Jérémy se releva doucement après avoir rentré le couteau dans la chair de Castle. L'écrivain avait brisé sa chaise en bois dans sa chute et des échardes lui lacéraient les bras encore attachés dans son dos. La lame blanche avait ouvert une plaie sous ses côtes. La douleur l'empêchait de pouvoir réfléchir. Il ne savait plus rien et ne voulait plus rien savoir. Fauster resta près de la porte en menaçant Kate toujours assise sur sa chaise de son couteau. Cette dernière regardait Castle se tordre de douleur et devait faire quelque chose. Pour la première fois de sa vie, elle supplia.
- Détache-moi ordure ! Laisse-moi m'occuper de lui, compresser la plaie. Laisse-moi !
Encore une fois, Castle avait contre carré les plans de Fauster. Il voulait que l'écrivain souffre en regardant Kate mourir.
- T'as gagné, je vais te détacher. Juste pour que tu puisses le regarder s'éteindre dans tes bras. J'aurais aimé que ce soit l'inverse. Il mériterait ça.
- Mais qu'a-t-il fait bon sang ?
- Son charisme et sa prestance l'ont tué.
Jérémy s'approcha doucement de Kate et lui découpa ses liens à l'aide du couteau. Elle voulait se débarrasser de lui, elle le devait. Une fois que ses mains furent libres, elle agit rapidement, plus instinctivement que Fauster et se jeta sur lui. Dans leur chute, elle enchaîna comme son entraînement lui avait appris. Elle le désarma en frappant violemment son bras, faisant voler le couteau plus loin. L'homme était plus fort qu'elle mais sa technique lui permettait de garder le dessus. Elle lui tint les bras en tentant de le maintenir au sol. Kate tenta une prise pour qu'il ne puisse plus bouger, mais sa main ripa au moment où elle voulut lui retourner le bras et il réussit à se dégager d'elle. Il se releva légèrement avant elle et se jeta sur le couteau. Il semblait persuadé de pouvoir attraper l'arme avant elle. Mais, il la connaissait trop peu et ce fut une Kate Beckett, couteau à la main, qui le repoussa violemment contre le mur. De son bras gauche, elle le plaqua alors que sa main droite tenait fermement le couteau très proche de sa gorge. Le meurtrier déglutit en sentant la lame prête à l'égorger. Il lut dans les yeux de Beckett qu'il avait dépassé les bornes et qu'elle pouvait à tout instant le saigner. La colère dans ses yeux verts montra une certaine détermination à en finir. Elle oublia son rôle de flic, ses responsabilités. Elle ne pensa qu'à se débarrasser de cet homme qui avait enfoncé un couteau dans le corps de Castle. Sans parler du fait qu'il avait engagé des tueurs à ses trousses. Elle ne lui dit qu'une seule phrase.
- Donne-moi une seule raison de ne pas t'égorger.
Elle perdait le contrôle. Elle le sentait. Sa main droite se crispa encore plus sur l'arme. Plus rien n'existait autour d'eux. Juste une accumulation de fatigue, de stress et une volonté de vengeance qui l'animait. Elle pouvait jurer vouloir le faire. Elle entendit à peine le bruit sourd d'une porte s'ouvrant à la volée ou encore des flics investir la pièce en hurlant NYPD. Elle sentit juste une main se poser sur son épaule avec une voix familière à l'accent légèrement espagnol.
- C'est bon, Kate. On s'en occupe maintenant.
Elle lança un dernier regard rempli de haine à Fauster avant de lâcher le couteau. Elle reprit doucement le contrôle de elle-même et une seule chose vint à son esprit : Castle !
Les antis-douleurs aidèrent beaucoup alors que Castle était allongé dans l'ambulance. Mais, il ne voulait pas se laisser partir. Il souhaitait pouvoir encore la regarder, sentir ses mains liées à celles de Kate. Elle semblait pensive, assise à côté de lui, alors qu'un ambulancier tentait de compresser la plaie. Il attira son attention en gémissant légèrement. Presque automatiquement, un regard inquiet se posa sur lui.
- Ca va aller, Rick.
- Il faut que je te dise quelque chose avant.
Elle hésita mais finit par se pencher pour qu'elle seule puisse entendre son aveu.
- Mon écran, à mon bureau, n'a pas de problème d'électricité. Je veux dire, il…
Il marqua une pause en tentant d'oublier la douleur.
- Il contient des informations sur le meurtre de ta mère. J'ai été plus loin dans l'enquête. J'ai même rencontré un homme proche du meurtrier de ta mère. Je t'ai menti pour te protéger, tu restais à l'abri si je t'empêchais de creuser encore plus. Je suis désolé mais tu devais le savoir. Tu as tout sur mon écran tactile. Tu comprendras. Pardonne-moi.
Elle se releva doucement en tentant d'assimiler ce qu'il venait de lui dire. Elle ne comprit pas tout et pour une fois, elle ne souhaitait pas plus comprendre. Il devait juste vivre. Elle le regarda droit dans les yeux en lui souriant légèrement. Son secret enfin dévoilé, il pouvait se laisser aller et tomba dans les pommes. En espérant qu'il soit encore un peu conscient, elle se pencha et colla son front sur le côté de son visage, sa bouche proche de son oreille et elle chuchota.
- La fusillade, je me souviens de tout. Et,… Moi aussi, je t'aime Rick.
Beckett marchait de long en large derrière le miroir sans tain. Alors que Ryan et Espo interrogeaient Fauster, elle se retenait de ne pas entrer dans la salle et exploser le nez du suspect sur la table. Ses vêtements sales ne la gênaient pas et elle avait refusé qu'on lui recouse la joue à l'hôpital. Du sang séché indiquait où la lame avait marqué sa chair. Gates avait interdit Kate de s'occuper de l'interrogatoire. Pourtant, elle voulait pouvoir se défouler et avoir des explications. Heureusement pour son capitaine, elle faisait suffisamment confiance à ses deux collègues pour se retenir d'entrer.
L'irlandais, assis face au suspect, souriait légèrement en lui posant une question de plus.
- Quoi qu'il arrive, vous passerez par la case prison. Vous avez pris en otage l'un de nos détectives. Vous pouvez au moins nous expliquer pourquoi s'être acharné sur Richard Castle. On peut aussi prouver que vous êtes le commanditaire du contrat sur sa tête. Tout comme celui sur Jane.
Jérémy regarda droit dans les yeux de Ryan avant de répondre.
- Même si je vais en prison, d'autres auront la peau de Castle. Il est tellement imbu de sa personne et au-dessus des autres. Il créé de la haine envers lui. Il ne mérite pas sa popularité. Il est devenu comme toutes ces stars brassant des millions pour finalement devenir des êtres détestables.
- C'est juste une question de jalousie alors ?
Esposito l'avait vite compris comme ça. Jaloux de la richesse et réussite de Castle. Mais, Fauster enchaîna rapidement. Il n'avait plus rien à perdre.
- Il a détruit la seule chose qui maintenait mon oncle en vie! L'homme qui m'a intégré dans sa vie, m'a élevé comme son propre fils. Il m'aime même plus que son vrai fils. Lors de la première campagne de Robert Wheldon pour la Mairie, Richard Castle a organisé plusieurs meetings de soutien à son futur Maire. Il a mis des tonnes d'argent là-dedans. Il apparaissait partout pour montrer que Bob semblait bien pour diriger cette ville. Plus Castle faisait, plus mon oncle perdait des points dans les sondages et sombrait dans l'alcool. C'est tout ce qui restait à mon oncle. Il avait un but, une lueur d'espoir dans sa vie. Il aurait tout fait pour cette ville. Pendant la campagne, il pouvait presque oublier qu'il avait perdu l'amour de sa vie. Castle et Wheldon ont tout gâché. Et voilà qu'ils voulaient recommencer ça aux prochaines élections ? Non, je devais empêcher cela. J'ai d'abord coupé les ressources financières de sa campagne en tuant certains donateurs. Mais, il fallait aller plus loin. Je voulais que Bob perde face à mon oncle. Or, j'ai appris qu'en perdant LA personne de sa vie, on pouvait être détruit complètement. J'ai donc tué Jane. Et je voulais tuer Castle mais n'est-ce pas plus dur de continuer à vivre en sachant qu'on a perdu sa fille ou encore la femme qu'on aime ? C'est bien pour ça que j'ai voulu découper en petits morceaux la flic de Richard Castle. Et, j'espère que lorsque je serai en prison, je pourrai lire dans les gros titres que le célèbre et tant aimé Richard Castle a crevé d'un malheureux coup de couteau dans l'abdomen.
Fauster éclata de rire alors que Ryan conclut qu'il était simplement complètement malade et avait été transformé par les obstacles de la vie. Au moins, Espo se félicita de n'avoir eu aucun mal à recueillir des aveux. Par contre, les deux policiers n'eurent pas le temps de réagir lorsque la porte s'ouvrit à la volée et que Kate Beckett attrapa le Fauster par le col pour le coller contre le mur en le tenant fermement. L'adrénaline lui permettait de le retenir de force. Bizarrement, Fauster se laissa faire. Il souriait même. Kate serra les dents avant de parler. Elle ignora Ryan et Espo lui ordonnant de le lâcher.
- Tout ça pour une élection perdue ? Un oncle dépressif ? On va voir si tu continues à sourire, pourriture !
Elle lâcha son col que de sa main droite et la fit glisser à l'arrière de son dos. Elle attrapa son arme et lui colla le canon en l'enfonçant au niveau de la gorge. Jérémy respirait avec difficulté en sentant l'arme lui compresser la trachée.
- On rigole moins là, hein ?
Ryan lança un regard inquiet à Esposito mais pour le moment, ils ne préféraient pas intervenir. Fauster ne rigolait plus du tout et commença à s'inquiéter. Kate arma sa gâchette avec son pouce droit. Ryan réagit en premier.
- Kate. Lâche-le. Il n'en vaut pas la peine.
Esposito se rapprocha de Beckett et posa une main sur l'épaule tenant l'arme. Il exerça une certaine pression. Il ne voulait pas lui faire mal mais juste qu'elle sente qu'il interviendrait au besoin. Kate prit une inspiration plus forte et menaça Fauster d'un regard noir rempli de colère.
- S'il meurt, je viens te coller cette balle dans la tête.
Elle le relâcha enfin alors que Gates débarquait.
- Qu'est ce qu'il se passe, ici ?
Kate murmura un rien avant de désarmer sa gâchette et ranger son arme à l'arrière de sa ceinture. Elle passa devant Gates sans la regarder et sortit de la pièce avant d'appuyer sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Elle n'était pas prête de revenir au poste. Elle le savait. Pas sans lui, du moins.
