Emerveillée. Fallait-il être fou pour penser cela ? Fallait-il être un monstre pour voir de la beauté dans des créatures que même les Ténèbres s'accordait pour dire qu'elles étaient le mal absolu ? Même les seigneurs sombres évitaient les détraqueurs. Oui, ils cherchaient leur alliance, leurs services. Mais ils les considéraient toujours comme des monstres.
Mais être fou était quelque chose qu'Etaine avait toujours accepté. Après tant d'années à se l'entendre dire à l'orphelinat, la légilimente avait pris le contre-pied. La folie n'était pas pour elle quelque honte à cacher. Il s'agissait d'un moyen de se différencier de la masse, d'aller plus loin, de s'émanciper des freins. C'était une revendication. Ce genre de folie, Etaine l'estimait. Une folie qui restait censée. Un bel oxymore. Mais n'en était pas elle-même un ? Elle, la Serdaigle aux pensées Serpentard et actions Gryffondor ?
Sa quête de néant l'avait amenée ici. Entre les deux colonnes de l'arche de pierre, la Fourchelang observa le ciel, apaisée par le vent froid de la nuit, son odeur humide qui ne montait jamais jusqu'à la tour de Serdaigle et le spectacle de l'indifférence. Depuis sa première année, la légilimente s'échappait ici pour venir observer la nuit. Loin de Londres et ses lueurs, le ciel était clair et dépourvu d'artifices humains. Pour tous ceux qui vivaient dans une prison, le ciel entre les barreaux du soupirail était une évasion. Enfermée à l'orphelinat, Etaine ne l'avait pas perçu autrement. Il y avait une raison pour laquelle elle tenait tant au lit près de la fenêtre. Il n'y avait personne ici pour la contester ou l'observer. Juste elle et le silence de la nuit. L'indifférence. Quand il s'agissait de la nuit, ce mot lui paraissait chaleureux. La nuit se moquait bien de tous les ennuis des humains ; elle en avait vu passer bien d'autres.
Alors, sur le porche, elle respirait une grande goulée de cet air frais et piquant et souriait, souvent pour la première fois d'une difficile journée. Les arbres de la forêt interdite bruissaient. Le vent frais la forçait à fermer les attaches de sa cape. La cabane d'Hagrid se dessinait en bas d'un chemin serpentant à ses pieds. Des menhirs se dressaient en rond, plus utilisés depuis des siècles. L'herbe était souvent couverte de petites gouttelettes de rosée. La lune brillait dans le ciel, illuminant le sol par un effet de réfraction. Et il n'y avait personne. Seulement le silence, la nuit, et elle, l'étrangère venue admirer sa beauté.
Les gouttelettes de rosée tombèrent à terre quand elle posa le pied sur l'herbe. Elle avait assez d'expériences dans ce genre d'expéditions pour se rappeler de prendre des bottes d'hiver hautes. Et maintenant, elle en avait de haute qualité. Ce ne serait plus ses pieds gelés qui la forceraient à retourner à l'intérieur. D'un mouvement, sa baguette sauta dans sa main. Ce n'était pas son habitude, mais les détraqueurs aussi étaient nouveau dans le décor. Elle mettrait la prudence avant le soulagement de ses peines, cette fois. Ils dansaient eux aussi sous la pleine lune qui illuminait d'une lumière blafarde les environs, comme le mois précédent lorsqu'elle les avait observés par la fenêtre. Ce spectacle avait quelque chose de vieux et de sauvage. Arpentant toujours la pelouse d'un pas lent, elle les regarda plus attentivement. Ils semblaient voler particulièrement sous la lumière de la lune, cela lui rappelait quelque chose…
Un des détraqueurs tourna son attention vers elle. Spero Patronum. Elle n'avait pas choisi un souvenir fort et seule une petite brume sortit de sa baguette. Rien d'assez fort pour attaquer le détraqueur. Les sorciers qui ne parvenaient pas à invoquer plus gardaient généralement ce petit rideau près du visage, espérant qu'il les protégerait. Il ne faisait que les attirer. Les détraqueurs se nourrissaient de pensées heureuses, celles-là mêmes qui constituaient les patronus. Seul un patronus corporel pouvait les chasser. S'ils s'arrêtaient un moment devant un patronus faible, c'était pour en absorber l'énergie.
Etaine envoya la petite onde argentée vers le détraqueur qui se concentra aussitôt sur le patronus plutôt que sur la Fourchelang. La légilimente s'arrêta pour observer le spectacle. Des mains cadavériques avaient émergée de la robe noire déchirée du détraqueurs et manipulaient la lumière argenté vers l'endroit où aurait été placée la bouche d'un humain. Et le patronus disparaissait petit à petit tandis que le vent faisait onduler doucement la cape du détraqueur et celle de ceux aux alentours.
Un long gémissement aigu se fit entendre, arrachant Etaine à sa contemplation. Un autre détraqueur se tenait à quelques mètres d'elle, tournée dans sa direction. La Fourchelang lui envoya un autre patronus. Le détraqueur se mit aussitôt à en absorber l'énergie.
Un coup d'œil aux alentours l'informa que les autres détraqueurs s'étaient totalement désintéressés d'elle. Certains avaient rejoint les deux premiers pour goûter aux patronus. Mais la majorité dansait toujours sous la lune, indifférente au monde humain. Ils l'ignoraient, tout simplement. La légilimente elle, s'interrogea, ses yeux faisant des allers-retours entre la lune et les détraqueurs qui baignaient dans sa clarté, et ceux qui tournaient autour de ce qui restait des patronus. C'était exactement le même mouvement. Y avait-il un rapport entre la lune et les patronus ? Un effet similaire ?
-Plus le temps passe plus tu sembles nous comprendre, Princesa. Je penserais tout autre que toi comme imprudent de venir ici à cette heure.
Etaine ne se retourna pas, continuant d'admirer la lune et ses ombres sombres qui volaient dans sa lumière pâle. Si elle n'avait pas été dans l'envie de compagnie humaine, celle du détraqueur ne la gênait pas. Lui aussi, faisait partie de cette nuit qu'elle était venue chercher.
-Bonsoir Gamma, et merci pour le compliment.
Compliment et réprimande.
-Que t'amène-t-il ici, Princesa ? reprit le détraqueur. Un travail pour moi ?
-Non… Juste admirer la lune et sentir la nuit autour de moi.
-Ah, les émois de l'âme humaine…
Il y eu un silence confortable. La danse des détraqueurs sous la lune était hypnotique. Elle apaisait son âme, même si le fait qu'elle doive maintenir sa concentration sur ses boucliers d'occulmencie au maximum pour s'immuniser des détraqueurs ralentissait le processus. Elle ne ressentait en leur présence qu'une profonde tristesse ouatée. Bien différent de sa deuxième année.
-J'ai l'impression qu'une éternité s'est écoulée depuis notre première rencontre.
-Vous autres humains n'êtes pas très longtemps.
-Je sais.
Une main légère se posa sur son épaule. Etaine jeta un coup d'œil. Le détraqueur était juste derrière elle. Il avait dû s'avancer silencieusement pendant qu'elle regardait la lune et ses adeptes. La main était pourrie, noirâtre avec une apparence de vieux cadavre à moitié momifié. Pourtant, elle savait qu'elle avait probablement toujours été comme ça et que le détraqueur n'avait jamais rien eu d'humain.
-Les humains, déclara Gamma, ne permettent généralement pas que je les touche.
Etaine compris. La réaction attendue était qu'elle fasse un bond pour mettre de la distance entre elle et le détraqueur ou qu'elle lui demande de s'éloigner. Voir même qu'elle l'attaque. En tout cas, qu'elle ne reste pas comme si cela lui importait peu. Elle aurait dû avoir peur. Elle aurait dû hurler et se contorsionner sous l'assaut de ses pires souvenirs, même si Gamma retenait le froid qu'il dégageait. Elle aurait dû réagir comme un humain normal. Et même si elle comprenait, même maintenant que le détraqueur soulignait ce point, elle s'en moquait comme elle se moquait de tout.
-Cela n'a aucune importance.
Hésitante, la main du détraqueur dériva, dessinant le contour de son visage sans qu'elle ne s'écarte. Le contact était froid, mais en rien putréfié. Il remonta jusqu'à sa tempe puis la fit glisser dans ses cheveux qu'elle avait pour une fois laissés libres. Il sembla fasciné par sa chevelure sombre, y repassant sa main à plusieurs reprises.
-La lune vous affecte ? demanda la Fourchelang, brisant le silence.
-Pourquoi cette question, Princesa ?
-Simple curiosité.
Gamma émit une espèce de bruit définitivement indéfinissable et continua de passer ses mains dans sa chevelure. La légilimente prit cela comme l'annonce qu'il ne répondrait pas à sa question. Elle se demanda si une autre source pourrait le faire, puis vint rapidement à la conclusion que si quelqu'un s'était intéressé aux détraqueurs plus que l'Archiviste à laquelle Gamma – alors appelé Atenar – avait déjà parlé de son « peuple », faute de meilleur terme, elle n'avait pas connaissance de ses recherches. Les Langues de Plomb savaient peut-être.
-Elle nous attire, répondit le détraqueur après un temps indéterminé, avant de s'éloigner en flottant. Quand vient la nuit des morts, ne revient pas, Princesa. De sombres magies s'y déchainent.
Il se perdit bientôt parmi ces ombres dansantes sous la pleine lune.
Des semaines après, la mise en garde de Gamma lui revenait en tête. La nuit des morts. Samhain. Halloween. Que voulait-il donc dire par ses paroles ? Samhain était l'une des nuits magique les plus importantes, celle où le lien avec le monde des morts était le plus fort. Particulièrement appréciée des nécromants, si elle en croyait Teodred qui s'y préparait depuis le Solstice d'été. Il y avait six dates importantes par ans dans le calendrier magique, six dates où la magie était plus forte qu'ailleurs. Les solstices d'hiver et d'été. Les équinoxes de printemps et d'automne. Et Beltaine et Samhain. Samhain, quand octobre meurt, la nuit des morts, celle où le voile était particulièrement faible et permettait de communier avec les disparus. Beltaine, la naissance de mai, qui célébrait la vie. Des rituels effectués à ces six dates étaient plus puissants que la normale, et produisaient parfois des résultats inattendus. Comme lors de cet Halloween 1981, lorsque son oncle s'était rendu chez les Potter.
Etaine le concédait volontiers, les traditions du monde magique n'étaient pas sa tasse de thé. Elle avait préféré miser tous ces efforts sur la magie, passer toutes ses heures à améliorer celle-ci pour devenir le prodige que tout le monde reconnaissait qu'elle était. Maintenant, à une semaine de Samhain, elle regrettait quelque peu de ne pas s'y être davantage intéressée quand elle ne visait pas six maîtrises différentes en même temps. Car le détraqueur n'était visiblement pas le seul que l'approche de Samhain inquiétait. Certes, ce n'était pas très visible, mais quelqu'un qui connaissait bien Rogue pourrait dire que celui-ci était à cran. La recherche sur les horcruxes n'avançait pas. Elle-même n'avait encore aucune idée de ce qu'ils étaient, même si elle avait vaguement recherché sur les objets qui auraient pu être cher aux fondateurs. Il était heureux qu'elle ait une source que personne – exception faite de Voldemort dont elle n'avait plus de nouvelle depuis sa rentrée à Poudlard – ne soupçonnerait jamais.
Elle croisa deux troisièmes années qui se hâtaient dans un couloir. Le régime de terreur des Carrow marchait bien. Si elle avait à parier sur la maison de ces deux élèves, elle dirait Gryffondor ou Serdaigle. Les Poufsouffle se déplaçaient par année entière ou pas du tout. Deux personnes étaient un groupe bien trop petit pour eux. Là encore, elle continuer à se demander si c'était parce qu'ils étaient peureux ou pour mieux riposter en cas d'attaque. Si Austen disait vrai, Poufsouffle était l'une des plus importante force de la Grande-Bretagne magie. Celle que l'on ignorait. Celle que l'on n'attendait pas. Celle que, plus que toutes les autres, il fallait craindre.
Les Serpentard arpentaient le château comme s'ils en étaient les propriétaires, avec très peu d'opposition des Gryffondor. Certes, toute la maison de Salazar n'agissait pas ainsi et elle était en fait en majorité curieusement invisible. Ils profitaient de leur statut, mais préféraient se fondre dans la masse vert et argent plutôt que d'agir individuellement. Pour eux aussi, semblait-il, le régime était nouveau. Elle avait revu en passant Démétrios, qui semblait tourner autour de sa cousine, Lysandra. Sans doute la protégeait-il d'éventuelles représailles. Porter le nom de Lestrange n'était surement pas une facilité ici, d'autant qu'il y avait également quelqu'un du nom de Londubat dans la classe de Démétrios. Etaine se demandait vaguement comme Neville et lui agissaient. S'ignoraient-ils ou étaient-ils en constant conflit ? Neville lui était toujours apparut pour être quelqu'un de plutôt calme, mais capable d'une grande ténacité quand s'en ressentait le besoin.
Gryffondor perdait du terrain. Du temps d'Albus Dumbledore, ils avaient été la maison reine. Particulièrement lors des années Potter où ils avaient constamment remporté la Coupe des quatre maison du fait des centaines de point que Dumbledore accordait chaque fois au Survivant à la fin de l'année pour s'être mis en danger de mort. Maintenant, les visibles de Serpentard les repoussaient impitoyablement, encouragés par les Carrow et l'atmosphère générale de Poudlard qui faisait qu'on ne savait plus si l'on pouvait faire confiance à son voisin ou non. Sans Potter, l'officieux chef de file de la maison Gryffondor, ils étaient perdus, d'autant que le propre descendant du fondateur, Revan Sylversword, semblait accepter le nouveau régime. S'il était revenu à Poudlard, Potter aurait été en septième année. Les autres Gryffondor s'étaient depuis longtemps habitués à le voir être le visage de leur maison. Là, sans meneur visible, les lions ne savaient trop comment agir et la maison de Salazar profitait de leur désorganisation. Etaine voyait toutefois quelques personnes capables de reprendre la flambeau du Survivant en la personne de Ginny Weasley – l'ex de Potter – et Neville Londubat.
Serdaigle avait toujours été plus proche de Serpentard que ne l'étaient les deux autres maisons. Dans certaines familles sang-purs exclusivement Serpentard, Serdaigle était la seule autre option envisageable. Ils étaient donc maintenant légèrement mieux logés que les deux maisons restantes, mêmes s'ils appliquaient toujours une politique de prudence. L'atmosphère de la salle commune s'était cependant et heureusement apaisée. La Fourchelang pouvait désormais y faire un pas sans que tout le monde ne stoppe son activité pour la suivre plus ou moins discrètement des yeux. L'année finie, il faudrait un nouveau roi puisque Bart quittait Poudlard à la fin de celle-ci. Certains joueurs avançaient déjà leurs pions, faisant savoir leur présence.
En tournant à l'angle du couloir, Etaine s'arrêta. Le petit groupe de Revan, les troisièmes années de Serdaigle, se tenait là. La Fourchelang s'était toujours demandée comment ils avaient tous réussis à atterrir à Serdaigle. Sans doute, avant le début de leur première année, Revan leur avait-il fait part de son intention d'aller dans cette maison. La légilimente était à peu près sûr que certains d'entre eux au moins avaient dû négocier avec le Choixpeau pour cela. Dans l'ensemble, le groupe ne convenait pas au profil type du Serdaigle. Certes, ils étaient intelligents et travaillaient dur, mais ils avaient des tendances de plusieurs maisons différentes.
Il y avait Takara Mûryano, celle qui avait failli la tuer deux ans plus tôt et sur laquelle la Fourchelang avait pour la première fois expérimentée le Doloris. La légilimente était cependant la seule à s'en souvenir puisqu'elle avait falsifié les souvenirs de la japonaise. Par son indéfectible fidélité à Revan, Etaine l'aurait plutôt classée à Poufsouffle, même si le comportement haineux qu'elle affichait à son égard ne ressemblait pas tellement à la gentillesse pour laquelle la maison d'Helga était réputée.
Tanguy McEngard l'écossais aux cheveux sable qui gardait la tête haute malgré la situation socio-politique actuelle, toujours droit et fier. Il se tenait proche de Revan, lui apportant un soutien silencieux et indéfectible. Le regard d'Etaine fut attiré par la dague qu'il tenait négligemment dans sa main droite. C'était l'exécuteur, celui qui naviguait dans les ombres. Le plus Serpentard du groupe et l'un des seuls qui n'hésita pas à faire passer l'honneur en second du but. Bref, le rusé. Mais lui aussi était dévoué corps et âme à Revan.
Syra Standstorm au teint toujours tanné, les cheveux bruns sombres et les yeux noirs, toute en grâce dans chacun de ses mouvements félin. Celle qui pliait et ne cassait pas, mais portait maintenant une expression confuse, comme en état de choc. Etaine la savait d'origine égyptienne. Le groupe venait des quatre coins du monde mais ils étaient tous vassaux de la chambre Sylversword. C'était probablement elle, la Serdaigle du groupe, avec le perfectionnisme qu'elle cherchait toujours à atteindre dans chacune des disciplines qui compta à ses yeux. Il était très aisé de voir la différence entre ses efforts exceptionnels obtenus avec un travail normal et les résultats plus qu'optimaux des matières qui l'intéressaient. En certaines matières, Etaine s'était trouvée une rivale en la troisième année, si ce n'était qu'elle-même étendait son perfectionnisme à toutes les disciplines.
Et Revan Sylversword lui-même, l'Epée d'argent, le descendant de Godric Gryffondor, le dernier du quatuor et chef, ses cheveux bruns en un catogan dont quelques mèches s'échappaient pour venir tomber sur son visage. C'était lui le Gryffondor, qui faisait passer son honneur avant toute chose et n'hésitait pas à prendre la parole même contre plus fort que lui pour défendre l'injustice. Le plus petit et plus puissant du groupe qui exsudait toujours la confiance en lui, même si ce n'était pas toujours le cas, arborait une expression terrible sur son visage. Un mélange de haine, de peine, de colère et de tristesse mêlée, comme s'il ne savait pas pour quelle émotion se décider. Etaine ne l'avait jamais vu ainsi.
Sans doute avait-elle du faire un bruit car tous les quatre se tournèrent vers elle. Le visage de Takara prit son habituelle expression haineuse de quand elle était dans les environs.
-Tu savais, n'est-ce pas maudite ? Tu savais et tu n'as rien fait ! Tu te dis son ami et tu laisses sa famille se faire attaquer !
-Je ne sais pas ce que…
-Ne nie pas, maudite ! Tu as…
-Takara.
Ce mot, à peine chuchoté, fit taire efficacement la japonaise. Il y avait dans le ton de Revan un bord dangereux que même elle savait mieux que de traverser.
-Savais-tu ?
Et du ton du Sylversword, Etaine savait que sa vie dépendait de sa réponse.
-J'ignore toujours.
Il y eu un silence pendant lequel Revan semblait peser ses mots.
-Il y a deux jours, un vaste groupe de mangemorts menés par une Cercle proche à fait irruption à Castle Rocmort. Ils ont détruits nos protections millénaires et brûlé le château avec mes gens encore à l'intérieur. Mon père a lutté et il est mort. Le reste de ma maisonnée était absent et chante maintenant pour son âme. Le seul survivant de ceux qui étaient présents, ma vieille nourrice, parle du rire de cet Cercle proche et de la vaillance de mon père avant qu'elle ne le prenne en traitre.
Revan se tourna, et figea son regard dans le sien.
-Je veux le nom de l'assassin de mon père.
-La seule Cercle proche qui rit devant le malheur humain et qui est capable d'une telle cruauté est Bellatrix.
L'adolescent inclina la tête en un petit remerciement et passa devant elle, suivi des autres. Etaine regarda leurs figures s'éloigner avec inquiétude. La réputation des Sylversword en matière de duel n'était plus à faire et Etaine elle-même avait déjà pu constater lors de la révolution contre Ombrage et les talents de guerriers de Revan et ceux de meneur qu'il possédait. Elle avait le sentiment qu'une catastrophe se profilait à l'horizon. La légilimente considéra le couloir vide avec crainte. Le Sylversword partait en guerre.
