Bonjour tout le monde !

Non je ne suis pas morte... Mille fois désolée pour le retard, je me demande si je n'ai pas battu mon record, cette fois-ci...

Enfin, voilà enfin le chapitre 24...

Merci beaucoup de me lire, pour vos reviews, vos compliments, vos remarques pertinantes, vos critiques...

Guest : je n'avais pas du tout calculé comme ça, et les informations que j'avais trouvées devaient donc être fausses... dsl... il est cependant trop tard pour changer cela... :-/

Chibi-Lill : merci beaucoup ! contente que les personnages te plaisent, ta review m'a vraiment fait plaisir ! il est toujours très dur de créer des personnages avec des caractères différents et vrais... je suis contente d'avoir apparemment réussi ! :-)

Hermidark : je vais essayer de faire durer moins longtemps l'attente... promis

JusteUneFan : ah bon, Minerva McGonagall comme ça ? je l'imaginais plutôt studieuse, un peu comme Hermione, mais en moins Je-Sais-Tout. ;-) et contente que tu ne pourras pas t'imaginer Ted Tonks autrement : pour moi c'est une preuve que j'ai réussi mon personnage ! :-D

Zelande : tu n'es pas la première à vouloir discuter avec Vic ;-)

Merci aussi à xxShimyxx et IlEstTempsD'EtreIvre (original comme pseudo ;-) )

Bonne Lecture !

Chapitre 24

Andromeda resta un moment immobile sur les quais, ne sachant que faire. Narcissa était déjà partie devant, ayant eu assez d'attendre que sa sœur se décide à bouger. La jeune fille brune parcourait la foule du regard, ses yeux se posant sur chaque Moldu qu'elle croisait. Elle redoutait de se retrouver face à Ted. Comment devait-elle agir ? Que devait-elle lui dire ?

Elle sursauta brusquement lorsque quelqu'un lui donna une tape dans le dos. Elle se tourna vivement et sourit.

- Salut Andro !

- Salut, Myriam ! Matthews…

- Tu peux m'appeler Kenny, maintenant, tu as déjà oublié ?

Andromeda haussa les épaules. Elle avait beaucoup de mal à appeler le Poufsouffle par son prénom.

- Vous êtes venus ensembles, à ce que je vois, dit-elle tandis que les trois amis prenaient la direction de leur quai.

- J'ai dormi chez lui hier.

- J'ai cru que mes parents allaient faire une syncope…

- Pourquoi ? s'enquit Andromeda.

- Parce qu'ils n'étaient pas au courant que je sortais avec quelqu'un, et que Myriam s'est pointée chez moi comme si de rien n'était…

- Tu n'avais qu'à le leur dire ! Et puis, on s'était mis d'accord pour que je passe la nuit chez toi.

- Je m'en souviens pas, j'étais bourré !

- Alors, pourquoi tu ne me l'as pas dit quand je t'ai annoncé dans ma lettre que j'allais arriver vers dix-huit heures ?

- Parce que je pensais pas que tu allais rester dormir ! Je me disais que tu venais juste me rendre visite…

- Et tu comptais me présenter comment, à tes parents, alors ?

- Je croyais qu'ils allaient manger chez des amis.

Andromeda sourit. Décidément, qu'ils soient ensembles ou non, Myriam et Kenny allaient toujours continuer à autant se disputer.

Une fois sur le quai 9 ¾, ils montèrent dans le train et se choisirent un wagon vide, le plus éloigné possible des quartiers établis par les Serpentards en général. Andromeda mourrait d'envie de demander à Kenny s'il savait où était Ted, mais elle n'osa pas, rougissant à chaque fois qu'elle repensait au Poufsouffle. Alors elle se contentait de regarder sans cesse par la fenêtre, espérant le voir arriver. Elle le perçut enfin et son cœur battit plus vite.

- Ah ! Ted est là ! s'écria-t-elle sans se rendre compte.

- Eh, c'est injuste, moi tu n'arrives pas à m'appeler par mon prénom, mais Ted, aucun problème, dit Kenny avec un sourire moqueur.

Andromeda rougit instantanément.

- J'aimerais bien savoir ce qui a pu se passer au nouvel an pour que tu rougisses à ce point, railla Myriam.

- Mais rien du tout !

- Bonjour, bonjour, tout le monde !

Ils se tournèrent en même temps vers le nouveau venu qui, à la grande déception d'Andromeda, n'était que Vic.

- Bonjour, bonjour, toi-même ! répondit Myriam tandis que ses deux amis se renfrognaient.

- Eh bien, quel accueil, dit Vic en s'installant à côté d'Andromeda. Déçue, tu attendais quelqu'un d'autre ?

La jeune fille lui lança un regard noir, ce qui le fit ricaner. Mais il n'eut pas le temps d'ajouter quelque chose, car la porte s'ouvrit à nouveau, laissant cette fois passer le Poufsouffle tant attendu. Le regard de celui-ci se posa sur Andromeda et un large sourire fendit son visage.

- Salut !

Tous lui répondirent, à l'exception de la Serpentard brune, qui se contenta de rougir légèrement. Elle se maudit elle-même et eut presque envie de se donner des tapes sur les joues pour se reprendre. Ted prit place à côté de Kenny et posa son regard sur la jeune fille.

Les questions habituelles fusèrent, qu'avez-vous fait pendant le reste des vacances, quelles anecdotes vous avez à raconter... Soudain Ted demanda :

- Au fait, Andromeda, comment ça s'est passé avec tes parents alors ?

La jeune fille dut faire un effort pour calmer son cœur, surprise par l'attention brusque du Poufsouffle.

- Oh… Mon père ne m'a pas parlé des vacances, quant à ma mère, elle m'a servi une bonne dose de moral et m'a forcée à aller voir madame Malefoy pour m'excuser. Je n'ai pas pu sortir une seule fois, ni même envoyer du courrier. Techniquement, je suis encore punie, d'ailleurs.

- Ils sont vraiment stricts, pas vrai ?

- Ça aurait pu être pire… marmonna la jeune fille, en se rappelant de quelle façon sa tante punissait Sirius.

Heureusement pour elle, sa mère n'approuvait pas les punitions physiques. Elle détestait l'idée de toucher aux corps de ses enfants dans le but de leur faire du mal, quant à son père cela ne lui aurait posé aucun soucis s'il s'était agi de garçons, mais puisqu'il n'avait eu que des filles, il s'y abstenait et laissait de toute façon toute l'éducation aux soins de sa femme. Dans un certain sens, Andromeda n'était pas à plaindre. Son foyer manquait certes de chaleur humaine, mais elle et ses sœurs avaient toujours été traitées de manière égale et avaient toujours eu tout ce dont elles avaient besoin.

Le trajet se passa dans la bonne humeur. Les regards d'Andromeda et de Ted se croisèrent souvent pour se détourner aussi rapidement, bien que parfois les deux adolescents les laissent volontiers traîner plus longtemps l'un sur l'autre. Bien sûr, cela ne passa pas inaperçu pour leurs trois compagnons de voyage, qui se lançaient sans cesse des sourires et des regards entendus. Malheureusement, au bout d'une heure Ted s'excusa auprès de ses amis et les quitta, devant rejoindre O'Reilly. Cela jeta un froid sur la bonne humeur d'Andromeda, et ses trois amis la regardèrent avec compassion.

- Ne t'inquiète, dit Kenny, brisant le silence qui avait suivi le départ du Poufsouffle. En ce moment, ça ne va pas super bien entre eux.

- Tu as des infos intéressantes à nous fournir ? demanda Vic.

Le garçon haussa les épaules.

- Je pense que c'est plutôt évident, non ? Ted commence à s'éloigner d'elle, et elle le sait. Du coup, elle se montre assez jalouse ces derniers temps.

- Tu entends, Andro ? s'exclama Myriam. C'est une bonne nouvelle pour toi, non ?

- Je n'ai pas envie d'y penser.

- Andro…

- Je ne veux pas être déçue si jamais il ne se résout pas à la quitter.

Les trois amis se regardèrent. Les choses n'étaient décidément pas simples.

Le train arriva à la gare de Préaulard dans un sifflement strident. Les étudiants attrapèrent leurs valises et se dirigèrent vers les attelages dans un brouhaha étourdissant. Andromeda aperçut Ted en compagnie d'O'Reilly et des amis de celle-ci, et son cœur se serra. Ils se tenaient la main. Ils semblaient si heureux qu'il était difficile de croire qu'au Nouvel an, eux deux avaient été aussi proches. La Serpentard soupira et se dirigea vers l'attelage que ses amis avaient choisi. Ils y furent rejoints par Norman et Ackerley, tout heureux de les retrouver et de constater que Myriam et Kenny sortaient enfin ensembles.

- Vous en avez mis du temps ! s'exclama Ackerley.

- Eh, le môme, quand tu auras notre âge on en reparlera ! répondit Kenny sous les rires de Myriam et Vic.

- On est trop jeune pour avoir des petites amies, dit sérieusement Norman.

- Toi, c'est sûr que tu vas avoir du mal à t'en trouver une, constata Vic. Si tu ne veux pas finir ta scolarité puceau, il faut tout de suite que tu laisses tomber le style intello. Crois-moi, ça ne va pas aider à provoquer leurs fantasmes.

- Vic, c'est pas quelque chose à dire à un gamin de onze ans, s'amusa Myriam.

- Bien sûr que si, il faut commencer très tôt ! C'est pour leur bien.

- Parce que vous avez tous déjà fait l'amour ? interrogea Ackerley avec scepticisme.

- Bien sûr ! répliquèrent simultanément Vic et Myriam.

Devant le silence de leurs deux amis ils sourirent.

- Mais bon, certains sont plus doués que d'autres, se moqua Vic.

- Je ne suis plus puceau, rétorqua Kenny.

- Ah oui ?

Le Poufsouffle lança un regard noir à sa petite amie qui lui répondit avec un grand sourire.

- Et qui a été l'heureuse élue, alors ? questionna le Préfet-en-Chef.

- Peut-être que c'est le genre de sujet à éviter devant la nouvelle petite copine ? suggéra Norman.

- Ah mais non, ça m'intéresse, moi !

- En tout cas, j'en déduis que vous ne l'avez pas encore fait… à moins que… Myriam, c'est toi, n'est-ce pas ?

La jeune fille éclata de rire.

- J'en étais sûr ! s'exclama à nouveau Vic.

- Allez vous faire voir ! s'énerva Kenny.

Myriam, toujours en riant, l'attrapa gentiment dans ses bras et déposa un baiser sur la joue, ce qui sembla calmer le Poufsouffle.

- Et alors, Myriam ? A-t-il été un bon élève ?

- Vous avez fait vite, constata Andromeda.

- Comment le sais-tu ? fit mine de s'étonner Vic. Tu étais présente ?

- Je voulais dire qu'ils ont été rapides pour coucher ensemble…

- Si vous voulez tout savoir, il a été génial.

- Tu n'es pas obligée d'en rajouter non plus.

- La ferme, Loversen !

Vic fit un clin d'œil au Poufsouffle.

- Mais au fait, et vous ? interrogea brusquement Ackerley. Vous êtes sortis ensemble, après tout. Vous l'avez fait ?

Myriam et Vic se jetèrent un regard, ce qui ne plut pas à Kenny.

- Vous l'aviez fait ? il demanda.

- Quelques fois, seulement, répondit Vic, tentant de dédramatiser la chose.

- Le résultat est le même, répliqua Myriam. On sortait ensemble, peut-être pour du faux, mais l'un n'empêche pas l'autre.

- Myriam… murmura Andromeda sur un ton de reproche.

Mais il était trop tard.

- Effectivement, le résultat est le même ! s'emporta Kenny. Et dire que j'avais oublié ce détail…

- Oublier ? Oh, je t'en prie ! Dès que Vic est là ou qu'on l'évoque, tu fais la gueule !

- J'ai mes raisons !

- Elles sont stupides !

- Tu m'as fait croire que tu sortais avec lui juste pour me rendre jaloux, au lieu de venir tout simplement me parler !

- Eh dis donc, tu n'es pas super bien placé pour me reprocher ça ! On ne peut pas vraiment dire que tu as fait mieux que moi !

- Mais moi, au moins, je n'ai rien fait pour te blesser personnellement !

- Je te signale qu'au début on faisait vraiment semblant ! Pas de raisons d'en faire tout un cirque ! Tu veux que je te rappelle ce qui s'est passé pour que je sois réellement dans ses bras ?

- Du calme, les jeunes, du calme, tenta de les apaiser Vic.

- La ferme !s'exclamèrent en même temps la Serpentard et le Poufsouffle.

- Tu as vraiment foutu la merde, Ackerley, remarqua Andromeda.

Le Serdaigle haussa les épaules, signifiant qu'il s'en moquait royalement. Norman poussa un soupir.

- Ce n'est pas la première fois, dit-il.

La dispute se termina par Kenny qui quitta le compartiment furieux. Myriam n'ouvrit du coup plus la bouche de tout le reste du trajet, et dès que l'attelage arriva au château, les deux Serdaigles s'éclipsèrent, avant que la blonde ne s'en prenne à eux.

Le repas sembla durer une éternité pour Andromeda, qui n'arrivait pas à s'empêcher de regarder vers la table des Poufsouffles où Ted et O'Reilly étaient assis l'un à côté de l'autre. Le comportement maussade de Myriam ne l'aidait pas, et Vic avait brusquement disparu, semblant préférer éviter la compagnie de la blonde pour la soirée. Andromeda poussa un soupir discret et son regard croisa celui de Belveder à quelques places de là. Il lui fit un léger signe de tête auquel elle répondit.

A la fin du repas, n'en pouvant plus de voir Myriam faire la tête, la jeune Black se leva et se dirigea vers les Poufsouffles, ignorant les regards froids ou inquisiteurs des autres élèves.

- Matthews ! s'exclama-t-elle. Je ne suis pas à ta place, je ne sais pas ce que tu as pu ressentir, mais tu ne crois pas que ton comportement est exagéré ?

- Pardon... ?

- Oui ils ont couché ensemble, oui elle a complètement foiré toute cette histoire, mais Merlin, ça appartient au passé ! Il n'y a rien eu de sérieux, en plus, entre eux ! Alors, soit tu te décides à laisser ça derrière, soit tu peux lui dire adieux, car elle risque bien de recommencer ses conneries, et tu le sais aussi bien que moi !

- Andromeda Black ! s'exclama Myriam.

- Sur ce, bonne fin de soirée !

La Serpentard croisa le regard amusé de Ted avant de tourner les talons et de s'éloigner. Avant de quitter la grande salle elle se retourna néanmoins et vit que ses deux amis parlaient calmement ensemble. Elle sourit et se dirigea vers les donjons. Dans la salle commune Vic était étalé de tout son long sur un des sofas, ignorant les regards noirs des autres élèves. Elle s'approcha de lui et s'installa sur un fauteuil.

- Tu n'as pas des devoirs de Préfet-en-Chef à accomplir, toi ?

- Ah ? Je ne dois pas être au courant, dans ce cas.

- Pauvre Glaystone, murmura la jeune fille en souriant.

- Ne t'inquiète pas pour elle, elle a l'habitude maintenant.

« Quand bien même », pensa-t-elle.

- Je constate que Myriam n'est pas avec toi. Elle s'est décidée à aller parler à Kenny ?

- Ah oui, tiens, maintenant que tu en parles, merci de m'avoir lâchement abandonnée au repas.

- Que veux-tu, je sentais que ça allait me retomber dessus, alors j'ai préféré protéger mes arrières.

- Bien sûr… Sinon, pour répondre à ta question, disons que je les ai un peu forcés à se parler.

Le garçon eut un sourire.

- Il va falloir être souvent derrière eux, je pense.

La jeune fille hocha positivement la tête. Leur relation promettait d'être bien houleuse, et ça la fatiguait déjà. Mais elle devait bien ça à Myriam, qui avait toujours été là pour la soutenir… Ou presque, mais la plupart du temps elle savait qu'elle pouvait compter sur elle.

- Et en ce qui concerne Ted ? Tu vas faire quoi ?

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? C'est à lui de prendre sa décision.

- Il ne peut pas prendre une décision s'il n'est pas sûr de tes sentiments.

Cette réponse prit la jeune fille au dépourvu. Elle n'avait pas pensé à ça.

- Mais je ne peux pas me confesser si je ne suis pas sûre que…

Elle s'interrompit.

- Que quoi ? insista Vic.

La jeune fille ne répondit pas.

- Andromeda, je mettrais ma main à couper que tu peux te confesser sans craindre de te faire rembarrer. Ted est amoureux de toi, et ce depuis un bon moment déjà. Il lui faudra peut-être du temps pour rompre avec Maggie, mais il le fera certainement plus vite s'il est sûr de ce que toi tu ressens.

- Mais… O'Reilly…

- C'est de toi dont il s'agit, pas d'elle. Tu veux oublier Ted ?

- Non, mais… Je culpabilise un peu pour elle. C'est vrai, me confesser alors que je sais qu'il a une copine…

- Tout le monde a le droit de se confesser. Que cette personne soit célibataire au moment de la confession, ce n'est pas aussi important, car si un couple est solide la confession n'y changera rien.

Il se tut un moment avant d'ajouter.

- Et ce n'est pas leur cas. Leur couple bat déjà de l'aile. Penses-tu que c'est bien pour elle de rester avec quelqu'un qui est attiré par une autre ? Si ce n'est pas toi, alors ce sera quelqu'un d'autre. A partir du moment où il tourne déjà autour de quelqu'un alors qu'il est toujours en couple, ce n'est qu'une question de temps pour que leur relation se termine.

Andromeda soupira. Ce qu'il disait était censé, elle devait bien l'admettre. O'Reilly devait elle-même s'en douter. Mais comment accepter cela tout en sachant qu'elle allait avoir le rôle de la méchante ? Elle devait déjà l'assumer malgré elle, puisque étant une Black tout le monde la voyait comme une stupide sang-pur pleine de préjugés. Elle n'avait décidément pas besoin d'avoir en plus la réputation d'une garce voleuse de petit copain.

Toutefois, leur conversation s'arrêta là, puisque Myriam arriva, un grand sourire aux lèvres.

- Je suppose que la réconciliation s'est bien passée ? s'enquit Vic.

La jeune fille lui donna une tape sur l'épaule.

- Où étais-tu, toi ?

- A la cuisine. Je suis allé saluer mes amis les Elfes.

- Et ils ont été contents de te revoir ?

- Pas autant que je l'espérais.

Les deux jeunes filles se regardèrent en souriant. Vic avait toujours tendance à faire tourner les pauvres créatures en bourrique quand il s'ennuyait un peu trop. Les trois amis discutèrent encore un peu, puis les filles laissèrent le jeune garçon seul pour aller dans leur dortoir. Rosier, Yaxley et McNair n'étaient pas encore là, ce qui les étonna.

- A ton avis, où peuvent-elles bien être ? demanda Andromeda. En général, elles sont toujours les premières au dortoir pour parler potins.

- Je ne sais pas. C'est vrai que c'est bizarre, elles ne sont pas du genre à rester hors du dortoir en-dehors des heures autorisées. Elles n'étaient pas dans la salle commune, en plus, il me semble ?

- Non. Il n'y avait pas grand-monde dans la salle commune… D'ailleurs, maintenant que j'y pense, c'est bizarre aussi, il n'est pas très tard pourtant.

Les deux filles se regardèrent, perplexes.

- Aurait-on raté quelque chose ? interrogea la blonde.

- Comme quoi ?

- Une réunion secrète entre Serpentards.

Andromeda haussa les épaules.

- Je m'en passerai, ce n'est pas grave.

- Ta sœur n'a pas parlé de quelque chose en particulier ?

- Non. On ne se parle plus beaucoup avec Narcissa ces derniers temps.

- Parce qu'avant, c'était le cas ?

- Beaucoup plus que maintenant, oui… Et beaucoup plus qu'avec Bellatrix.

- Etonnant, ça.

Andromeda ne répondit pas. Depuis l'accident avec Shacklebolt, Narcissa semblait plus distante avec elle. Pendant les vacances, elle lui avait même reproché d'avoir changé. Etait-ce si mal, pensait la jeune Serpentard ? Elle avait l'impression d'être de plus en plus elle-même ces derniers temps, mais elle avait conscience que ça allait à l'encontre des idéaux de sa famille. Cependant, ne valait-il mieux pas pour elle d'être celle dont elle avait envie d'être, si ça la rendait plus heureuse ? Elle n'avait pas de réponse à cela, car elle savait que si elle continuait dans cette voie-là, elle se mettrait toute sa famille à dos. Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de foncer dans le mur. Elle poussa un soupir. Elle aimait déjà beaucoup trop Ted pour reculer.

Ses pensées furent interrompues par Myriam qui sauta sur son lit.

- Et si on allait voir ?

- Pardon ?

- Voir où ils sont tous.

- J'ai une bien meilleure idée : on va rester ici et dormir.

- Oh, allez, Andro ! Pourquoi serait-on les seules à rester au dortoir à s'emmerder ?

- On ne s'emmerde pas. On dort.

- C'est ça, fous toi de moi. Bon, tu fais ce que tu veux, mais moi j'y vais.

Elle se leva et se dirigea vers la porte. Andromeda la regarda, puis l'imita, bien malgré elle. Qui savait dans quoi Myriam était capable de s'embarquer…

Elles descendirent jusqu'à la salle commune, qui était cette fois-ci complètement désertée.

- Je le sens quand même assez mal, chuchota Andromeda.

- Arrête, sois pas aussi froussarde. Que veux-tu qu'il nous arrive ? Une attaque surprise de nos chers camarades ?

- Une sanction disciplinaire pour avoir désobéi au couvre-feu ?

Myriam poussa un profond soupir mais décida d'ignorer son amie. Tandis qu'elle s'avançait vers la sortie, Andromeda la retint brusquement.

- Attends ! On peut peut-être se renseigner auprès de d'autres élèves ? Ils ne sont quand même pas tout hors de leurs dortoirs.

- Tu gâches toute l'initiative, là, j'espère que tu es au courant.

Ce fut au tour d'Andromeda d'ignorer son amie et elle se précipita vers le dortoir des 5ème année. Elle n'y trouva que trois jeunes filles.

- Excusez-moi, vous n'êtes pas cinq, normalement ?

Les jeunes élèves se regardèrent avec incrédulité, se demandant bien pourquoi Andromeda Black venait les voir pour poser cette question. Ce fut une petite rousse un peu ronde qui lui répondit enfin.

- Si. Pourquoi ?

- Elles sont où, les autres ?

Cette fois-ci on voyait très bien se peindre sur le visage des trois filles l'incompréhension totale.

- Pourquoi ? interrogea sèchement une petite brune aux cheveux bouclés.

- Les filles de notre dortoir ne sont pas rentrées. Et tout à l'heure, dans la salle commune, il n'y avait quasiment personne. On se demandait où ils avaient pu tous aller.

Les trois amies se regardèrent, et la brune répondit en haussant les épaules.

- Aucune idée. Elles étaient assez excités, mais comme on s'en fiche un peu, on n'y a pas prêté plus attention que ça.

Andromeda soupira légèrement. Elle remercia les jeunes filles et se dirigea vers le dortoir des quatrième année. L'opération ne fut pas plus fructueuse. Les deux élèves qui s'y trouvaient n'en savaient pas plus que les trois de cinquième année. Tandis qu'elle se dirigeait vers le dortoir des troisièmes année, elle fut stoppée par Myriam qui commençait à s'impatienter.

- Laisse tomber, Andromeda, tu vois bien que personne n'est au courant de quoi que ce soit !

- Mais ce n'est pas possible, enfin, il doit bien y avoir quelqu'un qui est au courant de quelque chose !

- Si c'est le cas, ce n'est pas chez les troisième année que tu trouveras, encore moins dans les deuxième année, et surtout pas en première !

Andromeda voulut répliquer, mais ne put y parvenir. Son amie avait raison. Il se passait visiblement quelque chose, et personne ne les avait invitées, et tous ceux qui avaient été écartés n'en savaient probablement pas plus qu'elles. Elle secoua la tête de découragement.

- Ma sœur est avec eux. Et je ne sais même pas où ni pourquoi ils se sont tous réunis.

- Attends, on ne sait pas non plus si ils se sont effectivement réunis.

- Myriam, ils sont tous absents le même jour, le même soir, au même moment. Ça n'est certainement pas une coïncidence !

- C'est vous qui faites tout ce raffut depuis tout à l'heure ?

Les deux amies sursautèrent et se retournèrent vers le nouveau venu.

- Terry ! s'exclama Andromeda, presque soulagée de le voir.

Elle se rembrunit soudainement, réalisant la situation. Ils ne s'étaient pas beaucoup parlés depuis la rupture, elle se sentait brusquement mal à l'aise.

- Tiens, Belveder, tu dois être au courant, toi. Sais-tu où sont donc passés tous nos autre camarades de notre noble maison ?

- A une noble réunion organisée par Berkley.

- Berkley ? Harold Berkley ? s'étonna Andromeda.

Berkley était un élève de septième année, issu d'une famille certes sang-pur mais ayant peu d'influence dans le monde sorcier. Il était bon élève, discret, assez solitaire… Et maintenant il tenait une réunion secrète ? Quelque chose ne tournait pas rond.

- Ce Berkley là, oui, continua Terry.

- Une réunion au sujet de quoi ? interrogea Myriam avec méfiance.

Le garçon haussa les épaules.

- Je ne sais pas trop, il a été assez vague sur les raisons de cette réunion. Mais ayant déjà discuté avec lui ou l'ayant entendu discuter avec d'autres, quelque chose me dit que ça avait à voir avec les théories pro sang pur.

Andromeda sentit une sueur froide lui parcourir le dos. Et Narcissa y était... ? Quelque part, ça n'avait sûrement rien d'étonnant, mais l'idée ne lui plaisait pas. Soudain, elle eut une autre pensée : personne ne lui en avait parlé, à elle, de cette réunion. Elle était une Black aussi pourtant…

Terry sembla lire dans ses pensées.

- Berkley a émis il n'y a pas longtemps des doutes sur toi, à cause de ta relation avec Hales et Loversen. Il y a aussi eu cette histoire avec Shacklebolt.

La jeune fille poussa un soupire.

- Combien de fois faudra-t-il que je répète qu'il n'y a rien eu entre lui et moi... ?

- Les autres s'en moquent, le fait est là : il y a eu des rumeurs à votre sujet, et on vous a déjà vu discuter ensemble après.

Andromeda leva les yeux au ciel, mais préféra ne rien ajouter.

- Et pourquoi tu n'y es pas, toi, à cette réunion ? demanda brusquement Myriam. A moins que je me trompe, tu es plutôt pro sang pur, toi aussi.

Terry lui jeta un regard noir.

- Eh bien, il se trouve que parce que je suis sorti avec Andromeda Black, je suis mis à l'écart… ou plutôt à l'épreuve.

- Parce que tu aurais voulu y assister ? demanda Andromeda d'une voix étouffée.

Le jeune garçon baissa brièvement les yeux avant de plonger son regard dans celui de la jeune fille.

- Je reste persuadé que l'avenir se trouve avec les gens qui pensent ainsi.

- L'avenir de quoi ? rétorqua Myriam. De l'honneur, du pouvoir, de l'argent ? Reviens sur Terre trente secondes, Belveder ! Il y a d'autres moyens d'avoir tout ça, et ils sont beaucoup plus honorables selon moi !

- Oui : selon toi. Mais selon bien d'autres sorciers qui ont le pouvoir dans notre société, ce n'est pas le cas.

- Mais… tu n'y crois plus trop, à ces théories, pourtant, si... ?

Le garçon lança un regard agacé vers Andromeda, mais il semblait également mal à l'aise.

- Bien que j'y accorde moins d'importance, je ne compte pas les réfuter si ça signifie devoir abandonner ce à quoi j'aspire.

Sur ces mots, il fit un bref signe de tête et se retourna pour remonter dans son dortoir. Myriam se précipita alors dans les escaliers menant au dortoir des septièmes années. Andromeda ne lui demanda pas ce qu'elle faisait, elle avait déjà une idée de la réponse, et elle la suivit donc.

Myriam ne prit pas la peine de frapper et entra brusquement dans le dortoir. Andromeda entendit la voix faussement outrée de Vic. Lorsqu'elle arriva à son tour à l'entrée, elle vit le Préfet-en-Chef assis par terre en train de jouer aux cartes avec un autre élève de sa promotion, dont le nom lui échappait.

- Vic, tu es au courant de cette réunion secrète ? demanda Myriam.

Le garçon haussa un sourcil.

- Quelle réunion secrète ?

- C'est pas vrai ! Si même toi, tu n'es pas courant, il y a vraiment du soucis à se faire !

Vic leva les bras en signe d'impuissance.

- Vraiment navré. Mais peut-être pouvez-vous m'expliquer ?

Andromeda s'en chargea.

- Quand on est montée dans notre dortoir, il n'y avait pas les trois autres pestes. Et visiblement, elles ne sont pas les seules à manquer à l'appel. Il doit manquer la moitié des élèves de Serpentard en ce moment.

Les deux garçons se regardèrent.

- D'après Belveder, ajouta Myriam, ce serait une réunion tenue par Berkley.

- Berkley ? s'exclama Vic. Là il doit y avoir une erreur.

- Pas tant que ça, répliqua son camarade. Berkley est intelligent, discret, solitaire, et calculateur. Il n'a peut-être pas tellement l'étoffe d'un chef, mais il peut faire un très bon bras droit.

- Bras droit de qui ? interrogea Myriam.

- Aucune idée, répondit-il en haussant les épaules.

- Et vous avez une idée sur quoi porte cette réunion ?

Les deux filles se regardèrent un instant avant qu'Andromeda ne réponde.

- Sur les théories pro sang pur.

- Et tu n'y as pas été invitée, toi ?

- Apparemment, je ne suis pas complètement digne de confiance.

- Ce qui n'est pas complètement faux dans la situation actuelle, ajouta Myriam.

Andromeda ne répondit pas.

- Presley y est sûrement, dit le camarade de Vic, en lançant une carte sur le sol.

- Sûrement ! On ira l'interroger demain, si vous voulez.

Myriam et Andromeda acquiescèrent. La jeune Black s'apprêtait à prendre congé, malheureusement son amie en décida autrement et s'installa avec les deux garçons, leur demandant ce à quoi ils jouaient. Andromeda poussa un soupire mais n'essaya même pas d'emporter la jeune blonde avec elle et elle l'imita donc, écoutant d'une oreille distraite les explications de Vic. Elles restèrent plus d'une heure dans le dortoir des garçons, puis lorsqu'elles entendirent du bruit dans la salle commune, elles s'éclipsèrent rapidement, sans pour autant arriver à échapper aux regards surpris des autres élèves de septième année.

Le lendemain matin, après le petit déjeuner, Vic alla chercher ses deux amies et les amenèrent à la bibliothèque. Là il les dirigea vers le fond de la grande pièce où ils trouvèrent Presley Smith avachi dans un fauteuil, un bouquin à la main. Celui-ci parut étonné de les voir s'approcher de lui.

- Déjà debout, Vic ? demanda-t-il.

Andromeda fut surprise qu'il appelle le Préfet-en-Chef par son prénom. Elle ne se souvenait pas l'avoir remarqué au Nouvel An. Mais après tout, si Vic l'avait invité ce soir-là, c'était qu'ils devaient quand même bien s'apprécier.

- On aimerait avoir quelques renseignements, et je pense que tu peux nous les apporter, dit le Préfet-en-Chef en s'installant à côté de son camarade. Les deux jeunes filles prirent place également sur les autres coussins.

- Laisse-moi deviner. La réunion d'hier soir ?

Vic hocha positivement la tête. Smith referma son livre.

- Berkley nous en a informés un peu avant les fêtes. Il avait une liste d'élèves à partir de la quatrième année et il a chargé quelques-uns d'entre nous de leur faire passer le mot.

- Dont toi ? dit Myriam.

Le Serpentard fit oui de la tête.

- Le mot d'ordre était que tous ceux qui n'étaient pas conviés ne devaient pas en savoir un traître mot. Evidemment, il y a eu quelques fuites, mais le secret a quand même été bien gardé.

- On nous a dit que cette réunion était au sujet des théories pro sang pur, dit Vic.

- Oui, en effet. Cependant, je pense que ce n'était qu'un avant-goût de ce qui pourrait suivre. Hier soir il a juste lancé le débat sur ce sujet, a pas mal expliqué son point de vue, que plusieurs ont approuvé, puis a promis une nouvelle réunion dans les mois à venir.

- Et il n'a pas parlé de ce fou furieux qui se proclame porte-voix des sangs purs ? demanda Myriam sèchement.

Smith parut réfléchir un instant, lorsque soudain son visage s'éclaira.

- Ah, oui, je vois de qui tu veux parler… Non, il n'en a pas parlé.

- Mais ça ne saurait tarder, murmura Vic. Ce n'est pas un hasard si Berkley a tenu cette réunion. Ce Voldemort recrute, tout le monde le sait, et évidemment quoi de mieux que de récupérer gentiment les élèves sortant de Poudlard ?

- Tu penses que Berkley a déjà été recruté... ? interrogea Andromeda, légèrement effrayée à l'idée que ce Voldemort ait pu s'introduire de cette manière à Poudlard.

- C'est tout à fait possible, lui répondit Smith. Berkley est un sang pur, mais sa famille n'est pas très influente, ce qui fait qu'elle pourrait très bien vouloir acquérir un peu plus d'importance dans notre société en passant par ce Voldemort. De plus Berkley est un excellent orateur. J'ai pu le constater hier. Il va sûrement arriver à en convaincre plus d'un de le rejoindre. Ce qui signifie qu'il est un atout précieux pour recruter ici, à Poudlard.

- Et toi ?

Il regarda Myriam avec un air assez méprisant.

- J'adhère déjà en partie à ces théories pro sang pur. Cependant, je refuse de prendre part à toute action de groupe.

- Mais tu as quand même l'intention de participer encore une fois à l'une de ces réunions, affirma Vic.

- Je suis curieux de voir comment ça va évoluer, comment Berkley va amener le sujet qui l'intéresse vraiment… Mais je risque aussi de vite m'en lasser. Entendre sans cesse « les Moldus sont nuls », « les Moldus nous sont inférieurs », « les Moldus sont vraiment stupides »…

- Ce n'est pas ce que tu avais l'air de penser de Roger Tonks au Nouvel An, le coupa Myriam.

- Je dois avouer que j'avais du mal à me dire qu'il était un Moldu. C'était bien la première fois que j'en rencontrais, après tout. Mais je continue de penser qu'on leur est quand même supérieur, de par notre magie. Bref… Pour te répondre, Vic, oui, je compte continuer à assister aux réunions de Berkley, du moins à la prochaine.

- On peut compter sur toi pour nous en parler ensuite ?

Smith réfléchit avant de répondre.

- Oui, je suppose. Je ne vois pas ce que ça pourrait me coûter, de toute façon. Maintenant, vous voudriez bien m'excuser, mais j'aimerais retourner à ma lecture.

Les trois amis se levèrent et quittèrent la bibliothèque. Sur le chemin du retour, ils ne dirent un mot, trop absorbés par ce que venait de leur apprendre Presley Smith. Andromeda ne pouvait y croire. Elle avait maintes fois entendu les théories pro sang pur, elle avait même déjà entendu parler de ce Voldemort chez elle, mais à son esprit Poudlard était le havre de paix où toutes ces affaires d'adultes n'étaient que des sujets de discussion entre élèves qui n'étaient pas réellement concernés par tout ça. Et voilà qu'Harold Berkley amenait les élèves à prendre parti, leur montrant qu'ils pouvaient être bien plus importants que de simples observateurs des actions des grands. Il pouvait même leur donner envie d'en être des participants, leur faire croire qu'ils pouvaient prendre part à la plus grande révolution que leur monde avait connu. Andromeda frissonna. Jusqu'où tout cela allait aller ? C'était la première fois qu'elle réalisait l'ampleur du drame qui se tramait. La première fois qu'elle comprenait le danger que Voldemort, et plus particulièrement toutes ces théories, représentait réellement.

Myriam l'observait du coin de l'œil. Elle avait compris depuis bien longtemps ce qui se passait avec ce Voldemort, et en avait discuté avec son père, l'ayant approuvé quand il disait que le Ministère avait beau le prendre pour un fou, il n'en restait pas moins dangereux. Mais elle n'avait jamais réalisé à quel point son amie pouvait être autant touchée par tout cela, de par sa famille. Elle soupira.

- N'y pense plus, Andromeda, dit-elle. Pour le moment, Berkley n'a juste fait que gonfler une rumeur déjà existante. On n'est même pas sûr qu'il agisse ainsi pour le compte de ce fou.

- Ne me dis pas quelque chose à laquelle tu ne crois pas, répliqua Andromeda.

Myriam ne trouva rien à répondre.

- Allez, les filles, haut les cœurs ! Berkley ne fait que réunir des élèves de Poudlard. Sur tous ceux qui assistent à ses réunions, combien vont passer à l'acte en sortant d'ici ? Pas tant que ça. En parler est une chose, agir en est une autre.

- Tu n'as pas tort.

- Mais est-ce qu'il en sera de même d'ici quelques années ? murmura Andromeda. Pour le moment, ce n'est peut-être qu'une rumeur, et peut-être que peu d'élèves se joindront à Voldemort en sortant de Poudlard. Mais si personne ne l'arrête d'ici là, qui nous dit que dans les années qui suivront, ils ne seront pas plus nombreux... ?

Vic et Myriam ne surent quoi répondre, et n'en eurent de toute façon pas l'occasion, car la jeune Black reprit.

- Depuis toute mon enfance, j'ai entendu parler de ces théories à tel point qu'ils font partie intégrante de ma personne. Ces théories sont… une habitude, une routine. En arrivant à Poudlard j'ai pris des distances avec elles, et encore plus en vous rencontrant, ainsi que… Ted. Mais… j'ai fini par croire que j'étais en sécurité. Que toutes ces théories n'étaient plus que… bavardages incessants. Des souvenirs.

Elle refoula ses larmes.

- Et voilà qu'elles prennent une toute autre tournure. Ce… Voldemort, les amène à Poudlard comme s'il s'agissait d'une vendetta. Et ma famille en est mêlée... !

- Ta famille a toujours été mêlée quand il s'agissait de théories sur la supériorité des sangs purs, dit Myriam avec douceur.

- Oui, mais cette fois-ci, les choses sont différentes. Voldemort est différent de tous ces autres sorciers qui ont prôné leur supériorité sur les Moldus. Il ne m'inspire aucune confiance…

- A nous non plus, affirma Vic.

- Et à plein d'autres personnes également, continua Andromeda. Au Ministère, qui plus est... !

- Calme toi, Andro, l'intima Myriam. Voldemort n'est encore qu'un petit pion dans ses propres projets, il sera bien arrêté quand il le faudra. Le Ministère ne le laissera pas devenir un plus grand danger qu'il ne l'est déjà.

- Sauf s'il se trouve des alliés dans le Ministère…

- Alors, dans ce cas, ceux-là seront également arrêtés. Le Ministère ne pourra jamais laisser ces fous agir comme ils le souhaitent, notre existence pourrait être révélée aux Moldus à cause d'eux !

Elle ne dit pas que le Ministère refusait cependant d'accorder la moindre réelle attention à Voldemort, ce qui était sans aucun doute un atout pour celui-ci, toutefois ses deux amis l'avaient très bien deviné aussi.

Andromeda passa la journée à y penser, si bien qu'en cette après-midi à la bibliothèque elle n'arrivait pas à se concentrer sur ses devoirs. Il en était de même pour Myriam, qui griffonnait d'un air absent sur son parchemin. Ted et Kenny les rejoignirent sans qu'elles ne les remarquent, et ils se lancèrent un regard surpris.

- Eh bien, il s'est passé quelque chose de grave pour que vous soyez aussi absentes ? demanda Ted en s'installant à côté d'Andromeda tandis que Kenny prenait place à côté de Myriam.

- Si tu savais, marmonna cette dernière.

- Vous pouvez peut-être nous expliquer ? s'enquit Kenny.

Myriam leur raconta donc tout, de la réunion d'hier soir tenue par Berkley, de leur supposition quant à son implication avec Voldemort. Elle parla rapidement de leurs doutes et craintes concernant l'avenir.

A la fin de son récit, les deux Poufsouffles ne dirent rien pendant quelques secondes, jusqu'à ce que Ted prenne la parole.

- Mais vous n'êtes pas sûres que Berkley ait rejoint ce… ce…

- Voldemort.

- Voldemort. Merci, Andromeda. Bref, vous n'êtes pas sûres de ça ?

- Non, répondit Myriam. Mais bon, on a de forts doutes sur cette éventualité.

- Oui, mais vous avez juste des doutes. Si ça se trouve, il a juste saisi l'opportunité pour montrer sa position sur le sujet.

- On sait que Voldemort recrute. Et Poudlard regorge de futures recrues potentielles.

- Ce n'est pas faux, mais rien ne vous dit que Berkley a été engagé dans ce but. Vous en faites tout un drame alors que pour le moment, vous n'êtes sûres de rien.

Andromeda fixait Ted sans bouger. Il était né-moldu, ne voyait-il donc pas qu'il était le premier à devoir s'en soucier ? Le garçon croisa son regard et eut une moue surprise.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.

- Tu devrais t'en soucier plus que ça, non ? Je veux dire… Après tout tu es un né-moldu…

- Et je suis encore qu'un élève de Poudlard. J'y suis en sécurité. Et rien ne nous dit que ce…

- Voldemort, l'aida Myriam.

- C'est ça… Sérieusement, il l'a trouvé où, ce nom à coucher dehors ?

Ses amis ricanèrent.

- D'ailleurs, maintenant que tu le fais remarquer… murmura Kenny d'un air absent. Andromeda, ce nom, ce n'est pas celui d'une famille ?

- Ah, non, pas du tout. Ou alors, je n'en ai jamais rencontré.

- Tu penses vraiment qu'il allait utiliser son vrai nom ? se moqua Myriam. Même s'il est persuadé de prôner les idées justes, il est quand même hors la loi.

- Et puis, c'est toujours plus classe d'avoir un surnom, approuva Ted.

- Ou alors… Il ne veut pas qu'on sache son véritable nom…

- Kenny, apprend nous quelque chose dont on ne se douterait pas déjà, soupira Myriam.

- Pourquoi il le cacherait ?

Ses amis le regardèrent avec une lassitude mêlée d'une certaine consternation. Le Poufsouffle haussa les épaules et attrapa un bouquin dans son sac, et tous se concentrèrent sur leur travail respectif.

Andromeda, elle, ne pouvait malgré tout s'empêcher de repenser aux propos de Kenny. Oui il était évident qu'il ne voulait pas que l'on sache qui il était. Mais pour quelles raisons ? La Serpentard soupira et se remit au travail. Peu importe quelle était la réponse. Ils auraient bien la réponse un jour.