Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Deeble.

25. … et je pleurerai si je veux.

Pendant un bref, un merveilleux moment, il lui rendit ce baiser. Puis, elle coula ses bras contre lui, ce qui le repoussa contre la porte, et dès qu'elle sentit les muscles de son cou se raidir, elle sut d'instinct que quelque chose n'allait pas. Il s'écarta d'elle comme si elle était toxique.

« Ne me touchez pas ! » siffla-t-il. Il était sorti de la pièce avant qu'elle ne puisse trouver la moindre réponse à une exclamation si stupéfiante.

Ses jambes cédèrent, et elle s'écroula par terre, à côté de ses cadeaux oubliés.

Comment est-ce qu'elle avait pu se méprendre à ce point à son sujet ? Elle avait été certaine – aussi certaine qu'on puisse l'être au sujet de Snape – qu'il réagirait favorablement. De toute évidence, non. Ha ha, se moqua la raison, se relevant de son lit de mort comme le phénix renaît de ses cendres. Tu aurais dû m'écouter.

Hermione resta assise par terre pendant un long moment, désespérément embarrassée – et, de façon embarrassante, désespérée, parce qu'une partie d'elle-même voulait toujours de lui. Elle fixa la porte jusqu'à ce que ses yeux s'emplissent de larmes. Elle entendait ses mots blessants encore et encore, au point que ses oreilles bourdonnent. Le souvenir de la bouche de Snape contre la sienne jouait des tours à son esprit, elle avait les lèvres brûlantes. Elle était bien trop accablée pour se concentrer sur ce qui avait mené à ce baiser, ou elle se serait peut-être demandée si sa fuite n'était pas la conséquence et le contrat non signé, la cause.

Finalement, épuisée, elle se déshabilla, enfila le tee-shirt 'Je suis folle' avec un rire légèrement hystérique, et s'écroula dans son lit.

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Snape monta les escalier en furie, sans rien voir de ce qu'il y avait devant lui. Elle voulait avoir le contrôle, il le voyait clairement maintenant. Elle avait du pouvoir sur lui, et elle refusait de le céder, préférant que leur relation soit déséquilibrée en sa faveur à elle. Toutes les choses chez elle qu'il avait trouvé de plus en plus attrayantes ces derniers jours passaient à l'arrière-plan alors qu'il se concentrait sur sa personnalité indomptable. Pourquoi est-ce qu'il n'y avait pas pensé plus tôt ? Même quand elle était élève elle n'aimait pas se plier à sa volonté ; bien sûr qu'elle sauterait sur une occasion de le faire plier lui. Il tremblait de désir contenu, et pour ça, il la haïssait.

Préoccupé qu'il était, il ne fit pas attention au fait surprenant qu'on voyait de la lumière filtrer sous la porte de sa chambre, et l'ouvrit brusquement – la seule raison pour laquelle un ex-Mangemort, ex-espion de l'Ordre se retrouva attaqué par surprise par deux plaisantins de 23 ans.

Fred lui sauta dessus le premier, renversant Snape au sol dans un craquement qui fut aussi douloureux que le son le laissa entendre. Il se remit assez rapidement, se débarrassant du jeune homme à l'aide de ses deux mains et d'un genou – essayer de se défendre par la Magie Vive était hors de question, ça lui prendrait bien trop longtemps pour servir à quoi que ce soit – mais George plongea immédiatement sur lui, le cognant sous le menton et renvoyant son crâne qui avait déjà donné cogner contre le plancher. Tout cela semblait très familier, se dit-il confusément alors qu'un des jumeaux – ou deux ? …toute la pièce semblait tourner – versait un liquide sans goût mais glacial contre sa langue.

Instantanément, il ne ressentit plus de douleur, ni de colère, ni aucune émotion du tout, ce qui confirma ses soupçons qu'ils lui avaient fait prendre du Véritasérum. Il avait déjà connu cette expérience auparavant, une fois – la preuve dont Dumbledore s'était prévalu devant l'Ordre pour les assurer que Snape espionnerait pour leur compte. Ça avait été une telle chance que Voldemort pense sa Légilimencie si invincible qu'il ne s'était jamais donné la peine de recourir à une potion qui pouvait réellement forcer n'importe qui à dire la vérité.

« Qu'est-ce que vous faites avec Hermione ? » cracha Fred.

« Rien, » répondit-il, sans émotion.

« Imbécile, bien sûr qu'il ne fait rien avec elle en ce moment – pose de meilleures questions ! » marmonna George.

« Bien, quelles sont vos intentions ? Pourquoi lui avez vous offert un apprentissage ? Pourquoi est-ce que vous étiez dans sa chambre ? »

Ce n'était pas la bonne façon d'interroger quelqu'un qui était sous les effets d'un sérum aussi puissant. Les réponses se bousculèrent rapidement, une douleur perçante le traversant tant qu'il n'avait pas répondu à toutes les questions.

« Je la désire » - « Je le savais ! » s'exclama Fred, triomphant – « mais je ne peux pas imaginer être avec elle tant que je suis dépendant d'elle ; si elle était mon apprentie, elle devrait m'obéir. Je suis allé dans sa chambre pour lui demander des réponses parce qu'elle a refusé de signer le contrat. Elle a dit qu'elle voulait garder nos rôles tels qu'ils étaient, et elle m'a embrassé. Je l'ai insultée et je suis parti. »

« Elle l'a embrassé ? » demanda George, les yeux écarquillés. « Je pensais qu'elle n'avait rien bu d'alcoolisé ce soir. »

Fred ne quittait pas Snape du regard, serrant et desserrant les poings comme par réflexe. « Alors comme ça vous voulez la contrôler ? C'est bien ça, espèce de cafard ? »

« Je refuse d'entrer dans une autre relation dans laquelle je n'aurais aucun pouvoir. »

« L'amour fait perdre tout pouvoir à un homme, idiot ! » dit Fred – il marqua une pause, l'air vaguement dégoûté. « Attendez, est-ce que vous l'aimez ? »

S'il n'avait pas été forcé par la magie à dire la vérité, Snape aurait froidement répondu qu'il l'abhorrait. Au lieu de ça, sa langue forma les mots, « Je ne sais pas. »

« Tu m'étonnes – il n'a probablement jamais aimé personne, » dit George entre ses dents.

« Beurk, mais qui voudrait être aimé par Snape ? » demanda Fred.

« Hermione l'a embrassé. »

« Ouais… » dit Fred, fronçant les sourcils, regardant l'homme drogué affalé sans élégance par terre. « Ouais – et ce serpent perfide l'a rejetée. Elle doit probablement avoir le cœur brisé, et c'est de sa faute. »

« T'es en train de dire que tu veux qu'il la drague ? »

« Non ! C'est une idée absolument atroce. Mais si pour une raison bizarre, elle tient à lui, je n'ai pas l'intention de me mettre en travers. Tu sais, je croyais qu'il essayait de profiter d'elle – je n'avais pas la moindre idée qu'en fait, elle était intéressée. »

« Snape, » dit George, se retournant vers lui, « qu'est-ce que vous comptez faire maintenant au sujet d'Hermione ? »

« Passer aussi peu de temps que possible avec elle. »

« Eh bien, tu as ta réponse, Fred. Ni fleurs ni petits cœurs pour ce couple. »

« Il va falloir qu'on lui dise, » dit-il, morose.

« Les mauvaises nouvelles peuvent attendre le matin. »

« Onest le matin. »

« Plus tard ce matin, alors. »

Ils relevèrent Snape à genoux, le traînèrent jusqu'au lit, et le hissèrent dessus.

« J'espère que tu feras des cauchemars, branleur, » lança Fred en éteignant la lumière.

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Hermione ne se réveilla pas avant que le déjeuner soit passé. Elle se sentait patraque et sonnée. Elle se traîna jusqu'à la cuisine, espérant ne pas y voir Snape aussi rapidement après s'être ridiculisée, et fut soulagée de la trouver déserte. Se préparant une tasse de thé bien fort, elle la sirota distraitement pendant quelques minutes jusqu'à ce que George vienne la rejoindre, l'air mal à l'aise.

« Je croyais que tu travaillais le jeudi, » dit-elle d'un ton monocorde.

« J'ai échangé avec Fred, » expliqua-t-il. Plus précisément, il avait perdu le tirage à pile ou face pour déterminer qui resterait à la maison pour lui parler. « Ecoute, on… euh… onadonnéduvéritasérumàsnapehiersoir. »

« Hein ? » demanda Hermione, louchant vers lui.

« Donné du Véritasérum à Snape hier soir, » répéta-t-il, laissant un peu d'espace entre chaque mot.

« Hein ? »

« On pensait qu'il te harcelait ou quelque chose – enfin, Fred le pensait, en fait, » ajouta-t-il, sur la défensive. « Alors on lui a fait le même coup qu'il avait fait à Malefoy. Et on s'est dit que tu devrais savoir ce qu'il avait dit pendant qu'il était drogué. »

Il marqua une pause, fixant le réfrigérateur comme s'il était absolument fascinant. « Il t'a offert l'apprentissage afin d'avoir le contrôle. Il avait prévu d'entamer une relation avec toi après que tu aies signé. »

Ne l'entendant pas répondre, il tourna la tête. Elle regardait dans le vide avec une grimace amère.

« Hé, Hermione ? »

« Voilà ce que je récolte, » dit-elle, apparemment furieuse, « pour avoir seulement pensé qu'un ancien Mangemort pourrait faire un petit ami convenable. »

« Il a rejoint l'Ordre, » avança George, sans savoir vraiment pourquoi il le défendait.

« Mais il avait choisi Voldemort avant. Bien sûr, c'est quasiment gravé en lui de vouloir du pouvoir sur tout le monde. De toutes les choses méprisables, dégoûtantes, atroces… »

« En fait, il n'a jamais dit qu'il voulait avoir le pouvoir sur toi, » admit le rouquin. « Il a dit qu'il ne voulait pas d'une autre relation dans laquelle il n'aurait aucun pouvoir. »

« De toute évidence, il voit ça comme une question de tout ou rien, » cracha-t-elle. « Comment est-ce qu'il peut croire que j'ai du pouvoir sur lui ? Est-ce que je lui demande de faire quoi que ce soit ? Est-ce qu'il écoute un seul mot de ce que je dis ? C'est lui qui me siffle des ordres à chaque fois que je vais faire un tour dans le Londres sorcier. Quel type détestable, détestable ! »

Elle sortit de la cuisine en trombe. Un moment plus tard, il entendit la porte de sa chambre claquer.

« La prochaine fois que Fred a un plan, il n'aura qu'à s'en occuper tout seul, » marmonna George.


Notes originales de l'auteur :

'Elle voulait avoir le contrôle, il le voyait clairement maintenant.' Le problème majeur des romances entre Gryffondors et Serpentards – ils parlent des langages différents mais ne s'en rendent pas compte.

'Qui voudrait être aimé par Snape ?' Une paraphrase du commentaire démoralisant de J. K. Rowling, évidemment. Points pour votre maison si vous lui avez écrit une lettre disant « Moi, moi ! »