Oula! il me paraît long ce chapitre, en tout cas j'ai mis du temps à le retaper, j'ai changé pas mal de passages inutiles par rapport à mes premiers brouillions. Je me demande comment mes lecteurs interprètent les différents sentiments des protagonistes. N'oubliez pas, je souhaite avant tout que mon récit entier se tienne et soit réaliste, tout en restant de la fantasy ( oui bon, réalisme et fantasy, ça ne va pas très bien ensemble, alors on va dire: cohérent), j'espère que je vais réussir.

Bonne lecture !

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Chapitre 25 : "Rhosghobel"

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L'escorte elfique avait guidé le fils de Trandhuil et ses deux compagnons vers l'ouest de la forêt noire. À plusieurs reprises durant le trajet, Legolas avait interrompu le convoi et s'était entretenu dans sa langue avec les hommes de son père.
Tous semblaient méfiants et ne cessaient de surveiller les alentours du cortège. Plusieurs fois, Lyna avait demandé ce qui pouvait bien les inquiéter mais elle s'était vu renflouer à chaque fois. Elle avait ensuite parlé de la chose à Gimli qui n'avait fait qu'hausser les épaules en prétendant que les elfes, surtout ceux vivant à Mirkwook étaient légèrement paranoïaques mais ni lui ni Lyna n'étaient dupes.
Le soir, une fois le campement installé et les gardes à leurs postes, le nain vint vers son ami qui fixait avec insistance l'obscurité les encerclant.

- Legolas, je sais qu'une chose autre que l'anneau te préoccupe depuis notre départ. Je l'ai vu tout de suite mais je n'ai pas insisté pour ne pas inquiéter notre nouvelle amie, fit-il en désignant discrètement du menton, Lyna qui brossait la crinière de Niphredil à quelques pas de là.

L'elfe se tourna vers son ami.

- Ne les as-tu point sentis ?
- Sentis ? Qui donc ?
- Des relents de souvenirs pas si lointains.
- Comment cela? fit le nain, les yeux grands ouverts.
- Nous sommes suivis depuis notre départ de Linhir, répondit le jeune homme, leur odeur ne t'est donc jamais parvenue aux narines ? Il esquissa un sourire- Je sais que ton odeur est bien forte elle aussi, mais tout de même !

Le petit homme grommela. Pourquoi tout le monde s'évertuait à lui faire remarquer que son odeur les incconvenait.

- Plus sérieusement, reprit l'elfe, n'as tu point flairé ces relents de chair en décomposition, ces créatures perfides, bruyantes et aussi diaboliques que repoussantes qui étaient légions il n'y encore pas si longtemps dans nos contrées envahies.
- Non !? s'exclama Gimli.

L'elfe hocha la tête.

- Mais comment est-ce possible ? Je croyais qu'ils avaient tous regagné leurs nids immondes et pourri dans cette terre maudite dont ils sont issus !
- Il semble que ce ne soit pas le cas, conclut gravement Legolas.

Gimli le dévisagea soudain avec une nouvelle expression, ressemblant fortement à un sourire.

- Où en étions-nous donc par ailleurs au niveau du comptage ?

Legolas surpris se détendit. Son ami ne perdait pas une occasion.

- Il me semblais bien en avoir une cinquantaine d'avance sur toi, répondit-il avec un rictus.
- Mensonges ! siffla le nain, je te suivais avec à peine cinq de différence !

Il se saisit de sa hache avec un sourire carnassier.

- Il me hâte de rééquilibrer les comptes !

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Quatre lunes plus tard, après avoir traversé les méandres de la jungle de Mirkwood, le groupe déboucha sur Rhosgobel, une grande clairière ou subsistaient les ruines d'une ancienne habitation construite à même l'énorme tronc d'un saule probablement maintes fois centenaire. Legolas arrêta son cheval et Gimli l'imita. Ils attachèrent leurs montures à un jeune arbre qui poussait non loin de là.

- Cherchez tout ce qui pourrait nous servir d'indice, ordonna le prince aux hommes de son père.

Les guerriers se répartirent sur toute la clairière. Le fils de Thranduil posa un genou à terre devant l'ancienne porte mangée par la mousse et le temps qui avait été à une époque lointaine, l'entrée de la bâtisse. Il fit glisser ses doigts le long du bois vermoulu et inspira longuement, les yeux clos.

- Il y a bien longtemps que le mage n'a remit les pieds ici, finit-il enfin par dire.

Gimli et Lyna s'étaient penchés à ses côtés.

- Penses-tu que nous pourrons trouver quelques indices concernant sa localisation ? s'enquit le nain.
- J'en doute, répondit l'elfe, mais ceux qui nous suivent ont peut-être leur avis sur la question !
- Je savais que nous étions suivis ! s'écria Lyna, bien qu'elle n'eut aucune idée de qui pouvait bien être sur leurs traces.

Legolas se redressa et se tourna vers eux.

- Je propose que nous les attendions innocemment et bien préparés ! Jusqu'à ce qu'ils nous trouvent pour pouvoir les interroger de nous-mêmes, ajouta-t-il avec un sourire presque sadique.

Il se dirigea alors vers les elfes de son père qui fouillaient toujours les alentours afin de s'entretenir avec eux. Ils allaient préparer et installer un campement pour accueillir leurs invités, et cette fois, ils n'étaient plus trois mais plus de dix, bien équipés et avec un plan.

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- Vous voulez que je serve d'appât !? s'écria Lyna ! mais vous êtes sans cœur ! bouda-t-elle.
- Écoute, lui parla clairement Legolas, si ces créatures nous suivent depuis Linhir, ce n'est pas une coïncidence, je ne les avais pas détectées avant ton arrivée.
- Ces créatures ? déglutit difficilement la jeune femme.
- Des orques, des gobelins, si tu préfères lança Gimli, désinvolte.
- Des or...orques ?! Vous êtes sérieux ? Vous voulez que je serve d'hameçon vivant à des monstres tout droit sortis d'une histoire d'horreur pour enfants ?

Elle se tourna vers l'elfe, furieuse.

- Et toi ? n'aurais-tu pas pu te tromper et ne pas les sentir avant ça ?!
- Impossible! répondit Legolas, mes sens ne me trompent jamais. Ces créatures en ont sûrement après l'anneau ce qui fait de toi leur cible prioritaire. Ces monstres ne sont pas des mythes, Gimli et moi en avons abattus des centaines pendant la guerre.
- Me voilà rassurée alors ! cingla Lyna.

Puis elle alla s'asseoir plus loin contre une vieille planche, emplie de colère, les bras croisés sur la poitrine.

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La nuit avait avancé, les guerriers de Thranduil, sous les ordres de Legolas avaient réduit leur surveillance, du moins le feignaient-ils. Ils avaient initié un grand feu de camp non loin de la vieille bicoque abandonnée et avaient placé Lyna plus réticente que jamais à l'intérieur de celle-ci.
Legolas l'avait laissée avec sa cape en guise de couverture mais la jeune femme ne l'avait même pas regardé. Celui-ci s'était contenté de laisser le vêtement bien en vue sur une vieille table avant de refermer la porte sans un mot.
La jeune femme frappa du pied dans un vieux chaudron. Elle se sentait, en colère, utilisée et abandonnée. Elle fit ensuite le tour des ruines dans le vieux tronc et y découvrit tout un tas de vieux ornements, pots de terre cuite et couverts cassés. Un éclat brillant attira son attention. Il s'agissait d'anciens morceaux de verre arrondis dans lequel elle aperçut son reflet.
Son visage était creusé par les cernes, elle avait particulièrement maigri depuis le début de son périple, elle qui n'était déjà pas bien grosse mais sa peau était plus nette que lorsqu'elle habitait Star City. Elle avait aussi pris une légère teinte rosée, surtout sur le nez et ses taches de rousseur apportaient encore un peu de couleurs à l'ensemble. Ses cheveux étaient toujours tirés en arrière comme l'avaient coiffée les elfes. Elle défit frénétiquement les tresses qui retenait sa chevelure et se frotta la tête de toutes ses forces en criant sa haine. Une fois sa fureur calmée, ses joues avaient revêtu un bel aspect pourpre et ses cheveux étaient tels la crinière d'un lion. Elle finit par s'enrouler dans la cape de l'elfe et s'endormi à même le sol.
Au dehors, Legolas et Gimli qui veillaient non loin, avait entendu la colère de leur amie.

- Sommes-nous obligés de la traiter ainsi ? demanda Gimli
- Je veux qu'elle puisse apprendre à ne compter que sur elle même et surtout à tempérer ses émotions.
- Elle est perdue Legolas. Elle n'est qu'une victime entrainée dans un tourbillon dont elle ne contrôle rien.
- Je le sais bien, et cela m'en fait mal au cœur autant qu'à toi mon ami. Mais ne sommes nous pas tous passés par là nous aussi ?

Gimli ne répondit pas et la nuit passa sans qu'aucun n'évènement ne se produise, laissant les deux compagnons sur leur faim.

...

Lyna émergea peu avant que le soleil ne soit à son point culminant dans le ciel. Quand elle mit pieds hors du vieil abri, il faisait grand soleil sur la clairière. Les chevaux broutaient paisiblement tandis que Legolas et Gimli se tenaient en cercle avec les soldats de Thranduil, visiblement en grand débat.
Toujours avec ce sentiment d'exclusion en travers de la gorge, la jeune femme saisit sa besace et la cape elfique puis se dirigea vers l'orée de la clairière.

- Où vas-tu ? fit une voix autoritaire.
- Faire un tour ! Cingla Lyna, ayant deviné à qui appartenait cette voix monocorde.
- Tu ne dois pas t'éloigner d'ici, pour ton bien, reprit legolas.
- Et toi tu dois me lâcher les baskets ! Je vais trouver une source d'eau, pour me laver ! Et si toi tu n'en as pas besoin car tu n'as même pas l'air d'un être vivant, sache que ce n'est pas mon cas !
- Toi qui voulait qu'elle se débrouille toute seule, voilà qu'elle a déjà commencé, ironisa Gimli.

Le jeune homme ne prit pas la peine de lui répondre.

- Très bien, mais dans ce cas, laisse moi te faire accompagner.
- Il y a une source par là, remarqua l'un des elfes armés en pointant le doigt en direction du sud.

Il se nommait Lenwë et semblait très jeune pour un guerrier.

- Je sais ! Je l'entends, fit Legolas d'un ton sec.

Puis il se tourna de nouveau vers Lyna.

- J'aurais préféré que tu ne te laves pas pour qu'on puisse te repérer plus facilement.
- Va au diable ! lui lança la jeune femme, bel esprit qu'ont ces elfes que mon amie respectaient tant ! Si elle avait su!

Elle bifurqua et emprunta seule la direction qu'avait désignée le soldat un instant fit signe à deux jeunes recrues de la suivre.

- Foutez moi la paix ! leur cria celle-ci de loin, retrouvant le vocabulaire de son époque.
- Madame, l'interpella Lenwë.
- Quoi encore ?
- C'est par là, fit-il timidement en indiquant le chemin opposé.

...

La rivière qui s'écoulait au cœur de la forêt était tiède et l'eau fut d'un grand réconfort pour Lyna. Un des deux elfes chargés de la surveiller lui avait apporté de quoi se sustenter après son bain -ordre du prince avait-il précisé- la jeune femme avait ignoré la nourriture.
Une fois après avoir congédié au loin les deux soldats, elle était entrée dans l'eau puis avait lavé et relavé tous ses vêtements avec l'eau claire de la source. Elle les avait ensuite étalés au soleil sur le bord du ruisseau pour les faire sécher. Elle nageait paresseusement depuis près d'une heure , laissant l'eau s'écouler entre tous ses membres endoloris puis dans ses cheveux crasseux. Elle joua ensuite avec les nénuphars qui baignaient dans l'eau avec elle. La jeune femme plongea une dernière fois et ressortit le visage, les cheveux en arrière, brillants dans les rayons du soleil qui reflétaient sur l'eau. Pour la première fois depuis qu'elle avait atterrit ici, elle se sentait merveilleusement décontractée. Quand elle remarqua la peau de ses doigts en train de flétrir à cause de l'humidité, elle s'extirpa de l'eau et se sécha à l'aide la cape elfique qu'elle jeta ensuite sans convention au pied d'un buisson. Elle se coiffa les cheveux avec la brosse qui reposait toujours sagement dans son sac et récupéra ses vêtements qui avaient déjà séchés. Elle avait à peine revêtu le tout que ses cheveux avaient déjà repris leur forme de touffe indomptable mêlée de boucles brillantes. Elle héla les deux jeunes elfes qui se tenaient de dos depuis le début de sa baignade, elle s'en était assurée tout du long.

- C'est bon ! J'ai fini ! je rentre !

Elle attrapa à la volée, la cape, le morceau de viande froide et les quelques fruits que lui avaient déposés les deux soldats -la nage lui avait ouvert l'appétit- et partit au devant. Au loin, sur une haute branche de peuplier, le prince de Mirkwood avait observé la scène les sourcils froncés. Pourquoi ne sentait-il plus l'odeur de leurs poursuivants ? Quand Lyna réintégra le camp, ce furent les elfes qui décidèrent de profiter de la baignade. Gimli déclina l'invitation.

- Je te la laisse, lui confia Legolas qui s'était hâté de revenir avant la jeune femme. Nous ne sommes plus suivis. Je n'ai aucune idée de comment ni pourquoi.

Puis le prince s'éloigna à la suite des siens.

- Tiens finalement, les elfes se lavent aussi ? railla Lyna en s'approchant de Gimli.
- Très fréquemment en fait, lui répondit le nain, bien plus d'une fois par semaine, acheva-t-il en frissonnant de dégoût.

Lyna regarda le petit homme. La peur de l'eau en ces époques reculées était donc bien réelle, du moins chez les nains et les humains.

- Je croyais que tout le monde était tendu car nous étions en train de préparer un piège. Est-ce que cela fait aussi parti du plan Gimli ? Es-tu devenu un appât toi aussi car tu sens plus mauvais que moi?

Le nain haussa les épaules mais ne répondit pas. L'après midi passa tranquillement sans que rien ne vienne perturber la tranquillité des environs. Les elfes avaient réintégré le camp, brillants comme des camions tous neufs. Legolas achevait de fixer ses dagues jumelles et son arc dans son dos quand soudain, tous ses sens furent en alerte. Les soldats de son père eurent la même réaction et furent sur leur garde en une fraction de seconde.

Lyna et Gimli qui s'amusaient à construire une pyramide à l'aide de petits bâtons furent surpris quand les elfes vinrent subitement se placer en rang devant eux, mains sur arcs et épées.

- Que ? fit Gimli en saisissant promptement sa hache.
- Quinze fit l'un.
- J'en compte treize, dit un autre.
- Ils approchent, préparez-vous, leur ordonna Legolas.

Treize seulement ? se demanda le prince. Et pourquoi ne sentait-il pas cette odeur nauséabonde et cette sensation désagréable de ténèbres pesant sur ses épaules.
Tous fixaient le même point à travers l'épaisse végétation de la forêt. Lyna recula derrière Gimli. Près d'un quart d'heure s'écoula. Soudain, ce furent des éclats de rires qui percèrent à travers les feuillages et parvinrent jusqu'à leurs oreilles.

- Je n'ai jamais entendu histoire aussi sotte de ma vie ! s'exclama une voix joyeuse.
- Tu n'es qu'un bébé ! Voilà pourquoi , répondit une autre voix qui parût étrangement familière à Legolas.

Le prince Elfe fit signe à ses hommes d'abaisser leurs armes. C'est alors que sortit de la pénombre, une petite troupe de cavaliers dont deux d'entre eux, minuscules, étaient montés sur des poneys. les chevaliers s'arrêtèrent net, la surprise se lisant sur leurs visage. Les deux groupes se fixèrent en silence plusieurs minutes qui parurent à Lyna une éternité et subitement, Legolas avança d'un pas.

- Je vois que l'amusement et le manque de discrétion sont toujours de nature !

Et il ouvrit les bras en souriant. Merry et Pippin restèrent interloqués un instant, ne parvenant pas à réaliser la présence de l'elfe qu'ils avaient sous les yeux.

- Le... Legolas ! S'exclama Pippin !
- Ahahahaha ! se mit à rire Merry.

Les deux hobbits sautèrent de leurs poneys à l'unisson et se ruèrent au pas de course vers leur ami, laissant les chevaliers d'Elessar sans voix. Les semi-hommes sautèrent sur Legolas qui tomba à la renverse en riant.

- Que faites-vous là mes amis ?!

Gimli qui venait à présent de se remettre de la surprise se dirigea en courant lourdement vers le trio à terre. Pippin l'aperçut.

- Merry ! Gimli est là aussi !

Mais le nain était déjà arrivé sur eux et les avaient soulevés dans ses bras, les serrant si fort qu'il aurait pu les broyer.

- Gimli ! on...ne peut plus respirer, murmura Pippin.
- Ho pardon, fit celui-ci en relâchant les deux cousins qui titubèrent un instant.

Lyna n'avait jamais vu Legolas si heureux, lui qui tirait toujours la tête en long et décochait rarement un sourire, voilà qu'il riait de bon cœur devant ces deux petites créatures à l'aspect fort sympathique. Soudain, derrière les chevaliers qui se tenaient alignés aux côtés des deux poneys des deux tous petits hommes, la jeune fille aperçut un cheval noir qui se tenait légèrement en retrait, montée par une dame élégamment vêtue d'une robe de velours bleue foncée. Elle se fraya un passage parmi le rang d'elfes qui lui bouchait la vue et passa au devant. Elle sentit sa gorge se serrer et les larmes monter à ses yeux. La jeune femme sur le cheval venait de l'apercevoir à son tour.

- Keren ! Hurla Lyna.

Elle se précipita en courant vers le cheval noir. La jeune femme vêtue de velours avait sauté à son tour de sa monture et s'était élancée à sa rencontre .

- Lynaaaaaaaaaa !

Les deux jeunes femmes atterrirent dans les bras l'une de l'autre, pleurant à chaudes larmes. Elles restèrent serrées l'une contre l'autre pendant un long moment, les épaules secouées par les sanglots, le visage dans le cou de l'autre.

- Je te croyais perdue ! pleura Keren qui fut la première à reprendre la parole.
- Et moi, je souhaitais de tout mon cœur que tu aies pu rester chez nous.
- Par les Dieux ! Comme tu m'as manquée !
- Tu m'as tellement manquée à moi aussi, fit Lyna en sanglotant si fort qu'elle tomba à genoux.

Keren se laisse tomber à son tour et enveloppa son amie de ses bras. Elles restèrent de nouveau ainsi pendant de longues secondes.

- Tu es devenue une véritable Lady, hoqueta Lyna.
- Et toi tu es devenue une véritable guerrière des bois ! Regarde toi !

Les deux jeunes femmes se mirent à rires alors que les larmes continuaient d'affluer sur leurs joues. Les deux hobbits qui venaient d'assister à la scène, s'essuyèrent les yeux du revers de leurs manches.

- Elle a retrouvé sa meilleure amie ! Enfin ! Je suis tellement ému, renifla Pippin.

Gimli qui se tenait en retrait tenta de cacher le fait que ses yeux s'étaient aussi emplis de larmes. Il feignit d'éternuer. Legolas qui regardait également la scène d'un air plus détaché, sentit quelque chose le traverser , quelque chose comparable à une main étreignant légèrement sa gorge le temps de quelques secondes. Lyna leur avait dit vrai, elle n'était pas venue seule et ces retrouvailles auraient pu briser le cœur d'un Balrog. Les deux jeunes femmes se redressèrent enfin, tandis que les chevaliers de Minas Tirith descendaient de leur monture et se rendaient à la rencontre des Elfes Sylvains. Lyna se tourna vers le petit groupe qui les regardait.

- Gimli, Legolas, je vous présente Keren, ma sœur de cœur.
- Pippin, Merry, fit Keren à son tour, voici Lyna, la plus insupportable et adorable amie que j'ai jamais eu, le dernier espoir qui m'a tenue en vie jusqu'ici.

Les jeunes femmes rirent à nouveau, front contre front en se tenant la main.

- Que j'ai hâte que tu me racontes tes aventures, glissa Lyna.
- Et moi, les tiennes, répondit Keren.

Legolas s'avança vers les deux amies.

- Et si nous commencions par nous présenter nous aussi ?

Il souriait.

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à suivre...