Dean essaya de se calmer. Cela ne servait à rien de ressasser encore et encore tout ça... Il était là... Et les images allaient défiler qu'il le veuille ou non... S'en plaindre ne ferait pas avançer les choses.

Son frère le regardait toujours d'un air absent et il se demanda s'il le voyait vraiment. Il fallait pourtant que lui aussi retrouve vite contenance...S'il pouvait juste atteindre le colt...Il était à peine à deux mètre de Sam...Il suffisait juste de déconcentrer assez le démon pour qu'il l'atteigne... La question était: Comment? Le temps pressait. Dean ne se faisait pas d'illusion, quand le démon aura fini de les détruire moralement, nul doute qu'il les tuera pour de bon...Mais il ne su pas reflechir davantage, qu'une autre image se succéda à la précédente...

...

L'enfant était dans une sorte de pièce entièrement clause, d'une blancheur éclatante, presque dérangeante...Il n'y avait qu'un lit dans la chambre et aucune décoration, ce qui lui donnait une ambiance impersonnelle effrayante. Dean était sur son lit, le visage livide et complètement fermé, ses cheveux blond foncé avaient été coupés et il portait une tenue uniforme blanche. Un genre d'uniforme. Face à l'enfant se tenait un homme plus ou moins âgés, des lunettes rondes posées sur son nez aquilin par-dessus les quelles il observait l'enfant à la dérobée. Il portait un tablier blanc. Un médecin. Il avait un dossier sous les yeux qu'il feuilletait sans vraiment lire...

-Bien...Guéric... Je vois ici que tu as été amené ici, il y deux semaines...Tu n'a rien dis depuis...Lança le médecin d'un ton calme.

L'enfant ne répondit pas, se contenant de regardé le médecin d'un regard étonnament neutre.

-Tu sais pourquoi tu es ici, n'est-ce pas? Demanda le médecin en se penchant légerement vers l'enfant. Tu répandais du sel partout, tu semblais paranoïaque... Je vois même ici que tu disais Christo assez souvent... Sais-tu ce que cela veut dire? Demanda-t-il de sa même voix monotone. Cela veut dire Christ en latin... Pourquoi répétais-tu cela, Guéric?

L'enfant ne répondit toujours pas, ignorant le médecin superbement.

-Je vois ici que tu as déjà vu un psychologue quand tu avais 13 ans... Un voisin avait dit t'avoir vu déterrer un cerceuil, l'ouvrir, répandre quelque chose sur le corps et...Le faire brûler... Souffla le médecin. C'était un peu après que la fille aînée de ta famille d'acceuil ne meurt... Tu veux en parler?Demanda encore le médecin. Non?

Voyant que de toute évidence, il n'aurait aucune réponse, le médecin soupira, écrivit quelque chose dans le dossier et sortit de la pièce.

...

Dean se débattait de toutes ses forces mais les deux gardes étaient beaucoup trops fort pour lui. Il n'avait pas envie de prendre ces médicaments, il n'avait pas besoin de ces médicaments. Il allait bien. Il n'était pas fou! Il se débattit davantage, et malgré ses 15 ans bien fait , il n'arrivait pas à se défaire des deux gorilles...Un des hommes le bloqua contre le mur pendant qu'un autre préparait une seringue... Dean se débattit encore et encore et hurla presque quand l'aiguille entra dans sa peau... Pas à cause de la douleur, non, mais parce que ce n'était pas possible, cela ne pouvait pas être possible... Il n'avait pas à être ici, il n'était pas fou... Mais bien vite, le produit fit son effet et il sombra dans une obscurité bienfaitrice.

...

Dean se trouvait encore dans sa chambre, il était plus livide qu'auparavant, de grande cernes se dessinaient sous ses yeux et il se balançait d'avant en arrière dans un rythme presque hypnotique en englobant ses genoux, qu'il avait ramené contre sa poitrine, de ses bras. C'était l'image parfaite d'un petit enfant perdu. Le problème était qu'il avait 15 ans. Et le regard perdu dans le vague, il semblait marmonner quelque chose encore et encore:

-Je m'appelle Dean Winchester, je suis le fils de John et Mary Winchester, née le 24 janvier 1979, mon frère s'appelle Samuel Winchester, il est née le 2 mai 1983. Ma mère est morte le 2 novembre 1983. On habitait à Lawrence. Papa avait une Impala, immatriculeé... Immatriculée...Je sais plus... Souffla l'enfant comme si cela était la pire chose qui puisse être. Je sais plus... Répéta-t-il d'une voix faible et tremblante.

...

La même scène avait lieu, l'enfant avait adopté la même position et son regart était toujours aussi vide. Seul le discours avait changé...

-Je m'appelle Dean Winchester, je suis le fils de John et Mary Winchester, née le 24 janvier 1979, mon frère s'appelle Samuel Winchester, il est née le 2 mai 1983. Ma mère est morte le 2 novembre 1983. Papa... Papa...Papaaa...Sabglota-t-il. Je sais plus... Me souvient plus...Ses yeux... Sa voix... Me souvient plus... Répéta-t-il alors que de grosses larmes dévalaient son visage.

...

Le gosse était assis à un bar, il semblait légerement plus agé. Une barbe naissante dévorait son visage et ses yeux semblaient délavés que jamais. Assis, les épaules basses et le dos courbées, il avala une grogée supplémentaire de bière. D'après le regard que le barman lui lançait, cela ne devait pas être la première...Finissant la bouteille, il en redemanda une autre que le barman lui refusa. Pestant contre lui, Dean se leva en titubant légerement, se retenant au bar pour ne pas tomber...Il était maintenant dans la rue et criait contre le destin:

-J'en ai marre!! J'en peux plus! J'en peux plus de cette vie! Je veux mon père! Non! Non! Je le déteste! Je le hais! Il m'a abandoné! Il m'a laissé! Il m'a laissé seul! Je le déteste! Cria-t-il encore alors qu'il s'adossait à un mur. Je le déteste...Souffla-t-il plus bas en se laissant emporter par le sommeil.