essayer de boire un peu de sang ?"
"Oui, je me sens beaucoup moins nauséeux. Je pense que je vais pouvoir le garder."
C'est une excellente nouvelle. Je lui tends son verre qu'il prend, avant de me demander :
"Tu ne prends pas un verre de sang ?"
"Je le ferai quand je serai sûr que tu ne vomis pas le tien."
Il prend une gorgée prudente et attend quelques secondes avant d'en prendre une autre. Et rapidement, il sirote son verre. Je lui conseille de boire lentement avant d'aller me chercher un peu de sang pour me nourrir aussi. Lorsque je reviens dans le salon, Niklaus a déjà commencé à reprendre des couleurs et ses cernes s'estompent peu à peu. Le sang fait effet. Je m'installe près de lui et j'envois rapidement un message à Keelin et Rebekah, pour les informer de cette bonne nouvelle. Il ne reste plus qu'à faire le stock de médicaments pour les 8 prochains mois et les choses devraient bien aller.
La soirée passe tranquillement. J'essaye d'en apprendre un peu plus sur Caroline, tandis que Niklaus me pose des questions sur le roman que je suis en train de lire. Le seul moment un peu tendu, est quand mon frère évoque le voyage que je devais faire avec Katherina. J'ai rapidement compris qu'il était inquiet que je parte malgré sa grossesse. J'ai essayé de le rassurer du mieux que je pouvais sur le fait que ce voyage n'était plus à l'ordre du jour, que nous ne partirons pas de si tôt et que ce n'était absolument pas de sa faute. Niklaus a tendance à se sentir coupable en ce moment et je ne veux pas en rajouter. Il doit être stressé le moins possible.
Finalement, je le vois lutter à nouveau contre le sommeil, sa tête à nouveau posée sur mon épaule. Il n'y a rien d'étonnant à ça. Il lui faudra encore plusieurs jours et un certain nombre de poches de sang pour qu'il récupère. Et puis, à ma connaissance, les grossesses fatiguent souvent. Je conseille donc mon petit frère :
"Tu devrais aller te coucher Niklaus."
"Je n'ai pas envie, j'en ai marre d'être allongé. Je me sentirai mieux après avoir bu un autre verre de sang."
Ses protestations me rassurent sur le fait qu'il aille mieux. Mais je ne peux pas céder, ça ne serait pas prudent pour lui de se nourrir à nouveau. Je lui explique :
"Ca ne serait pas très prudent de faire ça Niklaus. Tu as bu très peu de sang ces derniers temps. Tu risques de vomir si tu en bois beaucoup d'un seul coup."
Avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, je me lève et le prend dans mes bras pour le porter :
"Pas de protestation, c'est l'heure d'aller au lit."
Il se tait, signe qu'il est quand même très fatigué. Il pose sa tête sur mon épaule et il est presque endormi au moment où j'arrive dans sa chambre. Je l'aide à se préparer pour la nuit et à se coucher. Juste avant de quitter sa chambre, je lui dis :
"Je suis juste à côté si tu as besoin de moi cette nuit."
Seul son léger ronflement me répond.
