Chapitre 24
Le don
(Point de vue d'Aria)
La douleur que j'avais ressentie lors de ma transformation n'était comparable avec rien à ce que j'avais pu connaître de ma vie d'humaine. Et j'en connais un rayon sur la douleur intérieure. Par contre, j'aurais cru que le processus aurait prit plus de temps, que la torture durerait sans que je sache quand elle se terminerait. Le feu avait consumé chaque partie de vie, chaque battement de cœur. J'avais ouvert les yeux et fus éblouis par les rayons matinaux de soleil. Je pouvais distinguer chaque parcelle infiniment petite de matières en suspension dans l'air. J'entendais également tout ce qui pouvait se passer à des mètres à la ronde comme si j'avais été tout près. J'entendis alors une conversation pas très loin de la maison, c'était Carlisle avec les fils Cullen, ils arriveraient bientôt. Je fermai les yeux et m'imaginais leurs réactions en me voyant, allant à leurs rencontre, ils avaient d'abord restés époustouflé et surpris. Emmett dit qu'il me trouvait très jolie, sauf peut-être les yeux, Edward quant à lui avait baisser la tête honteux d'avoir pu croire que son frère pouvait être faible, Jasper lui envoya une onde de sérénité et toute la culpabilité fut remplacé par une immense joie, aux dires de Jasper, de pouvoir être considéré comme un Clan et de sauver Bella. Carlisle, quant à lui, avait d'innombrable questions, il ne comprenait pas comment se faisait-il que la transformation soit déjà terminé. Je gardai les yeux fermés en me disant que ce genre de première rencontre serait agréable. Lorsque je les ouvrai, la scène qui se déroulait devant moi me déstabilisa. Tout se que j'avais pu imaginer était en train de se passer, pas une impression de déjà-vu, mais exactement la même, les même paroles, les mêmes gestes. Je me repris vite des ses émotions quand une odeur alléchante m'envoûta. Une exquise flagrance qui me brouillait l'esprit. Dépourvue de tout jugement, je pris la fuite dans la direction d'où me parvenait la délicieuse effluve. Les Cullen essayèrent de me suivre mais sans y parvenir, j'étais trop rapide. J'avais hélas fermé les yeux et je me voyais évidé un être de tout son sang, ce qui assouvit rapidement la brûlure de ma gorge provoqué par ce sublime parfum. Carlisle décida d'aller rejoindre William, alors qu'Edward, Emmett et Jasper partirent à ma recherche. Lorsqu'ils m'ont enfin trouvé, j'en étais à ma deuxième victime. Soulagé de me retrouver en train de m'abreuver du sang d'un guépard, Jasper s'approcha de moi tout en m'envoyant une onde de réconfort et de confiance, il ne voulait pas me brusquer.
-Aria? Tout va bien. Ne t'en fais pas. Tu sais que tu nous a tous fait une peur bleue ma belle.
-Pardonne-moi, mais c'était plus fort que moi. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je ne suis pas de nature téméraire d'habitude.
-Tu n'es pas un vampire « d'habitude » avait dit Emmett en s'approchant l'air taquin.
Edward, quant à lui, m'avait expliqué les instincts naturelles des vampires, encore heureux qu'aucun n'humain n'ai été sur mon chemin, m'avait-il dit. En route vers la maison, nous discutâmes de ma transformation et de la rapidité du processus. Je décidai de glisser un mot sur notre première rencontre et de ce que j'en avais imaginé. Tous restèrent pensif à l'idée d'un éventuelle don, ce que je doutais fort. En arrivant devant la maison, quelque chose m'empêchait d'avancer, un étrange sentiment indéchiffrable. Une petite tape sur l'épaule venant de Jasper, ne pouvait que me redonner courage. Emboîtant le pas des frères Cullen, j'entrai dans la maison pour y découvrir William. Son visage était resté tel quel dans ma mémoire. Cependant, rien. Aucun sentiment à son égard, aucune envie de le prendre dans mes bras pour lui dire que tout va bien. Je dirais même plus, j'avais peur de le toucher et de n'y découvrir aucun amour et de me voir dans l'obligation d'annuler les fiançailles.
-Aria? Mon amour?
Il s'avança vers moi, mais la peur me fit reculer d'un pas.
-C'est moi ma douce, William, ton fiancé.
Je me retournai vers Edward, afin de jauger s'il y avait le moindre danger, il me fit un signe que tout allait bien. Je m'approchai de lui en lui tendant la main, qu'il prit tout de suite dans la sienne. Je ne voulais pas, à ce moment là, afficher une émotion qui pourrait me trahir sur la disparition de mes sentiments, alors je tentai de rester impassible. Peut-être avec le temps me dis-je mentalement, soit que l'amour revient, ou soit qu'il reste enfouit pour l'éternité. Carlisle pensa alors qu'il serait plus prudent, vu ma condition, de rentré à Forks en voiture, alors il demanda à Jasper de regagner la plage de rio pour aller louer des voitures. Nous finissâmes de boucler mes bagages et empruntions l'embarcation qui nous ramènerait vers les rives de Rio de Janeiro. À notre arrivé, Jasper avec dégotté une BMW et une Porsche. Je pris place à l'arrière de la BMW avec William, alors qu'Emmett prit le volant et Carlisle s'installa côté passager. Edward et Jasper prirent la Porsche.
-Dans combien de temps allons nous arriver Carlisle? Demanda William.
-À la vitesse dont roulent Emmett et Edward, je dirais en soirée.
-À moins que notre nouvelle sœur utilise son fabuleux don, dit Emmett en riant.
-Je ne sais pas si j'en ai réellement un Emmett. Répondis-je.
-Tu peux essayer de te concentrer Aria, peut-être que cela pourrait fonctionner.
-Je veux bien essayer, dis-je en fermant les yeux, mais je doute que…
Lorsque je rouvris les yeux, nous étions dans une profonde forêt, très dense. Il pleuvait à grosses gouttes, nous étions, de toute évidence, sur le sentier qui mène à la Villa.
-Aria, tu te rends compte? Tu as un don! Avait crié William.
-Tu contrôle le temps ma chérie, et même plus. Dit Carlisle
-Que veux-tu dire Carlisle? Demandais-je.
-À quelle heure avons-nous quittés Rio de Janeiro?
-À 9h15, répondit Emmett.
-Regarder l'heure maintenant.
-Waouh, c'est géant, explosa Emmett. Il est 9h30!
-Aria, il t'est possible de contrôler le temps individuellement, c'est-à dire, que le monde continue de tourner normalement alors que ceux que tu as choisi peuvent avancer dans le temps plus rapidement.
Nous arrivâmes devant la villa, et bien sûr, grâce au don d'Alice, tout le monde nous attendait devant la maison. J'étais alors perdue dans mes pensées, si Carlisle dit vrai, je pourrais peut-être essayer de m'accélérer toute seule dans le temps, et vérifier si mes sentiments pour William reviendraient. Combien de temps, environ pourrais-je avancer, combien de temps pour un nouveau-né d'oublier la soif? En évoquant cette pensé, ma bouche se remplis de venin et la gorge me brûla. Pas maintenant me dis-je en tentant de me concentrer sur mon objectif. Je fermai les yeux et m'imaginai toute seule au monde pour n'avoir que moi à accélérer. Mon visage dans un trou noir, des filaments lumineux et argentée passèrent tout près de moi, un vertige inattendu et bouleversant s'empara de tout mon être, je tombai au sol sous la pression qui envahissait ma tête. Lorsque je repris conscience, j'étais toujours couchée sur le dos, devant la maison des Cullen. Tout le monde s'était accroupit autour de moi veillant à ce que j'aille bien, Carlisle tenta de voir ce qui n'allait pas chez moi, en me posant un tas de questions auquel je n'avais pas envie de répondre. Mais lorsque je le vis, je ne pus m'empêcher de sourire. William, en retrait, regardait la scène de loin, incapable de s'approcher de moi, je me relevai et me dirigeai vers lui à grande enjambée.
-Mon amour, J'ai fais cela pour toi, je me suis accélérer pour toi, pour voir si mon amour allait revenir, je suis là mon tendre!
Il m'attrapa au vol et me fit virevolter dans les airs. Me gardant contre lui, il déposa une multitude de baiser sur chaque partie de mon visage.
-Je suis tellement heureux Aria, j'ai réellement cru t'avoir tué. Je suis désolé.
-Ne t'en fais surtout pas cher amour, je suis là maintenant. Ce serait plutôt à moi de m'excuser de la façon dont je t'ai oublié. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si mon amour n'avait pas été plus fort que la soif, ou encore pire, si je n'avais pas eu se don. Dis-je en callant mon visage au creux de son épaule.
-Entrons maintenant ma belle, nous avons encore du travail à accomplir avant de pouvoir célébrer notre amour. Sache qu'Edward doit souffrir terriblement de nous voir heureux ainsi.
Automatiquement, je dirigeai mon regard vers Edward qui en nous regardant, avait pris Renesmée dans ses bras en lui murmurant la promesse qu'ils seraient eux aussi heureux à nouveau.
